VADE RETRO SATANAS
Chapitre 1
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✦ DeuxD VADE RETRO SATANAS XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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VADE RETRO SATANAS — Chapitre 1

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VADE RETRO SATANAS

Chapitre 1

Amis lecteurs. Nous déconseillons aux personnes qui sont bénévoles ou connaissent des bénévoles, ainsi que ceux pour qui la religion ne doit pas être utilisée dans ce genre de récits, de ne pas lire notre histoire. Vous pourriez être choqué et en aucun cas nous le souhaitons. 
 
ROMAIN.
 
Tout le monde connait la loi des séries. Tout dépend par quoi est constituée la série. Dans mon cas c'est seulement l'accumulation qui est embêtante.
La fuite d'eau chez le voisin du dessus a rendu mon bureau inutilisable pour un moment. Mais pas de dégâts sérieux. Quand je veux dire sérieux, je parle de ce qui fait mon métier d'expert-comptable. Les dossiers papiers, les dossiers stockés sur disques durs n'ont pas souffert. De toute façon j'ai tout en triple. Dans mon bureau, à mon domicile, dans le cloud.
Ma cheville foulée. Accident débile en ratant une marche de trottoir.
Ma voiture que j'ai payé la peau du c.., marque prestigieuse, en panne et en plus en attente d'une pièce en rupture de stock. Evidemment, le garage peut me prêter une voiture, mais ma cheville…
Mon ordi qui se plante. Disque SSD à changer. Et… rupture de stock…
Il faut que je précise l'ordre, c'est important :
La fuite.
La voiture.
Mon ordi.
Ma cheville.
 
Précision pour mon ordi, je le porte à la boutique chez qui je l'ai acheté. Expertise du gars. Je le connais assez bien. Il m'annonce la panne :
 
—Le SSD est mort. J'ai bien peur de ne pas pouvoir récupérer les données. Mais je connais… Ce n'est pas donné…
—Pas grave, j'ai une copie chez moi et dans le Cloud. 
—Si tout le monde était comme vous. Ah… Mince… Délai dix jours…
—Merde. Oh, pardon. Vous pouvez m'en prêter un en attendant ?
—Impossible. Vous êtes le quatrième et je n'ai que trois ordis pour dépanner.
—Zut.
—Pourquoi ne pas utiliser celui de votre épouse. Il est largement assez puissant. Il a de la place sur son SSD. Et j'ai même vu que vous aviez une partition.
—C'est vrai, mais comment vous savez ?
—Oh, votre épouse est venue il y a un mois, à peu près. Un virus. Et elle n'avait pas de copie. J'ai réussi à le nettoyer sans reformater. C'est là que je l'ai vu.
—Ah, je ne savais pas.
—Nos femmes ont leurs petits secrets. 
—Si vous le dite. 
—Au fait vous lui demanderez si elle a bien pensé à changer son mot de passe Windows. 
—Oui, pourquoi ? 
—Sophie ? C'est bien son prénom ?
—Oui.
—C'est son mot de passe. 
—Non ?
—Si. Vous lui rappellerez ? 
—Oui.
—C'est important. Vous lui dites bien qu'elle le change. Chacun son mot de passe et cela peut éviter bien des désagréments.
Je m'étonne de cette insistance. Et pourquoi me donner son mot de passe ? 
 
Mais, en chemin, je me tords la cheville. Le mot de passe, n'est plus ma priorité. 
Il ne le redevient que lorsque je demande à Sophie si je peux utiliser ma partition. J'y pense, mais je vois aussi que ma demande la dérange.
—Tu ne peux pas faire autrement ? Il ne peut pas t'en prêter un ?
Elle accepte après mes réponses et la promesse de faire attention.
—De toute façon, c'est le principe des partitions. Chacun a une "boite" qui lui est perso. En plus mon logiciel, est dans le cloud, et donc je vais me servir de ton ordi juste comme un écran et un clavier…
 
Ce n'est que quelques jours après la remarque du gars et l'évidente mauvaise volonté de Sophie que je repense à cette histoire de mot de passe. De quoi peut avoir peur mon épouse ? 
C'est un vrai "bordel". Les fichiers et les dossiers ne semblent pas classés avec logique. C'est fou le nombre de personne qui perdent leur intelligence et leur logique lorsqu'ils sont seuls face à un ordi. Combien de mes copains, j'ai dépanné pour retrouver un fichier, un dossier et parfois pire leur annoncer que toutes leurs photos ont disparu, envoyées, par deux clics dans un trou noir.
Oh, pardon, je suis mauvaise langue. Les favoris de Google regroupent bien les liens par thèmes.
 
1) Sur la foi, l'église et tout ce qui tourne autour. Il faut dire que nous appartenons à la grande famille des croyants, surtout Sophie qui pratique sa foi catholique avec beaucoup plus de rigueur que moi. Cette rigueur, d'ailleurs nous a empêché de faire appel à certaines techniques pour avoir un enfant. Ce qui fait qu'a 40 ans, nous sommes un couple qui n'a pas eu la joie d'accueillir ce cadeau de Dieu qui, en réalité, fait le ciment d'une famille. Mais nous sommes heureux. 
Moi je compense en m'investissant beaucoup dans mon travail. Le métier d'expert-comptable n'est pas comme certains le pensent, une série fastidieuse de chiffes et de règles comptables, bien au contraire. En plus c'est un métier très lucratif. Il nous permet de vivre sans vraiment s'inquiéter pour l'argent, d'autant qu'après nous il n'y aura personne pour en hériter
Sophie, qui, à une autre époque, aurait vécu au foyer se dévoue pour les autres. Je ne compte plus les associations caritatives auxquelles elle a apporté son soutien. Si je l'avais laissé faire elle y consacrerait sa journée. Aussi, afin qu'elle ne s'enferme pas dans la misère du monde, je lui ai suggéré de travailler, au moins à mi-temps, comme enseignante dans un lycée, lycée catholique. Ces deux activités rythment sa vie. Le matin, enseignante, enseignante en histoire et l'après-midi bénévole.
2) Sur toutes les méthodes possibles et imaginables pour faire un enfant. Nourriture, cycle de fertilité, cycle de la lune, des saisons et même une longue liste de liens conseillant telle ou telle position afin que mes petites bêtes veuillent bien faire le trajet sans défaillir. Car et c'est ce qui est le plus frustrant Sophie et moi avons tout ce qu'il faut pour procréer. Allez comprendre. Ce "Favori" date manifestement car cela fait des années que nous avons renoncé.
3) Je passe sur la série de favoris pour les banques et finance, sur la météo, sur les sites de voyages, de cuisine, maisons, … De vêtements. Je clique par réflexe sur chaque favori. J'y retrouve souvent des copies des sites communs, mais celui de "vêtements" est très fourni.
4) Vêtements. Mon épouse est élégante. Elle est grande avec de longs cheveux et j'ai toujours dit que tout lui allait. Son créateur lui a joué un tour, peut être voulait-il tester sur sa foi et surtout ce que cela implique. Sa beauté et sa prestance en font une séductrice malgré elle. Je dirais, qu'avec l'âge, je sais 40 ans c'est encore jeune, elle est encore plus belle. Sa maturité physique étincelle. Déjà lorsque je l'ai connue, elle avait toute une cour autour d'elle. Oh, elle n'aguichait pas. Elle ne portait pas de vêtements provocants, mais elle dégageait une sensualité qui attirait les mecs. Savez-vous qu'elle était vierge. Je l'admire pour cela. Elle ne m'a donné sa vertu que le jour de nos noces. Je sortais de nos rencontres ou j'arrivais tout de même à la caresser un peu, épuisé et devais me branler pour retrouver mon calme. Elle n'était pas innocente dans la sexualité, mais sans pratique. Elle était, elle est encore une amoureuse. Quoique je trouve que depuis que nous avons abandonné l'espoir de faire un enfant que nos rencontres sont moins "chaudes". 
Mais tout en bas de la liste, s'il y a encore des sites de vêtements, je découvre un sous-dossier marqué "Lingerie".
5) Lingerie. Je l'ouvre, curieux de voir ce qui intéresse mon épouse. Sa lingerie suit la mode, mais avec "retenue". Au moment des strings, le triangle à l'arrière était plus important que les ficelles. J'y retrouve toutes les grandes marques, celles dont les boutiques illuminent les passants. Mais lorsque je clique sur d'autres liens, avec des noms que je ne connais pas, je découvre des sites avec une lingerie plus que coquine, avec aussi toutes sorte de tenues, les plus sexy les unes que les autres. Mais il y a encore plus troublant. Dans le sous-dossier lingerie, un autre sous-dossier apparait. C'est le dossier "Technique".
6) Technique. C'est la stupeur. Dans ce sous-sous-sous-dossier, que des liens érotiques. Quand je dis érotique je pense pornographique car cela va des sites qui donnent des conseils pour : Une fellation profonde… Une sodomie réussie… Essayez le double c'est l'adopter… et tous ces sites ou chaque vidéo est plus "hard" que la suivante. Dire que je suis sidéré est un euphémisme. 
Je ne peux pas faire comme si je ne savais pas. Aussi le soir, à son retour de travail.
 
—Chérie, j'ai oublié de te passer le message. Le gars de la boutique informatique te fait dire de penser à changer ton mot de passe. Je suis d'accord avec lui : Sophie, c'est trop évidant.
—Oh, c'est vrai. Il faut que j'y pense.
—Je m'excuse, mais j'ai voulu vérifier. Et figure-toi que…
—Ne me dis pas que tu as été "chez moi".
—Si.
—Mais tu n'as pas le droit.
—Peut-être, mais j'ai découvert de drôles de choses dans tes favoris.
—Quoi les favoris ?
—Les sous-dossiers. Du genre lingerie porno, sex-shops, sites pornos. Tu peux m'expliquer ?
—Tu n'avais pas à….
—Peut-être. Je m'en excuserai auprès de Jésus, mais tu m'expliques.
—C'est… C'est…
—Tu me trompes, c'est cela, tu me trompes.
—Non, non, c'est plus…
—Tu es rouge comme une pivoine. Avoue que je suis cocu, que tu as rompu les liens sacrés du mariage.
—Non, non. J'aurais dû t'en parler, mais je n'ai pas osé.
—Osé quoi ?
—C'est que… Les bénévoles qui nous aident ne sont pas que des "dames patronnesses". Je sais que comme je déclare ma foi, ils m'avaient classé dans cette "case". Ce sont souvent des gens avec de l'expérience, un vécu et ils parlent souvent de sexe. Je sais que c'est une façon pour eux de se "blinder " devant la misère du monde qu'ils côtoient. De ce fait j'étais souvent mise à l'écart et les conversations s'arrêtaient lorsque j'arrivais. Alors, j'ai décidé de faire le nécessaire pour pouvoir m'intégrer. C'est pour cela que tu as trouvé tous ces sites. Avec eux j'ai pu apprendre, du moins en théorie et ne pas paraître idiote. Tu connaissais les films "Nuances de Grey" ?
—Oui.
—Eh bien pas moi. Et je ne parle pas de "365", de "Babygirl" et d'autres dont je ne me souviens pas les noms. 
—Donc c'est pour te faire une "éducation théorique" que tu regardais ces sites. Tout de même, Sophie, tu n'es pas une oie blanche. Tu sais ce qu'est le sexe.
—Oui, mais tu ne peux pas imaginer les sujets qu'ils n'ont pas peur d'aborder. Tiens, pas plus tard que tout à l'heure, ils parlaient d'un metteur en scène "Tinto Brass", tu connais ?
—Non.
—Eh bien c'était le sujet du jour. Un cinéaste italien spécialisé dans le candaulisme. Toi tu sais ce que c'est que le Candaulisme ?
—Oui.
—Eh bien pas moi. Du moins pas avant que je regarde sur Google. Donc il parait que "Transgression" et "Fallo" sont de parfaits exemples de son œuvre. Ils ont décidé d'en reparler après-demain, c'est la même équipe, après que chacun ait pu se faire une opinion.
—Je n'aurais jamais imaginé…
—C'est comme les élèves en médecine qui se défoulent dans le sexe pour respirer un peu.
—Mais du coup, ce cinéaste ?
 
Mais une idée me vient. Une suspicion. Ce que me raconte Sophie est si étonnant que je doute un peu. Et si elle me menait en bateau ? Je décide de la provoquer.
 
—Et toi aussi tu as prévu de regarder ces films.
—Non, bien sûr que non. Je dirai que je n'ai pas pu, ou que je n'avais pas le temps, ou que je ne les ai pas trouvés. C'est juste une façade que je donne. Je ne vais tout de même…
—Je serais curieux de voir si cet homme existe vraiment ?
—Mais puisque je te dis que…
—Laisse-moi vérifier.
 
Son ordi est en marche. Je vais dans son google. Je tape Tunti Bross. Rien
 
—Tu me racontes des mensonges. Tu te moques de moi.
—Mais ce n'est pas possible. Laisse-moi voir… En effet… Pourtant, je t'assure… Oh, tu n'as pas tapé le bon nom, c'est "TINTO BRASS" … Voila… Regarde… Je ne te mens pas… "Tentation. Fallo".
 
J'ai encore un doute.
—Tape dans la barre de recherche " Film érotique Tinto Brass Fallo".
Apparaît une liste de sites qui propose le film.
—Clique sur le troisième lien… Oui celui qui affiche "Tinto Brass Fallo Film Completo".
Le film démarre après avoir regardé une fille qui se prend le petit trou avec un gode mécanique, quelques secondes. Je remarque que Sophie est expérimentée, car elle guette le curseur qui défile et clique aussitôt sur le "Skip Ad".
On est tout de suite dans l'ambiance.
 
—Je te laisse le regarder tranquillement.
—Mais Romain…
 
Je la laisse. Elle m'a dit la vérité, mais je ne suis pas satisfait. Elle ne m'en a pas parlé. Ainsi elle parle sexe avec des gens que je ne connais pas.
Mais elle revient très vite.
 
—J'ai compris l'idée. Cela suffit. Tu m'en veux ?
—Tu aurais pu m'en parler.
—Pour faire l'oie blanche ?
—J'aime bien l'oie blanche, moi. C'est excitant une oie blanche. Surtout si elle cache bien son jeu. Je pourrais lui apprendre… Tiens une chose qu'elle ne connaît que par le net… J'ai toujours rêvé d'une gorge profonde, tu connais ?
—C'est le nom que donnaient les journalistes à leur source au moment du scandale du Watergate ?
—Aussi, mais ce n'est pas ça à quoi je pensais.
—Je plaisante. Mais mon cher mari, je n'ai qu'une formation théorique, pas la pratique.
—On va remédier à cela…
 
SOPHIE
 
 
J'ai frôlé la catastrophe. Heureusement que j'avais envisagé cette situation. J'avais découvert par hasard ce cinéaste sur un site et son nom était facile à retenir, ainsi que les sujets principaux de ses films. Certes  c'était improbable, mais c'est ma nature de penser à tout. Sauf… Sauf… Que j'avais oublié de changer de mot de passe. Et ce con de mec qui le donne à mon mari…
Ce n'est pas vrai que le sujet de conversation favori de mes bénévoles soit le sexe, même si je soupçonne certains d'entre eux d'utiliser la couverture de l'association pour leur permettre de retrouver un amant.
Mais je n'ai rien à dire. Je suis bien pire que tous réunis. Pourtant, d'une certaine façon je fais de bonnes actions. Je n'ai rien décidé. Je n'ai rien planifié. Je n'avais même jamais imaginé que… Moi… Sophie…
Cet après-midi même je viens de confirmer et de tester la guérison d'un homme qu'un ami m'avait envoyé. Pour la première fois il a réussi à bander sans artifice et ma foi il s'est fait un point d'honneur à me montrer son talent. Et Dieu m'en est témoin, qu'il en a. Il m'a tuée…
 
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Retour en arrière. Plusieurs mois.
 
Cela a commencé bizarrement. Souvent je suis dans le bureau pour gérer la paperasse, mais de temps en temps j'en sors pour me changer les idées et aller aider les bénévoles. Cela fait du bien de se coltiner avec les pauvres, les mendiants, les abandonnés. Nos petites misères paraissent alors si petites…
J'étais à la distribution de vêtements. Il y avait un peu de monde. Il faut dire qu'il faisait 30 degrés à l'ombre et que les gens recherchaient des vêtements de saison. 
C'est au tour d'un jeune. C'est pitié de voir des hommes de vingt ans dans la rue. Je remarque aussitôt que les autres l'évitent. Je comprends lorsque je m'approche. Il pue. Il pue terriblement. Evidemment il voit ma réaction.
 
—Excusez-moi, mais on vient de me dégueuler dessus. Je n'ai pas pu…
—Je comprends. Attendez… Vous faites du médium. Je prends des vêtements à votre taille. Mettez-vous là-bas, un peu à l'écart. Je suis désolée.
 
Il obéit.
Je choisis un lot d'habits, du slip aux chaussettes avec polo, pantalon. Je retourne vers lui.
 
—Vous allez me suivre. Vous ne pouvez pas seulement changer de vêtements. Il faut vous laver.
—Il y a des douches ici ?
—Non, mais à côté de mon bureau, oui.
 
Il me suit. Nous allons dans la partie interdite au public. Un couloir… La porte du grand studio qui sert de bureau…
 
—La douche. Enlevez tout cela. Je le jetterai et vous passerez les autres après. Il y a du shampoing et une serviette.
 
Je referme la porte. Le pauvre garçon. Si jeune et déjà dans la rue.
Une minute peut être et j'entends :
 
—Madame, Madame, elle ne marche pas.
—Il faut ouvrir le bouton en bas. 
 
Cette douche est aussi un mystère pour moi. C'est compliqué d'avoir le jet au bon endroit. Une fois, sur le côté, une fois en bas, une fois en haut. La galère.
 
—Toujours pas.
—Bon, attendez… Mettez la serviette…
—Oui, je comprends…. Voilà, c'est fait…
 
J'entre. Il est sorti de la douche. Il a bien mis la serviette autour de ses reins. Je ne regarde pas vers lui. J'entre dans la douche après avoir enlevé mes chaussures. J'essaie de me souvenir comment cette putain d'usine à gaz fonctionne. 
Ce bouton, c'est la température… trente degrés, c'est bien.
Tout en bas, voilà le bouton qui… Evidemment celui qui a installé ce robinet a mal monté la poignée. Pour que l'eau arrive à la douche il faut mettre la poignée perpendiculaire au tuyau. 
Je la tourne. Je me relève. Aussitôt je reçois un déluge d'eau. Je cherche à diriger l'eau vers le bas. Je n'y arrive pas. Je ne peux cesser ce déluge qu'en allant fermer le général.
Je suis trempée. Je croise le regard du garçon. Il sourit et puis éclate de rire. Son rire est communicatif, à mon tour je m'esclaffe. 
Quelques secondes qui chassent tous les soucis.
Nous arrêtons, mais je vois son regard sur moi. Je réalise que je suis, évidemment toute mouillée, mais que ma robe, robe légère est plaquée contre ma peau. Et, oh, merde, ma poitrine… Même mes tétons.
Quelle conne je fais. Il faisait si chaud dans le bureau que j'avais enlevé mon soutif, mais j'ai oublié de le remettre en allant à la distribution et, ce manque me rend plus que nue.
Il a son regard sur moi. Il me déshabille. 
 
—Oh, pardon. Je suis idiote. Excusez-moi, je vais…
—Vous êtes si belle. Je… Je… Oh… Pardon.
 
Je comprends le "pardon". La serviette montre une bosse qui dénonce une érection. 
C'est la main de Satan qui a dû défaire le nœud de la serviette. Lorsqu'elle tombe à terre son sexe apparait. C'est la première verge, autre que celle de mon mari que je vois vraiment. La serviette l'a libérée et elle se tient horizontale, chargé de vigueur, de désir.
Je me reprends. Je sors de la douche. Il ne cherche pas à me retenir. J'ouvre la porte. Je jette un dernier regard. Je découvre sur son visage une déception évidente. Je viens, sans le vouloir, de provoquer un désir que je n'assume pas. Il va se sentir rejeté. Comme par tout le monde.
Alors, je laisse la porte et m'avance vers lui. Son regard change.
 
—Allez-vous doucher.
 
Il le fait. Il surveille que je ne parte pas. Il se savonne contentieusement.
Je le regarde. J'essaie de paraître impassible voulant donner à mon projet une raison d'aide à une personne qui en a besoin. Il est beau. J'ai tout le loisir de voir ses muscles bouger, ses fesses se crisper, son sexe ne pas faiblir lorsqu'il le couvre de savons, qu'il tire sur la peau pour dégager le sillon et chasser la saleté.
Voilà, il a terminé. Il se rince consciensement. Je ne suis pas partie. J'ai regardé un jeune homme se doucher devant moi. Et moi je suis plus que nue avec ma robe qui me moule avec impudeur.
Il sourit. Il se sèche consciensement. Il fait un pas. Il me tend la serviette. Il me tourne le dos.
Alors je le fais. Je l'essuie en prenant bien soin que mes mains ne touchent pas sa peau. Pourtant il tourne la tête alors que la serviette est sur ses reins, sur ses fesses. Il se retourne. Il me prend la serviette des mains pour la jeter un peu plus loin.
Alors je le fais. Ce que je n'ai jamais fait à un autre que mon mari, je saisis ce bâton de chair que l'érection fait rigide et dure. Un instant j'hésite et puis je m'agenouille. Je le branle doucement. Mon autre main enveloppe les bourses. Romain m'a appris cela. Il m'a tout appris. J'étais vierge et presque innocente avant mon mariage. Il m'a doucement éduquée. Lui avait connu des filles avant moi. C'était bon. Dieu n'est pas vicieux comme le prétendent certaines personnes, pour avoir donné tous les outils du désir et du plaisir et que nous ne puissions pas nous en servir. Il est quand même loin le temps ou on ne pouvait faire l'amour que pour enfanter. Sinon, pourquoi avoir tapissé notre petit trou et notre rectum de plus de terminaisons nerveuses que notre vagin. Dieu est amour.
Son sexe est beau. Il sent bon. Le gel douche le parfume légèrement. Je sens qu'il me regarde. Je sais le désir d'un homme alors qu'une femme est placée ainsi. J'entrouvre les lèvres.
 
"Tu es folle. Qu'est-ce que tu fais ? Tu ne vas tout de même pas… Je te rappelle que tu es mariée… Que tu as juré devant Dieu la fidélité à ton époux. Le bénévolat ne demande pas de s'avilir. Me hurle la voix de la raison, ma conscience."
 
"""""""Ne l'écoute pas. Tu n'es pas de ces bénévoles qui viennent pour distribuer des habits, de la nourriture, et qui rentrent chez eux, heureux d'un devoir accompli. Certes c'est important, mais si tout cela soigne le corps, cela ne soigne pas l'esprit. Je ne parle pas de ceux qui ont un toit mais pas assez pour le reste. Moi, je te parle de ceux qui vivent dans la rue. Ils ont perdu toute dignité. Ils sont rejetés par tous. Ils sont transparents. Ils ont perdu tout espoir, toute confiance en eux. C'est le cas de ce jeune homme. Alors si une bénévole, une belle femme comme toi, dans la force de l'âge, lui montre que rien n'est perdu pour lui, qu'il peut encore séduire, qu'il est digne de ton attention, alors, il repartira, gonflé à bloc pour affronter ce qui l'attend dehors. Regarde comme déjà il a repris de l'assurance en te donnant la serviette. Regarde aussi son regard. Tu vois tout l'espoir qu'il porte. Tu ne peux plus le décevoir. Quelle est cette voix ? Pas ma conscience. Celle de Satan ? Celle de Dieu ? Blasphème. Blasphème."""""""
 
Je lève les yeux. Il me regarde. La petite voix a raison, ses yeux brillent. Si jamais je le laissais ainsi, je lui porterai un coup fatal.
Alors mes lèvres avancent et se referment sur son gland. La peau a dégagé le sillon. Je sais, Romain…
"Oublie ton mari, consacre-toi à cette mission, cette mission que le destin te confie."
Je m'applique. Mon mari… Non. Je sais que je ne suis pas mauvaise à ce jeu. Ma main caresse ses bourses. Elles portent un peu de duvet, son pubis aussi. Le pauvre n'a pas les moyens, ni l'envie probablement de se raser.
Je m'applique. Il aime. Il saisit mes seins. Il me caresse à travers le tissu. Il flatte mes tétons.
 
—Vous ne voulez pas enlever votre robe ? 
 
Il a raison, le tissu se colle à ma peau et cela devient désagréable.
Il m'aide. Je me retrouve nue devant lui.
 
—Vous êtes si belle.
Je vais reprendre mes caresses, mais…
—On serait mieux dans le bureau, vous ne croyez pas ?
Je ne réponds pas. Il se saisit de ma main et m'entraine. Il va se placer en face du fauteuil, en appui contre le meuble.
—Asseyez-vous, ce sera plus confortable.
 
Guidée par un gamin qui manifestement a du vécu.
Pourquoi pas ?
Je le suce. Mon Dieu je pompe un inconnu. Lui me caresse la poitrine, les tétons, déclenchant des ondes de plaisir. Non, il ne faut pas. Je n'ai pas le droit de prendre du plaisir. 
Oh…Il a levé la jambe et avance son pied sur le fauteuil. Ses doigts de pieds se frottent à ma culotte.
Oh… Son gros orteil repousse le tissu. Il simule une pénétration. C'est… C'est…
Je le suce, excitée pour le faire jouir. Bientôt sa respiration se fait différente.
—Je viens… Je viens…
Je vais me retirer, mais sa main qui était posée sur ma tête se fait plus forte et me bloque. Je ne peux me dégager et déjà un premier jet… Puis un autre… Puis une lente coulée…
Il m'a fallu longtemps pour accepter que Romain crache dans ma bouche, comme il m'a fallu longtemps qu'il me prenne par mon petit trou. Il aurait pu faire comme ce garçon et me forcer… Oh, je ne doute pas que ce soit plus un réflexe qu'une vraie envie de forcer, mais le résultat est là, j'ai dans la bouche le sperme d'un inconnu. 
Peut-être que si mon mari avait été un peu plus directif j'aurais pu découvrir bien plus tôt ces plaisirs si particuliers.
Il est trop tard pour que j'aille cracher la liqueur. Un réflexe m'en a fait avaler le plus gros… Si c'est Dieu qui m'a guidée, alors il veillera à ce que cela soit sans conséquence.
 
Quelques secondes. Je me relève. Je suis face à lui. Il tend la main, recueille d'un doigt, sur les bords de mes lèvres du… Du foutre qu'il porte à ses lèvres.
Complices. Nous sommes complices. C'est fou. 
 
—Je n'ai pas de préservatifs, et vous ? Il demande.
 
Je suis son regard. Il se porte vers son sexe. Il bande encore.
 
—Non, non, de toute façon je ne… Il ne faut pas… C'est une erreur… Je ne comprends pas…
—Chut. Il pose sa main sur mes lèvres. Personne n'en saura rien. Merci. C'était divin.
Est-ce un signe du ciel que cet homme qualifie ce que nous venons de faire de "divin" .
—Merci…
—Mais je ne peux pas vous laisser sans que vous aussi, vous…
Il me prend entre ses bras. Il se colle contre moi. Nous sommes nus, mais c'est une étreinte presque chaste. Et puis il m'enlace plus fermement. Il passe ses mains sous mes bras et il me soulève sans effort.
Oh, il ne va pas loin. Juste assez pour que je me retrouve assise sur mon bureau. Je n'ai pas le temps de réagir que déjà il se penche, repousse mes cuisses et plonge son visage contre mon intimité. J'ai encore ma petite culotte qui me protège, mais je l'entends dire :
—Vous êtes toute humide.
Cette remarque me tue. Il a dit humide, pas mouillée, mouillé par l'eau de la douche. Cette eau n'a pas eu le temps de… Suis-je donc comme toutes ces femelles qu'un beau mâle excite ? Non, moi je suis une femme, une épouse, capable de se contrôler et ne pas laisser ses sens la dominer. Mais cette constatation semble encourager celui qui me lutine. Il cherche à repousser le tissu, forçant le passage par le côté, mais ma culotte est ajustée, mouillée par… Oh, mon Dieu.
"Non, non", je pense dire. Mais non, si je pense "non" mon corps me trahit et facilite le retrait de mon dernier rempart. 
C'est une autre qui voit sa culotte passer ses cuisses, ses jambes, ses pieds.
C'est une autre qui ne proteste pas lorsque le visage se fait plus intrusif, que des lèvres se posent, qu'une langue perverse pointe, que des doigts se font intrusifs. 
Il ne faut pas. Je pense, mais ne dit pas.
Ce n'est pas bien… Je pense, mais le "c'est bon" chasse le remord.
Alors je m'incline. Je laisse parler mon corps et mon esprit se met au diapason.
Je ne suis plus qu'une femelle que l'on lutine. Une femelle, qui s'est laissé aller sur le bureau, qui sent contre son dos des choses qui lui font mal, mais qui ne veux surtout pas détruire la parfaite harmonie de cet instant.
 
Des complices. Un amant qui vient me faire goûter mon jus, un jus que j'ai libéré sans retenue, surprise de cette intensité.
 
—Personne ne doit…
—Jamais, je n'en parlerai.
 
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J'ai fait pénitence. Je me suis privée du café que je prends religieusement après le déjeuner. Cela peut paraître bien anodin comparé à ma faute. Mais avec plus, j'aurais attiré l'attention de mes collègues au lycée ou mon mari. J'ai aussi beaucoup prié, cherchant une réponse, essayant de savoir laquelle des deux petites voix avait raison. Mais je n'ai pas eu de réponse. J'ai conscience que je ne suis qu'une toute petite chose qui ne mérite pas une réponse. Libre choix, voilà le plus terrible dans la liberté accordée par Dieu, par mon Dieu. 
 
Mais il est revenu. Quinze jours plus tard.
Il devait attendre que je vienne car dès que je passe derrière le comptoir, il bondit de son siège pour se glisser dans la queue. Il ne me quitte pas du regard. Je suis inquiète. Que veut-il ? Pourvu qu'il ne parle pas. Ce serait terrible.
Quand son tour arrive, je me place au bord du comptoir, le plus loin possible de ma collègue.
 
—Bonjour Madame.
—Bonjour… Je me rends compte que je ne connais même pas son prénom. J'ai baisé avec un anonyme.
—Paul.
—Bonjour, Paul. Comment allez-vous ?
—Bien, bien. J'ai repris contact avec ma famille.
—Oh, c'est bien. Vous n'êtes plus à la rue, donc ?
—Non. J'ai fait la paix avec mon père.
—C'est bien.
—C'est grâce à vous. 
—Oh, je…
—Si, si, je vous assure. J'ai un petit cadeau pour vous.
—Oh, il ne faut pas. Je suis une bénévole et je ne…
—Je sais que vous êtes très croyante. Moi, pas beaucoup. Mais… J'espère que vous n'allez pas mal le prendre… C'est un peu osé… Tenez.
 
Un petit paquet. Une enveloppe de laquelle j'extrais une carte, genre carte de catéchisme. Une image de Sainte. Sainte Marie-Madeleine.
 
—Surtout ne le prenez pas au pied de la lettre. Oui, c'était une prostituée, mais c'est à elle que le Christ ressuscité se montre afin qu'elle transmette la nouvelle. Je ne suis pas le Christ. Vous n'êtes pas une prostituée. Mais d'une certaine façon vous m'avez ressuscité. J'étais perdu dans la colère, chassé par son propre père, ne voyant qu'un avenir fait de vols et larcins et…
—Je ne suis pas choquée. Mais je ne mérite pas tant de remerciements.
—Merci. J'ai un autre cadeau. Mais il ne faut pas l'ouvrir ici. Ce serait gênant. C'est ma sœur qui a choisi. 
—Vous avez parlé de moi à votre sœur.
—Oui, mais pas de lieu, ni de nom, juste comme une égérie.
—Je l'ouvrirai plus tard.
—Non, je voudrais être avec vous.
 
Je vais lui dire que, tant pis, mais j'hésite. Je ne peux pas me permettre d'en faire un ennemi. Je ne peux pas non plus le faire entrer comme l'autre fois…
 
—D'accord. Vous allez repartir. Une fois dans la rue vous prenez à gauche. Puis à gauche au croisement. Un peu plus loin, sur le même trottoir vous sonnerez au numéro 26. C'est l'entrée de mon bureau…
 
Je suis folle. Marie-Madeleine ! Ciel ! 
 
Des coups sur la porte. Oh, déjà. Il a fait vite.
J'ouvre. Il entre. On se retrouve face à face, sans comptoir, sans témoin, dans cette pièce ou 15 jours plus tôt.
 
—Tenez. Il me donne un paquet. Paquet bien fait, avec la petite ficelle qui va bien.
—Merci. Je commence à l'ouvrir.
—C'est un peu osé. Je sais que je n'ai pas vraiment le droit de faire ce genre de cadeau, mais comme l'autre fois vous ne le portiez pas.
 
Un ensemble soutien-gorge, petite culotte.
 
—Merci, c'est très gentil, mais il ne fallait pas.
—Comme la dernière fois vous…
—Et cette maudite douche.
—Moi, je ne dirais pas maudite, mais providentielle… Vous voulez bien les essayer. J'ai gardé le ticket, si je m'étais trompé de taille.
—Maintenant ?
—Oui, comme cela je saurai.
 
"C'est un piège, méfie-toi. Si tu le fais….."
 
""""""C'est bien normal. Qu'est-ce que tu risques ? Ne fais pas ta pucelle, après tout tu l'as sucé et il t'a renvoyé l'ascenseur."""""
 
Oh, les petites voix sont de retour. En tout cas je ne me suis pas sacrifiée pour rien. Il n'est plus dans la rue.
C'est un peu ridicule, mais je sors du bureau pour essayer son cadeau. 
 
—C'est bien à ma taille. Je crie depuis le couloir.
—Parfait. Avant de partir, je peux vous poser une question.
—Oui, bien sûr.
—Mais face à face. Vous pouvez venir ?
 
"Allez. Montre-lui. Il t'a fait ce cadeau…"
Je pousse la porte. J'avance sous son regard.
 
—Vous êtes encore plus belle que dans mon souvenir.
—Cette question ?
—Oui, voilà. Pourquoi ? Pourquoi vous avez fait ce que vous avez fait ?
—Je… Je me sentais coupable. Cette maudite douche. J'avais déclenché cette érection. Je me sentais… Et puis vous laisser ainsi, j'ai pensé que cela vous enfoncerait encore plus. 
—Je ne vous remercierai jamais assez. Vous m'avez redonné espoir. 
 
Un silence. 
 
—Vous êtes vraiment très belle. J'ai bien peur que… À nouveau… Il regarde son pantalon. Une bosse montre une érection… Vous ne pouvez pas me laisser dans cet état.
—Voyons Paul.
—J'ai apporté des préservatifs.
—Voyons.
—Marie-Madeleine comprenait les hommes. Il détache son pantalon, son sexe apparaît.
—Paul, tu… Zut, je le tutoie alors que je me fais un point d'honneur à vouvoyer tous nos visiteurs.
 
Il baisse son pantalon. Il enlève son polo. 
 
Je suis comme paralysée. Il recouvre son sexe avec un préservatif. Il va s'assoir. Il me tend la main.
 
—Je vous en prie, venez. Je ne ferai rien que vous ne vouliez, mais depuis 15 jours je ne pense qu'à vous. C'est comme si tout était en suspens. Oui j'ai retrouvé mes parents, mais il me manque l'assurance que vous pourriez m'offrir…
 
Il me tend la main. Je ne suis pas dupe de son manège. 
 
" À quoi bon que j'essaie de te convaincre de ne pas céder. Tu as déjà pris ta décision. Il a bien choisi… Marie-Madeleine"
 
J'ose. Oui j'ose faire les quelques pas qui me rapproche de lui. De ce jeune homme qui veut profiter de l'aubaine pour pousser son avantage. Je ne suis pas dupe. Mais, mais…
 
""""Tu vois il a besoin d'être encouragé pour une guérison complète. Marie-Madeleine, quel beau choix""""
"Tu n'as mêmes pas l'excuse de la dernière fois. Si tu continues, tu sais ce qu'il va se passer. Marie-Madeleine, Blasphème. Tu n'as rien d'une Sainte, mais d'une prostituée."
 
""""Ne l'écoute pas. Non tu n'es pas une prostituée. Il ne te paye pas. Au contraire tu fais don de ta personne pour une cause plus grande que toi""""
 
Je suis comme ivre. Toutes ces voix qui se bousculent dans ma tête.
Il attrape ma main. Il m'attire. Je vais me pencher.
 
—Non. Venez sur moi. Je voudrais vous voir pour être certain de ne pas rêver et de me remplir la mémoire de cet instant magique.
 
Il est jeune mais sensible. 
J'ai un peu honte de me placer ainsi. Je ne suis plus une bénévole, je suis une femme, une femme qui avance en écartant les jambes et les passe de part et d'autre des cuisses de Paul. Il tient son sexe bien droit. 
Je pose mes mains sur ses épaules. Ce contact m'électrise. Il plonge son visage entre mes seins. Je n'ai même pas remarqué qu'il avait détaché l'agrafe. Son souffle est une brûlure.
Je sens ses mains sous mes fesses. Il a lâché son sexe. Je… Oh, suis-je donc si délurée, épouse infidèle, que je m'en saisis et que… Il a attrapé le tissu, le tire afin que… Que ma fente ne soit pas protégée. 
Je l'engloutis sans effort. Mon Dieu je suis excitée. Il ne faut pas… Il ne faut plus… Mais ce visage… Ce regard… Ce sourire… Cette sorte de béatitude. Est-ce que Marie-Madeleine, avant de rencontrer la foi, ressentait ce que je ressens avec ce jeune homme. À l'époque les hommes devaient être bien plus brutaux, possessifs et ne devaient pas s'inquiéter du plaisir des femmes. Alors, la pauvre, son métier devait être une sinécure.
Pas moi, je ne mérite pas d'être élevée au niveau de cette Sainte. Oh, non, car, moi je sens du plaisir. J'aime découvrir sur ce visage tout le bien que je lui fais en me prenant sur son vit.
 
—Oh, Madame que c'est bon. Et vous ?
—Oui, moi aussi.
 
"Honte à toi. Tu as franchi toutes les limites. Imagine si ton mari savait ? Dien le sait, lui."
"""""N'écoute pas. De toute façon il est trop tard. Alors autant te faire du bien tout en guérissant ce jeune homme."""""
 
Paul n'a pas ces petites voix, lui. La seule voix qu'il connaît c'est celle de son sexe, de son plaisir, de se faire baiser par une dame patronnesse, par une Marie couche-toi la...
Il me soulève. Il se lève. Il me pose sur le bureau. D'une main il chasse tout ce qui pourrait gêner… Il me fait allonger. Il est en face de moi, debout, fier. Il tire sur ma culotte. Il me veut nue, accessible. Déjà son dard retrouve mon vagin qui ne cache plus son envie.
Il me baise. Il a attrapé mes hanches. Il cherche mon regard. Il sourit. Il se sent fort, puissant. Et encore s'il savait qu'il est le seul homme, seul à part mon mari qui a le droit de…
Je n'arrive pas à garder les yeux ouverts. Ses va-et-vient me troublent à un point que je ne connaissais pas. C'est plus que bon… C'est pour la bonne cause.
"La bonne cause ? Ne cherche pas d'excuse. Tu te fais tringler comme une de ces salopes infidèles, ou comme ces femmes que leur mari regarde, comme ces chiennes que Satan possède en même temps que toutes les queues de ces hommes qui attendent leur tour."
 
Ce n'est plus une petite voix, c'est un murmure que chaque avancée de ce dard brûlant, repousse au plus profond de mon esprit.
Il me secoue. Il a enroulé ses bras autour de mes cuisses, me soulevant, m'attirant à lui, m'ouvrant encore plus à son désir… et au mien… Un désir qui exige que j'avance ma main pour aller me caresser. Une main, puis une autre, chassant toute honte, malaxant mes seins, torturant mes tétons mais aussi descendre plus bas, vers mon clitoris que je…
—Ohhhhhh
La jouissance arrive sans prévenir. Je coule. Déjà j'entends que le bruit du piston qui me ramone change, qu'il se fait plus humide, déclenchant des flocs flocs infâmes.
—Ahhhhh.
Il jouit. J'ai cette pensée sacrilège que j'aurais aimé sentir son sperme… 
 
Il se retire. Je le vois enlever la capote et la faire tomber dans la corbeille à papier. Il faudra que je pense à l'enlever. Quelqu'un pourrait… Et alors, la honte…
Mais il passe sur le côté du bureau. Je le suis du regard. Il bande encore. Ah, la jeunesse. Cela me rappelle au début de notre mariage, les érections interminables de Romain…
Il a une drôle de lueur dans le regard. Je comprends alors que sa main redresse un peu son sexe, qu'il prend appui sur la table pour…
Je ne m'appelle pas Annie, et ne chante pas "Annie aime les sucettes à l'anis", mais je le fais. Je tire ma langue. Il y dépose son gland. Il ne sent pas l'anis mais autre chose. Encore une transgression. Une de plus. J'ai jeté toute retenue aux orties et j'ai bien peur que lorsque je vais les récupérer, les orties ne se rappellent douloureusement à moi. Mais en attendant, je suce le dard encore gluant de foutre.
Un dard que déjà il recouvre d'une nouvelle capote.
Il m'aide. Il me dirige. Il me fait lever, me tourner, m'appuyer contre le bureau, non, m'allonger sur le bureau. Romain adore cette position. Il dit, enfin il disait, que j'avais une croupe à damner un saint. Il n'est pas le seul. Combien de fois, je surprends les regards des hommes sur mes fesses et ailleurs. Je n'y peux rien j'attire le regard.
Son bâton se glisse en moi avec une facilité trop évidente. Il recommence sa baise. Je le sens différemment. Je bouge un peu pour mieux en apprécier la présence. Il pose ses mains sur mes épaules. Il me fait cambrer. C'est bon, bon. À nouveau je pousse ma main vers mon petit bouton. Je sens son sexe. Mais…
 
—Je peux vous prendre par… par… par-derrière.
 
"Non, dit non, au moins garde ce chemin pour ton mari."
 
Mais je suis sourde. Sourde et muette. Paul prend cela pour un accord. Après tout je n'ai pas dit non.
Je sens de l'humidié. Il a craché et étale sa salive avec son dard. Déjà il pousse. Non, juste un doigt. Il doit être rassuré. C'est son dard qui pointe maintenant. La pression se fait plus forte et puis mon muscle cède.
 
—Oh… C'est étroit… C'est la première fois que…
 
C'est peut-être sa première fois mais maintenant je sais qu'internet montre tout ce qu'il faut savoir, pour le meilleur et pour le pire…
Il apprend vite. Il ne peut que remarquer que le conduit se fait plus souple, plus humide, plus glissant. Il comprend que je… Ma respiration me dénonce. Mes gémissements ponctuent ses avancées. Mes mains qui s'agrippent de part et d'autre du bureau me retiennent de sa puissance. Il agrippe mes cheveux que j'organise en deux couettes bien sages lorsque je viens au local. 
Satan, sait se dissimuler. Il a pris l'apparence d'un jeune homme en détresse. J'ai succombé, mais de bonne foi. Oui c'est ma foi qui m'a conservée "innocente", mais c'est elle aussi qui m'a conservée, bien peu préparée, pour affronter les tentations de la vie. Oh, il est facile de dire ; Tu ne…, Ton époux, tu…, A la tentation tu ne…, Toutes ces règles prévues pour une autre époque. Facile de ne pas succomber à la tentation, lorsque la tentation, quelque-elle-soit, n'est que dans un rayon de quelques kilomètres. Mais à l'époque du téléphone, d'internet, de l'avion, du TGV, de la voiture, la tentation vous assaille. Pourtant, oui, pourtant j'ai été exemplaire. Exemplaire au point de ne pas faire appel à des techniques que ma foi réprouve… Et qui me laisse inféconde…
Il me prend par le cul. Oh, mon Dieu, déjà de le dire est un péché. Pourtant c'est bon, meilleur que par-devant. Mon mari adore aussi. Cette façon lui donne des ailes. Il quitte son habit de mari, gentil, prévenant pour endosser celui du mâle, de l'homme avec un grand H, qui enfile cette femelle qui lui donne son autorisation. Paul est taillé dans le même bois. Lui aussi me laboure. Pourtant il a bien dit que c'était sa première fois. La première fois qu'il trempe son biscuit dans la fente d'une bigote, qu'il encule une Marie-Madeleine.
Il est infatigable. Comme il me retient par les cheveux, je peux passer une main impatiente vers mon bouton. 
Je jouis. Je le dis. Manifestement il en est fier. Je jouis encore, une jouissance moins forte mais qui se propage dans tout mon corps. Enfin, lui aussi. Mais au lieu de cracher dans sa capote c'est sur mes reins qu'il l'obère sa liqueur.
 
—Oh, pardon, il dit alors qu'il constate sa décharge et se charge de la ramasser avec des mouchoirs en papier que je lui tends.
 
—Pas un mot !
—Promis, juré.
 
-----------------------------------------
Un mois plus tard.
 
Ma punition n'a pas été au niveau de ma faute. Mais le remords m'accompagne chaque instant. Je pensais que tout cela était derrière moi. Nous avions des problèmes plus graves au local. Plus assez d'argent pour payer notre location. Le propriétaire nous avait fait crédit, mais même un bon chrétien doit penser à sa famille.
Et puis, un homme, la cinquantaine, qui dénote des autres par sa tenue soignée, se présente à moi.
 
—Bonjour. Je viens de la part de Paul. Vous êtes bien Marie-Madeleine ?
 
Paul, qu'as-tu fait de ta promesse ? Tu devrais avoir honte. Je ne réponds pas.
 
—Je sais que c'est vous. Il vous a décrite. Il n'y a pas d'aussi belle femme que vous ici. Je dois juste vous donner cette lettre et attendre votre réponse. La voilà… Je vais m'asseoir là-bas. Merci, quelle que soit votre décision.
 
Il me laisse avec une enveloppe scellée. J'y trouve une lettre manuscrite.
 
Marie-Madeleine.
J'ai trahi ma promesse. Mais cet homme a besoin de vous. Je n'ai donné aucun détail sur ce que nous avons fait ensemble, mais je pense que mon enthousiasme doit me dénoncer.
C'est un chef d'entreprise, marié, mais qui enchaîne les conquêtes. Sa femme a longtemps fermé les yeux, mais il y a quelques mois, elle l'a chassé. C'est une bonne chrétienne aussi elle n'a pas divorcé. Il vit à l'hôtel. Il en a les moyens. Je l'ai rencontré dans une association de soutien ou j'essaie d'apporter mon aide. Nous avons sympathisé malgré la différence d'âge. Sa femme qui a constaté combien il était malheureux et se repentait, lui a proposé de reprendre leur vie commune. Mais il ne peut pas. Pour une raison qu'il ignore, moins je pense que c'est le remord, il ne peut plus avoir d'érection. Il est de ces hommes pour qui la virilité est tout. Donc il n'est pas rentré dans son foyer.
J'ai pensé que vous pourriez l'aider. Oh, je ne pense pas obligatoirement de la même façon que vous m'avez reconstruit, mais votre foi punit et pardonne.
Je sais que vous n'êtes pas la Marie-Madeleine avant sa rencontre avec la foi. Que vous ne fait pas cela pour de l'argent.
Par avance, je vous demande pardon d'aborder ce sujet, mais je sais que votre association va devoir quitter ces lieux faute d'argent. Or, Thomas m'a dit plusieurs fois qu'il donnerait tout ce qu'il a pour retrouver sa virilité. Je crois qu'il ne faut pas le prendre à la lettre, mais je pense que sa générosité pourrait vous apporter un peu de répits.
Sachez que je suis un homme heureux. J'ai trouvé du travail. J'ai une copine. Et tout cela je vous le dois.
Paul.
 
Il me prend pour une sexologue ou une conseillère familiale. 
L'homme attend. Il me regarde, ne me quitte pas des yeux. Je vois de l'angoisse.
"Oh, non, une fois suffit. Ce n'est pas un mendiant, ni quelqu'un qui est dans le besoin."
""""D'accord, c'est limite, mais imagine qu'on propose à Marie-Madeleine de coucher avec Ponce Pilât pour épargner le christ ?""""
"Blasphème. Blasphème"
 
Il a l'air si misérable. À côté de lui un pauvre que je connais parait moins triste, moins écrasé par le destin. Je lui fais signe d'approcher.
 
—Vous savez ce que Paul a mis dans cette lettre ? 
—Pas en détail.
—Si ce qu'il dit est vrai, je ne vois pas ce que je peux pour vous.
—Alors il ne me reste plus qu'à me foutre en l'air.
—C'est du chantage ?
—Non, une réalité. Moi je ne suis rien, mais je n'ai plus goût à rien et ma société est au bord de la faillite. Je ne veux pas assister à ce désastre. Je connais chacun de mes employés. Je n'aurai pas le courage d'affronter leur regard.
 
Il va partir. Déjà il me tourne le dos.
 
—Attendez. Nous allons parler. Mais pas devant tout le monde. Vous allez ressortir, tournez à gauche, puis…
 
---------------------------------------
 
C'est une chose de le lire, cela en est une autre de l'entendre ? Entendre un homme avouer qu'il était littéralement addict au sexe, que pour lui les femmes étaient des objets dont il se servait pour assouvir son désir. Seule son épouse était digne de respect. Sa femme, la mère de ses enfants, son foyer. C'était son refuge. Alors lorsque son épouse a été lassée de ce mari infidèle, le monde s'est effondré. D'une certaine façon Dieu le punissait par là où il avait péché. Et même le pardon de son épouse ne lui a pas rendu sa virilité. Au contraire…
 
—J'ai pitié de vous, mais je ne vois pas ce que je peux faire. Il faut vous adresser à des personnes compétentes.
—Oh, j'ai consulté. Mais Paul m'a dit tant de bien sur vous que… Vous savez l'argent n'est pas un problème, je…
—Vous voulez m'acheter. Je ne suis pas celle que…
—Non, non, pas pour vous, mais pour une association, une bonne œuvre.
—Vous proposez l'argent de votre entreprise alors qu'elle est en faillite.
—Non, non, mon argent à moi, sur ma fortune personnelle, pas non plus l'argent de mon épouse ou des enfants. 
—L'argent ne guérit pas.
—Je sais. Mais on dit que votre association a des problèmes. 
—Cessez immédiatement.
 
Le silence s'installe. Il est assis de l'autre côté de mon bureau. Un monde nous sépare. Encore que Paul ait brisé mes certitudes. Moi, épouse fidèle, j'ai failli à mon serment. J'ai offert mon corps pour sa guérison. 
 
—Vous me trouvez comment ? La question le surprend.
—Euh, belle, très belle.
—Avant, vous auriez cherché à me séduire ?
—Sans hésiter.
—Et si j'avais résisté.
—Je serais revenu à la charge. Cela m'aurait encore plus excité. Je vous aurais offert des fleurs. Je vous aurais fait la cour. Il est rare qu'une femme me résiste.
—Et si elle cédait ?
—Alors je profitais d'elle le plus possible, la poussant dans ses retranchements, lui faisant découvrir… Je suis, j'étais, un très bon amant… Ce que je préférais, c'était inviter un copain à nous rejoindre.
—Elle acceptait ?
—Pas toujours. Mais vous savez, toutes les femmes, mariée ou non, ont un jardin secret. Il suffit de le découvrir. Vous, aussi, devez en avoir un.
—On ne parle pas de moi.
—Pardon, je ne voulais pas…
—Vous êtes un mauvais homme. Il n'y a que par la prière que vous parviendrai à vous faire pardonner et guérir.
—Je n'ai pas la foi. 
 
Alors une image me vient. C'est celle de ces pénitents qui se flagellent pour expier leurs péchés.
 
—J'ai une idée.
—Oh, merci, laquelle.
—Il faut que je la peaufine. Donnez-moi votre 06 et je vous rappellerai. Mais si je ne le fais pas, vous m'oublierai. D'accord ?
—D'accord.
 
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