Vendredi 21 juin 2019, Lyon.
Les joues rougies par l'ivresse de notre long apéro, je passais une excellente soirée en compagnie d'Hugo. La période de froid qui s'était précédemment installée entre nous n'était plus qu'un mauvais souvenir et j'étais heureuse d'avoir retrouvé mon fidèle ami et amant.
Depuis la fin de notre brouille, Hugo et moi passions l'essentiel de notre temps libre ensemble, prenant plaisir à nous retrouver quasiment tous les soirs et une bonne partie de nos week-ends. Comme deux ados profitant de la vie avec insouciance, nous enchaînions les sorties… restaurants, bars, cinéma… mais également les soirées plus « cocooning », que ce soit chez lui ou chez moi.
Si officiellement nous n'étions toujours que de simples « sex-friends », puisque ni lui ni moi n'avions abordé le sujet et clarifié la nature de notre relation, dès la reprise de nos moments à deux, je m'étais faite bien plus disponible que précédemment. Une manière pour moi de lui montrer mon grand attachement, sans pour autant oser lui faire part de mes sentiments avec des mots…
Malgré le grand bonheur qui était le mien lorsque nous étions ensemble, l'idée de m'engager pleinement dans une relation sérieuse était toujours synonyme d'angoisses. La peur de ne pas être à la hauteur des attentes d'Hugo... tout comme celle de finir par le décevoir un jour ou l'autre... était toujours présente, même si j'avais décidé de la mettre de côté pour aller de l'avant.
J'avais besoin de temps pour surmonter mes tourments et mes doutes intérieurs, mais d'ici là, j'avais simplement envie de profiter de l'instant présent et de me laisser porter par les délicieux moments que nous passions ensemble…
— Ton hachis parmentier était vraiment super bon ! Allez… avoue… tu l'as acheté chez un traiteur ? lançai-je, en fin de repas et avec un petit sourire moqueur au coin des lèvres.
— T'es folle ! C'est moi qui ai cuisiné ! s'offusqua Hugo en m'adressant un regard mi-amusé, mi-outré.
— Bah alors, tu vois… tu fais croire que tu ne sais pas cuisiner, mais en réalité t'es un vrai chef ! le complimentai-je de bon cœur.
— Eh oui… Depuis le temps que je te le dis : Je ne suis pas qu'un physique ! me répondit-il avec humour.
Content de sa petite blague « pleine de prétention », Hugo marqua une courte pause et m'adressa un large sourire en m'observant rire de sa bêtise…
— Comment tu te la racontes ! Beau gosse et bon en cuisine… c'est con que tu ne sois pas très doué au lit… tu aurais presque pu être un homme parfait ! lui rétorquai-je… tout en provocation.
— Oh la pétasse ! Je me demande bien pourquoi je t'ai invité à dîner… s'exclama-t-il en m'adressant un regard noir.
— Parce que tu sais que c'est pas vrai....... Et pour ta gouverne, je préfère poufiasse… je trouve que ça sonne mieux… lui répondis-je en le dévorant des yeux.
Derrière son apparente réserve, du moins en public, mon ami et amant savait se faire drôle dans l'intimité, une fois pleinement en confiance. Que ce soit en faisant preuve d'autodérision ou bien en se moquant carrément de moi, Hugo aimait plaisanter. Un point commun qui nous permettait d'être sur la même longueur d'onde et d'échanger des « saloperies »... dont nous ne pensions pas un mot... sans avoir peur de vexer l'autre. C'était l'une des grandes qualités d'Hugo… une parmi bien d'autres.
Dans l'absolu, j'étais le feu… moi, la femme impulsive et fonceuse… tandis qu'Hugo était l'eau… lui, l'homme calme et posé... mais notre goût pour le rire et les tendres moqueries était le même. Non seulement c'était un élément important de notre complicité, mais c'était aussi une manière de rendre les choses plus simples, plus faciles dans nos échanges…
Avec Hugo, tout était fluide, sans prise de tête. Cet homme, bien plus équilibré que moi, m'apaisait par sa seule présence, tout en me permettant d'être moi-même, sans gêne, ni pudeur. Et puis, au delà de sa personnalité et de son physique de « beau gosse qui s'ignore », le contraste entre son sérieux apparent et sa douce ironie le rendait encore plus sexy à mes yeux !
Si j'avais toujours trouvé particulièrement réducteur… voire ridicule… le célèbre dicton « Femme qui rit… à moitié dans ton lit », je devais bien admettre que j'avais toujours été particulièrement réceptive avec les hommes capables de me faire rire et de rire d'eux-mêmes. Certes, ce trait de caractère n'était pas le plus important, mais c'était clairement « un plus » qui agissait comme un amplificateur de désirs sur moi…
Et dans le cas présent, du désir, j'en avais à revendre… tant mes envies de luxure avec Hugo ne cessaient de croitre au cours de notre soirée. Pourtant, je faisais tout pour les tempérer et ne pas « gâcher » le moment romantique que mon hôte avait décidé de nous offrir, avec un bon repas réalisé par ses soins…
— En vrai, j'arrive à faire des trucs simples, c'est juste que par facilité… quand je suis tout seul… je ne vais pas me faire chier à passer 1h à cuisiner. Mais je suis super content que ça te plaise... même s'il faudra que je pense à féliciter le traiteur... reprit-il avec une pointe de fierté dans la voix.
Au-delà de notre petit échange complice, chose aussi rare que remarquable, Hugo avait pris le temps de cuisiner. Une véritable surprise, puisqu'il était probablement le plus gros consommateur de Uber Eat de toute la ville de Lyon, tant il détestait faire à manger, du moins en temps normal.
Une agréable initiative, mais surtout une marque d'attention qui m'était destinée... et qui ne m'avait pas échappée une seule seconde…
— Pour le dessert, par contre, j'ai fait simple : salade de fruits frais. Après, si tu préfères, j'ai aussi des glaces au congel… m'informa-t-il.
Alors que j'étais de plus en plus impatiente de quitter la table pour profiter d'un délicieux moment d'intimité entre ses mains, je me retins de partager avec lui la réponse qui traversa mon esprit…
— Ce n'est pas une glace que j'ai très envie de sucer… pensai-je intérieurement, en lui adressant un large sourire, la tête pleine d'idées obscènes.
Même si je m'étais résignée à faire preuve de retenue, j'avais le plus grand mal à ne pas multiplier les regards et les sourires charmeurs à son attention. Depuis la fin de mes errements et la reprise de notre relation, Hugo occupait toutes mes pensées, de mon réveil à mon coucher...
Des envies de tendresse et de douceur, à ses côtés... mais pas seulement...
Portée par la joie de ne pas avoir perdu l'homme dont j'étais clairement amoureuse, malgré la persistance de mes peurs intérieures, mes envies de contacts charnels étaient permanentes. J'avais envie de lui tout le temps… du matin au soir… et chaque fin de journée, lorsque nous nous retrouvions, je devais lutter pour ne pas lui sauter dessus comme une hystérique en manque.
Hugo avait beau tout connaître de mon hypersexualité et de mon grand besoin de jouissance qui l'accompagnait, je devais sans cesse contenir mes pulsions… de peur de le faire fuir… de peur de passer pour une folle obsédée par le sexe…
— Avant d'attaquer le dessert, je t'abandonne deux minutes. Les bières de notre apéro et le vin de notre repas font effet sur ma petite vessie ! annonçai-je avec entrain, en quittant la table.
— C'est clair qu'on a bien picolé ! me répondit Hugo en profitant de ma courte pause pour commencer à débarrasser nos assiettes.
Un bref échange de regard rempli de désirs, puis je pris la direction des toilettes. Tout juste installée, je constatai que ma grande activité cérébrale avait… comme toujours… eu un effet physiologique majeur sur mon intimité. J'étais déjà toute trempée...
A vrai dire, c'était Hollywood dans ma tête et j'étais en plein tournage d'une super production, classée X, depuis plus de deux heures déjà !
Sans surprise, la belle tache d'humidité au fond de mon string noir ne fit que confirmer ce que je savais déjà : Hugo m'excitait comme une folle et les scénarios qui défilaient dans ma tête avaient mis en ébullition mon entrecuisse. Sa bouche, ses mains, son sexe... à chacun de nos échanges et à chacun des regards qu'il posait sur moi, je m'imaginais dans toutes sortes de situations sexuelles… Tantôt je le laissais abuser de moi à sa guise, tantôt je m'emparais de son plaisir à pleine main... et à pleine bouche...
— Bordel… Faut trop qu'on baise… pensai-je, avec assez peu d'élégance, tout en essuyant à plusieurs reprises mon sexe luisant.
Même si j'avais très envie de me libérer du petit morceau de tissu qui recouvrait mon sexe… pour mettre au plus vite un terme à ma frustration… je pris soin de remettre mon string humide à sa place et de réajuster ma petite robe d'été, afin de rester présentable... aussi longtemps que possible.
En cuisinant pour moi, il avait placé cette soirée sous le signe de la sensualité, m'obligeant à me faire moins « outrancière » que je ne pouvais l'être habituellement dans l'expression de mes pulsions sexuelles. Nous allions jouir ensemble, j'en étais convaincue, mais j'allais devoir prendre encore un peu sur moi, avant de me libérer de toute cette tension intérieure…
Au sortir des toilettes, toujours aussi fiévreuse, je filais dans sa salle de bain pour me laver les mains et contrôler brièvement mon apparence…
— On dirait une écrevisse ! pensai-je en observant mes joues rouges dans le miroir.
Le temps de me sécher les mains et de réajuster mon chignon, puis je rejoignis Hugo dans la cuisine, un large sourire sur le visage.
D'un geste tendre, je vins poser mon bras dans son dos, avant de venir me coller contre lui… tout contre lui... comme une ventouse. La porte de son frigo grande ouverte, un saladier rempli de fruits dans une main et une bouteille de Champagne dans l'autre, il m'adressa un regard mi-surpris, mi-amusé... une sorte de « tu ne vois pas que tu me gênes un peu là ? », sans pour autant oser me repousser…
Lorsque j'avais besoin de contacts physiques, mais que je ne l'exprimais pas verbalement, j'aimais jouer les emmerdeuses en me glissant dans « l'espace personnel » de l'homme que je convoitais. Avec les regards provocateurs, c'était l'une de mes manières détournées… et un peu plus subtiles… d'exprimer mes attentes et de me faire comprendre…
— Toi aussi, tu avais envie de te rafraichir dans le frigo ? finit-il par me lancer, avec un sourire malicieux.
— Exactement ! Il fait super chaud chez toi… lui répondis-je en me collant encore un peu plus contre lui.
— Surtout n'hésites pas... Mets-toi à l'aise... me lança-t-il avec un regard rieur.
Le temps de m'adresser un baiser sur le front, puis Hugo se dégagea avec délicatesse, afin de déposer tout ce qui occupait ses mains... et accessoirement... de refermer son frigo…
— Tu as acheté du Champagne… la classe ! On a un truc à fêter ? lui lançai-je, surprise par son initiative.
— Je ne sais pas… peut-être… Mais du coup, tant qu'on est dans la cuisine, tu veux quoi comme dessert ? De ma salade de fruits ? Une glace ? Un autre truc ? me demanda Hugo… en éludant ma question.
Étrangement, ma remarque anodine concernant cet inhabituel achat de Champagne sembla perturber Hugo. Une réaction surprenante qui m'invita à ne pas insister davantage, préférant profiter de sa question pour me faire plus entreprenante…
— Je peux choisir ce que je veux ? lançai-je avec un petit sourire aux coins des lèvres.
— Bah oui, bien sûr… me répondit-il interloqué.
— Tout ce que je veux ? insistai-je…
— Mais oui ! Tu saoules ! Dis-moi ce que tu veux… me dit-il d'un ton rieur.
— Là… tout de suite… maintenant… c'est toi que je veux en guise de dessert… Mais peut-être qu'après je prendrai de la salade de fruit et du Champagne ! Tu crois que c'est faisable ? finis-je par lui confier, en m'approchant de lui... avec un regard sans équivoque.
Amusé par mon choix, Hugo plongea ses grands yeux dans les miens. Silencieux, comme hésitant, il me fixa quelques instants...
— Je vois… et l'idée d'être ton dessert est séduisante… je dirais même que j'en ai très envie… mais… même si j'avais prévu de t'en parler à la fin de notre repas… j'ai un truc à te demander avant… me répondit-il d'une voix mal-assurée.
— OK... mais tu me fais flipper… Dis-moi ? lui répondis-je, inquiète du côté très solennel de sa réponse.
Hugo marqua une fois de plus une courte pause, profitant de ce bref moment de silence pour se saisir de mon visage avec tendresse…
— En fait... je veux que tu restes dormir chez moi ce soir. Ce soir… et tous les autres soirs que tu voudras… mais au moins ce soir… pour une fois… me dit-il avec fébrilité.
Pour beaucoup, sa demande n'avait rien d'extraordinaire… mais pour moi, elle était hautement symbolique. Hugo le savait parfaitement et c'était probablement la raison de sa gêne. Car aussi étrange… voire ridicule… que cela puisse être, je ne partageais jamais l'intimité d'une nuit avec mes amants. Si je n'avais aucun problème à passer d'agréables moments de plaisir en leur compagnie… dans leur lit ou ailleurs… je m'étais fixée pour règle de ne jamais dormir chez eux.
En réalité, j'associai la chose avec une notion d'attachement affectif… et, par extension, d'engagement « formel ». Si je dormais dans le même lit qu'un homme, c'était parce que nous étions en couple… et parce que j'étais sa petite amie, sa compagne. Une sorte de « on ne dort pas chez un plan cul », marquant ainsi une différence très personnelle entre les hommes qui comptaient pour moi et les autres… mais également entre une relation amoureuse sérieuse et une vulgaire histoire de cul…
— Euuuh… laissai-je échapper, prise au dépourvu par sa demande.
Ses yeux toujours plongés dans les miens, Hugo retira ses mains de mon visage et me fixa, attendant avec nervosité la suite de ma réponse. Sans le moindre doute, il redoutait un refus de ma part… et pire encore... j'avais l'impression qu'il était déjà déçu de ma réponse, avant même qu'elle n'eût lieu…
— Disons que j'ai rien pris… j'ai rien pour me démaquiller, j'ai pas de brosse à dents… et j'ai pas non plus de fringues propres pour la nuit et pour demain… commençai-je à objecter, très perturbée par cette proposition totalement inattendue.
Le pincement de lèvres d'Hugo, une sorte de « j'en étais sur… » rempli de résignation, m'invita à compléter ma réponse sans perdre une seule seconde…
— …mais on peut se faire ça demain soir si tu veux ? Parce que ta proposition… en vrai… elle me tente bien… poursuivis-je en lui adressant un sourire crispé... inquiète à l'idée de l'avoir blessé.
— On peut aussi dire qu'on s'en fout de ces détails sans importance… Si demain matin tu as l'air d'une viking prête à partir au combat, avec le tour des yeux tout noir... et une haleine de poney… bah je prendrai sur moi et j'essaierai d'être fort… me répondit Hugo en m'adressant un sourire moqueur, mais rempli de sentiments.
— C'est vrai... On peut aussi faire comme ça… repris-je immédiatement, d'une petite voix timide.
D'un geste délicat, il reposa ses deux mains sur mon visage, avant de s'incliner dans ma direction pour m'embrasser tendrement. Un baiser doux et suave, d'une extraordinaire richesse émotionnelle. Un baiser rempli d'amour… comme ceux qui font se dresser les poils sur les bras.
Par sa demande, Hugo m'avait prise par surprise, m'obligeant à lui répondre à chaud, sans réellement me laisser le temps de cogiter. Si son initiative m'avait déstabilisé un bref instant, elle avait eu le mérite de me forcer à surmonter mes peurs et mes doutes, au moins pour cette soirée…
— Par contre, pour me venger de tes méchancetés… demain matin... je viendrais souffler ma mauvaise haleine directement dans tes narines pour te réveiller… lui murmurai-je, juste avant de me mettre sur la pointe des pieds pour l'embrasser à nouveau.
Comme si je venais de répondre favorablement à une grande déclaration d'amour… alors qu'il ne s'agissait que de passer ma première nuit complète en compagnie de l'homme qui occupait toujours plus de place dans mon cœur… j'avais l'impression d'avoir fini par accepter l'idée de me jeter dans le vide, d'avoir franchi un grand cap en laissant tomber les stupides barrières que je m'étais moi-même imposée.
À cet instant précis, la petite pointe de stress qui m'avait envahi, quelques instants plus tôt, laissa place à un sentiment de légèreté… comme si je venais de me libérer d'un poids. Hugo venait d'exprimer, à sa manière, ses sentiments pour moi, et j'étais juste heureuse. Heureuse de compter pour lui… Heureuse de ne pas avoir stupidement mal réagi, alors même que je mourrais d'envie de partager « plus » avec cet homme…
— Tu sais que je n'ai même pas de culotte propre pour la nuit… murmurai-je à Hugo, lorsque ses lèvres quittèrent les miennes.
— Parce que tu pensais en avoir besoin ? me répondit-il en plaçant l'une de ses mains au creux de mes reins, pour me serrer fort… tout contre lui.
Nos quelques secondes de câlins, enlacés dans ses bras, témoignèrent de son soulagement face à ma réponse. Hugo le savait, si j'avais accepté de dormir chez lui... c'était qu'il n'était pas qu'un simple plan cul pour moi. Il était bien plus, et ma réponse le lui prouvait...
Alors que nos cœurs cognaient toujours avec force dans nos poitrines, nos lèvres reprirent leurs envoutantes caresses. Quelques doux baisers... avant que nos langues ne viennent s'entremêler avec passion. L'âme légère… et la chatte toujours plus en fusion… ma main droite prit la direction de l'entrejambe d'Hugo, à la recherche de l'objet de toutes mes convoitises…
— On serait pas mieux dans ma chambre ? me proposa-t-il, en décollant brièvement sa bouche de la mienne.
— Non… je veux mon dessert ici… et maintenant… lui répondis-je avant de faire furtivement glisser ma langue sur sa lèvre supérieure.
Le puissant frisson de plaisir qui fit trembler tout le corps d'Hugo me confirma que ma langoureuse provocation avait fait son petit effet… pour ma plus grande joie. J'allais enfin pouvoir laisser s'exprimer une partie de mes très nombreuses envies et prendre le contrôle de son plaisir…
— C'est de la triche… Comment veux-tu que je résiste face à tes scandaleux petits coups de langue… me lança Hugo en me dévorant des yeux.
— Pourquoi résisterais-tu ? Ça fait plus de deux heures que j'ai envie de te déguster… lui répondis-je à voix basse.
Plus excitée que jamais, j'utilisai mes deux mains pour dégrafer sa ceinture, avant de poursuivre en déboutonnant son jeans. D'un geste lent, je fis descendre les deux couches de tissus qui entravaient mon accès complet à son sexe déjà partiellement érigé... puis, le temps d'un dernier baiser sur la bouche... je m'agenouillai à même le carrelage froid de la cuisine d'Hugo, les yeux rivés sur son intimité.
Sa belle queue face à moi, je pris le temps de la parcourir du regard, avant de m'en saisir avec douceur et d'entamer mes premières délicates caresses. Elle était juste parfaite, que ce soit dans ses proportions ou dans son apparence. Si Hugo ne prêtait pas toujours une grande attention à son look et à ses tenues vestimentaires, il prenait en revanche grand soin d'entretenir cette partie de son corps... Et je devais bien l'avouer, le petit trapèze de poils courts et parfaitement taillés qui surplombait ce beau jouet orné de veines saillantes... était du plus bel effet.
Depuis la reprise de nos ébats, je prenais encore plus de plaisir qu'avant à sucer mon seul et unique partenaire de jeux.
Lui offrir la plus savoureuse des dégustations était une manière pour moi de me réapproprier ce plaisir, celui de voir mon amant progresser vers l'extase sous l'effet de mes langoureuses caresses. Un formidable moment de partage, alors même que les amis de Victor, par leurs comportements abjects, avaient dénaturé cet acte en utilisant ma bouche de la plus odieuse des manières, deux mois plus tôt.
Une façon « d'effacer » ma dégradante expérience, mais également un moyen, pour moi, de lui faire part de l'immense désir que j'avais pour lui. Comme beaucoup d'hommes, Hugo était un grand fan de la fellation, et de mon côté, j'étais heureuse de lui offrir ma bouche aussi souvent que possible…
Même si ce plaisir n'était pas suffisant pour me conduire au septième ciel, il n'en restait pas moins riche émotionnellement, et surtout, il m'offrait la possibilité de profiter « pleinement » de sa jouissance. Un besoin étrange, mais important pour moi… et d'autant plus lorsqu'il s'agissait de l'homme dont j'étais amoureuse.
Depuis toujours, Hugo utilisait des préservatifs, sauf lors de nos jeux de langues respectifs. Une marque de sérieux, mais également une source de frustration, pour moi qui avais toujours pris beaucoup de plaisir à accueillir le fruit de la jouissance de mes partenaires, malgré les risques que je connaissais parfaitement.
Et forcément, tant que nous utiliserions des préservatifs, c'était pour moi la seule manière de pouvoir combler ce besoin symbolique... en gardant « un peu de lui » en moi…
— Ooooh… que c'est bon… soupira Hugo, lorsque ma langue remonta lentement de la base de son membre jusqu'à son extrémité.
Un petit sourire mutin sur le visage, je replongeai mon regard dans le sien, avant de conclure ma délicate série de caresses en plaçant la pointe de ma langue sur la partie la plus sensible de son organe. Le temps de profiter des petites contractions incontrôlées de son sexe, puis je le glissais dans ma bouche, l'enlaçant avec tendresse de mes lèvres humides…
Les doigts serrés sur la base de ce divin morceau de chair… à présent, dur comme un morceau de bois… je réalisai mes premiers lents et courts allers-retours, les lèvres crispées sur les pourtours de son gland et les joues savamment creusées pour lui offrir un maximum de sensations.
Si Hugo semblait savourer l'instant, je prenais de mon côté un plaisir immense à prendre possession... tout en douceur... de son corps tout entier…
Les yeux rivés sur mon visage et la bouche à demi ouverte, il m'observa œuvrer, accompagnant mes langoureux va-et-vient de soupires de plus en plus audibles. Comme pour répondre à son envie de romantisme, je lui offrais la plus voluptueuse des pipes… celle que je ne réservais qu'à certains hommes.
Même si mon regard brûlant exprimait ma folle envie de le dévorer tout cru, mes gestes continuèrent de se faire doux et délicats, de longues minutes durant. Une fellation emprunte de sensualité et de retenue, comme pour célébrer cette première nuit que nous allions passer ensemble...
— Ohhh… c'est tellement bon… Ohhh… je veux bien te servir de dessert tous les jours… Ohh oui… me murmura Hugo, les yeux brillants de désirs.
Alors que son plaisir grimpait en flèche, je pris quelques secondes supplémentaires pour faire tournoyer ma langue autour de son gland lisse et soyeux… Un ultime moment de douceur et une manière de l'informer que ma tendresse s'apprêtait à laisser la place à davantage de fougue…
Plus excitée que jamais, j'entamais des mouvements de tête plus amples et plus rapides que précédemment. Pendant que les doigts de ma main gauche s'enfonçaient dans sa cuisse, la droite… enserrée autour de son membre… en profita pour sortir de son immobilisme. Concentrée sur mon œuvre, je pris soin de la synchroniser avec ma bouche, les faisant coulisser toutes les deux de concert... à un rythme de plus en plus soutenu.
Telle une affamée, mes caresses se firent de plus en plus sauvages, de plus en plus avides… Agrippée à la queue d'Hugo, je m'activais à présent sans la moindre retenue, entrecoupant mes puissants allers-retours de courtes pauses, respiration haletante…
Durant chacune d'entre elles, alors que mon souffle chaud caressait le gland luisant qui me faisait face, j'en profitais pour masturber mon amant avec une énergie folle, impatiente de le voir céder…
— Ooooh oui vas-y… continue… continue comme ça… ne t'arrête pas ! me murmura Hugo entre deux gémissements étouffés.
— Lâche-toi… et rempli ma bouche… toute ma bouche… l'encourageai-je, en pensant comprendre l'envie qui était la sienne.
Hugo avait probablement très envie de pouvoir profiter « visuellement » de l'instant, en observant dans les moindres détails l'explosion de son plaisir à l'intérieur de ma bouche. Surexcitée par l'idée de lui offrir ce spectacle rempli de luxure, ma main droite redoubla d'effort, tandis que ma langue à demi-sortie vint se poser sur la partie la plus sensible de son sexe…
— Ohhhhh… tu vas... ohhh putain... tu vas me faire jouir… m'informa-t-il, à l'approche du point de rupture.
Tête basculée vers l'arrière et alors que mes yeux l'imploraient de s'abandonner en moi... je sentis un premier jet d'une rare puissance venir s'écraser sur mon palais, avant qu'il ne poursuivent son chemin tout au fond de ma gorge que j'avais pris soin d'obstruer avec l'arrière de ma langue.
Telle une experte en la matière, parfaitement prête, j'avais fait le nécessaire pour l'accueillir au mieux et pour ne pas devoir interrompre ce grand moment de plaisir partagé. Avec l'expérience, j'avais appris à ne pas me laisser surprendre par la vivacité des jets de sperme de certains de mes partenaires… et je le savais parfaitement, Hugo faisait partie de ces hommes dont l'éjaculation était formidablement puissante. Une source de satisfaction personnelle que j'associai à la force de son plaisir... mais qui pouvait facilement gâcher l'instant, en cas de fausse route inopinée.
Tandis que ma main droite poursuivait ses va-et-vient endiablés, les saccades qui suivirent prirent la même direction que la première, avant que les dernières ne finissent par tapisser ma langue ostensiblement exposée à sa vue. Une vue obscène, que je prenais grand plaisir à lui offrir en conservant sagement ma position.
Si le regard d'Hugo m'indiquait qu'il avait pleinement franchi les portes du paradis, de mon côté, je savourais les derniers instants de son extase, profitant avec délectation des ultimes soubresauts de son sexe posé sur ma langue…
Le goût de son sperme avait beau être aussi douteux que celui de n'importe quel autre homme, sentir son épais liquide chaud remplir ma bouche était la source d'un pur moment de symbiose. J'étais celle qu'il désirait, celle qui venait de le conduire à l'extase, celle qu'il « remplissait » de son plaisir… et j'en étais tout simplement comblée.
Sans quitter Hugo des yeux, je finis par retirer son sexe de l'entrée de ma bouche, le temps de déglutir, avant de lui adresser un large sourire de satisfaction et de ralentir progressivement le rythme de ma vigoureuse masturbation…
— Eh oh… je n'ai pas finis… lui lançai-je alors qu'Hugo s'inclinait déjà dans ma direction pour m'aider à me relever.
Dans un ultime geste de dépravation, je plaçai délicatement la pointe de ma langue sur l'extrémité de sa queue... afin d'y récupérer délicatement la dernière goutte de sperme encore présente…
— Pas de gâchis ! lui dis-je... fière de mon impudeur.
— T'es une grande malade… mais putain que c'est bon. C'était juste… fantastique… Tu es fantastique… me lança-t-il, les yeux brillants et la respiration encore saccadée.
— Le plaisir était partagé mon cher monsieur… lui répondis-je d'une petite voix pleine de sentiments, tout en remontant son boxer et son pantalon.
Le temps de me relever, avec l'aide d'Hugo, puis il me prit par la taille. Son jeans toujours grand ouvert, il se pencha vers moi pour déposer quelques doux baisers dans mon cou, comme pour me remercier de cette offrande.
Avec délicatesse, sa main gauche remonta ma robe, alors que la droite glissait déjà en direction de mon entrecuisse... toujours aussi actif. Les doigts plaqués sur mon string, il parcourut à plusieurs reprises l'entrée de ma vulve détrempée avec son majeur, utilisant le fin morceau de tissu qui la recouvrait pour écoper le trop plein d'émotions qui s'en échappait…
— Hmmmmm... On n'était pas censés aller manger de la salade de fruit et boire du Champagne… objectai-je tout en laissant échapper un long soupir de plaisir.
— Il n'y a pas de raison que tu sois la seule à m'utiliser en guise de dessert… J'ai très envie d'aller m'abreuver… ici… juste ici… me répondit Hugo, en augmentant la pression de son doigt sur l'entrée de mon sexe.
Ses mots obscènes et son envie de me déguster à son tour... alors que j'étais littéralement trempée… me firent vaciller...
— Je ne suis pas la seule à tricher... C'est malin, maintenant, j'ai très envie de tes doigts et de ta langue… lançai-je à Hugo, en inclinant mon bassin vers l'avant.
— Ah oui ? Je pourrais peut-être la faire glisser sur cette zone dans ce cas... murmura-t-il, en poursuivant ses caresses jusqu'à mon clitoris.
— Oh oui... donne moi ta langue… lui répondis-je, alors que mes soupirs se multipliaient déjà.
Agrippée à son cou, bouche contre bouche, je finis par écarter l'une de mes jambes, afin de lui offrir un meilleur accès à mon intimité. Lorsque sa main se glissa enfin à l'intérieur de mon sous-vêtement détrempé, un premier gémissement de plaisir, parfaitement audible, accompagna l'entrée de son doigt dans mon vagin bouillonnant d'impatience…
— Tu es brulante… me murmura Hugo en entamant de divines caresses internes.
Debout dans sa cuisine, envoutée par ses caresses autant que par ses mots, je laissai Hugo explorer librement mon intimité avec ses doigts, impatiente de sentir sa langue rejoindre la bataille. Comme dans une bulle de bonheur et d'exaltation, coupée du monde qui nous entourait, j'oubliais mes doutes et mes peurs…
Plus rien n'avait d'importance et je n'avais plus qu'une seule et unique envie : passer la plus folle des nuits en compagnie d'Hugo et profiter de chaque instant...
Commentaires ()
Merci beaucoup @Mysteriotic pour ce commentaire, je suis flattée ! J'espère que la suite de ce tome vous plaira autant que ce premier chapitre... 😊
Je prends toujours le même pied à vous lire car c'est bien écrit. Ce n'est pas que du sexe. C'est bien plus que ça. Il y a de la sensibilité, des émotions, des sentiments. Et on peut très bien avoir envie particulièrement de sensualité dans l'intimité.
Vous êtes l'une de mes autrices préférées ici.
Merci
Quand je t'entends je me dis que tu as tout a fait compris : tu écris sobrement mais admirablement, je n'ai rien à redire. Surtout que j'ai lu un autre de tes chapitre qui m'a beaucoup mieux convaincu.
Peut-être aussi que c'est le thème du chapitre où le fait de le sortir du contexte qui ne m'a pas convaincu, et ça n'est pas parce que j'aime les déboires sentimentales que tous me plairont. Où alors simplement ton style ne me convient pas, je sais que certains détails de fond peuvent perturber un lecteur et lui enlever le goût de la chose. Un ami à moi par exemple ne supporte pas les interventions du narrateur extérieur, choses que j'aime beaucoup, et ça le sort complètement de son immersion.
Merci à toi @Iznogood 😊
Et c'est exactement ce qui convient pour ce récit à fleur de peau.
C'est très bien ainsi, faire mieux serait amha rajouter des gadgets à prétention littéraire qui amoindriraient l'authenticité de ton écriture, ces petits carnets de souvenirs dont tu livres des moments.
Sur une fiction, ce serait sans doute différent car on se soucie alors d'accrocher le lecteur et de le retenir par tout un tas de petits artifices et figures de style... si on y arrive bien évidemment. ^^
J'aime ressentir les émotions réelles de la façon la plus directe et donc "simple" possible.
Merci ;-)
Effectivement j'écris de manière "simple" et directe, et ne suis pas vraiment amatrice des écrits un peu trop lyriques, dans lesquels la forme domine le fond. A mes yeux les émotions ne passent pas forcément par des textes grandiloquents ou alourdis par des détails trop nombreux et sans valeur ajoutée. Pour moi c'est même rédhibitoire (l'impression que l'auteur s'écoute parler me casse totalement dans la lecture, aussi belles que soient les phrases et les périphrases)...
Concernant le fait de me faire plus descriptive c'est assez variable en fonction des chapitres et de ce que j'ai envie de faire passer, mais j'essaie de me limiter à des chapitres situés entre 3500 et max 6000 mots. Forcément ça implique de limiter les descriptions dans certains cas. C'est un choix personnel, la encore parce que les long textes ne sont pas en phase avec mes goûts perso... Tu as visiblement commencé la lecture dans le désordre et du coup tu verras que certains textes sont plus descriptifs que d'autres, selon le contexte notamment. Beaucoup de choses en lien avec Hugo ont été abordées dans les précédents récits... :)
Enfin pour le fait de mettre plus de rythme c'est pareils ça dépendra de la teneur du récit... Mais surtout du ressenti du moment. Il s'agit pour moi de coller au plus près du réel, donc parfois du rythme... il n'y en avait pas ou peu. La peur, l'excitation, la gêne, la joie, le doute, la douceur... J'essaie (pas toujours avec succès) de donner un rythme en phase avec l'instant vécu et le souvenir que j'en ai.
Dans le cas présent c'est une excitation contenue qui domine, à laquelle se mêle une demande imprévue et une sensation de lâcher prise plus proche de la douce libération que de la passion... Mais ce n'est pas toujours le cas... ;)
En tous les cas, je n'ai pas la prétention d'avoir le talent d'une vraie autrice et je te confirme donc que ma marge de progression est nécessairement grande !
Il ne faudrait pas chercher de défauts à des œuvres qui viennent du cœur, surtout quand le fond est aussi puissant émotionnellement que la tienne, donc je te ferais part de points d'améliorations. Aussi il serait malhonnête de ne pas commencer par te complimenter : ton écriture est limpide, compréhensible, cohérente, contrôlée. En gros tu sais bien raconter et tu mets une véritable passion (et intimité) dans tes récits, ça on ne peut que t'en féliciter.
Là où j'ai pu quelques peu m'ennuyer c'est dans le style : j'aurais rajouté un peu plus de descriptions, des vraies descriptions, qui permettent de temporiser, de ralentir le rythme, de réveiller les sens de tes lecteurs. Aussi cela permettrait d'accentuer les scènes d'actions, de faire varier le rythme, le faire monter, descendre, venir, faiblir, jaillir. Je pense que tu as encore une belle marge de progression là dessus, comme tout le monde d'ailleurs, et que ça pourrait rendre ton récit plus passionnant qu'il ne l'ai déjà. Ajouter derrière le fond, une forme qui le siérait à son niveau.
Essaye de faire l'amour au public, fais changer le rythme, surprends, domine ou offre toi à tes lecteurs (avec ton consentement évidemment ^^).
Aussi, mais c'est plus personnel, j'aurais ajouté quelques figures de style qui me manquent un peu, j'ai l'impression que ton écriture est assez maitrisé pour ajouter un peu de subtilité, quelques mots superflu qui ajoutent à l'immersion ou aux sensations. Vraiment je ne dis pas ça pour compenser mes critiques (même si je me veux constructif et que je me connais un peu trop direct), je pense vraiment que tu as un bon niveau d'écriture et que tu as une belle marge de progression. Bon après comme je disais il faut rester subjectif, certains pourraient avoir des avis contraire au mien et louer ton style plus direct, plus descriptif, plus momentané, et je fais moi même une comparaison avec ce qui me plait.
En conclusion, je t'apporte des pistes, qui sont surement très subjective, je n'ai pas la prétention d'être un bon écrivain... J'ai aussi pris la lecture hors de son contexte n'ayant déjà pas accroché aux précédents chapitres. J'espère que tu sauras garder le positif dans mon message et je t'attends pour ton autre projet qui me conviendra c'est certain, beaucoup mieux à la fois dans le thème et les idées.
Ton serviteur,
Dan
Ravi pour toi et merci pour ce récit qui ne nous laisse pas de marbre. !
Je suis ravie que mon récit soit à la hauteur de tes attentes et merci à toi pour ton commentaire ! :)
Ça me touche que tu ais été impatiente de découvrir cette partie de mon cheminement et le début de mon bonheur... Merci à toi @Wedreca. 😊😘