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✦ Mrnestpasla Vivre, tout simplement XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Vivre, tout simplement — Chapitre 1 · Partir

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Mrnestpasla
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Vivre, tout simplement

Chapitre 1 · Partir

Cher lecteur, je prends mon temps pour écrire, pour construire mon récit. Si cela vous intéresse, soyez les bienvenus. Sinon, je crains que vous ne soyez déçus... Bonne lecture
 
  Punk à chien… C'est comme ça qu'ils nous appellent. Marginaux, SDF, clodos aussi parfois. On leur fait peur, nos fringues leur font peur, nos coiffures, nos DocMarteens leur font peur. Mais surtout nos chiens leur font peur.
   S'ils savaient que moi, c'est eux qui me font peur. Ces messieurs bourgeois respectables, notables, dont la bedaine engoncée dans un costule est l‘affirmation de leur réussite, comme mon père dont j'ai senti le regard changer dès le début de mon adolescence. Ces dames aux colliers de perles, aux anneaux d'or, maquillées en toutes circonstances, bonnes-femmes au foyer qui n'ont fait les meilleures études que pour rencontrer un mari alors-même qu'elles sont plus intelligentes et compétentes que lui… comme ma mère, qui refusant le scandale, m'a giflé le jour où je lui ai dit que son frère, que mon oncle, avait essayé de me faire l'amour avec trop d'insistance pendant l'été.
   J'ai peur de la société dans laquelle je devrais me conformer. Elle est peuplée de jeunes hommes qui ne me voient que comme une proie trop belle pour eux, qui compensent leur manque de confiance en soi par une agressivité latente et toxique. De l'autre côté, il y a les femmes, coincées entre une sorte de jalousie collective et une solidarité féministe.
   L'été de mes 18 ans, avec des amis, nous avons fait un premier festival juste après la fête de la musique. Avec les purs et durs, on en a fait un deuxième juste après. Avec des gens rencontrés au deuxième, j'en ai fait un troisième puis un quatrième. Au 6e, je ne connaissais personne depuis plus de 10 jours mais je me sentais bien avec eux, en sécurité, pas de danger. Je les observais consommer de l'alcool pas cher en excès, des substances dont j'ignorais l'existence, je dormais dans une tente que quelqu'un avait abandonnée, je faisais du stop, mes fringues puaient, mes chaussures étaient foutues, j'ai parfois eu très faim, on m'a volé mon portable, j'ai fait des rencontres pas tops, j'ai regardé des mecs, que j'aurais trouvés un peu dégueux quelques semaines plus tôt, jouir entre mes cuisses sans ressentir grand-chose mais j'ai simulé… Le meilleur été de ma vie.
   Et puis je suis rentrée chez moi, chez mes parents. Prête à commencer mes études. J'ai réussi à tenir 4 mois avec les Édouard, Henri, Marie-Sophie, Marie-Clémence, Marie-Machin et autre Jean-Bidule de ma promo. J'ai même eu de bons résultats. Jusqu'à ce que le mec du BDE essaye de me violer lors d'une soirée. Le directeur de l'école me dit que c'est compliqué, qu'il faut penser à la réputation de l'école et la réputation de l'école, c'est ce qui donne de la valeur à notre diplôme… Ma mère qui me dit que j'exagère, que les hommes sont comme ça. Mon père qui continue de me mater, un désir glauque dans son regard. Le flic qui écoute ma plainte, sincèrement, mais qui me dit que sans témoins, sans marques, sans traces, c'est difficile de savoir ce qui sera retenu. Mais pire que tout, ce sont les autres étudiants qui me regardent comme si c'était ma faute, comme si j'avais fait quelque chose de mal tandis que l'autre connard continue d'organiser les soirées de l'école.
   Alors au mois de décembre, je me suis barrée. J'ai pris mon sac à dos de festival, j'ai fourré dedans mes affaires, un sac à dos, ma petite tente récupérée et j'ai disparu. J'ai pris un train vers le sud de la France. En ville j'avais peur des flics alors je suis allée dans l'arrière-pays. Très vite, j'ai réalisé que si je dormais en auberge de jeunesse, le peu d'argent que j'avais allais fondre comme neige au soleil. J'ai fini par camper. J'ai eu froid au point que j'ai eu peur de m'endormir et de ne jamais me réveiller. Tous les soirs, j'écris un message à mes parents pour leur dire que je vais bien mais je n'y crois pas vraiment.
   Jusqu'au soir où je me suis retrouvée près d'une ferme. Les chiens sont arrivés en aboyant, le propriétaire a gueulé au loin. Les chiens se sont calmés, m'ont reniflée les mains et j'ai pu les caresser. Finalement, ils se sont désintéressés et m'ont laissée tout en me gardant à l'œil de loin. Je me suis faufilée dans l'étable. Des vaches, des veaux, de la chaleur. J'ai cherché le coin le plus discret, je me suis recouverte de paille et je me suis endormie direct. Quand je me suis réveillée, l'étable était vide et la paille m'avait cachée.
   J'ai dormi 4 nuits ainsi. Ça démangeait, ça sentait les bêtes et les chiens venaient chercher des caresses. Mais le 4e matin, je suis réveillée par quelque chose ou quelqu'un. Il fait encore nuit mais les néons au plafond m'éblouissent. Au-dessus de moi se tient une sorte de colosse.
-              Vous devriez pas dormir là. Vous allez choper un truc.
-              Quoi ?
-              Venez, je vais vous montrer la salle de bain.
   Je n'ai même pas eu le temps de répondre qu'il s'éloignait. J'ai attrapé toutes mes affaires et j'envisageais sérieusement de me barrer en courant. J'observe cette silhouette masculine, peut-être 1m90, qui dégage une impression de puissance physique indéniable mais je ne ressens aucun danger.
On est entré dans la maison par la porte de la cuisine. Il a sortit une tasse qu'il a posée près de la cafetière.
-              Si vous voulez, j'ai fait du café. Je le fais pas très fort mais je peux en refaire si vous préférez.
-              Non non.
-              La salle de bain est par là, je vais vous montrer.
   Il avance dans le couloir comme un chat. Comment un tel bonhomme peut se mouvoir sans un bruit me dépasse. Il ouvre une porte et m'invite à entrer dans une petite salle de bain impeccable. En passant près de lui, pour la première fois, j'ai vu son visage dans la lumière. Viril, doux, rassurant. Des yeux verts, des cheveux châtains, une barbe de quelques jours où quelques poils roux reflètent la lumière.
-              Il y a du gel douche, du shampoing et du savon.
-              Merci
   J'entre dans la salle de bain et lorsqu'il me s'engage dans la pièce derrière moi, je sens la panique m'envahir. Il ouvre un tiroir, sort une serviette.
-              Tenez.
   Je prends la serviette et me sens ridicule.
-              Je vous laisse, j'ai plein de choses à faire. Servez-vous dans le réfrigérateur. Je repasse à 10h si vous êtes toujours là.
-              Ok.
   La porte se ferme. J'entends une autre porte plus loin dans la maison puis des pas dans les graviers à l'extérieur. Enfin, je me détends. Douche, la première depuis 6 jours. C'est si bon. Jamais mes cheveux n'avaient été si sales, si emmêlés. Partout sur ma peau, des piqures des bestioles qui grouillent dans l'étable. Je me retiens de mettre mes vêtements dans la machine à laver. On ne sait jamais.
   Le café dans la cuisine me réchauffe ; le pain rustique et une confiture de framboise avec du chèvre frais sont le meilleur petit-déjeuner depuis que j'ai quitté la maison de mes parents. 
   J'explore un peu le rez-de-chaussée. Le salon, totalement meublé Ikea, est propre et bien rangé. Je m'installe sur le canapé et je garde près de moi mon sac à dos, prête à déguerpir si la situation pue. Dans ma poche, j'ai le couteau qu'un festivalier m'avait passé l'été dernier.
   Il est 10h15 quand je me réveille. J'entends des pas dans la cuisine, de la vaisselle qu'on nettoie. Mon sac à dos sur l'épaule, la main dans la poche où j'ai mon couteau, je m'avance, toujours prête à détaler. À la lumière du jour, je vois ce grand colosse aux gestes doux qui range sa cuisine méticuleusement, replie les emballages avec tant de soin que tout semble neuf. Quand il m'aperçoit dans l'encadrement de la porte avec mon sac sur l'épaule, il semble comprendre ma méfiance en un instant. Mais je ne sens toujours aucune menace de la part de ce bonhomme qui pourrait me briser comme une allumette.
-              Je ne voulais pas vous réveiller. Vous avez pu vous doucher ?
-              Oui, merci.
-              Je vous en p…
-              Je vais y aller. Désolée de vous avoir dérangé.
-              Vous inquiétez pas. Y a pas de mal.
-              Ok. Merci
   J'hésite entre la porte qui est derrière lui par laquelle nous sommes entrés cette nuit et celle que j'ai vue de l'autre côté de la maison. Au cas où, je choisis celle qui est de l'autre côté. Je me retourne
-              Vous avez besoin de quelque chose ? De l'eau ? À manger ?
-              C'est bon. Je vais me débrouiller.
   Et je file. Du fond de la cuisine, je l'entends une dernière fois.
-              Je dîne vers 19h si vous avez besoin.
   Je ne réponds rien et claque la porte derrière moi. Je traverse la cour de la ferme sans me retourner et m'écarte du chemin dès que j'ai quitté la ferme.
   Qu'est-ce que j'ai fait ? Qu'est-ce que je peux faire ? Il était sympa. Peut-être que j'aurais pu rester un peu. Peut-être que c'est un dingue et qu'il voulait me violer. Ou peut-être me buter tout simplement. Qu'est-ce qu'il fout, tout seul chez lui ? T'en connais beaucoup, des mecs dont la maison est aussi propre ?
   Je grimpe la colline avoisinante, les pensées en furie dans ma tête. De là où je suis, j'aperçois en contre-bas mon colosse que ses chiens poursuivent sur le chemin qui mène au pré où ses vaches paissent. Ils se chamaillent un bout de bois qu'il lance loin devant. Dans le pré d'en face, 3 chevaux dont deux de trait cohabitent avec un poney.
   Je m'assois et l'observe de loi, plus ou moins planquée par un arbre et un rocher. Au bout du chemin l'attend le Kangoo du facteur. Ils se serrent la main, rigolent et le kangoo repart.
   Une heure plus tard, il est assis sur les marches de son perron, engloutissant un sandwich tandis que ses chiens sont planqués à l'ombre
Qu'est-ce que j'imagine ? Qu'il allait étriper le facteur ?
   La journée se passe, il vaque à ses occupations autour de la ferme. La banalité de sa journée me déçoit presque. Rien de ce que mes craintes avaient engendré n'est vrai. Il nourrit ses animaux, bricole, déplace bottes de foin et sacs de grain. Même mes petits fantasmes sont frustrés. Jamais il n'enlève son bleu de travail, jamais il ne se met torse-nu. Il est désespérément normal.
   Et moi, sur ma colline, je grignote au soleil d'hiver les chips mous qu'il me reste en ma gourde est quasiment vide. Quelle conne, j'aurais dû prendre de l'eau. Tant pis, j'irai remplir ma gourde cette nuit au robinet qu'il a à l'extérieur.
   Sa journée touche à sa fin. Il s'est installé devant sa maison sur une chaise de jardin en jogging, tong, t-shirt et sirote une bière en caressant un chat qui a surgit de nulle part. Quand enfin, il rentre dans sa maison et que sa cuisine s'éclaire, j'attends encore une demi-heure avant de me rapprocher. Je crève de soif et le sel des chips n'a pas aidé. Mes pas sur les graviers semblent résonner à des kilomètres à la ronde. J'arrive au coin de la maison où se trouve le robinet. Ma gourde remplit, je me prépare à un repli stratégique mais l'odeur qui se faufile par la fenêtre à l'espagnolette m'ouvre l'appétit au-delà du supportable. J'ose un coup d'œil : il est seul, devant sa cuisinière, et s'active. Un mec seul qui se fait un vrai repas… C'est qui, ce type ? Monsieur Parfait ?
   L'odeur est trop appétissante et mon estomac crie famine. Dans ma poche, je sers fort mon couteau alors que je toque à la porte.
Quand il l'ouvre, il semble réellement content de me voir.
-              Bonsoir.
-              Bonsoir. – Je ne sais pas quoi dire d'autre. Que j'ai faim ? Que je voudrais entrer ? Que j'ai peur qu'il soit un détraqué ?
-              Entrez. J'ai fait un rôti avec des pommes grenailles. Enfin, vous mangez de la viande ?
-              Oui.
-              Super. Je ne savais pas si vous reviendriez. Au fait, je m'appelle Cédric.
   Mon sac à mes pieds, je m'assois à table pendant qu'il ajoute une assiette. Le chat aperçu plus tôt vient renifler mes affaires, prêt à déguerpir, lui aussi, au moindre de mes mouvements.
   Le dîner est bon sans être excellent mais je n'ai rien mangé de tel depuis près d'un mois. Il ne me pose que très peu de questions. D'où je viens, si ça fait longtemps que je suis dans le coin. Et puis vient la question fatidique : est-ce que j'ai besoin d'un endroit où dormir. On y arrive. Le moment où il va m'expliquer qu'il n'y a qu'une chambre, qu'un lit, etc. Tu vois, il est comme tous les autres…
-              Si vous voulez, il y a une chambre en bas et deux autres en haut. Mais je pense que vous préférerez la chambre du bas. Il y a un verrou à l'intérieur.
   Mais c'est pas vrai. C'est moi, la détraquée en fait.
-              Euh, oui, merci. Je préfère.
-            Sinon, je me lève et je me couche tôt, comme vous avez vu, mais il y a la télé dans le salon si vous voulez et vous savez où est la salle de bain. Si ça ne vous ennuie pas, je vais aller me coucher.
-              Non, oui… Enfin pas de problème.
   Quand il se lève, juste de l'autre côté de la table par rapport à moi, ma main plonge dans ma poche instinctivement. Mais non. La vaisselle dans la machine. Bonne nuit et le voilà parti.
   Dans la chambre du rez-de-chaussée, je devine qu'il a changé les draps le jour même. Je verrouille la porte, j'installe une chaise comme dans les films, je tire les rideaux et je me couche, tout habillée, mon sac à portée de main.
   Le lendemain, je trouve du café chaud dans la cuisine, une tasse et des couverts qui m'attendent et un mot : « Je reviens vers 10h. Si besoin, la lessive est dans le placard de la cuisine. »
   À 10h, je me planque dans la chambre où mon linge sèche sur les dossiers des chaises, à la poignée de la fenêtre, etc. Je l'observe par la fenêtre rigoler avec le facteur, jouer avec ses chiens, s'activer.
   Le soir, il toque à ma porte.
-              Vous avez faim ? Je pensais faire des lentilles au lard avec des œufs.
-              Oui, c'est parfait.
   Quand j'arrive dans la cuisine, j'ai laissé mon sac dans la chambre, ainsi que mon couteau. J'ai quand-même mis mes chaussures mais il est en chaussettes, une casserole dans une main, et son regard est toujours aussi bienveillant. La tension se relâche doucement.
-              Je m'appelle Julie. – C'est faux mais il n'a pas besoin de le savoir.
   Il faut 3 jours avant que nous ne nous ouvrions l'un à l'autre. Surtout à cause de moi qui ne parle pas finalement. Je lui raconte comment je suis arrivée chez lui en mentant sur la ville d'où je viens. Il m'écoute sans jugement. Il semble comprendre. Et je découvre pourquoi le 4e jour. Bisexuel, plus intéressé par les hommes que les femmes, son père l'a chassé de chez lui à 17 ans après lui avoir mis une trempe. Sa mère a quitté son père dans la foulée et il s'est installé chez elle. Ensembles, ils ont repris la ferme de ses grands-parents. Sa mère est maintenant en maison et il vit seul. Rencontrer un homme dans le milieu agricole, c'est plutôt compliqué et pas toujours bien accepté.
   Au bout d'une dizaine de jours, j'ai déménagé dans une chambre à l'étage. Plus grande, avec une salle de bain attenante. J'ai commencé à m'occuper des chiens, du chat, à récolter les œufs au poulailler, à nourrir les lapins, les oies. Le matin, il est toujours levé avant moi, le soir, il se couche systématiquement après le diner. Il lit plus qu'il ne regarde la télé, il joue plus ou moins de la batterie, de l'harmonica et de la guitare quand il a le temps. Quand j'écris à mes parents que je vais bien, je commence à y croire même si je ne réponds jamais à leurs messages ou à leurs appels.
   Un soir, au diner, il me raconte ses bêtises d'adolescent comme on ne peut en faire qu'en vivant à la campagne. J'éclate de rire et son regard s'illumine.
-              Quoi ?
-              C'est la première fois que je t'entends rire depuis que tu es là.
-              Mais non ! Je rigole tout le temps.
-              Je t'assure. Et ça fait du bien.
   Que dire… ?
-              Merci
-              Merci à toi. Moi aussi, ça me fait du bien. Bon, allez. Demain, c'est une grosse journée. Je vais me coucher.
-              Oui, bonne nuit.
-              Bonne nuit.
   Je reste seule dans la cuisine. Mon ventre me chatouille. Une sorte d'onde me parcourt.
   Dans ma salle de bain, je suis face au miroir. Je me regarde comme je ne l'ai pas fait depuis des mois. Petite, brunette, les cheveux ondulés qui n'ont jamais accepté la moindre tentative de coiffure, des yeux noisette, un nez un peu retroussé et des lèvres fines et comme tracées au crayon. Mes épaules larges, ma poitrine un peu trop grosse, un peu trop lourde pour ma taille, quelques kilos en trop qui me dessinent les hanches tout en gardant un ventre plat et lisse. J'ai toujours senti l'effet que je fais aux hommes et même aux femmes. Je n'ai jamais trop aimé ça. Ces regards toujours chargés d'une envie ou d'une jalousie qui ne dit pas son nom. Mais le regard de Cédric est simplement bienveillant. Et je ne crois pas que ce soit simplement parce qu'il préfère les hommes. Je pense juste que c'est quelqu'un de bien.
   Pour la première fois depuis l'été dernier, une fois sous les draps, je me mets nue. Mes doigts trouvent le chemin de mon intimité que je découvre presque sèche. Pourtant, je sens un désir, timide encore. Je lèche mon majeur et doucement j'écarte mes petites lèvres. Mon clitoris est encore totalement encapuchonné et ma salive n'est pas suffisante. Je porte mes doigts à ma bouche et les lèche abondamment : ils ont l'odeur du gel douche que Cédric m'a acheté plus que de mon intimité.
   Sous ma main gauche ma toison brune, douce et épaisse dont les poils s'enroulent autour de mes doigts. Ma salive commence à faire glisser mes doigts sur mon clitoris que je sens doucement se révéler, se découvrir.
   Mon esprit a du mal à s'égarer mais les images commencent à défiler dans mon esprit. Toutes simples. Sans folie. Cédric dans son short de sport ou les joggings qui lui servent de pyjama. Son torse large qui se dessine sous ses t-shirts… Ses bras puissants, ses mains étonnamment douces, son agilité. Les quelques poils de son torse qu'elle devine parfois. Ce corps dont chaque muscle est sculpté par le travail et non artificiellement gonflé en salle.
   Sans m'en rendre compte, mon intimité s'humidifie, mon clitoris s'est dressé sous mes doigts qui le pincent doucement, le caressent, le massent. Avant même que j'ai réalisé ce qui se passait, je jouis en gémissant dans l'oreiller. Les spasmes me parcourent violemment. Des mois de libido éteinte qui explosent entre mes cuisses. Chaque mouvement de ma main droite envoie une décharge violente dans mon bas-ventre tandis que pour la première fois de ma vie, je gicle ma jouissance. Je sens mes cuisses trempées, mon sexe enflammé et à peine rassasié. Comme une bête trop longtemps retenue en cage qu'on libère.
   Et pourtant, mon corps est épuisé. Je voudrais me caresser encore, jouir encore, penser à Cédric encore… Mais je m'endors, je m'effondre. Moi aussi, trop longtemps en cage, je me libère. De ma peur, de mon stress, de ma colère. Et pour la première fois depuis que le regard de mon père a changé depuis 6 ans, je dors sereinement.
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stephscorpion
9 août 2026 à 09:50
Quel plaisir à lire votre texte. Certes bien différent des "habituels", mais un reel plaisir, d'avancer avec cette jeune femme.
La réalité du monde, la peur, malheureusement légitime, des hommes qui perdurent !
J'apprécie grandement !
Merci
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Photo de profil de L'épisto à l'air
L'épisto à l'air
17 juillet 2026 à 12:45
Cette jeune fille fait malheureusement partie de ces pauvres hères délaissées, apeurées que nous croisons tous aux coins des rues. Et quand la tienne se trouve confrontée à la générosité et à l'altruisme de Cédric, elle est encore perdue face à cette belle âme. 😌

Tu décris parfaitement tant les mécanismes d'auto-défense que ceux où elle baisse la garde, où elle redevient femme, et qu'elle accueille de nouveau ses désirs. Son cheminement douloureux mais libérateur, je l'ai ressenti. 🤗

Ton écriture est très simple et élégante, tes dialogues sont bruts et vont à l'essentiel, comme pour étancher une soif et une faim de vivre, tout simplement. 💓

Très jolie découverte, je te suis. ☺️
Modifié 17 juillet 2026 à 12:46
Soyez respectueux
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Photo de profil de Frederyc
Frederyc
17 juillet 2026 à 10:24
Une histoire très intéressante avec un récit bien mené. Je vais suivre avec attention les prochains chapitres.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Xaviernnrs
Xaviernnrs
16 juillet 2026 à 18:31
Jolie petite découverte, une histoire comme j'aime les lire, les éléments se mettent en place, à leurs rythmes.
On va patienter, les laisser se découvrir, s'apprivoiser ? Non !
Ils n'on pas besoin de s'apprivoiser.
Cet agriculteur qui l'héberge simplement, sans rien attendre en retour.
La vraie humanité se trouve là, loin des faux-semblants.

Une leçon de reconstruction, pleine d'espoir et de résilience. le titre prend tout son sens ici.
Je vais juste attendre la suite, les observer de loin "vivre, tout simplement"
Soyez respectueux
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