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✦ LaVieDeLucie Je crois bien que je t’aime (Tome 7) XSTORY
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Je crois bien que je t’aime (Tome 7) — Chapitre 3 · Un homme extraordinaire

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LaVieDeLucie
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Je crois bien que je t’aime (Tome 7)

Chapitre 3 · Un homme extraordinaire

Jeudi 22 août 2019, Lyon.
Face à ma plaque de cuisson, visage fermé, je touillais machinalement les spaghettis qu'Hugo venait de plonger dans l'eau, quelques secondes plus tôt. Parti prendre une douche expresse, mon « roi des pâtes carbonara » m'avait missionnée pour surveiller l'ultime étape de ce repas qu'il venait de nous préparer avec amour. Un dîner aussi simple que délicieux en perspective... et une véritable source de plaisir que de le voir s'activer en cuisine.
Pourtant, derrière les sourires de façade et les compliments... j'avais la tête ailleurs.
Le regard fixe... perdue dans mes pensées... je ne prêtais pas la moindre attention à la cuisson des pâtes qui tournoyaient devant moi dans la casserole. Étrangement, alors même que j'avais toutes les raisons d'être heureuse... mon moral n'était pas au beau fixe.
Certes, ma journée de boulot avait globalement été longue et chiante, mais objectivement, elle n'était pas à l'origine de mon coup de blues. En réalité, c'était mes putains de questionnements intérieurs... ceux que je pensais derrière moi et oubliés à jamais... qui se faisaient de plus en plus présents ces derniers jours.
Alors que rien n'avait changé et que tout se passait à merveille avec Hugo, j'avais le plus grand mal à canaliser mes angoisses et à les mettre de côté, comme j'avais réussi à le faire jusqu'alors.
Depuis deux mois, Hugo et moi ne nous étions plus quittés, passant tout notre temps ensemble, tantôt chez lui, tantôt chez moi. Tel un jeune couple de tourtereaux, amoureux et fusionnels, nous partagions notre quotidien avec bonheur, profitant à deux de chaque instant.
Une vie au jour le jour, remplie de complicité, de tendresse et de jouissance, qui nous avait conduite à réserver sur un coup de tête un court séjour en Tunisie, durant notre unique semaine de congés d'été en commun. Un premier voyage magique, en amoureux, avant de devoir ressortir de notre bulle, lorsque j'avais été la première à reprendre le boulot...
Chaque jour qui passait, je découvrais un peu plus cet homme doux et attentionné qu'était Hugo... Chaque jour qui passait, je savourais la chance qui était la mienne de l'avoir à mes côtés... Et chaque jour qui passait, mes sentiments à son égard se faisaient toujours plus grands... toujours plus profonds.
J'avais l'impression d'avoir trouvé l'homme idéal, celui qui me rendait joyeuse et me faisait rire, celui qui me comprenait et m'apaisait. Mon cœur, anéanti par ma séparation avec Raphaël, battait à nouveau avec force à ses côtés... Mon âme, abimée par la perversité de Victor, vibrait à nouveau pleinement entre ses mains habiles...
Une vie parfaite, avec un homme parfait... puisque j'avais tout pour être heureuse.
Et pourtant...
Dans un stupide effet de balancier, plus Hugo prenait de place dans mon cœur... plus il devenait mon « essentiel », ma boussole... plus je redoutais l'avenir. Comme une ombre planant au-dessus de notre bonheur commun, mes angoisses intimes... celles qui m'avaient conduites à mettre du temps avant de m'engager avec Hugo... avaient fait leur grand retour.
Comme toujours, ce n'était pas mon compagnon le problème... c'était moi, et plus précisément mon incapacité à faire face au bordel présent dans ma tête. Un bordel que je n'avais jamais véritablement réussi à gérer et qui était à l'origine du malaise qui s'installait progressivement dans mon esprit. Un problème entre moi... et moi... auquel Hugo ne pouvait rien.
Alors que mon prince charmant aurait dû être la source d'un bonheur plein et entier, j'avais un sentiment merdique qui occupait mon esprit : celui de ne pas le mériter, de ne pas être celle qu'il lui fallait. Une sorte de petite voix intérieure n'ayant de cesse de me répéter... qu'un jour ou l'autre, je le trahirai... qu'un jour ou l'autre, je gâcherai tout... et qu'un jour ou l'autre, il me quitterait...
— Et si tout ça ne durait pas... et s'il finissait par se lasser de moi... ou si je finissais par lui briser le cœur... comme à tous les autres... pensai-je en soupirant, le regard dans le vague.
J'étais convaincue que le rêve éveillé que je vivais ne durerait pas et qu'Hugo finirait par se rendre compte que je n'étais pas « aussi bien » qu'il aurait pu l'espérer. J'avais conscience de mon pouvoir de destruction, de celui de mon hypersexualité... et alors même que je n'avais d'yeux que pour lui, j'appréhendais déjà cette inéluctable descente aux enfers.
Dans six mois, dans un an ou plus tard... ce n'était qu'une question de temps avant que mes démons ne refassent surface... et ne viennent tout ravager, comme une bombe à retardement finissant par exploser. Une déflagration qui détruirait tout sur son passage, comme par le passé...
Même si mon nouveau psy avait probablement raison, lorsqu'il avait évoqué l'impérieuse nécessité de travailler sur « ma confiance en moi », dans les faits, je n'arrivais pas à retirer ces pensées négatives de mon esprit. J'étais la plus foireuse de toutes les femmes, celle dont il ne fallait pas tomber amoureux si on ne voulait pas souffrir... Et à cet égard, mon dernier rendez-vous chez mon thérapeute, trois jours plus tôt, n'avait pas vraiment réduit mon malaise grandissant.
Durant un peu plus d'une heure, et pour la première fois depuis le début de nos entretiens, nous étions revenus en détails sur l'origine de ma rupture avec Raphaël. De longs échanges intimes durant lesquels nous avions évoqué mes difficultés « naturelles » à me confier et à faire confiance aux autres... mais également la part de malhonnêteté intellectuelle qui avait été la mienne lorsque j'avais décidé de ne plus résister à mes incessantes pulsions intérieures, préférant les laisser s'exprimer librement plutôt que de trouver un moyen de les contenir.
Moins focalisé sur les aspects « techniques » de mon hypersexualité que les précédents rendez-vous, la teneur de cette entrevue m'avait obligée à faire face à mes comportements, à mes choix et à mes propres contradictions. Un travail nécessaire pour avancer... je le savais... mais un travail difficile, qui eut pour effet de rouvrir des plaies profondes, celles que j'avais longtemps préférée « cacher » sous un épais bandage, plutôt que de « soigner » en les affrontant avec lucidité...
— Face aux difficultés que vous avez rencontrées, la confiance est un élément central... La confiance en vous en premier lieu, mais également en l'autre. Vous devez accepter le fait de ne pas être parfaite, car personne ne l'est, que l'on souffre d'hypersexualité comme c'est votre cas, ou non. D'une certaine manière, je pense que votre manque de confiance en vous alimente votre hypersexualité... décuplant votre besoin de « compenser » et de vous « rassurer ». Cette autodépréciation n'en est évidemment pas à l'origine, mais elle l'amplifie. Vous avez de grandes qualités humaines et, comme tout à chacun, vous avez aussi vos défauts. Mais vous ne devez pas vous dévaloriser, vous voir comme une horrible personne, comme un monstre que vous n'êtes pas... m'avait alors dit mon thérapeute, en fin de séance.
Durant de longues minutes, j'avais écouté ce professionnel, calme et empathique, m'expliquer l'importance de l'estime de soi et l'impact de celle-ci sur moi, sur mon trouble... autant que sur ma confiance envers les autres et notamment envers ceux qui comptaient pour moi.
En faisant le parallèle avec ma meilleure amie Mathilde... seule et unique personne dont je ne redoutais pas le jugement et dont je lui avais parlé... il m'invita à accepter l'idée de me livrer pleinement à Hugo, sans faux-semblant et surtout sans présumer de ses réactions...
— Cette angoisse de « ne pas être à la hauteur », pour reprendre vos mots... Cette peur de voir vos pulsions prendre le contrôle de votre rationalité, malgré vos sentiments... je pense que votre partenaire est capable de l'entendre. Et il me semble qu'il vous l'a déjà prouvé par le passé, au regard de ce que vous m'avez confié. Acceptez de lui faire confiance, ouvrez-vous à lui, comme vous avez été capable de le faire dans les pires moments. Hugo tient à vous et c'est une personne visiblement très ouverte d'esprit. N'oubliez pas qu'il vous connaît très bien et ne redoutez pas un hypothétique jugement qui ne sera probablement pas le sien. Parlez-lui avec votre cœur, et laissez lui l'opportunité de vous aider à faire face à vos peurs, à vos côtés... avait-il ajouté d'une voix posée.
Au terme de cette séance... particulièrement intense émotionnellement... mon psy m'avait proposé d'ouvrir une sorte de « cahier de réflexion » pour coucher sur le papier tout ce qui occupait mon esprit. Une manière d'extérioriser mes pensées... voire de les exorciser... qu'elles soient en lien avec mon passé ou mon présent. Selon lui, l'écriture était un bon moyen de « verbaliser » les choses, entre deux rendez-vous, pour mieux les aborder ensemble par la suite...
Si j'avais accueilli positivement son idée, j'appréhendais tout de même le fait de devoir faire face à ce nécessaire... mais éprouvant... travail d'introspection.
De manière naturelle, j'avais plutôt tendance à glisser sous le tapis tout ce qui me posait problème, préférant oublier et foncer tête baissée... plutôt que d'affronter. Mais j'en avais conscience, si je voulais pouvoir aller de l'avant, si je voulais ne pas reproduire les erreurs du passé... j'allais devoir faire face à mes démons intérieurs, sans me dérober...
— Allez... arrête de penser à tout ça... Un bon repas et une bonne soirée... avant une délicieuse partie de jambes en l'air... et ça ira mieux... tentai-je de me convaincre en égouttant les pâtes.
Le temps de remuer une dernière fois le savoureux mélange préparé par Hugo, puis je le versais machinalement dans la casserole de pâtes, visage fermé...
— A quoi pense donc ma jolie petite brune ? me lança Hugo, en posant avec douceur ses mains sur ma taille.
— Oh putain... tu m'as fait trop peur ! lui répondis-je en sursautant.
— Ce n'est que moi... reprit-il en caressant tendrement mes hanches, avant de déposer un délicat baiser sur l'arrière de mon crâne.
Le vacarme de ma hotte avait couvert l'arrivée d'Hugo et ne m'avait pas laissé le temps d'arborer le sourire de façade qui était le mien lorsque mon esprit était dans la tourmente. Perdue dans mes pensées sombres et moroses, j'avais été surprise par son tendre contact...
— Bon bah... Tout est prêt, on va pouvoir manger... lui répondis-je en posant le couvercle sur la casserole.
D'un geste instinctif, je me retournai face à Hugo et l'enlaçai dans mes bras. La joue posée sur son torse et les mains plaquées dans son dos, sous son t-shirt, je me blottis contre lui, avant de le serrer avec force contre moi.
Même si nous allions passer à table, j'avais grand besoin d'un câlin... de quelques minutes de réconfort, au creux de ses grands bras protecteurs...
— Qu'est-ce qui te tracasse ? m'interrogea Hugo en me prenant à son tour dans ses bras.
— Rien de spécial... je suis juste fatiguée par ma journée merdique au boulot. Mais t'inquiète, ça ira mieux demain ! lui répondis-je en esquivant sa question.
— OK, je vois... Et pour de vrai ? Je vois bien que tu as l'air pensive ces derniers jours... poursuivit-il en posant sa main sur ma nuque pour la caresser du bout des doigts.
Même si c'était probablement cette subite et inopinée envie de tendresse qui m'avait trahi, Hugo avait cette capacité à lire entre les lignes et à ressentir mes émotions... qu'elles soient positives ou négatives. Sans surprise, ma réponse mensongère ne l'avait pas dupé un seul instant et il essayait d'en savoir plus sur les raisons de ce trouble qui ne lui avait pas échappé.
Silencieuse, j'hésitai quelques secondes à lui faire part des vraies raisons de ma mélancolie, avant de repenser aux conseils de mon psy...
Sans trop savoir comment j'allais m'y prendre, et même si ce n'était ni le lieu, ni le moment... je finis par décider de m'ouvrir à lui et d'avoir « confiance dans son jugement », comme me l'avait recommandé mon thérapeute...
— En fait, je ne sais pas trop comment l'expliquer... mais j'ai peur... lui lançai-je timidement.
— Peur de quoi ? reprit-il en continuant de caresser la naissance de mes cheveux à l'aide de sa main droite.
— Peur que tout ça finisse par s'arrêter... peur que tu te rendes compte que je ne suis pas aussi bien que tu le penses... peur de tout ruiner en finissant par faire des conneries, un jour ou l'autre... Depuis qu'on est en couple, je suis tellement heureuse... tu me rends tellement heureuse... mais je me dis qu'un jour, je n'arriverai pas à m'empêcher de faire de la merde... de tout gâcher... et ce jour-là... tu me quitteras... poursuivis-je avec fébrilité.
À son tour, Hugo resta muet quelques secondes, prenant sans doute le temps de la réflexion avant de me répondre. Des secondes aux allures de minutes, pour moi qui redoutais que ma confidence, aussi honnête que brutale, ne soit la source d'une première tension entre nous...
— Déjà... je suis content de t'entendre prononcer le mot « couple »... Ça fait plaisir... Et puis, ça veut dire que je peux me la péter en disant officiellement à tout le monde... que tu es ma meuf et que je suis ton mec ! Et ça, c'est quand même super classe... me répondit Hugo avec une pointe d'humour.
— Bah oui... Évidemment que je suis... « ta meuf »... Parce que tu en doutais ? lui répondis-je, surprise par sa remarque.
— Non... pas vraiment... mais tu ne l'avais jamais exprimé comme ça... et ça fait toujours plaisir à entendre... me dit-il en déposant un nouveau baiser dans mes cheveux.
Si j'avais toujours su me faire particulièrement expressive en matière de désirs sexuels, en ce qui concernait l'expression de mes sentiments... ou le simple usage de mots en lien avec ma situation amoureuse... j'avais toujours fait preuve d'une très grande pudeur. Une retenue naturelle qui finissait par disparaître totalement avec le temps, mais ce n'était clairement pas innée chez moi.
Et forcément, l'emploi du mot « couple », bien qu'anodin pour beaucoup, fit réagir Hugo. Il connaissait parfaitement ma « réserve », de même que l'importance et la symbolique que certains mots revêtaient à mes yeux...
— Pour répondre à tes inquiétudes, quand tu dis « faire de la merde »... je suppose que tu fais référence à tes pulsions... enfin à ton hypersexualité... et plus précisément, à d'éventuels désirs sexuels pour d'autres hommes ? poursuivit-il d'une voix calme.
— Oui... c'est ça... lui confirmai-je sur un ton trahissant ma gêne.
— Tu as envie d'un autre... ou tu as couché avec un autre ? me demanda Hugo en retour.
— Non pas du tout ! Ni couché, ni envie d'un autre que toi... C'est qu'un jour ça arrivera... je le sais... et ça sera à nouveau l'enfer dans ma tête... Et j'ai tellement peur de ce jour-là... lui répondis-je sans attendre.
Comme pour ne pas affronter son regard, je restai collée à Hugo, continuant de le serrer contre moi avec force. J'avais l'impression d'être une gamine redoutant les conséquences d'une confidence honteuse... et les foudres de celui qui en était le malheureux destinataire.
D'une voix toujours aussi calme et rassurante, Hugo m'informa qu'il avait déjà longuement réfléchi à la question de son côté, avant même que nous ne soyons ensemble, à l'époque où nous n'étions que de simples sex-friends.
Tout en continuant de m'enlacer avec tendresse, il tenta de répondre à mes inquiétudes, en m'indiquant qu'il était probablement l'homme qui me connaissait le mieux, et qu'il m'acceptait telle que j'étais, en toute « connaissance de cause », avec mes forces et mes faiblesses, avec ma sensibilité et mon hypersexualité...
— Et puis tu sais... on a couché ensemble alors que tu étais en couple... et follement amoureuse d'un autre. Même si à l'époque c'était difficilement compréhensible pour moi, j'ai beaucoup réfléchi à la question. Je sais que tu as de grands besoins. Même si des fois c'est un peu trop pour moi, perso, j'adore le fait que tu aies envie de moi tout le temps... Mais je sais que le sexe et les sentiments ne sont pas forcément liés pour toi. Je sais aussi que même si tu n'as pas toujours été fidèle sexuellement, tu l'es sentimentalement. Depuis des mois, j'espérais devenir plus que ton ami, plus qu'un simple plan cul, mais ce n'est pas pour autant que j'ai oublié la manière avec laquelle tu fonctionnes... Pour répondre à une partie de tes inquiétudes... si ça peut t'aider... je te dirais simplement que je n'ai pas envie d'exiger de toi quelque chose que tu ne peux pas me promettre. Je te prends telle que tu es et j'ai envie que tu sois heureuse à mes côtés, totalement heureuse... m'expliqua Hugo avec une assurance déconcertante.
Tandis que mon cœur cognait avec force dans ma poitrine, j'écoutai religieusement Hugo m'exposer sa vision des choses et son besoin de me voir m'épanouir pleinement à ses côtés.
À vrai dire, j'étais stupéfaite par sa réaction. Non seulement il ne réagissait pas mal... mais surtout, il me dévoilait, à sa manière, la profondeur de ses sentiments à mon égard. Si son attitude était aussi réconfortante qu'inattendue, je ne comprenais pas vraiment le sens de son propos...
— Je suis pas sûre de bien comprendre ce que tu veux dire... finis-je par lui répondre, totalement perdue.
Tandis que les questions se multipliaient dans mon esprit confus, Hugo poursuivit son explication.
Pour lui, la franchise, l'honnêteté et la transparence au sein de notre couple étaient « la base » d'une relation solide et durable. M'exhortant à ne pas avoir peur de « tout lui dire »... y compris si cela impliquait de partager avec lui, le jour venu, mes pulsions pour d'autres ... il me précisa également que son épanouissement personnel passait avant tout par une relation « exclusive sur le plan affectif »...
— Même si on s'éclate au lit et même si ça compte forcément... ce n'est pas le cul qui fait qu'on a envie d'être ensemble. Le cul... c'est juste du cul. Nous deux, c'est plus que ça... en tous les cas pour moi... me lança-t-il.
— Pour moi aussi... murmurai-je.
— Et bien voilà, c'est ça le plus important, ce lien qui fait que l'autre est la personne la plus importante. Moi, c'est ça dont j'ai besoin pour être heureux, de savoir que je suis celui qui occupe tout ton cœur... Ça, je ne pourrais pas le partager, pour le reste, il y a plein de manières d'être un couple. C'est juste à nous de trouver celle qui nous convient à tous les deux... reprit-il en continuant de caresser mon dos.
Alors que mon cerveau était assailli par une multitude d'émotions contradictoires, j'essayai de comprendre le sens de la réponse d'Hugo. Un bref silence, puis je me lançai...
— Tu es le seul à occuper mon cœur, et tu le sais... enfin je pense que je te le montre, même si je le dis pas avec des mots. Mais de manière concrète... tu t'imagines me laisser coucher avec d'autres hommes... sans que ça te fasse quelque chose ? Je dis pas que c'est ce dont j'ai envie... parce que là maintenant, j'en ai pas du tout envie, vraiment pas. Mais je sais qu'un jour ou l'autre, ma tête repartira en vrille, que je recommencerai à ressentir le besoin de coucher avec d'autres hommes... Je ferais tout pour lutter contre, pour résister, mais mes envies deviendront petit à petit des obsessions, un truc plus fort que moi... Je le sais, puisque ça a toujours été comme ça... et cette partie sombre de moi finira par gagner, et je finirai par faire des conneries. J'aimerai tellement que ce soit pas le cas... Je peux te jurer que j'aimerai tellement qu'on soit un couple normal... Ça serait tellement plus simple si j'étais une meuf normale... juste normale... lui dis-je d'une voix tremblante.
— Ne dis pas n'importe quoi, t'es une meuf normale... Et puis regarde, on arrive à en parler et ça, c'est cool... On est deux maintenant et il n'y a pas de raison qu'on n'arrive pas à gérer ça ensemble... tenta de me rassurer Hugo.
— Je sais... je sais que j'ai de la chance de t'avoir... mais franchement... je ne sais pas comment tu fais pour m'accepter comme je suis... parce que moi, j'y arrive pas... lui répondis-je avant de fondre en larmes.
Emportée par un trop plein d'émotions, je me mis à sangloter... Tandis que mes yeux ruisselaient sur mes joues, comme un barrage venant de céder sous la pression, je prenais conscience de la chance immense qui était la mienne.
Jamais je ne m'étais confiée ainsi à un homme... mais surtout... jamais je n'aurais imaginé trouver une personne sur terre capable de faire preuve d'une telle tolérance et d'une telle compréhension à mon égard. Hugo était un homme formidable, je le savais déjà, mais par sa réaction... je découvrais qu'il l'était bien au-delà de toutes mes espérances...
— Avant, tu ne pouvais pas en parler, mais maintenant, tu sais que c'est le cas. Peut-être que rien que ça... ça t'aidera à gérer, à ne pas monter en pression toute seule. Le jour où c'est le bordel dans ta tête, bah tu m'en parles... sans flipper de ma réaction. Moi, je pense que ça peut même être un jeu entre nous, une source d'excitation mutuelle...... Et puis, entre plans cul occasionnels, couple libre ou encore libertinage... Y a plein de couples qui trouvent leur bonheur à leur manière. Là, pour l'instant, je ne sais pas te dire quelle est la meilleure solution pour nous deux, mais la seule chose que je sais, c'est que j'ai pas envie de te mettre dans une cage... Je veux que tu sois heureuse avec moi, qu'on soit heureux tous les deux, et qu'on gère ensemble ton hypersexualité... reprit Hugo d'une voix rassurante.
Incapable de trouver les mots pour lui répondre, je restai collée à lui, le serrant une fois encore de toutes mes forces, comme pour m'assurer de le garder « à jamais » contre moi...
Hugo avait réagi de la plus belle des manières, trouvant les mots pour apaiser mes angoisses. Même si je ne comprenais toujours pas comment il faisait pour réagir avec autant de bienveillance, le simple fait de savoir qu'il m'acceptait telle que j'étais, renforça encore un peu plus mon amour pour cet homme extraordinaire, autant que mon désir pour lui... et pour lui seul.
En faisant preuve d'une grande compréhension et en ouvrant la porte à une forme de « liberté », paradoxalement, il venait de décupler mon envie d'exclusivité. C'était totalement absurde... incohérent et inexplicable... mais c'était bel et bien le cas...
— Moi aussi, j'aimerai te rendre heureux... finis-je par lui dire à l'arrêt de mes sanglots.
— C'est vrai ? La vache... ça fait beaucoup de bonnes nouvelles en une soirée ! Allez, ne t'inquiète pas... On aura tout le temps d'en reparler à têtes reposées, mais je suis content que tu aies eu le courage de me confier ce que tu avais sur le cœur. Comme tu l'as si bien dit... on est un couple... et on peut tout partager ensemble. On va la construire notre belle histoire... me répondit-il en me serrant une dernière fois dans ses grands bras.
Lorsqu'il finit par relâcher son étreinte, je plongeai mon regard dans le sien. Un échange silencieux, mais puissant... où mes yeux rougis par mes pleurs lui exprimèrent le profond sentiment de gratitude qui m'avait envahi... tandis que les siens, doux et bienveillants, m'exprimaient toute la force de ses sentiments...
— Merci... merci d'être toi... et tu sais quoi ? finis-je par lui dire d'une voix remplie d'émotions.
— Dis-moi ? m'interrogea-t-il en plissant les yeux.
— Je crois bien que... je t'aime... lui murmurai-je en me mettant sur la pointe des pieds pour l'embrasser.
— Je crois bien que moi aussi... je t'aime... me répondit-il, avant de s'incliner vers moi pour poser ses lèvres sur les miennes...
Cette première expression verbale de nos profonds sentiments... dans le plus étrange des contextes... me fit frissonner de bonheur. Mon homme... ou plutôt mon « mec », comme il s'était lui-même défini... venait de me soulager d'un poids immense, par la seule force de ses mots. Même s'il ne disposait pas d'une baguette magique permettant de me transformer en celle que j'aurais aimé être... même si tout restait à construire entre nous... il venait de me libérer de mes angoisses...
— Maintenant que notre repas est tout froid... on est plus à une demi-heure près ? me lança Hugo avec un petit sourire évocateur.
— Trente minutes ? C'est beaucoup trop... j'ai faim maintenant ! Moi je parie qu'en moins de quinze, on aura tous les deux franchi les portes du paradis. Du coup, si j'ai raison, tu me masses les pieds toute la soirée... Si c'est toi qui as raison et qu'on dépasse les quinze minutes... tu me masses les pieds toute la soirée... mais pour me consoler de ma défaite ! C'est équitable, non ? lui proposai-je en essuyant mes joues.
— OK... Donc, c'est toi qui fixes les règles toute seule... d'un pari bidon que je n'ai pas accepté ! s'amusa Hugo les yeux rieurs.
— Exactement ! m'exclamai-je avec entrain.
Le temps d'essuyer une dernière fois mes joues humides d'un revers de la main, puis j'enlaçai Hugo par le cou afin d'approcher son visage du mien...
— Et pour être sûre de gagner, j'ajouterai que... tu as le droit de faire ce que tu veux de moi... tout ce que tu veux. Je suis toute à toi... lui murmurai-je au creux de l'oreille...
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Photo de profil de SweatRabbit
SweatRabbit
14 juillet 2026 à 15:48
Je suis étonné de ne pas avoir lu dans ton récit, les maximes d'André Gide et d'Oscar Wilde

"Choisir c'est renoncer"

"Le seul moyen de se délivrer d’une tentation, c’est d’y céder. Résistez et votre âme se rend malade à force de languir ce qu’elle s’interdit."

"Ceux qui sont infidèles connaissent les plaisirs de l’amour ; ceux qui sont fidèles en connaissent les tragédies."


"Foncer tête baissée!"
Ça sent son bélier ou Taureau ça :lol:

Plus sérieusement, je pense évidemment que ton psy a totalement raison. Mais je pense aussi que ton "problème" est multifactoriel.

Il y a certes la partie confiance en toi, besoin d'alimenter ton pouvoir de séduction pour te rassurer de je ne sais quoi.
Mais en plus de cela, j'y vois deux autres choses.

La première, le fait que tu n'aies pas de blocage à coucher avec plein de partenaires différents. Ton esprit n'est pas affecté par ce genre de blocage que je qualifierais de social. La peur du quand dira-t-on. Évidemment tu as peur des conséquences sur ton couple quand tu es en couple, mais absolument pas que l'on dise de toi que tu es une femme facile. Ça par contre, je pense que tu t'es affranchie de ce genre de crainte.
Je pense d'ailleurs que c'est également en lien avec ta grande capacité orgasmique qui ne souffre pas de blocages éducatifs.
D'ailleurs, regarde: quand avais-tu perdu cette capacité ? Quand tu te faisais des nœuds dans la tête suite à ta rupture.

Deuxième raison que je vois, et qui découle de la première, c'est le shoot.
N'ayant pas de réticence à avoir de multiples partenaires d'un soir, et bien tu es droguée à l'émotion érotique que t'apporte ce genre de relation rapide avec des inconnus ou quasi inconnus (je ne considère pas que quelques échanges de mots sur tinder soient suffisants pour considérer que l'on connaît quelqu'un).
Et donc, tu es droguée au shoot de dopamine de ton cerveau.
Bon, jusqu'à un certain point, car V n'a pas été.... enfin ça a été une grosse merde ce type.

Donc pas de frein mental social et shoot de dopa.

Pour moi, j'associe totalement ton "problème" à une drogue comme la clope, le sucre que tu as essayé dans ta jeunes années et dont tu es devenue dépendante par absence de frein.


Une troisième chose. Le fait que ton homme se soit montré compréhensif et tolérant, calme tes angoisses tout comme le comprimé pour dormir qu'on laisse à disposition sur la table de chevet, calme les angoisses de l'insomniaque. Et du coup il ne s'en sert pas forcément. Le comprimé est là et en soi, cela apaise les angoisses d'insomnie de l'insomniaque.

Enfin, je suis totalement en accord avec la vision de ton homme. Seul compte le bonheur et l'épanouissement de la personne que l'on aime.

Par contre, par respect pour sa tolérance, et le fait qu'il soit capable d'accepter beaucoup, si tes envies te reprennent, alors uniquement des relations d'un soir sans lendemain. Ça devrait être le deal. Ce qui veut dire "PLUS DE PLAN 4 FANTASTIQUES"
Modifié 14 juillet 2026 à 18:28
Soyez respectueux
Répondre
Aliaspo
14 octobre 2024 à 15:09
J'adore votre histoire, vos personnages et la façon dont vous écrivez !!
Soyez respectueux
Répondre
OlgaT
18 septembre 2024 à 11:33
D'abord pardon chère Lucie, pour commenter ton texte avec autant de retard. Soit j'ai loupé la notification que je reçois habituellement par mail ou je ne l'ai pas reçue.
Je m'en serai voulue d'avoir manqué ce chapitre merveilleux, essentiel, qui m'a ému autant qu'il rend heureux.
D'abord parce que c'est un grand moment de bonheur que tu nous racontes.
C'est rare et merveilleux en effet de rencontrer un homme qui nous aime au point de nous comprendre, d'accepter, de vivre avec une hypersexuelle, ce qui ne va pas sans règles, la première étant la franchise et la transparence. Ne rien se cacher, tout se dire.
J'ai aussi été émue en lisant ce que tu dis sur ton mal être, le manque d'estime de soi. Car c'est exactement ce que j'ai ressenti à plusieurs moments de ma vie, surtout quand il nous arrive de faire n'importe quoi.
Mais ton bonheur fait plaisir, surtout en ayant en tête ce que tu as traversée! Vivement la suite
Bisous
Soyez respectueux
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Photo de profil de Doctor Nobody
Doctor Nobody
7 septembre 2024 à 15:21
Voilà ma chère Lucie,

J'ai enfin pris le temps de lire ce chapitre. Ça fait toujours plaisir de te voir te livrer en toute honnêteté et de voir que je peux toujours autant m'identifier à Hugo par ses réactions :D

Un chapitre très agréable à lire. Mais dommage que les pâtes soient froides ;)
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Armen75
Armen75
5 septembre 2024 à 20:52
C’est de plus en plus beau. Pas cucu mais poignant. Merci merci Lucie
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LaVieDeLucie
5 septembre 2024 à 13:55
(et non je ne parle pas d'échange de partenaires ! Vilaine ! 😅).

Eh ! Mais j'ai rien dit, moi 😳 !

Qui ne dit mot consent !
Ok... ça n'a aucun sens dans le contexte, mais c'est la première idée qui m'a traversée l'esprit.
Je vais aller me reprendre un café, je crois que j'en ai besoin... ;)
Soyez respectueux
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Wedreca
5 septembre 2024 à 11:41
(et non je ne parle pas d'échange de partenaires ! Vilaine ! 😅).

Eh ! Mais j'ai rien dit, moi 😳 !
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cocolst
4 septembre 2024 à 20:00
Ben, ma LuluString, tu m'as fait peur : j'ai cru que les pâtes allaient être trop cuites 😅. Ouf, tu t'es bien rattrapée tout de même malgré la surcharge des pensées. Par contre, les carbo réchauffées... pas convaincu. Autant, les bolo, oui, voir même, ça peut être meilleur après un second tour en faisant légèrement griller le fond de la casserole pour avoir un peu de croustillant 🤤.

Ouais, ok, ton texte ne parle pas de top chef. Merci de nous raconter ta vie, tes doutes, tes inquiétudes. J'aime ce côté "il me donne de la liberté, alors j'ai envie de m'emprisonner dans ses bras". C'est beau, c'est doux, c'est agréable à lire.

J'imagine que la suite montrera un peu plus sur cette ouverture d'esprit, sur "l'experience" à tester un amant, et découvrir la réaction de chacun.

Quoi qu'il en soit, bisou ; on se voit au plus tard au prochain chapitre 😉
Soyez respectueux
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Wedreca
4 septembre 2024 à 18:06
Lucie,

Ce chapitre qui, il est vrai, n'est pas des plus portés sur l'action, se rattrape à la fin par cette libération mentale qu'est cette déclaration à Hugo. Le fait que tu te livres sur le mal qui te ronge et que lui te comprenne (et même aille plus loin en te proposant d'adapter votre sexualité à tes besoins), est sûrement la meilleure chose que tu aies faite depuis le début de l'histoire ^^'.

Alors déjà, bravo pour cette décision, et ensuite, bravo pour ce chapitre clé dans ta relation avec Hugo :) !
Soyez respectueux
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Utilisateur supprimé
3 septembre 2024 à 22:35
Waouh!!!

Un bien beau récit for et puissant. L’émotion est à son comble quand je lis ce magnifique hymne à l’amour et à la compréhension sans une once de jugement.

Mille merci pour ce magnifique témoignage.
Soyez respectueux
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