Fiction
Trans & QIA+
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La transformation sous l'Occupation — Chapitre 2 · La naissance de Louison
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
La transformation sous l'Occupation
Chapitre 2 · La naissance de Louison
Les jours passèrent dans une étrange torpeur au couvent des Sœurs de l'Espérance. Edmond reprenait son rôle parmi les nonnes, tout en se remémorant sans cesse la nuit passée avec Klaus. La tension entre son devoir envers la Résistance et les émotions troublantes qu'il éprouvait pour l'officier allemand le déchirait. Mais tout bascula lorsque Klaus réapparut, vêtu de son uniforme impeccable, accompagné de deux soldats postés à l'entrée.
— Vous venez avec moi, annonça-t-il simplement, sans laisser place à la discussion.
Les nonnes, terrifiées, n'osèrent protester. Edmond, dissimulant son trouble, le suivit sans un mot. La voiture militaire traversa les routes humides et sinueuses jusqu'à Cholet, où le Major l'emmena dans une maison bourgeoise, l'une de celles que l'armée allemande avait réquisitionnées pour loger ses officiers supérieurs. C'était un bâtiment imposant, aux murs ornés de moulures et aux sols en parquet ciré, témoin d'une prospérité passée.
— Vous logerez ici, reprit Klaus en ouvrant la porte d'une chambre spacieuse.
La pièce baignait dans une lumière douce, filtrée par des rideaux de dentelle. Mais ce qui attira immédiatement l'attention d'Edmond, ce fut l'armoire massive, en bois sombre, trônant dans un coin de la pièce.
— Ouvrez-la, invita le Major avec un sourire énigmatique.
Edmond hésita, puis obéit. Ses mains tremblantes tirèrent les portes du meuble, révélant un trésor inattendu. À l'intérieur, des rangées de robes somptueuses, des ensembles de lingerie en dentelle fine, des chaussures élégantes et des accessoires minutieusement alignés semblaient attendre leur heure de gloire. Sur une étagère, des boîtes de maquillage — rouges à lèvres, fards à paupières, poudres — complétaient cet arsenal de féminité.
— Je vous laisse deux heures, annonça Klaus d'une voix toujours plus autoritaire. Faites-vous belle !
Sans attendre de réponse, il quitta la pièce, refermant doucement la porte derrière lui.
Edmond resta un moment immobile, mille et une questions s'entrechoquant dans son cerveau. L'armoire exhalait une odeur subtile de parfums parisiens, mêlée à celle, enivrante, des tissus précieux. Il tendit la main, effleurant une robe de soie couleur émeraude. Le tissu glissa entre ses doigts comme une promesse interdite. Une chaleur diffuse monta en lui, un mélange de curiosité et d'excitation qu'il n'avait jamais ressenti avec une telle intensité.
Edmond resta un moment immobile, mille et une questions s'entrechoquant dans son cerveau. L'armoire exhalait une odeur subtile de parfums parisiens, mêlée à celle, enivrante, des tissus précieux. Il tendit la main, effleurant une robe de soie couleur émeraude. Le tissu glissa entre ses doigts comme une promesse interdite. Une chaleur diffuse monta en lui, un mélange de curiosité et d'excitation qu'il n'avait jamais ressenti avec une telle intensité.
Il se surprit à sourire, légèrement, avant de se déshabiller. Avant de choisir une robe, il enfila soigneusement les sous-vêtements déposés dans un coin de l'armoire. D'abord les bas de soie, dont la douceur contre sa peau nue le fit frissonner, puis un porte-jarretelles qui les maintenait avec une élégance troublante. Il mit ensuite un soutien-gorge délicatement orné de dentelle, s'émerveillant de la manière dont il sculptait et rehaussait ses pectoraux, leur conférant une apparence subtilement féminine. Ces gestes, encore maladroits, prenaient une dimension presque rituelle.
La première robe qu'il choisit — une création fluide aux manches en dentelle — semblait taillée pour lui. Puis, hésitant, il passa une autre robe, noire celle-ci, aux lignes élégantes, resserrée à la taille. Le tissu, ajusté contre sa peau, paraissait chaque courbe créée par les sous-vêtements qu'il venait d'enfiler. Il sentit un frisson parcourir son échine, comme si cette tenue révélait une partie enfouie de lui-même, un secret qu'il n'avait jamais osé explorer. Une sensation d'ivresse, comme une libération inattendue, l'envahit. Il éprouvait un plaisir nouveau, à la fois interdit et fascinant, à se découvrir autrement, comme si ces étoffes révélaient une partie secrète de son être. Il chaussa alors une paire de souliers vernis.
De nouveau face à l'armoire, il marqua un temps d'arrêt, le regard fixé sur les tubes et les poudres, comme s'il pesait encore l'étrangeté de ce geste qui, pourtant, l'attirait irrésistiblement devant le maquillage et, cédant finalement à une impulsion, s'empara d'un rouge à lèvres carmin avec lequel il traça une ligne audacieuse sur ses lèvres.
Le miroir devant lui reflétait sa transformation. Ce n'était plus Edmond qu'il voyait, mais Louison : une femme élégante, au port altier, comme sortie des pages d'un magazine parisien. Le contraste entre l'image dans le miroir et la sensation des tissus glissant sur sa peau le troubla. Son regard se fixa sur ses propres lèvres, audacieusement maquillées, et un frisson d'excitation monta en lui.
Il ferma les yeux un instant, laissant cette image s'imprégner dans son esprit. Ses mains, presque par automatisme, effleurèrent la soie de la robe et la dentelle fine de ses sous-vêtements. Chaque contact éveillait en lui une onde d'intensité, un plaisir physique mêlé à la révélation d'une part de lui-même qu'il n'avait jamais osé explorer. Pris dans cet état de vulnérabilité et de découverte, il céda à l'envie irrépressible de prolonger ces sensations.
Doucement, ses mains glissèrent le long de son corps, traçant des courbes qui lui semblaient étrangères et familières à la fois. Son souffle s'accéléra alors qu'il s'abandonnait pleinement à ce moment, laissant son esprit vagabonder entre excitation et évasion. Il remonta lentement sa robe, dévoilant la douceur des bas contre sa peau, et laissa ses mains explorer son corps avec une intensité croissante. Ses doigts, hésitants d'abord, s'attardèrent sur la dentelle fine qui enveloppait ses formes redessinées, amplifiant chaque frisson. La caresse du tissu contre sa peau nue, mêlée à la chaleur montante de son excitation, l'emportait dans une autre dimension.
Sa respiration devint haletante alors qu'il saisissait son sexe dressé, mêlant la volupté de ses sensations aux images qui dansaient dans son esprit. Chaque mouvement était un mélange d'audace et de découverte, chaque geste accentuait l'onde de plaisir qui le submergeait. Il s'abandonna totalement, son corps vibrant sous l'intensité de cette libération intime, jusqu'à ce qu'une vague de plaisir éclatante l'envahisse, le laissant tremblant et profondément troublé par cette nouvelle part de lui-même qu'il venait de révéler.
Deux heures plus tard, la porte s'ouvrit à nouveau. Klaus entra, s'arrêtant net en découvrant Louison. Son regard, d'abord surpris, se teinta rapidement d'admiration.
— Parfaite, murmura-t-il, s'approchant lentement. Vous êtes tout ce que j'espérais.
Edmond — Louison — sentit un mélange de fierté et de trouble l'envahir. Mais Klaus n'en resta pas là. Il tendit une petite enveloppe qu'il avait glissée dans sa poche.
— Voici votre surprise, annonça-t-il avec un sourire presque triomphal.
Louison ouvrit l'enveloppe et en sortit une carte d'identité, ainsi que plusieurs papiers officiels. Sur chaque document figurait un nom : Louison Morel. Une nouvelle identité, créée de toutes pièces.
— Vous êtes désormais Louison, déclara Klaus. C'est le début de votre nouvelle vie.
Louison, bouleversée, leva les yeux vers Klaus. Elle savait que cette vie serait parsemée de dangers, de compromis et d'ambiguïtés. Mais à cet instant précis, dans cette demeure discrète du centre de Cholet, elle choisit de savourer cette nouvelle facette d'elle-même — et tout ce qu'elle pouvait offrir.
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Commentaires ()
Un grand bravo. J'attends la suite!
Ce récit aurait pu s'intituler Le Déclic, dans la mesure où ce qui n'était qu'une nécessité pour le résistant en planque rend évidente une enviee trop longtemps forcée dans son inconscient, et l'écriture rend le changement inattendu d'Edmond assez vraisemblable au final.