Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le monde d'Enzo — Chapitre 1 · À la découverte de la station de ski
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le monde d'Enzo
Chapitre 1 · À la découverte de la station de ski
Je m'appelle Aymeric, et c'est l'hiver de mes quarante-cinq ans que ma vie a basculé.
Je suis monté à Paris pour récupérer mon fils Enzo, sa petite amie Diane et Zyad, l'un de ses nouveaux amis. Diane et Enzo roucoulent dans les bras l'un de l'autre depuis qu'ils ont quatorze ans et, en septembre dernier, une fois leur bac en poche, ils se sont installés ensemble pour la première fois, à Paris, pour leurs études. Enzo suit un cursus aménagé en biologie pour pouvoir se consacrer en parallèle à sa carrière de grimpeur professionnel et Diane étudie la psychologie. Quant à Zyad, leur nouvel ami, il a dix-huit ans lui aussi et suit un cursus d'astrophysique.
La voiture avale les kilomètres depuis trois bonnes heures. Je dois bien avouer que mon fils, je ne l'ai pas vraiment vu grandir. Je me suis engagé dans l'armée très jeune et j'ai vite rejoint les forces spéciales puis la Cellule Action de la DGSE. Ma vie a été faite de déploiements à l'étranger et de missions dont je ne pouvais rien dire. J'ai mené une carrière riche et mouvementée, et j'ai l'impression d'avoir contribué à la sécurité de mon pays, mais je l'ai payé de mon mariage. Alors comme les vacances de Noël arrivent, j'essaie de me faire pardonner de mon fils en lui offrant deux semaines au ski. Depuis que je suis passé dans le privé, j'ai les moyens de faire des largesses.
— Papa.
Enzo s'est décidé à lâcher la main de Diane pour apparaître dans une explosion de cheveux roux entre les deux sièges avant.
— On peut faire une pause ?
Je hoche la tête. J'avoue que je n'ai pas vu le temps passer : voilà trois heures que je papote avec Zyad, assis sur le siège passager. Ce garçon beau comme un jeune prince de conte oriental, un peu maniéré, n'est pas vraiment le genre d'amis que j'imaginais à mon fils, mais je dois bien reconnaître qu'il a une solide tête sur les épaules, une culture encyclopédique et l'art de la conversation. À ce que j'ai cru comprendre, c'est un ancien enfant de l'assistance sociale au passé douloureux, mais il cache bien ses traumatismes sous des sourires solaires.
Je mets le clignotant et m'engage sur une aire d'autoroute. Après avoir fait le plein, je gare le SUV près de la supérette de la station-service et Diane bondit hors de la voiture pour trottiner vers les toilettes. À côté de moi, Zyad s'étire sur son siège. Comme il se cambre, son pull remonte et dévoile le bas de son dos. Mon regard est happé par l'élastique du string qui dépasse son pantalon. Mon cœur rate un battement. Je croise le regard d'Enzo dans le rétroviseur central, qui me fixe intensément, puis je détourne promptement les yeux et descends de la voiture, pour prendre la direction des toilettes pour hommes, talonné par mon fils.
J'ai beau être un ancien militaire, je me targue d'être ouvert d'esprit. En toute franchise, que ce Zyad soit probablement gay ne me pose aucun problème. Je pousse la porte des toilettes et me cale devant un urinoir. Enzo se plante dans celui juste à côté du mien, alors que tous les autres sont libres. Je le surprends à jeter un coup d'œil à la queue épaisse que je tire de mon pantalon pour commencer à uriner et quand il ouvre sa propre braguette, je ne peux me retenir d'en faire de même. Pure curiosité.
Si Enzo n'a pas hérité de ma carrure de buffle — je mesure deux mètres tout en muscles, entretenu par une vie de combat et lui a le physique typique des grimpeurs : un mètre soixante-douze de musculature souple et nerveuse —, il est en revanche presque aussi bien monté que moi. Même au repos, son sexe doit faire dans les quatorze centimètres. Je détourne les yeux. On urine côte à côte avant de remballer notre matériel.
Dehors, Zyad fait les cent pas pour se dégourdir les jambes. Diane est appuyée contre la voiture. J'abandonne Enzo pour acheter des en-cas à la station-service et, quand je reviens, mon fils est en train d'embrasser langoureusement sa petite amie. Il a faufilé les mains sous le pull de la jeune fille pour lui caresser les flancs. Diane est une beauté pleine de tempérament, avec sa cascade de cheveux blonds, sa poitrine ni trop grosse, ni trop menue, et sa grâce de danseuse.
— Allez les amoureux, on redémarre.
Il faut plusieurs secondes à Enzo pour se décider à rompre le baiser et à rembarquer en voiture.
La nuit est tombée quand on arrive à notre station de ski, vers la fin de l'après-midi. Je n'ai pas lésiné sur les moyens : notre hôtel est un petit établissement plein de charme, avec piscine, sauna et jacuzzi, salle de billard et salle de sport, et le restaurant panoramique de rigueur, bien sûr, qui donne sur les montagnes alentour.
À la réception, nous sommes accueillis par Chiara, une jeune saisonnière au délicieux accent italien. On récupère la réservation au nom de Lombles et elle nous distribue nos cartes d'accès. Je la surprends à rosir quand elle jette des coups d'œil au large torse puissant que mon col roulé met bien en valeur.
Nos chambres sont au quatrième étage : un lit double king size pour Diane et Enzo, deux grands lits simples dans la mienne et un queen size dans celle de Zyad. On abandonne nos valises pour finir l'après-midi par une promenade dans le village de la station, où les vitrines illuminées par les décorations de Noël offrent un spectacle enchanteur. Sur le chemin du retour qui serpente jusqu'à l'hôtel, Zyad, notre astronome attitré, nous donne un petit cours sur les étoiles qui étincellent dans le ciel. Quel plaisir de pouvoir admirer ce firmament magnifique, loin de la pollution électrique des grandes villes !
Nous dînons au restaurant de l'hôtel, où j'interroge mes trois ados sur leurs premières impressions de la fac. Enzo passe une main dans ses cheveux roux en bataille et m'avoue qu'il peine encore pour l'heure à jongler entre ses entraînements intensifs et les cours. Les compétitions du printemps l'inquiètent. Comment va-t-il arriver à tout mener de front, avec les déplacements de la saison ? Je comprends que Zyad, lui, survole toutes les matières, même s'il se montre plutôt modeste : c'est Enzo qui fait l'inventaire de ses prouesses intellectuelles. Diane, elle, s'en tire à merveille, ce dont je ne doutais pas.
Fatigués par la route, nous nous séparons dans le couloir pour réintégrer nos chambres. Je prends une douche rapide, enfile un caleçon et m'installe confortablement dans mon lit, avec un bon livre. Maintenant que j'ai davantage de temps à moi, j'ai décidé de combler les lacunes de ma culture en lisant les classiques.
Au bout de quinze minutes, j'entends des gémissements sourds monter de la chambre voisine, celle d'Enzo et de Diane. Un sourire indulgent flotte sur mes lèvres. C'est l'enthousiasme de la jeunesse. Bientôt, la voix étouffée de la jeune fille monte à travers le mur.
— Enzo... Enzo je... je veux ta queue... je t'en supplie...
Je sens le rouge me monter aux joues. Je ne devrais probablement les épier comme ça. Mon fils répond quelque chose, mais son timbre est plus bas et j'ai du mal à discerner ce qu'il dit. Mais il a dû accéder à la requête de sa petite amie, parce que Diane ne tarde pas à pousser une exclamation ravie et leur lit se met à tambouriner contre le mur. Je soupire, referme mon livre, récupère mon ordinateur dans mon sac et visse mes écouteurs dans mes oreilles pour tenter de faire abstraction de leurs ébats en regardant un film.
Quand mon Hitchcock est fini, le calme est revenu dans la chambre d'à côté. Vingt-deux heures. J'éteins la lumière et m'endors. Vers quatre heures du matin, je suis réveillé par des glapissements enthousiastes dans la chambre d'à côté. Ces deux-là sont décidément infatigables.
— Enzo ! Enzo ! Enzo !
J'enfonce la tête sous l'oreiller et, bon an mal an, je parviens à me rendormir. Le lendemain matin, on se retrouve au petit-déjeuner à huit heures. Diane est radieuse, comme une jeune fille qui s'est fait prendre toute la nuit par le garçon qu'elle aime. Enzo, lui, a toujours la même attitude cool et décontractée, ses cheveux roux en bataille. Zyad, pour sa part, est occupé à engloutir une quantité phénoménale de pancakes. Que fait donc ce poids plume de toutes ces calories ?
La salle du petit-déjeuner est relativement calme. Un couple de trentenaires, beaux comme des mannequins de magazine, s'est installé près de la fenêtre et se murmure des mots doux dans une langue que je ne reconnais pas. Plus loin, un groupe de retraités devise des meilleurs sentiers de randonnée. Deux tables sur la gauche, une mère de famille tente de gérer ses trois enfants sous le regard totalement désemparé de son mari. Quatre Écossais dans la vingtaine discutent bruyamment.
On passe la journée sur les pistes. Diane et Enzo se débrouillent comme des pros, mais pour Zyad, c'est la première fois. Le ski est un loisir de riche et je vois tout de suite qu'il n'a pas l'habitude. Alors je m'improvise moniteur. Les mains sur ses hanches, je l'aide à corriger sa posture, et quand il tourneboule quelques mètres plus bas, je l'aide à se remettre sur pied. Ces échecs à répétition ne semblent pas entamer sa bonne humeur. Ce garçon est un battant, c'est une évidence.
On déjeune à la terrasse d'un restaurant en haut des pistes avant de retourner skier. Puis, quand la nuit tombe, nous voilà de retour à l'hôtel, débarrassés de nos pesantes combinaisons. Enzo suggère que nous testions le sauna pour nous remettre du froid mordant de la montagne et nous sommes bientôt installés tous les quatre en maillot de bain dans la cabine envahie d'une chaleur torride.
Zyad porte un slip de bain rouge vif, étroit et moulant, dont le tissu épouse les contours de son sexe au repos, de toute évidence circoncis. La sueur perle sur la peau mate de sa silhouette menue. Il est fin, léger, les muscles à peine dessinés, et donne l'impression d'être entièrement imberbe. Mon regard s'attarde sans que je m'en rende compte sur ses tétons délicats et, quand je sens que mon fils me fixe instinctivement, je m'empresse de détourner les yeux.
Diane porte un bikini qui laisse deviner son sexe épilé. Les tétons pointent sous le tissu fin de son haut. Elle a étendu ses jambes fuselées, la tête appuyée contre les boiseries du sauna, les yeux mi-clos, dans une expression d'abandon que j'ai du mal à ne pas trouver délicieusement érotique. Je m'en fais aussitôt le reproche. Quel genre de détraqué fantasme sur la petite amie de son fils ?
Enzo, lui, est taillé comme un athlète de haut niveau, chaque muscle parfaitement dessiné, fait pour l'escalade. Je l'ai vu en compétition au printemps dernier et je sais qu'il est promis à une belle carrière. Son torse est imberbe, mais, comme il porte son caleçon de bain très bas, on devine une toison rousse bien entretenue au-dessus de son sexe, dans la forme énorme repose contre sa cuisse sous le tissu imperméable. Une nouvelle fois, je détourne les yeux.
Quant à moi, des poils bruns et frisés couvrent mes muscles saillants. Je suis un colosse de force et de virilité, une machine à tuer, et des cicatrices parcourent ma peau, souvenirs de missions plus ardues que les autres. Plus d'une fois, j'ai l'impression de sentir le regard de Zyad posé sur moi, mais je me garde bien de rouvrir les yeux. Au bout d'une heure, nous levons le camp et, après une douche dans nos chambres respectives, nous nous rejoignons pour le dîner.
Ce soir-là, à nouveau, j'entends Diane pousser des cris de plaisir dans la chambre d'à côté.
— P... Plus fort ! Oh oui ! M... Maître ! Maître !
Ce dernier mot me fait frémir. Je revois la poitrine de la jeune fille enfermée dans son bikini, avec ses tétons durcis. Le sexe de mon fils, à l'urinoir.
Quand je me rends compte que je commence à bander, je m'empresse d'allumer l'ordinateur pour regarder un film.
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