Réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sur le Plateau, un danseur — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Sur le Plateau, un danseur
Chapitre 1
Assis à ma droite sur un banc du parc Laurier, il m'entretenait d'éducation somatique, un sujet d'étude si éloigné de mon expérience humaine. Quelque chose à propos de la connexion entre la santé du corps et de l'esprit. De l'effort pour s'émanciper de ses approches habituelles. D'une prise de conscience que nos apprentissages, telle une rivière, ont taillé une vallée dans notre cerveau, mais qu'il est possible de redessiner le paysage. Quelle improbabilité. Ma personne, qui a rejeté toute forme de spiritualité, luttait pour assimiler ces théories, mais se prêtait au jeu. D'autres facteurs nuisaient à ma compréhension. En effet, j'avais de la difficulté à le suivre ; la douceur de son agir, le choix de ses mots et la voix mesurée qui les prononçait causaient des remous en ma poitrine que je ne pouvais dompter. L'augure hivernal planait en ce samedi de novembre et s'était tôt saisi de la tasse de café qui lui avait servi de fournaise. Je voyais ses oreilles rougir, son nez fin rosir, ses poings se serrer... Il congelait et j'avais envie de lui offrir spontanément de ma chaleur, et je le fis l'espace d'un instant quand son commentaire sur la fraîcheur de l'air me poussa à envelopper ses petits doigts frigides ornés de bagues dans mes paumes. Il accepta l'invitation à poursuivre l'échange dans l'intimité de ma tanière.
Le danseur de dix ans mon cadet a le sourire facile, une aura de délicatesse, un désir d'expression. Il s'intéresse à des aspects de moi qui n'avaient jamais éveillé la curiosité de personne, si bien qu'une réflexion momentanée m'est nécessaire pour lui offrir une réponse alignée sur ce qui m'apparaît vrai. Il me raconte certaines des tribulations de son passé, il me donne l'impression d'être une personne capable d'aller puiser en elles au service de son art sans que l'exercice ne le paralyse. Son coupe-vent bleu glacier, bleu cobalt, style années 1990, lui tombe si bien sûr le corps. Ses yeux pâles me scrutent quand je tente une réponse à l'une de ses questions insoupçonnées. Dans leur analyse, ils me désarment. Il me touche parfois la jambe, un geste qui lui est peut-être banal, mais qui m'envoie des pulsions déconcentrantes. Nous nous rapprochons, nous nous fixons des yeux, un peu béats, un silence, comme il a l'air en paix. Il demande à m'embrasser et la pudeur qui me retenait de le toucher s'envole. Il s'exécute avec une intention caractéristique dans le geste, il se place avec agilité de plus en plus loin dans le creux de mes bras, contre ma poitrine, assis sur mes cuisses. Trois ou quatre ballets de langues plus tard, la conversation reprend, marquée de touchers en tout genre. Il passe lentement ses mains sur mon corps, tâte mes muscles, caresse mon cou, calme nos êtres. Nous nous enlaçons sur le canapé, il pèse une plume, je l'enveloppe contre moi, sa tête sur mes pectoraux, comme si je voulais le protéger, et je joue dans ses cheveux blonds. La conversation est dorénavant ponctuée de soupirs satisfaits de nous retrouver blottis l'un contre l'autre.
Au retour de la salle de bains, je le trouve abrié dans mon lit. Nous sourions et je l'y rejoins, il se remet en crochet contre moi. La musique se répète, le soleil se couche déjà, il n'y a que lui et moi dans le halo d'une lumière mourante. Je durcis de toucher sa peau, de le sentir se rapprocher comme pour se fusionner, d'entendre son aveu que mon rythme lent lui fait un grand bien. Moi, c'est le mystère de son monde et sa témérité un peu chaotique qui me parlent. Ses jambes forgées par les sauts et le mouvement guident la suite des événements, il me tient en étau, mon sexe coincé se promenant le long de son petit trou qu'il dit vouloir m'offrir. Ses baisers m'apaisent, je ferme les yeux pour vivre les sensations de ses lèvres dans mon cou, de son nez sillonnant ma barbe, de ses doigts doucement posés sur mes joues contrastant avec la rudesse des tentatives infructueuses de nos organes encabanés. Ma bouche part en quête des déclencheurs de ses plaintes langoureuses. Le passage de ma langue sur ses mamelons ou ses côtes n'est pas mal pour le faire chanter, mais rien ne le fait plus réagir que des léchouilles aux aisselles : la surprise mêlée au rire est immédiate.
Nous enlevons tout, presque, il veut garder ses chaussettes. Son corps est une merveille de discipline. Habituellement exposé sur les planches de la scène, il m'est aujourd'hui offert sur un duvet d'oie. Très au fait des avantages de ses jambes et de ses fesses, il se plaît à faire montre de sa flexibilité en se cabrant scandaleusement, mettant en valeur l'harmonie de ses courbes athlétiques. J'agrippe ses chairs fermes et les écarte pour révéler sa chatte imberbe qui m'invite en bâillant. J'y plonge la langue avec appétit et l'étire du nord au sud, me délectant du plus bel atout qu'on m'ait jamais présenté. Cet exercice le fait se tortiller, je passe des mains rassurantes sur ses fesses poussées vers le haut, ou ses omoplates, l'oreiller de matière synthétique peinant à étouffer ses appels. Je m'arrête et me déploie, ma queue dégainée, si dure devant un tel abandon, se cogne de tout son long contre lui, il répond par un va-et-vient des hanches.
Il me commande de m'asseoir sur le lit, puis se place en terrain connu entre mes jambes. Il me lance des yeux espiègles, chargés d'un plaisir manifeste d'avoir comme jouet mes 21 centimètres. Il passe sa langue sur toute ma longueur, se met à sucer ce qu'il arrive à faire passer dans sa bouche, et me masturbe à deux mains quand il a besoin d'une pause. C'est une merveille que de le voir m'astiquer de la sorte, il est si soucieux de faire un bon travail, il m'étudie, tente de voir quels gestes me font le plus plaisir. Je laisse mon corps se détendre et profiter des plaisirs que me procure ce jeune homme ingambe. Je sors de ma position assise, le renverse doucement sur le dos où il se remet à me branler. Il me dit vouloir que je le couvre de sperme, et moi j'ai envie de marquer mon territoire. Il me touche ainsi jusqu'à un orgasme explosif, servi sans avertissement, qui lui envoie des volées épaisses sur le corps, dans les cheveux, et même sur les draps de part et d'autre de sa menue personne. La puissance des jets me laisse haletant, mais mon érection demeure et je la porte à ses lèvres gourmandes. Il avale goulûment le reste ayant coulé le long de mon membre, et je laisse ma queue là, tout près de son visage, pour lui administrer quelques bifles. Il me demande de lui saisir la tête, j'en profite alors pour empoigner ses cheveux d'une main, et ma queue de l'autre, je la presse contre ses joues, ses paupières fermées, je la vois s'étendre sur son joli minois, du menton au front. Je me surprends à penser qu'il est encore plus rayonnant avec mon obscénité lui frottant le visage de la sorte, l'imprégnant de mon odeur. Il tremble et gémit dans cette position, et se touche furieusement jusqu'à jouir lui-même, mêlant son essence à la mienne, partout sur son torse défini. Je le libère de l'étreinte et observe le tableau de cette beauté en état de grâce.
Un verre d'eau et quelques coups de serviette plus tard, nous constatons le champ de bataille de nos vêtements sur le plancher. Nous nous rhabillons peu efficacement, encore dans l'extase de ce bel échange, nous nous embrassons une dernière fois peau contre peau avant de remettre nos chandails. Ses fesses dans ce jeans me donnent envie d'y retourner... mais on l'attend à une soirée. Il doit retourner chez lui se rafraîchir, je pose un tendre baiser sur sa joue avant son départ. Et moi, je passerai la soirée à sentir son parfum. Je repenserai à ses questions et me demanderai si vraiment, dans une autre vie, j'étais une mésange. Je m'endormirai en me rappelant la forme invitante de ses fesses bombées. Je marcherai vers la salle de sport avec une gênante érection alors que je me souviendrai combien il était bon que ma langue trace ses formes inspirantes. Je banderai à nouveau sous la douche, l'eau chaude me transportant en la présence quasi mystique de l'artiste.
J'écrirai ces lignes pour me rappeler l'effet de cette rencontre, mais ne lui enverrai de copie. Il poursuivra sa vie et mon désenchantement sera pénible.
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