Inspiré du réel
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'immeuble parisien — Chapitre 4
Auteur
L'immeuble parisien
Chapitre 4
*« J'arrive. »*
J'ai lu le message debout dans le noir, au milieu du salon. Puis je suis allé entrouvrir ma porte d'entrée et je suis resté là, dans l'entrebâillement, à écouter l'immeuble.
Un grincement de câbles, un déclic. L'ascenseur arrivait à mon étage.
Des pas ont traversé le palier, feutrés, un peu hésitants, puis une voix s'est élevée, plus douce que je ne l'aurais cru, avec cette pointe de malice qu'on entend chez ceux qui jouent un rôle qu'ils n'ont pas encore tout à fait appris :
— Ourson ?
— Oui, entre, ai-je répondu.
Il a poussé la porte et l'a refermée derrière lui, sans bruit.
Il était grand, très grand, et si mince que sa silhouette semblait avoir été étirée à la main. Sous la lumière jaune de la rue qui traversait mes fenêtres nues, ses cheveux d'un roux sombre prenaient des reflets de cuivre, et ses taches de rousseur couraient sur ses joues comme une constellation. Dix-huit ans, tout juste, m'avait-il écrit, et je l'avais compris à la façon dont il se tenait : un adulte récent, encore un peu surpris de son propre pouvoir.
Il s'est approché, s'est penché vers moi, et il m'a embrassé. Un baiser doux, presque timide, qui contrastait avec l'audace de tout à l'heure. Ses lèvres étaient tendres, épicées, un goût de cannelle qui m'est monté à la tête.
Puis il m'a contourné, a fait quelques pas dans l'appartement, et il s'est retourné avec un sourire qui cherchait à être assuré.
— Alors, petit ourson, tu viens chercher ton miel ?
Je suis resté un instant sans bouger. Il y avait un écart entre ses mots et sa manière de les dire : la provocation dans la voix, mais ses doigts qui tiraient sur l'ourlet de son tee-shirt, comme pour se rassurer. Quelque chose en moi s'est attendri.
Alors j'ai décidé de prendre les devants.
---
Je suis allé vers lui d'un pas décidé. J'ai pris l'ourlet de son tee-shirt entre mes mains et j'ai tenté de le remonter. Mais il était tellement grand que même avec les bras tendus à leur maximum, je n'y arrivais pas. Il a ri, d'un vrai rire, soudain débarrassé de son rôle.
— Attends, attends…
Il s'est baissé juste assez pour que je puisse faire glisser le tissu au-dessus de sa tête. Son torse est apparu, long, étroit, d'une pâleur de lait, les côtes dessinées, les tétons rosés. Puis j'ai fait glisser son short, doucement, le long de ses cuisses.
Il était si fin que mes mains pouvaient presque faire le tour de ses hanches. Sa peau était douce, très fine, parcourue de veines bleutées qui se devinaient sous la surface. Son sexe, encore au repos, était de belle taille, niché dans une toison couleur d'automne, roux foncé, bouclée, qui m'a attiré instantanément.
J'ai enfoui mon nez dedans.
L'odeur était chaude, un peu musquée, avec une note sucrée de savon et de peau de jeune homme. Je l'ai respirée longuement, les yeux fermés, pendant que mes mains remontaient le long de ses cuisses, de ses flancs, caressaient cette peau qui frémissait sous mes paumes. Au-dessus de moi, j'ai entendu son souffle se casser.
Je l'ai pris dans ma bouche. Je l'ai senti gonfler contre ma langue, s'allonger, se tendre, dur et brûlant. Je le suçais lentement, sans me presser, savourant chaque réaction : ses doigts qui se sont posés dans mes cheveux, sa respiration qui s'accélérait, un petit gémissement qu'il a essayé d'étouffer.
Au bout de quelques minutes, il m'a repoussé tendrement.
— Attends… Arrête, sinon je vais jouir.
Je me suis arrêté aussitôt. Je me suis relevé, je l'ai pris par la main et je l'ai conduit dans ma chambre. Il s'est allongé sur mon lit pendant que je me déshabillais, et je l'ai vu dépasser de partout : les pieds au bout du matelas, la tête presque contre le mur, comme si le lit avait été fait pour quelqu'un d'autre. Il s'est mis sur le côté, la tête appuyée sur son bras, et il m'a regardé retirer ma chemise, mon pantalon, sans cacher son attention.
— Tu es beau, a-t-il dit.
Il l'a dit simplement, sans ironie, sans jouer. Je me suis senti revivre. Cette phrase-là, de cette bouche-là, avait quelque chose de désarmant.
Je me suis jeté à ses côtés, et je l'ai couvert de baisers. Son cou, ses épaules, son torse, son ventre plat, la ligne de ses hanches. Je léchais chaque parcelle de lui, y goûtant la cannelle de ses lèvres, la même, partout, comme s'il avait été fait de ça. Il soupirait, se tendait, se détendait, et ses mains se promenaient sur mon dos, sur mes épaules, dans mes poils, avec une curiosité émerveillée.
Quand je suis arrivé près de ses fesses, il m'a arrêté.
Il a enfoui son visage dans mon oreiller, et sa voix est sortie étouffée, presque honteuse :
— Je… je n'ai pas encore…
Je me suis immobilisé. J'ai posé la main sur son dos, et j'ai attendu qu'il lève la tête.
— Je comprends, ai-je dit doucement. Il n'y a aucune urgence. On fait ce que tu veux, et rien d'autre. Et si à un moment tu dis stop, je m'arrête. Tout de suite.
Il a hoché la tête contre l'oreiller.
— D'accord.
— On peut aussi s'en tenir là, tu sais.
— Non, a-t-il dit très vite. Je veux. Avec toi.
Alors j'ai écarté ses fesses, avec la plus grande douceur, et j'ai posé ma langue contre lui.
Il a gémi, un son long, étranglé, et un frisson a parcouru tout son corps, de la nuque jusqu'aux talons. Je suis resté lent, patient, attentif à chacun de ses souffles. Mes mains caressaient ses cuisses, mes lèvres exploraient, ma langue le détendait peu à peu, le laissait s'ouvrir à son rythme. Il s'abandonnait par vagues. Je sentais son corps raide se défaire, se laisser faire, s'ouvrir à lui-même.
— Vas-y, a-t-il fini par murmurer. Maintenant.
Je me suis redressé et j'ai pris un préservatif sur ma table de chevet. Il m'a regardé le mettre, les joues rouges, les yeux brillants, puis il s'est retourné. J'ai ajouté du gel, longuement, en lui parlant à voix basse, en lui demandant chaque fois s'il allait bien. Il répondait oui, oui, oui, d'une voix de plus en plus assurée.
J'ai posé mon gland contre lui. Il a pris une grande inspiration.
— Respire, ai-je soufflé.
— Continue.
Je suis entré avec une lenteur infinie, d'un centimètre, puis de deux. Il a crispé ses doigts sur les draps, soufflé, rouvert la bouche. Je me suis arrêté. J'ai attendu. Il a dit « encore », et j'ai poussé un peu plus loin, jusqu'à ce que mon ventre rond vienne enfin se poser contre le creux de ses reins.
Je me suis immobilisé, tout entier en lui, mon torse contre son dos pâle, mon souffle dans ses cheveux roux.
— Ça va ? ai-je demandé.
— C'est… Mais ça va. Attends encore un peu.
J'ai attendu. J'ai posé mes lèvres sur sa nuque, sur la ligne de ses épaules, et nous sommes restés ainsi, immobiles, jusqu'à ce que sa respiration s'apaise et que son corps m'accueille tout à fait.
— Vas-y, a-t-il dit.
Je me suis mis à bouger, lentement d'abord, et je sentais son corps m'envelopper, étroit, brûlant, d'une étroitesse presque insoutenable. Chaque va-et-vient me faisait perdre un peu plus pied. Son souffle, ses petits sons, la façon dont il cambrait les reins pour venir à ma rencontre, tout se mêlait. J'ai essayé de me retenir. J'ai pensé à l'ordre du jour, à l'ascenseur, aux charges de chauffage.
Rien n'y a fait.
Entre le spectacle de tout à l'heure, la porte entrouverte, cette étroitesse vertigineuse et ses gémissements, je n'ai tenu que quelques instants. Un cri m'a échappé, et j'ai joui en lui, longuement, le front contre son dos, les mains accrochées à ses hanches.
---
Je suis resté là, haletant, le cœur cognant. Puis la honte est venue, vive, absurde. Je me suis retiré avec précaution et je me suis laissé tomber sur le dos.
— Pardon, ai-je dit. Je suis désolé. Je n'ai même pas pris le temps de te demander comment tu voulais finir, et je suis parti tout seul, sans toi. C'était…
Il s'est retourné sur le côté et m'a regardé. Il avait les joues roses, les cheveux collés au front, et un sourire en train de naître sur ses lèvres.
— J'ai joui dès que tu as été en moi.
Nous avons éclaté de rire. Un rire énorme, libérateur, qui nous a secoués tous les deux, lui avec ses longues jambes qui battaient l'air, moi avec mon ventre qui tressautait. Nous avons ri jusqu'à avoir mal aux côtes.
Puis il s'est blotti contre moi, la tête sur mon épaule, un bras passé en travers de mon torse. Je l'ai enlacé. Ses cheveux sentaient la cannelle.
Je l'ai serré un peu plus fort. Ni lui ni moi n'avons regardé l'heure. Nous nous sommes endormis ainsi, enlacés, dans le lit trop petit pour lui.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()