Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L’écume de nos nuits — Chapitre 3 · Un monde rien qu'à nous
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L’écume de nos nuits
Chapitre 3 · Un monde rien qu'à nous
-ˋメˎ-
Alors qu'un léger mouvement de balancier me berçait, comme les remous d'une eau calme portant une embarcation à la dérive, j'émergeai doucement. J'étais où, déjà ?
Mes yeux s'ouvraient difficilement et je tentai de reprendre mes marques. Cette lumière blanche et aveuglante, purée !
Puis les choses se remirent en place dans ma tête et la terne réalité s'installa insidieusement dans ce monde froid et sans saveur.
Nous étions toutes deux allongées, tête-bêche, sur une maxi balancelle Nämmarö trois places du rayon jardin. Les néons blancs, pour seul soleil, et le brouhaha de la clientèle, scellaient pour de bon le monde onirique et verdoyant d'où nous venions.
Ma belle était allongée, un sourire béat sur les lèvres. Les légers tortillements de son corps trahissaient les restes d'un moment sûrement très agréable. C'était trop mignon à voir ! Et bizarrement, j'avais une petite idée sur la question. Car les souvenirs embrumés de cette nuit semblaient tenter de se frayer un chemin dans mon cerveau pour ressortir à la surface.
Les images et les sensations, bien que confuses, ravivaient chaudement des endroits bien précis de mon corps. La nuit avait été agitée, ça je m'en souvenais… mais délicieuse, aussi. Je l'avais goûtée à en perdre la raison.
Merde ! Qu'est-ce qui nous était arrivé ?
Mais autant la nuit avait été chaude, autant je sentais déjà la fraîcheur de notre relation diurne s'installer avec l'arrivée du jour. Pourquoi en était-il toujours ainsi ? Pourquoi n'arrivions-nous pas à partager ces choses si fabuleuses à moins d'être plongées dans le feu de l'action ? Et surtout, quand aurais-je le courage de lui avouer mes sentiments pour elle ?
Une certaine tristesse me serra le cœur à cette idée. Mais je savais déjà la chance que j'avais d'avoir rencontré cette femme. Rien ne servait de s'apitoyer. Il fallait profiter ! Oh oui, profiter… autant que cette chienne de vie nous le permettrait !
Une certaine tristesse me serra le cœur à cette idée. Mais je savais déjà la chance que j'avais d'avoir rencontré cette femme. Rien ne servait de s'apitoyer. Il fallait profiter ! Oh oui, profiter… autant que cette chienne de vie nous le permettrait !
Alors, je me levai en douceur et laissai ma belle amazone à ses songes délicieux. Puis je pris la direction de la cafète… rêveuse… l'esprit empli du secret espoir que notre histoire ne s'arrête pas là. Et pourquoi pas vivre encore mille aventures, comme les deux meilleures amies du monde.
Elle était plutôt beignet ou croissant ?
˙°꩜。.
Il faisait bon dans ce rêve. J'aurais peut-être dormi cent ans, comme les princesses de contes, si elle n'était pas venue me secouer gentiment et me glisser sous le nez d'appétissantes mini-pâtisseries à la cannelle.
J'ai presque hurlé : « TU ES VIVANTE ?! »
Puis j'ai bondi pour la serrer dans mes bras tandis que les beignets valsaient autour, sur la pelouse en plastique. Je me sentais toute tremblante, fiévreuse, remplie d'une émotion que je n'avais plus éprouvée depuis des lustres. Elle, elle riait. Ensuite elle m'a bécoté la joue avant de suggérer à mi-voix que nous adoptions un maintien plus correct, sans quoi les employés du magasin risquaient une fois de plus de nous repérer… d'autant qu'avec nos hardes pleines de boue et mon oreille encore sanguinolente, nous avions pas mal ruiné le tissu à fleurs de la balancelle. Ramassant les gâteaux, on a filé vers les toilettes pour les ingurgiter sans être emmerdées, en se racontant nos extravagantes expériences de la nuit.
« Mais enfin, je t'ai vue te noyer ! »
Je n'en revenais toujours pas. Le miroir fixé au mur m'offrait l'image effrayante d'une vieille bonne femme hirsute aux yeux exorbités, à la tignasse plus grisonnante que jamais. Mais ma belle ressuscitée s'est contentée de s'adosser à la paroi de faïence en haussant les épaules et de me fourrer entre les dents un de ses délicieux beignets. Pendant que je pionçais encore, elle avait eu le temps de se refaire les paupières, le contour des lèvres et le reste. La fraîcheur de la jeunesse…
Tellement soulagée et heureuse de la retrouver, je me suis laissée aller, tout en m'aspergeant la figure à grandes eaux, à lui avouer le fin mot de l'histoire concernant Matt.
« C'est moi, au départ, qui l'ai entraîné là-dedans. J'avais découvert les spots sans oser les franchir, mais lui n'avait peur de rien. Il étudiait la physique des particules et voulait comprendre. Si quelqu'un pouvait comprendre de quoi est constitué cet étrange faux monde, c'était bien Matt. Moi, tout ce qui m'intéressait, c'était de vivre des choses avec lui dans un ailleurs vierge et rien qu'à nous, où on pouvait faire l'amour n'importe où, juste quand ça nous prenait, tu vois ?
— Sauf qu'il vous a quittée.
— Une saloperie de dressing Skytta l'a avalé, nuance ! Il est peut-être mort…
— Ou bien il a vraiment découvert ce qu'il cherchait. Le secret des univers. À l'heure qu'il est, il se balade entre les dimensions et tutoie les dieux. Aucune nana n'aurait pu le retenir, c'est clair.
— Putain, tu… tu me brises le cœur. »
La gamine m'a tendu le dernier gâteau. « Je dis juste qu'après tout ce temps vous devriez vous faire une raison. » Puis, sans doute par pudeur, afin de me laisser la possibilité de fondre en larmes, elle est passée derrière moi pour épousseter ma veste et m'arranger les cheveux. « Bon, vu que vous avez perdu tout votre matos, il faut qu'on fasse un saut avant au rayon Cuisines pour mettre la main sur des couteaux, une gourde et deux-trois trucs.
— Avant ? j'ai sursauté. Avant quoi ? »
Son air décidé me glaçait.
« Avant de chercher le prochain spot, pardi ! Vous voulez peut-être aussi manger encore un morceau ? Seulement j'ai plus beaucoup de thunes et…
— Tu veux rire, là ? On ne va pas y retourner ?! »
Au lieu de répondre, son reflet m'a souri, a enlacé le mien, s'est blotti contre mon dos de reflet tout frissonnant de terreur, tandis qu'elle me chuchotait :
« Moi je vous laisserai jamais tomber. Et on s'éclatera bien, vous verrez. »
J'ai fait volte-face avec une telle brutalité que la petite s'est retrouvée le cul sur le carrelage.
« Pas question, chérie ! j'ai fait. C'est beaucoup trop risqué. La dernière fois…
— On fera plus attention, pis voilà. À deux, c'est…
— Non ! Ni à deux ni à une ni rien du tout puisque c'est niet ! Je n'y vais pas, compris ? »
Ce disant, campée au-dessus d'elle, je fronçais les sourcils à m'en flanquer la migraine. Ça n'avait pas l'air de l'impressionner outre mesure. Au contraire, sa moue boudeuse s'est soudain épanoui en un sourire radieux, des feux d'artifice se sont allumés dans ses pupilles, enfin elle s'est relevée en se frottant les fesses et m'a contournée pour plonger sans hésiter le bras jusqu'au coude dans le miroir, provoquant une série de vaguelettes concentriques qui s'en allaient rebondir sur le cadre en alu brossé.
« Bon Dieu ! Ne me dis pas que tu les sens, toi aussi… »
Elle en restait muette de stupéfaction. Muette mais pas paralysée pour autant : un boot déjà dans le lavabo et le visage baigné par une joie purement enfantine à la perspective d'une nouvelle aventure, elle s'est engouffrée tête la première dans le miroir après m'avoir lancé un dernier coup d'œil mi-aguicheur mi-suppliant.
Est-ce que je pouvais laisser cette sale gosse inexpérimentée y aller seule ?
Est-ce que je le voulais seulement ?
Plongeant les mains à travers le spot, j'ai senti la sienne qui m'attrapait pour m'aider à la rejoindre et j'ai éclaté de rire en basculant de l'autre côté.
J'ai presque hurlé : « TU ES VIVANTE ?! »
Puis j'ai bondi pour la serrer dans mes bras tandis que les beignets valsaient autour, sur la pelouse en plastique. Je me sentais toute tremblante, fiévreuse, remplie d'une émotion que je n'avais plus éprouvée depuis des lustres. Elle, elle riait. Ensuite elle m'a bécoté la joue avant de suggérer à mi-voix que nous adoptions un maintien plus correct, sans quoi les employés du magasin risquaient une fois de plus de nous repérer… d'autant qu'avec nos hardes pleines de boue et mon oreille encore sanguinolente, nous avions pas mal ruiné le tissu à fleurs de la balancelle. Ramassant les gâteaux, on a filé vers les toilettes pour les ingurgiter sans être emmerdées, en se racontant nos extravagantes expériences de la nuit.
« Mais enfin, je t'ai vue te noyer ! »
Je n'en revenais toujours pas. Le miroir fixé au mur m'offrait l'image effrayante d'une vieille bonne femme hirsute aux yeux exorbités, à la tignasse plus grisonnante que jamais. Mais ma belle ressuscitée s'est contentée de s'adosser à la paroi de faïence en haussant les épaules et de me fourrer entre les dents un de ses délicieux beignets. Pendant que je pionçais encore, elle avait eu le temps de se refaire les paupières, le contour des lèvres et le reste. La fraîcheur de la jeunesse…
Tellement soulagée et heureuse de la retrouver, je me suis laissée aller, tout en m'aspergeant la figure à grandes eaux, à lui avouer le fin mot de l'histoire concernant Matt.
« C'est moi, au départ, qui l'ai entraîné là-dedans. J'avais découvert les spots sans oser les franchir, mais lui n'avait peur de rien. Il étudiait la physique des particules et voulait comprendre. Si quelqu'un pouvait comprendre de quoi est constitué cet étrange faux monde, c'était bien Matt. Moi, tout ce qui m'intéressait, c'était de vivre des choses avec lui dans un ailleurs vierge et rien qu'à nous, où on pouvait faire l'amour n'importe où, juste quand ça nous prenait, tu vois ?
— Sauf qu'il vous a quittée.
— Une saloperie de dressing Skytta l'a avalé, nuance ! Il est peut-être mort…
— Ou bien il a vraiment découvert ce qu'il cherchait. Le secret des univers. À l'heure qu'il est, il se balade entre les dimensions et tutoie les dieux. Aucune nana n'aurait pu le retenir, c'est clair.
— Putain, tu… tu me brises le cœur. »
La gamine m'a tendu le dernier gâteau. « Je dis juste qu'après tout ce temps vous devriez vous faire une raison. » Puis, sans doute par pudeur, afin de me laisser la possibilité de fondre en larmes, elle est passée derrière moi pour épousseter ma veste et m'arranger les cheveux. « Bon, vu que vous avez perdu tout votre matos, il faut qu'on fasse un saut avant au rayon Cuisines pour mettre la main sur des couteaux, une gourde et deux-trois trucs.
— Avant ? j'ai sursauté. Avant quoi ? »
Son air décidé me glaçait.
« Avant de chercher le prochain spot, pardi ! Vous voulez peut-être aussi manger encore un morceau ? Seulement j'ai plus beaucoup de thunes et…
— Tu veux rire, là ? On ne va pas y retourner ?! »
Au lieu de répondre, son reflet m'a souri, a enlacé le mien, s'est blotti contre mon dos de reflet tout frissonnant de terreur, tandis qu'elle me chuchotait :
« Moi je vous laisserai jamais tomber. Et on s'éclatera bien, vous verrez. »
J'ai fait volte-face avec une telle brutalité que la petite s'est retrouvée le cul sur le carrelage.
« Pas question, chérie ! j'ai fait. C'est beaucoup trop risqué. La dernière fois…
— On fera plus attention, pis voilà. À deux, c'est…
— Non ! Ni à deux ni à une ni rien du tout puisque c'est niet ! Je n'y vais pas, compris ? »
Ce disant, campée au-dessus d'elle, je fronçais les sourcils à m'en flanquer la migraine. Ça n'avait pas l'air de l'impressionner outre mesure. Au contraire, sa moue boudeuse s'est soudain épanoui en un sourire radieux, des feux d'artifice se sont allumés dans ses pupilles, enfin elle s'est relevée en se frottant les fesses et m'a contournée pour plonger sans hésiter le bras jusqu'au coude dans le miroir, provoquant une série de vaguelettes concentriques qui s'en allaient rebondir sur le cadre en alu brossé.
« Bon Dieu ! Ne me dis pas que tu les sens, toi aussi… »
Elle en restait muette de stupéfaction. Muette mais pas paralysée pour autant : un boot déjà dans le lavabo et le visage baigné par une joie purement enfantine à la perspective d'une nouvelle aventure, elle s'est engouffrée tête la première dans le miroir après m'avoir lancé un dernier coup d'œil mi-aguicheur mi-suppliant.
Est-ce que je pouvais laisser cette sale gosse inexpérimentée y aller seule ?
Est-ce que je le voulais seulement ?
Plongeant les mains à travers le spot, j'ai senti la sienne qui m'attrapait pour m'aider à la rejoindre et j'ai éclaté de rire en basculant de l'autre côté.
-ˋメˎ-
Qu'est-ce qu'on a bien pu se marrer !
Cette fois-là, une fois passé le miroir, on s'est carrément retrouvé jetées en pleine mer. Sur le moment, on a fait la gueule, c'est sûr ! Mais une fois grimpées sur les restes d'une vieille épave de Ramnefjäll qui dérivait par là, ça a tout de suite été mieux. Puis, on a récupéré des bouts de planches qui flottaient de-ci de-là, pour les assembler à l'aide de cintres en ferraille et autres morceaux de cordes. Et enfin, on a attaché un drap au porte-manteau, fixé tel un mât au milieu de l'embarcation. La voile s'est gonflée. Nous étions prêtes pour l'aventure ! Le kif intégral !
C'est là qu'elle m'a appris à pêcher le Havssmak. La crise de rire ! J'avoue que je ne suis pas douée pour ce genre de trucs. Mais on en a attrapé assez pour s'en faire exploser le bide. D'ailleurs, on s'en est tellement gavé que mon estomac ne l'a pas supporté. J'en ai rendu la moitié à la mer. J'étais mal ! Heureusement qu'on s'est échouées sur une petite île de sable fin (comme dans les films). Là, nos corps réchauffés par un soleil ardent, elle s'est occupée de moi. Ça, c'était cool ! C'était tellement agréable de se faire dorloter… Bon, j'avoue que j'en ai un peu rajouté. Je sais, je suis une sale gosse !
Et puis nos peaux se sont frôlées… touchées… puis… c'était délicieux…
˙°꩜。.
Une razzia au rayon Loisirs/Camping nous avait permis de reconstituer un petit stock de matériel utile : sac à dos, gourdes, couteaux suisses, etc., qu'on trimbalait partout, y compris lorsque, dès le signal d'ouverture du magasin, on se faufilait au self pour avaler vite fait un café, les yeux barbouillés de cernes mais le cœur tambourinant à la perspective d'une nouvelle journée d'aventures ensemble dans l'inconnu.
Parfois, le point de contact nous sautait pour ainsi dire à l'esprit.
« Un tapis ! » s'est écriée la petite un matin.
J'en ai recraché un bout de muffin avant de confirmer : « Une grande descente de lit rouge à motifs blancs. Des fleurs, on dirait… »
On l'a trouvé d'instinct parmi les dizaines de tapis exposés. Quant au mode opératoire, il nous semblait tout aussi évident : il s'agissait de l'enrouler autour de nos deux corps pour, telles des assistantes de prestidigitateur, disparaître de la face du monde réel et se retrouver au milieu d'une immense steppe écarlate parsemée d'étangs et de buissons de roses blanches étincelant au soleil.
Ravies, nous avons marché quelques temps dans ce paysage féerique, jusqu'à ce qu'une sorte de brume bleue barre l'horizon et fonce vers nous. Haut comme des éléphants, avançant épaule contre épaule, les moutons de poussière broutaient l'herbe rouge en ne laissant derrière eux qu'une trame grise et désolée. Pas moyen de leur échapper ! Nous voilà soudain toussant à s'en décoller la plèvre et sautant tout habillées dans l'étang le plus proche.
En un clin d'œil les moutons ont disparu de l'autre côté de l'univers, mais le décor avait perdu beaucoup de son charme. Restaient les roses, auxquelles ils n'avaient pas touché. En voulant en cueillir une, on a compris pourquoi : je me suis entaillée bêtement la paume sur leurs pétales d'acier. Ma compagne, faute de désinfectant, a sucé la plaie avant de découper un bout de son débardeur pour me panser. Elle m'a avoué en rosissant qu'elle aurait aimé être infirmière, mais que la durée des études l'avait découragée…
Parfois, le point de contact nous sautait pour ainsi dire à l'esprit.
« Un tapis ! » s'est écriée la petite un matin.
J'en ai recraché un bout de muffin avant de confirmer : « Une grande descente de lit rouge à motifs blancs. Des fleurs, on dirait… »
On l'a trouvé d'instinct parmi les dizaines de tapis exposés. Quant au mode opératoire, il nous semblait tout aussi évident : il s'agissait de l'enrouler autour de nos deux corps pour, telles des assistantes de prestidigitateur, disparaître de la face du monde réel et se retrouver au milieu d'une immense steppe écarlate parsemée d'étangs et de buissons de roses blanches étincelant au soleil.
Ravies, nous avons marché quelques temps dans ce paysage féerique, jusqu'à ce qu'une sorte de brume bleue barre l'horizon et fonce vers nous. Haut comme des éléphants, avançant épaule contre épaule, les moutons de poussière broutaient l'herbe rouge en ne laissant derrière eux qu'une trame grise et désolée. Pas moyen de leur échapper ! Nous voilà soudain toussant à s'en décoller la plèvre et sautant tout habillées dans l'étang le plus proche.
En un clin d'œil les moutons ont disparu de l'autre côté de l'univers, mais le décor avait perdu beaucoup de son charme. Restaient les roses, auxquelles ils n'avaient pas touché. En voulant en cueillir une, on a compris pourquoi : je me suis entaillée bêtement la paume sur leurs pétales d'acier. Ma compagne, faute de désinfectant, a sucé la plaie avant de découper un bout de son débardeur pour me panser. Elle m'a avoué en rosissant qu'elle aurait aimé être infirmière, mais que la durée des études l'avait découragée…
-ˋメˎ-
Ah oui, et puis la fois où le spot était instable et où on s'est retrouvées à poil, de l'autre côté. Cette honte, mon Dieu ! J'en menais pas large… elle non plus, d'ailleurs. En tout cas, elle est encore sacrément bien foutue, la daronne !
Dès le début, je ne l'avais pas sentie, cette armoire… un spot périmé, sans doute. Jamais on n'aurait dû y plonger ! Et voilà qu'on se retrouvait à déambuler complètement nues en pleine ville, au milieu de buildings géants formés de centaines d'armoires, d'étagères et de penderies en tous genres, empilées les unes sur les autres.
Le plus compliqué a été de trouver des affaires à nous mettre sur le dos. On avait beau explorer chaque bâtiment et inspecter chaque meuble qui pourtant regorgeait de fringues, rien ne nous allait ! Quelles que soient les frusques choisies, l'essayage se soldait invariablement par un échec : des jupes trop longues à se prendre les pieds dedans, ou trop courtes, réduite à une simple bande de tissu ; des chemises, T-shirts et pulls sans trous pour les bras ni pour la tête ; des pantalons transparents, urticants ou n'ayant qu'une seule jambe… enfin bref ! À croire que la mode nous en voulait pour toutes ces années passées à poursuivre aveuglément un hypothétique et futile idéal esthétique. Mais je l'ai jamais voulue, moi, cette société de consommation… bordel !
Clap ! clac ! CLAP ! Clac ! clap ! CLAC !...
Ouvrant et refermant des centaines de portes, notre progression ressemblait plus à celle de deux rats perdus dans le labyrinthe infini d'une expérience étrange et malaisante, qu'à une séance de shopping. Et bien sûr, c'est à ce moment-là qu'ils nous sont tombés dessus... Putains de cintres !
Il ne fallut pas longtemps pour que leur ferraille se torde autour de nos membres, contraignant nos mouvements et marquant nos chairs. À croire que cette armature de fer prenait plaisir à manipuler nos corps nus dans des postures aussi ridicules qu'obscènes. Mais heureusement, après un bon moment à tordre le cou de chacun de ces foutus cintres, nous nous sommes enfin libérées de notre prison perverse.
Le retour à la réalité a été, quant à lui, plus que sportif : on a dû se lancer dans un sprint pour retrouver nos vêtements au plus vite… et surtout, avant l'arrivée des clients ! Deux folles complètement nues qui courent au milieu d'un magasin, au petit matin… Le tableau, j'vous jure ! Ce n'est d'ailleurs pas dit que quelques clients (chanceux ?) n'aient pas aperçu un bout de sein ou un cul au détour d'un rayon. Pas grave… ça leur fera des souvenirs !
˙°꩜。.
D'autres fois, la recherche du point de contact entre les mondes nous donnait davantage de fil à retordre. Cinq ou six jours plus tard, par exemple, au rayon Chambre, nous avons tourné des heures durant autour de lits superposés pour enfants, infoutues de trouver comment passer au travers du spot. On se glissait sous les lits, dessus, dedans, on les retournait dans tous les sens, on a même tenté de les démonter afin d'examiner les planches une à une, mais rien à faire. Nous sentions pourtant que le spot se trouvait là, juste sous notre nez !
Puis, par hasard, on a toutes les deux posé un pied sur le premier barreau de la petite échelle en pin suédois, laquelle s'est mise aussitôt à s'allonger à une vitesse fantastique, crevant le plafond du magasin, bousculant les nuages et les piafs pour nous hisser toujours plus haut dans la stratosphère, dans le vide spatial ! Contre toute attente, on respirait sans difficulté. Vu qu'il faisait frisquet, nous nous serrions l'une contre l'autre, cramponnées à l'échelle. Une énorme lune en plastique nous souriait en se balançant au-dessus de nos têtes, entourée de luminaires Upplyst en forme d'étoiles et de comètes multicolores. Le brusque changement d'altitude nous avait comme enivrées. J'ai fait un vœu que j'ai révélé à la mignonne frissonnant dans mes bras. Elle n'a pas voulu me dire le sien mais, à sa façon de me dévorer des yeux, j'ai bien compris qu'il me concernait de près. Saisie d'une envie irrésistible de prendre sa bouche, je te l'ai alpaguée par son petit menton de bébé et… à ce moment, hélas ! une nuée de chasseurs X-wing en Lego a fondu sur nous. Peu dangereux en dépit de leur cuisante piqûre laser, ils se montraient néanmoins enquiquinants au possible. Pour amuser ma compagne, je me suis lancée dans une splendide imitation de King Kong quand, juché au sommet de son gratte-ciel, il dégomme les avions de chasse en poussant des rugissements épouvantables.
Oh ! ça, ma jeune amie ne s'était pas trompée : on riait à en attraper des crampes. Même avec Matt je ne me souvenais pas d'avoir jamais vécu pareille complicité. Nos nuits étaient l'écume, la surface irisée de l'existence, un tourbillon sans fin de jeux, d'émotions, de plaisirs légers comme des bulles de savon, un continuel et stimulant brassage de nos imaginations, loin de la laideur, de l'utilitarisme et des mille désespérantes contrariétés du quotidien.
Puis, par hasard, on a toutes les deux posé un pied sur le premier barreau de la petite échelle en pin suédois, laquelle s'est mise aussitôt à s'allonger à une vitesse fantastique, crevant le plafond du magasin, bousculant les nuages et les piafs pour nous hisser toujours plus haut dans la stratosphère, dans le vide spatial ! Contre toute attente, on respirait sans difficulté. Vu qu'il faisait frisquet, nous nous serrions l'une contre l'autre, cramponnées à l'échelle. Une énorme lune en plastique nous souriait en se balançant au-dessus de nos têtes, entourée de luminaires Upplyst en forme d'étoiles et de comètes multicolores. Le brusque changement d'altitude nous avait comme enivrées. J'ai fait un vœu que j'ai révélé à la mignonne frissonnant dans mes bras. Elle n'a pas voulu me dire le sien mais, à sa façon de me dévorer des yeux, j'ai bien compris qu'il me concernait de près. Saisie d'une envie irrésistible de prendre sa bouche, je te l'ai alpaguée par son petit menton de bébé et… à ce moment, hélas ! une nuée de chasseurs X-wing en Lego a fondu sur nous. Peu dangereux en dépit de leur cuisante piqûre laser, ils se montraient néanmoins enquiquinants au possible. Pour amuser ma compagne, je me suis lancée dans une splendide imitation de King Kong quand, juché au sommet de son gratte-ciel, il dégomme les avions de chasse en poussant des rugissements épouvantables.
Oh ! ça, ma jeune amie ne s'était pas trompée : on riait à en attraper des crampes. Même avec Matt je ne me souvenais pas d'avoir jamais vécu pareille complicité. Nos nuits étaient l'écume, la surface irisée de l'existence, un tourbillon sans fin de jeux, d'émotions, de plaisirs légers comme des bulles de savon, un continuel et stimulant brassage de nos imaginations, loin de la laideur, de l'utilitarisme et des mille désespérantes contrariétés du quotidien.
-ˋメˎ-
Ça me rappelle aussi le jour où le vigile nous a pourchassées à travers tous les rayons parce qu'il nous prenait pour des voleuses, des clochardes, ou je ne sais quoi d'autre encore. On a juste eu le temps de plonger dans un sommier Lyngör pour se retrouver en plein… désert ! Sans une goutte d'eau, qui plus est… car on n'avait pas eu le temps de remplir nos gourdes. Quelle bande de cruches !
On a marché des heures, comme deux connes. Au loin, on voyait bien comme une cafétéria, mais c'était flou et diffus. Sûrement un mirage. Car plus on avançait et plus elle s'éloignait, cette putain de salope de…
Enfin bon, on a quand même fini par tomber sur une oasis. Sauvées ! Mais c'était sans compter les scorpions Ätbart qui défendaient les lieux, leurs quatre dents métalliques recourbées sur le dos. Ces bâtards ! Heureusement que ma chère coéquipière avait ses bâtons de marche télescopiques. On a pu se faire une belle partie de golf-scorpion. C'était vraiment trop cool ! Je me suis bien éclatée ! Enfin, c'est surtout eux qui se sont fait éclater. J'étais même un peu déçue quand j'ai frappé dans le dernier.
Alors, on s'est consolées en plongeant dans l'eau claire et rafraîchissante qui nous faisait de l'œil depuis le début. Un délice !
C'est vrai que tous ces jours n'ont été que pure rigolade… avec quelques belles frayeurs, tout de même, j'avoue.
Cette femme était devenue comme une amie, une sœur, une amante… ou un mélange de tout ça, je ne sais pas. Mais ce qui nous unissait était si fort ! Ça, je le ressentais jusque dans mes tripes. J'avais cette nana dans la peau et je kiffais ma nouvelle vie. Et pour rien au monde, j'aurais voulu que ça s'arrête.
˙°꩜。.
Le surlendemain, fini, terminé, kaputt les spots.
Je l'ai su avant même d'ouvrir l'œil, à cette espèce de gueule de bois mâtinée d'affreuse amertume, le genre d'abattement qu'on ressent le jour où on réalise que l'enfance n'était pas éternelle et que désormais on lui tourne le dos.
Grinçant des dents, je me suis résignée illico, j'avais l'habitude. Du reste, en consultant mon portable pour la première fois depuis des semaines, j'ai vu que mes congés d'été se terminaient trois jours plus tard, trois jours qui ne seraient pas de trop pour redescendre du paradis et redevenir une terrienne normale, qui s'intéresse un tant soit peu à son job et aux programmes télé. Chaque année, ma phase de décompression paraissait s'allonger, mais je finissais quand même par rentrer dans le rang. Bien obligée.
Ma compagne, elle, ne comprenait pas. Trop jeune, trop volcanique sous ses airs de poupée punk, elle en voulait encore, et tout de suite ! Elle galopait comme une dingue d'un étage à l'autre. Cavalant à sa poursuite, j'essayais de lui faire entendre raison : « Ils réapparaîtront d'ici quelques mois, un an peut-être, d'habitude c'est comme ça que…
— Mais cherche avec moi au lieu de me prendre le chou !
— Chercher quoi ? Tu vois bien qu'il n'y a plus rien. Tu le sens comme moi, non ?
— Je sens surtout que t'abandonnes un peu facilement. C'est à cause de toi que ça foire, parce que t'y crois plus. En vrai t'es qu'une putain de bourgeoise sans imagination ! »
Là, j'ai empoigné le revers de son perfecto. Qu'on me pardonne, nous étions toutes les deux à cran.
« Ah oui ? » j'ai fait, un ton beaucoup trop haut, tandis qu'une famille de crétins s'écartait de nous en hâte. « Et toi, je peux savoir ce que tu es ? Une gamine de cinq ans qui fait son caca nerveux ? On t'a cassé ton jouet, c'est ça ? Jamais entendu parler du principe de réalité ?
— J'EMMERDE LE PRINCIPE DE RÉALITÉ ! elle a hurlé de toute la vigueur de ses poumons pointure XXS. Et toi aussi je t'emmerde, vieille conne ! Je le trouverai toute seule, le spot, va ! Je réussirai !
— Conne toi-même ! Tu vas seulement réussir à te faire pincer par la sécurité, ce qui fait que l'année prochaine on ne pourra plus revenir, même avec une fausse barbe. On sera fichées et…
— Lâche-moi, je te dis ! Je continue, moi, puisque t'as pas les couilles !
— Enfin, bon Dieu, tu…
— LÂCHE-MOI !! »
Et pac ! pour appuyer son propos, elle m'en colle une sévère sur l'oreille gauche, celle déjà sabrée par les sécateurs. De surprise et de dépit plus que de douleur, j'ai poussé un brame qui a dû faire le tour du magasin. Et je crois que, si une escouade d'employés n'était pas arrivée pile à temps, j'aurais sûrement répliqué en soulageant la petite de quelques-unes de ses dents de lait.
Très professionnels, ils nous ont aussitôt séparées, écartées l'une de l'autre, recadrées et, pour finir, suggéré gentiment de décamper. La gamine me lançait des regards de haine. Il n'y avait rien à ajouter. Les nerfs à vif et le cœur en mille morceaux, frustrées dans notre désir d'évasion et d'aventures ensemble, on est parties chacune de son côté, sans un adieu ni un regard.
Je l'ai su avant même d'ouvrir l'œil, à cette espèce de gueule de bois mâtinée d'affreuse amertume, le genre d'abattement qu'on ressent le jour où on réalise que l'enfance n'était pas éternelle et que désormais on lui tourne le dos.
Grinçant des dents, je me suis résignée illico, j'avais l'habitude. Du reste, en consultant mon portable pour la première fois depuis des semaines, j'ai vu que mes congés d'été se terminaient trois jours plus tard, trois jours qui ne seraient pas de trop pour redescendre du paradis et redevenir une terrienne normale, qui s'intéresse un tant soit peu à son job et aux programmes télé. Chaque année, ma phase de décompression paraissait s'allonger, mais je finissais quand même par rentrer dans le rang. Bien obligée.
Ma compagne, elle, ne comprenait pas. Trop jeune, trop volcanique sous ses airs de poupée punk, elle en voulait encore, et tout de suite ! Elle galopait comme une dingue d'un étage à l'autre. Cavalant à sa poursuite, j'essayais de lui faire entendre raison : « Ils réapparaîtront d'ici quelques mois, un an peut-être, d'habitude c'est comme ça que…
— Mais cherche avec moi au lieu de me prendre le chou !
— Chercher quoi ? Tu vois bien qu'il n'y a plus rien. Tu le sens comme moi, non ?
— Je sens surtout que t'abandonnes un peu facilement. C'est à cause de toi que ça foire, parce que t'y crois plus. En vrai t'es qu'une putain de bourgeoise sans imagination ! »
Là, j'ai empoigné le revers de son perfecto. Qu'on me pardonne, nous étions toutes les deux à cran.
« Ah oui ? » j'ai fait, un ton beaucoup trop haut, tandis qu'une famille de crétins s'écartait de nous en hâte. « Et toi, je peux savoir ce que tu es ? Une gamine de cinq ans qui fait son caca nerveux ? On t'a cassé ton jouet, c'est ça ? Jamais entendu parler du principe de réalité ?
— J'EMMERDE LE PRINCIPE DE RÉALITÉ ! elle a hurlé de toute la vigueur de ses poumons pointure XXS. Et toi aussi je t'emmerde, vieille conne ! Je le trouverai toute seule, le spot, va ! Je réussirai !
— Conne toi-même ! Tu vas seulement réussir à te faire pincer par la sécurité, ce qui fait que l'année prochaine on ne pourra plus revenir, même avec une fausse barbe. On sera fichées et…
— Lâche-moi, je te dis ! Je continue, moi, puisque t'as pas les couilles !
— Enfin, bon Dieu, tu…
— LÂCHE-MOI !! »
Et pac ! pour appuyer son propos, elle m'en colle une sévère sur l'oreille gauche, celle déjà sabrée par les sécateurs. De surprise et de dépit plus que de douleur, j'ai poussé un brame qui a dû faire le tour du magasin. Et je crois que, si une escouade d'employés n'était pas arrivée pile à temps, j'aurais sûrement répliqué en soulageant la petite de quelques-unes de ses dents de lait.
Très professionnels, ils nous ont aussitôt séparées, écartées l'une de l'autre, recadrées et, pour finir, suggéré gentiment de décamper. La gamine me lançait des regards de haine. Il n'y avait rien à ajouter. Les nerfs à vif et le cœur en mille morceaux, frustrées dans notre désir d'évasion et d'aventures ensemble, on est parties chacune de son côté, sans un adieu ni un regard.
-ˋメˎ-
Bouillonnant de l'intérieur, autant de tristesse que de rage, j'arpentais les rayons. Pourquoi cette femme que j'avais adulée pour sa force et son courage baissait-elle les bras aussi facilement ? Ça me rendait dingue !
Oh, et puis merde ! C'est très bien comme ça ! J'espérais quoi, franchement ? Qu'on devienne les meilleures amies du monde ? Pfff… pauvre fille !
Oh, et puis merde ! C'est très bien comme ça ! J'espérais quoi, franchement ? Qu'on devienne les meilleures amies du monde ? Pfff… pauvre fille !
Attrapant deux babioles au hasard, je pris la direction des caisses. Il était temps de quitter cet endroit qui n'avait plus rien à offrir.
Insérée dans la queue, le regard ailleurs, je ne pouvais m'empêcher de ressasser…
… puis je la vis !
À croire que le destin l'avait placée là, histoire d'enfoncer le clou et de me torturer encore un peu plus ! Elle se trouvait trois places devant moi et passait déjà ses articles. Pas un geste, pas un regard dans ma direction ! Elle s'en foutait en fait… c'est ça !? Et moi qui la fixais sans pouvoir m'en détacher… J'étais tellement pitoyable !
Puis la caissière lui parla. Mon ex-coéquipière chercha dans ses poches de jean et en sortit sa CB. Prenant le ticket qu'on lui tendait, elle farfouilla dans son sac. Un instant, j'avoue, j'ai cru qu'elle allait tout lâcher et courir dans ma direction pour venir m'embrasser devant tout le monde… Quelle conne je fais ! C'est elle qui avait raison. Elle était passée à autre chose, voilà… à la vraie vie, quoi !
Puis, elle franchit les grandes portes vitrées et disparut. J'eus alors l'impression qu'elle était partie avec mes tripes, mon cœur et tout le reste. Ne restait plus qu'un énorme vide à l'intérieur de moi. Tel un zombie, j'avançais sans trop savoir pourquoi… comme dans le couloir de la mort… une mort d'envie… d'envie de vivre. Un à un, les clients passant en caisse me dévisageaient comme si j'étais un monstre, une loque, ou bien les deux. Peut-être l'étais-je, en fin de compte… Puis ce fut mon tour.
— Carte ou espèces ?
— Heu… espèces.
— Heu… espèces.
Le visage de la caissière, indifférent à la souffrance qui me rongeait de l'intérieur, me fixait d'un sourire professionnel.
— Votre monnaie, mademoiselle !
— Merci.
— Merci.
C'est en récupérant mes articles que je vis la boîte en bout de tapis, un ensemble provenant sûrement du rayon camping : couteau, lampe torche, bandages… le parfait kit de survie. Sur le coffret, se trouvait le ticket de caisse. Il portait une inscription au stylo :
Merci de laisser cette boite à sa place.
Elle est pour la petite brune bizarre qui vous suit.
Elle est pour la petite brune bizarre qui vous suit.
De nouveau, des battements dans ma poitrine…
D'un regard, je balayai les lieux comme si j'allais l'apercevoir.
D'un regard, je balayai les lieux comme si j'allais l'apercevoir.
Mais c'est en retournant machinalement le ticket que mon cœur s'emballa pour de bon. Le souffle court, ma main venait de se plaquer contre ma bouche pour étouffer un rire nerveux. Une larme roula sur ma joue.
Les portes d'un tout nouveau monde venaient de s'ouvrir… sur ma vie.
Et ce monde tenait là tout entier, entre mes doigts tremblants, sur ce petit bout de papier… dans cette inscription manuscrite…
Et ce monde tenait là tout entier, entre mes doigts tremblants, sur ce petit bout de papier… dans cette inscription manuscrite…
… ce simple numéro à dix chiffres.
˙°꩜ FIN メˎ-
"Pour qu'il y ait passion, il faut que l'union soit brutale, que l'un des corps soit très avide de ce dont il est privé et que l'autre possède en très grande quantité."
Boris Vian
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Commentaires ()
Sniff
Je m'étais attaché a ces deux héroïnes et elles ont pris chacune leur chemin.
Ce chapitre, même s'il poursuit l'histoire est quand même différent. Avec un tel tourbillon de spots, je me demande s'ils n'ont pas étés crées par une boulle a facettes d'une quelconque boite disco des années 80, activée par Matt habillé tout en blanc et la chemise largement déboutonnée en dansant sur Stayin'Alive pour encourager son amie à le retrouver...
J'ai adoré la très belle fin ouverte, laissant libre court a l'imagination du lecteur.
C'est un boulot de dingue pour arriver à écrire cette histoire entre ces deux mondes aux frontières si fines qu'ils se mélangent si souvent qu'on est emporté dans le tourbillon de leurs aventures.
En ce qui me concerne, je n'ai pas résisté une seconde et c'est avec plaisir que j'ai lu cet ultime épisode.
Félicitations a vous deux @Wedreca et @Jocelyn Witz pour ce travail d'orfèvre.
Mais comme tu le dis, la fin est ouverte... et je dirais même plus qu'ouverte 😋. Car il n'y a pas trop à réfléchir pour deviner ce que va faire la petite brunette avec le numéro de téléphone de l'aventurière de son cœur 😉. Bien sûr qu'elle va la rappeler et qu'elles vont vivre d'autres aventures... et dans le réel, sûrement même 😏. Il était impensable de laisser une histoire comme celle-là mal se finir 🥹.
En tout cas, merci pour ton super commentaire. Ça fait terriblement plaisir d'en recevoir après un certain temps de sa sortie. J'ai l'impression que notre texte continue à vivre à chaque nouveau lecteur qui le découvre. C'est très agréable 🥰.
Merci beaucoup de nous avoir lues, @Mandrakke 😘💋
Ah Ah 😂 ! On est deux, alors 😉 !
En tout cas, merci pour tes commentaires, @MyPiratQueen 😘 !
Parce que : trois fois le même commentaire, dont deux sur le même chapitre 😅 !
Merci beaucoup pour ton commentaire, @rtx42 😊 !
La fin est à la hauteur des aventures: un simple numéro de téléphone et le soleil brille à nouveau, le cœur palpite.
Heureuse que la fin ait été à la hauteur 😌.
Ça a été un plaisir de revivre cette aventure au gré de tes commentaires.
Mille fois merci 😘 !
Merci à vous deux pour ce magnifique moment de lecture.
Encore merci de nous avoir lues et pour tous tes commentaires, @Manu1982 😘 !
Oui, ça rassure 😌.
D'ailleurs, après la sortie de trois chapitres (qui marchent plutôt bien) et une médaille, je suis toujours classée 100eme 😳 !
J'adore la fiabilité de l'algo d'XStory 😅.
Oui, tout à fait 😌 !
L'idée était que la nuit, le monde se transforme et qu'on retrouve un peu cet esprit loufoque des choses détournées de leur fonction habituelle 😉.