Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Vacances au domaine — Chapitre 3
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Vacances au domaine
Chapitre 3
Je sors de la voiture, assez intimidé. Mathieu décrivait un lieu assez classe, il avait raison. Pour la première fois de ma vie, quelqu’un m’ouvre la porte.
Mon chauffeur dépose ma valise à côté de moi et va discuter avec le monsieur. Ils échangent quelques mots que je n’entends pas. Puis il repart vers sa voiture, entre puis redémarre et s’en va, sans même me regarder, toujours dans le silence.
Mon chauffeur dépose ma valise à côté de moi et va discuter avec le monsieur. Ils échangent quelques mots que je n’entends pas. Puis il repart vers sa voiture, entre puis redémarre et s’en va, sans même me regarder, toujours dans le silence.
Ce monsieur, à la chevelure dégarnie, grand et très musclé, revient vers moi.
— Votre prénom ? me demande-t-il avec un accent des pays de l’est.
— Louis.
— Très bien Louis, je m’appelle Victor, enchanté, je suis l’intendant du Domaine, veuillez me suivre.
— D’accord, enchanté, dis-je avec un sourire nerveux.
— Louis.
— Très bien Louis, je m’appelle Victor, enchanté, je suis l’intendant du Domaine, veuillez me suivre.
— D’accord, enchanté, dis-je avec un sourire nerveux.
Victor prend ma valise, remonte les escaliers et m’attend devant la porte, je le précède. Puis il tend le bras pour m’inviter à entrer.
L’intérieur est sublime. Le hall d’entrée est dans un style ancien, deux escaliers en bois foncé se font face de chaque côté, une petite fontaine au centre ornée d’une mosaïque digne d’une peinture de Michel Ange. Le sol, rouge bordeaux se marie parfaitement aux murs beige clair qui sont eux remplis de plusieurs tableaux. Un lustre en Crystal éclaire la pièce, je me sens transporté dans un musée. Voir ça me rassure et me conforte, j’ai bien fait de venir. Un sourire niais apparaît sur mon visage.
— Splendide n’est ce pas ? dit Victor.
— C’est magnifique oui.
— Je vous laisse me suivre.
— C’est magnifique oui.
— Je vous laisse me suivre.
Nous restons au rez-de-chaussée, nous empruntons un long couloir vers la partie gauche du bâtiment. J’accompagne Victor, tout en regardant au travers des nombreuses fenêtres que nous rencontrons. J’admire la beauté des paysages bucoliques qui s’offrent à moi. C’est un bel été, même pour le nord de la France.
La voix de Victor me fait sortir de ma bulle :
— Je vous emmène à l’infirmerie, c’est la première étape. Vous me retrouverez dans le hall d’entrée une fois terminé. Je vous ferai une visite plus détaillée des lieux ensuite.
— D’accord merci.
— D’accord merci.
Nous arrivons devant l’infirmerie :
— Voilà c’est ici, à tout à l’heure.
Je toque à la porte, une voix au loin m’invite à rentrer :
— Bonjour.
— Bonjour, je t’en prie, installe-toi.
— Bonjour, je t’en prie, installe-toi.
Une dame assez jeune est derrière son ordinateur. Je vais m’asseoir face à elle. C’est une pièce qui ressemble à n’importe quel cabinet de médecin généraliste, avec quelques appareils électroniques en plus.
— Je me présente, Crysta, je suis l’infirmière du Domaine, ici tu es dans mon bureau. Si tu as un problème, tu peux venir me voir à n’importe quel moment. D’accord ?
Je hoche la tête.
— Bien, est-ce qu’on t’a expliqué pourquoi on se voit ?
— Oui, vous allez me faire un test de dépistage.
— C’est exact, mais pas que, je vais te poser plusieurs questions. Et c’est également avec moi que tu vas remplir ta carte Yourself.
— Oui, vous allez me faire un test de dépistage.
— C’est exact, mais pas que, je vais te poser plusieurs questions. Et c’est également avec moi que tu vas remplir ta carte Yourself.
Je suis étonné, son contenu n’aura rien de médical. Ça risque même d’être assez gênant de discuter de mes différentes envies avec elle :
— Ah bon ?
— Oui je suis là pour m’assurer de la clarté de ta carte afin de t’éviter toute mésaventure avec un client. L’important est de ne laisser aucun doute dans les informations que tu y mettras. D’accord ?
— Oui d’accord.
— Ne t’inquiète pas, je suis bien consciente de ce que tu noteras dedans. Je suis ici depuis des années maintenant, entre les clients et les saisonniers, je connais maintenant toutes les pratiques sexuelles du monde gay. Tu ne risques pas de m’étonner.
— Oui je suis là pour m’assurer de la clarté de ta carte afin de t’éviter toute mésaventure avec un client. L’important est de ne laisser aucun doute dans les informations que tu y mettras. D’accord ?
— Oui d’accord.
— Ne t’inquiète pas, je suis bien consciente de ce que tu noteras dedans. Je suis ici depuis des années maintenant, entre les clients et les saisonniers, je connais maintenant toutes les pratiques sexuelles du monde gay. Tu ne risques pas de m’étonner.
Elle tape quelques mots sur son clavier. Et reprend :
— Bien nous allons commencer par te peser et te mesurer.
S’ensuivent des questions bateaux, si j’ai des allergies ou des soucis médicaux, si je suis un traitement, si j’ai ramené des médicaments, etc. Je suis en bonne santé alors cette étape est vite réglée. Son dossier rempli, elle m’invite à m’allonger sur le lit afin de me faire plusieurs prises de sang afin de me dépister. En attendant les résultats, elle me tend une feuille. Ma carte Yourself.
Je commence à la remplir. Je m’attendais à avoir plus de place pour écrire, tant pis, je garderai les éléments importants.
Prénom : Louis.
Sexe : Homme.
Âge : 19 ans.
Taille : 1m71
Poids : 56 kilos.
Ethnie : Caucasien.
Pilosité : Très faible.
Préférence sexuelle : Passif 100%
Tranche d’âge du/des partenaires sexuel : 18 à 50 ans.
Préservatif obligatoire : Non.
Présentation : Coucou, moi c’est Louis, j’habite le Grand Est et je viens tout juste de décrocher mon diplôme ! Je n’avais pas prévu de passer mes vacances ici, mais ce lieu, que je décrirai comme insolite, a attisé ma curiosité. (Et j’ai besoin d’argent aussi). J’arrive aujourd’hui, le 1er juillet et j’espère repartir le plus tard possible, plein de bons souvenirs en tête. Cette expérience sera aussi une épreuve pour moi. Je suis assez timide et réservé. Si tu lis cette présentation, c’est que mon profil t’intéresse, alors je te préviens, j’ai besoin qu’on me mette en confiance. Il y a aussi des vestiges de mon passé que je ne peux pas cacher. Ignore-les.
Liste non exhaustive de ce que j’aime : le vert, la vanille, les pêches blanches plates, les romans de SF, les fleurs et les chats. Sexuellement, j’ai peu d’expériences. Elles se limitent aux préliminaires et elles étaient relativement conventionnelles. Bien que puceau, je suis ouvert à beaucoup de choses, j’aimerais me découvrir sexuellement et rattraper le temps perdu. L’idée d’être soumis m’a souvent traversé l’esprit. J’attends de lire vos cartes Yourself pour découvrir de nouvelles choses. Je déteste qu’on touche à mes tétons et j’ai un faible pour les sexes circoncis. Voilà, hâte de te rencontrer. :)
Fantasmes sexuels : Circoncis, soumission, double pénétration, sexe à plusieurs, sextape.
Sexe : Homme.
Âge : 19 ans.
Taille : 1m71
Poids : 56 kilos.
Ethnie : Caucasien.
Pilosité : Très faible.
Préférence sexuelle : Passif 100%
Tranche d’âge du/des partenaires sexuel : 18 à 50 ans.
Préservatif obligatoire : Non.
Présentation : Coucou, moi c’est Louis, j’habite le Grand Est et je viens tout juste de décrocher mon diplôme ! Je n’avais pas prévu de passer mes vacances ici, mais ce lieu, que je décrirai comme insolite, a attisé ma curiosité. (Et j’ai besoin d’argent aussi). J’arrive aujourd’hui, le 1er juillet et j’espère repartir le plus tard possible, plein de bons souvenirs en tête. Cette expérience sera aussi une épreuve pour moi. Je suis assez timide et réservé. Si tu lis cette présentation, c’est que mon profil t’intéresse, alors je te préviens, j’ai besoin qu’on me mette en confiance. Il y a aussi des vestiges de mon passé que je ne peux pas cacher. Ignore-les.
Liste non exhaustive de ce que j’aime : le vert, la vanille, les pêches blanches plates, les romans de SF, les fleurs et les chats. Sexuellement, j’ai peu d’expériences. Elles se limitent aux préliminaires et elles étaient relativement conventionnelles. Bien que puceau, je suis ouvert à beaucoup de choses, j’aimerais me découvrir sexuellement et rattraper le temps perdu. L’idée d’être soumis m’a souvent traversé l’esprit. J’attends de lire vos cartes Yourself pour découvrir de nouvelles choses. Je déteste qu’on touche à mes tétons et j’ai un faible pour les sexes circoncis. Voilà, hâte de te rencontrer. :)
Fantasmes sexuels : Circoncis, soumission, double pénétration, sexe à plusieurs, sextape.
Ma carte remplie, je la redonne à Crysta. Elle survole la feuille et me dit :
— Parfait, tu pourras venir la modifier quand tu veux. Tu as des questions ?
— Non aucune.
— Bien, tu as des photos intimes pour accompagner ta carte Yourself ?
— Non aucune.
— Bien, tu as des photos intimes pour accompagner ta carte Yourself ?
J’ai en effet sélectionné quelques photos, secrètement j’adore me prendre en photos, plus ou moins nu. Parmi tous mes clichés, j’en ai sélectionné 4. Un allongé dans mon lit en t-shirt sur le ventre remontant mes fesses en arrière-plan. Un à genoux, avec un nounours en jockstrap noir. Le troisième debout en jocktrap également et le dernier où je suis de dos à genoux écartant les deux fesses pour offrir une vue parfaite sur mon anus. Je suis assez maigre et peu musclé, mais je trouve tout de même mes photos très alléchantes.
J’envoie mes photos sur son adresse mail. Elle regarde à peine et imprime les 4 photos.
Souriante, elle me raccompagne jusqu’à la porte. J’emprunte à nouveau le couloir et rejoins Victor à l’accueil. J’arrive dans le hall et aperçois Victor de dos en train de parler à quelqu’un. Je me rapproche en me décalant sur droite pour voir le visage de son interlocuteur. Je reconnais immédiatement Mathieu. Excité, j’accélère le pas et interromps leur échange :
— Coucou Mathieu !
— Ah salut Louis.
— Ah salut Louis.
Victor se retourne et m’adresse la parole :
— Monsieur a terminé et je vois que vous vous connaissez.
Mathieu et moi nous regardons, chacun avec un grand sourire :
— Ravi que tu sois venu Louis, Victor je peux vous l’emprunter et lui faire la visite ?
— Mais bien sûr Mathieu, vous savez où me trouver en cas de problème.
— Mais bien sûr Mathieu, vous savez où me trouver en cas de problème.
Victor monte les escaliers, nous laissant que tous les deux :
— Tu me suis Louis ?
— Oui ! dis-je. Sans cacher mon enthousiasme.
— Oui ! dis-je. Sans cacher mon enthousiasme.
Nous faisons le tour du petit bassin et passons une porte qui mène à une véranda. Il fait très chaud dans la pièce, malgré une forte quantité de plantes vertes présentes dans la salle. Le soleil tape aujourd’hui. Nous continuons. Mathieu ouvre une baie vitrée et m’invite à sortir. Un courant d’air très pur et frais vient caresser mon visage. Je ferme les yeux et profite un court instant de ce moment.
Nous nous retrouvons dans le jardin et je découvre deux autres bâtiments. Plus petits qui étaient jusque-là cachés par le manoir. L’un à ma droite, le second à gauche. Séparés de la bâtisse principale par une vingtaine de mètres, ils offrent une belle discrétion.
Le domaine est d’une symétrie parfaite, isolé de tout, seulement les sons de la nature parviennent à mes oreilles. C’est un cadre qui fait rêver.
Le jardin, excellemment entretenu arbore une multitude de flores donnant des couleurs par centaines. Des arbres taillés et une herbe coupée proposent une verdure somptueuse qui pourrait rendre jaloux les jardins du château de Versailles. Des arbres de différentes espèces bordent les chemins. Entre eux se trouvent des statues de femmes et d’hommes nus mimant des gestes qu’est amené à faire un arboriculteur.
Je le suis en regardant tout autour de moi, émerveillé encore une fois du cadre. Durant notre petite marche, je repense au fait qu’il m’a ignoré pendant plusieurs semaines. Il est grand temps d’avoir une discussion.
Mathieu m’invite à m’asseoir dans l’herbe à l’ombre d’un chêne. D’un ton sec, je demande :
— Pourquoi tu ne répondais pas à mes messages ?
Je pensais le surprendre, mais il répond immédiatement. Sa défense étant déjà trouvée, il s’attendait à ce que je le questionne :
— Si tu veux qu’on devienne ami, ça sera après ton séjour ici.
— Et pourquoi ça ?
— Parce que c’est les règles. Les saisonniers ne se connaissent pas. L’objectif c’est de vous découvrir. Et pour te découvrir, tu dois être sans attache.
— Et pourquoi ça ?
— Parce que c’est les règles. Les saisonniers ne se connaissent pas. L’objectif c’est de vous découvrir. Et pour te découvrir, tu dois être sans attache.
C’est quoi cette excuse bidon, si je suis venu c’est uniquement pour le revoir. Sur un ton encore plus froid, je continue :
— Tu n’es plus saisonnier toi, et Victor te connaît.
— Non, je serai là en soutien à l’équipe, afin de répondre aux demandes ou questions des saisonniers.
— Non, je serai là en soutien à l’équipe, afin de répondre aux demandes ou questions des saisonniers.
L’ambiance est électrique, chacun se regarde avec le visage fermé.
Déçu des réponses qu’il me donne, je jette l’éponge pour aujourd’hui. Lui dire que je suis venu pour lui le mettrait dans une position inconfortable. Vu ce qu’il m’a dit, il pourrait décider de couper les ponts avec moi afin de ne pas créer de lien. Je préfère me contenter de ce que j’ai et j’essaierai d’en reparler avec lui plus tard :
— D’accord.
— Bien, alors par où commencer, ici nous sommes dans les jardins du Domaine, il est libre d’accès, de jour comme de nuit pour se balader. Derrière toi, le bâtiment par lequel nous sommes arrivés. C’est l’entrée principale. Au rez-de-chaussée du côté gauche se situent l’infirmerie que tu as déjà vue et la cantine où vous mangerez. Du côté droit se trouve le bar-restaurant où les convives mangeront ainsi que les cuisines. Le premier étage lui est réservé à nous, les salariés du Domaine. Victor, Crysta et moi par exemple dormirons là-bas. Ce sont nos quartiers. Enfin le dernier étage est totalement interdit d’accès, c’est l’appartement du propriétaire ainsi que son bureau.
— Bien, alors par où commencer, ici nous sommes dans les jardins du Domaine, il est libre d’accès, de jour comme de nuit pour se balader. Derrière toi, le bâtiment par lequel nous sommes arrivés. C’est l’entrée principale. Au rez-de-chaussée du côté gauche se situent l’infirmerie que tu as déjà vue et la cantine où vous mangerez. Du côté droit se trouve le bar-restaurant où les convives mangeront ainsi que les cuisines. Le premier étage lui est réservé à nous, les salariés du Domaine. Victor, Crysta et moi par exemple dormirons là-bas. Ce sont nos quartiers. Enfin le dernier étage est totalement interdit d’accès, c’est l’appartement du propriétaire ainsi que son bureau.
Assis en tailleur, ma main retenant ma tête, je bois ses paroles, sans vraiment les retenir, je le regarde sans bouger, mes yeux contemplent chaque parcelle de son visage. Ses cheveux bruns sont plus longs qu’à notre première rencontre, ils sont coiffés à la va-vite sur le côté, ce qui le rend plus attirant. Son teint mat contraste avec la blancheur de ses dents, elles-mêmes parfaitement ajustées. Il est rasé à ras et une petite fossette apparaît lorsqu’il prononce certains sons. Perdu à le contempler, je finis par ne plus l’écouter, il le remarque :
— Allo la terre ici Mathieu.
— Hein ?
— Hein ?
Il souffle, me sourit en penchant légèrement sa tête :
— Je t’ai perdu ou quoi ? Pourquoi tu me fixes comme ça ?
— Je te fixe pas, j’écoute.
— Si tu me fixes, t’es amoureux ou quoi ?
— Hein, mais pas du tout qu’est-ce que tu racontes ? dis-je en tournant ma tête vers le tronc du chêne pour échapper à son regard.
— Je te fixe pas, j’écoute.
— Si tu me fixes, t’es amoureux ou quoi ?
— Hein, mais pas du tout qu’est-ce que tu racontes ? dis-je en tournant ma tête vers le tronc du chêne pour échapper à son regard.
Mes pensées se brouillent un court moment. Amoureux ? Je le trouve attirant c’est tout, l’amour n’arrive pas comme ça si vite.
Un coup de chaud m’envahit. Je rougis, trahissant mes émotions. Je le sais, car je remarque ses sourcils se froisser légèrement, son visage passe de la joie à l’interrogation. Il détourne son regard de moi, je le sens réfléchir brièvement puis me regarder à nouveau :
— Bref, ça c’était pour le bâtiment principal. Celui à notre gauche c’est l’hôtel. Plusieurs chambres sont au premier étage. En bas se trouve un spa, avec des jacuzzis et un sauna exclusivement réservé à la clientèle. Celui à notre droite c’est vos chambres à vous les saisonniers. Vous serez 7 cette année, assez peu, il y aura beaucoup de travail, mais au moins vous avez une chambre par personne. La plupart sont déjà arrivés et sont en train de s’installer. Tu seras au premier étage à la chambre numéro 10. Et pour terminer derrière moi, au loin se trouvent les vergers et potagers du domaine. Il est également libre d’accès à tout moment, cependant je te mets en garde. Ce verger est assez grand et est entouré d’une forêt qui s’étend sur des dizaines d’hectares, elle n’est pas balisée alors ne t’y aventure pas sans être sûr de connaître le chemin retour. Voilà c’est à peu près tout. Tu as des questions ?
Encore irrité par notre dernier échange, je fais un simple non de la tête. Il se relève et me demande de le suivre. Nous nous dirigeons vers le bâtiment alloué à nos quartiers. Nous pénétrons à l’intérieur. Il est du même style que le bâtiment principal et tout aussi très propre. Je suis Mathieu qui ne m’a plus adressé la parole depuis que nous avons quitté le jardin. Nous montons les escaliers. J’entends les marches grincer ainsi que quelques pas sourds provenant des chambres alentour, le parquet ancien est très bruyant. Nous arrivons devant la porte numéro 10. Il l’ouvre et m’invite à entrer en tendant le bras.
La pièce est à peine plus petite que mon studio étudiant. Les murs sont en gris clair. Le sol est fait de bois, un parquet marron clair qui a du vécu. Un grand lit queen size est au centre de la pièce, 4 gros oreillers à la tête du lit, un plaid léger qui fait office de couverture. La literie est d’une blancheur royale, un chemin de lit vert pastel rajoute un peu de couleur et s’associe avec un tapis vert lui aussi sur lequel se trouve la valise. À droite une armoire à double porte, grande ouverte et totalement vide. À gauche une salle de bain avec des toilettes, un lavabo et une douche à l’italienne. Si c’est à cela que ressemble les chambres des saisonniers, je n’imagine pas celles de l’autre bâtiment.
J’entre et commence à ouvrir ma valise afin de ranger mes vêtements. Mathieu sort de son silence :
— Elle te plaît ? Un peu plus luxueuse que ton studio non ?
Je me tourne vers lui et rétorque en rigolant :
— Un peu beaucoup même. Je suis traité comme une princesse ici.
— C’est ce que tu mérites.
— C’est ce que tu mérites.
Étonné de sa phrase, j’arrête ce que je fais. Pourquoi dit-il cela ? Ça me touche, je sens mon cœur se serrer et réponds à voix basse en regardant ma valise :
— Il me manque encore mon prince par contre.
— Pardon qu’est-ce que tu as dit ?
— Pardon qu’est-ce que tu as dit ?
Je me relève et me tourne face à lui :
— Oh non rien du tout, tu n’entres pas ?
— Non il ne vaut mieux pas.
— Ah bon ? Pourquoi ?
— Non il ne vaut mieux pas.
— Ah bon ? Pourquoi ?
À nouveau il détourne le regard de moi et le pose sur le sol :
— Installe-toi, dans 30 minutes le propriétaire vous fera un discours de bienvenue dans le jardin. J’ai des choses à faire, à plus tard, Louis.
Il disparaît de mon champ de vision. J’entends ses pas s’éloigner, je veux le rattraper et insister pour qu’il reste, mais je reste immobile.
Après avoir rangé mes affaires dans l’armoire, je vais visiter la salle de bain. Des serviettes sont sur le chauffe-serviette. Du gel douche, du shampoing ainsi que du savon liquide à pH neutre sont dans la douche.
J’ouvre le placard présent sous le lavabo et découvre une boîte de préservatifs, du lubrifiant, des rasoirs à usage unique ainsi qu’une canule de douche et une poire de lavement.
Cette vue me met mal à l’aise, pensant que je vais devoir m’en servir pour me préparer en vue d’une pénétration. Moi qui imaginais faire ma première fois avec l’homme de ma vie, je me rends compte qu’elle arrivera certainement ici, avec un inconnu. J’espère réussir à me servir de tous ces outils.
J’ouvre mon téléphone, bientôt 18 heures, j’envoie un message à mes frères, les prévenant que je suis bien arrivé et me dirige vers ma porte afin de descendre dans le jardin pour écouter le discours de bienvenue.
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