L'effet papillon 2
Chapitre 1 · La culpabilité ne sert à rien, seule la conscience t'aidera
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

L'effet papillon 2 — Chapitre 1 · La culpabilité ne sert à rien, seule la conscience t'aidera

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Mibou
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L'effet papillon 2

Chapitre 1 · La culpabilité ne sert à rien, seule la conscience t'aidera

Une ombre passe, occultant un instant la faible lumière qui transperce mes paupières.
J'ai mal à la tête, la nuque est immobilisée par une minerve, l'épaule gauche est serrée dans une sorte d'attelle, je ne peux pas la bouger. La jambe gauche est mangée par un plâtre qui monte jusqu'au-dessus de la cuisse.
Un masque me couvre la bouche et le nez, les yeux me collent, j'ai du mal à les ouvrir. 
 
Une femme me regarde, souriante, me caresse le front.
Un peu hébété, il me faut du temps pour reprendre mes esprits. J'entends la femme appeler d'une voix aigüe et gaie, un homme arrive, affairé.
Un stéthoscope autour du cou, tablier blanc, il s'adresse à moi avec douceur.
-         Bonjour Monsieur ? Comment allez-vous ?
-         …
-         Je vous retire ce masque, Angélique, voulez-vous rafraîchir son visage ?
-         …
-         Cela va, Monsieur ? Pas trop de douleurs ?
-         J'ai mal un peu partout et je ne parviens pas à bouger lui dis-je d'une voix pâteuse, les yeux plissés sous la lumière pourtant tamisée.
-         Je suis le docteur Bolin, vous êtes à l'hôpital. Vous avez eu un grave accident de voiture. Votre cage thoracique a été enfoncée et quelques côtes sont cassées. Votre jambe gauche cassée en deux endroits est plâtrée et votre épaule gauche immobilisée elle aussi fracturée. Votre nuque a été également immobilisée pour éviter de bouger le crâne également fracturé. Vous avez eu beaucoup de chances ! 
-         A l'hôpital ? Accident de voiture ? Chances, vraiment ? constatant mon état.
-         Vous ne vous souvenez pas ? Comment vous appelez-vous ?
-         Heu, attendez, cela va me revenir…
-         Vous vous appelez Alexandre, vous l'avez oublié ? 
-         Heu…non, mais j'ai le réveil lent.
-         Et votre femme ? Vous vous souvenez que vous êtes marié ? 
-         Heu, oui, oui bien sûr.
 
Je ne dois pas être très convaincant car il me fait un sourire un peu moqueur.
 
Angélique, la première vision à mon réveil, une superbe infirmière, m' apporte une bouteille d'eau, mais impossible de me servir un gobelet et encore moins le porter à la bouche. J'ai besoin d'aide.
-         Buvez doucement Monsieur, dit-elle d'une voix douce, prenez votre temps. Je vais vous aider.
Je bois quelques goulées, une main d'Angélique me soutenant la nuque, l'autre tenant un verre. Ses yeux clairs sont proches de mon visage et sa bouche à peine recouverte d'un rouge léger m'effleure la joue. Elle est belle, très belle et son parfum fleuri et léger réveille mes narines.
 
-         Dites-moi, que m'est-il arrivé exactement ? Quel jour sommes-nous ? 
-         Nous sommes le 29 août me dit le docteur tout en me collant une lumière dans chaque œil. Vous avez faim ?
-         Un peu.
-         Angélique va vous apporter un petit en-cas léger à manger très doucement, sans forcer.
-         Vous prenez beaucoup de précautions dites donc.
-         Mais monsieur, vous êtes resté dans le coma pendant plus de 4 semaines !
-         Quoi… ???!! Depuis 4 semaines ? Mais comment ? Pourquoi ?
-         Vous êtes arrivé inanimé. Ensuite, une intervention à la jambe pour remettre les os en place, puis, une intervention à l'épaule pour tout réparer. Malheureusement, pour les côtes, nous sommes impuissants, aussi, nous vous avons maintenu artificiellement dans le coma.
-         Maintenu artificiellement dans le coma ? Mais pourquoi ?
-         Vous avez développé un œdème cérébral qui s'est heureusement résorbé mais pas aussi vite qu'espéré. Vous aviez, outre les côtes occasionnant de fortes douleurs, de multiples blessures et autres bleus, conséquences des cabrioles effectuées avec votre auto. Vous avez eu beaucoup de chance dans votre malheur et la ceinture de sécurité vous a probablement sauvé la vie. 
-         Ah…
-         Vous allez retrouver votre femme, elle était très anxieuse de votre sort et tous les jours est venue et a demandé de vos nouvelles. Soyez content, demain vous la retrouverez.
-         Ah oui, ma femme. Si vous le dites…
 
En picorant plus qu'en mangeant, je fouille ma mémoire. Je suis marié ? Je devrais tout de même le savoir ! Un accident ? Je ne me rappelle rien. 
Je suis fatigué, la tête est lourde et douloureuse, une terrible envie de dormir, sans doute les médicaments.
Demain est un autre jour, je me souviendrai certainement.
 
Je sombre.
 
oooOOOooo
En pleine nuit les services sociaux m'ont appelée, ils ont trouvé mon 06 dans le téléphone d'Alex.
 
-         Vous êtes bien madame G… Mathilde ?
-         C'est bien moi. Comment…
-         Madame, votre mari est chez nous, hospitalisé à la suite d'un accident de voiture.
-         Qu…quoi ? C'est grave ? Il est mo…
-         Non madame, il est en vie, bien amoché, mais en vie.
-         J'arrive.
-         Inutile de courir, il est dans le coma.
-         Dans le coma !!!???
Je panique, ne tiens pas en place. Il faut que j'y aille.
Gilles m'a proposé de me déposer, ce que j'ai refusé. Plutôt aller à pied…
Hélène a accepté de m'accompagner à condition que l'orage soit passé, et dès potron-minet, nous nous sommes présentées à la clinique.
 
 
L'infirmière nous a informées de la situation, sans nous cacher que le pronostic vital était engagé. On ne peut qu'attendre et espérer me dit-elle.
 
En pleurs, je suis partie remplir tous les papiers utiles et nécessaires, puis me suis installée dans la salle d'attente à l'affût des nouvelles. J'ai remercié Hélène de m'avoir véhiculé mais à présent, je désire être seule. Ses yeux accusateurs sont insupportables, sa présence est un reproche vivant qui s'ajoute à ma désespérance.
 
Chaque fois qu'un membre du personnel entre dans sa chambre, je jette un œil, je veux le voir.
C'est une vision d'horreur, je le reconnais à peine avec tous ces bandages, tuyaux et autres baxters, ces fils qui le relient à des appareils, ce respirateur.
Je me suis effondrée, rongée par les remords.
 
Je suis restée prostrée devant cette chambre, incapable de penser, juste respirer.
 
Dans la matinée, le médecin est venu me voir.
Il m'a décrit l'état d'Alex.
-         Double fracture de la jambe gauche (tibia-péroné), fracture du fémur gauche et par-dessus le marché, fracture du bassin. Crâne et côtes fracturés également. Il ne s'est pas raté le bougre me dit le toubib. Quel choc a-t-il dû encaisser ! Je me demande même comment il a pu s'en sortir ! Sûrement parce qu'il a une bonne condition physique et aussi grâce à la ceinture de sécurité.
-         Quand saurons-nous…
-         Je l'ignore me dit le docteur Bolin, cela dépendra beaucoup de l'œdème cérébral qui s'est développé.
 
 
Quand il m'a exposé cet horrible inventaire, un peu froidement, sans la moindre empathie, j'en ai eu le souffle coupé. 
 
C'est à cause de ma bêtise qu'il en est là, je dois être honnête, le reste n'est qu'un enchaînement d'événements.
J'espère qu'il va s'en sortir.
Et, s'il s'en sort, j'espère qu'il aura assez d'amour pour me pardonner. Je vais tout faire pour que ce soit le cas. Je resterai à côté de lui, l'encouragerai, l'aiderai et le supporterai de toutes mes forces. Il le mérite et je l'aime de toute mon âme. Qu'est ce qui m'a pris ? Je lui ai toujours dit que le plaisir se ramasse mais que le bonheur se cultive. Et là, j'ai vraiment fait n'importe quoi ! 
 
Commence une attente interminable, redoutant l'annonce fatale, inimaginable pour moi. Je ressasse mes regrets, mes remords me hantent. Hélas, ils arrivent toujours trop tard.
 
 
Je viens tous les jours prendre de ses nouvelles, inutile de demeurer sur place m'a-t-on expliqué.
-         S'il devait se produire un événement quelconque ou si une évolution notable venait à intervenir, vous serez directement avertie. De toute manière, en soins intensifs, les visites sont interdites. 
 
Cette attente est terriblement anxiogène, insupportable, je ne peux m'empêcher de me rendre à la clinique me donnant ce sentiment d'être plus proche de lui.
 
Hélène m'a régulièrement appelée, soucieuse de me soutenir le moral dit-elle et d'avoir des nouvelles. Au travers de ses paroles parfois mielleuses, je ne ressens pas de sincérité. 
-         Après le départ d'Alex, Paul a eu une altercation avec Gilles. Ils se sont disputés et, un jour plus tard, il est parti.
-         Ah bon…
-         Oui, et du coup, je me suis disputé avec mon mari. Gilles n'est certainement pas le seul fautif, coucher ensemble suppose que l'on soit deux n'est-ce pas ?
 
Je n'ai rien répliqué, inutile de polémiquer, de toute façon elle ne comprendrait pas. 
 
Je ne sais pas plus que ce qui a été dit lorsque nous sommes arrivées ensemble.
-         Tout ce que je peux te dire, c'est que son pronostic vital est engagé, ce que tu sais déjà. Il n'y a rien d'autre à faire que d'attendre.
-         Pfff quelle histoire !
-         Inutile de m'appeler, je t'informerai dès que possible.
-         D'accord et sois courageuse.
 
Hypocrite ! Je sais qu'elle me considère comme la coupable et m'a condamnée, sans appel. Elle ne sait rien, strictement rien !
A mon ton, elle a bien compris que je ne souhaite plus ni l'entendre, ni la revoir.
Bien sûr, par rapport à eux, je suis très embêtée de ce qui s'est passé, j'ai gâché d'une certaine manière leurs vacances. 
 
Pourquoi t'es-tu mis dans une telle colère ? Pourquoi cet esclandre ? Nous aurions dû parler, je me serais expliquée et il était encore temps de réagir. Jamais je ne t'ai vu dans un tel état !
 
oooOOOooo
 
Il est sauvé ! Enfin…
L'œdème se résorbe lentement, les fonctions vitales sont stables, il ne peut qu'aller mieux, mais le praticien veut le maintenir dans un coma artificiel afin de mettre au repos ses fonctions vitales, réduire sa consommation d'oxygène et d'énergie et lui prodiguer les meilleurs soins dans de bonnes conditions.
Et surtout pour lui éviter de souffrir…
 
Mon dieu, que je suis soulagée après toutes ces journées et ces nuits d'angoisse, j'ai cru devenir folle. Comme je m'en veux de le faire souffrir comme cela.
 
Alors, bon prince, le médecin m'a autorisée à entrer pendant 5 minutes dans cette chambre, bien entendu masquée pour éviter les microbes indésirables. L'occasion pour moi de lui prendre la main, la serrer et l'embrasser. Quelle tristesse de le voir dans cet état ! 
Plus que jamais, je ressens le poids de ma culpabilité. 
 
De jours en jours, sa situation s'améliore.
Il n'a pas de fièvre, les bleus se transforment petit à petit en tâches jaunes, abominables mais signes de guérison.
 
oooOOOooo
A mon boulot, le patron m'annonce que le cabinet médical va s'agrandir. De nouveaux locaux vont être rénovés dans le bâtiment, doublant ainsi la capacité d'accueil de patients. Et donc m'annoncent-ils, dans quelques mois j'aurai une nouvelle collègue.
-         Il faudra que tu lui expliques le boulot, la prise de rendez-vous, la gestion des agendas des praticiens, l'encaissement des honoraires, les procédures pour l'intervention de la sécu et de la mutuelle.
-         Je ferai de mon mieux mais vous connaissez ma situation.
-         Pas d'inquiétude Mathilde, la nouvelle collègue n'est prévue que dans deux à trois mois, dès que les travaux seront terminés.
-         Tant mieux.
 
 
Nouvelle bonne nouvelle, le médecin a décidé de le laisser se réveiller.
 
 
Je suis énervée, excitée, je vais enfin pouvoir lui parler, le prendre dans mes bras. Je lui dirai combien je l'aime, l'embrasserai, le cajolerai, ce sera merveilleux.
Mais j'ai peur.
Va-t-il m'accepter ? Me pardonner ? Voudra-t-il encore de moi ? Et s'il me rejetait ?  Je vais devoir l'affronter, et cela me stresse.
 
J'entre dans la chambre où il a été transféré, il est 8H30.
La plupart des appareils ont disparu. Ne reste que celui qui prend les battements de cœur, la fréquence cardiaque, le taux d'oxygène dans le sang et deux autres paramètres mystérieux pour moi.
C'est tout de même moins impressionnant.
 
-         Bonjour mon amour. Comment te sens-tu ?
-         Bonjour Madame, levant les yeux, étonné.
 Il ne m'a pas reconnue ou est-ce une stratégie pour me rendre incolore, inodore et invisible ?
-         Je suis Mathilde, ton épouse, celle qui t'aime de tout son cœur.
-         Heu…mon épouse ?
 
Le médecin ne m'a pas menti, j'ai vraiment une femme ! Non, ce n'est pas possible, je devrais tout de même le savoir ! C'est une blague ? Cela dit, elle est drôlement belle.
-         Tu ne te rappelles pas de moi, dis-je tremblante.
-         Heu, je vous demande pardon, mais non. Nous sommes mariés depuis longtemps ?
-         Huit années.
-         Ah. Quand même ! Nous avons des enfants ?
-         Non, malheureusement, je suis stérile.
-         Oh, désolé. 
Je la regarde, belle dans sa plénitude de femme mature. J'essaie de me souvenir, mais rien. Elle est vraiment magnifique. Je dois être chanceux de partager ma vie avec une telle beauté.
 
Quoi lui dire ? Je suis plutôt interloquée mais aussi soulagée. Ne pas devoir affronter ses reproches, son rejet peut-être, m'arrange. Nous allons repartir de zéro !
 
Je ne sais que dire. Cette silhouette fine, ces yeux mordorés si doux, ces cheveux mi-longs ramenés en un chignon élégant me donnent une impression de déjà vu. Donc, je devrais connaître.
Vraiment ma femme ? Une amie peut-être ? De la fac ? Le toubib a l'air de dire qu'il s'agit bien de ma femme ! Quel sentiment étrange de ne pas se souvenir.
Je la regarde sans rien dire, aucun son ne sort de ma bouche, peur de la vexer.
Heureusement, la visite doit se terminer pour les soins mettant fin à ma gêne. Vous vous imaginez vous trouver en face d'une magnifique femme qui prétend être votre épouse et être tout penaud ?
 
Désemparée, je me renseigne auprès du médecin.
-         Effectivement, Madame, votre mari a tout oublié. Son nom, le vôtre, il ne sait plus qui il est, où il habite. Une amnésie post traumatique.
-         Définitive docteur ? Elle peut se guérir ?
-         Impossible à dire. Demain peut-être tout reviendra, ou dans un de ces prochains jours ou prochains mois. Peut-être même, jamais. Allez savoir ! Des examens neurologiques ont déjà été réalisés pendant son coma et ils n'ont rien révélés. On peut donc logiquement le voir retrouver la mémoire. Quand ? Je l'ignore. Un psychiatre le verra tous les jours. Espérons…
 
oooOOOooo
 
 
Voilà deux mois qu'Alex est hospitalisé, la vie continue.
 
Les travaux du centre médical où je bosse sont à présent terminés. De nouveaux praticiens exercent leur art dans les locaux agrandis, superbes et très lumineux, et mes tâches sont donc multipliées. Heureusement, je suis très bien organisée pour accomplir mon boulot dans les délais requis, je me suis arrangée avec ma nouvelle collègue. Elle prend en charge les travaux de l'après-midi et je la relaie vers 17HOO pour terminer le travail à 19H00.
 
Justine, ma nouvelle collègue, est très mignonne, un peu fluette mais pas vraiment maigre. De belle prestance, même taille que moi, des seins magnifiques, sa jeunesse lui vaut le regard des patients mais aussi des toubibs. Et parmi eux, quelques nouveaux sont plutôt sexy et souvent très sympa. Et pas qu'avec Justine.
 
Très vite, nous avons sympathisés et sommes franchement devenues amies.
Régulièrement, nous nous retrouvons le soir afin de terminer ensemble les tâches administratives qui n'ont pu être terminées à cause de mes absences.
Elle est vraiment sympa et je dois reconnaître que ces retrouvailles sont souvent l'occasion de rire ce qui, vous vous en doutez, me fait un bien fou.
A force, elle me confie ses soucis, ses espérances et ses amours avortées.
-         Ces hommes sont décidément très rustres.
-         Pas tous lui dis-je.
-         Ils ne pensent qu'à leur plaisir. Un petit coup vite fait et ils passent à une autre. Je suis dégoutée !
-         Tu finiras par trouver LE bon, celui qui te convient.
 
En disant cela, mon esprit se retrouve auprès d'Alex et cela me met le moral en berne. Je n'ai pas eu la moindre relation depuis cet accident et cette situation commence à être lourde à supporter, la solitude me pèse, mes besoins sont loin d'être satisfaits, même si, pour le plus grand bonheur d'Alex, je lui procure régulièrement une gâterie. 
Au moins lui peut s'épancher, alors que moi je reste évidemment sur ma faim.
 
Justine a bien appréhendé ma solitude, la fine mouche. Aussi, elle m'a invitée à venir partager un dîner chez elle.
-         Cette fois, pas de boulot, rien que nous.
-         C'est gentil lui dis-je, mais je ne serai pas d'une compagnie bien agréable.
-         Allons, quand nous bossons, tu parviens à sourire et même à rire. Aucune raison pour que le papotage entre filles ne puissent te distraire.
-         Sans doute…
-         De toute façon, je sais que tu en as besoin, tu te ronges et tu finis pas avoir les yeux tirés et une tête à faire peur. Vive le maquillage n'est-ce pas ?
J'ai fini par accepter du bout de la langue, me culpabilisant d'aller m'amuser alors que mon mari adoré est toujours sur ce foutu lit de douleurs à cause de moi.
 
Ce vendredi, après ma visite quotidienne chez Alex. je me suis donc rendue cher Justine. Elle s'était mise à l'aise, plus de tailleur strict, cheveux au vent et le sourire avenant et chaleureux.
 
Nous avons bu l'apéro, mangé un filet d'agneau succulent accompagné d'un gratin dauphinois, le tout arrosé d'un magnifique Côte du Rhone.
Il était décidément très bon ce vin et, arrivées à la fin de la deuxième bouteille, je lui ai confié sous le sceau du secret la genèse de l'hospitalisation de mon homme.
 
Elle m'a écoutée, les yeux ronds de surprise mais sans formuler le moindre jugement. Simplement écouter, peut-être le cerveau un peu embrumé dans l'alcool, tout comme moi au demeurant, mais attentive et bienveillante.
 
-         Je ne suis pas fière de moi.
-         Tu dois beaucoup te culpabiliser. Pourtant, rien ne paraît au bureau, tu es très forte. On sait ton mari à l'hôpital et la situation compliquée que tu traverses, mais tu sembles gérer tout cela avec force. Chapeau !
-         Oh, non, ce n'est qu'une apparence que je me donne. Au fond de moi la culpabilité me ronge même si je parviens à échapper à ce sentiment de temps à autre, un peu grâce à toi d'ailleurs. C'est ma punition.
-         Il ne faut pas te flageller ainsi. Tu es maître de ton corps et tes émotions t'ont entraîné un peu trop loin. Cela peut arriver à tout le monde. Moi, cela m'arrive souvent, heureusement sinon, il n'y aurait plus de plaisir et la vie serait bien triste.
-         Oui, mais tu es célibataire, tu peux donc te permettre bien des escapades.
-         Et alors ? Le mariage n'est pas une cage tout de même ! Il n'est pas interdit de rencontrer d'autres personnes, de partager avec eux et même de se sentir en belle connexion.
-         C'est sans doute vrai, mais il faut que ce soit partagé par les deux époux et en toute clarté, sinon, le sentiment de jalousie peut naître et la vie commune devient infernale.
-         Sans vouloir te jeter la pierre, nous ne sommes pas non plus obligées de coucher avec un mec dès qu'il est beau, bien bâti, charmant et je ne sais quoi d'autre ! La flatterie n'émane jamais d'une grande âme mais toujours d'un petit esprit prêt à te croquer comme un fruit mûr.
-         C'est vrai que j'ai été flattée et ma coquetterie a pris le dessus sur ma vigilance. J'ai été flattée qu'une jeune homme s'intéresse à une vieille femme comme moi. C'est bien là le problème, et du coup, je l'ai trahi, j'ai abusé de sa confiance.
-         Tout de suite les grands mots. D'abord, tu n'es pas vieille et ensuite, tu es très belle. Un dérapage ne peut tout compromettre. Il comprendra si tu lui expliques.
-         C'est précisément ce que je voulais faire, mais je n'en n'ai pas eu le temps.
-         La colère est sans doute mauvaise conseillère. Une fois passée, je suis certaine que tout s'arrangera. Il t'écoutera et comprendra.
-         Je l'espère dis-je, alors que quelques larmes commencent à couler.
 
Elle m'enlace alors que de vrais sanglots me secouent, je lâche prise. 
Cajoleries, verres de vin supplémentaires, caresses plus appuyées, enlacements se suivent.
Ses seins touchent les miens, ses mains deviennent plus pressantes, la douceur de ce corps qui me touche me fait du bien. Il me rappelle l'absence de rapprochement, de contact plus intime et m'échauffe les sangs.
 
Le vin aidant, nous sommes désinhibées, de grands rires pour un rien éclatent évacuant ainsi tout mon mal-être. 
Je suis bien, voilà bien longtemps que je n'ai ressenti ce bien-être. Apaisée dans ses bras accueillants je reçois ses caresses de plus en plus fortes et précises avec un plaisir évident.
 
Justine me submerge, sa chaleur, ses caresses et le vin enfouissent toute tentative de lucidité. Elle a compris.
Et d'un coup, elle m'embrasse à pleine bouche, cherche à écarter mes lèvres. Je laisse faire, anesthésiée par une euphorie grandissante, sa langue s'insinue et viens chercher la mienne pour entamer un jeu sensuel.
J'apprécie ce contact chaud qui me donne des frissonnements depuis les épaules jusque dans mon ventre.
Je sens une main prendre mon sein, une autre relève ma jupe. Je laisse faire, écarte même un peu les cuisses pour faciliter l'intrusion. La caresse atteint ma culotte, y pénètre et un doigt s'insinue en moi.
Depuis quand n'ai-je pas connu ces sensations ?
La chaleur aidant, notre étreinte est devenue sexuelle, en deux temps trois mouvements nous sommes nues, riant, nous caressant.
-         Je n'ai jamais fait cela avec une femme lui dis-je.
-         Moi non plus mais là, j'en ai très envie.
-         Moi aussi.
 
Et, les yeux dans les yeux, nous avons gagné sa chambre où nous avons fait l'amour doucement, tendrement comme seules deux femmes ensemble peuvent le réaliser dans le secret de leurs intimités.
 
oooOOOooo
 
 
Cela fait déjà trois jours que je suis revenu à la civilisation.
Le médecin m'a déjà annoncé que, petit à petit, l'épaule sera délivrée, la nuque libérée et les plâtres coupés.
-         Soyons prudents, me dit-il, rien ne sert de courir même si je comprends votre impatience.
-         Je vais donc enfin pouvoir me mouvoir mieux !
-         Alors seulement, commenceront les séances de kiné et de rééducation me dit-il. Demain, un psychiatre viendra discuter avec vous pour tenter de stimuler la mémoire. 
 
J'avoue être un petit peu vexé, je ne suis tout de même pas fou. Cela dit, ce serait pas mal de retrouver mes souvenirs et de savoir qui je suis et de retrouver mes repères.
Et surtout de savoir et comprendre ce qu'il s'est passé.
 
 
Mathilde passe toutes ses après-midi à mon chevet. Elle est belle, charmante, je comprends que je puisse en avoir été amoureux.
 
Mais, la belle infirmière qui me dorlote tous les matins est très sympa aussi. Et nous sommes bien obligés de partager des moments très intimes.
 
Pensez donc, une blonde aux yeux d'un bleu azuréen, mignonne, à la taille de guêpe et au soutien-gorge suffisamment rempli pour satisfaire n'importe quel homme et de surcroit douce et rieuse, vient s'occuper de vous avec un tel dévouement !
 
Prénommée Angélique (nom prédestiné ?), elle est chargée de me laver, me passer la crème anti-escarres, prendre ma température, changer les pansements et vérifier mes constantes vitales. J'aime moins les piqûres dont je ne comprends pas vraiment l'utilité, mais soit.
 
Pendant qu'elle me tripote, nous parlons, de sa vie surtout, parce qu'en ce qui me concerne, je ne peux lui raconter grand-chose. Je ne vais tout de même pas lui parler de la résistance du fer blanc ou de la suite de Fibonacci ! Comme technique de drague, cela laisse plutôt à désirer…Curieusement, mes connaissances techniques sont bien présentes, ce qui ravit mon psy quant aux chances de récupérer mon passé.
 
Elle ma raconte des anecdotes avec les patients, parfois un peu croustillantes, et nous rions de bon cœur.
-         Tu as une jolie femme Alex.
-         Il semble, oui, enfin si tant est que Mathilde est mon épouse.
-         Tu ne t'en souviens pas ?
-         Non et cela m'attriste parce qu'elle est tellement charmante, aux petits soins quand elle vient, presqu'autant que toi Angélique.
-         Oh flatteur !
-         Mais, je le pense…
 
 
Avec le temps, nous avons développé une complicité, certes platonique, mais réelle. Pensez donc : tous les jours (sauf les samedis et dimanches) elle s'occupe de moi, passe une crème sur le dos et les fesses, me lave. Parfois, subrepticement, j'ai une main un peu baladeuse, sur les fesses ou une cuisse. En riant, elle me reprend, me rappelle ma situation d'homme marié et me suggère de s'adresser à ma jolie femme.
 
A vrai dire, Mathilde ne rechigne pas à me soulager. 
Elle me prodigue l'une ou l'autre gâterie dont j'ai envie et cela me fait un bien fou. Dans ces moments chauds, ma main s'évade vers des contrées très intéressantes, vallonées, broussailleuses et humides. 
J'adore et, vu ses soupirs, elle partage cet avis. Je suis impatient qu'elle m'enjambe et pour m'introduire en elle autrement que par les doigts.
Nous retrouvons un secret commun, une histoire à nous, un plaisir partagé.
 
Parfois (et même souvent) je me prends à espérer qu'Angélique me prodiguera le même traitement. Comme un collégien, je n'ose pas le lui demander. Pourtant je lis dans ses yeux de l'amitié, voire plus, mais m'a déjà exprimé que mon statut d'homme marié est rédhibitoire.
 
 
Deux rayons de soleil dans ma vie cloîtrée. 
 
Pour éviter de me morfondre, je lis, réapprend l'histoire, la littérature et les arts. Je regarde aussi la télé mais refuse ces programmes abêtissants et sans intérêt si ce n'est celui d'appâter les gogos pour gagner des cents et des mille dans des jeux débiles.
 
Les soirées sont longues et j'aimerais que Mathilde ou Angélique vienne me rejoindre.
 
oooOOOooo
 
Le temps s'écoule, voilà maintenant cinq mois que je suis enfermé dans cette chambre si l'on compte le temps du coma. 
Toutes ces heures à me rééduquer, raffermir les muscles pour éviter l'atrophiement, marcher à nouveau et tenter de se déplacer seul. 
J'en bave et je maudis le kiné de me faire souffrir, et je le remercie en même temps, quel paradoxe !
 
Au début, le psychiatre me m'obligeait à parler et m'imposait des exercices sous forme de jeux pour travailler la mémoire.
Depuis deux semaines, ses visites se sont espacées, il me donne des exercices spécifiques à effectuer et nous en discutons lorsqu'il vient me voir.
 
Ce travail commence à porter ses fruits puisque, petit à petit, je retrouve au fin fond de moi-même des pans entiers de souvenirs, mon père si fort, maman si tendre, quelques images de vacances où Mathilde apparaît. Quel plaisir de retrouver des sensations enfouies !
 
Mathilde m'aide beaucoup.
Ses visites me font énormément de bien. Elle tente par de raviver ma mémoire, me raconte aussi ma vie, mon histoire, la fac, m'apporte les photos de mes parents, de notre mariage.
Grâce à elle, je me remémore des moments de notre vie commune, je reconstitue des événements comme les vacances autour du Mont Blanc. Des photos de ces moments heureux, vécus ensemble me dit-elle.
 
Un soir, après le repas, elle se glisse à côté de moi, tendrement. Nous nous embrassons, cela me rappelle des souvenirs, des gestes dont je me souviens parfaitement, enfin je crois me souvenir. Mais ne sont-ils pas un peu mécaniques, comme le vélo ?
 
Parfois, elle est accompagnée de sa collègue, un joli brin de femme, prénommée Justine. Elles ont l'air très complices toutes les deux. Tant mieux, j'imagine que sa vie est très perturbée entre son boulot et ses visites ici et qu'elle ne doit pas avoir beaucoup d'occasions de se distraire.
 
En parlant d'amis, je me souviens que nous fréquentions un couple de notre âge, Hélène et Paul je pense. Ma mémoire me dit que nous allions au cinéma ou au théâtre et que parfois, nous dînions ensemble. Mais tout est flou, les noms me reviennent, les circonstances non.
 
Interrogée, Mathilde n'a pas été très diserte, évitant le sujet autant que possible. Il a dû y avoir une bagarre ou un gros différent qui nous a opposé, je ne me souviens pas et je n'ai pas osé la questionner plus avant en voyant son embarras. Toujours est-il qu'ils ont disparu dans la nature. Dommage, je me souviens que nous nous entendions plutôt bien et qu'Hélène était une belle femme.
 
 
Malgré mes efforts, impossible de me souvenir de ce qui s'est produit au cours de ces trois derniers mois, enfin je veux dire avant ma sortie de coma. 
Un trou, un vide.
Le psy me dit qu'un jour, tout reviendra, les détails, les circonstances, tout, et probablement brutalement.
-         Alors me dit-il, vous devrez gérer le traumatisme de l'accident que vous revivrez. Il faudra être prêt à « absorber » ce choc.
 
Pourquoi diable ai-je eu cet accident ? Qu'est-ce que je foutais sur cette route trempée, au milieu de cet orage ?
 
 
 
Je retombe amoureux de Mathilde. C'est heureux me direz-vous, puisque nous sommes déjà mariés. Comme une impression de tout faire à l'envers. 
Nous sommes bien ensemble, elle rit, elle me soutient et m'encourage. Ensemble, nous marchons dans les couloirs, encore des exercices.
Ce n'est bien sûr pas la plus romantique des promenades, mais pendant qu'elle se colle contre moi en guise de canne, je la pelote plus souvent qu'à son tour. Je me suis rapidement aperçu qu'elle ne demandait que cela, la coquine, même si elle tente de m'arrêter, mais sans grande conviction.
 
Le seul problème, c'est que je bande, et conclure est un peu compliqué.
Certes, de retour en chambre, elle m'attrape le sexe, impose un va-et-vient, j'en gémis de plaisir. Elle me prend parfois en bouche et, je m'y soulage avec délectation pendant que mes doigts s'égarent. 
Heureuse, riant et fière du résultat, elle termine par un baiser amoureux. 
 
oooOOOooo
Alex a enfin reçu l'autorisation de rentrer chez nous.
 
Pour son retour, je mets les petits plats dans les grands.
Un grand nettoyage, sols, murs, salle de bain, vitres, changement de draps, tout y passe. J'ai même penser à garnir la salon et notre chambre de quelques bouquets de fleurs de printemps, des roses et des freesias, des muguets si odorants, des tulipes chatoyantes.  Il faut que la joie transpire, que le bonheur se lise.
 
En ce début d'après-midi, Alex fait ses adieux au personnel, il faut dire qu'en presque six mois d'hospitalisation, ces personnes ont formé son quotidien, l'ont soigné et ont même partagé un peu de son intimité.
Je remarque qu'il est particulièrement ému en saluant Angélique, son infirmière préférée. Leur accolade a été chaleureuse et je sens bien la connexion entre eux. 
Je suis un peu jalouse de cette connivence, même si je dois la remercier de si bien s'être occupée de mon mari.
 
 
 
Sur le chemin, dans la voiture, Alex me confie combien il est heureux de retrouver notre domicile. Il se fend de plusieurs « je t'aime » qui me transportent de joie et m'avoue être ravi et même euphorique à l'idée de nous retrouver enfin seuls, rien qu'à nous deux.
-         Ce soir, nous allons rattraper le temps perdu dit-il joyeux
-         Je n'attends que cela mon amour
-         Je te promets le grand soir, celui que tu n'oublieras jamais.
-         Je te fais confiance mon coquin.
 
Et, malgré le volant que je tiens fermement, il m'embrasse et me gratifie d'une caresse appuyée sur les seins.
 
Je suis heureuse, tellement contente d'enfin être avec lui seule, impatiente de retrouver la chaleur de son corps, d'enfin bénéficier de ses caresses sans limite, de ses baisers, de le sentir en moi. D'être sa femme. Entièrement. Sans condition. Totalement.
 
Enfin, chez nous.
 
Sa démarche est encore hésitante et le pas est claudiquant, juste une béquille pour l'aider plus par sécurité que vraiment nécessité.
 
Il rayonne, m'embrasse et m'entraîne vers le sofa.
-         Tu as dit « ce soir » …
-         J'anticipe. Depuis le temps que j'attends, tu vas prendre cher.
-         Amour, fais attention tu v…
-         Tais-toi et aime-moi.
 
Le reste de l'après-midi nous a permis de vérifier la solidité du sofa et de ses accoudoirs.
 
Repus de sexe, Mathilde prépare un repas rapide sans doute, mais néanmoins succulent. 
-         Cela me change des repas d'hôpital, toujours un peu carton me dit-il.
 
Il est heureux comme l'enfant qui vient de naître. Et moi, je nage dans le bonheur, ce que je ne connais plus depuis longtemps.
 
oooOOOooo
 
Le temps s'écoule et nous avons retrouvé une vie quasi normale. Mathilde part chaque jour travailler, et moi deux fois par semaine, séance de kiné et un fois de l'aquagym.
Je passe aussi par l'hôpital où je retrouve Angélique. Toujours aussi belle, aussi tentante et des mains toujours aussi habiles et douces.
 
J'ai aussi repris le boulot. Pendant mon absence, deux collaboratrices ont été embauchées, deux magnifiques quadragénaires. Autant l'une est grande, autant l'autre petite. Autant l'une est brune, autant l'autre est blonde. Autant l'une a des cheveux courts coupés en carré, autant l'autre a les cheveux longs et ondulés.
Toutes les deux ont une taille fine, des seins en poire comme j'aime, des hanches marquées et surtout un joli sourire qui illumine le lieu où elles se trouvent.
La petite s'appelle Aurélie alors que la grande s'appelle Océane.
 
Pour mon bonheur, ma capacité intellectuelle est intacte, je retrouve mes repères professionnels, mes dossiers, mes réflexes nécessaires. 
Les boss ont décidé qu'à l'avenir, nous devions travailler en binôme. Je suppose qu'ils ont tiré les leçons de mon absence prolongée.
 
Désormais, je fais équipe avec la grande, Océane, aussi grande que moi. Non seulement elle est belle, mais elle est aussi intelligente et amène la sensibilité féminine qui, par la force des choses, nous manque à nous, les hommes. Parfois, elle a des raisonnements étonnants, dont je me demande d'où elle les sort. Pour autant, ils ne sont pas dénués de fondement, je dois bien le reconnaître.
 
En peu de temps, j'éprouve pour celle belle plante un sentiment particulier, non pas de l'amour, plutôt quelque chose entre une grande confiance et une belle complicité, mâtinée, je l'avoue, d'un fonds de désir. Je ne suis qu'un homme après tout, même si Mathilde remplit mes nuits.
 
Elles savent, comme tous mes collègues, l'accident qui m'a éloigné du bureau. Si je peux marcher sans soucis, j'ai conservé cette petite claudication héritage de ce passé accidenté.
 
Je continue aussi à raison de une fois par mois de retrouver le psychiatre. Il parle beaucoup, moi aussi, fouille mon âme et mes sentiments, cherche à susciter les souvenirs au travers de ressentis.
 
Je ne me rappelle pas tout, mais j'ai des flashs qui surgissent, des fulgurances précises mais courtes, terriblement fugaces, c'en est frustrant. Mais la réalité revient doucement, petit à petit.
 
Je me vois donner un furieux coup de volant.
La voiture rencontre la barrière de sécurité qui me renvoie vers un arbre.
Je vois une boule de feu, un bruit de fin de monde me frappe les oreilles.
Mais pourquoi suis-je là ?
 
Le psy est très content et me dit que bientôt, j'aurai retrouvé la totalité de la mémoire. » Soyez prêt à gérer un nouveau choc « me dit-il.
 
Régulièrement, Justine vient passer la soirée chez nous ou nous chez elle, c'est selon.
De toute évidence, elles sont très complices et il n'est pas rare qu'elles fassent des messes basses. Interrogées, elles me remballent gentiment 
-         Secrets de femmes me disent-elles la bouche en cœur.
Imparable !
 
Je suis content pour Mathilde, cette période a certainement été très éprouvante. 
Nous n'en parlons pas, inutile de ressasser les difficultés vécues certes différemment par l'un ou l'autre. L'essentiel est d'être réunis tous les deux, hors de cette période tragique. Place au bonheur.
Je la vois heureuse, cette amie lui fait beaucoup de bien et l'épanouit. Tant mieux. 
Si elle est contente, je le suis aussi. Et puis, Justine est tout à fait charmante voire même beaucoup plus…
 
 
 
Ce vendredi, je suis installé dans notre salon, Mathilde n'est pas encore revenue du boulot. Je suis fourbu d'une semaine de travail intensif et je me suis servi un verre de vin en l'attendant. 
 
J'entends les clé dans la porte d'entrée, et déjà je sens son odeur, son parfum si délicat. 
Je me demande comment elle peut garder cette fraîcheur, cette légèreté même après une semaine de boulot.
Nous nous embrassons, heureux, la tendresse et le plaisir d'être ensemble bien présents.
 
Je lui sers un verre pour trinquer, nous poser quelques minutes, parler avant de préparer le repas du soir.
 
On sonne.
 
-         Tu attends quelqu'un ? me demande Mathilde surprise
-         Non, et toi ?
-         Absolument pas. Je vais voir.
 
Depuis le salon, j'entends Mathilde ouvrir la porte et un sonore « Mon Dieu ! »
L'oreille redressée, j'écoute.
-         Comment vas-tu ? dit une voix d'homme que je ne reconnais pas.
-         Que viens-tu faire ici ? s'écrie Mathilde, la voix où se mêlent courroux et peur.
-         Mais te voir voyons. J'espère que cela te fait plaisir.
 
Qui cela peut-il bien être ? Il semble bien connaître Mathilde.
 
Et, sans gêne, l'intrus entre dans le salon comme s'il était chez lui.
 
Derrière, Mathilde suit, tente de le retenir, une main lui agrippe le bras mais trop tard. Il est déjà en face de moi. Mathilde porte les mains devant la bouche, mortifiée, blanche de peur.
 
Gilles !
 
Et tout à coup, tout me revient.
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Mibou
30 mai 2026 à 11:30
Merci pour vos commentaires, j'y suis sensible. Ils me permettent de tenter d'améliorer les histoires futures.
Comme d'habitude, la suite arrive très vite.
Soyez respectueux
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Photo de profil de Fosgate
Fosgate
29 mai 2026 à 11:28
Et c'est reparti !!!
Soyez respectueux
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Photo de profil de michel60
michel60
29 mai 2026 à 09:24
Très belle histoire.
Est-il vraiment amnésique ?
Soyez respectueux
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Nerdanel
29 mai 2026 à 08:49
Histoire palpitante un grand merci
Soyez respectueux
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Photo de profil de aime28
aime28
28 mai 2026 à 22:13
Vivement la suite
Vraiment très bien ecrit
On est en haleine
Magnifiquement ecrit
Soyez respectueux
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Photo de profil de Ornix45
Ornix45
28 mai 2026 à 21:05
Je la soupçonne de faire en sorte qu'il ne retrouve pas complètement sa mémoire. Et sa réaction de la fin, quand Gilles entre dans la maison, va dans ce sens. Malgré qu'elle est surprise de le voir.
D'ailleurs, je ne serais pas étonné s'ils se sont revus après les incidents. Notamment au boulot, s'il fait partie des arrivants au taff de Mathilde ; et/où chez elle, vu qu'il avait l'air étonné qu'elle se questionne sur sa présence... Genre l'amant qui débarque au mauvais moment (même si c'est ça d'un côté mdr).
Et c'est sans compter son aise quand il est entré (Malgré le toupet qu'on le connaît). Car Alex avait l'impression qu'il se comportait comme s'il était chez lui.
Modifié 30 mai 2026 à 16:37
Soyez respectueux
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Photo de profil de Jacques du Canada
Jacques du Canada
28 mai 2026 à 20:08
La vue des deux fautifs un à côté de l’autre, réveil la mémoire!
A suivre avec grand intérêt
Soyez respectueux
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Photo de profil de NathNMitch
NathNMitch
28 mai 2026 à 19:23
Toujours aussi bon... Là, avec tous les personnages que tu nous a amenés, ça peut aller dans tous les sens, Angélique, Océane... Les choix sont multiples pour la vengeance!
Soyez respectueux
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