Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Un bébé surprise... — Chapitre 13 · RÉVEIL ET DÉCOUVERTE
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Un bébé surprise...
Chapitre 13 · RÉVEIL ET DÉCOUVERTE
9 jours se sont écoulés...
Je suis dans ma chambre d'hôpital, perfusée et branchée de partout. Les yeux égarés, hagards, je reprends doucement conscience. Je suis où ? Et quel décor ! La moitié des murs est peinte en blanc, tandis que les soubassements le sont en rose-saumon fumé, une nuance qui donne plus envie de se jeter par la fenêtre que de prendre soin de soi. Décidément, les décorateurs d'intérieur ne sont pas la priorité dans les hôpitaux. Il y a un seul avantage : l'envie de partir au plus vite... Il s'en faut de peu que je ne me lève et que je m'en aille, si je n'ai pas autant de fils et de tuyaux me reliant aux machines, au pousse-syringe et aux perfusions, sans oublier ce bip constant.
Je reprends mes esprits : je suis à l'hôpital, j'ai eu un accident. Émilie, Papa et Charlotte étaient là.
Je suis où ? À l'hôpital, oui, mais dans quel service ? Je balaie les murs de ma chambre du regard à la recherche d'indices. Sur le mur, une feuille A4 placée dans une chemise plastique : « Rappel aux visiteurs de neurochirurgie ». Puis, sur les draps, le logo imprimé du CHRU d'Angers. D'accord, je suis en neurochirurgie à l'hôpital d'Angers. Merde... la neurochirurgie, ça doit être grave.
Et mon bébé ? Il est où ? Ma chérie ? Ma crevette ? Ma femme ? Bordel, je veux des réponses ! Je veux parler, mais je ne peux pas ; j'ai un tube dans la gorge. Ce bip incessant qui résonne fort dans mes oreilles me donne mal au crâne. La porte s'ouvre.
— Bonjour madame, vous allez bien ? Vous êtes réveillée, c'est une bonne nouvelle. Vous êtes à l'hôpital, on s'occupe de vous et un interne arrive.
Je lutte pour parler, mais elle m'explique que je dois me calmer, qu'un interne va arriver et m'expliquer tout ce qui se passe. Je me détends... enfin, j'essaie. La matinée s'écoule au rythme d'un flux constant de personnel médical : aides-soignants, infirmiers, internes, des hommes et des femmes qui s'acharnent à rendre tout cela plus vivable. Du personnel délicat, agréable, certains au visage plus fermé mais rassurant tout de même. Ils ont toutes et tous des mots gentils, allant du simple « Ça va bien se passer » à « Quelle combattante, soyez fière de vous ».
Pendant deux jours, j'oscille entre phases de sommeil et phases de réveil. Ces dernières durent de plus en plus longtemps. C'est bon signe, disent les internes en neurochirurgie.
Pendant ce temps, au vestiaire du rez-de-jardin!
Le docteur Chloé et l'infirmière Olivia terminent leur garde de vingt-quatre heures. Le docteur Chloé est une jolie brune au carré dégradé, avec des yeux marrons, un nez classique et des lèvres pulpeuses qui embrassent merveilleusement bien, d'après ses partenaires de jeu. Côté physique, elle n'est pas très grande, mesurant un mètre soixante-trois pour environ soixante kilos... Deux jolies fesses bien rondes et des cuisses plutôt charnues... Pour le haut, un généreux quatre-vingt-dix D, des mamelons bien colorés et deux magnifiques tétons qui apprécient d'être sucés. Le tout complété par un léger ventre et de gracieuses poignées d'amour.
L'infirmière Olivia, quant à elle, est une jolie blonde aux cheveux longs tombant au milieu du dos, avec des yeux d'un bleu profond, un nez retroussé et des lèvres pulpeuses. Elle est plus grande que Chloé : un mètre soixante-douze pour cinquante-huit kilos, une vraie brindille. Plus jeune et plus sportive, elle possède des fesses musclées, des cuisses sculptées et une petite poitrine, un léger quatre-vingt B...
Le duo médical se déshabille au vestiaire. Chloé est en string et Olivia en culotte, les seins à l'air.
— Eh bien Olivia, c'est une sacrée garde, tu ne trouves pas ? On n'a pas arrêté. Tu te débrouilles vraiment de mieux en mieux depuis ton arrivée il y a cinq mois.
Olivia écoute et apprécie le compliment de sa supérieure, mais elle a autre chose en tête.
— Merci docteur, c'est gentil. Mais là, on a terminé, alors on se douche et on file boire un verre.
— Olivia, je ne vais pas pouvoir venir.
— Olivia, je ne vais pas pouvoir venir.
Chloé est dos à Olivia. Elle se rapproche, pose ses mains sur son dos et fait glisser ses doigts sur la peau frissonnante de l'infirmière. Puis, de ses lèvres charnues, elle dépose des baisers sur le cou d'Olivia, tout en faisant glisser ses mains sur les petits seins de son amante, pinçant délicatement les tétons de la belle blonde qui se laisse aller.
— Laisse-moi faire, Olivia.
— Tu crois pouvoir me faire jouir ? Très bien, fais comme moi, retire ta culotte et rejoins-moi à la douche.
— Tu crois pouvoir me faire jouir ? Très bien, fais comme moi, retire ta culotte et rejoins-moi à la douche.
Olivia retire son string tandis que Chloé retire sa culotte. Par habitude, Olivia ne peut s'empêcher de faire rouler son fessier athlétique de vingt-deux ans. Elle se dirige sous la douche.
— Je vais faire pipi et j'arrive.
— Très bien docteur, je commence à me faire du bien toute seule.
— Très bien docteur, je commence à me faire du bien toute seule.
Olivia a le dos collé à la paroi de la douche. Ses doigts agiles caressent sa chatte toute lisse ; deux phalanges sont déjà enfoncées dans son vagin dégoulinant de perversité.
— Déjà, ma belle ? Tu veux de l'aide ?
— À genoux, docteur ! Je suis trempée, bouffe-moi avant que je jouisse.
— À genoux, docteur ! Je suis trempée, bouffe-moi avant que je jouisse.
Chloé s'approche, s'accroupit d'abord, puis se met à genoux. Sa langue s'enfonce rapidement sur les muqueuses de sa belle, jouant à faire des allers-retours. Au rythme des tremblements de son infirmière, elle gobe le clitoris élégant et enflé qui lui est offert, l'aspirant du bout des lèvres. Très vite, Olivia explose dans un orgasme rapide.
Chloé se relève et embrasse sa belle, la bouche encore recouverte de cyprine. Leurs langues se mélangent, formant une danse sensuelle au creux de leurs bouches respectives.
— Je crois, Olivia, que... que je suis am...
— Tais-toi, docteur, s'il te plaît.
— Je... Ok!
— Tais-toi, docteur, s'il te plaît.
— Je... Ok!
Chloé se retrouve avec la main droite de l'infirmière sur la bouche. Olivia lui fait signe de se taire, l'index gauche collé à ses propres lèvres, accompagné d'un « chut » murmuré et d'un regard suppliant de ne pas insister. Ne voulant pas vexer sa maîtresse, Chloé ferme les yeux et se laisse faire, docile, pareille à une simple offrande sexuelle.
— Merci, Chloé !
Olivia dépose des baisers sur la joue de Chloé, puis laisse sa fougue animale se libérer. Sa langue trempée d'une bave épaisse glisse de l'oreille au cou, du cou aux épaules, et des épaules aux larges seins de Chloé, ces seins de trentenaires qui ont nourri par deux fois la progéniture de sa supérieure. Olivia caresse le corps de sa douce et s'amuse à malaxer sans ménagement ses gracieuses poignées d'amour. Elle gobe ses seins à pleine bouche, faisant tourner sa langue autour des tétons bien durs de Chloé qui pousse des cris étouffés de plaisir.
Puis, brusquement, l'infirmière retourne la doctoresse, plaquant ses deux gros obus contre la paroi froide et humide de la douche. Chloé sent les mains de sa maîtresse caresser son ventre rebondi et un brin charnu. Elle attrape elle-même la main d'Olivia pour la guider sur son pubis, recouvert d'un simple ticket de métro brun, fin, discret et frisé. Les doigts d'Olivia ne mettent pas trente secondes à se nicher entre les cuisses de la doctoresse. Elle y plonge les doigts de sa main droite tandis que, de sa main gauche, s'abat à plusieurs reprises sur le fessier de Chloé.
— Ça, c'est un cul bien rond comme j'aime. Tu es ma petite salope, docteur.
Chloé lui adresse un regard d'approbation et de pur plaisir. Un regard qui semble dire : « Je suis ce que tu veux et tu me fais mouiller comme une chienne en chaleur, continue. »
— Continue, Olivia.
— Je vais faire mieux. Penche-toi.
— Je vais faire mieux. Penche-toi.
N'hésitant pas, Chloé cambre ses reins, présente ses larges fesses et écarte ses jambes pour trouver une bonne stabilité. Les doigts d'Olivia poursuivent leurs va-et-vient dans son vagin, bientôt frôlant son anus fébrile. Chloé a un petit frisson ; elle n'est pas portée sur l'anal, mais les caresses et les mouvements de sa belle infirmière lui procurent un plaisir fulgurant.
Elle se relâche, se laisse aller.
Bientôt, Olivia glisse la phalange de son majeur gauche dans l'anus serré et trempé de sa partenaire. C'est à cet instant précis que Chloé sent tout son organisme traversé par l'onde électrique d'un orgasme en feu d'artifice, chaque cellule de son corps touchée par un scintillant lâcher hormonal interne. C'est le moment exact où Olivia enfonce sans la prévenir les six virgule cinq centimètres de son majeur au fond du cul de Chloé.
Les deux femmes restent ainsi immobiles, les doigts enlacés, leurs fronts unis et leurs nez collés. Dans le silence de la douche, on n'entend plus que le souffle lourd des deux amantes et cette unique phrase :
— Alors, docteur... il ne te fait pas ça, ton cher mari ?
Deux jours plus tard
Il est 15 h. Je peux enfin mettre des mots sur mon accident, cet événement qui, paradoxalement, me sauve la vie. Je reviens de loin ; ma chute a pour unique avantage de révéler un anévrisme insoupçonné. J'ai si peur. Mon bébé aurait pu mourir, et moi-même, je pourrais à l'heure qu'il est, me trouver dans une chambre froide, attendant d'être placée dans une boîte en bois d'acajou vernis, capitonnée de satin et de soie brillante. Puis, qu'enfin on me dépose au fond d'un caveau en béton froid et humide, rempli de toiles d'araignées, le tout recouvert de quinze centimètres de marbre aux dorures macabres.
Mais il n'en est rien.
On m'annonce que j'ai eu une césarienne et que j'ai donné naissance à une petite fille. Je n'ai toujours pas vu mon bébé, d'ailleurs je n'ai vu personne d'autre. Mon dernier souvenir remonte à l'ambulance, avec Chloé et Olivia penchées au-dessus de moi, mes yeux luttant pour rester ouverts avant que tout ne devienne flou, puis le néant. Je me réveille il y a deux jours... enfin, disons qu'on me réveille. J'ai passé neuf jours dans le coma, dans cette chambre inconnue aux portes et fenêtres vitrées, donnant sur un bureau central rempli d'écrans.
Plusieurs infirmières et internes viennent me voir pour me rassurer. J'étais paniquée, je tremblais, j'avais envie d'arracher ce tube planté au fond de ma gorge, sans parler de cette sonde gastrique qui m'alimente tel un canard du pays de Sarlat. Il me faut beaucoup de temps, alternant de brefs microréveils et des phases de sommeil, jusqu'à ce que ces phases de conscience finissent par s'allonger. En gros, ce scooter me sauve la vie, ainsi que celle de mon bébé. Pas de stèle macabre, mais une existence qui s'offre à nouveau à moi.
Je suis soudain arrachée à mes songes.
Toc, toc, toc...
Enfin, un sourire familier...
Enfin, un sourire familier...
C'est mon amour, ma belle, mon amoureuse, ma chérie. Ma délicieuse Émilie. Toute belle, les yeux rougis, les pommettes et les joues humides, prise entre crises de larmes et de rire. C'est peut-être cela qu'on appelle pleurer de joie.
Émilie s'approche, mais pas de façon tendre ou fébrile : elle fait littéralement trois bonds et se retrouve penchée au-dessus de moi. Elle m'embrasse, les mains posées sur chacune de mes joues. Je la serre dans mes bras avec difficulté, le brassard de tension et les perfusions me rappelant vite à l'ordre , mais bordel, que ça fait du bien !
Émilie s'approche, mais pas de façon tendre ou fébrile : elle fait littéralement trois bonds et se retrouve penchée au-dessus de moi. Elle m'embrasse, les mains posées sur chacune de mes joues. Je la serre dans mes bras avec difficulté, le brassard de tension et les perfusions me rappelant vite à l'ordre , mais bordel, que ça fait du bien !
Ma pauvre chérie, elle a dû vivre l'horreur. On s'embrasse passionnément, nos bouches se mélangeant au goût de nos baisers et de nos larmes.
— Sonia, ma chérie... j'ai eu si peur de te perdre. Je ne me vois pas vivre sans toi.
Derrière elle apparaît un visage souriant qu'il y a encore quelques semaines je ne connaissais pas. Papa, il est là, tremblant, les yeux humides. Ça doit le ramener vingt ans en arrière.
— Viens, Papa, rentre. Je suis si heureuse de te voir. Approche, embrasse ta fille, s'il te plaît.
Papa s'approche, prend ma main et se penche par-dessus Émilie pour nous serrer toutes les deux dans ses bras. Il embrasse les cheveux d'Émilie, puis ma joue, nous serrant fort contre lui comme pour se raccrocher à cet espoir qui lui fait si cruellement défaut depuis vingt ans.
— Mon ange, j'ai tellement peur de te perdre. Je ne supporterais pas de revivre ce que j'ai vécu il y a vingt ans. Décidément, Lucile veille sur toi de là où elle est. Ta maman te surveille, elle veille sur toi... On y croit ou on n'y croit pas, je n'ai jamais été croyant, mais là, putain de bordel, j'ai envie d'y croire.
— Eh bien, beau-papa, quel langage châtié !
— Eh bien, beau-papa, quel langage châtié !
On éclate de rire. Sacrée Émilie. Quel bonheur de retrouver ses bêtises ; c'est fou comme on reprend vite ses habitudes et son rôle.
Papa est heureux, je le vois. Émilie est merveilleuse, et moi, je suis comblée.
Toc, toc, toc...
— Oui, entrez.
— Bonjour, je suis le médecin en charge de votre dossier et j'aimerais vous parler en privé, s'il vous plaît.
— Bonjour, docteur. Non, vous pouvez parler devant eux, ils ne sortent pas.
— Bien, madame, comme vous voudrez.
— Bonjour, je suis le médecin en charge de votre dossier et j'aimerais vous parler en privé, s'il vous plaît.
— Bonjour, docteur. Non, vous pouvez parler devant eux, ils ne sortent pas.
— Bien, madame, comme vous voudrez.
Le médecin est un quinquagénaire grisonnant aux lunettes en losange. Un regard froid, des mots qui claquent. Pas du genre à prendre des gants.
— Comme vous le savez, à votre arrivée, vous êtiez en état de mort imminente. Les obstétriciens ont procéder en urgence à une césarienne pour extraire votre bébé, tandis que le neurochirurgien a opéré simultanément votre cerveau. Vous présentiez deux anévrismes, dont un était rompu.
— Oui, docteur, je sais, on me l'as expliqué déjà cinq fois et on m'as interrogé cinquante autres fois pour tester ma mémoire.
— Oui, docteur, je sais, on me l'as expliqué déjà cinq fois et on m'as interrogé cinquante autres fois pour tester ma mémoire.
Émilie se fige et foudroie le docteur du regard :
— Eh, doc, vous ne voulez pas plutôt nous dire ce qui vous amène ? Non, parce que ma femme a besoin de repos et de réconfort, pas de...
Toujours très calme, Papa coupe la parole à Émilie, la prend par l'épaule et lui glisse d'une voix apaisante:
— Émilie, laisse le docteur parler et terminer. Lui couper la parole et prendre un air menaçant, surtout avec tes quarante-cinq kilos tout mouillée, ne sert à rien. On se détend et on patiente gentiment, d'accord, ma belle ?
Émilie acquiesce avec un sourire contraint.
— Excusez-moi, docteur, je suis stressée et j'ai peur. Je n'ai rien pu faire pour elle, et là, j'ai juste envie de la protéger.
— Vous êtes excusée, madame. Donc, comme je le disais, vous avez été opérée et avait subi de lourdes interventions. Sur le plan neurologique, tout va pour le mieux. En revanche, le rapport d'intervention des obstétriciens révèle la présence de plusieurs petites tumeurs sur les trompes de Fallope. Nous sommes désolés, mais vous souffrez d'un cancer des ovaires à un stade avancé.
— Vous êtes excusée, madame. Donc, comme je le disais, vous avez été opérée et avait subi de lourdes interventions. Sur le plan neurologique, tout va pour le mieux. En revanche, le rapport d'intervention des obstétriciens révèle la présence de plusieurs petites tumeurs sur les trompes de Fallope. Nous sommes désolés, mais vous souffrez d'un cancer des ovaires à un stade avancé.
Le choc est assourdissant. Je n'entends plus qu'une voix lourde, brouillée et lointaine.
— Je voudrais voir mon bébé, docteur. C'est possible ?
Le docteur, très poli, reprend :
— Oui, rassurez-vous, mais je vous invite à m'écouter jusqu'au bout, une infirmière va chercher votre fille ensuite. Je tiens à terminer ce point médical. C'est important que vous compreniez, madame.
— Docteur, vais-je avoir de la chimiothérapie, une autre intervention ? Comment a-t-on pu passer à côté de ça ?
— Précisément parce que, comme vous le savez, le fœtus se développe dans l'utérus tandis que la maladie progresse silencieusement sur les ovaires, le péritoine ou les trompes. De nombreux types de cancers ovariens n'empêchent pas la conception et n'altèrent pas directement le développement de l'embryon in utero, ce qui permet d'atteindre un terme avancé, ou presque.
— Docteur, vais-je avoir de la chimiothérapie, une autre intervention ? Comment a-t-on pu passer à côté de ça ?
— Précisément parce que, comme vous le savez, le fœtus se développe dans l'utérus tandis que la maladie progresse silencieusement sur les ovaires, le péritoine ou les trompes. De nombreux types de cancers ovariens n'empêchent pas la conception et n'altèrent pas directement le développement de l'embryon in utero, ce qui permet d'atteindre un terme avancé, ou presque.
Le docteur marque une pause. Voyant ma panique, Papa prend le relais :
— Docteur, j'entends et je comprends. C'est un cancer sournois qui évolue en douce, c'est bien cela ? Ce qui m'angoisse, c'est...
Il a la voix qui tremble, submergé par l'émotion et la difficulté de formuler sa pensée parmis les sanglots.
— À quel stade en est ma fille ? Quels soins et quel traitement envisagez-vous ?
Le visage du médecin se ferme un peu plus.
— Monsieur, et vous mesdames, il faut bien mesurer que ce cancer progresse sans bruit. Il débute sur les ovaires et les trompes avant de s'infiltrer dans le péritoine. Aujourd'hui, il envahit la quasi-totalité de vos organes. Je suis désolé, vous souffrez d'un cancer de stade IVB, c'est le plus élevé et votre pronostic vital est engagé.
Dans la chambre, les regards se croisent, chargés de stupeur, de larmes et de sanglots.
— Je suis maudite... Il y a une demi-heure à peine, je suis la plus heureuse des femmes, et mon père et mon amoureuse sont soulagés. Mais là, il va falloir se préparer au pire... Je ne suis pas folle, docteur, j'ai bien compris, alors soyez honnête et jouez cartes sur table. Quel est le taux ou le pourcentage de survie face à cette merde ?
Au même moment, on frappe à la porte.
Les yeux pleins de larmes, je souffle d'une voix faible et dramatique :
— Entrez...
Ce sont Charlotte et Julien qui viennent me rendre visite.
— Entrez, s'il vous plaît, entrez, ça m'évitera de tout répéter. Docteur, je vous présente le papa de mon bébé et sa compagne qui attend elle aussi un heureux événement, comme vous pouvez le voir.
À la vue de nos visages inondés de larmes, de tristesse et de détresse ils comprennent immédiatement qu'un drame se joue. Ils s'approchent. Papa et moi leur résumons ce que le médecin vient d'exposer. La stupeur et l'effroi figent chaque personne dans la pièce.
— Docteur, quel traitement peut-on envisager ? Faites vite, je vous en prie, je veux voir ma fille.
Le médecin prend une grande inspiration avant de trancher :
— Comme je vous le dis, vous êtes atteinte d'un cancer de stade IVB, ce qui constitue malheureusement le stade ultime de cette pathologie, le seuil le plus critique. Je suis désolé, madame, mais il n'existe plus aucun traitement curatif ni aucune chirurgie possible. Tout ce que mes confrères et moi-même pouvons vous offrir désormais, ce sont des soins palliatifs et des antidouleur.
— Docteur... il me reste combien de temps à vivre ?
Il prend quelques secondes de réflexion.
— À ce stade, et au vu des métastases qui commencent à proliférer sur vos poumons... je dirais quelques semaines. Peut-être deux mois, avec de la chance.
Papa s'effondre littéralement au sol tandis qu'Émilie fond en larmes, bientôt prise d'une violente crise de spasmophilie. Les seuls spectateurs figés par l'horreur restent Julien et Charlotte, qui se précipitent pour me serrer dans leurs bras pendant que des infirmières et des internes s'empressent de porter secours à Papa et à ma chérie.
Je glisse alors à l'oreille de Julien et de Charlotte :
— Comment va ma fille ? Je veux là voir.
À suivre
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Commentaires ()
Le point positif, si je puis dire, c'est que la famille se battra probablement, pour avoir la garde du bebe et qu'elle n'ira pas en foyer.
Bravo pour l'emotion suscitee.