Mission à Belgrade
Chapitre 3
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Mission à Belgrade — Chapitre 3

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Pantaï
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Mission à Belgrade

Chapitre 3

En sortant dans le petit matin gris et glacial, ils retrouvèrent Mark sur le parking de l'hôtel, bagages en main. L'expression de surprise qu'il exprima en voyant Jelena, habillée en capitaine français, fut accompagnée d'une intonation typiquement américaine. La tenue vestimentaire change beaucoup notre perception des choses et celle-ci était destinée à franchir d'importantes barrières physiques et psychologiques.
Une fois l'officier américain déposé devant l'aéroport, ils prirent la route en direction du nord-ouest, un peu nerveux. Pierre réfléchissait. A la sortie de Belgrade, valait-il mieux partir plein nord par le corridor 10, prendre un itinéraire différent de celui de l'aller et éviter les check-points par lesquels ils étaient passés avec Mark ou longer la frontière bosniaque considérant que cette zone tampon était gardée par l'ONU ?
Après un petit temps d'hésitation, Pierre, choisi cette dernière solution. Ils prirent une profonde respiration, qui ressemblait à la célèbre scène de l'hyper ventilation dans Midnight Express. Le Danube devenait leur Rubicon. Alea Jacta Est !
Il fallait compter 8 h au moins pour parcourir les 400 km. La route était en mauvais état, parfois inexistante et ponctuée de nombreux check-points caractérisés par des X métalliques géants, des réseaux de barbelé concertina et des murs de sacs de sable surmontés d'une cabane bricolée. Jelena vit les stigmates de la guerre. Tout était lugubre. La destruction régnait en silence. Pour la petite citadine qu'elle était, la guerre n'était plus seulement un jeu politique mais une réalité matérielle. Elle se sentit oppressée en entrant brutalement dans la laideur froide du chaos. Des soldats fantômes gardaient ces lieux glauques et brumeux par des températures négatives. Sa main vint se blottir dans celle de Pierre, car deux mains qui s'entremêlent représenteront toujours le bien. La première zone de contrôle apparue. Un casque bleu norvégien se présenta à la fenêtre du conducteur. Pierre connaissait parfaitement les procédures.
Professionnel et amical, il échangea quelques phrases et la barrière se leva.
L'itinéraire fut illogique et tourmenté. La route n'existait parfois plus. Il fallait un 4 × 4 et une carte pour progresser. Les besoins pressants étaient proscrits. Pierre, en fonction de la configuration du secteur, mit en œuvre un protocole de transmission pour annoncer son arrivée sur les check-points ou se faire guider, quitte à s'immobiliser un peu pour attendre l'autorisation d'entrer dans une zone de contrôle. Ce faisant, il indiquait également qu'il connaissait les fréquences radio et les conventions internationales. C'était, pensait-il, une façon de « montrer patte blanche » et un moyen d'être attendus.
En traversant le secteur néerlandais, ils furent bloqués par deux soldats. Le contrôle des documents éveilla les soupçons de l'un d'eux qui fit appeler son supérieur hiérarchique. Pierre expliqua que l'officier américain prévu sur le plan de départ avait dû repartir par avion. Jelena intervint dans un très bon anglais pour expliquer qu'elle avait perdu son ID-Card et que donc, repartir en avion lui était impossible. Elle avait donc dû échanger sa place avec lui. Les minutes qui s'écoulèrent parurent longues. Un contrôle du plan de vol confirma la présence de Mark et ils purent enfin repartir. Leurs paumes de mains moites vinrent en contact l'une de l'autre, comme lorsqu'une équipe de volley marque un point. Ce scenario se produisit deux fois.
Il faisait nuit lorsqu'ils arrivèrent au Novogradnja de Zagreb. C'était un hôtel en périphérie où étaient logés une partie des casques bleus de l'état-major. Les bagages furent montés dans la petite chambre que Pierre occupait depuis trois mois. Ils étaient fatigués mais vraiment soulagés et heureux d'être arrivés. Pierre prit des nouvelles de Mark pendant que Jelena se glissa sous la douche. Lorsqu'elle sortit, elle avait revêtu son peignoir et avait une serviette nouée comme une coiffe égyptienne antique autour de la tête. Elle s'approcha de Pierre, assis sur le bord du lit, lui prit la main et la glissa entre les pans du peignoir. Il leva les yeux tandis que du bout des doigts lui était offerte la fabuleuse douceur de l'entre-jambe. Elle avançait le bassin pour encourager la caresse. Ecartant largement les pans du peignoir elle porta bientôt son sexe devant le visage de Pierre. Une langue bienvenue remonta ainsi lentement dans la fente juteuse.
Jelena eut un sursaut lorsqu'elle arriva en haut du sillon.
— Haaa ! Va vite te laver mon chéri, la soirée ne fait que commencer, dit-elle d'un air coquin.
— Tu n'as pas faim ?
— Si… de toi.
Pierre s'exécuta. En sortant de la douche, une vision angélique propre à apaiser les tensions de la journée, s'offrit à son regard. Sa naïade était alanguie sur le lit dans un drapé cotonneux duquel sortait un genou aguicheur qui se balançait légèrement. A sa verticale, le peignoir se soulevait légèrement comme si un petit animal cherchait quelque chose. Le visage hagard de Jelena était tourné vers lui. Elle se caressait sans doute depuis un petit moment.
— Viens ! prononça sa bouche pulpeuse.
Le jeune officier se glissa dans les remous textiles à la recherche de la peau douce et tiède. Ses mains remontèrent à tâtons, guidées par la chaleur corporelle. L'exploration fut pleine de bonnes surprises. Les vallées et les monts étaient variés et riches en sensations. Au détour d'une sente, la main masculine arriva sur une autre main qui s'activait régulièrement. Elle exécutait une danse rythmée au creux de son nid, provoquant des abandons qui semblaient s'amplifier. Une rapide montée dans les aigus annonça une apothéose. Pierre était aux premières loges pour assister au bouquet final. Jelena se recroquevilla sur elle-même, laissant partir une fusée sonore. Son corps fut pris de sursauts dont le rythme se tempéra à l'écoulement des minutes. Il ne resta bientôt plus que son abandon à admirer.
En s'ouvrant, les yeux redonnèrent vie à son visage apaisé. Les bouches se mélangèrent alors longuement. On venait de passer d'un prestissimo à un adagio.
— J'ai toujours faim de toi, dit-elle soudainement.
Le spectacle rebondissait. Joignant le geste à la parole, elle se pencha pour engloutir doucement le champignon luisant qui sortait de l'enchevêtrement des corps. Sa bouche forma un anneau qui montait et descendait le long du pied. Pierre eut l'impression que toutes les possibilités buccales étaient mobilisées autour de son membre. Aspirations et tours de langues se succédèrent de manière affolante. Les séquences s'enchaînaient faisant grimper le baromètre du plaisir. Avant d'atteindre le sommet, il se redressa.
— On ira dîner quand j'aurai pris mon apéritif, dit-elle malicieusement.
Jelena, se redressa également pour s'asseoir sur le bord du lit et placer Pierre debout devant elle. Elle saisit la verge pour la manipuler résolument, d'avant en arrière faisant chanter les muqueuses gluantes. Puis elle approcha le gland de sa bouche entrouverte, maintenant énergiquement la cadence. Ce traitement fut d'une efficacité redoutable. Se cambrant en arrière, paupières serrées, le son rauque du brame d'un cerf emplit la pièce. La verge pulsa dans la bouche ouverte qui accueillit de chaudes lampées. Les saccades en s'amoindrissant dispersèrent les giclées, maculant le menton de la ravissante princeza. Elle laissa volontairement couler un peu de liqueur de la commissure de ses lèvres avec un regard lubrique. Dans ce rôle, Jelena était sublime.
Prit dans un cadre pas assez intime, le dîner fut expédié. Pierre par moments saluait quelques camarades, de toutes nationalités. Jelena, se sentait regardée.
— Il n'y a pas beaucoup de femmes par ici ! dit-elle amusée.
— Oui. Si tu allais seule prendre un verre au bar, tu ne le resterais pas très longtemps à mon avis…
Jelena sourit :
— On y va ?
— Où, au bar ?
— Oui. Allons prendre un verre… et puis, après on monte ? dit-elle avec un clin d'œil suggestif.
Pierre acquiesça, amusé de la situation. Leur plan pour se rendre en Slovénie était calé. Le lendemain matin, il irait à l'état-major pour récupérer Ralph, un autre officier américain, qui s'était occupé de l'ordre de mission. Jelena serait simple passagère. Deux heures de route seulement étaient à prévoir et le pays était en paix. Pierre voulu profiter de leur dernière soirée.
— Allons-y ma coquine, répondit-il par un autre clin d'œil.
Du champagne fut commandé et ils s'installèrent dans le confortable salon, composé de plusieurs ensembles de fauteuils, canapés ou poufs autour d'une table basse. Une télévision diffusait des informations en continu ajoutant au brouhaha des conversations. Malheureusement, aucun îlot n'était totalement libre. Ils prirent donc place dans un coin à proximité de trois Canadiens qui conversaient bruyamment.
Assise contre Pierre, Jelena sirotait sa coupe, jambes croisées, superbe dans son attitude mondaine. Ils parlaient de sexe, de plaisirs, de fantasmes, conservant un niveau d'excitation très appréciable. Elle était regardée et ne détestait pas la situation. Les rares autres femmes étaient toutes entourées de collègues masculins. Elles faisaient l'objet de toutes les attentions, de toutes les réflexions, de toutes les attitudes... plus ou moins élégantes.
— Elles ne doivent pas souvent dormir seules, dit Jelena émoustillée.
— Sans doute… tu les envies ?
— Il y a pire comme situation, tu ne trouves pas ?
— C'est vrai et je suppose aussi que certains hommes fantasment sur elles.
— Ou couchent avec elles…
Pierre sentait une émotion chez Jelena, une sorte de chaleur diffuse qui émanait de son corps, une excitation de plus en plus visible.
— Qu'est-ce qui t'excite ma belle ? demanda Pierre affectueusement.
— J'aime l'idée qu'elles puissent faire l'amour aussi facilement… et peut-être même avec plusieurs hommes… ça m'excite ! J'espère que je ne te choque pas ? rajouta-t-elle rapidement, presque comme si elle avait dit une bêtise.
— Du tout, pour moi aussi c'est un fantasme.
— Tu sais, je suis vraiment heureuse de t'avoir rencontré Pierre, tu es ouvert d'esprit et j'ai l'impression qu'on pourrait s'épanouir ensemble. Ce n'est pas évident en Serbie, les hommes sont très possessifs.
Pierre l'embrassa chaudement. Elle rayonnait de cette beauté particulière que donne le désir. Les Canadiens les regardaient affichant quelques sourires. Tout à coup, Pierre reconnu Patrick, un de ses amis français qui se dirigeait vers le bar. Il l'interpella, lui présenta Jelena et offrit une tournée de champagne.
Patrick était brun, souriant et joli garçon. Il était instruit et avait des attitudes douces. Il raconta sa journée au quartier général et s'informa de celle des deux tourtereaux. Son intervention fit un peu retomber leur excitation mais Pierre et Jelena entretinrent gracieusement la conversation. Le visage de Patrick était un sourire permanent, qu'il orientait souvent vers la belle Jelena. Une autre tournée fut commandée après que les Canadiens fussent partis. Les deux amis entouraient Jelena, toute en charmes. C'était une belle soirée.
— Bon, je vais quand même vous laisser, vous devez être fatigués ! dit Patrick au bout d'un moment.
— Oh non, reste avec nous ! répondit spontanément Jelena en posant sa main sur le dessus de sa cuisse.
— C'est demandé si gentiment… répondit Patrick en cherchant du regard le consentement de Pierre, qui ajouta :
— Je crois que Jelena aimerait bien que tu partages un moment d'intimité avec nous.
Stupeur générale. Le visage de Jelena s'empourpra. Ce n'était pas vraiment prévu. Après un petit instant pour absorber la surprise, elle se tourna vers son complice puis vers Patrick, avec un sourire timide mais engageant.
— J'avoue être tenté mais… je ne l'ai jamais fait, ne m'en voulez pas si…
— Ne t'inquiète pas Patrick, ce sera une première pour nous aussi, répondit Pierre.
Arrivés dans la chambre 112, il fallut dissiper la petite appréhension qui trottait dans l'atmosphère. C'est Jelena qui prit l'initiative. Dans l'exiguïté de la pièce, elle tourbillonna dans une improvisation érotique qui la faisait se déshabiller lascivement, sous les rampes de ses propres sourires. Elle frôlait les hommes qui étaient là pour elle, faisant glisser ses mains sur les nuques ou les torses.
Lorsque le trio fut nu, elle enroula un bras autour de chaque cou, comme si elle se liait les mains en hauteur. Elle offrit ainsi un corps sans défense. Les caresses masculines, d'abord un peu hésitantes, naviguèrent sur sa peau soyeuse. Elle ferma les yeux et leva la tête en signe d'abandon. Quatre mains de plus en plus hardies, parcoururent son corps frissonnant. Elles fonctionnaient en opposition, réparties sur toute le surface de sa peau. Le ventre était caressé en même temps que les fesses. Les seins étaient soupesés tandis qu'une paume remontait des reins vers la nuque. Jelena encourageait ces initiatives par de petits gémissements. Certaines mains s'attardèrent dans les anfractuosités, d'autres sur les rotondités. L'une d'elles, plus audacieuse que les autres, pu percevoir la moiteur d'une source discrète. Sans doute alerta-t-elle ses congénères, car d'autres vinrent l'y rejoindre.
D'autres doigts encore espacèrent doucement les globes fessiers pour atteindre la douceur frissonnante de la zone anale. Ecartant de plus en plus les cuisses pour accueillir tous ces visiteurs, Jelena fini par se laisser basculer sur le lit. Allongée sur le dos, il lui fut loisible d'ouvrir l'espace de ses jambes. A présent, elle désirait des sollicitations plus précises, plus denses.
Ce fut alors un ballet de Fous de Bassan qui plongeaient entre ses cuisses. Les piqués se succédaient les uns après les autres, pour s'immerger dans ses profondeurs maritimes. Dans leur frénésie, ils s'enfonçaient de plus en plus nombreux, de plus en plus loin. Jelena, totalement offerte à cette expérience, se laissait envahir par des sensations inédites qui firent tanguer sa tête. Soudainement, ses talons prirent appui sur les dos virils pour se gainer et surélever son bassin. Une corne de brume lointaine aux accents slaves se fit entendre, s'amplifiât pour finalement résonner magnifiquement dans l'atmosphère licencieuse de la chambrée.
Jelena se releva, hagarde et ébouriffée :
— Vous m'avez fait jouiiir !!!
Les camarades redressés, échangèrent un regard complice. Jelena réalisa qu'elle avait devant elle deux mâts tendus à quarante-cinq degrés. Elle n'eut qu'à avancer ses mains pour les saisir. Son visage radieux observait les effets que ses va-et-vient produisaient. Elle décalottait les glands avec allégresse, interposant une langue de temps à autre. Pierre et Patrick posèrent une main sur leurs épaules respectives, en signe d'amitié, de connivence. Ils formèrent ainsi, à trois, une molécule dont les atomes étaient liés entre eux par la puissance électrique de leurs érections. Jelena, appréciait visiblement son œuvre de bienfaisance. Les hommes fermaient les yeux et ouvraient leurs bouches pour expirer l'extase. Pour parfaire le plaisir manuel, Jelena embouchait tour à tour, les queues qui s'offraient à elle.
Tout à coup Patrick montra des signes d'alerte. Jelena comprit immédiatement la situation et enserra fortement la base de sa hampe par un anneau constitué de son pouce et de son index.
— Ne još uvek !!! (1)
Patrick, corps tendu faisait des efforts inouïs pour se contrôler. Le calme revint peu à peu et Jelena reconnaissante, le prit ensuite par les épaules pour l'allonger délicatement sur le lit.
— J'ai toujours voulu essayer, dit-elle.
Essayer quoi ? Elle enfourcha Patrick et de sa main droite, positionna son barreau devant l'entrée gourmande de ses chairs. Un petit mouvement de bassin en arrière et elle se l'enfila totalement en gémissant. Patrick écarquillait les yeux, comme s'il avait une vision hallucinatoire. S'allongeant sur lui, Jelena dit :
— Viens Pierre, à toi maintenant !
Pierre sa lance à la main, intercala ses jambes entre celles de Patrick qui venait de stopper tout mouvement, luttant encore pour ne pas jouir. Le gland de Pierre vint contre la valve sombre au milieu de la pleine lune. Il fallut insister un peu du fait de la place que prenait le sexe de Patrick et qui agissait sur la mince paroi séparative. A chaque tentative, Pierre ajoutait de la salive. Le suspens était palpable. Patrick ne devait pas jouir et il fallait que Pierre réussisse son intromission.
Enfin, la tête rouge disparue entre les globes de chair écartés. Jelena expulsa un son guttural. Pierre, les mains sur les hanches, fit entrer la moitié de son membre dans l'anus investi. Lorsque les deux queues se mirent à bouger ensemble, chacune pouvait sentir le mouvement de l'autre. Jelena, cambrée en arrière ouvrait la bouche sans qu'aucun son ne sorte. Patrick émis rapidement de petits cris annonciateurs. Ce fut le signal pour le dernier engagement. Les verges s'enfoncèrent et pilonnèrent frénétiquement les orifices sacrifiés. Jelena hurla. Patrick gronda mâchoires serrées et lâcha prise. Ses testicules frissonnèrent. Le renflement spongieux de son membre tressaillit longuement remplissant le volume vaginal. Pierre, continuait à défoncer l'anus et se répandit peu après en quelques belles saccades dans l'accueillant fondement. Jelena était totalement inondée et débordait de liqueur séminale. La flaccidité des pénis emporta avec elle d'abondants écoulements crémeux.
Son entrecuisse était comme une appétissante pâtisserie. Le mille-feuille se rompit doucement. On s'aida à se relever comme dans une mêlée ouverte. Peu de mots furent prononcés, mais les mains distribuèrent leur pouvoir amical.
Lorsque Patrick fut reparti, ils ne s'endormirent pas tout de suite. Retrouvant la quiétude des moments tendres, Pierre demanda :
— Alors ma coquine, ça t'a plu ?
— Oui, j'ai beaucoup aimé. L'ambiance de cette soirée, la gentillesse de Patrick, votre bienveillance… J'ai eu beaucoup de plaisir, c'était incroyable. Et toi ?
— Moi, j'ai vraiment trouvé très excitant de voir le plaisir que tu prenais avec deux hommes. Je n'ai pas eu de sentiment de jalousie, ça m'a étonné. Mais c'est en grande partie grâce à Patrick, parce que je n'imagine pas faire ça avec n'importe qui.
— Oui, c'est vrai, il faut être en confiance pour pouvoir se lâcher complètement. Ce genre de situation peut déraper, on le sent bien… y compris au sein du couple. Merci Pierre, je suis très contente de l'avoir fait une fois dans ma vie…
— Nous pourrons le refaire si tu veux ?
Pour toute réponse, Jelena se blottit contre lui en soupirant profondément.
Le lendemain matin, Pierre et Jelena passèrent au quartier général de l'ONU à Zagreb. Elle fut impressionnée par ce mur de briques qui entourait tout l'ensemble, avec sur chacune d'elles, le nom d'un disparu. Des fleurs étaient disposées également en souvenir d'un proche tombé. Elle en ressentit un malaise profond. Ces vies enlevées vraisemblablement par ses propres compatriotes lui rappelèrent l'absurdité de la guerre. Elle réalisa qu'elle était en Croatie, dans un pays ennemi, et resta blottie, gorge nouée, sur le siège arrière du Toyota dans la sécurité de l'enceinte militaire.
Pierre revint avec Ralph et le véhicule blanc siglé prit la route en direction de l'ouest. Jelena, ne prononça que peu de mots. Les hommes discutaient de leur mission et des derniers événements. Ils parlèrent aussi de leur camarade Mark car Ralph cherchait à comprendre ce qui s'était passé quelques jours plus tôt. Deux heures plus tard, ils arrivèrent devant les grilles du quartier général de Ljubljana.
Pierre et Jelena sortirent du véhicule où Ralph attendait. C'était le moment des adieux. Moment tant redouté, maintes fois chassé de l'esprit. Jelena peu loquace semblait mal à l'aise. Elle qui pouvait être si rayonnante, semblait éteinte. Pierre très ému, la prit dans ses bras. Leurs baisers avaient un goût amer et salé.
— Tu m'appelleras ? demanda Pierre d'une voix chevrotante. Il lui tendit un bout de papier et poursuivit :
— Ca, c'est mon numéro de téléphone en France quand je serai rentré, à la mi-mars. Et ça, c'est celui de l'hôtel. Tu sais, c'est la chambre 112 !
— Toute ma vie, je me souviendrai de la chambre 112 ! répondit-elle très émue.
— Tu sais où tu vas maintenant ?
— Oui, je sais. Je connais Ljubljana, j'y suis souvent venue et j'y ai des proches.
— Bon ben… au revoir ma chérie, dit Pierre en laissant couler ses yeux.
— Merci Pierre !
Jelena, posa un baiser sur les lèvres mouillées de Pierre et s'écarta un peu. Elle maintint un dernier contact avec une main puis elle tourna résolument le dos. Elle s'éloigna d'une démarche rapide, sans se retourner.
Pierre regarda s'évanouir cette silhouette aimée avec tant d'intensité. Une amertume l'envahit. Ses derniers mots ne sonnaient pas comme il l'aurait souhaité. Il lui manquait un baiser amoureux sur le cœur. Des larmes descendaient le long de ses joues.
Cette impression l'accompagna plusieurs jours. Une fois de plus, il n'avait pas ses coordonnées et n'avait aucun moyen de la joindre. Il dépendait de son appel, qu'il attendait chaque soir. Ce sentiment d'impuissance, d'inachevé, le rongeait.
Un soir tard, son téléphone de chambre sonna, le faisant sursauter. Le cœur affolé, il répondit. C'était elle. C'était Jelena. C'était sa chérie, celle qui occupait toutes ses pensées, tous ses rêves. Celle qu'il voulait pour femme. Enfin elle l'appelait. Il entendit sa voix adorée.
Cette voix adorée, qui le remercia de nouveau… de lui avoir permis de retrouver son fiancé.
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Iznogood
18 avril 2025 à 22:34
Je ne peux qu'être 100% en phase avec l'aimable Wed qui m'avait bien caché cette perle. (grrrr... 🫣)
Une belle romance exacerbée par un environnement douloureux. 😕
Pas d'autre choix que de continuer ma découverte vespérale, bientôt nocturne, je le crains. 😊
Soyez respectueux
Répondre
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Wedreca
24 janvier 2025 à 09:42
Cette fin trop triste... :(

Eh voilà, cette belle histoire se termine. Elle nous a bien donné chaud en tout cas :P. Mais à présent, ce chapitre se ferme.

En tout cas, je te félicite, Pantaï :) ! Tu as vraiment fait du bon travail. Ça a été un plaisir de te lire ^^.
Soyez respectueux
Répondre
Utilisateur supprimé
23 janvier 2025 à 09:30
J'ai bien aimé votre histoire.

C'est bien écrit, c'est romantique entre Jelena et votre protagoniste, et ce, sur fond sombre des guerres de Yougoslavie pendant les années 90.

La fin est triste, effectivement, lorsque Jelena et votre protagoniste se disent au revoir.
Car il est vrai, et ça se comprend, que quand on s'éprend pour quelqu'un, se séparer d'elle est difficile.

J'espère ne pas bouder mon plaisir lorsque je vous lirai de nouveau !
Soyez respectueux
Répondre

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