Un ventre... juste un ventre
Chapitre 2 · Au-delà des espérances…
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✦ Jane Does Un ventre... juste un ventre XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Un ventre... juste un ventre — Chapitre 2 · Au-delà des espérances…

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Jane Does
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Un ventre... juste un ventre

Chapitre 2 · Au-delà des espérances…

Tourmentée, je dois me faire violence pour tenir mes engagements envers cette Hélène qui va nous rejoindre. Je ne sais plus sur quel pied danser et ton arrivée dans notre chambre pour te vêtir chasse mes doutes en m'éloignant de toi. Que tu es beau mon Michel en sortant à ton tour de notre espace de nuit ! Je me pince les lèvres pour retenir un soupir qui spontanément me monte dans la gorge. Tu as pris ton parti de me suivre, je n'aurai pas de seconde chance si j'abandonne si près du but. Poings dans la poche, mâchoires serrées, le rouge à lèvres qui embellit mon visage n'est pas le plus facile à étendre. Lorsque ta main prend la mienne, que dans ta voix un tremblement étrange se fait jour, nous sommes sur le point de quitter notre nid.
— Tu es bien certaine que c'est ce que tu veux ? Tu peux encore renoncer à cette folie, tu le sais mon amour !
— Oui... mais non Michel. J'ai peur que si nous nous arrêtons en si bon chemin, je perde le peu de goût à vivre qui me reste. Mon seul espoir réside dans le ventre de cette Hélène et ton sperme. Je ne sais pas si je pourrais encore vivre sans ce but ultime, un enfant de toi... un bout d'amour pour moi, c'est tout ce que je demande à la vie. Et ce soir, elle est pour la première fois proche de m'accorder un peu de grâce. Alors nous sommes d'accord ! Si ça ne fonctionne pas pour une cause, quelle qu'elle soit, et bien, je te promets de ne plus jamais t'ennuyer avec ce genre de choses.
— Oh ! Ma Claude... je t'aime comme tu es aujourd'hui... et je peux encore t'aimer indéfiniment demain, sans bébé... tu peux en être persuadée ?
— Oui... je t'aime Michel et nous sommes... en phase ce soir ! Je te le promets...
Tu conduis dans le flot de circulation d'un samedi soir dans une ville de province. Je n'ai plus de mots pour décrire mon état. Surexcité est ce qui convient le mieux pour cerner mes sentiments au moment d'aborder le parking du restaurant où notre rendez-vous doit nous rejoindre. Nous sommes garés sur une des rares places encore vacantes lorsqu'une petite Austin tourne pour dénicher une place pour stationner. Pas besoin de lunettes de vue pour voir d'emblée que la conductrice est Hélène. Elle finit par ranger sa minuscule voiture et descendre de son automobile. Elle jette un regard circulaire autour d'elle, et mon sang se fige dans mes veines.
Deux yeux d'une couleur noisette accrochent notre couple à quelques mètres de distance. J'ai les jambes qui tremblent, je ne suis pas rassurée. Et à cet instant, comme j'adorerais que toi, Michel, tu fasses le premier pas ! La jolie femme, élancée et élégante, jupe relativement courte assortie à un chemisier de bonne facture, elle s'avance délibérément vers notre duo.
— Claude ? C'est vous ?
— Bonsoir Hélène... oui ! Nous sommes là, je vous présente mon mari : Michel !
— D'accord. Heureuse alors de faire votre connaissance réellement.
— Le plaisir est partagé...
— Merci... vous allez bien Claude ? Vous êtes d'une pâleur affolante.
— Ou... oui ! Ça va aller ! Je... vous êtes encore plus belle que... ! Merci d'avoir répondu favorablement à notre invitation.
— Ben... si je peux vous rendre ce service...
— Bien... nous pouvons peut-être, mesdames discuter de tout ceci devant un bon repas ? Qu'en dites-vous ?
— Euh... je crois que vous avez raison, Michel...
Elle a les quinquets collés à toi. Mon palpitant fait un bond dans ma poitrine, signe de ma trouille. Si elle te plaît autant que tu parais être à son goût, je suis morte. Son sourire me semble redoutable. Tu me tiens par la main et mes doigts se figent, durcis par la bizarrerie de la situation. Est-ce que tout va basculer à cause de cette jalousie qui m'étreint ? Vais-je prendre ombrage de ce que je devine comme une complicité naissante ? Bon sang ! Dans quel guêpier me suis-je fourrée ? Toi, tu sembles bien plus à l'aise que moi. Nous marchons vers l'entrée du restaurant et déjà, mon imagination déborde et fait débloquer mon ciboulot.
Cette Hélène que j'ai moi-même invitée, pratiquement désignée, choisie pour que toi et elle... couchiez ensemble ne va-t-elle pas outrepasser ce que j'attends de vous ? Et si... de ton côté, tu chavirais pour ses formes sublimes ? Alliée à sa jeunesse, sa plastique a de quoi m'effrayer. Le pire de cette histoire, c'est bien que je ne peux n'en vouloir qu'à moi. Tu m'as mise maintes et maintes fois sur mes gardes. Pourquoi n'ai-je donc jamais tenu compte de tes conseils ? J'en suis à me torturer en songeant que je dois maintenant suivre le mouvement. Ce que j'ai déclenché est en route, sans que j'aie un pouvoir quelconque sur la suite des évènements.
Mince ! Notre dinette à trois risque fort de tourner au cauchemar pour la seule qui a un intérêt particulier dans cette réunion. Une serveuse, après nous avoir installés à une table, prend note de la commande d'un apéritif. Tu prends ton sacro-saint Whisky, Hélène t'emboîte le pas et je tergiverse quelques secondes. Un alcool costaud, voilà qui devrait me remettre les idées à flots. Et bien sûr, comme je suis longue à répondre à l'employée, tu viens à mon secours.
— Et toi ma chérie... tu ne bois pas de Whisky ? Tu peux faire une exception pour ce soir, non ?
— Euh... je ne sais pas trop... et puis zut... après tout pourquoi pas ? Oui... ça va me rebooster.
— Vous aussi Claude, vous êtes stressée ? Je fais la fière, mais je n'en mène pas large, vous savez.
— Eh bien ! Vous êtes là toutes les deux pour parler d'un sujet de la plus haute importance pour Claude et moi... vous n'allez pas toutes les deux, vous écrouler. Trinquons et puis nous sommes adultes, non ?
— Vous avez raison, Michel, mais j'imagine que pour Claude ce n'est pas plus facile que pour moi.
— Mesdames ! S'il vous plaît. Si nous commencions par oublier ces vouvoiements qui nous donnent l'air d'avoir cent ans ? Ne sommes-nous pas appelés à nous revoir fréquemment ?
— Parfait ! Ça me va et toi Claude ?
— Ben... oui, oui naturellement.
— C'est bien ! Nous pouvons donc dîner tranquillement et je vous écoute l'une et l'autre exposer vos arguments. Je vous donnerai mon opinion ensuite. Allez, je lève mon verre aux deux plus belles femmes de cet endroit.
Nous trinquons et la chaleur de l'alcool envahit mon corps. Le dîner débute donc sous d'étranges auspices. Tu deviens l'arbitre de notre échange. Je fais abstraction de ce qui me mine pourtant profondément. Les effets de la boisson sont là qui me chauffent partout et je me sens grisée par tout ce qui se passe. J'expose mon idée et Hélène est tout ouïe. Elle te regarde alors que je parle de ce fameux don de sperme qui par la force des choses n'en est plus vraiment un. Elle me coupe de temps à autre en me spécifiant, comme si je ne le savais pas, que tomber enceinte n'est pas une science exacte. Que parfois, ça ne fonctionne pas à la demande. Puis elle rougit soudain en voyant mes yeux exorbités.
— Oh, pardon Claude ! Je suis d'une maladresse. Bien sûr que tu le sais, sinon pourquoi serions-nous ici ce soir ?
—... il n'y a pas de mal !
— Je voulais seulement te dire que plusieurs « essais » seront sans doute nécessaires. Pour ma part, je n'y trouve rien à redire. Mais de ton côté, ça peut te sembler... te paraitre insurmontable.
— Ben, si je peux, mesdames me permettre une petite remarque...
— Oui, vas-y mon chéri. Après tout, tu es aussi partie prenante... dans tout ceci.
— Alors... peut-être que plutôt que nous imaginer ou nous regarder faire, Claude, tu pourrais à ton tour jouer un rôle dans cette affaire.
— Un rôle ? Comment ça un rôle ? Je ne pige pas.
— Ça va être tout simple. Je ne me prêterai au jeu que tu nous imposes que si toi, de ton côté, tu participes.
— Je participe ? Mais comment ça... ?
— Oh... il y a mille manières de nous aider Hélène et moi à accomplir ce que tu désires. Me mettre en condition en est une principale, il me semble !
— Mais... je ne suis pas certaine que notre amie est d'accord pour cela !
— Ne t'inquiète pas pour cela, Claude. Michel a raison. Je suis d'accord pour que tu nous accompagnes vraiment dans la démarche. Et pas contre non plus, si tu as une petite envie d'aller de ton côté plus loin avec moi. J'ai déjà eu ce genre d'échanges avec un autre couple. Eux ne voulaient pas de bébé, mais nos trios ont marqué d'une trace indélébile nos rapports. Je me range donc de l'avis de ton mari.
Le ciel me tombe sur la tête. Ce n'est pas vraiment ce que j'attends de cette relation. Pour moi, il s'agit de coucher en duo, elle et toi, juste le temps nécessaire pour une relation normale et surtout, dans une période favorable à l'ovulation. Apparemment vous venez, Hélène et toi d'en décider autrement. Deux contre une ! Où je cède à cette semi-pression, où elle va me filer entre les pattes. Je minaude donc, mais c'est toi qui reviens à la charge.
— Voilà, ma chérie ! C'est à prendre ou à laisser ma Claude. Je ne coucherai avec Hélène qu'à la condition expresse que toi aussi tu participes activement aux ébats.
— Mais... je n'ai jamais fait ça, moi, Michel !
— Parce que tu t'imagines que ce n'est pas pareil pour moi ? Tu crois que je passe ma vie à te tromper ?
— Hé là : Vous deux... vous n'allez pas vous quereller. J'ai toujours rêvé de connaître les joies de la maternité sans avoir la charge d'élever un enfant. Nous en avons parlé toi et moi Claude ! Vous de votre côté aimeriez avoir un bébé, ce que je conçois parfaitement. Nous sommes donc faits pour nous entendre. Mais chacun doit respecter la part de ce marché librement consenti.
— Mais quelle part de marché ? Il n'était pas prévu que je fasse l'amour avec toi... seulement mon mari ! Tu changes les règles en cours de route, Hélène. Ce n'est pas juste.
— Je pense que pour Michel, il est important que tu sois présente. Il est amoureux fou de toi, ça se voit, ça se ressent. Et si son désir est que tu sois là au moment où... c'est une très belle manière de t'impliquer toi également dans ce processus que nous allons mettre en branle. Et pour moi, une belle opportunité de connaître au moins une fois de plus, ces amours féminines que beaucoup de femmes disent « merveilleuses ».
C'est à cet instant que je remarque que tu as pris ma main depuis quelques instants et que tes yeux me fixent avec une force peu commune. Je suis transie du coup. Un mouvement de ton bras libre qui attire mon visage contre le tien, je saisis du coup que tu veux m'embrasser. Et... je laisse faire avec quelques perles de buée dans les yeux. J'ai chaud alors que nos bouches se réunissent. Je ferme les paupières, et le reste est d'une tendresse inouïe. Hélène rapproche son siège de notre couple enlacé. Elle aussi nous entoure de ses bras et me glisse dans l'oreille quelques mots.
— Vous êtes si beaux tous les deux. Vous me donnez une leçon d'amour, je t'assure Claude.
Notre baiser qui prend fin, ma tête redressée, je devine des tas d'autres couples et de personnes qui dans le restaurant ont les pupilles braquées sur notre étrange trio. Je ne sais que répondre, mais j'ai adoré ce qu'elle vient de me glisser tout bas. Et toi... Michel, c'est comme si je te redécouvrais. Oui... je suis certaine que je vais faire exactement ce que Hélène et toi attendez de moi. Un coin de ciel bleu flotte au-dessus de notre table et je me sens... chatte au possible. C'est moi finalement qui suis du coup, pressée de rentrer à la maison... avec elle. Et lorsque tu quittes ta chaise pour aller régler la note... le sourire qui illumine la bouille de notre hôte est un gage de sincérité.
— xXx —
Dîner dans un restaurant avec une quasi-inconnue est une chose. Discuter de « prêter » mon mari, l'homme auquel je tiens le plus au monde en est une seconde. Voir cette même femme nous suivre pour ce motif est pour moi déstabilisant. La seule source de volonté, c'est uniquement ce but promis, son ventre pour y loger quelque neuf mois un bout de toi, Michel. Et les phares ronds qui éclairent l'arrière de notre véhicule, je refuse de les avoir là. Réaction épidermique totalement crétine, puisque c'est moi qui ai méchamment poussé à la roue pour ce qui risque fort de survenir pour de bon désormais. Toi, tu conduis sans te poser de question. En fait, je ne m'en pose pas qu'une, je fais corps avec toutes mes interrogations.
La clé met un temps fou pour déverrouiller la serrure de notre entrée. Je n'ose plus regarder cette Hélène qui te précède. Elle chouffe à peu près partout, s'imprégnant de notre atmosphère ? Vient le moment du passage au salon. Je cherche dans des mots insensés, des dérivatifs pour éviter d'aborder bille en tête ce qui ne fait que trotter dans toutes celles présentes là. Tu te colles les fesses sur un fauteuil et sembles attendre que l'une ou l'autre se décide enfin à prendre à son compte le début de soirée plus intime.
— On peut peut-être boire un verre, qu'en dites-vous ?
J'ai lancé cette phrase telle une bouteille à la mer. Sur ton visage, je devine l'esquisse d'un sourire. Je suis paniquée de voir le peu de réactions suscité par ma proposition. Enfin, notre invitée ouvre la bouche. Il y a une sacrée différence entre imaginer une situation de cette nature et la vivre. Je m'en aperçois bien là. Hélène aussi reste dans son coin sans trop oser bouger, sa coupe entre les doigts.
— Tu as raison Claude, ça peut nous détendre un peu. Parce que je t'avoue que je suis... comme une pelote d'épingles. Mais une boisson pas trop alcoolisée... sinon, je ne serai plus capable de rien, sauf de dormir !
— Du champagne... j'ai mis du champagne au frais ! C'est bien ça ?
— Mais oui mon cœur ! Allons-y pour une coupe de vin de champagne...
Ouf ! Je viens de gagner deux minutes ! le temps que querir la bouteille et les verres. Il ne vient même pas à l'idée que c'est reculer pour mieux sauter. Bon ! Il faut que je retourne au salon ! Elle est sagement assise sur la place à droite du sofa, bavardant gentiment avec toi. De quoi parlez-vous ? Je n'en sais rien et vous vous taisez dès mon retour. Seul le bruit des bulles qui crèvent la surface du liquide à peine les verres remplis interrompt le silence pesant qui s'instaure au salon. Je tends à chacun un récipient et toujours debout, je tends le bras pour trinquer.
— Tu ne vas pas rester debout toute la fin de soirée ma chérie... assieds-toi à côté de Hélène.
—... ah... oui ! Oui ! À la soirée donc !
Vous faites ensemble le même mouvement pour entrechoquer les coupes et je finis par m'assoir à mon tour sur le divan. Assez loin de notre hôte pour ne pas la frôler. Nouveau rictus sur tes lèvres et à ta manière de froncer des sourcils, je te sais amusé. Bien évidemment que tu te moques de moi. J'ai voulu ce qui doit se faire et tu me vois, empotée au possible au moment de passer à la véritable action. Drôle d'affaires où personne ne semble vouloir se décider à prendre une initiative. Alors, ta voix résonne dans le silence généralisé.
— Alors mesdames... laquelle de vous va se déshabiller la première ? Toi Claude ? À moins que Hélène ne préfère... et si vous vous rapprochiez juste pour mon plaisir.
—... ? Mais tu comptes participer tout de même, Michel ? Nous n'avons pas invité Hélène pour une expérience bisexuelle, je crois.
— Ne t'inquiète pas, ça fait partie de ma mise en condition. Et je sens bien que vous être un peu bloqué toutes les deux, par la situation !
— Ben... ce n'est facile ni pour moi ni pour Hélène, je te l'avoue.
— Il faut savoir ce que tu veux mon amour. Tu nous as mis dans cette position et là, tu minaudes, tu chipotes. Il reste la solution de tout abandonner.
— Oh non ! Non Michel... je t'en prie !
C'est un cri sorti tout droit de ma gorge. Trémolo qui s'échappe devant la peur d'un recul de cette femme et de toi. Bon... j'ai compris le message, si je ne m'y attelle pas rien ne se fera et j'ai absolument besoin de ce rapport entre elle et toi. Je le veux, je dois aller au bout de ce processus. Et tant pis pour mon amour-propre. Je m'approche de la femme dont la patte se crispe sur le pied de la coupe. Elle la vide d'un trait, pour se donner un courage qui nous fait défaut ? Sûrement ! Et elle me laisse pose ma tête contre la sienne. Toi... tu surveilles ça avec des yeux rieurs. Le contact entre nos deux joues et... très étrange. Sa peau est douce presque tiède.
Elle vient de reposer son verre sur la table qui sépare ton fauteuil de notre divan. Sa main revient et atterrit doucement sur mon genou que la position assise met en évidence. Telle une brulure, ce toucher me fait sursauter. Je sais bien que tu ne perds pas une miette de ce qu'elle est moi nous apprêtons à démarrer. Alors, pas bravade, pour conjurer cette immonde peur qui me creuse le ventre, je t'affronte du regard. Cette fois, tes prunelles brillent d'un éclat qui me transperce. Ton attitude tend à me défier. Cap ou pas cap ? Je suis remuée par un gigantesque séisme. Je ferme les paupières, surtout pour éviter les signaux que tu m'expédies.
Hélène elle aussi est dans l'expectative. Mais elle bouge et ce sont nos bouches qui se rejoignent sans que je sache comment. Nos lèvres se pressent et machinalement j'entrouvre les miennes. Rien à voir avec ce que je sais, connais. La langue qui vient flirter avec la mienne n'est pas reconnue et mon cerveau ne peut s'empêcher d'analyser ce baiser. Il fait des comparaisons entre ce qui joue là et ce que toi tu me donnes d'habitude. Je ne suis pas en mesure de dire laquelle de ces embrassades je préfère. Elles sont toutes autres et je savoure celle qui m'est donnée là avec une sorte de gourmandise. S'ensuit un long moment d'échange de ce type et cette complicité qui nous réunit, nous rapproche également, Hélène me glisse dans l'oreille à voix basse.
— Tu veux que nous nous occupions ensemble de ton petit mari ?
— ... Humm ! Pourquoi pas, après tout, il est là aussi pour toi !
— Merci...
— Tu... tu es toujours d'accord, n'est-ce pas ?
— Tranquillise-toi ! Je ne change pas d'avis toutes les cinq minutes.
— Alors... d'accord ! Viens, nous allons effeuiller notre marguerite.
Elle rit et dans un même élan, nous nous redressons soudainement. Toi, dans ton fauteuil, tu parais surpris, mais tu ne te dérobes absolument pas alors que nous nous précipitons sur ton siège. Quatre pattes s'attaquent à tes vêtements et tu ne fais pas mine de résister. Il ne nous faut guère plus d'une minute ou deux, pour te dévêtir complètement. Là, entre elle et moi se dresse ce qui depuis des années n'est utilisé que par ta petite femme. Elle ne tente pas de s'en saisir. Elle attend. Oui ? Mais quoi ? Puis je pige. C'est mon feu vert qu'elle quémande muettement, alors que nous sommes restées toutes deux à genoux devant toi.
Une posture obligée pour te retirer ton pantalon en tirant chacune sur une jambe. Elle a des mirettes toutes rondes et un bout de langue rose vient humecter ses lippes. J'avance donc vers ce centre de toi qui gonflé se plaque sur ton ventre. Il monte finalement bien haut... quasiment à la hauteur de ton nombril. Je vais devoir vraiment partager ? Une impression désagréable me donne des picotements dans la colonne vertébrale. Mon visage se rapproche de cette épine dont je sais tellement les qualités. Et je réalise soudain que si je refuse le jouet à cette femme, plus rien ne sera possible. Je cède lamentablement.
Dans un effort qui pour moi est surhumain, je hoche le menton. Signe que Hélène décrypte immédiatement et elle se poste de la même manière que moi, en miroir. Ce sont donc désormais deux bouilles féminines qui encadrent le dard dur comme du granit. Je pose la main sur ta verge, et l'incline vers la bobine de cette femme qui n'a pas un grand chemin à faire pour venir la flairer. Elle sort cette baveuse rose que je viens d'apercevoir et longe lentement le mât. Puis d'un mouvement de la paume de la main, elle le pousse de mon côté. Pourquoi est-ce que je fais exactement la même caresse qu'elle, sur la face que je peux atteindre ?
Mimétisme fortuit ? Sans doute, mais je ne veux pas lui donner l'impression que je te donne à elle aussi facilement. Réflexe complètement débile, puisque de toute façon, elle est chez nous pour que tu la baises. Et d'un coup, tout s'accélère. Nous nous attelons à la tâche sur ta queue. Et je peux voir en direct une autre bouche, te lécher le jonc. Lorsque je frôle de la langue tes bourses elle s'occupe de ton gland et j'imagine que l'expérience est pour toi, une jubilation. Quand places-tu tes mains sur nos crânes ? Je ne me souviens pas de te voir faire un geste... et pourtant, tes doigts sont dans ma chevelure d'un côté et dans celle de Hélène de l'autre.
Le reste va très, très vite. C'est plutôt flou. Je suis captivée par cette pipe très spéciale que nous te délivrons. C'est à celle qui te sucera le mieux, le plus profondément. Et si l'esprit de compétition ne dit pas clairement son nom, je sais moi que tu es le bénéficiaire exclusif de notre duel. Un grand moment de gêne que celui de me montrer nue, face à cette brune qui est tellement plus jeune que moi. Et tu me serres très fortement la main, m'attire vers toi pour un baiser très tendre, alors que notre invité à d'étranges reptations. Je suis prise par l'élan fabuleux que me délivre notre pelle et quand je rouvre les quinquets, elle est à califourchon sur toi.
Au rythme qu'elle donne à son corps, je devine aisément qu'elle vient de s'empaler sur ce que quelques instants auparavant nous sucions ensemble. Alors j'assiste là à cette chevauchée inimaginable qui me tord les tripes. Un mélange de jalousie et d'envie à parts égales. Et comme pour plus de facilités nous sommes tous installés sur la moquette du salon, tu me fais signe. Je mets un bout de temps à comprendre. En fait, tu me demandes sans un mot, juste en me guidant de la main de venir m'assoir sur ton visage. Une fois que je saisis, je me positionne de façon, à ce que Hélène ne voit que mon dos.
Mais tu me stoppes avant que je sois en place. Et cette fois ta voix me parvient... rauque, essoufflée.
— Non ! Non, mon amour, dans l'autre sens... viens, je t'en prie.
—... !
Les bras tendus, paumes reposant sur ta poitrine, notre invitée, ton amante désormais ralentit ses gesticulations. Elle me laisse le temps de me positionner comme tu le désires. Je suis maintenant assise et tu me fouilles de ta langue douce. Tes mains me gardent légèrement décollée de ton museau, ce qui facilite la minette que tu m'offres. Quant à Hélène, sa bouche revient au-devant de la mienne. Comment résister à ta léchotte ? Je me laisse flotter sur un nuage et lorsqu'elle prend mes lèvres pour me rouler une pelle, je ne suis plus en capacité de dire non. Pire ! J'accentue le baiser en osant introduire ma langue dans son palais. Je suis vaincue et qui sait, la grande gagnante de l'histoire. Un long frisson te parcourt tout le corps.
Je devine que tu viens de te lâcher et que ton sperme vient de gicler dans le vagin de ma rivale. Elle aussi feule telle une tigresse et se cabre. Elle vient de dépasser le stade de l'orgasme tout simple. Les paupières fermées, elle s'accroche à mon cou, me murmure des mots que je ne saurais répéter, tant ils sont incongrus dans la bouche d'une femme. Puis petit à petit le soufflé retombe. Mais c'est moi qui la cramponne pour qu'elle n'arrache pas ton sexe du sien. Est-ce que ça peut changer quoi que ce soit ? Aucune idée, mais je veux nous donner toutes les chances. Mon bonheur à ce prix, j'en suis en cet instant, totalement persuadée. Le silence nous entoure et chacun retrouve des abattements de cœur plus « normaux ».
Les instants qui succèdent à cet accouplement hors norme sont pénibles pour moi. Hélène a tellement l'air plus à l'aise. Toi Michel, tu es détendu, zen, repu aussi. Instinct de propriété oblige ? Pour qu'elle ne te vole pas à moi ? Toujours est-il que je viens me pelotonner dans tes bras. Et sur ton flanc libre, elle ressent également l'envie, le besoin de faire de même. Le pacha ! Tu es d'un coup devenu le pacha de tes deux femelles. Elle s'approche de ta joue. Veut-elle encore t'embrasser ? Mais non, pas du tout. Elle te parle, à voix haute, sans peur que j'entende.
— Merci. Merci à tous les deux pour cet instant magique. Vous êtes fabuleux tous les deux. Un couple de rêve.
— Nous sommes Claude et moi ravis de te connaître Hélène.
— Et de mon côté... je vous souhaite le meilleur et je veux croire que tout va se passer comme on le veut. Si... ça ne fonctionne après ça... êtes-vous prêts à le refaire ?
— Pourquoi ? Pourquoi Hélène, cette question ?
— Je suis prête à recommencer avec vous deux autant de fois que nécessaires pour être enceinte. D'accord ?
— Euh... tu en penses quoi, Michel ?
— L'heure n'est plus aux questions qui ne peuvent avoir de réponses immédiates. Si nous buvions un verre... il reste du champagne ! Une coupe pour tout le monde ?
— Oui... bien sûr... n'est-ce pas Claude ?
— Oui...
— Ah... encore que prendre la route après avoir trop bu... ou dépassé la dose autorisée... tu peux aussi peut-être finir la nuit avec nous, si Claude n'y voit pas d'inconvénient. Et puis... on peut encore jouer un moment, histoire de mettre toutes les chances de notre côté... c'est bien ce que tu désires ma chérie, n'est-ce pas ?
—...
Que lui rétorquer ? Il a raison sur tous les points qu'il évoque. Il ne me reste qu'à boire le calice jusqu'à la lie. Faire contre mauvaise fortune bon cœur. Et je dois aussi avouer que cette petite nana commence à me plaire pour de bon. Elle ne force rien, reste à sa place et qui sait... je dois véritablement la ménager... grâce à elle des rires d'enfants feront trembler nos murs un jour ou l'autre. Alors ? Ben elle ne rentre pas chez elle avant le lundi matin, voilà tout. Et nous nous sommes partagé cette chose inusable que tu promènes entre tes jambes. Je ne peux pas raisonnablement dire que je suis rassurée par cette situation, mais... c'est mon choix. Donc... me tais et suis le mouvement.
— xXx —
Une semaine par mois, c'est ce que nous avons d'un commun accord décidé. Hélène est donc à la maison durant la période d'ovulation et nous vivons au rythme de vos jeux sexuels. Il m'arrive par envie parfois d'y prendre part, mais je refoule encore cette fascination pour une bisexualité que je juge malsaine. En fait, je te dis tout le temps ma peur que notre « amie » te vole à moi, mais il s'agit d'un tout autre sentiment qui apparaît dans mon existence. Je suis sans vouloir me l'avouer, attirée par cette nana. Elle est belle, intelligente et lors de ses séjours dans notre nid, nous vivons plus ou moins osmose avec la nature.
De plus, pour plus de facilité dans les rapports. Les vêtements sont la plupart du temps « oubliés ». J'admire donc son physique et peux constater les ravages des ans. Je fais une fixette sur sa plastique éblouissante. Ces heures que nous tuons toutes deux en t'attendant sont de longs moments de dialogue et j'apprécie sa culture. Dès que tu rentres de ton cabinet, il faut bien faire bouillir la marmite, le cérémonial de ton retour nous réunit. De ton côté tu vis également d'une manière princière ce « ménage » à trois qui s'instaure. Le partage de notre couche, et par extension de ton corps, aussi curieux que ça puisse paraitre, n'entraîne plus chez moi de gène.
Nos discussions animées lors de tes absences professionnelles ont souvent pour objet ce bébé qui tarde là encore à prendre racine dans son petit bidon d'une platitude que j'envie. C'est un après-midi pluvieux qu'arrive ce qui est un cap, un évènement dans mon existence. Nous sommes réunies sur le canapé et visionnons un film tiré d'un roman d'amour. Là, sous nos yeux, deux femmes s'éprennent l'une de l'autre, au grand dam du mari de l'une d'entre elles. Et bien entendu, nous vivons différemment cette lente mutation qui s'opère dans les têtes des protagonistes. Ça me remue de la voir pleurer à chaudes larmes.
Instinctivement je la serre dans mes bras, pour la réconforter et elle prend mon geste pour des avances. Comme nous ne portons toutes deux que des paréos d'une finesse et transparence extrême, pas besoin d'être sorcier pour sentir les mains qui s'égarent. Ce qui me surprend, c'est que spontanément les miennes font des voyages dont je ne les aurais jamais crues capables. Et... nous faisons toutes les deux l'amour sans témoin. Mes désirs refoulés, mon envie latente et pernicieuse s'expriment là en caresses, câlins et attouchements hautement électriques. Je fourre mon nez dans les affaires d'Hélène avec une sorte d'ineffable contentement. Est-ce que je bascule pour de bon dans le lesbianisme ?
L'incroyable de ceci, c'est bien que loin d'en éprouver un sentiment de remords, ou de regret, je suis heureuse d'avoir osé. Dès lors, ma vision de la vie commune que je m'impose change du tout au tout. Ce qui était jusque-là, un fardeau, devient un élément que j'apprécie et à ton retour ce sont deux sourires complices qui t'accueillent. Je suis certaine que tu sens immédiatement cette osmose qui s'est développée, mais tu ne poses aucune question. Et à trois dans notre grand lit, je participe bien plus activement à la cérémonie de l'accouplement. Je ne renâcle plus à vous chauffer tous les deux.
Est-ce que le revirement de mon comportement influe sur celui de notre invitée ? Le pincement au cœur qui m'étreint lors de départ de notre jolie brune, le vide qu'elle laisse en rentrant chez elle, tu ne peux que le constater. Nous avons les trois semaines suivantes pour en discuter. Et tu me rassures, toi qui au départ me mettais en garde, tu me tiens un discours qui devrait me ficher la trouille. Il n'en est rien. J'ai fait du chemin dans ma tête et ne suis pas loin d'apprécier cette nouvelle étape dans notre quotidien. Hélène arrive le vendredi soir et notre dinette est un pur bonheur. Nous sommes au cinquième mois de nos échanges... physiques. Après le dîner, nous la trouvons bien mystérieuse.
Mais notre appréhension s'évanouit dès que nous nous retrouvons dans notre chambre plus tout à fait conjugale pour quelques jours. Vous êtes deux à vous occuper de moi et je ne rechigne pas, me berçant de vos massages en tout genre. Tu me fais l'amour avec une infinie tendresse, Hélène de son côté me câline le visage avec des gestes tendres. Trop ? Peut-être ! ses bécots du bout des lèvres sur le front, sur les paupières m'affolent autant que tes coups de reins qui me labourent le ventre. J'explose dans un orgasme d'une langueur infinie alors qu'elle me roule une pelle fabuleuse. Quant à toi, Michel, tu n'as pas éjaculé, réservant sans doute ta semence pour le second office. Pour un calice plus fertile que celui que je porte.
C'est à son tour d'être sous tes assauts et elle se livre à la manœuvre avec un enthousiasme qui fait plaisir à voir, à entendre et à sentir. Sans cesse nous alternons, partageant c dard toujours vaillant et qui ne donne pas vraiment de signes de faiblesse. Bien sûr, il arrive un moment où... la nature reprend ses droits et que malgré tous tes efforts. Il n'est plus possible que tu te retiennes. Hélène profite donc d'une nouvelle rasade de cette liqueur mâle que tu lui injectes. Un don de sperme très... amical finalement ! Trois corps enchevêtrés gisent donc sur le lit, las, repus de cette bataille sans perdant ni vainqueur. Dans le silence qui s'impose, la voix de note hôte sonne, claire, limpide.
— Je... merci à vous deux ! J'ai soif !
C'est Michel qui répond à cette attente.
— Moi aussi ! Je vais chercher de quoi nous désaltérer ! Vous préférez quoi ?
— Pour moi, juste de l'eau ! Fraiche si possible, Michel et puis tu peux me rapporter mon sac à main qui est resté dans le salon ?
— Oui... bien sûr !
Il s'exécute et Hélène me prend par la main. Il y a dans ses yeux des pailletés qui brillent d'un éclat tout particulier.
— Oh ! Claude, vous me rendez tous les deux si heureuse... Dire qu'un jour tout ceci va devoir s'arrêter !
—... ? Tu veux nous abandonner ? Tu ne veux plus nous faire ce bébé ?
— Hein ? Non, ce n'est pas exactement ce que je veux dire. C'est juste que ça me fait mal d'imaginer que ce bonheur un jour devra prendre fin... je suis désolée, mais vous me manquerez atrocement.
— Nous n'en sommes pas là...
Les verres qui tremblotent sur le plateau, toi qui d'une main le porte et de l'autre le sac à main de notre amie... je vois cette scène, dans un flou provoqué par une poussière dans l'œil. Les paroles d'Hélène si elles me surprennent, m'angoissent aussi, sans que j'en connaisse la signification. Toi qui n'as rien suivi de notre dialogue, arrive en souriant.
— Mesdames, vous voici servies. Il nous tend à toutes deux un grand verre d'eau et notre amante récupère son sac. Je la sens très nerveuse. Elle entrouvre son baise-en-ville et sa patte hésite un moment. Finalement, elle lance d'une voix chevrotante.
— Je veux vous faire voir un truc, vous pouvez fermer les yeux quelques secondes.
—... ?
— Ah bon... ne triche pas Michel... Hélène a dit de fermer les yeux !
Pas longtemps vraiment et lorsqu'elle nous demande de la regarder, elle vient d'extirper de sa besace ce qui me parait être un thermomètre. Je ne pige pas tout à fait et je pense que toi non plus, tu ne saisis pas.
— Vous savez c que c'est ça ? Toi... Claude, tu dois connaître ce machin !
— Hein ? Ben...
— Alors ? Il est possible d'être mis dans la confidence, mesdames ?
— Un test de grossesse... et là ? Qu'est-ce qu'on aperçoit ?
— Deux traits bleus... mais... tu veux dire que... Non ! Je n'y crois pas !
— Si... si ! Je l'ai fait il y a quatre jours. Et j'en ai un tout neuf dans mon sac ! Nous le renouvellerons demain matin, tous les trois ensemble ! Pour une confirmation. Ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué, mais je crois que je suis... enceinte.
— Mais... c'est merveilleux Hélène. Et comment t'en es-tu aperçue ?
— Oh, depuis un moment, j'ai quelques nausées matinales et je me sens... super énervée, excitée également. J'ai toujours envie de faire l'amour et ne pense qu'à vous deux... Désolée Claude d'être cash ! Mais c'est la stricte vérité, vous occupez toutes mes pensées, tous les deux.
— Tu es... je n'arrive pas à réaliser. Tu attends un enfant... de... nous ?
Michel ! Tu viens de parler d'une voix marquée par ton émotion. Et cette délicatesse malgré une légère hésitation, ce « nous » qui me ravit, comme je suis heureuse. Hélène elle, nous tient chacun par la main. Elle a un regard rempli de béatitude. On dirait... oui, de l'amour pour toi et moi. Alors, je la presse contre mon cœur et libère les vannes. Mon trouble se traduit par des soubresauts, des sanglots qui marquent le début d'une nouvelle étape. Je percute et les mots d'Hélène d'un coup prennent tout leur sens... Elle a aussi peur que tout s'arrête après la naissance de... ce qui croît en son sein ? Et franchement ? Je ne suis pas loin d'avoir le même souci ! Mon Dieu ! Un bébé dans ce ventre qui vient de prendre et de nous donner tellement de plaisir. C'est trop fort, trop beau !
— xXx —
Dans son berceau, Adam vagit avec véhémence. Il réclame sa tétée et Hélène ouvre son corsage, sort un sein gonflé, en nettoie le téton et l'affamé se précipite sur la sève nourricière. Je suis ébahie par ce spectacle et Michel qui me donne la main se rengorge fièrement. Il me souffle dans le cou, me regarde avec des yeux énamourés et son murmure me donne des picotements dans l'échine.
Il est beau notre petit Adam, n'est-ce pas ma chérie ?
Oh ! Mon amour... c'est sublime une femme qui donne le sein. C'est mon unique regret désormais, ne pas connaître ça.
Là, Claude, tu exagères... avec toutes les fois où... tu t'occupes de mes doudounes... Bon je t'accorde que je n'avais pas de lait, mais... le principe est similaire. Moi aussi je vous aime.
Nous t'adoptons aussi Hélène, tu le sais bien ! Tu es ici chez toi !
J'imagine c qu'elle ressent en cet instant alors que d'un mouvement ample, elle change de bras pour soutenir ce fils fait à trois. Le deuxième téton est déjà dans la minuscule bouche gloutonne. Il est bien loin de nos préoccupations du jour. Le bruit de succion est agréable. Notre jeune homme termine son repas serré contre mon cœur. Je le cajole délicatement, attends son rot pour changer ses langes. Assis entre elle et moi, tu restes rêveur. La vie vient de nous faire le plus beau de tous les cadeaux. Adam porte ton nom de famille, le mien bien sûr puisque nous sommes mariés. Et sa mère biologique par le jeu d'une simple signature sur un acte judiciaire est devenue sa tante par procuration.
Notre ménage s'est donc élargi, pas de ce seul petit être qui s'égosille et babillant aux anges, alors que je me berce contre mon cœur. Hélène fait partie de notre existence également et nous ne la chasserons jamais. Jusque-là elle partage nos jours, nos nuits, et avec nous les bons et mauvais moments du quotidien. Chaque fois que je me penche sur le berceau d'Adam, je remercie muettement cette jeune femme. Elle n'a rien décidé à notre proposition de vie commune, en fait de ménage à trois. Pas de réponse hâtive, mais ce serait un grand bonheur si elle acceptait de rester. À part donner son lait au bébé, elle ne veut pas s'en occuper davantage et j'en suis la première ravie.
Est-ce que c'est pour ne pas montrer son attachement à notre fils ? Je souris d'un coup à cette pensée. Pas celle du manque de lien entre le bébé et Hélène, non ! Mais plutôt pour sa manière de ne pas se laisser aller à des sentiments trop maternels. Elle respecte sa part du contrat et je lui en suis infiniment reconnaissante. Sans elle, jamais je n'aurais ce bonheur exclusif de tenir dans mes bras, d'embrasser ce qui en définitive n'est qu'une infime partie d'une goutte de sperme de toi, mon Michel. Et puis, j'ai appris à aimer cette brune aux yeux doux, à la tendresse qui déborde. J'ai saisi également que toi aussi tu as un faible pour elle. Oh ! Tu m'aimes j'en suis certaine, mais elle compte dans cette vie que nous menons depuis... notre rencontre avec cette femme.
J'ai largement intégré la notion de partage qui nous unit tous les trois. Il n'est plus rare que je vous trouve, vous entende alors que vous faites l'amour sans moi. La jalousie des débuts s'est transformée en une sorte d'amour dès lors que j'ai assimilé le fait qu'elle n'avait pas l'intention de partir avec toi. Le bébé est dans son petit lit, dans la chambre qui lui est réservée. Nous dinons tous les trois, l'envie d'un bon moment est là. Alors, le salon la porte ouverte, nous reçoit pour un temps sexuel qui nous rapproche encore davantage, comme si c'était possible. Le bouquet changeant de trois corps qui s'offrent et se plient aux souhaits des deux autres, c'est... magique.
Combien de temps durera ce trouple qui fonctionne au-delà de tout ce que nous aurions pu imaginer ? Ce n'est pas important. Non ! Puis... tout proche, dans une autre pièce, mon rêve de chair et de sang, ce fils que j'ai tant désiré dort comme un bienheureux. Toute paperasse administrative est en règle, Hélène a tenu parole. Nous avons toi et moi la garde exclusive de ce jeune garçon en devenir. Je peux désormais faire de mon mieux pour vous rendre la « tante » de Adam et toi heureux. Plus aucune question ne vient m'obséder la nuit et... oui, je vous aime tous les trois...
Alors... vivons ce qui nous reste à vivre et laissons faire le temps. Il arrange toujours bien les choses...
Fin...
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Monsieur Plume
20 octobre 2023 à 17:09
Entre toutes les fins possibles à ce récit, vous avez choisi la plus positive et lumineuse... C'est une histoire marquante par son thème et par ces personnages attachants grâce à leurs hésitations que vous nous avez offert ici !
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Ced67220
19 octobre 2023 à 22:45
Très très beau bravo
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La Chipie
19 octobre 2023 à 18:47
Très belle histoire.
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NathNMitch
19 octobre 2023 à 16:57
Jane, c'est une très très belle histoire que tu viens de nous offrir. Merci!
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Utilisateur supprimé
19 octobre 2023 à 11:15
Quel histoire merveilleuse de la tendresse du début à la fin un pur bonheur qu'il finisse à trois ( voire quatre avec le bébé Adam) un bijou les deux chapitres qui finit très bien
Soyez respectueux
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