D'humus, de musc et de cul
Chapitre 1
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✦ MitchBoccatone D'humus, de musc et de cul XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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D'humus, de musc et de cul — Chapitre 1

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MitchBoccatone
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D'humus, de musc et de cul

Chapitre 1

Géraldine essuie le sperme au coin de sa bouche. Elle se relève.
— Lèche-moi maintenant !
Elle se place à califourchon au-dessus de Mathias. Il pose ses mains sur ses petites fesses et entreprend de caresser sa vulve avec sa langue. La jeune femme se déhanche sur lui. Sa mouille coule sur le visage de son partenaire qui ne se lasse pas de lécher. C’est la première fois que ça leur arrive. Elle jouit à grands cris. C’est la première fois et c’est comme s’ils l’avaient fait depuis toujours. Ils se regardent comme deux amoureux, sans rien dire. Ils ont 18 ans. Une assez grande cabane en haut des arbres, aménagée en chambre d’adolescent, un matelas au sol, un vieux canapé, des coussins, des posters, des disques, des BD, des cendriers, une petite télévision. Un câble électrique suspendu aux branches depuis la grande maison, cinquante mètres en contrebas. Au-dessus d’eux, à travers la lucarne du toit, la voûte étoilée.
— Tu te rends compte Mam, si on avait cru en arriver là ?
Mathias acquiesce. Il voudrait dormir. Avant qu’elle ne monte le rejoindre, il se masturbait tranquillement, comme tous les soirs et plus. Il n’avait pas eu sa copine au téléphone. Justement, c’est elle, Géraldine, alors même qu’elle l’appelait depuis la porte de la maison, qui avait substitué son visage à celui de Pamela dans l’imagerie érotique de Mathias. Il est avec Pamela depuis trois ans. Dans leur malheur, elle vit au fin fond de l’Espagne et lui au fin fond des Alpes près de la frontière suisse. Il vient de rentrer de son été à faire la saison sur une plage galicienne. Hébergé chez sa copine, ils ont passé l’été à faire l’amour. Il s’en rappellera de sa première fois, est assurée Géraldine qui l’a entendu la lui raconter avec tous les détails dès son retour, deux semaines plus tôt. Dans leur malheur, Géraldine et Mathias ont le champ libre pour exprimer leur désir.
Elle, obsédée par nature, a très vite été très excitée par les récits intimistes de son cousin avec sa belle Ibérique. Lui était déjà très au fait du sexe par les propres récits que Géraldine lui faisait de ses expériences personnelles. Depuis trois ans, il ne s’est jamais lassé de l’écouter et, peut-être, de la désirer. La première fois de Géraldine passe pourtant inaperçue. Elle l’a reléguée au fond de sa mémoire. Elle ne se souvient pas vraiment. Il y aurait une raison à aller y chercher, mais elle s’y refuse pour l’instant. Elle ne l’a jamais racontée à personne, ni même à Mathias, son confident, son meilleur ami. Son frère, en quelque sorte. Elle s’y refuse, mais ça va venir. Sept mois plus tard précisément. Pour le moment, la jeune femme profite.
Il s’est endormi et elle le regarde. Son sexe s’est ramolli entre ses jambes. Son gland rouge encore découvert. Elle le touche du bout des doigts, il durcit à peine. Elle aurait aimé s’en faire pénétrer. Est-ce que ça aurait été aller trop loin ? Plus loin qu’une simple pipe et un cunni ? Géraldine ne s’est jamais trop posé ces questions. Elle a toujours baisé comme elle avait envie. À part la première fois, sans doute. Cette grande absente qui la hante. Elle n’y songe pas. Elle se remémore plutôt leur enfance, le début de leur complicité. Ils passaient tous leurs étés ensemble, plus l’hiver. Leurs parents étaient très amis. Depuis toujours, vers l’âge de neuf ans, Géraldine et Mathias avaient annoncé qu’ils se marieraient ensemble quand ils seraient grands. Des paroles en l’air peut-être à l’époque, auxquelles elle repense cette nuit sous le drap de son ami qui ronfle doucement à ses côtés. La famille de Mathias l’a recueillie à 15 ans.
Mathias et elle ne se sont plus jamais séparés, sauf cet été. Ils se sont manqués mutuellement pendant deux mois. Leurs retrouvailles ont sonné le glas de leur innocence. Après une enfance difficile, les seuls bons souvenirs de la jeune femme sont ses vacances ici même, et son installation définitive. Ça n’était pourtant pas gagné au départ. À son arrivée, elle venait de passer la pire année de son existence. Son père buvait de plus en plus. Sa mère accusait ses crises de démence, sa violence par des crises d’anxiété de plus en plus fortes. Géraldine faisait profil bas. Elle fuguait. Elle est venue une fois chez Mathias au début, à 13 ans. Trente kilomètres en stop, la galère, elle s’en rappelle. Mais elle l’avait fait pour retrouver son meilleur ami et confident, et ses montagnes et sa forêt. L’odeur de l’humus qui remplit ses narines, les baignades dans le torrent glacé. La cabane qu’ils avaient commencé à construire, avec d’autres copains du village.
Mais les parents de Mathias, son parrain et sa marraine, l’avaient renvoyée chez elle, en ville. Elle ne pouvait pas rater le collège. Ses parents l’aimaient, paraît-il... Son père était venu la chercher, et l’enfer avait repris. Alors elle avait continué de fuguer, mais chez des copines, puis dans des squats. C’est là qu’elle a découvert le pouvoir du sexe. Elle est arrivée après la mort de son père. Elle ne se réjouissait pas tellement de partir vivre à la montagne. Elle avait un peu perdu de vue Mathias et sa famille depuis qu’ils l’avaient renvoyée chez ses parents, deux ans plus tôt. Elle n’avait à vrai dire aucun sujet de réjouissance. Elle ne souhaitait qu’une chose, disparaître, s’effacer de cette vie. Mais elle y avait repris goût en trois ans. Au point d’imaginer ne pas quitter ce lieu. Elle avait suivi un apprentissage de serveuse au restaurant de la mère de Mathias, sa marraine.
Mathias venait de rencontrer Pamela lors d’un séjour de jeunes dans la station pour apprendre le snowboard. Le voyage avait lieu pendant les vacances de février de Mathias et Géraldine. Géraldine vivait depuis six mois chez Mathias. Il jouait encore aux Playmobils quand elle couchait déjà avec tous les garçons qu’elle voulait. Et il y en avait. Elle s’amusa à rapprocher Mathias de Pamela. Elle l’attirait, mais sa timidité et son inexpérience avec les filles le retenaient de le lui faire savoir. En quelque sorte, Géraldine le poussa dans les bras de Pamela. C’est le jour où il lui apprit avoir enfin conclu avec elle, que Géraldine ressentit une vague déception. C’est là qu’elle commença de le voir autrement qu’en un gamin immature.
Lorsqu’il jouait aux cow-boys et aux Indiens, elle aimait incarner la prostituée, ou la prisonnière dévergondée qui pervertit ses gardes. Elle s’amusait alors à couvrir Mathias de ses baisers, à l’enlacer. Elle exhibait son jeune corps déjà formé. Elle aimait se vêtir de manière à sentir les regards des hommes posés sur elle, ressentir leur désir dans les yeux, métamorphosée en prédatrice. Elle avait besoin de s’entendre dire qu’elle était jolie. Que les garçons la désiraient.
Elle regarde les femmes sur les posters qui décorent en partie la cabane. Leurs poses lascives, la suggestion de leurs désirs. C’est un jeu depuis le début d’y pénétrer en imitant ces démarches félines. Elle baisse ses manches sur ses épaules. Elle remonte ses jupes haut sur ses cuisses. Elle baisse ses jeans sur ses fesses, elle montre ses strings. Ou comme ce soir. En arrivant à la cabane, elle portait une minijupe noire et un bustier. Son corps moulé, dévoilé au plus proche de l’impudeur.
Ses efforts ont enfin porté leurs fruits. Rien qu’à voir comment Mathias l’a regardée alors qu’elle franchissait la trappe du plancher de la cabane. Le regard épais dans son décolleté. Le silence soudain. La main sous la couverture sur le matelas. Une érection cachée. Après s’être jetée à ses côtés, elle a exécuté une reptation lente à quatre pattes pour le rejoindre. Regard aguicheur, elle a cambré ses fesses à 90 degrés. Son string de dentelle dépassait de la jupe sur ses hanches. Elle faisait pendre son décolleté en avant et apparaître son soutien-gorge fuchsia. Allongée collée à lui, elle s’est frottée, a exigé un câlin. L’une de ses jambes s’insinuait entre celles de Mathias. Elle traquait son sexe dur, mais il se tournait pour l’éviter. Il a commencé à rouler un joint comme pour passer à autre chose. Elle s’est serrée plus encore contre Mathias. Elle voulait sentir le contact de sa peau. Ils ont fumé et elle a commencé à être défoncée.
Elle continuait de caresser distraitement son copain. La main de Mathias a commencé à gravir le torse de Géraldine, sa poitrine menue. Ils n’ont pas cherché à comprendre leurs agissements réciproques. Les doigts de Mathias ronronnaient sur la peau du décolleté. Elle vibrait de désir. Et ils se sont embrassés. Le baiser n’a pas duré longtemps. Leurs langues ont exploré le palais de l’autre avant que les mains de Géraldine ne trouvent enfin le sexe en érection de Mathias. Elle l’a caressé, elle a tiré sa peau, a découvert son gland. La verge à son apogée. Elle a descendu sa tête à son niveau pour le couvrir de baisers. Engouffré le gland dans sa bouche, serré autour. Là non plus ça n’a pas duré longtemps. Il a éjaculé en poussant un cri rauque à s’en déchausser les molaires. Ses molaires à Géraldine ont baigné dans le jus de Mathias. Elle s’est régalée.
Elle le regarde toujours endormi en travers de son lit. Elle a joui, c’est vrai, mais elle en voudrait encore. Elle le caresse encore. Elle se caresse le clitoris. Il continue de dormir ou fait semblant. Elle a envie de s’empaler sur son manche. Elle s’accroupit sur lui. Mais il se réveille et l’arrête. Il ne veut pas tromper Pamela.
— Arrête, elle lui fait en maintenant son gland baveux entre ses doigts serrés, si près à toucher sa vulve. Tu lui diras pas et elle en saura rien... !
Elle descend sa bouche sur sa verge, lèche son gland.
Il se retire sans rien ajouter, se retourne et se rendort instantanément. Assise en tailleur sur l’oreiller, la jupe remontée à la taille, les seins débordant de son haut, Géraldine se masturbe et hurle au moment de jouir. Mathias se tourne, bredouille deux mots dans son sommeil. Elle s’enfouit sous la couverture contre lui et s’endort à son tour dans les odeurs d’humus et de bois pourri, mélangées à celles du sexe. Les bruits de la forêt les entourent. Une femelle hulotte appelle son mâle.
Les semaines qui suivent, Géraldine et Mathias ne se quittent plus. Ils se retrouvent souvent à la cabane, puis dans leurs chambres quand il fera trop froid pour rester dehors. Mathias refuse toujours de pénétrer Géraldine. Sa relation à distance avec Pamela semble le satisfaire. Géraldine se lasse bientôt de cette relation bancale et le met en garde.
« Coitus ante portas ! », répète-t-il souvent au moment de placer sa bite devant le visage de Géraldine.
— Mais je veux prendre une bite dans ma chatte ! Je dois trouver quelqu’un... »
C’est l’hiver. La pleine saison démarre bien. Il y a des touristes, la station se remplit, le vagin de Géraldine aussi. Il arrive que Mathias l’accompagne, avec leurs copains Gauthier, Marco, Pauline et Michelle, qui est aussi la cuisinière du restaurant de Virginie.
Ce soir, dans un bar de nuit, Géraldine embrasse un beau mec et regarde Mathias par-dessus son épaule. Elle le regarde encore quand elle attire le mec sur le parking. Mathias bave. Elle le regarde la regarder à son retour dix minutes plus tard. Pas une minute de plus. Géraldine repasse sa robe droite, se recoiffe.
Les regards condescendants de leurs potes qui l’ont tous remarquée.
— Quelle chienne Géraldine !
Géraldine ne se refuse pourtant pas à Mathias. Pas encore. Peu de temps après, c’est l’un de leurs copains qu’elle réussit à attirer entre ses jambes. C’est le mois de février. Cinq mois déjà que Géraldine a passé à recueillir la semence de Mathias dans sa bouche.
Pourquoi a-t-elle choisi Gauthier ? Grand gringalet à boutons, un peu bête, toujours défoncé, ce n’est pas le plus beau garçon de la station. Surtout en plein hiver, quand le choix est dantesque avec la population qui triple de beaux gars venus des grandes villes. Elle n’est pas certaine de la raison, en dehors de vouloir rendre Mathias jaloux, plus envieux encore qu’avec des inconnus en boîte. Gauthier est l’un des meilleurs copains de Mathias, depuis l’enfance. Gauthier, parce que Marco était déjà pris. Gauthier, à qui elle se donne dès lors exclusivement. Voici ce qu’elle dit à Mathias : « Je ne trompe pas Gauthier. Il y a quelque chose de sérieux entre lui et moi. Maintenant, pour toi ce sera uniquement sexe au téléphone avec Pam. » Mathias roule des yeux ronds. « Ou alors, c’est ceinture ! »
Elle dévergonde Gauthier sans pitié. Ce qui aurait pu rendre Mathias seulement envieux devant leur histoire le rend fou. Ils lui racontent tout dans les détails. Gauthier par exaltation. Géraldine pour le rendre envieux et jaloux. Les autres copains aussi s’y mettent. Le sujet rend animées les conversations de cet hiver. Mathias devient fou de jalousie vis-à-vis de son pote, fou de désir vis-à-vis de Géraldine. Et il se désespère de voir ses potes se marrer sans savoir. Nul ne sait que Géraldine l’attire à ce point. Voilà ce qu'il lui en coûte d’avoir refusé de la baiser. Mais Pam doit venir pendant ses vacances d’hiver. Il va se refaire, c’est ce qu’il dit à Géraldine pour la chambrer.
Mais pas de Pamela cet hiver. Elle n’a pas pu venir. Personne n’a compris pourquoi, malgré les tentatives d’explication de Mathias.
— Suce-moi, Nanie ! S’te plaît ! J’en ai trop envie ! lui fait un soir Mathias en se tripotant l’entrejambe.
— Tu plaisantes, Mamat ? Comment il le prendrait Gauthier s’il l’apprenait, toi son meilleur ami ? Il travaille trop et je ne le vois pas beaucoup, c’est vrai, mais je ne le tromperai pas.
Gauthier est apprenti boulanger. Il se lève tôt et se couche tôt. Il dort déjà quand sa petite amie sort de son service au restaurant, après minuit parfois.
Elle effleure le sexe de Mathias tendu sous son jean, plaque un smack au coin des lèvres.
— Et Pam, elle t’a quitté alors ou pas ?
Mathias ne sait pas. Ils ne s’envoient plus vraiment de mots d’amour. Ils se voient une fois de temps en temps par webcam, mais ce n’est pas pareil. Il passe ses journées à se masturber dans sa chambre, quand ce n’est pas au lycée. Il aimerait rendre Géraldine encore plus jalouse, mais ne sait pas comment s’y prendre pour séduire une fille et la mettre dans son lit. Il pense à Michelle. Géraldine fait preuve de beaucoup d’abnégation pour le pousser à aller voir une autre fille.
La consommation de films pornographiques de Mathias s’accroît en parallèle à sa consommation d’herbe. Géraldine est avec lui parfois. Elle se masturbe à ses côtés, mais ils n’ont plus de contacts. Pamela s'éloigne aussi. De ses pensées, de ses fantasmes. Ça fait six mois qu'il ne l'a pas vue. Il passe parfois une semaine sans qu’il n’ait de nouvelles. Il songe rompre, pour se libérer, pour aller voir une autre fille.
Et puis, un matin, il prend sa décision. Mais cette fois, il n’en dit rien à Géraldine, qui l’apprendra à ses dépens quelques jours plus tard. Ils se sont éloignés physiquement. Ils se séparent maintenant moralement. Ils ne se parlent plus trop, ne se confient plus l’un à l’autre. Ou plutôt lui, car elle, Géraldine continue de lui narrer ses expériences avec Gauthier. Elle lui a même fait prendre son cul et décharger dedans, c’est dire le niveau de détails.
Mathias prend sa décision, donc, tout seul. Il lui est arrivé un phénomène trop étrange pour laisser sa libido s’en arranger.
Un soir du début des vacances d’avril, il visionnait un film porno tranquillement dans sa chambre. Sa petite télé de la cabane passe l’hiver au chaud. Il a fermé la porte à clé et baissé le son. Il regarde une femme brune, assez mature, à quatre pattes sous une table basse. La vue subjective depuis le regard de l’homme qui approche par-derrière dont il imagine les intentions. Mathias s’excite et s’excite, tire sur son membre. Il est sur le point d’éjaculer quand l’image de sa mère dans la même position la veille sous le piano de cuisson de la cuisine, lui revient en mémoire. Érotisée à l’extrême. Mathias ne peut se retenir d’éjaculer, sur ce qu’il voit maintenant comme le visage de sa mère. L’épouvante ne baisse pas ensuite quand il se tourne dans ses draps. La peur d’avoir fauté.
Au matin, il a pris sa décision.
— Je vais trouver une fille, annonce-t-il à Géraldine, tous deux dans le petit salon au-dessus du restaurant. « Pam m’a plaqué... » il continue en la fixant.
Elle lui sourit. Il tente le tout pour le tout. Elle pourrait l’attraper enfin. Mais il veut la rendre jalouse.
— C’est le meilleur choix, répond-elle simplement.
Géraldine est intelligente. Elle a compris qu’il s’apitoie. Elle veut le pousser à bout avant de le récupérer entièrement quand il sera lassé des autres filles. De leur courir après surtout.
— Vas-y, va te taper d’autres filles. C’est les vacances, les Parisiennes sont là, c’est le moment !
La fin de saison, les vacances d’avril, la neige est encore là. Le soleil est déjà plus chaud. La musique de l’eau qui s’écoule du toit depuis sa chambre en mansarde. Le printemps. Géraldine songe qu’elle pourra bientôt lâcher Gauthier après quatre mois. Il ne la satisfait pas entièrement. Charmant, attentionné, il n’arrive pas à la cheville de Mathias ni de beaucoup d’autres gars dont elle a déjà reçu la jouissance. Il est jeune, et nouveau dans le jeu, c’est normal qu’il ne soit pas encore une bête de sexe.
Durant les vacances, elle travaille beaucoup. Gauthier et elle ne se voient guère plus de deux fois la première semaine. Cette même semaine que Mathias a passé à courir après les filles ou à se branler quand il n’était pas sur son snow à chercher un coin tranquille pour recommencer. Mathias ne sait pas comment draguer une fille. Ils se voient lorsque Géraldine n’est pas au travail. Le petit salon de l’entresol où ils se retrouvent. Bientôt ils pourront réinvestir la cabane. La neige a quitté les environs immédiats du chalet, mais la boue, le froid, le gel, les empêchent d’emprunter le sentier qui mène à l’échelle. Mathias s’invente des histoires avec des Parisiennes. Il regarde le corps de Géraldine. S’en émeut. Elle en rajoute, dresse son buste, croise ses jambes sur le canapé.
— Alors voilà. Il conclut son aventure parisienne, le regard lourd. Ses yeux gonflés, son corps qui transpire l’envie par tous les pores. « Alors voilà... », il répète, les yeux figés sur le décolleté de Géraldine.
Elle le regarde avec toute la pitié qu’il espérait recevoir.
— Oh Mam ! J’aurais trop envie... mais... Je suis désolée...
Elle est sincère. Un geste, un seul geste pour se libérer de ce jeu de pouvoir de l’un sur l’autre. Il sera mûr pour glisser sa queue en elle. Mais elle résiste, encore.
— Un smack, c’est tout !
Mathias marche sur trois pattes.
— Il transpire de désir, remarque Géraldine à Pauline et Michelle les jours suivants.
Elles sont à une table de la Taverne irlandaise, remplie d’Anglo-saxons en virée.
— Ça le handicape, rétorque Pauline.
Géraldine juge l’attractivité de Pauline au regard masculin de Mathias. Pauline fait un peu virile. Sa passion de la montagne lui donne ce corps trapu et musculeux de montagnarde. Pauline aspire à devenir éleveuse. Elle n’en est pas moins aussi mignonne qu’une autre.
— Tu voudrais pas le baiser, toi ? lui fait Géraldine. Pour le dépanner ?
— Tu plaisantes j’espère ? Je suis pas une salope comme toi ! Je couche pas pour dépanner !
Elles rient, se marrent en aspirant leurs cocktails à travers leurs pailles.
— Et toi Miche ? lui fait Géraldine. Tu as revu ton Kaiser Soze ?
Les copines n’ont jamais vu le petit ami de Michelle. Anglaise romantique, timide et chaste, elle vit à la station depuis qu’elle est petite. Son mec, un étudiant londonien rencontré en saison, n’est pas venu depuis plusieurs mois.
— Il n’aime pas la campagne. Il travaille tout le temps. Et puis, il a sa bande de copains.
Michelle est assez jolie, plus fine et féminine que Pauline. Elle porte des robes, des jeans serrés. Ça change des leggings de sport et des survêtements de Pauline. Michelle est du goût de Géraldine.
— Tu voudrais pas, toi, Miche, te taper Mam ? a lancé Géraldine comme elle arracherait une stalactite de glace suspendue à une gouttière.
Les yeux de Michelle se baissent à la mention des désirs de Mathias. Michelle les quitte quelques minutes plus tard, sans presque rien dire de plus. Pauline et Géraldine n’émettent aucune hypothèse sur les raisons de son départ.
— Une pute alors, relance Géraldine ? T’en connais ?
Mais le jour suivant, Michelle parle avec Virginie, qui est sa patronne, qui est une amie. Et ce que Michelle n’a pas dit à Géraldine et Pauline, par pudeur, par honte, elle essaie de le dire à Virginie. Virginie répond juste sans l’entendre : « Plus tard Michelle, j’ai trop de boulot ! »
Virginie n’a pas le temps de l’écouter. Alors Michelle a continué sa vie.
Deux jours plus tard, il n’y a plus d’échappatoire possible. Mathias est allé trop loin. Virginie l’écoute enfin. Géraldine ne sait rien pour l’instant, elle l’apprendra en suivant. Car Virginie a essayé de parler avec lui. Mais elle manque de patience.
— T’as tes règles ? lui a même balancé Mathias avant de claquer la porte de sa chambre.
— A cause de toi, elle n’est pas venue travailler ! Tu sais ce que ça veut dire ? Je serai au four et au moulin ce soir !
Elle y repense toute la journée entre la cuisine et la salle, avant de se tourner vers sa filleule quand le service se calme en salle.
— Mamat a déconné.
Giny la regarde par en haut, les yeux plissés, les petites rides de son front en accent circonflexe. Elle dépasse Géraldine d’une demi-tête. « Tu le connais bien, elle reprend. Parle-lui, s’il te plaît. Fais quelque chose...
— Il a fait quoi ? s’impatiente Géraldine.
— Il a... Mathias a... il a tenté de...
— Quoi, s’affole Géraldine, il a tenté quoi ? »
Elle le voit comme son père, trois ans plus tôt, se balancer au bout d’une corde au milieu du salon... Non, c’est pas possible.
— Qu’est-ce qu’il a fait, elle répète. Dis-moi, s’il te plaît ?
Des larmes lui montent aux yeux. Merde, elle n’est pas remise par le drame en fait. Elle l’aurait cru. Elle a peur pour Mathias.
— Il a tenté de violer Michelle ! lâche brutalement Virginie.
— Quoi ?
Géraldine sourit, rassurée : il n’a pas essayé de se pendre. Ses yeux passent alors du soulagement à la compréhension. Ils retombent. La détresse s’y lit.
— Il l’a forcée, mais elle a réussi à partir. J’ai essayé de lui parler, il refuse. Il t’écoutera toi !
Au pied de la cabane sur la terre détrempée, les paroles de Pale blue eyes chantée par Lou Reed lui parviennent. C’est peut-être la dernière des choses à faire, pense-t-elle, mais elle doit la faire. Elle a trop souffert elle-même. Tout lui est retombé dessus. La mort de son père... Les viols qu’elle a subis...
Géraldine se déshabille rapidement. Ses gestes sont saccadés. Le froid glacial de ce début de mois de mai lui tombe dessus. En sous-vêtements, elle grimpe à l’échelle, passe la trappe. Elle entre sous les couvertures, se blottit contre le corps bouillant de Mathias.
— Mon chéri, c’est moi !
Elle finit de se déshabiller. Elle pointe ses tétons contre la peau chaude du dos de Mathias. Il se retourne, la prend dans ses bras.
— Qu’est-ce que tu fous là ? il fait quand il la reconnaît.
— Je t’aime, je t’aime, Mam...
Sans la prévenir, les larmes montent encore. « Tu n’as pas le droit de faire ça à Miche. Tu n’avais pas le droit.
— Laisse-moi ! C’est elle qui voulait !
— Non, elle ne voulait pas... Pourquoi tu as fait ça ? Tu m’avais, moi, tu aurais dû me parler ! J’aurais pu faire quelque chose... » Elle essaie de prendre son sexe en mains. Il s’écarte.
— J’étais trop en manque ! Miche m’a allumé... Alors j’ai tenté de... je l’ai mise dans sa bouche. Il s’est rien passé, elle m’a foutu une beigne qui m’a sonné et elle est sortie. T’y comprends quelque chose toi ?
— NON ! hurle Géraldine dans ses sanglots. TU NE PEUX PAS FORCER UNE FILLE !
— C’est elle qui m’a allumé !
— Mais t’es con, mon pauvre ! Elle a peut-être cherché à te rendre service, ou peut-être qu’elle ne voulait pas perdre son boulot, tu y as pensé à ça ? » Elle enrage, Géraldine. Elle repense à Michelle l’autre soir à la taverne. « Ça dure depuis plusieurs jours en plus !
— On était en boîte l’autre soir... Elle a fait la chienne ! Elle dansait contre moi, elle sentait que je bandais, je suis sûr ! Elle en voulait plus ! J’étais en manque ! C’était la première fois, depuis Pam et... et toi !
— Elle avait bu ! Une fille ne s’offre pas parce qu’elle est bourrée ! Je suis comme ça, Mam, à cause de ce que j’ai vécu ! Tu sais, ça m’a rappelé... »
Elle le fixe de ses yeux sombres. Ils doivent briller dans la faible clarté de la lampe tamisée. Il la regarde. Son maquillage a laissé des traces noires sur ses joues. Il les lui caresse, essuie ses larmes.
— Tu sais, mon père, elle reprend... Quand il est mort, je lui en ai voulu, tu te rappelles ? J’ai compris pourquoi je lui en veux encore.
Elle regarde Mathias. Elle respire.
Il la regarde. S’interroge. Il ne comprend pas.
— J’ai compris, elle reprend, quand Giny m’a dit ce que tu avais fait à Miche ! Mon père m’a violée !
Le passé ressurgit. Les larmes se déversent de ses yeux une nouvelle fois.
Elle pleure un moment contre l’épaule de Mathias. Il ne sait pas comment réagir. Il caresse son épaule à elle. Dans sa stupeur lacrymale, elle sent qu’il bande, déjà.
— J’avais tout oublié et ça m’est revenu ce soir. J’avais treize ans, tu imagines ? Elle pleure. Je lui en veux tellement ! Mais je lui ai échappé, tu sais, quand j’ai commencé à fuguer... Il s’est mis à boire encore plus, ma mère était malade elle aussi, elle était à l’HP. Il n’avait plus que moi et je l’ai trahi, tu comprends ? Il s’est tué à cause de moi, parce que je l’abandonnais...
— Arrête, dis pas ça ! Arrête de pleurer, aussi.
Ses yeux à lui sont secs. Sa main est descendue à la cambrure de Géraldine, elle effleure ses fesses.
Géraldine caresse ses joues, le couve de son regard. Elle est pleine d’amour. Elle ne peut plus le garder pour elle.
— Bon, elle renifle. J’ai été violée, je sais ce que ça fait. Je veux pas qu’il arrive la même chose à quelqu’un d’autre. Surtout à Miche. Miche c’est notre copine ! Comment tu as pu faire ça ? Alors je suis venue pour t’empêcher de violer à ton tour. Je ne veux pas que tu finisses comme mon père... Je t’aime, Mam. Je veux que tu vives, je veux que Miche vive !
Un silence. Ils se regardent tous les deux. Mathias ne pense plus qu’à ça, pense Géraldine. Elle ne regarde pas son caleçon.
— C’est à cause de moi que tu es comme ça, elle reprend. C’est moi qui ai créé ton manque... Je m’en veux tellement, mon chéri. Viens, prends-moi s’il te plaît ! Prends-moi et laisse les autres filles tranquilles !
Elle s’accroche à ses bras. Elle écarte ses jambes, laisse apparaître son pubis épilé, ouvre sa vulve rouge, brillante entre ses doigts.
Mathias caresse sa joue, ses seins.
— C’est trop tard, ma chérie ! C’est trop tard...
Il s’écarte d’elle.
— Non ce n’est pas trop tard, viens, mon amour !
Elle rampe sur lui. Elle caresse son clitoris, insère un doigt dans sa vulve mouillée.
Il arrache son corps de l’emprise du sien. Elle l’embrasse, s’accroche à lui, sort sa queue de son caleçon. Il recule une nouvelle fois.
— Non !...
Il regarde ses seins, effleure ses tétons, les pince.
— T’es une vraie salope, en fait ! On en rit, mais c’est vrai ! Je ne veux pas d’une salope qui baise tous les mecs ! Une pute même !
— Tu ne peux pas dire ça, non ! Je t’aime ! Je suis à toi !
Elle le branle doucement. Il ne s’est pas reculé cette fois.
— Arrête de pleurer, enfin ! T’es une grande fille, tu dois te contenir... Glup !
Elle a mis son sexe dans sa bouche pour le faire taire. Elle l’a avalé tout cru entre ses lèvres, les mains serrées autour de sa verge.
Le sexe tendu en elle. Il ne dit plus rien. Elle serre ses lèvres, commence à monter et descendre dessus. Elle guette un signe. Il agrippe une main à son épaule, au côté de son visage. Il va s’abandonner. Il va fondre. Elle est appliquée. Ses doigts en anneau torsadent la peau de sa verge. Sa langue fait des rotations sur son gland, descend à la base du frein. La zone du plaisir.
Des hoquets. Ce n’est pas Géraldine qui pleure. Spasmes. Pas de coups de reins non plus. Mathias se retient de pleurer. Michelle. Géraldine. Son amour. Violée. Forcée. Il ce qu’elle lui donne pour le sauver. Pour sauver Miche.
Elle le lâche, l’enlace. Il pleure dans son cou.
— Ça va, Mam. Ça va aller. C’est bien. Je ne veux pas que tu fasses des bêtises comme ça. On fera l’amour toute notre vie. Je t’aime !
Il cherche ses lèvres, l’embrasse avec force. Il caresse son clitoris, enfonce un doigt dessous, le met en crochet pour remonter dans sa cavité. Il touche son point sensible.
— Oui ! fait juste Géraldine.
Elle s’accroupit sur son bassin. Elle se caresse avec son gland. Ses lèvres s’ouvrent en deux, le happent. Elle dégouline de jus. Mathias sort de sa léthargie. Il agrippe les hanches de Géraldine. Dans un formidable coup de bassin, il pousse son sexe au fond du sien. Il attrape ses tétons avec les lèvres et sa langue, les mordille. Son sexe dans le sien. La communion ultime. Il pousse si fort. Elle le sent si bien. Sa main empoigne sa queue. Mathias pelote les petits seins qui ballottent au-dessus de lui.
Sa peau est électrique. Elle ressent des décharges dans tout son corps. Cette queue qui la fourre. Le bonheur ultime. La joie l’envahit. Le plaisir monte, fulgurant.
Enfin.
Un cri rauque sort de la gorge de Mathias. Jamais elle ne l’a entendu ainsi. Le torrent dévale la montagne. Une source chaude pénètre ses galeries. Un tsunami parfumé de jasmin la renverse. Le tremblement de terre la secoue, chamboule ses sens. Elle jouit comme jamais. Longtemps. Les étoiles brillent au-dessus d’eux. Cette odeur de musc, de cul, d’humus, c’est la vie. C’est elle, c’est lui. C’est eux deux.
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MitchBoccatone
4 décembre 2023 à 09:19
Bonjour
Merci pour votre message
C'est ma première participation à ce site et première incursion dans l'érotique.
Soyez respectueux
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Utilisateur supprimé
13 novembre 2023 à 02:09
Magnifique j'ai beaucoup aimé ce texte
Soyez respectueux
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