Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une autorité décadente — Chapitre 1 · Chapitre 1 - la salle de contrôle
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Une autorité décadente
Chapitre 1 · Chapitre 1 - la salle de contrôle
Je m'appelle Julien. J'ai 42 ans. Je suis chef de la sécurité au centre commercial Les Palmiers, une belle merde plantée entre une nationale et des champs vides. On y vend du rêve à crédit, on y croise des couples qui s’ignorent, des mères dépassées, des ados en rut. Et moi, je suis là, en haut de ma tour, planqué dans ma salle de contrôle, à tout voir sans qu’on me voie.
J’ai le badge, l’autorité, le regard que personne ne soutient plus de trois secondes. Les petits cons baissent les yeux quand je m'approche. Les vigiles s’écrasent quand je parle. Ici, c’est mon terrain. J’ai fait poser les caméras. J’ai les accès aux recoins, aux angles morts, à tout ce que la Direction ne regarde pas. Je suis le gardien de ce théâtre de faux-semblants.
Ma vie perso ? Une blague. Ma femme ne me touche plus depuis Noël dernier. On vit côte à côte comme deux collègues de bureau. On partage les factures, les silences, et parfois les repas. Je crois qu’on s’engueule même plus, à ce stade. On s’évite. Pas de chaleur, pas de désir. Mon corps, elle le regarde comme un meuble. Et j’ai arrêté de faire semblant d’y croire.
Alors ouais, j’ai mes soupapes. Ma pièce. Mes écrans. Et quelques caméras non officielles que j’ai installées moi-même. Personne ne sait. Même pas mes agents.
Il est 14h12 quand je bascule sur le flux numéro 16.
Toilettes femmes, allée nord, cabine 3. Une petite merveille de discrétion que j’ai placée dans l’aération haute. Angle parfait, image nette, son correct. Juste assez pour capturer la vérité crue du quotidien.
Et là, elle est là.
La femme mûre que j’ai repérée il y a quelques semaines. La cinquantaine bien entretenue. Élégante, mais pas coincée. 1m70, cheveux noirs attachés, jupe fendue, haut soyeux. Et surtout, une poitrine que je n’ai pas oubliée : un 95D ferme et lourd, que j’ai vu danser sous son chemisier quand elle se penchait à l’épicerie fine. Elle entre, ferme la porte, pose son sac, et commence à déboutonner lentement son haut.
Je m’avance dans mon fauteuil.
Elle regarde son téléphone, change l’angle. Elle prend un selfie, puis deux. Défait sa jupe. Elle est en porte-jarretelles. Aucun doute, elle sait ce qu’elle fait. Pas une scène volée, non. Une femme en contrôle, qui se montre, qui s’offre. Pour quelqu’un. Ou pour elle-même.
Je retiens mon souffle quand elle sort un petit flacon de parfum, l’ouvre, en met à l’intérieur de ses cuisses. Puis elle s’assoit, jambes écartées, et commence à se caresser à travers la dentelle. Lentement, presque cérémonial. Un doigt passe sous le tissu, elle ferme les yeux. Je vois son ventre se contracter, ses lèvres bouger sans un son.
Son visage passe de l’envie au plaisir, puis au besoin. Elle glisse deux doigts, et je l’observe, hypnotisé. Une femme qui ne joue pas. Qui jouit.
Je sens mon sexe réagir, mon pantalon devenir trop étroit. Mais je ne touche à rien. Je regarde. Je bois la scène comme un whisky rare. C’est mon secret. Mon vice. Et personne ne viendra me le retirer.
Quand elle finit, elle nettoie ses doigts, remet sa jupe, se recoiffe, et sort. Aussi calme qu’elle est entrée.
Je coupe le flux.
Je n’ai pas le temps de respirer que mon œil capte autre chose sur l’écran 6.
Une jeune. Vingtaine à peine. Pantalon moulant, t-shirt court, regard fuyant. Elle tourne autour du corner maquillage comme une gamine affamée. Et puis elle passe à l’action : un petit tube dans la manche. Ni vu ni connu. Sauf que moi, j’ai tout vu.
Je souris. J’aime ces moments.
J’attrape mon badge, descends. Les couloirs sont calmes. Je la chope à la sortie du magasin.
— Mademoiselle. Vous allez me suivre. Tout de suite.
Elle sursaute, tente de se justifier, mais sa voix est déjà plus aiguë. Elle sait qu’elle va devoir me suivre. Mais elle ne sait pas encore dans quoi elle vient de mettre les pieds. Et moi non plus d'ailleurs, vous allez voir !
Salle de fouille. Lumière blanche, murs nus, pas de caméra. C’est ma zone. Personne ne vient ici sans moi. Et surtout, personne ne sait ce qu’il s’y passe vraiment.
Elle s’appelle Léa. Elle a 21 ans. Elle est jolie, nerveuse, un peu insolente, mais pas idiote. Je la menace:
— Vol à l’étalage, c’est du sérieux ! Flics, dossier, casier judiciaire. Ça te dit ?
— Vol à l’étalage, c’est du sérieux ! Flics, dossier, casier judiciaire. Ça te dit ?
Elle baisse les yeux.
— Non, j'y tiens pas.
— T’as une meilleure idée ?
— Non, j'y tiens pas.
— T’as une meilleure idée ?
Un silence. Elle hésite. Puis me regarde, droit dans les yeux. Un défi, une supplication ? Un mélange étrange.
— J’veux pas avoir d’ennuis.
— Ça tombe bien. Moi non plus. Enlève ta veste.
— J’veux pas avoir d’ennuis.
— Ça tombe bien. Moi non plus. Enlève ta veste.
Elle le fait. Docilement. Mon regard glisse sur son ventre plat, sa poitrine tendue sous le tissu. Je m’approche. Elle ne bouge pas.
— Tu veux que je fasse la fouille ? ou on attend une collègue ?
— Tu peux... la faire, dit-elle.
— Tu veux que je fasse la fouille ? ou on attend une collègue ?
— Tu peux... la faire, dit-elle.
Je souris.
Je commence lentement. Ma main se pose sur sa hanche, glisse le long de sa cuisse. Elle frissonne. Je sens son souffle accélérer. Elle ne dit rien. Elle ne recule pas.
Je sais lire les signes. Et ce corps-là ne demande qu’à être lu.
Je m’accroupis devant elle, lentement, le regard toujours ancré dans le sien. Je sens qu’elle respire plus vite, que son torse se soulève sous ce petit haut noir tendu. J’effleure ses chevilles, remonte sur son mollet, puis vers la cuisse. Je ne vais pas trop vite. Je veux la sentir hésiter, basculer.
— Rien dans les poches ? demandé-je, la voix grave.
— Non...
— Rien dans les poches ? demandé-je, la voix grave.
— Non...
Elle a la voix tremblante. Mais elle ne m’arrête pas. Pas un geste pour reculer. Pas une main pour bloquer la mienne.
Ma paume glisse sur sa cuisse nue. Elle a la peau douce, chaude. Je frôle la couture de son string, juste ce qu’il faut pour qu’elle comprenne où ça va. Elle entrouvre les lèvres, surprise d’elle-même. J’aime ces moments. L’instant où la peur fond dans l’excitation. Où elles cessent de se mentir.
Je me redresse, la regarde de haut. Elle est assise, jambes à demi écartées, les mains sur les genoux, nerveuse, mais figée.
— Tu sais, Léa, y’a des manières de réparer ses erreurs. Des façons... alternatives. Tu vois ce que je veux dire ?
— Tu sais, Léa, y’a des manières de réparer ses erreurs. Des façons... alternatives. Tu vois ce que je veux dire ?
Elle hoche la tête. Ses joues rougissent, mais son regard ne fuit pas. Elle attend. Elle me teste, quelque part.
— Montre-moi. Que t’as compris. Que t’es prête à assumer.
— Montre-moi. Que t’as compris. Que t’es prête à assumer.
Je m’appuie contre la table, bras croisés. Elle reste là, hésitante.
Puis, lentement, elle glisse sa main sous son pantalon. Un mouvement presque timide. Mais elle le fait. Elle le fait devant moi, sans que je la touche, sans qu’elle dise un mot.
Son regard croise le mien une seconde, et elle baisse les yeux. Sa respiration change. Je vois sa gorge se tendre, son ventre se crisper. Ses doigts sont sous la ceinture maintenant, sans doute entre ses lèvres. Elle bouge lentement. Juste assez pour se stimuler, pas encore pour jouir.
Je reste silencieux. Fasciné. Je la laisse aller à son rythme. C’est elle qui choisit. Et moi, je regarde. Je goûte chaque geste. Chaque soupir.
Elle ferme les yeux. Ses hanches ondulent à peine. Un doigt, peut-être deux, qui glissent, qui frottent. Son souffle devient plus irrégulier.
— Tu mouilles déjà, hein ? je murmure.
— Tu mouilles déjà, hein ? je murmure.
Elle ne répond pas, mais sa main accélère un peu. Sa poitrine se soulève plus vite, ses cuisses tremblent légèrement.
— Continue... T’arrête pas.
— Continue... T’arrête pas.
Ma voix est basse, autoritaire, mais douce. Elle obéit. Elle s’oublie. Et moi, je me délecte de chaque seconde.
Ce n’est pas une branlette vulgaire, non. C’est une offrande. Elle se donne, à sa manière. Pour échapper à la loi. Ou peut-être pour autre chose.
Ses doigts s’agitent plus vite maintenant. Sa tête penche en arrière, elle ouvre la bouche sans bruit. Et ses cuisses se crispent et soudain, un spasme, un petit râle qu’elle tente d’étouffer.
Je souris.
Elle vient de jouir. Là, devant moi. Sans que je la touche.
Elle reste là un instant, haletante, la main encore posée contre son sexe. Puis elle la retire, lentement, et essuie ses doigts sur un mouchoir dans son sac.
Je m’approche, la fixe.
— On va oublier le vol, Léa. Cette fois.
— On va oublier le vol, Léa. Cette fois.
Et là, la gamine, elle va me sidérer, me scotcher sur place, par sa réponse, qu'elle me donne sur un ton désabusé, goguenard:
— Mais y'a pas de vol, mon pauvre ! J'tai bien eu !
— Quoi ?
— Ben oui, le tube, je l'avais pris, mais je l'ai jeté un peu plus loin dans une allée avant d'atteindre les caisses ! Hé ! j'connais la musique: y a pas vol tant que j'ai pas quitté le magasin. D'ailleurs, j'en avais pas besoin, d'ton tube de crème à la con !
— Mais y'a pas de vol, mon pauvre ! J'tai bien eu !
— Quoi ?
— Ben oui, le tube, je l'avais pris, mais je l'ai jeté un peu plus loin dans une allée avant d'atteindre les caisses ! Hé ! j'connais la musique: y a pas vol tant que j'ai pas quitté le magasin. D'ailleurs, j'en avais pas besoin, d'ton tube de crème à la con !
Je ne comprends plus rien.
— Mais pourquoi t'as fait ça alors. Pourquoi tu t'es laissé embarquer ici ?
— Mais pourquoi t'as fait ça alors. Pourquoi tu t'es laissé embarquer ici ?
Elle se marre en me dévoilant sa supercherie préméditée.
— J'avais envie de me branler. J'adore ça, mais pas toute seule. Je voulais faire ça devant un mec ; ça m'excite toujours grave !
— J'avais envie de me branler. J'adore ça, mais pas toute seule. Je voulais faire ça devant un mec ; ça m'excite toujours grave !
Et elle insiste bien:
— J'ai fait exprès de me faire voir par la cam, je savais que tu viendrais m'embarquer pour m'emmener ici ! D'ailleurs je suis déçue, t'as même pas sorti ta queue et qu'on se branlerait ensemble, ou plus si affinités. Je pensais que tu ferais au moins ça ! Même pas.
— J'ai fait exprès de me faire voir par la cam, je savais que tu viendrais m'embarquer pour m'emmener ici ! D'ailleurs je suis déçue, t'as même pas sorti ta queue et qu'on se branlerait ensemble, ou plus si affinités. Je pensais que tu ferais au moins ça ! Même pas.
Et là la môme m'achève:
— C'est con, t'es pas mal comme mec. T'aurais pu me baiser, j'étais chaude ; tant pis pour toi !
— Mais pourquoi tu me l'as pas demandé ?
— J'cause pas aux timides !
— C'est con, t'es pas mal comme mec. T'aurais pu me baiser, j'étais chaude ; tant pis pour toi !
— Mais pourquoi tu me l'as pas demandé ?
— J'cause pas aux timides !
Je la laisse partir, sans un mot de plus. Elle me donne juste son 06 sur un bout de papier qu'elle écrit à la hâte, et ajoute :
— J'espère que t'es pas étourdi au moins ; ne le perds pas !
— J'espère que t'es pas étourdi au moins ; ne le perds pas !
Et dans ma tête, je sais déjà que cette journée sera longue, jusqu'à ce soir, quand je l'appellerai pour la revoir...
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