Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Des doigts de fée — Chapitre 1 · Emois
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Des doigts de fée
Chapitre 1 · Emois
Comment expliquer cette incroyable envie de mon homme ? Nous sommes sur le canapé et est-ce l'effet des verres de trop bon vin pris au cours du repas ? Je n'en sais rien, mais je me sens... complètement excitée. J'ai un vrai coup de chaud. Et sa main posée sur ma cuisse n'arrange rien. Il discute gentiment avec notre invité qui lui sur le fauteuil ne se rend compte de rien. Enfin, c'est moi qui le dis, finalement, je n'en suis pas certaine. Et sans même que je m'en rende compte, je fais imperceptiblement onduler mon bassin pour sentir un peu plus encore la chaleur de mon mari.
Jean sent-il ou comprend-il ce qui me travaille les sens ? Il fait mine de ne pas savoir ? Et pourtant, sa patte vient de remonter sous l'ourlet de ma jupe, quittant la chair visible de ma cuisse pour folâtrer aux abords de ce qui me couvre le cul. Mince ! Si nous étions seuls, je crois que je ne me retiendrais pas. Ma tête est plaquée contre l'épaule de mon amour qui découvre bien sûr l'étendue de mon supplice. Évidemment qu'il ne peut manquer de découvrir l'humidification insensée du triangle de coton dans lequel il vient de glisser un doigt.
Je cherche son regard, comme pour le supplier d'écourter cette visite amicale de son client. Mais, apparemment, son sourire me ramène à une réalité qui me perturbe. Jean n'a aucune intention de précipiter les choses avec cet Alban avec lequel il papote depuis son arrivée. L'autre s'incruste. Le repas l'a ravi et il a sans doute aussi un peu bu plus que de raison. Il attend vraisemblablement que les effets de l'alcool se dissipent pour regagner son hôtel ! Je suis en période d'ovulation et celle-ci se traduit chez moi par... un excès d'envie de sexe. Comment Jean qui le sait peut-il ne pas s'apercevoir de mon trouble ?
Et je me dis d'un coup que la situation l'amuse ! Il fait exprès, ma parole. Je lui en veux un peu pour cette conduite que je juge limite. De plus, je suis désormais littéralement vautrée sur lui et allongée aux trois quarts sur les deux places libres du sofa. Quant à sa main... elle a lentement, sans bruit, repoussé sur le côté la jambière de ma culotte et elle me chatouille la chatte, ce qui ne fait que renforcer mon désir. Mais d'un coup, les doigts refont surface ; simplement pour permettre à mon homme de pousser son corps vers l'avant.
Je sais ce qu'il fait en le voyant empoigner le col de la carafe de cognac et resservir notre hôte. Zut ! Il fait tout pour me garder sur des charbons ardents ! Et ça marche. Mon verre aussi se voit remplir de nouveau d'une rasade d'un nectar plutôt doux et fort. Il a donc l'intention de m'enivrer pour de bon ?
— Je peux utiliser vos toilettes, Emma ?
— Euh... ah oui ! Oui bien sûr. Au fond du couloir, la dernière porte sur votre droite...
— Merci...
— Euh... ah oui ! Oui bien sûr. Au fond du couloir, la dernière porte sur votre droite...
— Merci...
Le gaillard se relève et file vers le petit coin. C'est le bon moment pour apostropher mon mari. Ma bouche s'approche de son oreille pour que je lui murmure ce qui me parait être la moindre des choses.
— Jean... tu comptes garder ton « ami » toute la nuit ? J'ai... j'ai envie de...
— Oui ! Oui ma chérie. Je ne suis pas idiot... tu as envie de faire l'amour ; j'ai bien senti que ta culotte...
— Alors pourquoi tu nous as resservi de l'alcool ?
— Je me suis dit que ça peut être amusant de faire ça devant un voyeur...
— Ça ne va pas dans ta tête ? Tu deviens cinglé ou quoi ? Jamais de la vie... qu'est-ce qui te prend ?
— Alors tu vas devoir patienter. Parce qu'avec ce que nous avons bu, pas question de laisser Alban reprendre la route. Je suis responsable aussi.
—... ? Mais...
— Et puis, ma chérie, c'est bien agréable de te tripoter alors qu'il est là. Il n'a rien vu... je pense qu'il ne s'est rendu compte de rien et moi... aussi ça m'excite cette situation...
— Tais-toi... chut, je l'entends qui revient.
— À toi de voir...
— C'est tout vu...
— Oui ! Oui ma chérie. Je ne suis pas idiot... tu as envie de faire l'amour ; j'ai bien senti que ta culotte...
— Alors pourquoi tu nous as resservi de l'alcool ?
— Je me suis dit que ça peut être amusant de faire ça devant un voyeur...
— Ça ne va pas dans ta tête ? Tu deviens cinglé ou quoi ? Jamais de la vie... qu'est-ce qui te prend ?
— Alors tu vas devoir patienter. Parce qu'avec ce que nous avons bu, pas question de laisser Alban reprendre la route. Je suis responsable aussi.
—... ? Mais...
— Et puis, ma chérie, c'est bien agréable de te tripoter alors qu'il est là. Il n'a rien vu... je pense qu'il ne s'est rendu compte de rien et moi... aussi ça m'excite cette situation...
— Tais-toi... chut, je l'entends qui revient.
— À toi de voir...
— C'est tout vu...
Notre visiteur retrouve le fauteuil qu'il vient de quitter quelques secondes plus tôt et nous sirotons nos digestifs en silence. Par contre, elle est plus forte que moi cette envie qui me creuse les reins. Et malgré toutes mes tentatives pour résister, je me sens de nouveau attirée contre mon mari, comme par un aimant. Évidemment, sa pogne refait un identique voyage que celui précédemment interrompu. Je me sens presque soulagée de sentir les voyageurs qui réinvestissent la place. Je ferme les paupières et me laisse bercer par la caresse. Les voix des deux mecs qui parlent boulot me bercent un peu.
J'ai bougrement chaud. Je dois me mordre les lèvres pour ne pas laisser échapper quelques soupirs qui feraient genre dans la conversation très select des deux loustics. Et Jean en profite éhontément. Il enfonce, je suppose qu'il s'agit de son majeur, assez profondément dans mon intimité et le laisse planter là, sans plus faire un mouvement. Inutile de dire que je transpire de cette intrusion que je ne refuse pas. Je mouille de plus belle même. Et il me vient l'idée que s'il agite des phalanges là-dedans, ça va faire un drôle de bruit. Ce que je redoute le plus finalement. Zut ! La peur est plus forte que mon désir.
Je dois mettre un terme aux grandes manœuvres de Jean, puisqu'il n'y a pas d'autre choix. Je m'en tire par une pirouette.
— Bien ! Avec ce que nous avons bu, pas question que vous repreniez le volant ce soir. Je vais donc préparer le lit de notre chambre d'ami... Je vous laisse entre hommes.
— Oh ! Ma chérie... tu n'es donc pas bien avec nous ici ?
— Votre conversation de boulot n'est passionnante que pour vous. Et puis... je crois que j'ai trop abusé aussi des bons alcools, alors, je vais faire le lit et me coucher... À tout à l'heure donc, Jean, et bonne nuit à vous, Alban.
— Merci ! C'est vrai que Jean et moi sommes des obsédés du travail... en tout cas encore merci pour le repas. Je ne me sens pas de rentrer à mon hôtel ce soir, surtout avec ce que j'ai bu !
— C'est bien, ma chérie ! Je te rejoins dans un petit moment... Alban et moi avons tant à nous raconter.
— Ne me réveille pas si tu te couches très tard. Bonne nuit à vous deux donc !
— Oh ! Ma chérie... tu n'es donc pas bien avec nous ici ?
— Votre conversation de boulot n'est passionnante que pour vous. Et puis... je crois que j'ai trop abusé aussi des bons alcools, alors, je vais faire le lit et me coucher... À tout à l'heure donc, Jean, et bonne nuit à vous, Alban.
— Merci ! C'est vrai que Jean et moi sommes des obsédés du travail... en tout cas encore merci pour le repas. Je ne me sens pas de rentrer à mon hôtel ce soir, surtout avec ce que j'ai bu !
— C'est bien, ma chérie ! Je te rejoins dans un petit moment... Alban et moi avons tant à nous raconter.
— Ne me réveille pas si tu te couches très tard. Bonne nuit à vous deux donc !
Je lui lance cette phrase en signe de dépit. Pourquoi ne veut-il rien comprendre ? Me voici debout qui file vers la chambre où le lit est vide de draps. Quelques minutes suffisent pour remédier à ce manque et je passe dans la salle de bain attenante à notre propre chambre conjugale. Un brin de toilette, pour effacer les traces de l'abandon momentané de mon corps en proie à une tension violente. Une nuisette sur le dos, frêle rempart d'un corps en surchauffe et je me glisse dans notre couche.
Bien entendu, le sommeil ne vient pas et mes reins me rappellent l'immense déception engendrée par l'absence de mon homme. Quelle idée aussi de ramener du travail à la maison, surtout un soir où je ne suis qu'une flamme et une énorme envie ? Cette idée saugrenue me fait néanmoins sourire, alors que mes menottes coulent vers ce centre de moi qui concentre toutes mes crispations et mes désillusions. Commence là un jeu de mains, jeu de vilaine qui va crescendo. Oui ! Je tente de me donner un petit plaisir solitaire avec en toile de fond le corps de cet homme que j'aime et qui me préfère pour l'instant la présence de notre hôte.
Forcément, mes doigts jouent une partition bien connue et ils cherchent à tirer le meilleur profit de ce violon qui se berce des archets improvisés. Mais c'est insuffisant, comme si ce soir, seule la possession pouvait me soulager. Et de guerre lasse, après moult allées et venues sur la place, après avoir pourtant trituré mon clitoris en douceur, un peu plus fortement également, aucune note aux accents d'orgasme ne veut traverser le ciel de mon lit. C'est donc bien dépitée, que je me colle en chien de fusil, espérant un sommeil qui ne veut pas de moi. Mon ventre ne dit pas merci à Jean.
— xXx —
Quelle heure est-il ? Aucune idée, juste la sensation très nette de ne plus être seule dans la couche. Oui ! C'est bien cela. Jean, dans le noir, assis sur le bord du lit, essaie d'être le plus discret possible. Il se déshabille sans lumière, respectant ainsi mon souhait de n'être pas réveillée. Apparemment, ce n'est pas une mince affaire de se dépouiller de ses fringues. Il a trop bu sans doute. Ses efforts, s'ils sont couronnés d'un succès mitigé le font soupirer. Enfin, au bout de longues minutes à se bagarrer avec son pantalon, il termine allongé à sa place, sans rechercher le contact avec moi qui suis censée dormir.
Après cela, il ne lui faut guère plus de quelques secondes, pour qu'il se mette à ronfler. Un bruit de moteur qui emplit la chambre et finit par m'indisposer pour de bon. Le secouer est une solution. Malheureusement, il maugrée dans son sommeil aviné et quelques minutes plus tard, le vacarme reprend de plus belle. Zut ! La chambre d'ami étant occupée, il ne me reste pour seul repli que le canapé. C'est donc telle une ombre dans la nuit, que je fuis les grognements insupportables de mon mari. Le couloir est là, qui traverse le coin nuit. Je me faufile en prenant toutes les précautions possibles pour gagner le calme du sofa.
En passant devant la porte close de la chambre d'ami, je songe que sans doute Alban aussi est dans un état d'ivresse avancé. Pff ! Ça devait finir comme ça. En quelques enjambées supplémentaires, je parviens dans l'obscurité à gagner mon havre de paix et l'oreiller à la main, je me love enfin sur le long siège qui va pour cette fin de nuit faire office de plumard. Je suis en rogne contre ce mari qui ne sait jamais s'arrêter. Excessif dans tout, surtout lorsqu'il picole trop. Je n'ai cependant pas entendu son acolyte ronfler dans la chambre qu'il occupe. Alors j'étends sur moi le plaid qui recouvre les coussins du sofa.
M'être levée, déplacée m'a coupé mon endormissement et je suis là à rêvasser de nouveau sur... ce qui ne doit plus être en état de fonctionner correctement chez mon mari. Ce qui me rend encore plus amère sans doute. Eh merde ! Le désespoir ne chasse nullement l'envie revenue. Je n'ai que mes pattes pour me soulager. Je regrette presque de n'avoir pas voulu qu'il me fasse jouir devant son pote. Après tout... l'autre là aurait sûrement survécu à mon orgasme et moi... je me sentirais nettement mieux. Voilà, la balade de mes doigts en branle sur mon sexe. Non seulement le désir et toujours aussi conséquent, mais ma hargne de jouir est-elle également plus présente.
C'est Jean qui est bourré et moi qui en pâtis finalement. Je lui en veux pour de bon. Inutile de dire que les massages que je me distille me font saliver. J'ai bon espoir cette fois d'assouvir ma faim. Lentement, avec des gestes plus ou moins tendres, langoureux, je reviens à de multiples reprises sur l'ourlet de mes grandes lèvres entrouvertes. Et puis mon majeur se fixe sur le bouton, imprimant de légers cercles concentriques sur l'épine surgonflée. De temps à autre, j'humecte même le bout de mon doigt pour tenter de faire monter un son à ma bouche. Un souffle dans ma poitrine qui se soulève au rythme des sursauts que mon corps encaisse.
Rien n'y fait ! La musique n'est pas au rendez-vous. Pas possible de jouir dans de telles conditions. Oh Jean ! Pourquoi me fais-tu faux bond ? Pourquoi avoir trop bu ce soir ? Je rejette de rage la couverture légère qui me couvre. C'est au moment où je veux me redresser que la chaleur me surprend. Je suis d'un coup anxieuse. Quelque chose dans la nuit vient de me frôler. Une onde incroyable qui fait se propager en moi une certaine électricité. Jean ? Alban ? Lequel des deux s'est relevé pour venir là, au salon ? Ça ne peut être que mon homme...
— Jean ? C'est toi ?
Pas de réponse, mais je tâte ce qui me touche le genou. Une main... oui ! Jean. Mon immonde besoin de sexe me fait délirer ?
— C'est toi, Jean ?
—...
—...
Le silence, juste entrecoupé par une respiration différente de la mienne. Bon ! Avec ce qu'il a bu, il n'a pas envie d'ouvrir la bouche ? Je ne cherche plus à définir le pourquoi de son mutisme. Après tout, je m'en fiche, j'ai seulement besoin de lui, de faire l'amour, de le sentir en moi.
— Oh ! Jean, je ne veux pas que tu me tripotes trop longtemps. J'ai seulement besoin que tu me prennes, que tu me fasses l'amour... Tu veux bien, dis ? Tu veux ?
Deux mains ouvrent mes genoux. Assise sur le canapé, je colle contre le dossier le haut de mon corps. Ce qui a pour effet d'avancer mes fesses sur le bord de l'assise. Et une des pattes quitte mon articulation pour se poser sur ma chatte. Un long frémissement suite à cette arrivée douce, mais ce n'est pas ce que je veux.
— Non ! Non, Jean ! Pas de caresses, pas de préliminaires. Prends-moi, oui baise-moi fort, là tout de suite.
Un son sur lequel je ne parviens pas à mettre un nom. Ça y est... le sexe de mon homme se frotte sur ma fente. Une lente reptation qui longe sur toute la longueur de ma chatte mouillée. C'est meilleur que mes doigts. J'avance le bassin, comme pour lui faire comprendre que l'attente m'est insupportable. Alors... d'un coup de reins sec, le sexe me pénètre. Ma respiration se trouve soudain littéralement coupée par cette intromission aussi violente qu'espérée. Je ne peux retenir une sorte de gloussement. Enfin, les mouvements de va-et-vient du piston qui me lime me rendent folle. Je suis sur un nuage.
Une déchirure aussi dans mon esprit. Contre mon ventre vient buter le tissu de ce qui couvre mon mari ! Le tissu ? Mais pourquoi, après tant de gesticulations pour se désaper et se coucher s'est-il rhabillé pour revenir au salon où il savait me retrouver ? Merde... mon esprit déraille ? Jean a remis son froc pour se balader chez nous ? Il y a un truc qui me dépasse, je l'avoue. Mais il y a aussi cette queue qui me fait grimper aux rideaux, je divague ou quoi ? Et si... non, je ne veux pas vraiment y croire. Pas y songer. C'est bon, trop sûrement. Et savourer le moment présent en m'interdisant de gamberger, n'est-ce pas ce que j'ai de mieux à faire ?
Je ferme les yeux, et me laisse bercer par cette cadence soutenue qui m'électrocute le ventre. Je sais, sens que la fin de cet acte est proche. Les ahanements de mon mari qui soupire et se crispe signent la montée de cet orgasme que mon corps appelle de tous ses vœux. Cette fois, je jouis en roulant des hanches, pleine de cette bite qui me taraude encore un peu. Plus lentement, moins fringante puisqu'elle aussi a offert à mon homme une jouissance désirée. Je suis bien, me refuse à laisser partir la petite chose qui mollit en moi. Mais... pas moyen de garder captive la bête qui a poussé son cri en larmes chaudes.
— xXx—
Le silence fait suite à ce déferlement de sensations très spéciales. Je reste combien de temps prostrée sur le divan ? Difficile à mesurer évidemment. C'est le frais de la nuit qui me fait frissonner. Bon de toute évidence, je suis de nouveau solitaire et puisqu'il est venu à moi, assez en forme pour que nous baisions, je peux aller le retrouver. La traversée du couloir en sens inverse est facilitée par un filet de lumière qui émane de la chambre d'ami. Mince ! Nous avons donc fait tant de boucan que nous en avons réveillé Alban ? Pas cool ça ! Et je parviens à mon lit sans difficulté. Jean ronfle encore !
Encore ? Mais comment est-ce possible ça ? Je plonge sous le drap. Il est toujours aussi nu et grogne en se retournant sur l'autre bord du pieu. Je ne pige pas du tout. Comment a-t-il pu se défringuer aussi rapidement ? Je suis restée si longtemps dans les vapes pour qu'il reprenne sa nuit comme si de rien n'était ? Un doute affreux me serre les tripes. Non ! Ce que j'imagine-là ne peut pas être possible. Pas ça, non mon Dieu, pas ça. Je me refuse à l'envisager. Je secoue donc mon dormeur...
— Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qu'il y a ? Tu es folle ? Pourquoi me réveilles-tu ? J'ai soif ! Bon sang que j'ai soif.
— Jean... vous avez picolé tous les deux ?
— Ben... sûrement. Pourquoi me secoues-tu ?
— Tu... tu ronfles depuis un bout de temps. Et puis...
— Ouais ? Je n'ai pas été à la hauteur hier soir, hein ? Tu voulais et moi... je n'ai pas su te comprendre...
— J'ai besoin de toi, de te sentir en moi. Tu veux bien me faire l'amour ?
— Hein ? Mais... il est quelle heure ? Je... j'ai une putain de soif !
— Le bon vin rappelle l'eau, non ? On fait l'amour ou non ? Sinon, je vais voir ton pote...
— Oh... il ne doit pas être plus frais que moi. Il n'a pas réussi à se lever pour aller au lit. Je l'ai abandonné dans son fauteuil au salon. Alors...
— Tu n'as pas envie de moi, là ?
— J'ai surtout soif... mon cœur. Je vais chercher une bouteille de flotte et on voit ensuite ?
— Ouais...
— Tu étais sérieuse pour Alban ? Tu le voudrais avec nous ? Je peux aller le réveiller si ça te chante.
— Va boire de l'eau puisque celle-là rappelle le bon vin... et laisse-moi dormir si tu ne veux pas de moi !
— Mais...
— File, je te dis !
— Jean... vous avez picolé tous les deux ?
— Ben... sûrement. Pourquoi me secoues-tu ?
— Tu... tu ronfles depuis un bout de temps. Et puis...
— Ouais ? Je n'ai pas été à la hauteur hier soir, hein ? Tu voulais et moi... je n'ai pas su te comprendre...
— J'ai besoin de toi, de te sentir en moi. Tu veux bien me faire l'amour ?
— Hein ? Mais... il est quelle heure ? Je... j'ai une putain de soif !
— Le bon vin rappelle l'eau, non ? On fait l'amour ou non ? Sinon, je vais voir ton pote...
— Oh... il ne doit pas être plus frais que moi. Il n'a pas réussi à se lever pour aller au lit. Je l'ai abandonné dans son fauteuil au salon. Alors...
— Tu n'as pas envie de moi, là ?
— J'ai surtout soif... mon cœur. Je vais chercher une bouteille de flotte et on voit ensuite ?
— Ouais...
— Tu étais sérieuse pour Alban ? Tu le voudrais avec nous ? Je peux aller le réveiller si ça te chante.
— Va boire de l'eau puisque celle-là rappelle le bon vin... et laisse-moi dormir si tu ne veux pas de moi !
— Mais...
— File, je te dis !
Je suis totalement déboussolée. Mince alors... le pire est arrivé. Comment ne m'en suis-je pas rendu compte ? Je me suis laissée faire par le client de Jean, comment tout ceci va finir ? Difficile de réagir sainement à ce qui se passe. Lui, mon mari, comment va-t-il apprécier la chose ? Je suis complètement à la ramasse du coup. Je me tourne et retourne dans le lit. Pas possible de comprendre comment j'ai pu faire une chose pareille. Mon envie m'a aveuglée au point de ne plus être capable de faire la différence entre l'étranger et mon homme ? Mince ! Et si au fond de moi... je le savais ?
Un prétexte que de me dire que je ne m'en suis pas rendue compte ? Dire que j'ai eu un doute légitime, que j'ai pourtant dépassé celui-ci en laissant faire... sans vérifier. Et le coup des fringues, bien sûr que je saisis bien de quoi il retourne. J'aurais dû, j'aurais pu... et puis zut. Je suis trop conne. Je me suis encore fourrée dans un guêpier sans nom. Comment me sortir de toute cette mélasse ? Sans y laisser des plumes, je veux dire ! Tout ceci me chamboule et m'affole. Jamais mon homme ne va vouloir croire que je me suis trompée... et que finalement c'est lui qui l'est.
Il reste aussi les traces de ce qui s'est déroulé sur le canapé alors que je pensais qu'il me faisait l'amour. Mince alors ! Et si... je tombais enceinte de son client ? La trouille s'empare de mon esprit. Comment ai-je pu à ce point être si conne ? Et si après avoir bu sa flotte, il lui reprend l'idée de me lécher ? Ne va-t-il pas sentir le sperme de cet Alban qui a bien profité de la situation ? Une vague de désespoir qui me submerge, avec toutes ces pensées incohérentes qui se bousculent au portillon. Je ferme les yeux, toujours dans ma position « en chien de fusil », visage tourné vers le mur.
Jean finit par revenir au lit et ce que je crains le plus se met en place. Il se colle à mes fesses, avec l'intention visiblement de... d'assouvir autre chose que sa soif, cette fois.
— Tu dors, ma chérie ?
—...
—...
Tu parles que je ne vais pas répondre, peut-être qu'il va me laisser tranquille. Mais pas du tout. Il se frotte le sexe contre mon derrière et il parvient à m'exciter de nouveau. Malgré ma peur ; lentement, le besoin d'être prise refait surface. Et dans ma caboche... germe l'idée que finalement s'il me baise là, maintenant, j'ai une chance sur deux qu'il ne s'aperçoive de rien. Donc, je le laisse faire, accentuant imperceptiblement les oscillations de mes hanches que Jean cramponne. Et c'est de cette manière que je fais l'amour pour la seconde fois en moins d'une heure, avec deux mâles différents. Lui accélère la cadence une fois qu'il m'a pénétrée.
Et au bout de quelques minutes, je fais fi de mes doutes, oubliant que l'autre dort tout près, dans la chambre d'appoint. Mes gémissements se font plus stridents, et les ahanements de mon mari qui me lime font écho aux soupirs qui fusent de ma gorge. Il se délivre soudain en moi avec un long feulement. Le fauve libère sa semence dans un cri. La coupe est pleine, elle déborde de sa liqueur, mais son éjaculation me rassure pour de bon. Un bon mélange au fond de mon ventre, pour faire bonne mesure. Et j'apprécie d'autant plus les caresses post-coït de mon gentil amoureux comblé.
Dans la nuit qui nous entoure, sa voix douce glisse dans mes oreilles entraînant dans son sillage un pincement au cœur.
— Tu étais bien mouillée. J'ai adoré mon cœur... Si tu n'as pas eu envie de faire l'amour... c'est vraiment que je n'y connais plus rien.
—...
—...
Qu'il se berce de ses illusions puisqu'il n'a rien remarqué, sauf cette humidité latente, pas forcément due à mon désir ! Mais Jean n'en sait rien et n'a nul besoin d'être avisé de ma mésaventure du salon. Ce qui me chagrine encore un peu, c'est la bouille de notre hôte demain au lever. Pourvu qu'il se taise, qu'il n'ait pas la mauvaise idée de faire une quelconque allusion à... ma faute. Finalement, j'ai le cœur moins léger qu'il n'y parait pour m'enfoncer dans un sommeil peuplé de grosses queues et de glands roses inconnus. En plus un poids terrible de me demander si... dans quelques mois, le fruit de ces accouplements ne va pas avoir un visage... de quoi frémir, non ?
— xXx —
Il pleut et le vent qui projette la flotte contre les volets me fait rouvrir les yeux. Immédiatement, les images de ce qui est arrivé dans la nuit ressurgissent dans mon crâne. Et avec elles, un goût amer au fond de la gorge. La chambre est plongée dans une pénombre relative alors que j'émerge du lit pour gagner la cuisine. En passant devant la chambre d'ami, je me demande ce que peut penser son occupant. Mais sans doute dort-il du sommeil du bienheureux. J'ai honte de ce qui s'est effectivement passé. Mon visage doit s'empourprer lorsque je m'éloigne des deux dormeurs séparés seulement par une mince cloison.
Une agréable odeur de café et de pain grillé flotte dans la pièce. C'est là qu'une silhouette à la tête basse apparaît dans l'encadrement de la porte. Alban est là. Les tifs en bataille, les frusques fripées, son regard n'ose pas affronter le mien ? Ne serait-ce pas l'inverse ? J'attaque donc la première.
— Bonjour ! Vous avez bien dormi ?
— Bonjour ! Euh... oui... oui, le lit est bon et vous savez avec ce que j'avais bu...
— Oui ? Au sujet de ce que vous savez... peut-être qu'il serait bon que tout reste entre vous et moi. C'était une grossière erreur, je n'en suis pas fière !
— Oh... vous parlez de quoi, là ? De vos petits cris dans la nuit ? Ou des soupirs de Jean ? C'est bien naturel entre personnes mariées d'avoir ce genre de contacts... physiques.
— Et avant ceux-ci ?
— Avant ? Je ne vois pas de quoi vous parlez ! Que vous est-il arrivé avant ? Je ne comprends pas.
— Bonjour ! Euh... oui... oui, le lit est bon et vous savez avec ce que j'avais bu...
— Oui ? Au sujet de ce que vous savez... peut-être qu'il serait bon que tout reste entre vous et moi. C'était une grossière erreur, je n'en suis pas fière !
— Oh... vous parlez de quoi, là ? De vos petits cris dans la nuit ? Ou des soupirs de Jean ? C'est bien naturel entre personnes mariées d'avoir ce genre de contacts... physiques.
— Et avant ceux-ci ?
— Avant ? Je ne vois pas de quoi vous parlez ! Que vous est-il arrivé avant ? Je ne comprends pas.
Il me dit ces mots avec un accent de sincérité qui défie l'entendement. Je ne vois pas quoi rajouter. Il est à la hauteur de mes attentes et saura tenir sa langue. Je laisse tomber d'une voix doucereuse, le seul vocable qui me vient à l'esprit.
— Merci...
Lui a un sourire qui me perturbe vraiment. Nous en restons là de notre mise au point et il est grand temps de nous taire parce que les pas de Jean se font entendre dans le corridor. Il a également une mine déconfite. Une gueule d'après boisson en fait. Et les deux garçons se serrent la patte après qu'un bisou sonore soit venu plaquer les lèvres de mon homme sur ma joue.
— Salut Alban ! Je crois qu'on a un peu forcé sur le cognac hier soir. J'ai les cheveux qui poussent à l'envers. Pas toi ?
— Ben... ça va ! Pas trop de dégâts sous mes cheveux. Par contre, je n'ai pas de changes et c'est plus ennuyeux...
— On prend le petit-déjeuner que nous a préparé ma petite femme ! Après tu auras tout loisir de rentrer à ton hôtel pour te rendre présentable.
— Oui... bien sûr. De plus, ça sent rudement bon, ce que vous nous avez concocté, Madame...
— Tu es bien cérémonieux ! Tu peux lui dire « tu » et l'appeler par son prénom ! Nous sommes entre amis, non ?
—...
— Ben... ça va ! Pas trop de dégâts sous mes cheveux. Par contre, je n'ai pas de changes et c'est plus ennuyeux...
— On prend le petit-déjeuner que nous a préparé ma petite femme ! Après tu auras tout loisir de rentrer à ton hôtel pour te rendre présentable.
— Oui... bien sûr. De plus, ça sent rudement bon, ce que vous nous avez concocté, Madame...
— Tu es bien cérémonieux ! Tu peux lui dire « tu » et l'appeler par son prénom ! Nous sommes entre amis, non ?
—...
Alban de nouveau baisse le nez. Mais mon mari lui n'a pas vraiment mis d'ironie dans ces phrases à double sens. Je me demande ce qu'il pense vraiment. En tout cas, il n'a pas l'air d'être gêné ou mal à l'aise. Par contre, moi je suis dans mes petits souliers. Mentalement, j'adresse mes prières muettes au Bon Dieu pour que notre invité ne fasse pas un faux pas. Le petit-déjeuner tendu pour moi, l'est beaucoup moins pour eux deux en fait. Ils sont copains comme cochons ce matin. Et lorsque vers dix heures du matin le client de Jean quitte notre maison, je me sens libérée d'une certaine tension.
La bise dont me gratifie l'homme rapproche peut-être un soupçon trop près de ma bouche ses lèvres. Mais je n'y vois aucune malice. Quant à Jean, il déborde d'enthousiasme pour ce gaillard avec qui il parait s'entendre à merveille. De plus après quelques minutes où je le trouve bien songeur, mon mari revient dans la cuisine où je m'affaire à des tâches domestiques.
— Alors ? Qu'est-ce que tu en penses de ce client, Emma ?
— Je devrais en penser quelque chose, vraiment ?
— Ben, je ne sais pas, tu as bien une vague idée, non ? Il te semble fiable ou pas ? Je compte un peu sur les chantiers qu'il peut m'apporter pour pérenniser ma boîte. Il n'est pas trop mal, assez sympa aussi.
—... ? Quel message veux-tu me faire passer là, Jean ? Je ne pige pas ce que tu me demandes.
— Juste ton avis sur le bonhomme. Rien d'autre !
— Ouais ? C'est pour mon avis aussi que tu voulais me tripoter devant lui ? Tu n'as pas tenté de te servir de moi pour... faire décoller tes affaires ? Je me trompe ?
— Ça va ! J'avais un peu picolé et puis... franchement, tu m'as paru bien mouillée au lit pour être si innocente.
— Quoi ? Qu'est-ce que tu vas chercher encore ?
— Mais enfin, Emma, je ne te demande qu'un avis consultatif sur ce client ! Pas autre chose !
— Dans ta tête « autre chose », ça sous-entend quoi au juste ?
— Mais rien du tout, bon sang ! Tu es énervée ce matin ou quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Pff ! Tu es imbuvable ! Pourquoi ?
— J'en sais rien ! Peut-être parce que j'ai eu la vague impression que tu aurais aimé que je me laisse faire devant ce type. Tu imagines ce que ça peut avoir d'humiliant ?
— Attends... je n'ai rien fait de tel. Tu as l'esprit tordu pour imaginer de pareilles idioties de ma part. Je t'aime et cette boîte... c'est ma vie aussi ! Grâce à elle, on vit pas trop mal ! Mais je ne vais pas sacrifier notre amour pour la sauver ! Et de plus, elle n'est pas en réel danger, de toute façon !
— D'accord ! Alors, nous allons arrêter de nous prendre la tête pour des peccadilles ! Après tout, tu as sans doute raison, je vois tout en noir certain jour.
— Ça me convient ! Je file au bureau récupérer des plans pour cet après-midi. Je rentre pour le déjeuner, d'accord ?
— Oui... Léger alors, le repas après ce que nous avons mangé et bu hier...
— Je devrais en penser quelque chose, vraiment ?
— Ben, je ne sais pas, tu as bien une vague idée, non ? Il te semble fiable ou pas ? Je compte un peu sur les chantiers qu'il peut m'apporter pour pérenniser ma boîte. Il n'est pas trop mal, assez sympa aussi.
—... ? Quel message veux-tu me faire passer là, Jean ? Je ne pige pas ce que tu me demandes.
— Juste ton avis sur le bonhomme. Rien d'autre !
— Ouais ? C'est pour mon avis aussi que tu voulais me tripoter devant lui ? Tu n'as pas tenté de te servir de moi pour... faire décoller tes affaires ? Je me trompe ?
— Ça va ! J'avais un peu picolé et puis... franchement, tu m'as paru bien mouillée au lit pour être si innocente.
— Quoi ? Qu'est-ce que tu vas chercher encore ?
— Mais enfin, Emma, je ne te demande qu'un avis consultatif sur ce client ! Pas autre chose !
— Dans ta tête « autre chose », ça sous-entend quoi au juste ?
— Mais rien du tout, bon sang ! Tu es énervée ce matin ou quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Pff ! Tu es imbuvable ! Pourquoi ?
— J'en sais rien ! Peut-être parce que j'ai eu la vague impression que tu aurais aimé que je me laisse faire devant ce type. Tu imagines ce que ça peut avoir d'humiliant ?
— Attends... je n'ai rien fait de tel. Tu as l'esprit tordu pour imaginer de pareilles idioties de ma part. Je t'aime et cette boîte... c'est ma vie aussi ! Grâce à elle, on vit pas trop mal ! Mais je ne vais pas sacrifier notre amour pour la sauver ! Et de plus, elle n'est pas en réel danger, de toute façon !
— D'accord ! Alors, nous allons arrêter de nous prendre la tête pour des peccadilles ! Après tout, tu as sans doute raison, je vois tout en noir certain jour.
— Ça me convient ! Je file au bureau récupérer des plans pour cet après-midi. Je rentre pour le déjeuner, d'accord ?
— Oui... Léger alors, le repas après ce que nous avons mangé et bu hier...
Et Jean lui aussi s'éloigne. Là encore, j'ai droit à un baiser. Mais il est plus fougueux, moins fraternel aussi. Et c'est moi qui m'accroche à son cou pour que cette pelle soit plus profonde, plus... tendre, voire amoureuse. Comme si j'avais quelque part mauvaise conscience. Et la patte de mon homme qui lisse ma jupe, pressant un peu trop sur mes fesses avec son air de ne pas y toucher, ça m'enflamme les sens. Il ne perd rien pour attendre ! Il a, qui sait, lui également une pensée en phase avec la mienne. Ses quinquets brillent de mille feux alors qu'il se tourne pour un signe de la main avant de grimper dans sa voiture.
— xXx —
Un certain malaise me poursuit tout au long de cette matinée durant laquelle, je remets de l'ordre. Vaisselle, retirer les draps du lit de la chambre d'appoint, et préparer une salade pour le déjeuner. L'idée obsédante que je ne suis pas capable de savoir avec qui j'ai fait l'amour dans le salon vient obstinément buter contre mon front. Un faux problème bien entendu, parce que fatalement j'en connais la réponse, mais il est si commode de ne pas vouloir le croire. Le retour de mon petit mari est annoncé par le bruit des roues sur le gravier de la cour. Je le regarde qui quitte son véhicule.
À trente-cinq ans, il a fière allure. Noir de cheveux, harmonieusement bâti, il avance souplement vers la porte sous mon regard attentif. Puis l'air frais pénètre dans l'entrée alors que l'amour de ma vie s'annonce en me hélant d'un petit nom charmant.
— Minon... je suis là !
Je fais donc un pas vers lui.
— S'il te plaît... Jean ne crie pas si fort. J'ai entendu la voiture arriver.
— Oh ! Ma chérie... ça va ?
— Oui... je te préviens, à midi, c'est régime... juste salade verte et jambon.
— Parfait... J'ai eu Alban au téléphone. Il est enthousiasmé par notre soirée et je crois que c'est dans la poche... pour le contrat... tu imagines... deux, voire trois ans sans se poser de questions pour le boulot ?
— Tant mieux pour toi mon amour.
—... ?
— Oh ! Ma chérie... ça va ?
— Oui... je te préviens, à midi, c'est régime... juste salade verte et jambon.
— Parfait... J'ai eu Alban au téléphone. Il est enthousiasmé par notre soirée et je crois que c'est dans la poche... pour le contrat... tu imagines... deux, voire trois ans sans se poser de questions pour le boulot ?
— Tant mieux pour toi mon amour.
—... ?
Le ton employé vient de faire tiquer mon mari. Comme si je venais de dire une énormité, il s'arrête pour me dévisager des pieds à la tête. Par contre, il s'abstient de tous commentaires. J'ai encore gaffé ? Décidément, une série d'imbécilités difficilement rattrapables ! Il va finir par se poser des questions, si ce n'est pas déjà le cas.
— Bon ! Je vais me laver les mains et on passe à table... une salade et du jambon... j'apprécie ! Nous avons trop picolé hier soir aussi. Un peu de retenues ne peut pas faire de mal. Je t'aime Emma !
— Je sais... et c'est réciproque, me semble-t-il !
— Je sais... et c'est réciproque, me semble-t-il !
Je baisse le nez et file vers ma cuisine, mais lui ne l'entend pas de cette oreille. Sa main accroche mon poignet, juste au moment où je franchis le seuil de la porte séparant le hall d'entrée de mes fourneaux.
— Hep là ! Viens voir un peu par ici, ma belle ! Tu n'as rien oublié par hasard ?
— Oublié ? Je ne...
— Oublié ? Je ne...
Pas le temps d'en dire plus. La bouche gourmande de mon Jean vient se poser sur mes lèvres et pas pour un bisou sans prétention. Non ! Il veut et se sert, une pelle des grands jours. Il est évident que ça me flatte et que j'ai plaisir à lui rendre la monnaie de sa pièce. Et le fripon en profite. Ses mains partent à l'aventure. Oh ! Bien entendu qu'il sait que les chemins les plus courts sont les meilleurs. Et ses doigts agiles qui retroussent mes cotillons ne sont pas le moins du monde hésitants. Leur trajectoire directe les amène aux abords de ma culotte. Bien inutile rempart à un assaut en règle. En quelques mouvements, je suis conquise.
Le repas ne risque pas de cramer, alors... pourquoi se priver de ce qui donne du sel à notre existence ? C'est lui assis sur une chaise de cuisine et moi à califourchon que nous faisons l'amour, comme ça, à l'arrache. Et je n'ai pas d'autre mot... j'adore. C'est fort, sans brutalité et surtout librement consenti. De quoi éliminer cette mauvaise idée que je garde de la soirée de la veille. Soupirs entrecoupés de gémissements, je me donne à fond pour un plaisir partagé. Dans ces instants-là, je ne suis plus moi-même, et sous la force de l'orgasme qui m'envahit, je psalmodie des mots sans suite.
Jean aussi me murmure de petites phrases que j'entends à demi, ponctuées de « mon amour », ou de « salope ». Mots crus qui sonnent bien à mes oreilles et qui donnent un regain de sensibilité à nos étreintes. Bien sûr, ils ont un autre sens que s'ils m'étaient jetés à la figure dans un autre contexte. Là, en guise d'apéritif, ces « gentillesses » évocatrices de nos agapes s'accompagnent également de quelques petites gifles sur mon derrière. J'apprécie juste dans ces moments chauds, le bonheur que j'ai d'être avec mon Jean.
Si je jouis, mon homme ne se prive pas non plus pour se libérer en moi, sans complexes. Le jet de sa semence qui gicle dans mon vagin me tétanise un peu plus encore et renforce le sentiment de bien-être engendré par notre partie de cul, histoire de nous ouvrir l'appétit. Nous déjeunons ensuite, avec les sens apaisés, nos respirations revenues à la normale. Reste cependant dans un coin de mon crâne, une petite lumière clignotante, un signal d'alarme pour me rappeler que j'ai sûrement fait une connerie avec son nouveau partenaire de boulot : Alban ! Zut alors ! Cette pensée va finir par gâcher mon bonheur.
Une fin de journée sans histoire qui voit Jean bosser dans son bureau à la maison et moi passer un bon moment sur le canapé. C'est exactement à cet endroit que mon loulou me rejoint vers dix-huit heures pour me signifier que viennent de s'achever ses heures de travail. Finalement un peu de repos pour lui également et j'en profite pour me coller contre son flanc. Si je n'ai aucune intention douteuse sur le moment, Jean ne semble pas penser de la même façon. Et ses mains qui me caressent la joue dévient très vite vers ma poitrine emmitouflée dans un pull de laine « ras du cou ». Cette tendresse n'est pas pour me déplaire.
Donc, il ne me faut que quelques minutes pour m'étendre de tout mon long, nuque posée sur ses cuisses, quinquets fermés, pendant qu'il masse doucement mes deux seins qui me font monter en température. Un petit plaisir sans gravité, histoire d'entretenir une flamme qui nous anime tous les deux. Insensiblement, le bas de mon vêtement est légèrement remonté pour qu'une patte se love sur la peau, cherchant le contact avec les balconnets soyeux dans lesquels se nichent mes deux œufs. Je dois avouer que côté poitrine, ce n'est pas Byzance. Mais mon mari les aime, n'est-ce pas là le principal ?
Évidemment qu'il ne compte pas en rester là. Et ses câlins se font plus précis, plus en phase avec ses propres espérances du moment. Sous ma nuque qui repose toujours en travers de son bas-ventre, quelque chose vient de se réveiller. Ou augmenter suffisamment de volume pour que je sache de quoi il a envie. Je me garde bien de dire ou faire quoi que ce soit pour le dissuader d'aller plus loin. Après tout, de mon côté, la pression aussi se fait plus pesante et l'éveil de mes sens va crescendo, au rythme des manigances de ses paluches chaudes.
À suivre...
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Commentaires ()
Bref c’est un vrai plaisir à lire.
Merci