Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Maud et sa grand-mère — Chapitre 2 · « Chapitre 1 : Des Femmes et des Secrets »
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Maud et sa grand-mère
Chapitre 2 · « Chapitre 1 : Des Femmes et des Secrets »
«Chapitre 1: Des Femmes et des Secrets»
— Dis, tu as faim ? Moi je suis affamée !
Nous nous promenions sur les bords de la Seine et nous nous étions arrêtées sur le Pont des Soupirs afin de profiter de l'agréable et léger vent chaud qui nous délassait malgré les touristes affluant déjà à cette époque de l'année.
— Oh, pour ma part j'ai l'habitude de manger sur le pouce. Nous sommes souvent stressés à l'atelier alors les repas sont rarement une priorité.
— Et moi qui pensais que c'était ma fille qui ne te nourrissait pas, mais si c'est pour rester mannequin que tu ne dois rien avaler, c'est encore pire ! Les filles trop maigres ne sont pas mignonnes, tu savais !?
— Oh, non ! Juste ciel, je ne suis pas modèle, certes non ! Je suis assistante couturière, encore en formation, je travaille dans les ateliers, pas dans les défilés.
— Bon, tant mieux. Je préfère ça. Mais ça ne change rien, t'es trop maigre. Aucun garçon ne s'intéressera à toi si tu ne prends pas un peu de gras.
— Dis, tu as faim ? Moi je suis affamée !
Nous nous promenions sur les bords de la Seine et nous nous étions arrêtées sur le Pont des Soupirs afin de profiter de l'agréable et léger vent chaud qui nous délassait malgré les touristes affluant déjà à cette époque de l'année.
— Oh, pour ma part j'ai l'habitude de manger sur le pouce. Nous sommes souvent stressés à l'atelier alors les repas sont rarement une priorité.
— Et moi qui pensais que c'était ma fille qui ne te nourrissait pas, mais si c'est pour rester mannequin que tu ne dois rien avaler, c'est encore pire ! Les filles trop maigres ne sont pas mignonnes, tu savais !?
— Oh, non ! Juste ciel, je ne suis pas modèle, certes non ! Je suis assistante couturière, encore en formation, je travaille dans les ateliers, pas dans les défilés.
— Bon, tant mieux. Je préfère ça. Mais ça ne change rien, t'es trop maigre. Aucun garçon ne s'intéressera à toi si tu ne prends pas un peu de gras.
Je baissai la tête à la suite de sa remarque. Qu'elle critique ma minceur ne me gênait pas outre mesure, même si l'on venait à peine de se rencontrer. Non, mon problème était plus profond : je ne savais pas mentir, ce qui impliquait qu'il m'était impossible de la laisser croire que les hommes m'intéressaient. J'allais devoir sortir du placard, une fois encore...
Plus que de parler de ma vie sentimentale et sexuelle à nouveau, c'était de le faire avec cette femme qui me perturbait.
Plus que de parler de ma vie sentimentale et sexuelle à nouveau, c'était de le faire avec cette femme qui me perturbait.
— En fait... Je n'ai aucun désir que des hommes s'intéressent à moi.
— Mais non enfin ! Qu'est-ce que tu dis là ?! Tu es une magnifique créature de 20 ans aux cheveux d'or, au minois rond et adorable, grande et au corps superbe (même s'il te manque dix kilos), tu pourrais avoir n'importe qui dans ton lit, pourquoi tu veux renoncer à tes charmes ?
— Mais non enfin ! Qu'est-ce que tu dis là ?! Tu es une magnifique créature de 20 ans aux cheveux d'or, au minois rond et adorable, grande et au corps superbe (même s'il te manque dix kilos), tu pourrais avoir n'importe qui dans ton lit, pourquoi tu veux renoncer à tes charmes ?
Je me sentis encore virer écarlate. Cela faisait trois heures que nous nous étions rencontrées et nous n'avions cessé de bavarder telles deux vieilles amies. Je me sentais d'ores et déjà plus proche d'elle que de n'importe qui d'autre en si peu de temps. Cependant, je n'avais pu effacer le trouble qui m'avait assaillie lorsqu'elle m'avait accostée.
J'attendais de rencontrer ma grand-mère, une femme d'au moins 60 ans puisque j'en avais presque 21, proche physiquement de ma mère comme de moi, à la peau claire et les cheveux crépus blonds ou roux de notre ascendance écossaise.
Plutôt, c'était cette chatte sauvage à la peau bronzée, musclée, bien bâtie, à la chevelure aussi raide que sombre bien qu'assez courte, et dont les yeux bleus me transperçaient à chacun de nos regards qui se croisaient. Quoi que si seules avaient été ces différences, cela ne m'aurait pas tant mise dans un pareil émoi. Seulement comment pouvait-elle être si jeune, et ô Diable comment faisait-elle pour me troubler de la sorte ? Qui était donc cette envoûtante sorcière ?
— Maud, ça ne va pas ? Tu as l'air pensive. Tu as le droit de rester seule si tu le souhaites, je ne te juge pas...
— Les hommes ne m'intéressent pas. J'aime les filles. Pardon Mamie.
J'attendais de rencontrer ma grand-mère, une femme d'au moins 60 ans puisque j'en avais presque 21, proche physiquement de ma mère comme de moi, à la peau claire et les cheveux crépus blonds ou roux de notre ascendance écossaise.
Plutôt, c'était cette chatte sauvage à la peau bronzée, musclée, bien bâtie, à la chevelure aussi raide que sombre bien qu'assez courte, et dont les yeux bleus me transperçaient à chacun de nos regards qui se croisaient. Quoi que si seules avaient été ces différences, cela ne m'aurait pas tant mise dans un pareil émoi. Seulement comment pouvait-elle être si jeune, et ô Diable comment faisait-elle pour me troubler de la sorte ? Qui était donc cette envoûtante sorcière ?
— Maud, ça ne va pas ? Tu as l'air pensive. Tu as le droit de rester seule si tu le souhaites, je ne te juge pas...
— Les hommes ne m'intéressent pas. J'aime les filles. Pardon Mamie.
Des larmes vinrent recouvrir mes yeux.
— Bah quoi, c'est tout ? C'est juste ça qui t'ennuie ? Mais t'as bien raison ma chérie, pourquoi tu pleures tout d'un coup ?
— Tu ne me détestes pas ? Pourtant Maman me hait pour cela !
— Ah, je vois, soupira-t-elle. Ça doit être ma faute alors. Viens Petite-Fille, il est temps que tu saches l'histoire de ta mère et de toutes les erreurs que j'ai faites. Je t'invite à boire un autre verre, ça me fera oublier ma faim, mais tu n'as pas intérêt à m'appeler "Mamie" devant les autres clients ! J'ai l'impression d'avoir vingt ans de trop quand tu dis ça.
— D'accord Mamie ! fis-je, un grand sourire aux lèvres et les yeux encore embués.
— Tu ne me détestes pas ? Pourtant Maman me hait pour cela !
— Ah, je vois, soupira-t-elle. Ça doit être ma faute alors. Viens Petite-Fille, il est temps que tu saches l'histoire de ta mère et de toutes les erreurs que j'ai faites. Je t'invite à boire un autre verre, ça me fera oublier ma faim, mais tu n'as pas intérêt à m'appeler "Mamie" devant les autres clients ! J'ai l'impression d'avoir vingt ans de trop quand tu dis ça.
— D'accord Mamie ! fis-je, un grand sourire aux lèvres et les yeux encore embués.
~~~
« Quand j'avais une dizaine d'années, je me suis mise à trainer avec mes cousins et cousines qui en avaient quinze ou vingt. Mes parents, tes arrières...(Bon sang que j'ai l'impression d'être une ancêtre !) Bref, mes parents s'occupaient de tous les petits cousins avec leur dizaine de frères et sœurs même si eux n'ont eu qu'un seul enfant. Comme j'ai grandi très vite, et entourée de "grands", j'ai appris très tôt les choses de la vie, et surtout à charmer les garçons.
Je ne vais pas te faire un dessin, dans les années soixante les jeunes garçons étaient très pressés de faire découvrir leurs talents aux jeunes filles. Moi qui me pensais déjà une adulte, j'ai fait connaissance avec un ami anglais de mon cousin… Neuf mois plus tard naissait ta mère.
Ça a été la pire période de ma vie ! J'ai beaucoup souffert à l'accouchement, et même des mois après. Mais il n'était pas question d'avortement à cette époque ! Ni même de péridurale… Enfin bref, ton grand-père l'a reconnu pour "ne pas salir ma réputation de jeune fille" mais il a vite disparu de nos vies, et je crois que ta mère n'a jamais réussi à le retrouver. Et puis, en 76, à 21 ans et enfin majeure, j'ai définitivement confié ta mère à mes parents pour partir en tournée à travers l'Europe avec des groupes de rock constitués de jeunes de mon âge. Je n'avais jamais été une mère très attentionnée, mais après ça, Elizabeth a commencé à me détester pour de bon. »
J'avais gardé le silence durant son récit, plus sérieuse que jamais et attentive à chaque mot. Ma grand-mère, elle, avait toujours l'air très décontractée, sirotant son cocktail, perchée sur son haut tabouret de bar.
56 ans. Cette femme face à moi avait donc 36 ans de plus que moi. Elle ne les faisait clairement pas. Surtout qu'elle était habillée comme une adolescente avec sa veste de jeans, ses baskets déchirées et sa chemise d'homme trop grande remontée en crop-top et laissant voir son nombril piercé. Tout son être criait : "Je suis libre ! Je cours, je bondis, je grimpe, essaie donc de me passer la laisse au cou, mes griffes la trancheront et tes doigts avec !" Fascinante. Seulement cette tigresse était ma grand-mère, aussi impossible que cela me parût.
Je ne vais pas te faire un dessin, dans les années soixante les jeunes garçons étaient très pressés de faire découvrir leurs talents aux jeunes filles. Moi qui me pensais déjà une adulte, j'ai fait connaissance avec un ami anglais de mon cousin… Neuf mois plus tard naissait ta mère.
Ça a été la pire période de ma vie ! J'ai beaucoup souffert à l'accouchement, et même des mois après. Mais il n'était pas question d'avortement à cette époque ! Ni même de péridurale… Enfin bref, ton grand-père l'a reconnu pour "ne pas salir ma réputation de jeune fille" mais il a vite disparu de nos vies, et je crois que ta mère n'a jamais réussi à le retrouver. Et puis, en 76, à 21 ans et enfin majeure, j'ai définitivement confié ta mère à mes parents pour partir en tournée à travers l'Europe avec des groupes de rock constitués de jeunes de mon âge. Je n'avais jamais été une mère très attentionnée, mais après ça, Elizabeth a commencé à me détester pour de bon. »
J'avais gardé le silence durant son récit, plus sérieuse que jamais et attentive à chaque mot. Ma grand-mère, elle, avait toujours l'air très décontractée, sirotant son cocktail, perchée sur son haut tabouret de bar.
56 ans. Cette femme face à moi avait donc 36 ans de plus que moi. Elle ne les faisait clairement pas. Surtout qu'elle était habillée comme une adolescente avec sa veste de jeans, ses baskets déchirées et sa chemise d'homme trop grande remontée en crop-top et laissant voir son nombril piercé. Tout son être criait : "Je suis libre ! Je cours, je bondis, je grimpe, essaie donc de me passer la laisse au cou, mes griffes la trancheront et tes doigts avec !" Fascinante. Seulement cette tigresse était ma grand-mère, aussi impossible que cela me parût.
— Pourquoi te dis-tu fautive du comportement d'Elizabeth face à mon identité lesbienne ?
Je n'avais plus envie d'entendre parler de son passé durant l'enfance de ma mère, accepter notre lien de sang m'était bien trop inconfortable.
— Oh, ça... C'est qu'elle n'a pas supporté ma propre préférence.
Je manquai de tomber du comptoir sur lequel j'avais pris appui.
— Comment, fit-elle, se moquant de moi, aurais-je oublié de vous en faire part ma très chère ?
Elle approcha sa bouche de mon oreille pour venir me susurrer :
— Oui, je gouine à mes heures perdues.
Elle approcha sa bouche de mon oreille pour venir me susurrer :
— Oui, je gouine à mes heures perdues.
Cette fois-ci ma peau devait avoir dépassé l'écarlate et viré cramoisie car j'avais vraiment très chaud et elle, riait aux éclats.
— Non mais tu verrais ta tête ! Je n'avais jamais vu ça, lesbienne et pourtant prude et bobo, mais comment t'as éduquée ta mère ? Haha !
Je fis mine de partir, vexée par sa plaisanterie sur ma sexualité.
— Reste encore une minute, papillon, je suis désolée de m'être moquée, mais je ne t'ai pas menti.
Elle relâcha mon bras qu'elle avait attrapé pour me retenir et repris son récit :
— Quand ta mère était jeune, elle espérait que chaque garçon que je ramenais serait son nouveau papa. Entre deux tournées, fin des années 70, je rentrais voir mes parents et ma fille pour leur raconter mes aventures. Bon, les vieux n'étaient pas emballés. Mai 68 était passé par là et ce n'était pas si choquant de voir certains gamins de mon âge vivre hors du système. Mais voilà, un jour j'ai embrassé une fille que j'avais ramenée d'une tournée devant ta mère et elle ne l'a pas supporté. Elle s'est sentie trahie pour de bon en comprenant que je préférais ma liberté et ma sexualité débridée à une vie de famille bien rangée pour elle. C'est à ce moment qu'elle s'est mise à vouer une haine aux lesbiennes. Et aux gays aussi. Et tous les autres sûrement, haha !
Tout prenait sens pour moi subitement. Mes inlassables années de souffrances infligées par une mégère qui prétendait m'aimer plus que tout prenaient finalement sens.
— Depuis que je suis enfant... commençai-je entre deux sanglots. Depuis toujours, je ne peux m'empêcher de regarder les autres filles. De les trouver belles. J'ai très vite voulu les habiller pour les sublimer, bien que je sus aussi très tôt préférer les déshabiller. Mais ma mère, ma mère...
Je reniflai.
— Cette garce de Elizabeth n'a eu de cesse de me rabaisser, de me crier dessus, de m'humilier car je n'étais pas normale, et ce chaque fois que j'avais le malheur de parler de mes sentiments pour une fille, et bien que ça n'ait jamais changé...
Les flots de mes émotions coulaient avec mes larmes.
Je reniflai.
— Cette garce de Elizabeth n'a eu de cesse de me rabaisser, de me crier dessus, de m'humilier car je n'étais pas normale, et ce chaque fois que j'avais le malheur de parler de mes sentiments pour une fille, et bien que ça n'ait jamais changé...
Les flots de mes émotions coulaient avec mes larmes.
— Allons, allons, viens ici, dans mes bras. Qu'est-ce c'est que ce gros chagrin ? D'où te vient cette manie de pleurer pour un rien ? Pas de moi en tous cas.
— Je suis désolée Mamie... Je ne peux plus me contrôler...
— Ce n'est pas très convenant pour une jeune fille avec autant de grâce et de style que toi. Allons petit papillon, viens avec moi.
— Je suis désolée Mamie... Je ne peux plus me contrôler...
— Ce n'est pas très convenant pour une jeune fille avec autant de grâce et de style que toi. Allons petit papillon, viens avec moi.
Elle paya nos verres et m'emmena avec elle.
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Commentaires ()
« J'ai cherché ici à écrire de la littérature érotique.
J'ai travaillé pour parvenir à un texte érotique, mais pas pornographique ; pour mettre en mots les gestes, les sentiments, l'intimité, l'excitation mais toujours ayant à cœur mes personnages.
Pour pousser mon objectif initial je me suis aussi humblement essayée au Naturalisme. (Genre qui associe un animal à chaque personnage en fonction de son caractère, de sa nature.) »
lecture bien agréable, par contre bémol sur la majorité acquise
si elle avait 21 ans en 76, la grand mère était devenue majeure dès juillet 74 ( abaissement de la majorité à 18 ans par VGE)
Ancalagon :-)
Je vais corriger ça sur ma version personnelle, merci encore pour la remarque et le commentaire.
Je profite de ce message pour exprimer ma perplexité et demander pardon quant à la mise en page et les sauts de lignes intempestifs et aléatoires. Le chapitre est pourtant bien présenté sur mon fichier, mais l'uploade a dû traumatiser les filles. Dommage.
Je ne peux plus rien faire pour les deux chapitres à venir la semaine prochaine, je veillerai au grain pour les suivants.
Merci à tous ceux qui ont lu et à ceux ayant partagé leurs impressions. It means a lot. <3