Fiction
Trans & QIA+
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Un soupçon de gingembre — Chapitre 2
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Un soupçon de gingembre
Chapitre 2
Le vin rouge coule dans mon verre et à la lumière, il prend une teinte sombre, presque noire. Je pose délicatement la bouteille sur le comptoir. Le verre de Colin, déjà rempli, se trouve à côté du mien. Je prends les deux dans mes mains aux ongles vernis et je me dirige vers lui. En posant son vin à côté de la poêle où il fait à manger, je l'embrasse sur la joue en souriant. Il se tourne de trois quarts vers moi et m'embrasse sur les lèvres, les yeux pétillants.
— Je vais chercher mon téléphone, est-ce que tu l'as vu ? je lui demande.
— Dans l'entrée, je crois. Si tu peux récupérer le mien en passant, ça serait super. Il doit être dans la poche de mon manteau.
— Dans l'entrée, je crois. Si tu peux récupérer le mien en passant, ça serait super. Il doit être dans la poche de mon manteau.
Me dirigeant vers l'entrée, je roule doucement des hanches comme j'ai appris à le faire. Son regard accroché à mes reins le temps que je passe la porte me conforte dans mon nouveau savoir-faire. Je porte une longue robe de soirée moulante, ouverte des deux côtés des chevilles jusqu'à mi-cuisse. Elle est échancrée juste assez pour deviner ma fausse poitrine et voir mon soutien-gorge et elle est suffisamment moulante pour qu'on devine ma petite culotte qui me rehausse les fesses. Ma perruque est longue et bouclée, de beaux cheveux châtains qui descendent le long de mes épaules. Pour compléter le tout, mon maquillage efface mes traits masculins et creuse mes joues et m'agrandit les yeux.
Cela fait six mois depuis notre première journée et notre première nuit ensemble. J'ai mis un moment à revenir vers lui dans un premier temps. J'y ai beaucoup réfléchi, ne sachant pas trop quoi faire de toutes les émotions paradoxales qui m'avaient traversée cette journée-là. Plusieurs fois pendant les premières semaines, je passais en voiture devant chez Colin sans avoir la force de m'arrêter. Puis un soir, trois semaines après, sans y réfléchir vraiment, j'ai frappé à sa porte d'entrée.
Il était là, heureusement, et il m'a ouvert chaleureusement. Nous avons longtemps échangé, à la fois sur mes craintes et mes envies, sur sa peur de m'avoir fait du mal, ou qu'il ne me revoit plus jamais. Colin m'a avoué bien m'aimer et avoir envie de m'aider à traverser cette nouvelle phase de ma vie. Nous avons parlé longtemps. Je me suis plus ouvert ce soir-là et avec lui qu'avec beaucoup de personnes plus proches. J'ai même pleuré un peu. Il m'a pris dans ses bras et m'a bercé doucement. Nous avons convenu que je reviendrai le lendemain avec les vêtements de mon alter ego avant d'aller plus loin. Depuis ce jour, je suis de plus en plus régulièrement. D'abord, une fois par semaine, puis deux. Maintenant, six mois plus tard, je passe un soir sur deux chez lui.
Colin m'a fourni un double des clés pour que je puisse aller et venir à l'envie même en son absence. Qu'il soit présent ou pas, la première chose que je fais quand j'arrive, c'est de prendre la direction de la salle de bain pour me changer et me préparer en mon alter ego. Nous avons décidé ensemble de l'appeler Nat' pour l'instant. Sans trop savoir si le diminutif est celui de Natalie, Natalia, Natacha ou autre.
En venant de plus en plus régulièrement, j'ai commencé à laisser des affaires à son domicile. Colin m'a fait de la place dans sa penderie et dans la salle de bain et j'ai maintenant la totalité de mes vêtements et accessoires chez lui. J'ai installé des perruques de couleurs différentes, plein de style de vêtements très différents les uns des autres, différentes paires de fausses poitrines et une quantité de maquillage digne des plus grands make-up artistes. Chaque fois que je viens, j'essaye une autre version de moi-même, sans me fixer ou me figer. J'aime cette fluidité, ne pas être obligé de me conformer dans un style ou un genre en particulier. Colin aime aussi la surprise, ne pas savoir quelle forme de moi il trouvera. Il a, bien sûr, ses préférences, mais toutes les versions de moi lui plaisent.
Peu importe la couleur de mes cheveux, la taille de ma poitrine ou l'ouverture de mes vêtements, à partir du moment où mon alter ego s'est habitué à être de plus en plus présent, une vraie intimité a commencé à se créer avec Colin.
Notre première soirée avait été une expérience très satisfaisante, mais je n'étais pas prêt à aller aussi vite à nouveau. Nous avons donc pris notre temps et quelque chose de doux s'est installé entre lui et moi. Une main dans le dos au-dessus des reins quand il passe derrière moi, un baiser dans le cou avant de se coucher, son bras au-dessus des épaules pendant que l'on regarde un film. Notre premier vrai baiser est venu de moi, un soir où je me sentais prête. Et de fil en aiguille, nous avons fait l'amour avec toute la délicatesse du monde.
Depuis ce moment, notre vie sexuelle est devenue très régulière et bien plus intense que la première fois. Parfois, nous faisons l'amour avant de dormir, il me met nue, ne gardant que ma perruque, ma poitrine et mes jambes se croisent autour de ses hanches. Il m'embrasse doucement en me pénétrant et je me sens femme comme jamais je ne me suis senti. La lumière de la lune et des étoiles nous éclaire par les grandes fenêtres et nos corps dansent dans la nuit aux sons de nos gémissements. Plus souvent qu'il ne me fait l'amour, il me baise comme une chienne, plus fort encore que la première fois.
Régulièrement, lorsque je suis chez lui avant qu'il ne rentre du travail, la première chose qu'il fait en arrivant, c'est de me prendre pour évacuer toute la tension qu'il a ressentie dans la journée. Ce soir, ce fut le cas aussi. A l'origine, je ne portais pas du tout cette robe et ces sous-vêtements. En arrivant dans l'après-midi, je m'étais préparé avec un chemisier blanc transparent sans soutien-gorge, ouvert jusqu'en haut de ma fausse poitrine la plus grosse, une jupe à carreaux et des bas à grande résille. J'avais mis un rouge à lèvres bien voyant et du fard à paupières assorti.
Lorsqu'il est arrivé, je l'attendais dans la cuisine. Je me doutais, au son de la portière qui claque puis des pas rapides dans les cailloux de l'entrée, qu'il ne serait pas au mieux de sa forme. Je me suis agenouillé avant même qu'il rentre, connaissant mon homme. Colin est arrivé, m'a à peine regardé ou adressé la parole. Il a jeté sa mallette sur la table de la cuisine, descendu sa braguette et enfourné sa queue pas encore dure dans ma bouche ouverte. Je me suis appliqué comme je l'ai appris au fil des semaines avec lui et je l'ai senti durcir sur ma langue pendant qu'il me tenait par les cheveux en grognant.
Lorsqu'il a estimé être suffisamment dur, il m'a redressé, m'a regardé dans les yeux et m'a plaqué sur la table de la cuisine. Colin a soulevé ma jupe, déchiré mes collants et ma culotte. J'ai entendu le bruit d'une bouteille de lubrifiant qu'on ouvre et qu'on répand. Puis la pression de son pénis sur moi. Je me suis senti m'ouvrir et comme une aspiration tellement il était lubrifié, il est entré en moi d'un coup sec. Les va-et-vient ont commencé de plus en plus fort, une de ses mains sur mes hanches, l'autre me maintenant la nuque contre la table. Je poussais des gémissements et des cris aigus. Au fur et à mesure de notre intimité, nous avons compris que les moments les plus jouissifs pour nous deux étaient les baises intenses comme celle que nous vivions. A chaque coup de hanche, je me sentais rempli, puis vide, puis plein à nouveau. Mon sexe, que nous avions rebaptisé mon clito, était devenu dur comme il l'était rarement.
Quand il était dans cet état là, Colin ne durait jamais longtemps. Ses mouvements se faisaient plus erratiques, moins contrôlables. Sa main lâcha ma hanche et vint appuyer sur ma joue tandis que je sentais tout son poids s'appuyer sur mes fesses. Son index crocheta le coin de ma bouche, me forçant à l'ouvrir grand, le visage toujours appuyé contre la table. "T'es... t'es rien qu'à moi... Nat". Et il explosa au fond de moi dans un dernier cri. Reprenant ses esprits, il se dégagea de moi, me laissant m'effondrer au sol, les jambes tremblantes, le clito gonflé, insatisfait, mais en même temps tellement heureux. Il me rejoint au sol et d'une main experte, il entreprend de me masturber en m'embrassant. Très vite, en à peine quelques secondes, j'explosais de plaisir entre ses doigts.
— Merci Colin...
— Après ce que tu as fait pour moi, je ne pouvais pas te laisser comme ça.”
— Après ce que tu as fait pour moi, je ne pouvais pas te laisser comme ça.”
Après quelques minutes pour me remettre de nos émotions, serrés l'un contre l'autre sur le carrelage de la cuisine, les fluides de nos ébats recouvrant majoritairement mes cuisses, je me suis relevé pour prendre une douche et me changer avec la robe que je porte en ce moment. En repensant à ses mains sur moi, je me suis senti durcir et ma robe se tendit doucement. J'attrape mon téléphone sur le comptoir du salon et j'ouvre le placard pour fouiller dans son manteau. Je suis devenu experte dans l'art de tout tenir entre mes mains, mes vêtements féminins ayant rarement des poches. Dans une main, mon verre de vin, dans l'autre mon téléphone, et je cherche dans sa poche intérieure, à moitié penché dans les manteaux. J'attrape son smartphone et avant que je puisse me redresser, j'entends la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer avec son claquement caractéristique. Je me redresse, pensant voir Colin dehors, mais je trouve une femme dans notre entrée.
— Bonjour, dit-elle, qu'est-ce que vous faites chez moi ? Où est mon mari ? Colin ?
Mon verre de vin tombe sur le sol et se brise en mille morceaux, répandant le vin sur le carrelage. Je vois trouble et j'ai l'impression de tomber inconscient.
Lorsque je rouvre les yeux, je suis assis à table. A ma gauche, il y a Colin à l'air déconfit. A ma droite, la même femme que tout à l'heure, le visage complètement impassible. C'est une grande femme à la peau brune. Ses cheveux sont tressés, regroupés haut en une queue-de-cheval qui lui descend entre les épaules jusqu'au milieu du dos. Elle porte de petites lunettes à monture rouge qui rapetissent ses yeux et lui donnent un air encore plus sévère. Son tailleur semble être de bonnes factures, peut-être même une marque de luxe. Elle a les mains à plat sur la table, de grandes mains aux ongles longs et manucurés avec soin. Elles entourent une assiette d'où s'échappe une fumée à l'odeur douce et délicieuse. Je remarque alors que j'ai moi aussi la même assiette devant moi, pleine de ce qui ressemble à l'une des spécialités asiatiques de Colin. Mes mains serrent une fourchette au point où mes phalanges sont devenues blanches.
Je tourne la tête à droite et à gauche, reprenant doucement conscience après ce qui semble être une absence due au choc.
— Alors, Nat', tu aimes ce que mon mari nous a préparé ?
Elle insiste sur le mot mari.
— Charlène, laisse-la tranquille, tu vois bien qu'elle n'est pas dans son état normal.
— Je m'inquiète juste de savoir si notre invitée apprécie ta cuisine. A défaut d'autre chose apparemment.
— Charlène...
— On en avait parlé Colin. Ça ne devait plus arriver !
— Je m'inquiète juste de savoir si notre invitée apprécie ta cuisine. A défaut d'autre chose apparemment.
— Charlène...
— On en avait parlé Colin. Ça ne devait plus arriver !
Elle hausse le ton "Une fois, c'était déjà trop. Et là, tu recommences encore ? Pour qui est-ce que tu me prends ?"
— Je crois que je vais y aller... dis-je d'une voix blanche, encore troublée.
— Je vais te raccompagner, c'est peut-être mieux comme ça, ajoute Colin.
— Oh non non non. Tu vas rester là, Nat', et toi aussi, mon mari. Nous avons encore beaucoup de choses à nous dire.
— Je vais te raccompagner, c'est peut-être mieux comme ça, ajoute Colin.
— Oh non non non. Tu vas rester là, Nat', et toi aussi, mon mari. Nous avons encore beaucoup de choses à nous dire.
Plus la discussion avance, plus je redoute la suite, plus mon estomac se serre. Je suis de moins en moins à l'aise face à cette femme beaucoup trop sûre d'elle. Face à Colin qui m'a menti tout ce temps. Face à la situation entière. Je me lève en me tenant à la table, manquant de chavirer et en tanguant sur mes talons, ayant perdu toute la confiance en moi que j'avais accumulée, je fais quelques pas vers l'entrée. Charlène attrape mon poignet et me force à me retourner. Je me retrouve face à elle. Elle est obligée de lever les yeux vers moi, ses propres talons ne compensent pas ma haute taille.
— Alors, qu'est-ce que tu as de plus que moi qui a fait succomber mon époux ?
— Charlène, laisse-la tranquille, s'interpose Colin mollement sans oser se lever. Il est loin l'homme qui me baisait plus tôt dans la soirée, confiant et sûr de lui. Il semble complètement dénaturé.
— Non, je veux savoir ce qu'elle a de plus que moi.
— Charlène, laisse-la tranquille, s'interpose Colin mollement sans oser se lever. Il est loin l'homme qui me baisait plus tôt dans la soirée, confiant et sûr de lui. Il semble complètement dénaturé.
— Non, je veux savoir ce qu'elle a de plus que moi.
Elle me détaille de haut en bas, inspecte mon visage, mon corps, mes formes. Et je vois ses yeux s'écarquiller quand elle comprend. Elle lâche mon poignet et recule en poussant sa chaise.
— T'es un mec en fait. Colin, tu t'es vraiment surpassé cette fois. Tu t'es tapé un mec habillé en femme. Je n'en reviens pas.
Elle s'effondre sur sa chaise et se prend la tête entre les mains. Ses lunettes tombent sur table à côté de l'assiette et je vois quelques traits de larmes couler sur ses joues. Je m'en veux de lui faire de la peine à cette fille. Colin s'est enfermé dans le silence, il regarde son assiette avec un air de chien battu, conscient d'avoir fait une énorme connerie, et encore plus de s'être fait attraper pendant. Je me dirige vers la porte doucement, prêt à filer sans trop de vague. Quand Charlène me voit partir, elle me dit, pleine de colère :
— C'est ça, casse-toi après avoir brisé mon couple, travelo.
Elle crache sa phrase comme si je la dégoûtais.
Je me retourne, le rouge aux joues, sans trop savoir ce qui me prend. Une bouffée de colère monte aussi de mon côté et je me dirige à grands pas jusqu'à elle et je me tiens droit.
— Je veux bien tout ce qu'on veut sur la situation, mais les insultes dégradantes sur ma personne, c'est non. Je reconnais une partie des torts, mais je ne pense pas être le fautif en cause dans cette histoire.
Mon regard tombe sur Colin qui fuit en tournant la tête. Charlène me fixe en reniflant, ses yeux plus grands sans ses lunettes encore embuées de larmes "j'ai suffisamment souffert moi aussi dans ma vie pour savoir qui je suis vraiment aujourd'hui. Colin m'y a aidé oui. Il m'a permis d'y voir plus clair sur qui j'étais et qui je voulais être. Je suis désolé pour toi si la confiance dans ton couple se brise à cause des actions qu'il a faites, mais j'ai pu m'élever mentalement et aujourd'hui je suis loin d'être un simple Travelo comme tu dis. Je suis moi, et c'est déjà bien."
Elle ne dit rien au début. Le silence est long après ma tirade. Puis elle se lève et se tient devant moi. Elle remet ses lunettes dans un geste maladroit.
— J'ai besoin d'y voir plus clair. Il faut que j'aille me rafraîchir. Viens avec moi, et elle me prend la main pour m'entraîner à l'étage.
— Toi tu restes là,
— Toi tu restes là,
ajoute-t-elle pour Colin. "On en a pas fini avec toi".
Dans la salle de bain de l'étage, Charlène se démaquille doucement. Elle a profité qu'on monte pour déposer sa valise dans la chambre. Elle termine de passer l'eau démaquillante sous ses yeux et elle se rince à grande eau. Sous le maquillage, sa peau reste jolie, un peu tachetée par endroit.
— Je suis désolée, commence-t-elle en se regardant dans la glace, sans oser se tourner vers moi. "C'était déplacé de t'attaquer de la sorte. Tu n'es coupable de rien que d'avoir voulu être toi-même, j'ai bien compris."
— Merci de t'excuser. Je comprends ta colère, et ton ressenti est légitime. Ce n'est déjà pas simple de se faire tromper, alors en plus quand c'est avec une personne d'un genre inattendu, c'est tout de suite plus compliqué.
— Est-ce que tu accepterais de me prendre dans tes bras ? J'ai besoin de réconfort là, mais je n'ai personne qui puisse...
— Merci de t'excuser. Je comprends ta colère, et ton ressenti est légitime. Ce n'est déjà pas simple de se faire tromper, alors en plus quand c'est avec une personne d'un genre inattendu, c'est tout de suite plus compliqué.
— Est-ce que tu accepterais de me prendre dans tes bras ? J'ai besoin de réconfort là, mais je n'ai personne qui puisse...
J'ouvre les bras, un esprit de sororité étrange et je la serre contre moi. Elle a enlevé ses chaussures à talon, sa tête arrive entre mes seins, mais elle s'en fiche.
— Je commence à comprendre pourquoi il t'a choisie pour vivre ça. Tu es intéressante.
— Le compliment est étrange, mais merci.
— Le compliment est étrange, mais merci.
Elle reste blottie dans mes bras un moment, parfois saisie par un sanglot. Après quelques minutes à passer ma main de haut en bas dans son dos, je lui prends la main et sans lui demander, je l'entraîne dans la chambre. Je l'assois sur le lit et je m'installe à côté d'elle et l'entoure de mes bras. Elle est prise de longs pleurs silencieux lorsqu'elle se rend compte qu'il n'y a que des photos de lui seul, plus de photos d'eux. Elle me le dit entre deux pleurs.
Le temps s'allonge, ses pleurs se calment. On entend des bruits de vaisselle à l'étage en dessous, mais rien d'autre, la maison est silencieuse. Elle lève son visage vers moi, ses yeux rougis, sa bouche entrouverte comme si elle hésitait. Elle pose sa main droite sur ma joue et m'attire doucement vers elle. On s'embrasse doucement, sans grande passion, sans pression non plus. Sa main ne lâche pas ma joue, comme si mon visage était le dernier rocher avant l'océan. Lorsqu'elle recule, ses cils battent comme deux papillons que l'on surprend en train de butiner.
— Je suis désolée... Je ne sais pas ce qui m'a prise...
— Je comprends. On est tous un peu perturbés ce soir.
— Je comprends. On est tous un peu perturbés ce soir.
Je pose sa tête sur mon épaule, ma main glissant et remontant dans son dos.
— Cela fait plus d'un an que j'étais partie, un an que je n'ai pas de contact intime avec qui que ce soit. Je pensais en profiter ce soir, être heureuse. Je me sens idiote.
Je ne dis rien, la laisse souffler. Ma main continue de monter et descendre de sa nuque à ses reins. Charlène se cambre un peu lorsque ma main frôle ses fesses. Sans y avoir pensé en avance, je prends son menton entre mes doigts et je redresse son visage face au mien. Mon cœur est peut-être moins brisé que le sien, mais je me sens secoué aussi, et ça explique sans doute ce que je lui propose ensuite.
— Tu as le droit d'être heureuse ce soir. Moi aussi. Si malgré ma tenue, je te plais assez...
Et je me penche pour l'embrasser un peu plus fort que notre premier baiser.
— Oui, murmure-t-elle en passant ses deux mains sur ma nuque et en rendant mon baiser.
Elle se laisse tomber en arrière sur le lit. Dans un empressement désordonné, on ne s'embrasse pas, on se dévore. C'est plein de langue, de dents, de lèvres. Je déboutonne son tailleur, touche sa peau si douce par-dessous. Elle se tortille sous moi pour l'enlever et le jette au sol, de même que sa jupe. Elle porte des sous-vêtements assortis, blancs presque transparents, sur lesquels des arabesques sont dessinées. Sa peau brune rehausse leurs couleurs, de même que les bas qu'elle porte. Elle est incroyablement belle. Je me redresse sur les genoux pendant qu'elle me regarde, appuyé sur ses coudes. Ma robe glisse toute seule le long de mon corps et je dévoile moi aussi mes sous-vêtements. Mon clito déjà bien dressé s'est échappé de ma culotte sur le côté. Elle m'attire vers elle, me prend dans sa bouche. Je ferme les yeux au contact de sa langue, pousse des soupirs quand elle m'entoure de ses lèvres.
Charlène me goûte sans me lâcher des yeux, ses mains posées sur mes fesses jouant avec la dentelle de ma culotte. Elle sort ma queue de sa bouche et donne un long coup de langue le long de la hampe. Je gémis doucement en me reculant et je descends sur elle.
— A ton tour d'en profiter.
J'enfourne ma tête entre ses cuisses, sentant ses mains s'agripper à ma perruque, attirant mon visage encore plus près de sa vulve. Je la dévore avec la même fougue que celle de nos baisers. Il y a longtemps que je n'avais pas fait de cunnilingus, mais je prends plaisir à passer ma langue entre ses lèvres. Je la goûte et aspire son clitoris en la faisant gémir. Je glisse deux doigts pendant que ma langue monte et descend sur elle. Mes doigts frottent doucement le point interne de son clitoris, lui faisant pousser des cris un peu plus fort. Quand je sens la pression de ses mains diminuer, je me redresse et l'embrasse, mélangeant nos goûts sur nos langues. Mes mains attrapent les siennes et sans avoir besoin de la guider, ma queue entre en elle avec une grande facilité. Elle se serre contre moi, ses cuisses venant se refermer autour de mes hanches. Nos va-et-vient se ponctuent de gémissements de plaisir.
Je me surprends à pousser le même type de gémissement aigu que lorsque c'était son mari qui me baisait. Elle appuie vers moi avec ses reins lorsque je m'enfonce en elle, et je sens son vagin se contracter autour de moi. Nos mouvements sont lents, mais intenses. Plus habitué à être celui qui prend que l'inverse, je sens que je vais jouir rapidement. Elle me regarde et hoche la tête en comprenant l'accélération de mes cris. Je m'enfonce une dernière fois en elle, me déversant dans un ultime cri de plaisir. Elle tremble tout entière autour de moi, elle-même prise dans un orgasme qu'elle ne contrôle pas.
Nous restons un moment comme ça, allongés l'un à côté de l'autre après l'amour. Le temps semble s'être arrêté. Rien d'autre ne bouge que nos ventres à mesure de nos inspirations. Elle tourne son visage vers moi, un sourire triste dessiné dessus. On n’a pas besoin de parler, je comprends dans son regard que l'heure du départ est venue pour moi. En me levant, j'attrape ma robe que j'ai lancée par terre et je la remets dans la penderie, y glissant également ma perruque, mes faux seins et mon soutien-gorge. J'enfile mes vêtements d'homme, mon identité de Nathan revenant à mesure que j'enfile mon jean et mon T-shirt. Trace de mon altérité, je garde ma petite culotte et je ne prends pas la peine de me démaquiller, mon départ est attendu rapidement. Je me retourne vers Charlène en souriant doucement. Je lui prends la main et j'y dépose un baiser, sans savoir si c'est un adieu ou un au revoir.
En descendant les escaliers, je vois Colin appuyé sur le battement de la porte de la cuisine, l'air encore plus déconfit que précédemment. Mes ébats avec sa femme ont dû résonner longtemps dans la maison silencieuse, et encore plus longtemps dans sa tête.
— Eyh, Nat', on peut... On peut parler ?
— Je crois que tu devrais plutôt aller parler à Charlène, je lui réponds sans vraiment le regarder.
— Je crois que tu devrais plutôt aller parler à Charlène, je lui réponds sans vraiment le regarder.
Je passe la porte et avec un claquement je ferme cette douce parenthèse qu'a été ma vie pendant six mois. Sans savoir à ce moment qu'elle se rouvrira à nouveau à peine quelques semaines plus tard.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()
Le premier chapitre est superbe, et le second est assez inattendu, mais tout aussi excitant à lire.
J'espère qu'il y aura une suite (?)