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✦ Arsène de Lurval Les boules de Kevin XSTORY
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Les boules de Kevin — Chapitre 2 · La misère au fond du trou

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Arsène de Lurval
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Les boules de Kevin

Chapitre 2 · La misère au fond du trou

Je te jure, Clara, elle a un radar à raclures.
Un aimant à fond de cale. Ce soir-là, elle remonte chez elle, fatiguée, les jambes un peu lourdes, et là, dans le renfoncement de l'entrée de son immeuble, y avait un mec affalé.
Un clodo. Un vrai.
Pas le genre qui fait la manche proprement avec un gobelet en polystyrène. Non. Un tas de guenilles qui puait le rouge et la pisse froide, la barbe pleine de croûtes, les doigts noirs comme des pattes de corbeau.
Il avait étalé son sac-poubelle de vie par terre et commençait à caler son dos contre le mur.
Lui, il la voit. Il lève la tête. Il a les yeux vitreux d'un type qui flotte entre deux cuvettes.
— Hé, ma belle. T’as pas une petite pièce ?
Clara, au lieu de presser le pas, elle ralentit. Elle le regarde. Et dans ses yeux à elle, là, ça commence à germer. Cette lueur, cette saloperie qui la fait toujours tomber sur les cas soc’ et les épaves.
— Putain, t’es crade, toi, qu’elle fait.
Lui, il la jauge. Il voit la jupe. Il voit les jambes. Il voit le sac à main qui doit valoir trois fois son RSA.
— Crade, mais j’ai d’autres qualités, qu’il répond avec une voix qui ressemble à du papier de verre qui frotte.
Elle reste là. Dix secondes. Vingt. Le vent qui charrie l’odeur des kebabs du coin. Lui qui renifle un coup, qui se racle la gorge et qui crache par terre un glaviot marron.
— Tu veux monter ? qu’elle lâche.
Il la regarde comme si elle venait de lui proposer un château en Espagne.
— Monter où ? Y a pas d’escalator dans ma piaule, mignonne.
— Chez moi, crétin.
Il rigole. Un rire pourri, caverneux, qui sent le fond de bouteille et la clope roulée.
— J’pue la mort, j’te préviens.
— J’aime ça.
Dans l’ascenseur, il la colle contre la paroi. Il sent le mégot éteint et la transpiration de plusieurs semaines. Elle, elle ferme les yeux. Elle aspire. Fort. Comme si elle voulait en garder une trace dans ses poumons.
— T’as même pas de bite, toi, qu’elle murmure. Juste une vieille chaussette sale.
— Attends de voir le nœud, grognasse.
Il plaque sa bouche sur la sienne. C’est pas un baiser, c’est une transmission de bactéries. Ses lèvres à lui, gercées, épaisses, qui sentent le mégot froid. Sa langue, une limace rugueuse qui fouille partout.
Elle l’entraîne dans le couloir. Elle balance son sac. Lui, il titube sur ses pompes éculées.
— À poil, qu’elle ordonne.
Il obéit. Il retire sa veste, son pull troué, son tee-shirt qui était blanc il y a trois présidences. La peau, grise, fripée, des cicatrices partout, des croûtes, les côtes qui saillent comme un râteau. Il retire son jean graisseux. Le boxer. Un truc qui tient plus debout.
Et là, il bande.
Malgré l’état du reste, la queue est droite. Pas très longue, non, mais épaisse. Un bout de chair qui émerge de ce tas de ruines, violacé, presque fier. Le gland, rouge brique, entouré d’un prépuce qui bâille.
— Ah, on dirait une vieille borne d’incendie, qu’elle rigole.
— Moque-toi, ma poule. C’est du solide.
Elle s’agenouille devant lui, sur le parquet ciré. Sa jupe remonte sur ses cuisses. Elle attrape la hampe. Elle pue. La crasse accumulée, la vieille urine, le smegma qui forme une petite colle blanche au coin du frein. Elle renifle. Elle approche ses lèvres.
— T’es sûr que t’as lavé ça avant de sortir du fossé ?
— La pluie d’la semaine dernière, ça compte ?
Elle rit. Elle ouvre la bouche. Elle le prend.
Ses joues se creusent. Elle aspire, elle pompe, elle fait glisser sa langue autour du gland. Lui, il pose une main sur sa nuque. Il force un peu. Pas violemment. Juste assez pour qu’elle aille plus loin. Elle déglutit, elle s’étouffe presque. Un filet de salive coule au coin de ses lèvres, descend le long de la verge.
— Putain, t’as une sacrée descente, qu’il souffle.
Elle retire sa bouche avec un bruit mouillé. Un filament de bave relie encore sa lèvre au méat.
— J’veux ton sperme, qu’elle articule. Mais pas dans ma bouche. Sur ma gueule.
Il la relève. Il la plaque sur le canapé, lui arrache sa culotte. Elle est déjà trempée. Son con, une pêche trop mûre, poilue, les grandes lèvres écartées, le clito qui pointe. Il s’agenouille devant elle, écartèle ses cuisses. Il crache dans sa main, se touche deux secondes, s’humecte le gland, et puis il la pénètre.
D’un coup sec. Pas de préliminaires. Le choc sourd, humide. Elle pousse un cri. Lui, il grogne.
— C’est bon, hein ? T’aimes la grosse bite sale du vieux clodo ?
— Arrête de parler, fourre-moi.
Il la bourre. Vingt centimètres de chair racornie qui vont et viennent dans son vagin. Ça claque, ça suinte. Ses couilles à lui, des prunes ridées, viennent taper contre son périnée à chaque mouvement. Elle geint, elle mord le coussin. Ses ongles lacèrent le cuir du canapé.
— J’vais dégorger, qu’il prévient. Où tu veux mon foutre ?
— Sur mes yeux. Sur mon front. Partout.
Il se retire. Il se branle au-dessus d’elle. Une, deux, trois secousses. Et ça gicle.
La première giclée l’atteint en plein dans l’œil. Un filament épais, blanc, laiteux, qui coule le long de sa joue comme une larme sale. La deuxième, sur la bouche, sur le menton, qui dégouline sur son cou. La troisième, plus faible, vient maculer sa tempe, se perd dans ses cheveux. Il presse le gland, fait sortir les dernières gouttes, un peu de liquide clair mêlé à du sperme épais, qui forme une petite flaque au creux de sa clavicule.
Elle reste là, allongée, le visage couvert de cette semence grise et tiède. Elle respire fort. Elle passe un doigt sur sa joue, récolte la matière, la porte à ses lèvres. Elle suce.
— Putain, qu’elle fait. T’as mangé des châtaignes, toi. C’est amer.
Lui, il s’effondre à côté d’elle. Sa verge ramollie repose sur sa cuisse, encore luisante de leur mélange.
— C’est la vinasse, qu’il dit. Et la clope.
— Remets-m’en.
Il la regarde, incrédule.
— J’ai plus de munitions, là. Faut attendre.
— Alors, lèche-moi.
Il descend. Il écarte les poils. Il pose sa bouque sur son sexe. Il lèche. Sa langue raboteuse, rugueuse, qui fouille, qui entre, qui tourne. Elle geint. Elle attrape sa tête crasseuse, elle plaque ses narines contre sa motte.
— Suce mon clito, connard.
Il obéit. Il aspire le petit bout de chair entre ses lèvres gercées. Il le roule sous sa langue. Elle tremble. Elle jouit en silence, les dents serrées, le dos arqué, une grande secousse silencieuse qui lui vide les poumons.
Longtemps après, il est allongé sur le dos. Elle, à califourchon sur sa poitrine. Elle lui caresse le torse, du bout des doigts. Elle trace les sillons de ses côtes, les creux de ses cicatrices.
— Tu vas rester ? qu’elle demande.
— J’ai rien d’autre à foutre.
— T’as faim ?
— J’ai soif.
Elle se lève. Nue. Le sperme a séché sur son visage, forme une pellicule brillante sur sa pommette, un peu de colle dans ses cils. Elle va au frigo. Elle sort une bière. Décapsule. Revient. Il s’assoit, saisit la bouteille. Il boit une longue gorgée, la mousse coule sur son menton, se perd dans sa barbe.
— T’es une sacrée salope, toi.
— Je sais.
— T’as pas un mec ?
— Si.
— Il est au courant ?
— Non.
Il repose la bouteille. Il la regarde.
— Et tu fais ça souvent ?
— Assez.
Il hoche la tête. Il fixe ses seins, ses mamelons durs, la trace de ses dents sur l’aréole.
— Pourquoi tu prends des mecs comme moi ?
Elle réfléchit. Un long silence. La ville qui gronde dehors, les sirènes, le bruit lointain de la circulation.
— Parce que vous êtes vrais, qu’elle dit. Vous sentez la mort. Et moi, j’ai besoin de savoir que je suis vivante.
Il sourit. Un sourire édenté, fragile.
— C’est la première fois qu’on me dit que puer la mort, ça rend service.
Elle rit. Un rire court, presque triste.
— Faut pas traîner, qu’elle dit. Faut que tu partes avant six heures.
— Pourquoi ?
— Mon mari rentre du déplacement.
Il se lève. Il ramasse ses frusques, les enfile en silence. Le jean, le tee-shirt, la veste. Il se baisse pour prendre son sac-poubelle. Elle le retient par le poignet.
— Attends.
Elle attrape son sac à main. Elle fouille, sort deux billets de cinquante. Elle les glisse dans la poche de sa veste.
— Pour ta prochaine cuite, qu’elle dit.
Il hésite. Il veut rendre les billets, ou faire le fier. Mais il les garde.
— Merci, ma belle.
— Va te laver, un peu. La prochaine fois.
— Y aura une prochaine ?
Elle ne répond pas. Elle allume une cigarette. Elle tire une longue latte, souffle la fumée vers le plafond.
Il ouvre la porte. Il se retourne une dernière fois. Elle est nue sur le canapé, les cuisses écartées, le sexe encore humide, le sperme séché sur sa figure. Elle le regarde partir.
La porte claque.
Dans l’entrée, il passe devant la glace. Il s’arrête. Il se voit. L’épave qu’il est. Il sourit à son reflet, aperçoit une traînée blanche sur son col, là où elle avait essuyé ses doigts. Il ne l’efface pas. Il la garde.
Dehors, il fait froid. Il remonte le col. Il retourne s’asseoir dans son renfoncement. Ses voisins de trottoir dorment encore. Il sort un mégot de sa poche, l’allume.
Il tire une latte. Il sort les billets, les contemple.
Putain, cent balles. Il pourrait se prendre une bouteille de vrai rouge. Pas du fond de citerne. Du vrai. Avec une étiquette.
Il ferme les yeux. Il la revoit. Sa bouche autour de sa queue. Ses doigts dans ses cheveux à elle. La chaleur de son ventre.
Il se touche une seconde à travers le jean. Mais il est trop fatigué.
Il se recroqueville dans sa veste.
Dans l’immeuble, au sixième étage, une lumière s’éteint.
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hinéros
2 mai 2026 à 21:16
Certes tous les goûts sont dans la nature, mais se taper un clodo sans hygiène j'avoue avoir du mal à comprendre....
Soyez respectueux
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