Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les premiers mois de Jacques et Véro — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
Les premiers mois de Jacques et Véro
Chapitre 1
Avertissement : Comme beaucoup, j'adore les fantasmes laissant libre cours à la fantaisie. Oui, j'aime lire ces histoires d'hommes au sexe démesuré, à l'endurance hors normes et de femmes, jeunes ou matures, très souvent superbes, dont le quotidien ne tourne qu'autour du sexe dans des lieux parfois idylliques, parfois sordides, si possible hard, à deux ou à plusieurs. Un zeste de perversité ou de SM, voire de soumission légère, l'esprit de sacrifice d'une épouse ou le machiavélisme d'un mari ou d'un patron m'excitent également, comme ces descriptions particulièrement détaillées des anatomies des protagonistes et de chaque prouesse sexuelle accomplie.
Mais vous ne trouverez pas ce genre de conte pour adultes dans cette suite de récits. Je me suis plutôt attaché à retranscrire, le plus fidèlement possible, notre histoire. Une histoire vraie autour de faits aussi réels que possible (Véro a, fort logiquement, toujours su garder une part de mystère). Plus que des performances physiques, ce seront des émotions décrites et partagées, l'émoi ressenti dès notre première rencontre qui ne fit que croître et se transformer en amour, mais aussi mes craintes, états d'âme, frustrations, colères parfois, jalousies liés à son passé, à son métier peu ordinaire et qui me hantent encore parfois, bien des années plus tard.
Chronologie : ce récit est la suite de « Quand Jacques rencontre Véro ». Jacques va se rendre au bar de nuit le Louis XV pour la troisième fois en un mois.
Mais pour une meilleure compréhension à la fois de l'ambiance et des sentiments qui m'habitaient alors vis-à-vis de celle qui est la véritable héroïne de cette histoire vraie, je vous conseille de parcourir également « Jacques avant Véro » et « Véro avant Jacques ».
Mais pour une meilleure compréhension à la fois de l'ambiance et des sentiments qui m'habitaient alors vis-à-vis de celle qui est la véritable héroïne de cette histoire vraie, je vous conseille de parcourir également « Jacques avant Véro » et « Véro avant Jacques ».
Enfin, n'oubliez pas que tout ceci se passe avant l'ère du téléphone portable et d'Internet, une époque aussi où le SIDA n'était considéré que comme une maladie ne touchant que les hommes homosexuels et les toxicomanes.
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Après avoir fait mes comptes et renoncé à quelques jours de vacances contre des heures sup., je décide en cette mi-janvier de retourner au Louis XV, assez tard, vers 23h30 comme Véro me l'avait précisé. Je sonne. Je distingue tout de suite ses yeux pers à travers le judas. Elle ouvre...
— Bonsoir Jacques. Je suis heureuse de te revoir. Entre et assied-toi.
Eh bien, elle se souvient de mon prénom. Bon signe ? Alors que je m'assois au bout du bar pour commander une bière, elle rejoint à l'autre extrémité du comptoir un homme d'une quarantaine d'années, assez enveloppé et transpirant. Deux flûtes de champagne sont posées devant lui.
Elle s'assied à sa droite, prend un verre et bavarde à voix basse en se penchant vers son visage. Je pense immédiatement : là, je suis coincé. Et ce serait la deuxième fois de suite. Une autre fille s'approche, mais je décline sa proposition.
Environ dix minutes plus tard, l'homme se lève. Mon cœur bat plus vite. Que vont-ils faire ? Elle l'accompagne vers la sortie non sans lui donner un baiser sur les lèvres, en lui disant :
— Reviens quand tu veux.
Après avoir refermé la porte, Véro prend le tabouret à ma gauche. Nous discutons pendant deux minutes et quand elle me demande si je peux lui offrir un verre, je lui réponds franchement :
— Je n'ai d'argent que pour une seule bouteille, et ceci jusqu'à la fin du mois de janvier. Je n'ai plus d'argent jusqu'à ma prochaine paie. Mais oui, je veux bien, évidemment.
Nous retournons donc dans une des alcôves de la deuxième pièce. Elle murmure :
— Je sais que tu es venu pendant mes congés. Cette fille ne m'apprécie pas beaucoup et a pris un malin plaisir à me raconter qu'un jeune homme appelé Jacques m'avait demandée, mais qu'il était resté finalement avec elle. Et qu'il avait bénéficié d'un service au top !
Je commence à bien connaître le lieu et les habitudes de la maison. Entre deux échanges de baiser, elle retourne régulièrement au bar. Un habitué, arrivé après moi, lui a offert une coupe et elle se doit au moins de venir discuter avec lui.
Frustrant. Une dizaine de minutes avec moi, cinq minutes avec lui et ainsi de suite, jusqu'à son départ. Nous poursuivons pourtant notre discussion et nos baisers jusqu'à une heure du matin. Elle se confie un peu et je découvre ce qui l'a conduit dans cette ville et au Louis XV, sans omettre son expérience du Texas. Pas toujours facile, surtout quand on n'aime pas l'alcool et qu'on a un caractère plutôt réservé et introverti.
J'apprends également que le responsable de notre restaurant d'entreprise est un familier des lieux, régulièrement invité par ses fournisseurs les plus importants. Je croise cet homme bouffi et rougeaud presque tous les jours au déjeuner, et j'aurai depuis à chaque fois en tête « ma » Véro se laissant caresser par ses grosses paluches, l'embrassant à pleine bouche, prenant peut-être son sexe en main pour le branler avec ardeur voire se mettant à genoux pour une pipe brûlante. Un « juste retour » pour lui des efforts consentis pour sélectionner les meilleurs grossistes ?
La propriétaire annonce la fermeture et Véro me dit :
— Tu peux m'attendre cinq minutes ? Je fais les comptes et je te rejoins.
Nous prenons ma voiture, une R5 neuve acquise il y a à peine 6 mois. Direction l'immense forêt qui sépare la ville de mon lieu de travail. Nous nous enfonçons dans un chemin de terre. Janvier en Bretagne à deux heures du matin : moteur tournant et chauffage à fond, petite musique de fond dans l'autoradio.
Plus de bavardage. Nos baisers sont fougueux et j'en profite pour déboutonner entièrement son chemisier. Ses seins à portée de ma bouche, je me précipite pour sucer et faire durcir ses mamelons, alternativement à droite et à gauche. La belle se laisse faire. Je fais basculer son siège et la voilà à moitié allongée.
Je remonte lentement vers sa bouche et reprend nos baisers. Ma main droite descend jusqu'au bouton de son jeans puis descend la fermeture éclair. Immédiatement, mes doigts baissent sa culotte et découvrent des poils soyeux, bien taillés mais peu abondants. Encore un petit effort et je trouve son clitoris que je commence à titiller, tantôt accélérant le mouvement, tantôt ralentissant, au rythme de ses doux gémissements.
Elle avance le bassin, à la recherche d'autres sensations. Un doigt, puis un deuxième et enfin un troisième la pénètrent. Un lent mouvement d'aller-retour complète celui de mon pouce agissant toujours sur son clito. Sa respiration s'accélère, la cyprine facilite mon action. Et brusquement, elle se tend tout en étouffant un râle rauque, avant de se laisser aller, toute molle, sur le siège, les yeux fermés.
Je l'embrasse encore, heureux d'avoir pu la conduire ainsi au plaisir. Mais il est tard et il faut se lever pour aller bosser dans quelques heures.
Retour en ville. Je la dépose chez elle, près des quais, après un dernier long baiser langoureux. Elle m'explique qu'elle héberge sa nièce et qu'elle préfère qu'on en reste là pour cette nuit. Sa nièce restera ainsi près de deux semaines, avec comme conséquence directe l'impossibilité de pénétrer chez la belle. Jusqu'au jour où elle m'avoue très ingénument qu'elle n'a jamais hébergé sa nièce. Elle souhaitait juste mieux me connaitre avant…
Pendant ces premières semaines, j'ai essayé de voir Véro presque tous les soirs à son travail.
Imaginez mon état physique au bout de quelques jours, même jeune et en pleine possession de mes moyens. Je travaillais la journée et passais une bonne partie de la nuit en ville. Il m'arrivait même de dormir dans ma chambre de 20h à minuit, puis de filer en voiture la rejoindre. Cela m'a valu quelques reproches (fort justifiés) de mon boss. Mais je l'avais dans la peau.
Mon manque chronique d'argent m'obligeait aussi à deux attitudes différentes lors de ces soirées. Soit j'allais prendre une bière au bar, en la faisant durer le plus possible soit j'attendais dehors, dans ma voiture, qu'elle finisse son service à 1 heure.
Quand je m'asseyais au bar pour siroter ma pression, j'espérais toujours pouvoir échanger quelques mots avec Véro, jusqu'à la fermeture. Vu l'heure tardive, c'était généralement le cas, la « journée des hôtesses » étant presque terminée. Mais au premier signe de sa patronne, elle était forcée d'aller vers un client noctambule plus en fonds. Ou bien, elle était déjà avec quelqu'un à mon arrivée. Comprenez alors ma frustration, mes émotions, mon état psychique, ma colère parfois, mais aussi, je le reconnais volontiers, ce petit picotement presque agréable, cette excitation que doit ressentir tout cocu volontaire.
Elle était là, à quelques mètres de moi, bavardant et souriant à un autre. Quand elle et lui se levaient, c'était toujours un moment d'angoisse : est-ce qu'il partait (quel soulagement !) ou allaient-ils s'installer dans une alcôve ? Alors, elle me gratifiait d'un petit sourire et échangeait quelques mots aimables, tout en préparant le seau à champagne. Et elle disparaissait un bon moment.
Je le voyais revenir, parfois avec un ou deux boutons de son chemisier ouverts. C'était difficile à supporter. C'était encore plus difficile (mais aussi excitant ?) quand elle revenait un seau à la main. L'homme allait-il offrir une autre bouteille ? Je connaissais la logique de tout ceci et comment cela se terminerait.
Une bouteille pour un flirt poussé, caresses du visage et des cheveux, du dos, des seins, des cuisses et baisers appuyés compris. Une deuxième qui pouvait souvent conduire, en fonction du ressenti de Véro et de l'intérêt porté par le client, à une branlette. Le pantalon baissé sur les genoux, le slip à hauteur des cuisses, le tout caché aux regards des autres par la nappe de la table. Une dizaine de minutes, car échanges de mots doux et baisers se poursuivaient. Et toujours la serviette trempée dans le seau à champagne pour une toilette sommaire. Depuis longtemps, elle ne se laissait plus piéger sexuellement par ses clients. Seuls, quelques réguliers excellents payeurs pouvaient glisser une main dans son string. Rarement plus. Ou alors, en commandant une troisième bouteille. L'addition commençait à être salée mais à la hauteur de la qualité du service alors offert.
Je n'oublierai jamais non plus ce soir où, en entrant, j'ai vu un petit groupe de soldats qui - je l'ai compris à leur conversation bruyante- s'offrait une dernière virée avant de partir quelques mois en opérations. Ils étaient quatre, installés dans la grande salle, et avaient invité deux filles à leur table, dont Véro. Elle n'avait même pas remarqué ma présence. Le champagne coulait à flot, les échanges étaient animés et le ton badin. Elle était assise entre deux gars, dont un grand noir balèze. De mon siège, je ne voyais que leurs dos.
La discussion devint plus feutrée, les échanges plus étouffés et j'ai clairement vu les deux soldats passer ensemble leurs mains dans sa chevelure, puis la peloter sans vergogne et l'embrasser tour à tour sur la bouche. Véro n'était pas en reste, très professionnelle, répondant aux baisers de l'un puis de l'autre, durant un long moment, caressant elle aussi leurs torses à travers leurs T-shirts. Heureusement ce soir-là (pour moi ?), ils n'étaient là que pour faire la fête et vers minuit et demi, ils sont partis finir leur nuit en boîte, laissant les deux hôtesses à leur job.
Le pire pourtant, était la deuxième option, lorsque je restais garé sur la place pour l'attendre. Je m'installais toujours un peu en retrait, afin de ne pas la déranger à sa sortie du Louis XV, et je la rejoignais avant qu'elle n'arrive à la station de taxi. Nous sommes alors souvent allés dans notre forêt préférée pour une petite heure de plaisir, avant que je la raccompagne devant son domicile.
Mais par deux fois, à 1 heure du matin, elle n'est pas sortie seule mais au bras d'un autre homme. Non seulement je ne la verrais pas ce soir, non seulement elle ne saurait même pas que j'étais venu, mais je savais pertinemment que tout cela allait s'achever dans une chambre d'hôtel, et pas avec moi. Ce n'est pas moi qui l'embrasserais, la pénètrerais et la ferais jouir. Le rôle du cocu, pas même voyeur.
Des pas rapides (il fait froid) pour rejoindre une voiture de location le plus souvent. Une main baladeuse à hauteur de ses fesses, pour marquer la possession. Le regard tantôt noir, tantôt complice du veilleur de nuit. Le début de l'étreinte à peine dans l'ascenseur. Et toujours des baisers. Un déshabillage hâtif dès la porte de la chambre refermée, car le jean et les bottes, ce n'est pas le plus pratique pour la gaudriole. L'enchainement classique, sur le lit ou près du fauteuil et du guéridon que l'on trouve disposés dans les bons hôtels : caresses – pipe, souvent à genoux pour assoir un sentiment de domination – cunnilingus rarement et une pénétration qui se veut virile, dès que Véro est suffisamment mouillée. Des positions plus ou moins académiques, en fonction de l'imagination et de la souplesse de l'homme, la découverte d'une chatte serrée mais gorgée de cyprine. Ceux qui pilonnent en proférant des grossièretés, ceux qui prennent leur temps et jouent la douceur.
Et toujours la même fin : l'homme qui s'épanche dans ou sur le ventre de Véro. L'idée même de faire jouir sa partenaire n'effleure qu'un petit nombre d'entre eux. Elle ne s'attarde jamais dans la chambre et s'empresse de rejoindre son havre de paix.
Un samedi soir, alors que je la déposais devant sa porte, elle m'a demandé :
— Veux-tu venir diner demain, disons vers 19 h ? je vais te préparer un super repas.
Et ce dimanche soir fut mémorable. Pour la première fois, j'ai pu glisser mon sexe dans son antre, profiter de sa chaleur et nous conduire à la jouissance, par deux fois, avant de nous endormir dans les bras l'un de l'autre. Dommage que le réveil ait sonné à six heures, mais le boulot m'attendait. Je serais bien resté ainsi toute la journée.
A la fin de cette semaine, elle me proposait d'emménager chez elle, dans son petit deux pièces. Plus d'attente ni au bar ni dans la voiture. Par pudeur, peut-être par esprit d'indépendance, mais aussi par fierté, Véro ne souhaitait pas que je l'accompagne ou la récupère au Louis XV. Elle préférait s'y rendre à pied quand le temps le permettait et rentrer en taxi.
J'étais donc bien au chaud, regardant la télé ou somnolant dans le canapé, attendant le retour de ma belle pour profiter un peu de sa présence (elle dormait quand je partais travailler le matin). Quand je rentrais du boulot vers 19 ou 20 heures, elle était déjà au bar depuis un moment. Ces retrouvailles peu après 1 heure du matin étaient toujours un grand moment que je ne voulais pas rater.
Le samedi restait un jour particulier. Ne bossant pas, j'avais le privilège (mais aussi une sacrée boule au ventre) de la voir se doucher, choisir et enfiler, en me demandant mon avis, sa tenue de travail (éternel chemisier boutonné devant, porté sans soutien-gorge, jeans ou pantalon en cuir serré, bottes noires à hauts talons, pour se grandir un peu) se maquiller, se coiffer et se parfumer (toujours Joy) ... pour les autres. Chaque fois qu'elle rentrait, parfois un peu plus gaie que d'ordinaire, elle me disait que la soirée avait été calme. Mais entre le goût du profond baiser qu'elle me donnait alors, chargé de champagne bon marché et parfois de ce goût inimitable du sperme et sa boîte en fer cachée dans son armoire qui se remplissait des billets de ses primes et pourboires, je n'étais pas dupe.
Et il y a eu ces deux ou trois fois où Véro n'est rentrée à la maison que beaucoup, beaucoup plus tard. J'en connaissais la raison. Aucune d'explication, mais je la sentais toujours un peu gênée quand elle me donnait un baiser en se glissant dans le lit. Je n'ai pourtant jamais osé lui faire l'amour ces soirs là (pudeur ? jalousie ? crainte ?). J'avoue le regretter aujourd'hui. Peut-être aurai-je ouvert la porte à des plaisirs insoupçonnés ?
Mais il y avait surtout les dimanches, notre seul jour de repos commun, souvent passé quasi intégralement au lit. De l'amour, du sexe sans prétention, des galipettes, des fous rires, des moments d'échanges où chacun se laissait aller à quelques confidences sur son passé. Nettement moins expérimenté, je passais beaucoup de temps à la découvrir et à écouter ses anecdotes (j'aurai l'occasion d'y revenir).
Puis un soir (un peu moins de deux mois après mon installation chez elle), Véro est revenue un peu plus tôt que d'habitude.
— J'en ai marre de tout ça, de cette vie. Je suis sûre de moi. Je veux désormais vivre avec toi et stopper ce boulot. Je me mets d'abord en arrêt maladie puis je quitte mon travail. Avec ton salaire et mon chômage, on devrait pouvoir s'en sortir.
Cette nouvelle m'a surpris et rendu particulièrement heureux, bien sûr. Elle m'a surtout obligé à sérieusement réfléchir à mon engagement vis-à-vis d'elle. Jusqu'où je souhaitais pousser notre relation ? Nous avons vécu une année ainsi, rendant régulièrement visite à sa sœur avant que je la demande en mariage et qu'elle fasse enfin connaissance de ma famille, installée en région parisienne.
Dans les mois qui ont suivi la fin de cette vie d'hôtesse, elle a rencontré un certain nombre de ses anciennes connaissances en ville. Je n'ai aucune idée de ce qu'elle pouvait leur raconter quand je n'étais pas là.
Mais lorsque j'étais présent, si beaucoup d'entre eux la saluaient poliment avec un simple hochement de tête et un sourire, d'autres, plus directs, l'abordaient ainsi :
— Salut, Véro, ça fait longtemps que je ne t'ai pas vu au Louis XV. Tu travailles où maintenant ? Pour que je puisse aller y passer un moment !
— Je ne travaille plus et je suis fiancée.
— Je ne travaille plus et je suis fiancée.
Je me souviendrai toujours des regards que me lançaient alors ses hommes : cette lueur malicieuse dans leurs yeux avec très souvent un sourire équivoque. Était-ce de l'envie pour avoir conquis Véro ou du mépris pour un « cocu » ?
Puis on m'a offert un job dans une filiale en Afrique. Nous nous sommes mariés avant de partir (mariage payé en partie par les "économies" de Véro, la fameuse boîte en fer. Cela fait-il de moi un proxénète ?) et nous avons quitté cette ville définitivement. Ma seule crainte était que quelqu'un qui avait connu celle qui était désormais ma femme au Texas ou au Louis XV soit également muté au même endroit que nous.
Mais ce ne fut pas le cas, du moins à ma connaissance. Ou alors ces collègues ont été soit très bien éduqués, soit je n'ai rien vu, rien remarqué et rien su. Qui sait ?
Bien des années plus tard, lors d'une discussion sur l'oreiller, Véro a prononcé cette phrase étrange :
— J'ai eu l'occasion de te tromper une fois, lorsque nous étions en Afrique.
Elle n'a jamais été plus loin dans ses explications et n'ai jamais revenu sur le sujet. Je n'ai pas cherché non plus à en savoir plus. Autruche? Et comment comprendre le mot « occasion » ?
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