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✦ Jane Does Drôle d'ambiance XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Bi Orientation principale dans ce chapitre

Drôle d'ambiance — Chapitre 2 · La faute

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Jane Does
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Drôle d'ambiance

Chapitre 2 · La faute

Existe-t-il une explication plausible à ce déferlement de sensations inédites ? Inédites ou oubliées ? Encore une idée de mon cerveau qui se forge une opinion fausse des choses ? Une immonde envie, une manière inhabituelle de vouloir retenir le temps, de m'imaginer que je peux encore y croire ? Que ma jeunesse n'est pas totalement diluée dans mes formes plus… rondes que celles des jeunettes de vingt ou trente ans ? Le boxer cache le loup. Et c'est bien tirer le diable par la queue que de faire glisser celui-ci sur des cuisses masculines velues. Mes yeux ne quittent plus ce qui se dresse là, à portée de main.
Le bien, le mal, une perception abstraite de ce qui me donne chaud. Michel n'a aucun scrupule à s'étaler dans une nudité qui du coup me donne un sentiment d'infériorité. Mon corps de femme usée, une plastique plus distendue, comment puis-je encore plaire à un autre homme que celui qui m'a prise si souvent, depuis bien des ans ? Pourtant, le sexe tendu me montre l'exact inverse de ce à quoi je pense là. Il est dressé, fier, me narguant de son gland rose qui ose se présenter à mes yeux éperdus d'une reconnaissance étrange. La minuscule lumière qui brille sur la table de chevet ne permet qu'un flou qui ne cache pas l'essentiel.
Cet homme bande, et visiblement pour moi. Je dois reconnaitre que je suis flattée, bien que peu habituée à de tels élans. Que dois-je faire ? Me faut-il fuir de suite cette chambre où l'irréparable risque fort de m'entrainer plus loin que je ne le veux ? Mais aussi, comment ne pas me sentir différente aux yeux de celui qui s'allonge près de moi ? Lui n'a rien d'un mari. C'est bien d'un amant qu'il est désormais question. Et pour toute solution, je ferme les paupières. Risible n'est-ce pas ce remède qui n'avance à rien, qui ne fait plutôt qu'empirer la situation ! Le premier contact de la paume d'une main qui me tétanise, un froid brulant.
Effleurement suffisant des doigts d'un Michel doux et câlin qui dénichent promptement l'attache de mon soutien-gorge, en écartent les deux pans pour libérer ce qui me fait honte d'un coup. Mais lui se contrefiche de mes états d'âme. Il laisse vagabonder sa paume sur la plage qui s'étend de mes doudounes à la lisière du dernier morceau d'étoffe qui me garde un semblant de dignité. Pour bien peu de secondes encore sans doute. Mon ventre se creuse en sentant que ce triangle est tiré vers le bas, découvrant un lieu où seul mon mari a un droit de regard jusque-là. C'est fini ! Une reddition sans vrai combat. Celui qui se livre dans ma caboche ne compte pas.
Jamais défaite n'est aussi bien assumée. Passé cet instant du lever d'un voile qui obscurcit mon cerveau, que je suis actrice de ma propre déchéance ! La frontière est si minime entre la femme rangée et la salope qui trompe son mâle. La patte qui remonte avec le drapeau d'une victoire trop rapide pour jeter le fanion aux orties se recentre sur des caresses destinées à calmer l'angoisse qui m'étreint. Mon visage est lentement effleuré par la main victorieuse. Puis la bouche reprend la mienne, me laissant pantoise grâce à un baiser si délicat que j'en redemande. Et je suis bien servie.
Je ne me rends plus vraiment compte de la situation. Est-ce moi seule qui prends la chose en main ? Est-ce Michel qui a tiré sur mon poignet pour rapprocher mes doigts du manche raide ? Mieux vaut l'ignorer, feindre de ne plus savoir. La queue est d'une chaleur communicative. Je n'ai pas non plus besoin de cet émoi pour être trempée. Je laisse faire aussi les lèvres qui cueillent la fraise d'un sein pour en abuser en cherchant un lait imaginaire. La tétée me surprend d'abord, m'enthousiasme ensuite, avant de m'affoler pour de bon. Pur réflexe que ma menotte qui se referme sur le pistil dont elle voulait ignorer la promiscuité.
Nous sommes deux à avoir un long frisson. Une interaction qui se propage d'un corps à l'autre, une onde de choc engendrée par la certitude que je ne peux plus faire machine arrière. En ai-je eu seulement l'idée ? Pas si sûr ! Et c'est un raz de marée, qui m'enveloppe, un vrai besoin créé par cet homme qui me rappelle ma féminité dans tout ce qu'elle a de plus femelle. Il glisse lentement son visage en tournant son corps dans une reptation dont je devine l'issue. À cet effet et pour en faciliter l'accès, j'entrouvre les jambes. Le museau ne se fait pas prier puisque c'est « open-bar ». Le mouvement, ou plus simplement la glissade du groin du gaillard s'accompagne de l'arrivée sur mon flanc du centre de son anatomie.
Pourquoi refuser l'évidence ? Il a droit également à une caresse. Le pendant de celle que je reçois, avec un infini bonheur. La position en « soixante-neuf » n'est pas ma préférée. J'aime que les choses soient séparées, pour que chacun ressente toutes les subtilités de la caresse intime. Mais là, je ne suis plus tout à fait dans mon univers. Et je ne renâcle pas, m'appliquant dans une pipe qu'il recueille avec un soupir. Sa langue se love dans les plis et les replis d'un coquillage qui n'a jamais connu qu'un seul « Bernard l'ermite », du moins pour l'instant. Il est trop tard pour laisser nos mains sur la table.
Tout bascule très vite. Je veux savourer les allées et venues sur les ailes de ma chatte. Il sait y faire et j'apprécie en oubliant de pomper son nœud que je garde entre mes doigts. Oh ! Je n'ai guère le loisir de retenir mes gémissements, tant la manœuvre est subtile. Ma tête dodeline à droite et à gauche, je me berce au rythme de ses coups de langue savants. Il en résulte une première montée d'un plaisir que je ne mesure pas. Mais lui, s'il a bien compris qu'il me fait jouir, ne stoppe pas son élan. Il poursuit son butinage et adjoint même un doigt à son office. Quand pour la dernière fois ai-je inondé la couche de cette façon ? C'est si loin… et puis, pourquoi aller fouiller dans ma mémoire pour y retrouver un souvenir ?
N'est-il pas préférable de gouter simplement aux joies de ces préliminaires si bien amenés ? C'est fort, violent par ce côté somptueux du massage. Je deviens enragée et il n'y a plus de limite à mon implication dans cette partie de jambes en l'air. Telle une affamée, je déguste la bite qui ne débande pas. Michel se laisse désormais faire, se gardant bien de me refuser ce qu'il vient de prendre chez moi. Et je peux tout à loisir toucher, malaxer, savonner, frictionner, avaler également le pieu offert. D'une pointe de langue je découvre la texture soyeuse d'un gland décalotté au bout duquel perle déjà une rosée annonciatrice d'une montée de semence. J'en oublie toute prudence, branlant tout en léchant la trique enflée.
Les soubresauts de celle-ci sont de plus en plus rapprochés. C'est l'instant que je choisis pour stopper net tous mes gestes. Couché sur le lit, Michel ne bronche pas, ne dit pas un mot alors que je me redresse pour littéralement lui monter sur le ventre. Je frotte mon sexe un instant sur son bidon, gardant dans la main la queue que je tire vers le bas. C'est à son tour de fermer les yeux. Mais son attente est de courte durée. Je lève seulement de quelques centimètres mes fesses, générant un espace suffisant pour que nos deux sexes entrent en contact. Un vrai râle de bonheur fuse de ma gorge alors que je me laisse redescendre sur la bite qui s'enfonce en moi. Cette fois… Charles est cocu pour de bon et c'est irrémédiable.
De fil en aiguille, de position en posture de moins en moins innocentes, nous allons au bout d'une nuit qui s'avère chaude. Et je ne suis plus qu'une chienne en rut qui se fiche bien de la tête du mâle qui l'a couvre. Toute une panoplie de débauche pour n'avoir pas plus de remords que de regrets voit nos corps partager les mêmes séquences. Il ne s'agit pas d'amour bien évidemment, mais bien plus d'une coucherie plaisante. Et les premières lueurs d'une aube nouvelle me rappellent soudain que chez moi, un mari doit se faire un sang d'encre. J'ai joui avec une telle force que j'en ai oublié jusqu'à son existence. Mais en me rhabillant, je me demande comment je vais pouvoir lui présenter les choses.
Sous la douche, Michel chantonne. Du Sardou : « Je vais t'aimer comme on ne t'a jamais aimée… » ! De quoi me déstabiliser plus encore. Si je songe pourtant à Charles, je ne regrette pas vraiment ce qui s'est déroulé sur ce plumard. Michel m'a donné un plaisir que je n'ai plus ressenti depuis longtemps. Mais la vraie question, sous ma tignasse brune : « Est-ce que ça valait le coup de tout risquer ? » Je ne connais pas la fin de cette histoire, mais je sais déjà que je vais surement devoir fournir quelques explications. Je dois celles-ci à mon mari.
C'est donc avec des images qui dansent dans ma caboche que mon amant me dépose près de ma voiture, abandonnée sur le parking de la maison de notre boss. Mon retour chez moi n'est pas des plus faciles, mentalement je me sens… responsable de ce coup de canif dans un contrat pourtant réputé solide. Que se passe-t-il dans mon esprit ? Je n'ai aucun désir de travestir une vérité peu flatteuse pour la femme fidèle que je ne suis plus depuis cette nuit. Charles ne mérite pas les mensonges. Plus facile à dire qu'à faire ? Sans doute, mais je ne tiens pas à ajouter une saloperie de plus à ce qui vient d'arriver. Les murs de notre demeure sont déjà là… et peut-être que derrière les rideaux… mon mari guette mon retour !
— xxXxx —
Le silence ! Pesant, écrasant, il règne en maitre dans la demeure. La cuisine est déserte. Charles dort encore sans doute. J'avance lentement, prenant garde à ne pas éclabousser de ma présence le sommeil de mon homme. Je prépare un café, soucieuse de ce calme relatif. Celui qui précède les pires tempêtes souvent. La chatte est sur la fenêtre, attentive à mes moindres mouvements. Ses yeux verts me scrutent sans reproche pourtant. Elle ne demande que l'ouverture de la baie vitrée pour venir se frotter à mes jambes. Pas de souci, je lui offre volontiers l'hospitalité. Son ronronnement de contentement, signe de sa bonne humeur me ravit. Mais Misette, c'est son prénom, met le cap sur le salon, plongé dans l'obscurité.
Je la suis. Pas question qu'elle aille mettre des poils partout sur le sofa. Et je marque un temps d'arrêt. Assis dans le noir, Charles qui ne dort nullement. Il ne dit rien, se baisse seulement pour passer sa patte dans la fourrure de notre animal de compagnie. Je m'attends à une volée de bois vert, de reproches mérités. Rien de tout cela. Lorsqu'il ouvre la bouche, c'est pour discuter gentiment avec notre bestiole.
— Alors… où es-tu allée trainer toute la nuit ? Hein… tu rentres au petit matin en catimini, comme si de rien n'était.
Je suis toute raide dans l'embrasure de la porte, face à cet étrange équipage. Il continue sans se soucier de moi.
— Tu es allée chasser qui ? Quoi ? Tu te moques bien de savoir que l'on se fait du souci ! Tu n'es pas raisonnable. Finalement, les chattes sont toutes des salopes, non ? Tu as gouté au matou ? Oh, je me doute bien que je n'aurai jamais le fin mot de cette affaire. Mais le principal, c'est bien que tu rentres au petit matin.
Pas une seule fois, Charles ne lève les yeux vers moi qui reste là, tétanisée de l'entendre dire à notre minette ces mots qui visiblement me sont destinés. J'ose ou pas lui parler ? De toute manière maintenant ou plus tard, l'instant n'offre que peu d'importance.
— Charles… tu n'es pas dans notre chambre ?
—… toi non plus, il me semble !
— Non. Je viens de rentrer.
— Et… c'était bien ce diner avec tes collègues ? Quel restaurant peut bien fermer aussi tardivement ?
— Aucun Charles, et tu le sais pertinemment.
— Ah ? Tu as donc comme Misette, une autre explication ? Elle au moins n'a pas un homme qui l'attend chez elle.
— Je… pardonne ! Je suis désolée de rentrer aussi tard.
— Tôt tu veux dire ? Il est six heures trente du matin… ce n'est plus tard, mais bien tôt !
— Je…
— C'est arrivé comment ? Vous avez l'intention de recommencer ?
—… tu sais… entre toi et moi, ce n'est plus comme avant.
— Je m'en doute. J'ai plus de cinquante ans aussi et mes limites sont plus vite atteintes. C'était bien au moins ? Ça valait le coup ?
— De quoi veux-tu parler, mon chéri ?
— Ouh… Josiane… ce « mon chéri » ressemble fort au coup de grâce que l'on assène au condamné. J'imagine que la question n'est pas de savoir ce qui s'est passé, mais plus vraisemblablement, quand ça va se renouveler. Qu'en dis-tu ?
— Ben… je dois dire que je n'en sais rien.
— C'était agréable au moins ? Mieux qu'avec moi aussi ?
— Charles ! Ne nous déchirons pas, veux-tu ? Je ne veux pas parler de cela de cette manière.
— Parce que tu penses qu'il y a une bonne et une mauvaise façon de me dire que je suis cocu ? Que devrais-je moi en penser ? Il n'y a aucun reproche dans ma voix, juste mon cœur qui saigne. Je t'aime toujours, j'imagine.
Que rétorquer à ce genre d'arguments ? Le poids de mes actes est là qui me tombe sur les épaules. Je suis partagée entre l'envie de le serrer contre moi et celle de lui dire que si c'est bien le cas, il ne me le montre plus vraiment, son amour. La main de Charles cajole toujours le dos d'une Misette ravie de tant d'attentions matinales.
— Tu as prévu d'aller le rejoindre quand ? Nous allons nous séparer ? J'ai besoin de me projeter dans l'avenir Josiane, même s'il m'apparait bien sombre.
— Tu… veux que nous divorcions ? Tu te souviens comme nous nous sommes souvent moqués de nos amis qui le faisaient ?
— Parce que de ton côté, tu envisages une autre issue à notre union ? Tu ne peux décemment pas me demander de jouer le rôle du cocu consentant ! Mets-toi à ma place une petite minute.
— Je… je suis désolée ! Il ne s'agissait pas d'amour, tu t'en doutes bien. Plutôt d'un coup de sang, d'une nuit sans lendemain… un moment d'égarement.
— Avec un type qui bosse avec toi à longueur de jour ? Ne me prends pas pour plus idiot que je ne le suis, Josiane.
— Mais non ! Loin de moi cette simple idée. Je veux seulement que tu regardes la vérité en face. Notre couple bat de l'aile depuis un bout de temps. Es-tu capable de me dire quand nous avons fait l'amour la dernière fois ? Ça date, je te le dis…
— Peut-être ! Mais faire l'amour c'est aussi quelque chose qui se partage, qui se fait à deux, non ? Et je ne suis pas certain que tu te prépares souvent comme tu l'as fait hier dans l'après-midi pour votre dinette. L'envie est une chose qui se communique. Elle ne peut pas aller que dans un sens.
— Donnons-nous un peu de délais pour réfléchir, tu es d'accord, Charles ? Je ne suis plus certaine que tu m'aimes malgré tes grandes déclarations ! Pas plus que je ne le suis de mes propres sentiments à ton égard. Les chaussons, le pyjama dès la nuit tombée, pas très glamour et surtout « tue-l'amour » à coup sûr !
— Nous en sommes donc déjà à ce point ? Les reproches, les griefs qui ne vont faire que s'accentuer ? Je ne t'en veux pas d'avoir couché, mais plus de l'avoir fait dans mon dos, Josiane. Nous aurions pu aussi avoir de franches explications tous les deux, tu ne crois pas ? Là, je suis au pied du mur, c'est… vexant pour un homme de savoir que sa femme s'est envoyé en l'air avec un de ses collègues.
—… je m'en excuse ! Tu as surement raison sur ce plan-là. Mais ce n'était que charnel… enfin je veux le croire.
— Si en plus tu n'es pas certaine de ne pas être amoureuse… comment veux-tu que je puisse dorénavant te faire confiance ?
— Je sais… mais je ne tiens pas à te mentir. Pas plus qu'à te laisser croire que tout va s'arranger d'un claquement de doigts. C'est arrivé et je n'ai pas de regret d'avoir cédé à mes pulsions. Je tiens seulement à souligner que je ne me sens pas plus que cela attirée par ce type.
— Je le connais ? Imagine ce qui va se passer lorsque lui et moi, nous allons nous croiser ? Comment va-t-il me juger ? Il va voir en moi un bel imbécile, un pauvre con dont la femme baise dans son dos ? Ce n'est pas très sain, et encore moins viable pour notre couple.
— Je ne détiens pas la solution à cela, Charles ! Il était juste là au bon endroit, au bon moment, et j'ai succombé à mes désirs. Est-ce que ça fait de moi une pute pour autant ? Dans ton esprit, dans ta vision des choses, dis-moi ta vérité !
— Laisse tomber ! Je n'ai pas une vision à long terme de notre avenir… je suis amer, Josiane. Toutes ces années gâchées. Et tout cela pour quoi ? Un coup de bite ? J'ose espérer qu'au moins tu as pris ton pied… sinon, ce serait navrant et surtout très triste.
— Bon… viens ! Allons boire un café. Il est prêt. Et puis laissons passer quelques jours. C'est du temps dont nous avons besoin pour faire le point, qu'en dis-tu ? Je te promets que je ne le reverrai pas…
— Facile de dire ça ! Vous êtes dans la même boite bon sang, Josiane.
— Ma parole devrait te suffire…
—… ! D'accord. Je coucherai sur le canapé les prochaines nuits.
— C'est idiot. Tu sais bien ne pas me toucher durant des semaines, alors continue de la sorte et nous allons droit dans le mur.
— Je me dis que nous y sommes déjà dans la merde, mais tu ne sembles pas t'en apercevoir… la confiance, Josiane, ça n'a pas de prix et tu as singulièrement écorné celle que je te vouais.
J'en ai assez de ses paroles. Il n'y a pas de cris, juste cette voix monotone qui entre dans mes oreilles. Pourquoi ne se révolte-t-il pas, pourquoi ne s'énerve-t-il jamais ? Une bonne engueulade aurait un impact plus positif que notre échange feutré. Est-ce cela le signe du déclin d'un amour ? Si au moins il me collait dans ses bras, contre sa poitrine, s'il cherchait à me baiser ! Mais non ! Il est là à deviser de ma faute comme si c'était juste de l'usure. Celui de la vie qui touche tous les couples du monde, je suppose. Et merde ! Pas un mouvement pour me montrer qu'il tient à moi. Il ne ressent, ne retient que le côté sale du truc. Dommage !
— xxXxx —
Depuis ce retour au petit matin, tout est différent. Une cohabitation pacifique s'engage entre deux êtres qui se sont aimés, entre deux amants qui ne le sont plus vraiment. Charles m'évite comme la peste. Les repas pris en commun sont des moments pénibles. J'ai la très nette sensation que je suis redevenue une étrangère dans sa vie. Là où d'autres se révolteraient, lui reste silencieux, impassible. Et me voilà transparente, invisible, aux yeux de celui avec qui j'ai tant partagé. Comment une nuit plus sexuelle qu'amoureuse peut-elle nous enfoncer dans un pareil marasme ? La faillite programmée de notre union est sans nul doute inévitable.
C'est dingue, mais la rébellion est en moi. Je suis la fautive de cet état et pourtant aucun remords ne s'incruste dans ma tête. Si je retarde encore ce qui me parait inéluctable, mon départ du nid se fait plus pressant de jour en jour. J'attends un orage, il ne s'agit que d'une discussion presque bénigne et monotone entre deux êtres dont le parcours s'achève.
— Charles ! Tu dors dans la chambre d'ami, tu ne m'adresses plus la parole ! Je ne supporte plus cette situation.
— A qui la faute ? Tu as tout fait pour que ça arrive, non ?
—… ? Attends ! Je t'ai tout donné de ma jeunesse, de ma vie. Tu as été jusqu'à ce soir-là, le seul homme qui m'a prise. Et que t'ai-je volé pour en arriver à cette drôle de guerre ?
— Parce que tu ne vois pas l'étendue des dégâts ? Tu m'as trahi… et c'est à moi de passer l'éponge ?
— En quoi suis-je différente de la Josiane d'avant ? Dis-moi ? En quoi ? Et puis… oui, j'ai couché avec un autre, mais est-ce si grave que tu ne puisses me pardonner un écart ? N'en as-tu donc jamais seulement rêvé, toi, d'une autre ?
—… entre rêver et passer à l'acte, tu ne mesures donc pas le fossé qu'il peut y avoir ?
— J'imagine que cette fois, nous sommes au bout de ce que nous avions à vivre. Je vais donc faire mes bagages, il semble que ce soit ce que tu espères vraiment.
—…
Pas de réponse à mes derniers mots qui scellent la fin de notre vie commune. Charles baisse les yeux, secs et vides. Il quitte précipitamment la table pour se réfugier dans ce qui est devenu son espace de nuit. Une chair de poule monstrueuse me parcourt l'échine. Il n'y aura donc pas de pardon. Reste le délicat problème de ma destination à venir. Faire ses valises est une chose, savoir où les poser en est une plus épineuse. Chez ma sœur ? J'imagine déjà ses gorges chaudes… « tu as un homme formidable, qu'est-ce qui te prend… » À l'hôtel ? Solution transitoire, financièrement je n'en ai pas les moyens. Chez Michel ? Je ne sais rien de sa vie, un pari risqué donc. Et mon unique certitude, c'est bien qu'il me faut partir vite, très vite même.
À l'aube nouvelle, tout est prêt. Et au boulot, je dois avoir une mine de déterrée. Tous le remarquent, personne ne m'en parle. Michel et moi, nous ne nous sommes pas spécialement reparlé depuis notre aventure. Mais hasard ou volonté délibérée de sa part, il débarque à la photocopieuse alors que j'y suis.
— Ah ! Josiane… ça va ?
—… tiens ! Tu te souviens que j'existe ?
— Bon ! J'ai donc ma réponse. Tu as un mari ma belle, ce qui motive mon silence. J'ai eu peur que tu aies des ennuis. Je me suis dit que si tu le voulais tu saurais me joindre. Mais à ta frimousse de ce matin, je vois bien que ce n'est pas la grande forme. Tu as des soucis à cause de ce qui s'est passé entre nous ?
— Charles n'a pas supporté. Nous nous séparons…
—… ? Et qu'est-ce que tu vas faire ? Où vas-tu aller ?
— C'est mon unique préoccupation. Tu peux comprendre que je n'ai pas envie de sourire ?
— Ben… chez moi, c'est petit, mais si tu veux… je peux t'aider. À toi de voir.
C'est de cette manière que je me retrouve dans l'appartement qui est la cause de ce désastre. Bien consciente cependant que tôt ou tard, ce serait arrivé. Le ver devait être dans le fruit depuis longtemps. Michel a la courtoisie de ne pas m'assaillir de ses assiduités lors de mon installation dans sa chambre d'ami. Me voici dans une position guère plus confortable, en colocation avec un type qui n'a été mon amant qu'une seule nuit. Je ne ressens rien pour cet homme. L'attirance de cette virée nocturne n'est plus au rendez-vous. Pire encore, je fais des comparaisons hasardeuses entre ses attitudes et celles de celui qui hante mes souvenirs.
Charles est niché dans ceux-ci, il ne les quitte plus. Difficile de se réadapter à une vie différente. J'ai beau me dire que tout est de ma faute, je ne parviens plus à faire la part des choses. Ça finit dans des pleurs, comme souvent dans ces cas-là, je présume. Dans la journée, je travaille et j'arrive à garder la tête froide. Ce sont bien les soirées qui m'obsèdent et la présence de Michel n'arrange rien. Oh ! Il se montre discret, ne tente pas de renouveler ce qui m'a propulsé dans cet abyme de tristesse. Bizarrement, c'est bien Charles qui me fait défaut, qui me manque véritablement.
Un logement, c'est ce qu'il me faut dégoter le plus rapidement possible, pour ne plus me sentir prisonnière de celui qui est à l'origine de ce qui m'arrive. Bien sûr, il n'a été que l'instrument de ce qui s'est passé, j'ai laissé faire, peut-être provoqué également les faits. Curieux aussi comme je reste persuadée que cette partie de jambes en l'air était une bonne chose. Alors ? D'où me vient cette mélancolie qui transpire dans chacune de mes pensées dès la nuit tombée ? De l'habitude ? De ces petits riens qui faisaient de Charles et moi un couple ? Est-ce aussi difficile pour tous les ménages qui se séparent ?
La question me travaille et le sexe est bien loin de mes pensées depuis que je vis… sous le toit de Michel.
— xxXxx —
À suivre…
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Ced67220
12 août 2023 à 11:40
Très beau
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lilpoid
12 août 2023 à 01:24
Elle a humilié et trahi son mari.....en plus elle ne voit pas la gravité de son action....
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lilpoid
12 août 2023 à 01:23
Elle a humilié et trahi son mari.....en plus elle ne voit pas la gravité de son action....
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Utilisateur supprimé
11 août 2023 à 07:50
Maintenant savoir si Michel va tenter une approche avec Josiane où Charles va se rapprocher de sa femme pour la reconquérir, à voir pour la suite
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MAZ814967
10 août 2023 à 10:02
l'art est difficile, la critique est aisée...
magnifique texte plein de questionnement et d'une réalité souvent douloureuse , au delà de la tromperie, sur le temps qui passe pour un couple.
sans faire de basse psychologie, quand la passion devient de l'amour (d'autres diront l'habitude, elle même regrette les petites attentions...) et que cet amour continue de se transformer au fil du temps, le probléme étant qu'il ne se transforme pas à la même vitesse pour les deux. là commence l'acceptation et la compromission, ou...... hélas. Plus l'amour est fort et plus la réaction est forte. Souvent pour expliquer la tromperie, les qualités d'une personne qui nous avez fait l'aimer, deviennent les defauts qui expliquent l'adultère. on a le droit de s'être trompé (je ne t'aime plus, j'en aime un autre), mais pas de tromper (je reste dans mon confort...). pour la suite, la question est , tout est il définitivement mort....
" ce n'est pas tant la tromperie qui me fait mal, que de ne plus avoir confiance...."
Soyez respectueux
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lbclh
10 août 2023 à 07:45
Charles aurait dû la virée plutôt.
Aucun remord attitude hautaine il a raison
Pardonner l auteur nous le dira.
Il faut aussi su elle est un minimum de regret.
Mais non elle est fierr
Soyez respectueux
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Photo de profil de NathNMitch
NathNMitch
10 août 2023 à 02:23
Pauvre Charles, il s'est fait trahir au moment pù il ne s'en attendait le moins, sans doute. En plus Josianne l'a laissé un peu sur la corde raide en ne lui assurant pas que ça ne se reproduirait plus, laissant miroiter qu'elle ne savait pas, etc. Enfin, c'est une trahison et j'ai hâte de voir la suite. Je souhaite aussi que Charles puisse se refaire et retrouver l'amour. Enfin, je ne sais pas vraiment quoi dire sauf que je suis en furie! Pour moi, une trahison et une humiliation, c'est et ce sera toujours ZÉRO pardon.
Soyez respectueux
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Hétéro

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