Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
J'apprends à connaître Marie-Claude — Chapitre 1 · Je me retrouve seul avec la mère de mon meilleur ami
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
J'apprends à connaître Marie-Claude
Chapitre 1 · Je me retrouve seul avec la mère de mon meilleur ami
Bonjour tout le monde. Je m'appelle Rémy et je vais vous raconter l'histoire de mon rapprochement avec Marie-Claude, la mère de mon meilleur ami Adrien. Elle s'est déroulée l'été de ma troisième année de licence de droit, mais fait appel à des souvenirs de fin d'adolescence que je vais vous présenter tout d'abord...
— Rémy et Adrien, ça a toujours été – et c'est encore – une très longue histoire d'amitié qui a démarré à l'école primaire. Nous étions tous les deux dans la même classe de cette école de campagne, située à la frontière du Gard et de l'Hérault, et ce dès la maternelle. Nous avons fait nos premières bêtises ensemble, depuis l'usure un peu trop prématurée (à grands renforts de « crash-tests ») des jouets de la salle de jeux dont les tout-petits que nous étions disposaient dans cette petite école, jusqu'aux chewing-gums multicolores collés silencieusement entre les barres des radiateurs en fonte, entre ceux que nos prédécesseurs avaient laissé là.
Cette complicité s'est accentuée le long de notre scolarité, en dépit de notre séparation dans différentes classes dès la 5e. Nous nous retrouvions beaucoup chez lui car sa maison était plus grande. Juchée sur une colline entourée de vignes que cultivait son père, elle dominait pratiquement l'intégralité du village, y compris la maison dans laquelle je résidais avec mes parents.
Dès l'adolescence, nous prenions l'initiative de nous voir le week-end, généralement le samedi après-midi. Sous réserve d'accord de nos parents, qui se connaissaient bien pour avoir grandi dans le même village eux-aussi. Nous prenions nos vélos pour nous retrouver en centre village commettre nos méfaits, ou bien chez lui pour zoner librement autour de sa maison. Je me souviens encore de l'excitation qui me gagnait lorsque j'enfourchais mon vélo, prêt à affronter l'étroite route pentue rejoignant sa maison. La sensation de mes cuisses qui s'échauffent sous le soleil écrasant était toujours la promesse d'une après-midi de rires, de bêtises, de cette complicité sauvage dont nous brûlions, et dont seuls semblent pouvoir jouir les enfants.
Lorsqu'arrivèrent ma majorité et la fin du lycée, ces étés prirent une saveur particulière. En arrivant chez Adrien, tout suant, nous nous jetions généralement à la piscine pour débuter l'après-midi – qui parfois, se résumaient à rester dans l'eau le temps de planifier nos activités. Sa mère, Marie-Claude, laissait les grands enfants que nous étions en paix. À cet âge-là, Adrien pouvait se montrer odieux, et Marie-Claude prenait beaucoup sur elle pour ne pas que la situation s'envenime, ce qui arrivait dès que son fils se sentait d'humeur trop insolente. Ma loyauté envers mon meilleur ami m'interdisait de prendre parti contre lui, y compris lorsqu'il se comportait littéralement comme un petit con capricieux. Aussi, je restais en retrait dès que le ton montait, et échangeais assez peu avec Marie-Claude directement. Il faut dire que j'étais de toute façon extrêmement intimidé par sa personne, ce qui ne facilitait en rien nos éventuels échanges.
Marie-Claude était alors âgée d'environ 50 ans et je la trouvais très belle. C'était une grande femme, d'environ 1 m 85 qui n'hésitait pas à étirer encore plus sa silhouette avec des talons compensés. Les proportions de son corps me fascinaient. Son visage en forme de cœur semblait légèrement trop petit par rapport au reste de son corps. Seul son long nez droit semblait s'accorder à sa grande taille. Ses cheveux, coupés courts et teints couleur acajou, lui donnaient un air sévère lorsqu'elle ne souriait pas, ce qui fort heureusement n'arrivait que très rarement. Ses yeux noirs, profonds, brillaient toujours d'un air joyeux et communicatif : je sentais bien souvent mes lèvres s'étirer malgré moi lorsque je soutenais le regard de Marie-Claude un peu trop longtemps. Son humeur était toujours gaie, même lorsqu'elle faisait face à sa maladresse pathologique qui l'amenait à briser à peu près systématiquement toute la vaisselle qui passait entre ses mains.
L'impression générale que je ressentais lorsque je l'observais était celui d'une belle femme enjouée et énergique, qu'on avait enfermé dans un corps qu'on aurait cru trop grand pour elle, avec ses longs membres fins et ce visage court, lui donnant un air pataud par moments. Étant plutôt de petite taille, cette grande femme aux mouvements amples m'intimidait, et m'émoustillait aussi pour je ne sais quelle raison.
Durant l'été de mes dix-huit ans donc, alors que je multipliais les visites chez Adrien pour profiter de sa piscine, mon émoi pour Marie-Claude s'est brutalement accentué lors d'une après-midi à l'atmosphère étouffante. Alors que je déposais mon vélo et que je balançais mon sac nonchalamment sur une chaise de la terrasse donnant sur la piscine, je me figeai en apercevant la silhouette de Marie-Claude, immobile sur un transat en plein soleil. Je l'avais déjà vue en maillot de bain une pièce ou en bikini à plusieurs reprises, mais cette fois-ci sa large poitrine était nue sous le soleil d'août. Ses larges aréoles brunes surplombant des seins luisant de crème solaire, aux sommets desquels trônaient ses tétons érigés vers le ciel, semblaient cuire dans la fournaise d'août. Complètement paralysé, je regardai de longues minutes le corps de Marie-Claude sans un bruit. Je n'entendis pas Adrien arriver derrière moi :
— Ah, t'es là ? Je ne t’ai pas entendu arriver.
— Hey, oui, salut ! Bredouillai-je en sursautant.
— On se baigne ? J'en peux plus de cette chaleur…
— Oui, oui, j'arrive, je me change.
— Hey, oui, salut ! Bredouillai-je en sursautant.
— On se baigne ? J'en peux plus de cette chaleur…
— Oui, oui, j'arrive, je me change.
Je jetai un regard en biais vers Marie-Claude qui n'avait pas bougé d'un cil. Soit elle dormait, soit elle n'avait cure de nous savoir à côté d'elle. Je me changeai en hâte, et rejoignis rapidement Adrien déjà dans l'eau. Sa mère se releva en s'apercevant de ma présence, et se leva pour me saluer des trois bises de rigueur dans la région. J'essayai de faire l'homme en masquant mon embarras du mieux que je pouvais, et en ne louchant pas sur la lourde poitrine de Marie-Claude qui se balançait librement lorsqu'elle embrassait mes joues. Elle retourna s'allonger comme si de rien était, tandis que je me jetai à l'eau et commençai à jouer avec Adrien.
Quelques jours plus tard, alors que je questionnais Adrien sur le sujet, il me confia que dans sa famille personne n'était vraiment pudique. Les parents se déplaçaient assez souvent à poil dans la maison d'une pièce à l'autre, ce que faisait également Adrien parfois, sans que cela ne choque ses parents. Question d'habitude et de famille j'imagine, car de mon côté la pudeur était de rigueur. Ceci expliquait le décalage évident entre l'absence de réaction de Marie-Claude durant cet épisode et la gêne terrible que j'avais éprouvée en la voyant dans cet appareil.
Les années passant, ma perception de cet événement a évolué, passant d'un sentiment de gêne vers un sentiment d'excitation. Cet instant de voyeurisme – c'est comme ça que je le ressentais en tout cas, du fait du tabou sur la nudité dans ma famille – avait éveillé mon désir et je m'étais progressivement mis à fantasmer sur Marie-Claude en entrant à l'âge adulte. Tous les scénarios que j'élaborais n'étaient que pures élucubrations, et jamais il ne me serait venu à l'esprit d'entreprendre quoi que soit avec elle. Déjà, c'était la mère de mon meilleur ami, elle était mariée, ce qui faisait suffisamment d'arguments pour en rester à mes petits fantasmes. Et quand bien même, j'étais d'un naturel plutôt réservé, comme je le disais un peu plus haut, y compris à l'âge adulte. Depuis que je fantasmais sur Marie-Claude, il m'était pratiquement impossible de rester plus de cinq minutes, seul avec elle dans une pièce sans éprouver le désir violent de fuir à toutes jambes.
La plupart du temps, je trouvais un prétexte pour m'enfuir – « Je reviens, j'ai oublié mon téléphone dans la chambre » ou bien « Ah, attends, on m'appelle ». Je maudissais ces rares moments où Adrien s'absentait et m'abandonnait, lui qui ignorait tout du trouble grandissant dans lequel ces situations m'enfermaient.
Bien des années plus tard, une fois le baccalauréat empoché, Adrien et moi avons poursuivi nos études dans des trajectoires différentes. Loin des yeux, loin du cœur, cruel dicton que nous avons tout fait, chacun de notre côté, pour contrer. Irrésistiblement, la vie étudiante nous a amenés à nous éloigner de notre histoire commune, désormais seulement rythmée par un appel téléphonique ainsi que quelques messages de temps en temps. Les étés étaient des bouffées d'oxygène pour nous, et nous permettaient de rattraper tout le temps perdu.
Ainsi, l'été de ma troisième année de licence de droit, j'étais chez Adrien, pour la troisième journée consécutive, à profiter de sa piscine. À peine arrivé de chez moi avec mon vieux vélo, Adrien affichait une mine un peu maussade.
— T'en tires une tronche, gros, qu'est-ce qu'il se passe ?
— Bof, mon père a besoin de moi aujourd'hui apparemment. Ça arrive assez rarement vu qu'il réduit la taille de l'exploitation, mais ponctuellement il faut que je l'aide. Et tu sais comment c'est, c'est toujours…
— … urgent et impossible d'attendre, complétai-je en souriant, ayant entendu cette expression pratiquement chaque été de la bouche de son père. Bah, t'auras vite fait non ?
— Pas dit, apparemment un de ses employés est malade et je risque de le remplacer pour un moment.
— Bof, mon père a besoin de moi aujourd'hui apparemment. Ça arrive assez rarement vu qu'il réduit la taille de l'exploitation, mais ponctuellement il faut que je l'aide. Et tu sais comment c'est, c'est toujours…
— … urgent et impossible d'attendre, complétai-je en souriant, ayant entendu cette expression pratiquement chaque été de la bouche de son père. Bah, t'auras vite fait non ?
— Pas dit, apparemment un de ses employés est malade et je risque de le remplacer pour un moment.
Un peu déçu de pas pouvoir profiter de mon ami, je lui proposais de rentrer chez moi et de me tenir prêt à remonter chez lui s'il arrivait à se libérer, afin de ne pas déranger.
— Non, non, reste ! Profite de l'eau, je te rejoins dès que j'ai fini. En plus, ma mère rentre aujourd'hui, tu te souviens ?
— Ah oui ! L'enterrement de vie de jeune fille, c'est ça ?
— Oui, le troisième de sa copine Maryse, haha.
— Troisième mariage, troisième enterrement de vie de jeune fille, ça tombe sous le sens.
— Exactement ! Et ma mère avait l'air contente de te croiser, elle t'a pas vu depuis l'été dernier ! Elle arrive d'ici une demi-heure normalement, et moi je devrais être revenu dans une paire d'heures.
— Bon, OK, on fait comme ça alors. Bon courage !
— Merci, vieux, à toute.
— Ah oui ! L'enterrement de vie de jeune fille, c'est ça ?
— Oui, le troisième de sa copine Maryse, haha.
— Troisième mariage, troisième enterrement de vie de jeune fille, ça tombe sous le sens.
— Exactement ! Et ma mère avait l'air contente de te croiser, elle t'a pas vu depuis l'été dernier ! Elle arrive d'ici une demi-heure normalement, et moi je devrais être revenu dans une paire d'heures.
— Bon, OK, on fait comme ça alors. Bon courage !
— Merci, vieux, à toute.
Il ne fallut pas longtemps pour qu'une sensation de malaise m'envahisse. Je n'avais jamais passé autant de temps avec Marie-Claude… de toute ma vie ! Nos échanges, toujours polis et courtois, sont restés sporadiques, y compris ces dernières années. Je me souviens encore très bien de l'été dernier où j'avais eu du mal à soutenir son regard quand elle me souriait inlassablement et me questionnait sur ma vie étudiante. Et là, elle aurait envie de me voir ? Et on devrait parler pendant une heure et demie au bas mot ? Je ne vais rien trouver à lui dire, ça va être malaises et gros blancs. Je vais passer pour un sauvage, un rustre, un gamin rougissant...
Je pris une grande respiration et partis me changer à l'intérieur de la maison. Tandis que j'enfilais mon maillot de bain dans les toilettes à l'intérieur de la maison, les images de la mère de mon meilleur ami me revenaient en mémoire. Un fourmillement caractéristique dans mon entrejambe m'annonça un début d'érection. Essayant de me calmer, je repensais au chemin parcouru depuis mon adolescence. Après tout, je n'étais plus le gamin innocent que j'étais à l'époque. J'avais même eu plusieurs conquêtes cette année à la faculté, dont certaines m'avaient amené à découvrir les premiers grands moments de ma vie sexuelle – notamment grâce à Amandine, de deux ans mon aînée, qui m'avait initié tout en douceur. J'ai beaucoup plus confiance en moi aujourd'hui qu'il y a encore quelques mois.
Une fois changé, je me glissai paresseusement dans la piscine. L'eau ondulait sur mon corps, tandis que mes pensées continuaient de tournoyer dans ma tête. Après quelques brasses, je décidai de m'échouer à cheval sur l'unique bouée mise à l'eau. À plat ventre et les jambes encore à l'eau, dans une posture peu gracieuse, je laissais le courant des buses de refoulement m'entraîner. Les minutes défilaient et mon esprit restait tourné vers Marie-Claude. Je me revoyais, à l'affût sur la terrasse, devant Marie-Claude torse nu, ses tétons érigés… Prenant conscience de ma présence, elle faisait signe du doigt pour que je m'approche. Tétanisé, comme dans un rêve, sa voix douce m'appelait alors :
— Eh bien ? Tu dors ?
Je n'osais pas faire le moindre pas vers elle, totalement intimidé.
— Wouhou, Rémy, tu dors ?
Je me redressai soudain en sursautant, et glissai de tout mon long dans l'eau. Le contraste de la température de l'eau avec mon dos brûlant acheva de me tirer de ma torpeur. Toussotant, crachotant, je refis surface et constatai qu'une Marie-Claude hilare se tenait face à moi.
— Désolé, je t'ai fait peur !
— Non, non, ça va. Je crois que me suis endormi, répondis-je entre deux quintes de toux.
— Non, non, ça va. Je crois que me suis endormi, répondis-je entre deux quintes de toux.
L'intense sensation de fraîcheur de l'eau autour de mon sexe me fit prendre conscience du fait qu'une solide érection déformait mon maillot. Heureusement, les remous causés par ma submersion impromptue masquaient mon anatomie à Marie-Claude.
— Adrien n'est pas avec toi ?
— Non, Jean l'a appelé en renfort cette après-midi. Un employé malade apparemment.
— D'accord. Pas de bol, tu risques de l'attendre un moment.
— Oui. Pas grave.
— En tout cas, ça me fait plaisir de te voir ! Tu as soif, tu veux boire quelque chose ? Je vais rentrer me changer, j'ai les jambes en compote, je vais faire un plouf aussi. On papotera en attendant Adrien ?
— Euh...»
— Non, Jean l'a appelé en renfort cette après-midi. Un employé malade apparemment.
— D'accord. Pas de bol, tu risques de l'attendre un moment.
— Oui. Pas grave.
— En tout cas, ça me fait plaisir de te voir ! Tu as soif, tu veux boire quelque chose ? Je vais rentrer me changer, j'ai les jambes en compote, je vais faire un plouf aussi. On papotera en attendant Adrien ?
— Euh...»
Je bafouillai, sous l'afflux d'information que mon cerveau encore ralenti. Marie-Claude, baignade, maillot de bain, boire, tous les deux. Papoter. Papote, Rémy !
— Je veux bien un verre d'eau, s'il te plaît, demandai-je alors que ma bouche s'asséchait.
— Un verre d'eau pour le jeune homme ! Ça arrive.
— Merci !
— Un verre d'eau pour le jeune homme ! Ça arrive.
— Merci !
Dès qu'elle franchit le pas de la porte, je me ruais sous l'eau pour effectuer quelques brasses, tentant de calmer mon érection. Au bout d'une minute, je pus faire retomber mon excitation. Dans un éclair de lucidité, j'en profitai pour sortir de l'eau, pour ne pas risquer de me trouver dans une situation compromettante plus tard. J'enroulai ma serviette autour de mon bassin, pour dissimuler toute érection naissante, laissant mon torse nu et ruisselant sécher au soleil.
Marie-Claude parut alors, un plateau dans les mains, avec une carafe d'eau et trois verres. Elle s'était changée, et portait à présent un paréo bleu qui laissait entrevoir un maillot de bain deux pièces noir. Deux anneaux argentés, disposés de chaque côté de son bas de maillot, découvraient la peau du sommet de ses hanches. Quant au haut, il comprimait sa lourde poitrine et ne parvenait pas entièrement à contrecarrer la gravité qui tirait ses seins vers le bas, d'autant que les bretelles étaient manquantes. Un anneau argenté faisait également la jonction des deux bonnets du haut de maillot.
La voir en bikini me propulsa des années en arrière, et je ne pus m'empêcher de détailler sa silhouette dont l'image s'était ancrée depuis des d'années dans ma mémoire. Un vernis mauve couvrait les ongles de ses pieds, probablement déposé avant son départ en week-end entre filles. Ses grandes jambes, légèrement plus charnues qu'il y a six ans, étaient celles d'une femme mûre désormais. La cellulite commençait à recouvrir certaines zones de ses cuisses et de ses fesses légèrement à l'étroit dans le bas de maillot qui les serrait. Son ventre n'était pas aussi plat que dans mes souvenirs, mais était à peine rebondi. L'absence de bourrelet franc allongeait encore plus sa silhouette. Ses larges épaules et sa poitrine basse donnait l'impression d'un poitrail massif autour duquel se balançaient nonchalamment deux bras qui paraissaient trop longs par rapport au reste de son corps. Son visage, toujours en forme de cœur, comportait quelques rides sur le front.
Aucune racine blanche n'était visible sur son crâne, signe qu'elle avait fait sa coloration récemment. Décidément, elle avait mis le paquet pour son week-end ! Marie-Claude a dû sentir le poids de mon regard la détaillant de profil. Elle se tourna vers moi avec son éternel sourire lumineux et me tendit un vers d'eau. Je bafouillai un léger « merci » en détournant le regard. Ayant bu à son tour, elle tenta d'entamer une conversation fluide avec moi. Les cours ? Les vacances ? Les copains ? Les profs ? Quoi faire après la licence ? Les parents ? Je répondais à toutes ces questions par des phrases trop courtes, trahissant mon malaise. Au bout de plusieurs relances infructueuses de sa part, elle sembla se résigner à faire la conversation, et se décida « à aller faire un plouf ». Elle laissa son paréo tomber à ses pieds pendant que je retenais mon souffle, transi sur mon transat. Je chaussai mes lunettes de soleil pour l'observer plus discrètement.
Après quelques longueurs parcourues sans hâte, la tête hors de l'eau, elle s'installa contre la paroi, dos au rebord opposé de la piscine, tournée vers moi, ses longs bras appuyés sur la margelle. La tête basculée en arrière, les yeux fermés, elle lézardait paresseusement tout en faisant des mouvements amples de moulinets avec ses grandes jambes. Marie-Claude releva soudain la tête et me regarda. Par réflexe, je détournais le regard, soucieux de ne pas lui révéler que je l'observais. Quel idiot. Il était de toute façon impossible qu'elle sache où mes yeux étaient posés, à cette distance et avec les lunettes. Mais puisque j'avais tourné la tête au moment où elle me regardait, il ne fallait pas être un fin limier pour comprendre que…
— Tu ne reviens pas te baigner ?
— Non, c'est bon, ça va déjà mieux par rapport à tout à l'heure.
— Tu es sûr ? Tu as l'air rouge et vu d'ici, tu brilles beaucoup.
— Peut-être après alors, pourquoi pas.
— C'est moi qui te dérange ? Tu préfères faire la sieste dans l'eau et que je te laisse ? »
— Non, c'est bon, ça va déjà mieux par rapport à tout à l'heure.
— Tu es sûr ? Tu as l'air rouge et vu d'ici, tu brilles beaucoup.
— Peut-être après alors, pourquoi pas.
— C'est moi qui te dérange ? Tu préfères faire la sieste dans l'eau et que je te laisse ? »
Aïe. Question piège. Ne pas déraper, ne pas déraper. Et faire des phrases plus longues !
— Euh, non, non.
Super, ça c'est une belle phrase. Du Proust dans l'âme.
— Tu es sûr, répéta-t-elle, que tu ne veux pas que je te laisse ?
— Certain. Promis !
— Alors fais-moi plaisir et viens à l'eau, tu es train de fondre à vue d'œil.
— Certain. Promis !
— Alors fais-moi plaisir et viens à l'eau, tu es train de fondre à vue d'œil.
Touché coulé. Je me résignai à l'idée de la rejoindre. Stratégiquement, mieux valait ne pas perdre de temps, et ne pas risquer d'afficher un éventuel début d'érection sous ses yeux en descendant les marches. Optant pour l'option la plus rapide, je sautai, sans réfléchir. À peine avais-je pris mon envol que je sentis une entrave autour de mes jambes. Une fraction de seconde avant l'impact, les yeux ahuris de Marie-Claude croisèrent les miens, tandis que je réalisai que ma serviette était toujours enroulée autour de ma taille. Gorgée d'eau, elle freina mes mouvements lorsque je tentai de refaire surface. Trempée mais hilare, Marie-Claude cherchait à retrouver son souffle en voyant mon air de chien battu quand je sortis de l'eau.
— Tu avais oublié la serviette ?
— En effet.
— Tu ne rates jamais une entrée dans l'eau, toi, décidément !
— En effet.
— Tu ne rates jamais une entrée dans l'eau, toi, décidément !
Je m'esclaffai à mon tour de ma bêtise, soulagé qu'elle n'éveilla pas de soupçon sur le trouble dans lequel me plongeait Marie-Claude. L'allégresse que je ressentis diminua quelque peu ma tension, et je me détendis en regardant Marie-Claude reprendre contrôle de son fou rire. Finalement, il n'était peut-être pas si compliquer d'échanger avec elle. Une fois débarrassé de ma serviette, je m'installai à ses côtés dans la même position qu'elle, les bras appuyés contre la margelle et le corps dans l'eau, à l'exception de la partie supérieure de mon thorax. M'essayant à la plaisanterie, je lançai :
— Tu n'es pas un peu jeune pour faire de l'aquabike ? Je te vois pédaler dans l'eau depuis tout à l'heure…
— Tu as raison ! Répondit-elle en souriant, visiblement ravie que je relance la discussion. La vérité c'est que j'ai soixante-dix ans, mais que j'en parai trente-cinq. Ne le répète à personne, bien sûr, pouffa-t-elle.
— Et encore, trente-cinq, tu en rajoutes, rajoutai-je en rigolant.
— Je n'irai pas jusqu'à dire que je fais la moitié de mon âge, n'exagérons rien.
— Allez, on coupe la poire en deux, trente ans, c'est bon ?
— Boudiou, j'aimerais bien, trente ans !
— Tu as raison ! Répondit-elle en souriant, visiblement ravie que je relance la discussion. La vérité c'est que j'ai soixante-dix ans, mais que j'en parai trente-cinq. Ne le répète à personne, bien sûr, pouffa-t-elle.
— Et encore, trente-cinq, tu en rajoutes, rajoutai-je en rigolant.
— Je n'irai pas jusqu'à dire que je fais la moitié de mon âge, n'exagérons rien.
— Allez, on coupe la poire en deux, trente ans, c'est bon ?
— Boudiou, j'aimerais bien, trente ans !
Elle justifia finalement son activité par le fait que ça reposait ses jambes après le week-end qu'elle venait de passer. Curieux, je lui demandais de me raconter son week-end.
— Oh, on n’a pas trop fait les folles ! On était dans la périphérie de Marseille. C'était sympa, à l'exception du samedi soir. Maryse a voulu aller au casino de Carry-le-Rouet, sur la côte bleue, je ne sais pas si tu connais ?
— De nom.
— C'est à l'ouest de Marseille, le long de la mer. Mon pauvre, quelle erreur, tu aurais vu ça. Autant le cadre était beau, mais le spectacle du soir n’était vraiment pas terrible, et surtout… Que des vieux ! On s'y attendait un peu vu que c'est un casino, mais alors là… Un casino en bord de mer en Provence, c'était le pompon.
— Ah mince ! Vous auriez pu trouver mieux probablement dans Marseille, directement, non ?
— Mais oui, c'est ce qu'on s'est tuées à dire à Maryse, mais elle est têtue. Et puis, c'était compliqué de faire changer d'avis quelqu'un alors que c'était elle qui était à l'honneur ce soir-là. Enfin, bref, nous sommes rentrées pas tard du tout. La randonnée dans les Calanques ce matin était superbe à la fraîche, mais le soleil nous a toutes assommées sur le coup de 10h… On était cuites, il a fallu se relayer pour conduire sur le retour.
— Tu m'étonnes que tu apprécies l'eau fraîche ici ! Heureusement, tu n'as pas pris de coup de soleil.
— Non, on était bien équipées pour ça. Quand il a commencé à faire chaud, on s'est toutes mises en haut de maillot pour pas fondre sur place. On s'est mises de la crème, y compris dans le dos. Les mecs qu'on croisait étaient contents !
— Tu m'étonnes ! Ce n’est pas tous les jours qu'on croise une meute de randonneuses en train de se crémer, même dans les Calanques !
— De nom.
— C'est à l'ouest de Marseille, le long de la mer. Mon pauvre, quelle erreur, tu aurais vu ça. Autant le cadre était beau, mais le spectacle du soir n’était vraiment pas terrible, et surtout… Que des vieux ! On s'y attendait un peu vu que c'est un casino, mais alors là… Un casino en bord de mer en Provence, c'était le pompon.
— Ah mince ! Vous auriez pu trouver mieux probablement dans Marseille, directement, non ?
— Mais oui, c'est ce qu'on s'est tuées à dire à Maryse, mais elle est têtue. Et puis, c'était compliqué de faire changer d'avis quelqu'un alors que c'était elle qui était à l'honneur ce soir-là. Enfin, bref, nous sommes rentrées pas tard du tout. La randonnée dans les Calanques ce matin était superbe à la fraîche, mais le soleil nous a toutes assommées sur le coup de 10h… On était cuites, il a fallu se relayer pour conduire sur le retour.
— Tu m'étonnes que tu apprécies l'eau fraîche ici ! Heureusement, tu n'as pas pris de coup de soleil.
— Non, on était bien équipées pour ça. Quand il a commencé à faire chaud, on s'est toutes mises en haut de maillot pour pas fondre sur place. On s'est mises de la crème, y compris dans le dos. Les mecs qu'on croisait étaient contents !
— Tu m'étonnes ! Ce n’est pas tous les jours qu'on croise une meute de randonneuses en train de se crémer, même dans les Calanques !
La vision fugitive d'une Marie-Claude souriante en maillot de bain, luisante de crème solaire sous un soleil de plomb, dans une atmosphère baignée de pins secs sur fond bleu azur me laissa songeur.
— Le seul souci, reprit-elle, c'est que cette excursion m'a complètement flingué le bronzage.
— Comment ça ? Demandai-je, ayant le pressentiment que la conversation allait prendre une autre tournure.
— D'habitude, je ne bronze qu'ici, et rarement avec le haut de maillot. Sauf quand nous avons des invités, et encore ! Ce qui fait que je n'ai pas de marque de bronzage… Du moins d'habitude, ajouta-t-elle en agitant sa main d'un air impuissant.
— Hmmmmmm. Sur une journée de soleil, ça ne doit pas être énorme comme contraste. Tu dois pouvoir le rattraper ces jours-ci, non ?
— Comment ça ? Demandai-je, ayant le pressentiment que la conversation allait prendre une autre tournure.
— D'habitude, je ne bronze qu'ici, et rarement avec le haut de maillot. Sauf quand nous avons des invités, et encore ! Ce qui fait que je n'ai pas de marque de bronzage… Du moins d'habitude, ajouta-t-elle en agitant sa main d'un air impuissant.
— Hmmmmmm. Sur une journée de soleil, ça ne doit pas être énorme comme contraste. Tu dois pouvoir le rattraper ces jours-ci, non ?
Marie-Claude s'interrompit un instant et soutint mon regard. Je réalisai un peu tard que je venais plus ou moins implicitement de l'inviter à enlever son haut de maillot afin de rattraper son bronzage. Un sourire amusé se dessina sur son visage, et je me sentis de nouveau désarmé.
— Oui, sans doute, je le pourrais. Mais je ne vais certainement pas commencer maintenant alors que tu es là, dit-elle enfin, d'un ton suave.
Mon cerveau tournait à mille à l'heure. Loin, très loin de penser au lieu, aux circonstances, à Adrien, à ce que je faisais là, une seule chose me préoccupait. Je me lançai dans la gueule du loup. Prenant mon ton le plus détaché possible, je répondis :
— Bof, tu sais, je trouve qu'on en fait trop sur les poitrines des femmes. C'est que du gras et des glandes, on sexualise trop cette partie du corps. Ça ne me dérangerait pas que tu sois torse nue, après tout je le suis moi-même. Que je sache, ça ne te pose pas de souci – ou alors il faut me le dire ! Ajoutai-je en riant.
— Alors là, je suis tout à fait d'accord avec toi ! Ça fait plaisir d'entendre des jeunes qui sont un peu ouverts d'esprit sur ces sujets et qui ne sont pas trop superficiels.
— Alors là, je suis tout à fait d'accord avec toi ! Ça fait plaisir d'entendre des jeunes qui sont un peu ouverts d'esprit sur ces sujets et qui ne sont pas trop superficiels.
Un long échange s'ensuivit sur les injonctions sociales qui pesaient et pèsent toujours sur le corps des femmes dans la société actuelle. Je ne regrettais pas du tout d'avoir attaqué la discussion sous cet angle. Un léger malaise m'envahissait toutefois. Bien que mon discours fût parfaitement honnête, il n'en demeurait pas moins que c'était un mensonge que de prétendre être insensible à son corps, ayant fantasmé sur ce dernier pendant des années. Tout en poursuivant la discussion, elle se redressa soudain, et commença à défaire distraitement son haut de maillot. J'essayai tant bien que mal de poursuivre l'échange sans révéler le trouble grandissant dans lequel cette situation me plongeait. Je sentis mon érection revenir…
— Ouf ! Dit-elle soudain en jetant son haut de maillot sur le rebord de la piscine. Ça va encore mieux maintenant !
Je jetai un coup d'œil discret à sa poitrine pendant qu'elle profitait d'un moment debout pour s'étirer et se mouiller la nuque. Ses lourdes mamelles pâles aux larges tétons bruns, pendaient nonchalamment, bas sur son torse. Les seins de Marie-Claude restèrent un instant hors de l'eau, du fait de sa grande taille, avant d'être à nouveau immergés lorsqu'elle reprit sa position. Libérée de son écrin, sa poitrine remontait un peu plus haut sur son torse, portée par la poussée d'Archimède de la piscine, et se dandinait paresseusement au rythme des moulinets qu'elle avait repris avec ses jambes.
Alors que mon érection était à son comble, je réalisai que le silence pesant que venait d'installer Marie-Claude, malgré elle, s'étirait inexorablement, sans que je ne trouve de contenance. Je décidai donc de me taire, en me contentant de mater cette poitrine avec de moins en moins de retenue, maintenant que Marie-Claude avait basculé sa tête sur la marge de la piscine, tout à son souhait de boire le soleil qui continuait d'irradier le ciel. Je savourai le fruit de mon audace, encore surpris de me retrouver dans cette situation, moi qui n'avais pas réussir à tenir plus de deux minutes en sa présence pendant des années.
Au bout d'un bon quart d'heure, alors que je n'osais pas bouger alors que je sentais bien que je cuisais, Marie-Claude déclara simplement :
— Je sors, j'ai encore soif. Tu restes à l'eau ?
— Oui, oui, je suis bien là.
— Oui, oui, je suis bien là.
Mon érection ne s'était pas calmée et je ne me sentais pas audacieux au point de sortir avec mon maillot déformé sous ses yeux. Je préférai temporiser.
— Tu es sûr, insista-t-elle ? Tu as l'air de rougir à vue d'œil, tu devrais te mettre à l'ombre au moins le temps de te mettre un peu de crème sur le museau.
— Non, non, ça va aller, t'inquiète. Je préfère rester au frais encore un peu.
— Mmmmh, je vois je vois. Et tu es sûr que c'est pour cette raison que tu ne veux pas sortir ? Merde.
— Oui, pourquoi tu dis ça ? tentai-je d'un ton qui se voulait assuré.
— Monsieur n'a pas un petit problème d'ordre masculin qui l'empêcherait de sortir ?
— Non, non, ça va aller, t'inquiète. Je préfère rester au frais encore un peu.
— Mmmmh, je vois je vois. Et tu es sûr que c'est pour cette raison que tu ne veux pas sortir ? Merde.
— Oui, pourquoi tu dis ça ? tentai-je d'un ton qui se voulait assuré.
— Monsieur n'a pas un petit problème d'ordre masculin qui l'empêcherait de sortir ?
MERDE !
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