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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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L'amour de l'art et l'art de l'amour — Chapitre 8 · Piégée

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L'amour de l'art et l'art de l'amour

Chapitre 8 · Piégée

L’amour de l’art et l’art de l’amour – 8 – Piégée
Seb est allé se doucher dans la salle de bain de la chambre d’amis, ma chambre comportant une salle de bain j’ai demandé à Véro si elle avait envie de se doucher avec moi.
— Je ne peux plus rien te refuser, perverse que tu es ! Je sais que tu vas en profiter pour me tripoter le cul et les nichons, mais tu fais ça tellement bien que je serais bien conne de refuser.
Elle avait parfaitement raison. En entrant dans la douche j’ai dû enlever ma nuisette, mettant pour la première fois à nu mon torse de limande et mes fesses de planche à repasser. Véro me regardait.
— Tu es superbe ma Béré, magnifique… Quelle finesse… Tu es aussi belle nue que dans tes robes de bourge, hyper sexy, à cinquante-deux balais tu déchires ma Béré, franchement !
Une fois sous la douche j’ai contemplé, jalouse et gênée évidemment, la cascade d’eau chaude qui ruisselait sur et entre les volumineux seins de Véro, s’écoulait ensuite vers sa fourche glabre, sa vulve bombée et ses cuisses pleines. Le spectacle m’hypnotisait presque, c’était d’une beauté absolue, ce corps de femme… si généreux… si sensuel…
Me reprenant, j’ai versé du savon au creux de mes mains.
— Tu es d’accord que je te savonne, ma déesse ?
— Oh là là, des mots pareils… Oui, je suis d’accord, mais n’en profite pas, ma goudou !
Le ton étant des plus ironiques, j’ai bien sûr tout fait pour me repaître des formes si voluptueuses de mon amante. Debout derrière elle, j’ai saisi ses seins à pleine main, les massant, les pelotant, les pressant, le savon aidant mes mains à glisser sur ces rondeurs exceptionnelles. Véro ronronnait de plaisir, alors j’ai poursuivi, descendant lentement vers son ventre replet, ses hanches si épanouies, m’approchant timidement de son Mont de Vénus que je savais encore sensible.
— Oui, là aussi… Caresse-moi doucement… Tu me fais fondre ma Béré… Oh là là…
Effleurements légers, mains enveloppantes, je me suis faite la plus douce et la plus tendre possible, mes lèvres déposant dans le cou de Véro de petits baisers.
Lentement je me suis agenouillée, sans rien dire, mais mon amante a compris. Elle a levé les bras et s’est appuyée mains à plat contre le carrelage, puis elle a écarté largement ses jambes et cambré sa chute de reins sans équivoque possible. J’ai savonné ses divines fesses, toujours stupéfiée par leur fermeté, leur galbe parfait, devinant entre ces alléchantes collines le petit trésor de soie qu’elles protégeaient et qui venait d’être mis à rude épreuve, probablement encore encombré de flux corporels.
La douche étant équipée de plusieurs jets, j’ai pris le flexible équipé d’un pommeau réglable et, avec mille précautions, entrepris de laver l’intimité de mon amante. J’ai laissé l’eau tiède couler depuis ses reins jusqu’à sa raie, de bas en haut puis de haut en bas, avant d’oser une main pour écarter un peu les deux collines.
— Tu es une véritable fée, toi, tes doigts sont si légers… Encore Béré, encore, je suis au paradis là…
Avec un peu d’appréhension j’ai dirigé le jet d’eau tiède vers son anus désormais visible, d’abord en petits mouvements circulaires puis de manière plus directe, guettant le moindre frémissement d’inconfort chez mon initiatrice au plaisir anal.
— Mmm… c’est bon… c’est chaud… Oh quel pied… C’est la première fois qu’on me dorlote autant après m’avoir pris le cul…
Délaissant le jet d’eau, ce sont mes doigts enduits de savon liquide qui ont pris le relais, se glissant dans le sillon fessier jusqu’à la fleur interdite qu’elles ont nettoyée avec mille précautions, sachant combien la moindre indélicatesse à cet endroit pouvait s’avérer douloureuse. Le rinçage abondant final terminé, Véro n’a pas bougé. Nous étions en parfaite harmonie.
Ma feuille de rose, baveuse, d’une lenteur extrême, alternant caresses de la pointe de ma langue dardée au cœur de la corolle et lissage entier de toute la fleur m’a valu des compliments comme jamais on ne m’en avait faits.
— Ne t’arrête pas Béré, continue… Ohhh… Dire que je croyais que Zuzana était douée… Tu es divine… Jamais on ne m’a fait ça… Oh oui… Là… oui… Je crois que je pourrais quitter Seb pour toi ma chérie… Tu me rends complètement folle… Tes mots, ta douceur, ta bouche… Lèche-moi encore un peu… Oh putain mais tu vas me faire jouir…
Voulant ménager les chairs sensibles de ma jeune délurée, j’ai progressivement ralenti mon massage apaisant, et c’est en embrassant Véro sur les fesses, les reins, le dos puis le cou que je me suis redressée et l’ai ceinturée de mes petits bras.
— J’ai faim ma fessue qui rend folle, et puis Seb va s’impatienter, non ?
— Oh j’adore comme tu m’appelles… T’inquiètes pas pour Seb ! Lui… Le jour où il saura me lécher comme toi il aura le droit de la ramener, mais pas avant ! Les mecs ça s’éduque ma chérie, faut pas se laisser emmerder !
J’ai prêté un de mes peignoirs à Véro, dans lequel elle n’avait évidemment que peu de place, car ses seins et ses fesses remplissaient généreusement le vêtement. Je la trouvais torride et ai dû me retenir de ne pas la basculer sur le lit pour lui faire l’amour.
Je me suis habillée à l’aveugle et suis vite descendue à la boulangerie pour y acheter de quoi faire un bon petit déjeuner, moment que j’appréciais toujours.
À mon retour j’ai trouvé Véro et Seb installés au salon, Seb avait lui aussi mis le peignoir que je lui avais préparé, plus adapté car il avait appartenu à mon ex-mari.
— Donnez-moi un coup de main pour tout apporter mes amours, on va s’installer à la grande table.
À la manière dont ils me regardaient les deux, je devais avoir l’air de sortir de l’armoire ! C’est vrai que je m’étais habillée sans réfléchir, à l’arrache comme disent les jeunes, chignon vite fait, chemisier boutonné à la diable et jupe de cuir au genou, chevelure en désordre et maquillage inexistant, je ne devais pas leur apparaître sous mon meilleur jour.
— Tu sais quoi, Béré ? Seb et moi on est d’accord que même au saut du lit, t’es aussi belle et sexy que fringuée en mannequin quand tu fourgues tes croûtes avec des ronds et des carrés ! T’es belle, même que t’as pas de cul et qu’il faut une loupe pour trouver tes nibards, on craque quand on te regarde ! On t’adore, et on connaît pas d’autre femme aussi bandante que toi, tu es incroyable !
Plutôt habituée aux compliments faux-cul et ridiculement précieux des rombières emperlousées qui m’achetaient des tableaux, dont je ne faisais que peu de cas sachant que ce n’était que pour essayer d’obtenir un rabais sur le prix affiché, les sentiments bruts exprimés par mes deux jeunes amants, sans aucun filtre ni artifice de style, m’ont profondément émue, à m’en faire monter les larmes aux yeux.
— Oh Seb, Béré, vous m’atteignez en plein cœur… ! Je n’ai pas l’habitude que l’on me parle comme vous le faites, ça me déstabilise. Vous avez débarqué dans ma vie avec votre jeunesse, votre fougue, votre attitude totalement décomplexée en matière de sexe qui m’a fait découvrir mon propre corps au point de me comporter avec vous comme la dernière des salopes… et vous me parlez de ma beauté ! Ouvrez les yeux mes chéris, j’ai l’âge d’être votre mère, mon mari m’a larguée pour une plus jeune mais vous, vous me faites des déclarations d’amour ! Ce n’est pas très normal, avec moi vous n’avez aucun avenir, vous me faites peur…
C’est Véro, dont le peignoir avait rompu ses liens sous la poussée de ses formidables appas que je contemplais à la dérobée, qui comme d’habitude a rebondi à mes propos.
— T’es trop compliquée Béré, beaucoup trop. On voit que dans ta vie y a des trucs que t’as pas connus, mais t’es en tout cas pas une salope, on te l’a déjà dit, et t’en seras jamais une. T’es une femme, Béré, une vraie femme, qui aimait pas trop faire l’amour mais qui découvre que c’est pas ce qu’elle croyait. C’est quoi qu’est pas normal là-dedans ? Ton âge ? On s’en tape, on le sait bien que t’as celui de ma daronne, et alors ? Tu crois qu’il y a un âge auquel on a plus le droit de jouir ? Sur ta carte Vitale y’a une limite d’orgasme ? Une interdiction de baiser ? T’as une allergie au sperme ? Arrête de te prendre le chou ma beauté, on sait tous qu’on va pas se faire un ménage à trois, c’est clair, mais quand nous on a une envie folle de te câliner et de faire l’amour et qu’on voit que toi aussi tu kiffes, pourquoi on ferait pas ? Nous on n’a aucun problème avec ça, t’as bien dû le voir, t’es une princesse pour nous, une reine même, on est vachement fiers que tu nous méprises pas comme plein d’autres qui se la pètent ! Et puis regarde, toi est moi on est tout le contraire pourtant au lit on s’éclate complètement, et je te jure que tu es la première femme à me faire jouir autant. Mon Seb, lui, j’ai juste à dire « Bérénice » qu’il a la gaule au garde-à-vous et s’imagine déjà toutes les cochonneries qu’il va faire avec toi, et je reconnais que ça me rend un peu jalmince mais on se rattrape quand on est toutes les deux, hein ma chérie ?
Oh Mon Dieu… Quelle remise à l’heure de mes pendules internes, parfois un peu directe la Véro, mais plus lucide qu’elle aurait été difficile. Je la regardais et l’écoutais, captive de ses seins qui débordaient du peignoir, de ses mots percutants tellement ils exprimaient une incontestable vérité. Profiter de la vie, oui, bien sûr, du sexe partagé ô combien avec eux, mais est-ce que secrètement je n’avais pas envie d’autre chose ? D’un peu de stabilité, de perspectives d’avenir à deux ?
— Véro… Tu vas me faire rougir… Merci pour tout ce que tu viens de dire, parce que moi j’en serais incapable, dans ma tête c’est un peu la tempête et le bateau de mes sentiments a rompu ses amarres, je ne sais pas où il va… C’est un peu vous qui tenez la barre, et je me laisse porter par les flots du plaisir… Je sais bien que je devrais avoir honte de dévergonder deux jeunes gens comme vous, que je suis une « cougar », mais comme tu l’as dit je découvre, et j’adore, c’est vrai…
— Bon, tu deviens raisonnable, c’est bien ! Nous on va bientôt rentrer chez nous, même si on en a pas envie mais on bosse demain, les deux. Je pense que Seb va revenir pour finir d’installer ce que tu lui as demandé, il te l’a promis je crois alors il va le faire, sinon c’est moi qui te l’envoie à coups de pied au cul ! Si quand il est là t’as envie de t’amuser un peu avec lui fais-le, même si tu sais que je serai jalouse, mais tu sais aussi très bien comment te faire pardonner de ta Véro à gros cul ! C’est toi qui décides maintenant, je te refile la barre du bateau !
Les voir partir m’a déchiré le cœur, et j’ai pleuré à chaudes larmes en les serrant de toutes mes forces entre mes bras maigrelets. Seb m’a dit qu’il essaierait de venir dans une semaine, pour l’accrochage, et qu’après on déciderait de l’éventuelle suite des améliorations. Véro, plus évasive, a promis qu’elle m’appellerait bientôt.
La porte refermée je me suis effondrée dans le canapé, les idées emmêlées, l’âme flottante et le corps déjà en manque de leurs folles attentions.
J’ai mal dormi, en proie à des rêves inavouables, surprise de me réveiller au milieu de la nuit avec la main entre mes cuisses, les doigts poisseux de mon miel intime. Pour la première fois de ma vie je me suis caressée, et c’est en hurlant « Seb ! Véro ! », plusieurs doigts enfoncés dans mes orifices, que j’ai connu un orgasme profond, tout mon corps arqué, avant de m’écrouler terrassée, en sueur, le souffle saccadé et les muqueuses endolories de mes propres assauts.
Le matin, il m’a fallu un long moment pour reprendre pied dans le monde ordinaire, j’étais seule dans mon lit, mon parfum mêlé à celui de Véro, les draps portant encore les marques de ce qui s’était déroulé là. Douche, petit déjeuner, changer la literie, s’habiller en bourgeoise un peu coincée et je suis descendue à la galerie. Avant d’ouvrir, j’ai « joué » un peu avec les éclairages modifiés par mon jeune amant, les toiles exposées ressortaient bien mieux. Le vendredi suivant les artistes viendraient récupérer ce que je n’avais pas pu vendre, et d’autres œuvres seraient accrochées pour trois mois, avec l’aide de Sébastien je l’espérais.
Peu de clients ce lundi matin, normal, je me suis installée à mon bureau pour un peu d’administratif, histoire de m’occuper l’esprit. J’étais dans des histoires de comptabilité et de TVA quand mon portable a vibré.
Bonjour ma beauté, bien dormi ? Pas trop fatiguée ? Tu te souviens quand tu m’as dit que ta chambre c’était ton refuge à toi, et que moi je t’ai répondu que j’aimerais bien aussi en avoir un ? Cette nuit ça m’aurait aidée, parce que figure-toi que mon Seb il a voulu se venger. Il m’a baisée trois fois, pas content que je l’ai accusé devant toi d’être seulement capable de donner des grands coups de queue et de cracher sa purée. Il m’a défoncée, comme un bourrin, j’ai mal partout ! Et ce matin au réveil j’ai encore dû le sucer, il m’a rempli la bouche de foutre cet obsédé, rigolant que comme y’avait pas Béré pour m’aider j’étais obligée de tout avaler ! Ça m’a pas fait rire, moi. Comme j’ai pas de piaule à moi pour m’isoler, j’ai besoin d’une soirée entre filles jeudi, ça te plairait ? Juste toi et moi, un petit restau, un cinoche, et surtout pas de Seb pour nous queuter. Redis-moi assez vite.
J’ai relu plusieurs fois son message, à la fois gênée qu’elle m’expose ses frasques sexuelles mais aussi fière qu’elle pense à moi pour un moment de loisir, comme une bonne copine. Par contre, je me demandais comment elle allait se comporter, si elle oserait me galocher en pleine rue, alors qu’au niveau différence d’âge je pourrais facilement passer pour sa mère et que je n’avais aucune envie de m’exposer. Est-ce qu’en public elle était tout aussi directe dans ses propos et dans ses gestes ? Je ne me voyais pas vraiment, au restau par exemple, me faire rouler une pelle par cette gamine délurée, une main sous ma jupe pour me tripoter. Mais je l’adorais, au-delà de tout raisonnement cohérent, alors j’ai accepté.
Bonjour Véro, désolée que Seb se soit montré aussi rude avec toi, je me sens un peu responsable… Mais j’accepte avec joie ton idée de soirée entre filles ! Tu me dis où et à quelle heure on se retrouve ? Je t’embrasse !
Les trois jours sont passés vite, j’ai vendu trois toiles, et les peintres du prochain accrochage sont venus me rendre visite pour discuter des modalités de présentation de leurs œuvres, l’un d’entre eux affichant une préférence marquée pour la salle améliorée par Sébastien. J’avais de la chance, ce jeune couple me redonnait une vigueur dont je ne me croyais plus capable.
Sans doute à la limite du ridicule, je me suis préparée comme pour un premier rendez-vous. La veille je suis allée chez le coiffeur, et là, devant mon miroir, j’étais incapable de choisir ma tenue. Plutôt discrète ? Plutôt sexy-chic ? Robe ? Jupe ? Bas ?
Il m’était difficile de m’avouer que je voulais lui plaire, alors que notre débauche du weekend avait largement montré notre attirance mutuelle, et qu’une robe ou une autre n’était pas de nature à changer quelque chose dans notre « relation ». Lasse de me poser des questions inutiles, j’ai opté pour une robe de cuir bleue, s’arrêtant juste au-dessus du genou et légèrement cintrée à la taille parce que c’était la seule qui donnait l’impression que j’avais des fesses ! Pas de soutif évidemment, inutile d’en porter un rembourré comme je le faisais parfois, Véro connaissait parfaitement mon corps. Le reste, culotte, bas, maquillage soigné et quelques bijoux correspondait à mon style habituel. La météo n’étant guère agréable, j’avais chaussé une paire de bottes, et un grand manteau complétait ma tenue sans grande originalité.
Arrivée à l’endroit du rendez-vous, j’ai cherché Véro du regard mais ne l’ai pas trouvée. Au bout de cinq minutes, je commençais à m’inquiéter lorsque deux bras m’ont enlacée de dos, je n’ai pas eu besoin de me retourner.
— Bonjour ma princesse !
C’est elle qui m’a fait pivoter pour me serrer dans ses bras, comme une amie qu’elle n’aurait pas vue depuis longtemps.
— Même si t’es toujours aussi belle, j’ose pas t’embrasser dans la rue, je crois pas que ça te plairait !
Nous avons échangé quelques bises très appuyées, puis je me suis reculée pour admirer ma jeune amante.
— Wouaouh… Tu es superbe ! je ne suis pas sûre que de loin je t’aurais reconnue ! Quelle élégance ma chérie, vraiment… ! Tu as dévalisé les magasins ?
— Je voulais pas te foutre la honte et me fringuer en actrice du X, avec une minijupe au ras du cul, des bas de pute et un body sans soutif ! Quand même, j’ai un poil d’éducation alors j’ai emprunté des frusques à une collègue de boulot qui a un cul comme le mien !
Ma Véro portait une longue et ample jupe, un peu fendue sur une jambe, et un adorable pull angora qui dessinait sa poitrine à la perfection. Un joli manteau trois-quarts affinait sa silhouette, elle était magnifique, éclatante de sensualité.
— Viens, on va manger, c’est moi qui t’invite dans le restau d’une copine. Tu verras, ça doit pas beaucoup ressembler à ceux que tu fréquentes d’habitude !
C’est le moins que l’on puisse dire… ! Situé dans une ruelle peu fréquentée, l’entrée de l’établissement était très discrète, rien d’affiché, pas d’enseigne, pas de menu, à croire que personne ne souhait que l’on y entre. À l’intérieur, éclairage inadapté (grâce à Sébastien j’en connaissais un rayon désormais), des tables dépareillées disposées sans plan précis et un grand bar. Les clients, sans discriminer qui que ce soit, devaient presque tous appartenir à la communauté LGBT. Hommes comme femmes, des couples ne cachant pas leurs préférences sexuelles s’embrassaient sans aucune gêne, femmes quasi tondues et couvertes de tatouages, hommes efféminés minaudant avec emphase, business man en costard roulant une pelle à un barbu tout de cuir vêtu, quelques créatures pour moi de sexe indéterminé, j’en suis restée muette. Où ma Véro m’avait-elle emmenée ? Derrière le bar, très fréquenté, deux femmes servaient les consommations. L’une d’elles, la quarantaine triomphante, a quitté son comptoir pour nous accueillir, le moins que l’on puisse dire est que son style vestimentaire ne laissait pas indifférent.
Minijupe patineuse rouge vif, bas résille et talons vertigineux, le haut du corps moulé dans un body en dentelle noir très ajouré et décolleté, porté à même la peau sur ses seins fièrement dressés, il fallait oser ! Si l’on m’avait demandé mon avis, j’aurais certainement émis l’hypothèse que cette femme, au corps superbe je l’admets, devait plus œuvrer dans le domaine du charme tarifé que dans le mien.
Elle a enlacé Véro avant de lui faire deux bises sonores.
— Oh Véro, c’est sympa de venir nous trouver, ça faisait un moment ! Tu vas bien ? Tu me présentes Madame ?
Voix chaleureuse, regard bleu et pétillant, très joli visage mis en valeur par sa coupe de cheveux, courte avec des mèches de couleur, sa tenue contrastait un peu avec son attitude polie et respectueuse.
— Alors, Lola, je te présente Bérénice, une amie très proche de Sébastien et moi.
J’ai moi aussi eu droit à deux bises parfumées avec un point de vue imprenable sur son décolleté abyssal et ses seins à peine dissimulés, manifestement gonflés au silicone au vu de leur galbe et de leur parfaite immobilité.
— Béré je te présente Lola, une ancienne collègue de boulot qui s’est reconvertie dans la restauration avec Samantha, que tu vois là-bas derrière le comptoir. Tu verras, on mange bien, ici !
J’en ai rapidement déduit que son ancienne collègue de travail, ce n’était pas à la Sécu qu’elle l’avait connue, ce que Véro m’a confirmé une fois assises à table.
— Lola, quand je suis revenue en France, c’est la seule avec qui j’étais d’accord de tourner des films de lesbiennes. D’abord elle c’est une vraie gouine, les bites et les mecs elle déteste, et surtout elle est super-pro au niveau préparation, hygiène, respect, durée du tournage etc. Je ne l’ai jamais vue défoncée avec les pupilles comme des sous-tasses à café, elle utilisait toujours du lubrifiant pour la chatte et pour le cul avec sa partenaire, pas question de s’engoder à sec et d’avoir l’œillet en chou-fleur pendant une semaine. Par contre, comme elle trouvait ses nichons trop petits elle s’est fait siliconer, il paraît que ça lui a permis de prolonger un peu sa carrière.
— C’est à dire ? Elle a tourné du X jusqu’à quel âge ?
— Si je me gourre pas elle a quarante-trois piges, et ça doit faire quatre ans qu’elle a arrêté pour reprendre ce rade avec sa gonzesse, Samantha, et un cuistot. Sam, je la connais pas bien mais je sais qu’elle m’aime pas, sûrement par jalousie même si elle est au parfum que je vis avec un mec.
— Je la comprends… ! Surtout que toi, tu n’as pas besoin de silicone pour faire couler ces dames dans leur culotte… j’en sais quelque chose !
— Eh ben la bourgeoise, tu te lâches un peu on dirait, c’est bien ça !
Étonnamment nous avons très bien mangé, et Lola s’est montrée aux petits soins pour nous tout au long du repas. Sa complicité passée avec Véro semblait encore de mise et j’ai eu l’impression de ne pas lui être indifférente, intuition avérée par ma jeune amante.
— Il faut que je te surveille ma Véro, parce que si Samantha ne fliquait pas sa Lola façon KGB je crois bien que ma « collègue » t’aurait draguée et proposé de tourner avec elle ! T’as beau ressembler à une planche à repasser, comme tu dis, tu attires les meufs autant que moi avec mes roberts de crémière ! Faut se méfier de l’eau qui dort on dit, mais toi tu fais semblant de pioncer et je suis sûre qu’à la cave ça fuit de partout, non ?
— Oh Véro… tu es un peu trop sans filtre des fois… Oui, c’est vrai qu’elle est plutôt sexy ta « collègue », même si son style est… disons… un peu éloigné du mien mais je te rappelle que ce soir je suis avec toi ma chérie, à ton invitation en plus. Tu l’as déjà oublié ?
— Excuse-moi Béré, tu vois, je sais pas me tenir…
— Tu es tout excusée, d’autant que si en effet j’ai bienune fuite à la cave, la seule responsable c’est toi, grosse cochonne !
Véro a éclaté de rire et, se penchant par-dessus la table, m’a gratifiée d’un baiser qui ne pouvait plus laisser aucun doute sur notre relation mais ne risquait pas de choquer dans cet établissement. Sur ce Lola est arrivée avec le dessert, l’œil pétillant de malice, et a juste dit à Véro :
— J’ai réservé le ciné comme demandé. Tiens, prends les clés, et dépose-les sur le comptoir en partant si je ne suis plus là. Bonne soirée mes beautés, et profitez bien de la vie !
Véro m’avait bien parlé d’un restau suivi d’un cinéma, mais là il me manquait des explications, j’ai eu l’impression de m’être fait un peu enfumer par ma jeune amante.
— Attends un peu toi, c’est quoi cette embrouille ? Elle possède un cinéma ta « collègue » ? Les films ça serait pas un peu les siens et les tiens des fois ? C’est ça ?
— Putain Béré, t’es une rapide des neurones toi, remarque je le savais déjà mais là…
— Alors ? Réponds-moi ! C’est quoi ce cinoche dans un restau de tes potes goudous ? Des films sur les fleurs et les oiseaux peut-être ? Tu me prends pour une conne ?
— Calme-toi princesse, zen… je suis sûre que t’as jamais vu un film porno, alors j’ai eu l’idée de t’en montrer un, mais un bon, un fait par une femme, sans scènes avec des mecs qui baisent comme des machines ou des gonzesses écartelées par des bites monstrueuses et qui hurlent leur orgasme comme des bêtes. Non, que du doux ma Béré, entre femmes, comme toi et moi… Tu veux pas voir ? Avec moi ?
Quelle punaise ! Soirée entre filles, oui, ok, mais avec quand même un final très orienté cul, sans me l’avoir dit. Je ne savais pas quoi faire. Lui reprocher ses cachoteries et foutre le camp ? Ou l’engueuler, mais pas trop fort, puis rester avec elle parce que cette jeune effrontée m’attirait toujours autant, surtout qu’à la pensée de pouvoir explorer encore une fois sa fontaine à mouille et sa corolle plissée, j’avais déjà taché mes dessous.
— Tu n’es pas honnête avec moi Véro, tu me mets devant le fait accompli et je déteste cela. Pourquoi tu ne m’as pas expliqué ce que tu avais derrière la tête ? C’est la deuxième fois que tu me fais ce coup-là… Je pourrais partir en claquant la porte, sans dire au revoir à Lola et te foutre la honte en te plantant là, alors que tu as joué les séductrices en me roulant un patin devant elle, fière de te taper une bourge du double de ton âge.
— Mais, Véro…
— Non ! Écoute-moi ! Je reste, mais si ton film me dégoûte je pars, et tu ne me touches pas si je n’ai pas envie ! C’est clair ?
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