Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Retour à la vie — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Retour à la vie
Chapitre 1
Le réveil
Je sens une main glisser sur mon bras, elle est douce, j'entends une voix me murmurer des mots que je ne comprends pas, elle aussi est douce. Je sens comme une vibration dans mon corps, une chaleur soudaine m'envahi. Je suis allongée sur le dos sur un lit, je reconnais l'odeur, je suis dans un hôpital. Mais qu'est-ce que je fais allongée sur le lit d'un hôpital, j'allais à l'école en voiture avec papa et ma jumelle Margot, je me souviens d'un grand bruit strident et d'un choc très violent, mais après, plus rien.
Il y a des personnes qui parlent autour de moi, l'une d'entre elle me tient la main en me caressant le bras et en me parlant, je commence à comprendre ce qu'elle me dit, mais pourquoi parle-t-elle de me réveiller et de revenir parmi eux. J'ouvre un peu les yeux, je vois une silhouette de femme assise à côté de mon lit, elle me tient la main dans la sienne en me caressant le bras, elle a l'air très triste. Je lui serre un peu la main, elle sursaute comme si une bombe avait explosé à côté d'elle, elle ouvre de grands yeux en me regardant fixement.
–Elle se réveille, elle se réveille, appelez le docteur Jessoigne, vite, vite, Mélodie se réveille.
Je suis immobilisée sur mon lit, je ne peux pas bouger les bras, je vois des aiguilles plantées dedans, ils me semblent d'ailleurs un peu gros. D'un seul coup, il y a plein de monde tout autour de moi, je vois les infirmières qui me regardent comme si j'étais un être surnaturel, certaines pleurent, très vite c'est l'attroupement autour du lit. Il me semble reconnaitre une ou deux voix, des mains se tendent vers moi pour me toucher. Un homme en blanc arrive.
–Mais laissez la respirer nom de Dieu !!
Cette voix aussi ne m'est pas inconnue. Tout le monde s'écarte, il se penche vers moi, il a l'air un peu étonné, mais heureux. Ils se retourne vers les infirmières.
–Enlevez lui ses perfusions, elle n'en a plus besoin.
Deux d'entre elles m'enlèvent les aiguilles que j'ai dans les bras, je suis libre de les bouger. Je pose une main sur mon ventre, ça me gratte un peu. Je la remonte vers mon cou, je tombe sur un sein, que m'arrive-t-il, je n'avais pas de sein ce matin quand je suis partie à l'école ?
Le docteur se penche sur moi.
–Bonjour Mélodie, tu comprends ce que je dis.
–Oui, bien sûr.
Il se redresse avec un air complètement ahuri, il me regarde, son regard est d'une grande tendresse, il se penche de nouveau.
–Ce n'est pas possible, après huit ans, tu parles normalement.
Il se retourne vers une infirmière.
–J'espère que vous avez noté l'heure de son réveil ?
–Bien sûr docteur et même la date, dimanche neuf septembre deux mille un à dix heures deux ce matin.
Je ne comprends rien à ce qu'elle dit, nous sommes le vingt-sept février mille neuf cent quatre-vingt-treize, le lendemain de l'attentat dans le parking du World Trade Center, deux gigantesques tours de New-York. Mon papa nous amenait à l'école avec ma sœur jumelle. Le docteur se penche sur moi, il a l'air de beaucoup tenir à moi, je me demande pourquoi. Il se tourne une nouvelle fois vers les infirmières présentes.
–Autre chose, il n'est pas question que quelqu'un dise ce qui vient de se passer ici, nous devons garder la nouvelle secrète jusqu'à ce que toutes les personnes de sa famille soient prévenues, il n'est pas question qu'ils apprennent ça par les info, en plus, pas question de voir la presse débarquer aujourd'hui avec leurs gros sabots.
Il se retourne vers moi.
–Je vais vérifier si tout va bien, détend toi.
Il enlève le drap, je suis nue en dessous, j'ai une drôle d'impression, comme si mon corps avait changé. Je me redresse un peu pour me regarder. A ma grande surprise, je vois que j'ai des seins et des poils en bas de mon ventre, mais c'est impossible, je n'ai que dix ans, je suis trop petite, je regarde le docteur.
–Qu'est ce qui m'est arrivé docteur ?
–Evidemment, tu ne le sais pas, ça fait huit ans que tu es ici, huit ans que tu as passé dans le comas, pas très lourd certes, mais dont tu ne te sortais pas. Tu vois de quoi je parle ?
–Pas très bien, je n'ai que dix ans.
–Non, maintenant, tu as dix-huit ans depuis deux jours et tu es une très belle jeune fille, nous avons prévenu ta maman et ta sœur, elles arrivent.
–Et mon papa, il ne vient pas ?
–Malheureusement il est mort, il n'a pas survécu à l'accident.
J'éclate en sanglot, mon papa adoré est mort, je ne le reverrais plus. Une infirmière vient m'enlacer pour me consoler, je me blotti dans ses bras, elle réussit à me calmer. Quand j'ai de nouveau repris mes esprits, je sens un objet froid se coller à ma peau, le docteur m'ausculte, ça dure trois ou quatre minutes, il semble satisfait.
–Tout va bien, si les contrôles et les tests sont tous positifs, elle est chez elle dans trois jours, juste le temps de bien vérifier sa récupération physique.
Le docteur fait vider la chambre, il ne reste que deux infirmières dont celle qui me caressait le bras. J'entends quelqu'un courir dans le couloir qui mène à la chambre, je vois débouler maman, elle se jette sur moi pour me couvrir de baisers, je vois aussi une très jolie jeune fille essayer de l'écarter pour elle aussi pouvoir m'embrasser. Je présume que c'est ma sœur Margot, mais je ne l'aurais pas reconnu en la croisant dans la rue, c'est maintenant une femme. Comme nous somme de vraies jumelles, je présume que je lui ressemble beaucoup. Une fois rassasiées de baisers, elles se redressent, je vois qu'elles pleurent, je présume que c'est de joie. Margot vient s'allonger à côté de moi, elle m'enlace et me serre très fort sur son corps.
–Mélodie ma chérie, enfin tu es de retour, nous avons beaucoup de temps à rattraper, pratiquement la moitié de notre vie. Ça fait huit ans que je t'attends, huit ans que je pleure tous les jours de te voir dans cet état de légume, huit ans que j'espère te serrer dans mes bras. C'est arrivé aujourd'hui, je te propose de faire de cette date le jour de notre anniversaire, de notre renaissance.
–Bien sûr Margot, nous sommes plus jeune de deux jours.
Ça la fait rire, le docteur fait sortir maman et Margot qui reviendrons cet après-midi. Il demande à une infirmière de me trouver de quoi m'habiller, il veut me faire marcher, ça serait quand même mieux que je ne sois pas toute nue au milieu de l'hôpital. Il sort en lui demandant de l'appeler quand je serai habillée. Elle arrive cinq minutes plus tard avec une très jolie robe rouge boutonnée devant. Elle m'aide à me lever, elle est obligée de me soutenir par la taille pour m'amener dans la salle de bain, je me vois dans la glace en pied. J'ai beaucoup de mal à tenir debout, mais ce que je vois dans la glace me plait beaucoup, le docteur avait raison, je suis une très jolie et très belle jeune fille, un peu maigre tout de même. Effectivement, je suis le double de ma sœur, grande, des seins hauts, de belles jambes, de belles fesses, et une touffe de poils en bas du ventre, pas très esthétique, je n'aime pas beaucoup. Ça me rappelle quand nous étions à Agde avec Margot, nous regardions les femmes pour les noter en fonction de leur beauté, nous détestions les femmes poilues, ce qui était en fait assez rare, nous leur donnions zéro.
–Il va falloir que tu grossisses un peu Mélodie, et tu seras la plus belle femme du monde.
–N'exagérons rien, mais c'est vrai que je dois prendre quelques kilos.
J'enfile la robe à même la peau, je n'ai pas de sous-vêtements. L'infirmière appelle le docteur, il arrive quelques minutes plus tard accompagné d'une autre infirmière qui se jette sur moi pour m'enlacer et m'embrasser.
–Quel plaisir de te voir ainsi Mélodie, je vais m'occuper de toi.
–Julie, tu vas faire marcher Mélodie, tu l'amène dans la salle d'exercices et tu lui fais faire les mouvements de base, ne force pas trop pour la première fois.
–Ok, vous pouvez me suivre mademoiselle Mélodie ?
Je connais aussi cette voix, je l'ai déjà souvent entendue. Je suis étonnée qu'on me vouvoie, je crois que c'est la première fois de ma vie. Elle ne me regarde pas comme une petite fille, il va falloir que je m'habitue.
–Je penses vous pouvez me tutoyer, j'aime mieux.
–Bien sûr Mélodie, je plaisantais, mais il faut que ce soit réciproque.
Je la regarde étonnée.
–C'est quoi ce mot ?
–Excuse-moi Mélodie, en te voyant, on ne peut pas imaginer que ton cerveau n'a évolué que jusqu'à dix ans, tu as du chemin à rattraper. Réciproque, ça veut dire que toi aussi tu me tutoies.
–Ok Julie, je te tutoie.
Nous arrivons dans une salle d'exercices, elle m'immobilise pour me serrer très fort dans ses bras, elle fond en larmes.
–Que ce passe-t-il Julie, pourquoi pleures tu ?
Elle se calme et redresse un peu la tête.
–C'est de bonheur, je suis trop heureuse, ça fait huit ans que j'attends le moment de ton réveil, c'est arrivé aujourd'hui, j'en suis toute retournée.
–J'ai vu pas mal d'infirmières s'essuyer les yeux tout à l'heure, c'est si important que ça que je me sois réveillée ?
–Tout le monde l'attend, la France entière attend ton réveil, les journaux du soir ne vont parler que de ça, ton histoire est connue de tout le monde.
–Ça, ça m'étonnerais, le docteur ne veux pas que mon réveil soit annoncé tout de suite.
–Je sais mais il faut que tu saches que nous espérions ton réveil depuis huit ans, avec plus ou moins d'espoir, moi, je faisais partie de celles qui y croyaient dur comme fer. Alors, quand c'est arrivé, tout le monde a pleuré, je peux t'assurer que le docteur Jessoigne n'y a pas échappé, ça fait huit ans qu'il se bat pour toi.
–Je ne pensais pas pouvoir déclencher tant d'amour.
–Tu oublies que c'est une fillette que nous avons accueillie, complètement inconsciente, un pantin désarticulé, un morceau de viande inerte. Tout ça parce qu'un imbécile qui était en retard croyait pouvoir passer un feu rouge sans encombre, en plus, il s'en ai sorti ce con. Le choc t'a assommé et tu ne te réveil que maintenant, huit ans plus tard.
–Je vois, mais, je suis un peu fatiguée.
Je vois un banc, je m'assoie dessus, je fatigue très vite, je reste les jambes écartées comme d'habitude.
–Mélodie, tu as dix-huit ans, pas dix, quand on s'assoie à ton âge, on serre les jambes, sinon, tu montres tes cuisses et même au-delà et on voit ton pubis, tu sais ce que c'est ?
–Oui, le bas de mon ventre, là où il y a des poils.
–C'est ça, il ne faut pas le montrer, tu veux te reposer un peu ?
–Oui, je suis fatiguée.
–Ok, on reste là, on va discuter un peu.
–Volontiers.
–Je voudrais savoir une chose, est ce que ma voix t'est familière ?
–Oui, j'ai l'impression que je la connait bien, comme d'autres parmi les infirmières qui étaient autour de mon lit. Mais la tienne me semble plus familière.
–Ce sont celles des participantes au groupe de lecture qui venait te lire tous les jours une histoire pour maintenir ton cerveau en éveil, je suis très heureuse de voir que ça a marché. Ta sœur en faisait partie depuis cinq ans, elle venait tous les vendredi soir, samedi et dimanche après-midi.
–Je pense que les autres jours elle ne pouvait pas à cause de ses études.
–Exactement, elle devait bosser tous les soirs. Tu as une sœur qui t'adore, je l'ai souvent vu se cacher dans un coin pour pleurer.
–Je sais, on était toujours ensemble avant.
–Je crois que c'est normal pour des sœurs, encore plus si elles sont homozygotes, tu connais ce terme ?
–Bien sûr, papa et maman nous l'avaient expliqué, on l'employait souvent pour impressionner les copains et copines, ça veut dire conçues dans le même œuf.
–Tu en sais des choses, tu veux te reposer ?
–Oui, je veux bien.
Je m'allonge sur le banc en faisant bien attention de ne pas montrer mon pubis, il parait que ça ne se fait pas. J'ai pas mal récupéré quand Julie revient avec un grand sac, elle le pose à terre et en sort une raquette de tennis, les souvenirs remontent, je me souviens qu'on allait presque tous les jours faire du tennis avec papa et maman, il était très fort.
–Nous allons faire un test pour voir où en est ton cerveau dans la gestion de ton équilibre. Je sais que tu as déjà joué au tennis, ta maman me l'a dit, tu étais même très douée d'après ton père dont c'était le métier.
–Il faisait quoi ?
–Il avait été joueur professionnel de tennis, mais un accident a mis fin à sa carrière, il était professeur de tennis au Stade.
–Au stade, quel stade ?
–Le Stade Toulousain, c'est le plus grand club sportif de la ville, il dirigeait la section tennis.
–Oui, je me souviens, on allait souvent à côté des ponts jumeaux, ça nous faisait rigoler avec Margot, les jumelles aux ponts jumeaux.
–Oui, c'est le siège du club.
–Le siège ?
–Oui, l'endroit où les dirigeants se réunissent.
–Avec chacun leur chaise.
–Si on veut.
–On joue ?
–Non, tu n'es pas en tenue et surtout, tu n'as pas la forme nécessaire, on va juste essayer de frapper des balles dans le mur.
–Je crois que je peux le faire.
Je sens une main glisser sur mon bras, elle est douce, j'entends une voix me murmurer des mots que je ne comprends pas, elle aussi est douce. Je sens comme une vibration dans mon corps, une chaleur soudaine m'envahi. Je suis allongée sur le dos sur un lit, je reconnais l'odeur, je suis dans un hôpital. Mais qu'est-ce que je fais allongée sur le lit d'un hôpital, j'allais à l'école en voiture avec papa et ma jumelle Margot, je me souviens d'un grand bruit strident et d'un choc très violent, mais après, plus rien.
Il y a des personnes qui parlent autour de moi, l'une d'entre elle me tient la main en me caressant le bras et en me parlant, je commence à comprendre ce qu'elle me dit, mais pourquoi parle-t-elle de me réveiller et de revenir parmi eux. J'ouvre un peu les yeux, je vois une silhouette de femme assise à côté de mon lit, elle me tient la main dans la sienne en me caressant le bras, elle a l'air très triste. Je lui serre un peu la main, elle sursaute comme si une bombe avait explosé à côté d'elle, elle ouvre de grands yeux en me regardant fixement.
–Elle se réveille, elle se réveille, appelez le docteur Jessoigne, vite, vite, Mélodie se réveille.
Je suis immobilisée sur mon lit, je ne peux pas bouger les bras, je vois des aiguilles plantées dedans, ils me semblent d'ailleurs un peu gros. D'un seul coup, il y a plein de monde tout autour de moi, je vois les infirmières qui me regardent comme si j'étais un être surnaturel, certaines pleurent, très vite c'est l'attroupement autour du lit. Il me semble reconnaitre une ou deux voix, des mains se tendent vers moi pour me toucher. Un homme en blanc arrive.
–Mais laissez la respirer nom de Dieu !!
Cette voix aussi ne m'est pas inconnue. Tout le monde s'écarte, il se penche vers moi, il a l'air un peu étonné, mais heureux. Ils se retourne vers les infirmières.
–Enlevez lui ses perfusions, elle n'en a plus besoin.
Deux d'entre elles m'enlèvent les aiguilles que j'ai dans les bras, je suis libre de les bouger. Je pose une main sur mon ventre, ça me gratte un peu. Je la remonte vers mon cou, je tombe sur un sein, que m'arrive-t-il, je n'avais pas de sein ce matin quand je suis partie à l'école ?
Le docteur se penche sur moi.
–Bonjour Mélodie, tu comprends ce que je dis.
–Oui, bien sûr.
Il se redresse avec un air complètement ahuri, il me regarde, son regard est d'une grande tendresse, il se penche de nouveau.
–Ce n'est pas possible, après huit ans, tu parles normalement.
Il se retourne vers une infirmière.
–J'espère que vous avez noté l'heure de son réveil ?
–Bien sûr docteur et même la date, dimanche neuf septembre deux mille un à dix heures deux ce matin.
Je ne comprends rien à ce qu'elle dit, nous sommes le vingt-sept février mille neuf cent quatre-vingt-treize, le lendemain de l'attentat dans le parking du World Trade Center, deux gigantesques tours de New-York. Mon papa nous amenait à l'école avec ma sœur jumelle. Le docteur se penche sur moi, il a l'air de beaucoup tenir à moi, je me demande pourquoi. Il se tourne une nouvelle fois vers les infirmières présentes.
–Autre chose, il n'est pas question que quelqu'un dise ce qui vient de se passer ici, nous devons garder la nouvelle secrète jusqu'à ce que toutes les personnes de sa famille soient prévenues, il n'est pas question qu'ils apprennent ça par les info, en plus, pas question de voir la presse débarquer aujourd'hui avec leurs gros sabots.
Il se retourne vers moi.
–Je vais vérifier si tout va bien, détend toi.
Il enlève le drap, je suis nue en dessous, j'ai une drôle d'impression, comme si mon corps avait changé. Je me redresse un peu pour me regarder. A ma grande surprise, je vois que j'ai des seins et des poils en bas de mon ventre, mais c'est impossible, je n'ai que dix ans, je suis trop petite, je regarde le docteur.
–Qu'est ce qui m'est arrivé docteur ?
–Evidemment, tu ne le sais pas, ça fait huit ans que tu es ici, huit ans que tu as passé dans le comas, pas très lourd certes, mais dont tu ne te sortais pas. Tu vois de quoi je parle ?
–Pas très bien, je n'ai que dix ans.
–Non, maintenant, tu as dix-huit ans depuis deux jours et tu es une très belle jeune fille, nous avons prévenu ta maman et ta sœur, elles arrivent.
–Et mon papa, il ne vient pas ?
–Malheureusement il est mort, il n'a pas survécu à l'accident.
J'éclate en sanglot, mon papa adoré est mort, je ne le reverrais plus. Une infirmière vient m'enlacer pour me consoler, je me blotti dans ses bras, elle réussit à me calmer. Quand j'ai de nouveau repris mes esprits, je sens un objet froid se coller à ma peau, le docteur m'ausculte, ça dure trois ou quatre minutes, il semble satisfait.
–Tout va bien, si les contrôles et les tests sont tous positifs, elle est chez elle dans trois jours, juste le temps de bien vérifier sa récupération physique.
Le docteur fait vider la chambre, il ne reste que deux infirmières dont celle qui me caressait le bras. J'entends quelqu'un courir dans le couloir qui mène à la chambre, je vois débouler maman, elle se jette sur moi pour me couvrir de baisers, je vois aussi une très jolie jeune fille essayer de l'écarter pour elle aussi pouvoir m'embrasser. Je présume que c'est ma sœur Margot, mais je ne l'aurais pas reconnu en la croisant dans la rue, c'est maintenant une femme. Comme nous somme de vraies jumelles, je présume que je lui ressemble beaucoup. Une fois rassasiées de baisers, elles se redressent, je vois qu'elles pleurent, je présume que c'est de joie. Margot vient s'allonger à côté de moi, elle m'enlace et me serre très fort sur son corps.
–Mélodie ma chérie, enfin tu es de retour, nous avons beaucoup de temps à rattraper, pratiquement la moitié de notre vie. Ça fait huit ans que je t'attends, huit ans que je pleure tous les jours de te voir dans cet état de légume, huit ans que j'espère te serrer dans mes bras. C'est arrivé aujourd'hui, je te propose de faire de cette date le jour de notre anniversaire, de notre renaissance.
–Bien sûr Margot, nous sommes plus jeune de deux jours.
Ça la fait rire, le docteur fait sortir maman et Margot qui reviendrons cet après-midi. Il demande à une infirmière de me trouver de quoi m'habiller, il veut me faire marcher, ça serait quand même mieux que je ne sois pas toute nue au milieu de l'hôpital. Il sort en lui demandant de l'appeler quand je serai habillée. Elle arrive cinq minutes plus tard avec une très jolie robe rouge boutonnée devant. Elle m'aide à me lever, elle est obligée de me soutenir par la taille pour m'amener dans la salle de bain, je me vois dans la glace en pied. J'ai beaucoup de mal à tenir debout, mais ce que je vois dans la glace me plait beaucoup, le docteur avait raison, je suis une très jolie et très belle jeune fille, un peu maigre tout de même. Effectivement, je suis le double de ma sœur, grande, des seins hauts, de belles jambes, de belles fesses, et une touffe de poils en bas du ventre, pas très esthétique, je n'aime pas beaucoup. Ça me rappelle quand nous étions à Agde avec Margot, nous regardions les femmes pour les noter en fonction de leur beauté, nous détestions les femmes poilues, ce qui était en fait assez rare, nous leur donnions zéro.
–Il va falloir que tu grossisses un peu Mélodie, et tu seras la plus belle femme du monde.
–N'exagérons rien, mais c'est vrai que je dois prendre quelques kilos.
J'enfile la robe à même la peau, je n'ai pas de sous-vêtements. L'infirmière appelle le docteur, il arrive quelques minutes plus tard accompagné d'une autre infirmière qui se jette sur moi pour m'enlacer et m'embrasser.
–Quel plaisir de te voir ainsi Mélodie, je vais m'occuper de toi.
–Julie, tu vas faire marcher Mélodie, tu l'amène dans la salle d'exercices et tu lui fais faire les mouvements de base, ne force pas trop pour la première fois.
–Ok, vous pouvez me suivre mademoiselle Mélodie ?
Je connais aussi cette voix, je l'ai déjà souvent entendue. Je suis étonnée qu'on me vouvoie, je crois que c'est la première fois de ma vie. Elle ne me regarde pas comme une petite fille, il va falloir que je m'habitue.
–Je penses vous pouvez me tutoyer, j'aime mieux.
–Bien sûr Mélodie, je plaisantais, mais il faut que ce soit réciproque.
Je la regarde étonnée.
–C'est quoi ce mot ?
–Excuse-moi Mélodie, en te voyant, on ne peut pas imaginer que ton cerveau n'a évolué que jusqu'à dix ans, tu as du chemin à rattraper. Réciproque, ça veut dire que toi aussi tu me tutoies.
–Ok Julie, je te tutoie.
Nous arrivons dans une salle d'exercices, elle m'immobilise pour me serrer très fort dans ses bras, elle fond en larmes.
–Que ce passe-t-il Julie, pourquoi pleures tu ?
Elle se calme et redresse un peu la tête.
–C'est de bonheur, je suis trop heureuse, ça fait huit ans que j'attends le moment de ton réveil, c'est arrivé aujourd'hui, j'en suis toute retournée.
–J'ai vu pas mal d'infirmières s'essuyer les yeux tout à l'heure, c'est si important que ça que je me sois réveillée ?
–Tout le monde l'attend, la France entière attend ton réveil, les journaux du soir ne vont parler que de ça, ton histoire est connue de tout le monde.
–Ça, ça m'étonnerais, le docteur ne veux pas que mon réveil soit annoncé tout de suite.
–Je sais mais il faut que tu saches que nous espérions ton réveil depuis huit ans, avec plus ou moins d'espoir, moi, je faisais partie de celles qui y croyaient dur comme fer. Alors, quand c'est arrivé, tout le monde a pleuré, je peux t'assurer que le docteur Jessoigne n'y a pas échappé, ça fait huit ans qu'il se bat pour toi.
–Je ne pensais pas pouvoir déclencher tant d'amour.
–Tu oublies que c'est une fillette que nous avons accueillie, complètement inconsciente, un pantin désarticulé, un morceau de viande inerte. Tout ça parce qu'un imbécile qui était en retard croyait pouvoir passer un feu rouge sans encombre, en plus, il s'en ai sorti ce con. Le choc t'a assommé et tu ne te réveil que maintenant, huit ans plus tard.
–Je vois, mais, je suis un peu fatiguée.
Je vois un banc, je m'assoie dessus, je fatigue très vite, je reste les jambes écartées comme d'habitude.
–Mélodie, tu as dix-huit ans, pas dix, quand on s'assoie à ton âge, on serre les jambes, sinon, tu montres tes cuisses et même au-delà et on voit ton pubis, tu sais ce que c'est ?
–Oui, le bas de mon ventre, là où il y a des poils.
–C'est ça, il ne faut pas le montrer, tu veux te reposer un peu ?
–Oui, je suis fatiguée.
–Ok, on reste là, on va discuter un peu.
–Volontiers.
–Je voudrais savoir une chose, est ce que ma voix t'est familière ?
–Oui, j'ai l'impression que je la connait bien, comme d'autres parmi les infirmières qui étaient autour de mon lit. Mais la tienne me semble plus familière.
–Ce sont celles des participantes au groupe de lecture qui venait te lire tous les jours une histoire pour maintenir ton cerveau en éveil, je suis très heureuse de voir que ça a marché. Ta sœur en faisait partie depuis cinq ans, elle venait tous les vendredi soir, samedi et dimanche après-midi.
–Je pense que les autres jours elle ne pouvait pas à cause de ses études.
–Exactement, elle devait bosser tous les soirs. Tu as une sœur qui t'adore, je l'ai souvent vu se cacher dans un coin pour pleurer.
–Je sais, on était toujours ensemble avant.
–Je crois que c'est normal pour des sœurs, encore plus si elles sont homozygotes, tu connais ce terme ?
–Bien sûr, papa et maman nous l'avaient expliqué, on l'employait souvent pour impressionner les copains et copines, ça veut dire conçues dans le même œuf.
–Tu en sais des choses, tu veux te reposer ?
–Oui, je veux bien.
Je m'allonge sur le banc en faisant bien attention de ne pas montrer mon pubis, il parait que ça ne se fait pas. J'ai pas mal récupéré quand Julie revient avec un grand sac, elle le pose à terre et en sort une raquette de tennis, les souvenirs remontent, je me souviens qu'on allait presque tous les jours faire du tennis avec papa et maman, il était très fort.
–Nous allons faire un test pour voir où en est ton cerveau dans la gestion de ton équilibre. Je sais que tu as déjà joué au tennis, ta maman me l'a dit, tu étais même très douée d'après ton père dont c'était le métier.
–Il faisait quoi ?
–Il avait été joueur professionnel de tennis, mais un accident a mis fin à sa carrière, il était professeur de tennis au Stade.
–Au stade, quel stade ?
–Le Stade Toulousain, c'est le plus grand club sportif de la ville, il dirigeait la section tennis.
–Oui, je me souviens, on allait souvent à côté des ponts jumeaux, ça nous faisait rigoler avec Margot, les jumelles aux ponts jumeaux.
–Oui, c'est le siège du club.
–Le siège ?
–Oui, l'endroit où les dirigeants se réunissent.
–Avec chacun leur chaise.
–Si on veut.
–On joue ?
–Non, tu n'es pas en tenue et surtout, tu n'as pas la forme nécessaire, on va juste essayer de frapper des balles dans le mur.
–Je crois que je peux le faire.
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Commentaires ()
une histoire qui commence comme une histoire .
Prenez tout le temps qu'il faut pour en décrire les ressorts menant aux plaisirs !
je lirais la suite avec plaisir je pense