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✦ El'Macho Le Cycle de Gorka XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Le Cycle de Gorka — Chapitre 2 · Livre 1er (chap.4-6)

16 minutes
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Le Cycle de Gorka

Chapitre 2 · Livre 1er (chap.4-6)

Livre 1er (chap.4-6)
(Lecture ~23min)
Chapitre 4 — Un nouveau départ
Une fois le garçon reparti rejoindre sa future épouse, Gorka se retrouva seule. Totalement seule, pour la première fois depuis longtemps, au cœur de la grande ville de Marlamara. Un vertige la prit, un moment de panique pure, une angoisse animale — puis elle se ressaisit.
Certes, elle avait voyagé un bon moment aux côtés du druide, mais avant cela, elle avait su survivre seule. Et aujourd'hui, elle était mieux armée, plus forte. Plus vivante. Son cœur battait avec rage et désir, sa peau réclamait la chaleur de l'existence.
Elle avait repéré une auberge dans le quartier du port, un lieu mal famé, baigné dans les lueurs rouges de lanternes où des femmes, des humaines principalement, offraient leurs corps contre quelques pièces. Gorka les avait observées en silence. Il y avait dans leurs gestes une forme de puissance. Ces femmes se donnaient, mais sans jamais se soumettre. Elles possédaient leur corps comme on manie une arme. Pour la petite Urk, ces femmes incarnaient une forme brute de liberté.
Elle poussa la porte de l'auberge, dont l'enseigne usée portait un nom étrange : « La Soif ». Cela lui arracha un sourire. Soif de quoi ? De vin ? De sueur ? De peau ?
L'aubergiste était un humain sec, sombre, au regard fuyant. Peut-être un ancien sorcier déchu. Son aura transpirait le pouvoir fané. Il la jaugea d'un œil terne, puis déclara, sans détour :
— Les Urks n'ont pas la cote ici… Personne ne voudra payer pour toi.
— Mais… je suis prête à accepter n'importe qui ! répondit-elle, les poings serrés, le feu dans les yeux.
Une fois encore, son sang rugit dans ses veines. Elle en avait assez que sa race ferme les portes. Elle n'allait pas reculer. Pas maintenant.
L'aubergiste se tourna vers les filles accoudées au comptoir, lasses, mais attentives.
— Cette petite veut travailler. Vous pensez qu'il y aura des clients ?
Les femmes se mirent à rire. Leurs regards étaient durs, teintés de pitié.
La plus grande d'entre elles s'approcha, une cicatrice barrant sa joue, et lança, moqueuse :
— Que fais-tu là, gamine ? Trouve-toi un maître, obéis-lui, gagne ton pain à la sueur de ta soumission. C'est mieux que de finir cassée ici. Tu es une Urk, les clients te maltraiteront.
— Ça m'est égal. Je ne veux pas me faire battre par un maître. Quitte à être maltraitée, je préfère que ce soit par choix. Que ce soit librement.
Un silence suivit sa déclaration. Quelque chose changea. Les rires cessèrent. Le mépris s'estompa. Dans le regard des prostituées, il y avait à présent une forme de respect, une étincelle muette de reconnaissance.
L'aubergiste revint à la charge :
— Il y a bien les Graks. Aucune fille ici ne veut d'eux. Ils sont… trop bien montés.
— Mais Kam, elle est minuscule ! Elle ne survivra pas à…
— C'est d'accord, coupa Gorka avec une force calme. Je prendrai les clients Graks.
Un silence abasourdi tomba sur l'auberge. Mais l'affaire fut vite conclue. L'aubergiste lui attribua une chambre, le couvert, et la moitié de tout ce qu'elle gagnerait.
Gorka avait peur. Bien sûr. Mais elle avait un plan. Le druide lui avait appris certaines recettes : une pommade qui détendait les muscles et les tissus, à base de fleurs sauvages et de résine de pin, et une potion de soin qui guérissait de l'intérieur. Elle comptait sur leur effet… et sur sa volonté.
Quand le soir tomba, le premier Graks arriva.
C'était l'aubergiste qui l'avait prévenu. La créature avait ri, d'un rire grave comme un orage, mais il était venu, par curiosité. Si cela fonctionnait, il en parlerait à ses camarades. Peu de prostituées acceptaient leur virilité gigantesque.
Face à l'Urk, le Graks ne montra ni moquerie ni mépris. Ils étaient, chacun à leur manière, des parias. Mais les Graks étaient respectés pour leur force. Il s'appelait Bartolgar Dek Loptosphor. Bart, pour faire plus simple.
Il suivit Gorka jusqu'à sa chambre, intrigué. Comment une si petite créature pouvait-elle recevoir un sexe aussi… massif ?
Dans la chambre à la lumière tamisée, Gorka ne parla presque pas. Elle proposa de le masser. Bart se laissa faire, curieux.
Ses mains, petites mais solides, frottaient la peau sombre de l'immense Graks. Elles glissèrent lentement jusqu'à son sexe, qu'elle enduisit d'huiles parfumées. Bart frémit. Il ne s'attendait pas à tant de douceur. Ni à tant d'excitation.
Gorka se mit nue, sans honte. Son corps, mince mais musclé, brillait d'un éclat étrange. Elle s'enduisa elle-même d'une pommade aux senteurs de mousse et de fleurs. Les Graks adoraient ces parfums, eux qui vivaient dans les forêts de l'Est. Elle se caressait, lascivement, son entrejambe luisant d'envie, ses petits seins dressés, ses hanches mouvantes comme la danse d'une flamme.
Puis elle s'agenouilla et, sans hésiter, lécha son sexe puissant, lentement, profondément, comme si elle voulait l'apprivoiser. Bart haletait. Sa main massive frôla la joue de Gorka. Une tendresse brutale, inattendue.
Elle grimpa sur lui, se positionna lentement, déterminée. Elle avait pris la potion. Son ventre était chaud, ouvert, prêt.
Et alors, elle s'empala sur lui.
Son ventre se tendit, déformé par cette intrusion titanesque. Elle gémissait de plaisir plus que de douleur, caressant son bas-ventre, sentant le sexe de Bart pulser en elle. Le guerrier, stupéfait, accéléra ses coups, enlaça cette créature farouche, et la pénétra comme une reine sauvage — avec force, mais avec un respect primal.
Ils firent l'amour longtemps. À la fin, Gorka était en sueur, tremblante, mais vivante. Pleine. Heureuse.
Dès lors, elle fut adoptée par La Soif.
Les Graks vinrent nombreux. Et d'autres aussi : des curieux, des pervers, des chercheurs de sensations. Elle, la petite Urk, devint une légende discrète. Gorka la sauvage. Gorka la libre.
Elle savait que cela ne durerait peut-être pas. Mais elle savourait chaque nuit, chaque souffle, chaque cris de plaisir arraché à un inconnu.
Elle se découvrait. Elle découvrait son corps, son désir, et le plaisir qu'elle pouvait offrir.
Gorka aimait l'amour. Et elle n'avait plus honte de l'aimer à sa façon.
Chapitre 5 — La soif d'ailleurs
Le temps s'étirait à Marlamara comme une caresse tiède sur la peau. Les jours passaient, les nuits s'enflammaient, et Gorka, au cœur de l'auberge de la Soif, devenait une légende murmurée à mi-voix dans les ruelles du port.
Chaque nuit, elle offrait son corps avec une fièvre nouvelle, comme si elle se réinventait à chaque contact, à chaque râle étranglé, à chaque gémissement étouffé dans l'ombre des rideaux. Elle s'enivrait de regards chavirés, de mains tremblantes, de sexes dressés devant sa silhouette d'Urk que tous disaient indigne. Et pourtant…
Elle les faisait jouir. Tous.
Graks, humains, Domiens parfois — venus en cachette goûter à la tentation de l'interdit.
Elle connaissait à présent leurs faiblesses, leurs fantasmes, leurs nœuds invisibles qu'elle défaisait d'un doigt, d'un baiser, d'un soupir. Elle s'était découverte artiste de la luxure, muse de leurs vices, prêtresse païenne de l'abandon.
Son propre plaisir n'était pas en reste. Gorka avait appris à se regarder sans honte, à se caresser longuement devant le miroir ébréché de sa chambre, à ouvrir ses jambes non plus seulement pour les autres, mais pour elle-même. Elle s'explorait comme un sanctuaire, traquant ses propres tremblements, ses propres abîmes. Parfois, elle hurlait seule, le dos arqué, le sexe brûlant, en imaginant mille scénarios, mille figures la prenant avec violence ou tendresse.
Elle n'était plus une simple Urk.
Elle était désir.
Elle était feu.
Elle était vivante.
Mais une chose, en elle, ne cessait de murmurer.
Une voix discrète, insistante, différente de la soif de chair.
Une soif d'ailleurs.
De plus loin. De plus grand.
C'est dans cette ivresse de plaisir et de domination retrouvée qu'elle fit sa rencontre.
Il s'appelait Damarion, mais les marins le surnommaient simplement le Prince Pirate.
Il s'habillait comme un mendiant, mais sa richesse était légendaire.
Il parlait simplement, mais ses poèmes étaient connus jusque dans les îles du Levant.
Il vivait comme un pirate, mais portait l'honneur des princes.
Il commandait un navire marchand armé de presque cent canons, et son pavillon battait pour la cité fortifiée de Zorah, au sud du monde connu — un lieu de commerce et de luxure, de pouvoir et de magie, où tout s'achetait… même les dieux.
Il était venu à la Soif par simple curiosité.
Il était resté pour elle.
— Je voulais voir la fameuse Urk que les Graks eux-mêmes se disputent… avait-il lancé en riant, le regard brillant de défi.
Leur nuit fut un combat.
Pas une étreinte, pas une danse : une collision.
Gorka se jeta sur lui comme une louve affamée, le griffant, le mordant, le chevauchant avec une fureur presque religieuse. Il la saisissait, la retournait, la dominait sans faiblir, avec une violence parfois exquise. Ces deux âmes s'étaient reconnues, deux bêtes marquées par le monde.
Le lien qui les unissait était presque mystique.
Gorka fut dominée avec délice, dans une soumission qu'elle choisissait, mais qui la faisait frissonner d'un plaisir coupable. Damarion la faisait ramper, ployer, obéir… comme l'esclave qu'elle aurait dû être — mais qu'elle refusait d'être.
Leurs jeux sexuels, d'une rare violence, étaient comme un exorcisme des attentes sociales.
Gorka, l'Urk soumise.
Damarion, le pirate brutal.
Mais bien sûr… ils n'étaient pas cela.
Après quelques mois d'ébats sauvages, dégradants, délicieusement subversifs, leur couple étrange trouva un équilibre plus doux. Une sexualité mature, apaisée, presque tendre. Deux tempêtes qui s'étaient enfin reconnues et respectées.
Un matin, à l'aube, nus et moites sur le lit défait, il lui proposa, entre deux respirations haletantes :
— Viens avec moi. À Zorah. Tu n'es pas faite pour pourrir dans cette ville. Je peux t'offrir une vie de plaisirs, de risques… et plus encore.
— Et qu'est-ce que tu y gagnes ? demanda-t-elle, méfiante.
— Toi, répondit-il simplement.
Elle le fixa.
Il ne mentait pas.
Ou alors, il mentait si bien qu'elle voulait y croire.
Son cœur battait fort. Mais ce n'était pas de la peur.
C'était l'appel du large.
— Je ne peux pas vivre avec toi, dit-elle enfin. Je veux être libre.
Damarion hocha la tête. Il le savait.
— Je t'introduirai chez la matronne Tulipe. Tu pourras y avoir des clients un peu plus… éduqués. Et moi, je pourrai venir te voir plus souvent.
Gorka acquiesça.
Oui. Elle voulait ça.
Elle se prépara en silence. Elle fit ses adieux à l'auberge, aux filles, au vieux sorcier de l'arrière-salle, aux Graks qui lui laissèrent des amulettes, des regards… parfois même une larme.
Elle ne savait pas si elle reviendrait un jour.
Mais elle partait entière.
Le port sentait le sel et la poix.
Le navire de Damarion s'appelait L'Osmus — le nom donné à la marée de la Lune rouge. C'était sûrement un signe, pensait Gorka. Elle-même était née une nuit de cette lune rare.
Les voiles étaient multicolores, ornées de créatures étranges brodées de fils d'or.
Gorka monta à bord avec une simple sacoche.
Elle portait une tunique fendue, rien d'autre.
Elle avait laissé ses économies aux filles.
Le vent s'engouffra sous le tissu, effleurant sa peau comme une promesse.
Les marins la regardaient en silence.
Il n'y avait ni moquerie, ni surprise.
Ils savaient.
Ils sentaient.
Elle monta sur le pont, jeta un dernier regard vers Marlamara.
Et sourit.
L'aventure venait de recommencer.
Chapitre 6 — Le goût du sel et du fantasme
Gorka fantasmait sur les voyages en mer. Dans sa petite chambre de l'Auberge de la Soif, allongée sur les draps encore froissés de la nuit passée, elle rêvait souvent de tempêtes charnelles, de cordages qui l'enserraient et d'un mat où elle serait attachée, offerte sans défense à l'équipage d'un grand navire. Des centaines d'hommes vigoureux, harassés de solitude, perdus au milieu de l'océan, l'auraient prise, encore et encore, la transformant en muse de leurs désirs déchaînés. Elle imaginait que les soirées lui seraient réservées avec les officiers, et que le capitaine, possessif et raffiné, la garderait pour lui. Mais le jour, elle serait abandonnée aux mains calleuses des marins, soumise à leurs caprices, vivant un délicieux enfer dont elle n'aurait pas voulu s'échapper.
Et à bord de L'Osmus, ce fantasme devint réalité.
Le voyage dura une vingtaine de jours, peut-être plus — Gorka n'en avait plus vraiment conscience. Le temps, sur ce navire, n'existait plus. Damarion, avec l'élégance d'un prince et la froideur d'un prédateur, l'invita à monter à bord. Il lui montra sa cabine luxueuse, tendue de velours sombres, et lui dit en souriant :
— C'est ici que je dors… mais toi, tu n'y dormiras pas souvent. Je sais ce que tu veux.
Gorka resta muette. Elle ne voulait pas comprendre, et pourtant… leurs regards se croisèrent, et ce fut suffisant. Elle comprit tout. Il aurait suffi qu'elle dise un mot, un seul, et rien ne se serait passé. Mais elle ne le dit pas. Lorsque les mains rugueuses de l'équipage se posèrent sur elle, son corps avait déjà trahi sa volonté, s'abandonnant au vertige de ses désirs inavoués.
Elle fut alors livrée aux marins pour la durée du trajet. Chaque jour, chaque heure, chaque recoin du navire devenait théâtre de jeux interdits. Attachée au mât principal, elle vivait ses séances les plus intenses, les yeux levés vers le ciel, le vent salé fouettant sa peau nue, tandis que les hommes se succédaient dans une transe presque religieuse. Mais certaines nuits, elle retrouvait la cabine du capitaine, où Damarion la prenait avec une douceur inattendue, presque tendre. Ces moments, rares et silencieux, contrastaient avec le tumulte des jours. Là, elle faisait l'amour, simplement, humainement, dans une bulle éphémère.
Lorsque le navire approcha de Zorha, la jeune Urk, lasse et comblée, se redressa sur le pont. La forteresse s'étendait sur la totalité du gigantesque rocher qui émergeait de l'eau comme un titan assoupi. De lourds navires mouillaient dans le port, et les remparts massifs projetaient leurs ombres menaçantes sur la mer. Des tours larges et puissantes, bardées de métal, scrutaient l'horizon avec leurs longues meurtrières.
Le ciel se teinta alors de rose et de violet, les nuages en feu au couchant, et Gorka, saisie par la beauté et la puissance de la scène, souffla :
— Cette ville doit être imprenable…
Damarion se plaça derrière elle et murmura :
— Elle est sous la domination d'un prince fou. Les murailles ne tomberont peut-être pas, mais l'âme de la cité est vacillante. Tu y seras en sécurité. Les jeux de cour y sont un sport national… tu t'y feras. Et peut-être, qui sait, tu y joueras un rôle bien plus grand que tu ne l'imagines.
Puis il ajouta, avec une lueur dans les yeux :
— Avant de débarquer, j'aimerais que tu ailles te faire belle. La première impression est cruciale ici, et tous savent déjà que tu arrives.
Pour la première fois depuis le départ, Gorka se retrouva seule. Dans la salle d'eau, elle prit le temps de se laver, de peigner ses longs cheveux, de choisir une robe légère au tissu fluide, presque transparent. Le voyage avait été une initiation, une parenthèse irréelle, comme un baptême par les sens. Elle s'apprêtait à poser le pied dans l'une des cités les plus puissantes du monde, parmi les seigneurs, les dames et les intrigants de haute naissance.
Elle eut soudain peur. Et si elle n'était pas à la hauteur ? Si sa condition d'Urk lui valait le mépris, l'humiliation, ou pire, l'indifférence ? Ses mains tremblèrent. Mais elle se reprit. Elle se dresserait devant eux. Elle les séduirait, les troublerait, les soumettrait s'il le fallait. Elle était Gorka. Et elle leur montrerait ce dont elle était capable.
Escortée par Damarion et ses officiers, elle traversa la ville à pied jusqu'à une haute demeure au cœur du quartier noble. Zorha était gigantesque, étincelante, vivante. Des palais de styles divers se mêlaient en une fresque architecturale éblouissante. Dans les rues, aucune mendiante, aucun ivrogne titubant. Et surtout, aucun regard méprisant.
La petite troupe attirait l'attention, bien sûr, surtout Damarion, salué partout avec respect, voire crainte. Mais Gorka, elle, ne reçut que des regards curieux, parfois admiratifs. Elle comprit que sa présence ici avait été annoncée, attendue, scrutée. Et, étrangement, elle en fut rassurée. Ses forces lui revinrent.
La matrone Tulipe les attendait sur le perron d'un palais luxueux. Une femme imposante, à la peau brune, au port de reine. Un œil bandé, un bras remplacé par une prothèse de métal, vestiges d'une vie guerrière qu'elle évoqua avec fierté.
— J'ai tout donné à l'Empire. Aujourd'hui, je forme les reines du vice.
Sa voix était rauque, vibrante d'autorité. Gorka n'avait jamais rencontré une femme pareille. Belle et redoutable. Elle comprit aussitôt que Tulipe ne serait pas une simple hôte… mais une mentor.
Et son nouveau foyer… n'était pas une auberge bruyante, mais un palais. Un véritable palais, avec ses escaliers de marbre, ses jardins suspendus et ses serviteurs silencieux. Les yeux brillants, Gorka suivit la matrone jusqu'à ses appartements, après avoir déposé un tendre baiser sur les lèvres de Damarion.
Mais Tulipe gronda derrière eux, faussement jalouse :
— Hé ! C'est la dernière fois ! La prochaine, il faudra payer !
Elle ponctua sa phrase d'une grande tape dans le dos du capitaine, un coup si violent que seul un guerrier comme lui pouvait s'en relever sans chanceler.
Gorka entra alors dans sa nouvelle vie, le cœur battant, les cuisses encore marquées par les jours en mer, et l'âme en feu d'un avenir qu'elle n'aurait jamais osé rêver.
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