Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Un enfant qui se fait désirer. — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
Un enfant qui se fait désirer.
Chapitre 1
Chères lectrices et lecteurs, je m'excuse à l'avance, mais la lecture de ce récit va vous demander de la vigilance, car il y a des "allers et retours" dans le temps, mais aussi dans les narrateurs et situations.
PARIS 2024.
—Monsieur Dumont, je peux vous voir en privé, s'il vous plait ?
—Bien sûr, ce sera long ?
—Quelques minutes, pas plus.
—Thomas tu veux bien m'attendre ?
—Dans la pièce à côté. Précise le notaire.
Le notaire car, Thomas et moi, Alain son père nous venons, avec l'aide du notaire, de régler quelques détails de la succession, une succession rendue nécessaire par la disparition subite de mon épouse Anne. Une succession bien simple, car nous étions mariés sous le régime de la séparation ce qui fait que le partage est évident surtout que nous n'avons qu'un fils.
—Voilà, c'est une lettre que votre épouse a déposée en mon étude quelque temps après la naissance de votre fils. En principe elle devait venir la retirer après vous avoir parlé. Enfin, c'est ce qu'elle m'avait dit à l'époque. Mais comme elle n'est pas venue, je me dois donc de vous la donner, en main propre et sans la présence d'une tierce personne. Voila… Si vous voulez bien signer là… Pour ce qui est de la succession je vous tiens informé dès que le fisc aura enregistré les documents.
C'est une lettre bien simple, format classique, avec manifestement plusieurs feuilles à l'intérieur.
—Alors il te voulait quoi ? Me demande mon fils alors que je le retrouve.
—Un détail sans importance. Je réponds, ne voulant pas parler de cette lettre qui m'intrigue et que je suis pressé de lire, mais une fois de retour à la maison, et seul.
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Deux feuilles manuscrites. Je reconnais les pattes de mouche d'Anne. Elles sont datées de 2004. En effet le courrier à vingt ans. Qu'est-ce que c'est ?
Chéri, si tu lis ces quelques mots c'est que je suis partie, mais que je n'ai pas eu le courage de t'avouer la vérité. Mais avant de me lire, sache que tu es mon seul amour et que maintenant avec la naissance de Thomas, NOTRE fils, je suis la plus heureuse des épouses et des mères.
J'imagine que tu te souviens de nos vacances de 2004 au Portugal et plus particulièrement de la nuit du vingt août.
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Bien sûr que je me souviens. Qui pourrait oublier ?
THOMAS
Portugal. Vingt août 2004.
Je me sens bien, très bien, apaisé, détaché, en harmonie avec la nature et ce qu'elle nous offre de meilleur. Bien sûr, la bouteille de rosé que j'ai bue pendant le repas contribue à cette sensation, surtout que je n'ai pas l'habitude de boire, mais il y a des circonstances qui le demandent. Nous avons quitté notre chambre d'hôtel et son air conditionné pour marcher sur la plage, grande plage de sable fin et alors que chaque pas nous éloigne, le ciel s'illumine de nouvelles étoiles. Nous avons marché comme deux adolescents, main dans la main dans une communion d'esprit et de mouvement que nos 35 et 39 ans auraient pu rendre bien désuets. Nous n'étions pas seuls et cette immensité de sable avait le don d'inviter des couples à faire l'amour sous un ciel étoilé. Et puis un feu de camp nous attire comme des papillons de nuit.
Une dizaine de personnes, un feu contenu mais entretenu avec les bois morts que l'océan apporte à chaque tempête. Comme aussi ce mat planté dans le sable qui donne une nouvelle vie à ce tronc blanchi par le sel. Un guitariste, des mélopées, mélange de Fado et de jazz. Je ne sais qui s'est levé en disant " L'eau doit être bonne à cette heure", d'ailleurs je ne crois pas qu'il ait parlé en français mais son langage est universel d'autant qu'en deux mouvements il se dénude. Tout le monde suit.
Je suis bien, très bien. Quelqu'un avait dû apporter de grandes bandes de tissu, car nous étions allongés, encore humides de ce bain de minuit sur une couche presque confortable.
Je suis bien, apaisé. La musique est lancinante et pourtant douce. Le ciel est étoilé, le feu de camp n'arrivant pas à en atténuer la clarté.
Une ombre. Une ombre devant moi, non, pas devant moi, mais devant Anne. Une ombre qui tend la main l'invitant manifestement à se lever. Un regard vers moi, un sourire et elle répond à l'invitation. Je la suis du regard. Je les suis du regard, m'asseyant pour les regarder danser. Enfin quand je dis danser, je devrai dire piétiner, mieux, se frotter. Ils sont entre le feu et moi et aucune lueur ne passe entre leur corps. Je m'étonne de ne "même pas m'étonner" de cette invitation et de ces deux corps qui se frottent, qui se cherchent dans une séduction si sensuelle qu'elle devrait me déranger. Pourtant je ne dis rien, ne proteste pas. Je regarde, cherchant même une position assise plus confortable. Ils s'embrassent… Un éclair ? Non, juste une lueur, une flamme du feu qui passe entre eux. Une lueur qui éclaire cependant assez pour que je puisse deviner une main, celle de l'homme qui se glisse entre eux et qui vient se plaquer entre les cuisses d'Anne. Elle sursaute, surprise et je m'en étonne. Elle doit bien savoir que se comportant ainsi, se laissant embrasser, se laissant attirer contre le corps de l'homme, du jeune homme d'ailleurs qui ne doit pas avoir plus de vingt ans et qui doit se glorifier intérieurement de séduire si facilement une femme bien plus âgée que lui, oui elle ne devrait pas être surprise. D'autant qu'avant de nous rencontrer, plus exactement avant de nous aimer, je l'avais déjà vue en séductrice et à l'époque elle n'avait pas froid aux yeux et si j'osais, plutôt chaude du cul… Je suis toujours étonné qu'après notre rencontre elle se soit assagie et ne m'a jamais donné la moindre inquiétude sur sa fidélité.
Je ne parle pas portugais et d'ailleurs Anne non plus mais le : ""Chupa o meu pau"" qui est accompagné par une main sur sa tête, main qui manifestement exerce une pression continue, sert de traduction. Le portugais est une belle langue dont j'aime la sonorité et franchement le : ""Chupa o meu pau"" est autrement plus chantant que le ""Suce moi la bite"".
Est-ce qu'elle hésite ? Elle n'en donne pas l'impression, car elle se baisse, s'agenouille et la main toujours sur sa tête la guide là où elle veut.
Est-ce qu'elle jette un regard vers moi ? Ils sont à contre-jour, le feu me dessinant des ombres, deux ombres séparées maintenant, deux ombres reliées par une tige, une tige dont je devine une extrémité se terminer par une grosse boule, boule que je sais regrouper deux couilles, et un visage de profil un visage avec des lèvres…
Elle le suce. J'en suis le témoin, aux premières loges pour voir Anne exercer son art, un de ses arts, celui de sucer, pomper, gober, lécher envelopper, caresser une queue pour la transformer en un bâton vigoureux. Il est bien monté le salaud. J'en serai presque jaloux.
Je ne suis pas le seul à regarder. D'autres se sont rapprochés, mais aucun ne se met entre eux et moi. Ils sont aussi des silhouettes, courbes de poitrines, de hanches, de ventres, de sexes dressés. Je ne suis pas le seul… Un regard montre que je bande comme un malade. Je suis comme les autres, excité par ce spectacle.
C'est Anne. Je sais que c'est elle. Ma femme, mon épouse et elle…
L'homme l'invite à se relever. Une fraction de seconde je vois sa queue se dresser vers les étoiles, mais cela ne dure pas, car il soulève Anne comme une brindille et la plaquant contre lui, la laisse redescendre, l'empalant sur sa bite.
Pas de préservatif. Je n'ai pas vu de capote ou quoi que ce soit qui y ressemble. Elle s'est laissé empaler sans protester comme si c'était normal.
""Ne t'occupe pas de ça. C'est le principe. Profite du spectacle que t'offre ton épouse. Elle a droit au plaisir. Tu lui en demandes tant. Laisse la nature faire son œuvre. Regarde… Regarde… ""
C'est comme une petite voix qui vient de mon inconscient. Elle en sait plus que moi. Je dois l'écouter sinon je risque de tout faire rater.
Alors je regarde.
Anne s'est accrochée à l'homme. Ses bras sont autour du cou, ses jambes étreignent les hanches. Elle bouge avec ardeur montant pour se laisser retomber de tout son poids. Les deux gémissent. L'homme a ses mains libres et je le vois empoigner les seins de ma femme pour les presser, en faire jaillir les tétons. Et tout cela juste en face de moi. Le feu de camp n'est pas si fort et pourtant je ne vois que deux ombres chinoises. Mais c'est encore pire, encore mieux je devrais dire tellement ce spectacle me trouble. Par moment je vois la queue de l'homme dans toute sa splendeur, bâton qui vise le ciel. Elle me parait énorme avec un gland champignon qui… Et puis d'un seul mouvement elle disparaît. Je ne vois plus que des fesses, des fesses et des couilles. Et à nouveau la queue et à nouveau l'engloutissement du mandrin dans la fente d'Anne. Je ne doute pas qu'elle soit bien ouverte, bien gluante, bien glissante.
Et puis, le temps de regarder les autres spectateurs, ils ont bougé. Anne a retrouvé la terre ferme, en réalité un tissu et le sable souple, mais pas en face de son baiseur. Je ne sais comment, mais elle est en appuis contre le mat vertical avec son amant qui la baise. Je regrette mon inattention. J'aurais voulu voir comment… Il l'a fait tourner autour de sa queue comme autour d'un axe, comme un fétu de paille.
Mais ce n'est pas autour d'une paille qu'elle a tournée. J'étais tout près de ce mat et maintenant ils ne sont plus entre le feu et moi, mais à côté de moi. Si près, sous un autre éclairage que je découvre le visage de ma femme. Son visage, mais aussi son dos quasi horizontal, bien en appui sur ses deux jambes, les deux bras tendus pour se retenir au mieux des avancées du mec. Il a la force et l'envie de la jeunesse, des mains qui s'agrippent à des hanches bien formées, hanche féminines, bassin taillé pour enfanter.
Elle semble me découvrir:
—Oh, Alain, tu es là ?
Comme si j'avais été me promener alors qu'elle se faisait baiser ! Elle sourit et ajoute :
—Coquin tu bandes. Cela t'excite. Si tu savais comme il est bon. Il… Ahhh, ce qu'il est gros et… Ahhhh, dur.
L'homme me parle. Je ne comprends pas un mot d'autant que sa respiration est toute entière concentrée et rythmée par ses grands coups de reins.
—Il dit… C'est une fille qui me parle, jeunette que moi aussi je labourerais bien. Il dit que votre femme est une belle… Excusez-moi mais c'est ce qu'il a dit… Une belle salope. Que vous avez bien de la chance, que c'est aimable à vous de la partager… Excusez-moi encore… Qu'il va la remplir de sa semence… Que ses… Bolas… Une voix vient aider la traductrice… Couilles, Bolas, Couilles… Merci, que ses couilles sont bien pleines.
Mais l'équilibre est soudain rompu. Anne lâche prise sous la force des avancées. Elle part en avant. Cette fois-ci, je regardais aussi j'attrape un de ses bras qui cherche l'équilibre. Elle tombe. Elle tombe vers moi. Elle tombe sur moi. Sa tête ne heurte pas le sol, mais mon ventre. L'homme l'a suivie. Une seconde j'ai la vision de ces couples de chiens dont le sexe du mâle forme une boule qui le solidarise avec la femelle. L'homme l'a suivie…
La tête d'Anne est sur mon ventre, ses genoux au sol, dans une levrette marquée, cambrée avec un homme qui s'agrippe toujours à des hanches qui attendent la maternité. L'homme ne parle plus, d'ailleurs s'il le voulait, il ne le pourrait pas. Sa respiration est rapide, puissante, il cherche l'air, mais c'est pour de dernières possessions.
Il parle. Juste quelques mots qui se répètent:
—Je viens… Je viens… La jeunette me traduit ce que tout le monde a compris, vu l'expression et le comportement de l'homme.
—Oh… Chéri… Alain chéri… Il… C'est brulant…
Voilà, cela s'arrête. L'homme est toujours calé au fond de la matrice. Il a le regard fier. Il se redresse. Il me sourit. Ses mains relâchent sa proie. La pauvre doit avoir des marques, des rougeurs.
Il se retire. Son sexe est moins tendu, mais encore de belle taille.
Je ne sais pourquoi, mais je me dis que ce n'est pas la taille qui fait la qualité, comme de grosses couilles ne font pas obligatoirement du foutre vigoureux.
Il se redresse.
Anne parait épuisée, elle ne bouge pas. Je ne vois pas, mais j'imagine du foutre couler de son vagin inondé.
Est-ce que c'est parce qu'elle ne bouge pas qu'un homme se dit qu'il pourrait aussi la baiser. Il fait un pas en avant, mais un autre le devance. Un bel homme, une force tranquille, des épaules de nageur, un ventre plat, un sexe en grande forme qui est si lourd que malgré son érection évidente il penche vers le sable. Mais que cela ne tienne, il le soulève de sa main. Il avance, il se place derrière Anne qui a senti qu'il se passait quelque chose. Il guide sa queue. Il va la prendre.
Non, non, pas lui. Que diraient les gens si le bébé était métis. Métis, car l'homme est noir, une peau sombre… Non, non…
—Alain… Alain… Chéri… Réveille-toi… C'est terminé, tu peux…
Anne est en face de moi. En réalité à genoux à côté de moi, car je suis sur un transat… Sur la terrasse… La terrasse de notre chambre…La plage est à nos pieds… De la musique…
—C'est le rosé. C'était une bonne idée. Je me suis sentie plus libre et pourtant rassurée, car tu n'étais pas loin.
—Cela s'est bien passé ?
—Oui. Il a fait ce qu'il fallait et de mon côté aussi. J'ai même un peu honte.
—Honte ? Mais c'était notre décision, tu n'as pas à avoir honte.
—Je sais, mais aussi j'ai eu du plaisir… Tu comprends…
—Ah ! Je ne t'en veux pas. Après tout cela ne peut pas faire de mal, peut être que le plaisir va faciliter la chose…
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Cette conversation doit paraître assez hermétique, mais elle a toute sa signification si on fait un petit retour dans le temps.
France. Paris. Avril 2004
Nous chez le gynécologue.
—Je suis désolé. Vous l'avez constaté, cela ne marche pas… Je pense que ce n'est pas nécessaire de continuer… D'ailleurs la loi ne nous le permettrait pas.
C'est le Docteur XXXX, éminent spécialiste de l'infertilité qui constate avec nous que toutes les tentatives que lui autorise la loi française ne marchent pas et que mon épouse Anne ne tombe pas enceinte.
Nous sommes, comme de plus en plus de couple d'un certain âge, chez qui tout fonctionne et qui pourtant n'arrivent pas à mettre en marche une grossesse.
—Mais il ne faut pas désespérer, j'ai vu des couples comme vous, avoir des enfants, et de la façon la plus naturelle possible.
—Mais avec quelle probabilité ? Et le temps passe toujours un peu plus, bientôt je ne serais plus fécondable.
—C'est vrai.
—Docteur, vous avez parlé de loi française, mais ailleurs nous ne pourrions pas essayer ?
—J'ai bien peur que non. S'acharner ne serait pas bon pour vous, pour votre couple.
—Alors c'est fini.
—Il reste la solution naturelle.
—Mais nous avons tout essayé. Le Kâma-sûtra n'a plus de secret pour nous…
—il y a bien…
—Docteur vous voulez dire quoi ?
—Une solution naturelle…
—Mais on a déjà essayé.
—Pas de cette façon. C'est naturel, mais transgressif, du moins pour des couples comme les vôtres, classiques…
—Classiques ?
—Écoutez. J'ai un confrère qui a de bons résultats, mais de façon un peu limite, en tout cas impossible en France. Évidemment cela peut se faire directement, par un autre partenaire, mais en passant par ce confrère toutes les précautions sont prises et le donneur contrôlé, ayant déjà enfanté, des enfants sains…
—Soyez plus clair, s'il vous plaît.
—C'est un collègue portugais. Attention pas un charlatan, une sommité reconnue, mais qui, pour des couples comme le vôtre ayant tout essayé et pourtant sans qu'aucun des deux ne soit stérile, propose la solution suivante…
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THOMAS
Retour Portugal. Vingt Aout 2004
La journée avant le rêve de Thomas.
L'homme n'est ni beau, ni laid, ni très jeune. Le gynécologue, avant de nous le présenter, nous a apporté les preuves de sa bonne santé, des images floutées de ses enfants, et même d'un taux de réussite, qui s'il est de moins de cinquante pour cent, n'en est pas moins intéressant.
—Le blocage dans votre cas est autant physique que psychologique. Il n'est pas rare que lorsque cela marche, le père soit le mari et non pas ce partenaire d'un soir. Allez comprendre l'âme humaine. Mais aussi il faut que vous me donniez l'autorisation de montrer une photo d'Anne. Vous comprenez que certains mécanismes masculins sont aussi entachés d'incertitudes. Le mieux également avant de… De consommer, est que vous passiez un moment ensemble. Alain peut ou pas être présent, c'est à vous de voir.
Le moment "ensemble" a été un repas dans un restaurant du coin. Heureusement l'homme parlait français et nous avons réussi à avoir une conversation. C'est pendant le repas que j'ai bu la bouteille de rosé. Ni Anne, ni l'homme n'ont bu une goutte d'alcool. Le toubib avait bien recommandé qu'Anne ne boive pas afin d'être pleinement consciente de ce qu'elle faisait pour ne pas le regretter en accusant l'alcool d'avoir perturbé son libre arbitre.
Nous sommes rentrés ensemble à l'hôtel. Afin d'être discret, l'homme est passé par la terrasse et c'est sur cette terrasse que moi je me suis retiré afin de laisser le couple seul. Avec Anne nous avions longuement abordé le sujet. Nous ne sommes pas de ces couples libertins, candauliste ou même infidèles. Est-ce que je devais rester ? Assister ? Partir de l'hôtel ? C'est en voyant la grande terrasse que nous avons pris la décision que je puisse rester, assez loin pour ne pas perturber le couple, assez près afin de réagir en cas de problème.
J'avais failli à ma tâche. Je m'étais endormi. Je dormais alors que ma femme se faisait "engrosser" par un autre et, l'alcool associé à cette situation si particulière, avait fait que mon cerveau avait construit ce rêve qui déformait la réalité tout en gardant un fond de vérité.
Je n'avais rien vu. Je n'avais rien entendu. Anne le savait et pourtant elle m'avouait, après m'avoir réveillé :
—Oui, j'ai honte, car j'ai eu du plaisir. Prions pour que ce plaisir fasse son œuvre sinon je me sentirai coupable toute ma vie.
—Je n'ai pas à te pardonner, car nous avons fait ce choix à deux. Et cela ne me choque pas que tu aies pu avoir du plaisir. Au contraire, si cela peut aider la nature. Du plaisir une fois, ce n'est pas tromper surtout dans ces circonstances.
—Euh… C'est-à-dire que… Pas qu'une fois… En réalité deux fois.
—Oh, vous l'avez fait deux fois ?
—C'est-à-dire que cela s'est fait assez naturellement. Après la première fois il était encore bien… Enfin tu vois ce que je veux dire… Et pourtant il avait bien rempli sa mission, il a été généreux et je sentais sa… Alain cela me gêne… J'ai encore plus honte de te le raconter… Pourtant je dois te le dire, tout te dire, sinon j'aurais l'impression de t'avoir trompé.
—Je comprends et je te remercie de chercher à me ménager. Il ne faut pas, tu dois partager cette charge avec moi. Si tu veux je vais te poser des questions, comme cela ce sera plus simple.
—Oui, oh oui.
—Donc vous l'avez fait une première fois ? Chacun s'est déshabillé ou vous avez déshabillé l'autre ?
—Non, chacun.
—Après, vous avez… Tout de suite ? Il était déjà en forme ?
—Dès que j'ai été nue j'ai vu que cela l'excitait. Il bandait.
—Tu es une belle femme, c'est bien normal. Et donc vous l'avez fait ?
—Non, pas tout de suite.
—Oh, alors tu l'as caressé ?
—Non, du moins pas la première fois. La deuxième, oui. Comme la première fois il m'avait…
—Il avait quoi ?
—Il m'avait fait un cunni avant de…
—Au moins il sait vivre… Je souris.
—Oui. Elle sourit aussi.
—Vous l'avez fait comment ?
—C'est gênant. On a commencé, lui sur moi et puis il m'a demandé de venir sur lui afin que je puisse contrôler mon plaisir et qu'il jouisse… Bref, on l'a fait.
—Et la deuxième fois ? Si j'ai bien compris il était encore en forme …
—Oui et je me suis dit, tu te souviens de ce que nous avions vu sur les meilleures positions… Mais aussi, qu'après tout, pour le même prix… Elle rit… Autant doubler les chances.
—Et cette deuxième fois, tu l'as donc sucé ?
—Oui, c'est lui qui a demandé. Je ne pouvais pas lui refuser alors que lui aussi m'avait… Enfin… Bref on l'a fait en levrette. Sur le lit, mais…
—Laisse-moi deviner. Mais il était si puissant que tu es tombée du lit et vous avec fini sur la moquette, toi te retenant à ce que tu pouvais…
—Euh, c'est à peu près cela… Mais comment tu…
—Une intuition. Je ne vais tout de même pas lui raconter le rêve érotique que j'ai fait alors que j'étais censé monter la garde. Donc deux fois cet homme t'a honorée, comme on dit.
—Oui, le terme est désuet mais élégant. Et lorsqu'il est parti, je suis restée allongée, comme indiqué dans tous les manuels pour que sa… Et je t'ai appelé, mais tu ne répondais pas. Monsieur dormait, j'aurais bien pu me faire assassiner que tu n'aurais rien entendu. Quand je pense que je me suis retenue de trop parler lorsque je… Bref tu ne m'aurais pas entendue.
—Je suis désolé.
—Monsieur est désolé, parfait. Mais Monsieur peut m'expliquer pourquoi lorsque je suis arrivée, Monsieur bandait comme… Tiens, regarde, il y a des restes… De beaux restes il est vrai.
Elle se fait câline.
—Viens rentrons. Le docteur a bien dit que ce n'était pas que physique. Peut-être que tout cela va nous rendre plus compatibles et que tes petits garnements vont enfin trouver le chemin de mes ovules.
—Tu crois ?
—Alain si tu ne me baises pas toute la nuit je divorce….
—Le blocage dans votre cas est autant physique que psychologique. Il n'est pas rare que lorsque cela marche, le père soit le mari et non pas ce partenaire d'un soir. Allez comprendre l'âme humaine. Mais aussi il faut que vous me donniez l'autorisation de montrer une photo d'Anne. Vous comprenez que certains mécanismes masculins sont aussi entachés d'incertitudes. Le mieux également avant de… De consommer, est que vous passiez un moment ensemble. Alain peut ou pas être présent, c'est à vous de voir.
Le moment "ensemble" a été un repas dans un restaurant du coin. Heureusement l'homme parlait français et nous avons réussi à avoir une conversation. C'est pendant le repas que j'ai bu la bouteille de rosé. Ni Anne, ni l'homme n'ont bu une goutte d'alcool. Le toubib avait bien recommandé qu'Anne ne boive pas afin d'être pleinement consciente de ce qu'elle faisait pour ne pas le regretter en accusant l'alcool d'avoir perturbé son libre arbitre.
Nous sommes rentrés ensemble à l'hôtel. Afin d'être discret, l'homme est passé par la terrasse et c'est sur cette terrasse que moi je me suis retiré afin de laisser le couple seul. Avec Anne nous avions longuement abordé le sujet. Nous ne sommes pas de ces couples libertins, candauliste ou même infidèles. Est-ce que je devais rester ? Assister ? Partir de l'hôtel ? C'est en voyant la grande terrasse que nous avons pris la décision que je puisse rester, assez loin pour ne pas perturber le couple, assez près afin de réagir en cas de problème.
J'avais failli à ma tâche. Je m'étais endormi. Je dormais alors que ma femme se faisait "engrosser" par un autre et, l'alcool associé à cette situation si particulière, avait fait que mon cerveau avait construit ce rêve qui déformait la réalité tout en gardant un fond de vérité.
Je n'avais rien vu. Je n'avais rien entendu. Anne le savait et pourtant elle m'avouait, après m'avoir réveillé :
—Oui, j'ai honte, car j'ai eu du plaisir. Prions pour que ce plaisir fasse son œuvre sinon je me sentirai coupable toute ma vie.
—Je n'ai pas à te pardonner, car nous avons fait ce choix à deux. Et cela ne me choque pas que tu aies pu avoir du plaisir. Au contraire, si cela peut aider la nature. Du plaisir une fois, ce n'est pas tromper surtout dans ces circonstances.
—Euh… C'est-à-dire que… Pas qu'une fois… En réalité deux fois.
—Oh, vous l'avez fait deux fois ?
—C'est-à-dire que cela s'est fait assez naturellement. Après la première fois il était encore bien… Enfin tu vois ce que je veux dire… Et pourtant il avait bien rempli sa mission, il a été généreux et je sentais sa… Alain cela me gêne… J'ai encore plus honte de te le raconter… Pourtant je dois te le dire, tout te dire, sinon j'aurais l'impression de t'avoir trompé.
—Je comprends et je te remercie de chercher à me ménager. Il ne faut pas, tu dois partager cette charge avec moi. Si tu veux je vais te poser des questions, comme cela ce sera plus simple.
—Oui, oh oui.
—Donc vous l'avez fait une première fois ? Chacun s'est déshabillé ou vous avez déshabillé l'autre ?
—Non, chacun.
—Après, vous avez… Tout de suite ? Il était déjà en forme ?
—Dès que j'ai été nue j'ai vu que cela l'excitait. Il bandait.
—Tu es une belle femme, c'est bien normal. Et donc vous l'avez fait ?
—Non, pas tout de suite.
—Oh, alors tu l'as caressé ?
—Non, du moins pas la première fois. La deuxième, oui. Comme la première fois il m'avait…
—Il avait quoi ?
—Il m'avait fait un cunni avant de…
—Au moins il sait vivre… Je souris.
—Oui. Elle sourit aussi.
—Vous l'avez fait comment ?
—C'est gênant. On a commencé, lui sur moi et puis il m'a demandé de venir sur lui afin que je puisse contrôler mon plaisir et qu'il jouisse… Bref, on l'a fait.
—Et la deuxième fois ? Si j'ai bien compris il était encore en forme …
—Oui et je me suis dit, tu te souviens de ce que nous avions vu sur les meilleures positions… Mais aussi, qu'après tout, pour le même prix… Elle rit… Autant doubler les chances.
—Et cette deuxième fois, tu l'as donc sucé ?
—Oui, c'est lui qui a demandé. Je ne pouvais pas lui refuser alors que lui aussi m'avait… Enfin… Bref on l'a fait en levrette. Sur le lit, mais…
—Laisse-moi deviner. Mais il était si puissant que tu es tombée du lit et vous avec fini sur la moquette, toi te retenant à ce que tu pouvais…
—Euh, c'est à peu près cela… Mais comment tu…
—Une intuition. Je ne vais tout de même pas lui raconter le rêve érotique que j'ai fait alors que j'étais censé monter la garde. Donc deux fois cet homme t'a honorée, comme on dit.
—Oui, le terme est désuet mais élégant. Et lorsqu'il est parti, je suis restée allongée, comme indiqué dans tous les manuels pour que sa… Et je t'ai appelé, mais tu ne répondais pas. Monsieur dormait, j'aurais bien pu me faire assassiner que tu n'aurais rien entendu. Quand je pense que je me suis retenue de trop parler lorsque je… Bref tu ne m'aurais pas entendue.
—Je suis désolé.
—Monsieur est désolé, parfait. Mais Monsieur peut m'expliquer pourquoi lorsque je suis arrivée, Monsieur bandait comme… Tiens, regarde, il y a des restes… De beaux restes il est vrai.
Elle se fait câline.
—Viens rentrons. Le docteur a bien dit que ce n'était pas que physique. Peut-être que tout cela va nous rendre plus compatibles et que tes petits garnements vont enfin trouver le chemin de mes ovules.
—Tu crois ?
—Alain si tu ne me baises pas toute la nuit je divorce….
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PARIS 2024.
Thomas lit la lettre écrite par Anne. Elle raconte :
—J'imagine que tu te souviens de nos vacances de 2004 au Portugal et plus particulièrement de la nuit du vingt août.
(((Évidemment que je me souviens de ce 20 août 2004. Comme si c'était hier.)))
Tu dois te souvenir de mes confidences, de la façon dont tout cela s'était passé, ma honte d'avoir eu du plaisir avec cet homme. Une honte que tu as effacée en me montrant ton amour, me possédant alors que je gardais encore la semence d'un autre en moi. C'était le principe, mais il faut reconnaître qu'à l'époque encore bien plus que maintenant c'était transgressif.
Tu ne peux avoir oublié, la joie de la découverte que j'étais enceinte, cette grossesse qui nous remplissait de bonheur, la naissance de Thomas, et notre nouvelle vie avec notre fils.
Tu te souviens aussi que quelque temps après tu as, exactement comme l'avais prévu le Gynécologue et qui préventivement nous avons conseillé de ne pas évacuer cette question pour la stabilité de notre amour, oui que tu as voulu savoir qui était le père biologique de Thomas. Sur le conseil du toubib j'avais gardé une trace, des cheveux en réalité, du donneur. Nous avons donc fait faire le test.
C'est à partir de cet instant que mon mensonge par omission s'est transformé en vrai mensonge.
Chéri n'oublie jamais que je t'ai aimé toute ma vie et que si j'ai gardé ce secret en moi c'était par amour, pour conserver notre amour.
Tu te souviens la joie, joie retenue mais fierté affichée lorsque le résultat a montré que tu étais le père biologique de Thomas. La réalité est différente. C'est moi qui avais préparé les prélèvements et qui les avait postés. En réalité je n'ai pas envoyé Deux enveloppes, mais Trois et lorsque le résultat est arrivé je me suis arrangée pour te faire croire que c'était ton prélèvement qui affichait les 99%.
La réalité est la suivante. Je veux me présenter devant mon créateur l'âme lavée de cette faute. Mais n'oublie pas que c'était par amour et qu'après tout nous avons vécu heureux avec ce subterfuge. Je ne saurai jamais quelle aurait été ta réaction sans ce mensonge. Il était d'autant plus plausible que Thomas te ressemble un peu. La blondeur de ses cheveux, blondeur qu'il a conservée en grandissant était un indice.
Pardonne-moi, mais tu ne sais pas tout ce qui est arrivé cette nuit du 20 août 2004.
Je t'ai raconté ce qu'il s'était passé dans la chambre pendant que tu dormais.
Tu te souviens que je t'ai entraîné dans la chambre pour faire l'amour.
Mais entre les deux il s'est passé quelque chose.
Reviens à l'instant ou, allongée dans la chambre, je t'appelle mais que tu ne réponds pas.
Donc je me lève et te découvre endormi.
—Il s'est endormi à peine une minute après s'être allongé.
C'est une voix qui vient de derrière moi, en réalité de derrière le mur qui sépare notre terrasse de celle d'à côté, un mur qui descend lentement à mesure qu'il s'éloigne de la baie vitrée. Je me retourne. C'est un jeune homme qui vient de parler.
—Comment vous savez ça ?
—Vous êtes libertin ?
—De quoi vous parlez ?
—Je lisais sur la terrasse lorsqu'un homme est arrivé. Ce n'était pas votre mari aussi j'ai été intrigué. Je me suis dit que c'était un amant.
—Vous avez de l'imagination.
—Même pas. Lorsque j'ai vu votre mari sortir sur la terrasse pour manifestement vous laisser seule avec cet homme, je me suis douté de quelque chose. Comme il s'est endormi très vite je n'ai pas pu m'empêcher de venir discrètement et jeter un œil dans la chambre. Je sais ce n'est pas bien, mais je n'ai pas fait le voyeur, juste quelques secondes pour avoir une réponse à ma question.
—Vous ne manquez pas de culot. C'est un lieu privé. C'est du voyeurisme. Je vais vous dénoncer.
—On vous accusera de détournement de mineur.
—Mais je n'ai rien fait.
—Et je ne suis pas mineur. Je plaisante… Vous avez que vous êtes très belle.
Je réalise que je suis toute nue.
—Oh… Je…
—Alors vous êtes libertins ? Vous savez c'est juste pour comprendre. Je ne sais pas pourquoi votre mari n'est pas resté. Pourtant il savait que cet homme et vous… Un chantage, cet homme vous fait chanter pour que vous acceptiez ? Une dette, vous remboursez une dette de jeu de votre mari ? Une vengeance, oui votre mari vous a trompée et pour le punir vous couchez avec un autre ? Impuissant, il est impuissant ou bien il en a une toute petite et vous avec besoin de… Non, il n'est pas impuissant, pendant qu'il dormait il bandait comme un malade. Vous êtes nymphomane, vous avez de gros besoins, votre mari ne vous suffit pas, il vous autorise des amants pour vous satisfaire ? Si c'est le cas je peux vous aider…
—Quelle imagination ! Je le regarde mieux. S'il est majeur ce n'est pas de beaucoup. Ses cheveux blonds lui font un visage d'ange mais un ange lubrique, gentiment lubrique. Aucune de vos hypothèses. Désolée de vous décevoir.
—Pas libertin ?
—Non.
—Pas de chantage, de vengeance, d'impuissance, de gros besoins ?
—Eh non, je suis désolée de vous décevoir.
—Pourtant les faits sont là. Moi si j'avais une femme telle que vous, je ferais tout pour la satisfaire et je n'aurais besoin de personne pour la faire jouir. Oh, une dernière question. Je suis peut-être resté un peu plus de temps que je l'ai dit et j'ai remarqué que vous n'utilisiez pas de préservatif. Ce n'est pas un peu risqué ? À nous les jeunes ont nous bassine pour la protection et vous les… Rien, vous faites ça tranquille sans vous soucier.
Je ris. Je ris franchement. Par la pensée je me dis que cela aurait été une belle expérience si le donneur avait été lui.
—Vous vous moquez, ce n'est pas sympa. Mais le sourire vous va bien. Il dort encore, vous n'avez pas envie d'un dessert.
—Un dessert ?
—Regardez… Il avance le long du mur. Son corps se découvre peu à peu avec la pente descendante.
—Oh ! Il bande.
—C'est votre faute. Je me suis soulagé déjà une fois après vous avoir vu, mais je ne peux pas me contrôler, vous m'inspirez…. J'ai des préservatifs si vous voulez… Avec moi… Ou sans, c'est comme vous voulez…
Il est beau. Il est jeune. Sa chevelure blonde comme celle de mon mari. Une pensée folle traverse mon esprit. On dit que plus on est jeune plus les petites bêtes sont vigoureuses. Et puis qui saura ? Mon mari dort encore alors que je fais tout le travail. Non, je suis de mauvaise foi, si Alain a bu toute la bouteille de rosé c'était pour se donner du courage, car il en faut du courage, de l'abnégation pour accepter que son épouse couche avec un autre, même pour la bonne cause.
—Tu t'appelles comment ? Je remarque que le tutoiement est venu naturellement et qu'il me dénonce avant même que je bouge.
—Alain.
—Alain, tu déconnes.
—Mais non, c'est bien mon prénom.
C'est un signe du destin, je n'ose dire, la main de Dieu qui pointe sur ce jeune homme pour me dire qu'avec lui tout est possible.
Alors, moi aussi je longe le mur, mais de mon côté, atteignant la limite ou il suffit de lever la jambe pour le passer.
—Tu es seul ?
—Oui, ma mère est sortie.
—Et ton père ?
—Divorcé. Ma mère m'a dit qu'elle est sortie avec une copine, mais en réalité elle est avec un mec. Elle me prend pour un gamin…
—Pourtant tu n'es plus un gamin.
—Non.
—Tu as déjà ?
Il éclate de rire.
—On est en 2024. Évidemment… Je ne compte plus… On dit que j'assure…
—Peut-être avec tes copines, mais avec une vraie femme à qui on ne peut pas raconter d'histoire.
—Essayez-moi.
—Je vais voir. C'est moi qui décide. Mais aussi, jamais tu ne dois pas parler à quiconque de ce qu'il s'est passé et ce qu'il va se passer.
—Promis, juré, craché.
Alain, mon amour, mon chéri, j'aurais pu ne rien te dire et partir avec mon secret. Mais jamais, tu entends, jamais je ne t'ai menti à l'exception de ce que je relate dans cette lettre. Et ce mensonge me pèse. Mon confesseur m'a exhorté tant de fois à t'avouer ce mensonge. Il parlait d'infidélité, du pire des mensonges de faire croire à son mari que l'enfant est de lui, mais je pense que toi tu peux imaginer que ce n'était pas une infidélité. Je t'ai été fidèle toute ma vie et cela ne m'a pas pesé même si parfois je me sentais fière des "approches" de certains. Je t'ai aimé dès que je t'ai vue. Je t'ai aimé chaque seconde de ma vie, même si je sais que parfois, surtout pendant notre période d'échecs répétés pour avoir un enfant, tu avais besoin de vérifier ta virilité avec une autre.
Après avoir lu ce que je viens de te dire et ce que je m'apprête à rédiger, voulant à tout prix décharger mon âme de ce fardeau, je peux comprendre que tu m'en veuilles, que tu me méprises, que tu me haïsses. Mais par pitié épargne notre fils. Oui, NOTRE fils, car il est le tien. D'abord tu l'as élevé. Il t'aime et tu l'aimes. Mais aussi, malgré mon mensonge, malgré les conditions particulières ou il a été conçu, tu as toujours été avec moi. Ce jeune homme, cet Alain, même si cela parait ridicule de le dire maintenant, cet Alain c'était toi. C'est difficile à croire mais c'est avec toi que j'ai fait l'amour. Celui qui somnolait était une projection de toi et non pas l'inverse.
Je pense, tu m'en as souvent parlé après pour me taquiner, que tu te souviens de notre première fois. Pas notre première rencontre mais la première fois ou nous avons fait l'amour. J'étais si désireuse que tu me gardes que je t'avais sorti le grand jeu. Tu n'avais pas été indifférent, car nous avons fait l'amour trois fois. Et bien aussi fou que cela puisse paraître j'ai revécu ce moment.
J'ai commencé par enlever le tee-shirt puis faire descendre le short qui te donnait un air un peu ridicule bloqué au niveau des genoux. Tu bandais. Ton sexe était d'une dureté d'adolescent, si tendu qu'il était plaqué contre ton ventre. Il dégageait ainsi tes bourses, des bourses que je voyais comme des objets à caresser et non pas comme le centre de fécondation.
Je t'ai sucé après m'être agenouillée. Je t'ai sucé avec tout mon art, celui qui tu avais reconnu à l'époque, car je ne t'ai jamais caché qu'avant de te rencontrer j'avais beaucoup pratiqué, car j'ai toujours aimé le sexe. C'est aussi que je ne supportais pas l'hypocrisie de mon éducation religieuse avec des parents pieux, mais s'ils étaient fidèles à Dieu, ne l'étaient pas pour eux-mêmes.
Tu gémis. Tu poses tes mains sur mes cheveux. Je suis contente. Mais je sais qu'il ne faut pas trop que je m'attarde, car je sais par mes expériences de jeunesse que les amants adolescents peuvent avoir des éjaculations sans prévenir.
Je t'invite à t'allonger. J'ai du mal à décoller ton sexe du ventre, mais j'y parviens et je le glisse en moi. Tu te souviens mon chéri de notre première fois ? J'avais fait la même chose, voulant m'afficher "experte", mais lorsque ton sexe est entré en moi pour la première fois, ce n'était pas une verge comme une autre, elle était brûlante, semblait prendre la forme parfaite pour remplir chaque espace de mon vagin. J'avais crié, surprise de cela, ne comprenant pas sur le moment pourquoi TA verge me faisait cet effet. C'était l'amour, tout simplement l'amour, le fait que parmi des milliards d'humains tu étais le seul qui m'était destiné. Eh bien, avec cet Alain cela a été un peu la même chose. Oh, plus faible, le temps, le mien avait passé, mais cet Alain avait la fougue de ta jeunesse.
Je le regarde, c'est toi. Je sais bien sûr que ce n'est pas tout à fait toi, mais, avec le recul, je pense qu'à ce moment ma raison avait cédé la place à mon imagination.
Je bouge. Tu m'accompagnes avec des mouvements de rein. Et, très vite, comme je l'avais imaginé tu jouis. Tu m'inondes et c'est bon.
Ton sexe reste vaillant, toujours aussi dur. Je n'ai pas eu mon plaisir et il faut que notre enfant, oui notre enfant, car je suis persuadée que cette fois-ci c'est la bonne, soit le résultat de nos deux plaisirs et pas un simple coït.
Aussi je me relève et je vais m'appuyer contre le mur.
—Prends-moi. Alain prend moi.
De l'autre côté du mur il y a un homme, mon mari qui somnole. Cette vision me trouble, perturbe mes certitudes. Mais Alain se place derrière moi et d'un coup de rein m'envahit. Aussitôt il me baise. Il est comme toi, un peu frustré de ne pas avoir été le mâle pour notre première fois. C'est bon. Il est puissant.
—Vous êtes belle. Il a de la chance votre mari.
Mais l'homme allongé, mon mari, ouvre les yeux.et se redresse. Je croise son regard. Il a les yeux ouverts, mais il ne voit pas, en tout cas il ne me voit pas. Pourtant il parle, ce n'est pas très clair, mais j'entends "Anne". Il me semble entendre d'autres mots mais c'est flou d'autant que le jeune, le jeune Alain me baise et parle
—C'est gentil de partager. Une belle salope…
—Salope… J'entends comme un écho dans la bouche de l'homme allongé. Comme si… Un rêve… Un rêve érotique… Il bande… Son pantalon affiche une belle bosse… Je suis dans son rêve. Il m'a laissée avec le portugais et il rêve.
C'est bon. Je me sens libérée par cette pensée.
Il m'enfile avec force. J'ai bien du mal à me retenir avec mes bras. Il est vigoureux.
—C'est bon, Alain, il me remplit. Pardon, pardon.
Je me sens confuse. Moi aussi je suis double. Deux Anne. Une épouse qui voit son mari. L'autre épouse qui se persuade que c'est son mari, un mari jeune qui la possède. Mais tout au fond, c'est une seule femme qui cherche tous les moyens pour se faire féconder et… Oh, Alain jouit, à nouveau il se vide en moi.
—Oh… Chéri… Alain… Alain…Il jouit… C'est brulant… Moi aussi, je jouis.
Est-ce que dans mon délire je vois un sourire sur tes lèvres ou bien je l'invente comme une excuse.
Le jeune est comme dans mon souvenir, encore vaillant après avoir craché deux fois dans son préservatif.
A l'époque, Je me vois encore te retirer sa capote gluante et te dire :
—J'aime beaucoup par mon petit trou. Comme cela je pourrais sentir lorsque tu…
Quand j'y pense j'étais vraiment idiote de me montrer si salope. A-t-il fallu que tu m'aimes pour ne pas me voir sous ce jour peu flatteur. Et pourtant tout me parait possible maintenant.
—Prends moi par le cul, cela fait si longtemps.
C'est vrai que cela fait une éternité que tu ne m'avais enculée. On gardait toute ta vaillance pour la procréation et c'était peut-être une erreur. C'est plus mental que physique avaient dit les toubibs.
En tout cas le jeune Alain est maladroit. Je dois guider son gland contre mon anus.
Il n'ose pas. Beaucoup de ses conquêtes ont dû lui refuser ce chemin.
—Pousse, n'ait pas peur, j'ai l'habitude.
Il pousse. Il s'enfonce dans mon cul. C'est une sensation que j'avais oubliée. Il doit être surpris, mais il ne le dit pas. Il se réveille. Il doit se sentir encore plus "mâle" qu'avant. Il bouge. Je gémis. Cela l'encourage.
Mais de l'autre côté du mur Alain, mon mari a refermé les yeux. Il doit avoir replongé dans ses rêves. Je me sens comme soulagée. S'en est terminé de nos tentatives. Je sens que cette fois-ci c'est la bonne. Le jeune Alain a planté sa petite graine.
—Encule-moi. J'en ai envie depuis si longtemps.
Le jeune Alain ne se le fait pas dire deux fois. Il attrape mes deux bras pour me tirer à lui. Mais cela détruit le fragile équilibre contre le mur. Je pars en avant. Il a la présence d'esprit de nous faire tourner et avancer afin de trouver un matelas de bronzage. Il me retient, mais inexorablement nous partons en avant. Quelques secondes plus tard j'ai le visage contre le matelas, la croupe en l'air et le cul toujours occupé.
Il a dû le voir sur les sites pornos. Une femelle ainsi positionnée, prise par le cul, il faut la surplomber. C'est ce qu'il fait. Son dard après ses deux jouissances a trouvé un peu de souplesse. Il m'enfile en fléchissant les genoux. Ah, c'est beau la jeunesse, il est infatigable. Je me caresse. Le clitoris, gluant, ma fente suintant de foutre. Un sein dont le téton n'a jamais été si pointu.
Une présence. Je tourne la tête vers l'autre terrasse. Alain mon mari s'est tourné, son visage est vers moi. Ses yeux sont ouverts, mais toujours aussi absent de vie. Il sourit. Est-ce qu'il nous voit ? Non, déjà il se recouche. Il me semble entendre…
—Non, pas lui…
Est-ce qu'il parle de mon enculeur, mais j'étends aussi :
—Pas un noir.
C'est dans son rêve. Il ne parle pas de nous. De moi peut être qu'il imagine avec le portugais.
Mais le jeune Alain se sent pousser des ailes. Il vole bas, mais c'est bon. À chaque fois qu'il se laisse littéralement tombé sur moi, je sens ses couilles heurter mes fesses. Elles doivent être à nouveau pleines, mais ce qu'elles vont balancer c'est juste pour le fun, pour le plaisir , pour cette jouissance que je ne connaissais plus, une jouissance pour la jouissance et non pas pour enfanter.
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Voila la réalité et mon mensonge par omission. Après cette "escapade" je suis allée te réveiller. Tu connais la suite.
Les résultats des tests ADN ont confirmé ce que j'avais ressenti. C'est Alain, le jeune Alain, mon jeune mari par procuration qui était le père de Thomas.
Mais c'est comme si Thomas était ton fils biologique. Je l'ai conçu avec toi. Tu étais à côté. Tu occupais toutes mes pensées.
Si tu as lu cette lettre c'est que je suis partie. Que je sois en Enfer, au Purgatoire et même au Paradis dont ont dit que le plaisir est permanent, je t'attendrai. Mais prends tout ton temps. Profite de notre fils. Peut-être que tu seras grand-père. Tu me raconteras. Mais aussi si tu rencontres une femme pour faire une partie du chemin avec toi, j'en serai heureuse. On dit que de là-haut on voit tout. Est-ce que je fermerai les yeux lorsque tu seras avec elle et que vous baiserez ? Je ne sais pas, mais ce dont je suis certaine c'est que je serai heureuse pour toi.
JE VOUS AIME.
Fin de la lettre d'Anne
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PARIS 2024.
—Papa, c'est la lettre que t'a donné le notaire. Me demande mon fils alors qu'il me surprend en train de replier les feuillets.
—Oui, comment tu sais ?
—Oh, comme ça. C'est une lettre de maman ? Qu'est-ce qu'elle dit ? Elle parle de moi ?
—De toi ? Pourquoi ? Évidemment ? Viens approche, faisons un câlin.
—J'ai vingt ans.
—Et alors, il n'y a pas d'âge pour qu'un père et un fils se prennent dans les bras. Souris jeune idiot. Lève les yeux vers le ciel. Elle nous regarde.
—Oui, comment tu sais ?
—Oh, comme ça. C'est une lettre de maman ? Qu'est-ce qu'elle dit ? Elle parle de moi ?
—De toi ? Pourquoi ? Évidemment ? Viens approche, faisons un câlin.
—J'ai vingt ans.
—Et alors, il n'y a pas d'âge pour qu'un père et un fils se prennent dans les bras. Souris jeune idiot. Lève les yeux vers le ciel. Elle nous regarde.
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Commentaires ()
Merci pour ce bon moment de lecture.
Une situation malheureusement bien difficile à vivre pour de nombreux couples.
Une belle narration de ce fantasme.