Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'origine de mes goûts — Chapitre 6
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'origine de mes goûts
Chapitre 6
L'origine de mes goûts (6)
Résumé rapide (n'hésitez pas à lire les chapitres précédents) :
(1) C'est l'été 1993, je suis Santiago (dit Santi), j'ai dix-huit ans, je viens d'avoir mon bac. Ma famille (mes parents, Ludo et Amalia, et mon jeune frère, Rafael) et moi sommes en Tunisie, dans un village vacances. Je loge avec mon frère dans un bungalow du village.
(2) Je découvre que mes parents ont une aventure échangiste avec un couple de Bretons, Sabine et René. Sabine, la belle rousse quinquagénaire, m'a tapé dans l'œil.
(3) Je fantasme et imagine les frasques possibles de mes parents avec Sabine et René. Sabine me rejoint à la plage où, suite à une chute, elle se blesse…
(4) Je lui passe de la crème solaire, ce qui dégénère en jeu érotique.
(5) Suite à sa blessure, Sabine n'accompagnera pas mes parents et son mari à la sortie 4x4 dans le désert, elle restera au village vacances. En parallèle, mon frère et nos amis vont, eux, participer à cette excursion. Je vais donc rester seul avec Sabine au village vacances. Je la raccompagne chez elle et la douche devient un moment très érotique…
(2) Je découvre que mes parents ont une aventure échangiste avec un couple de Bretons, Sabine et René. Sabine, la belle rousse quinquagénaire, m'a tapé dans l'œil.
(3) Je fantasme et imagine les frasques possibles de mes parents avec Sabine et René. Sabine me rejoint à la plage où, suite à une chute, elle se blesse…
(4) Je lui passe de la crème solaire, ce qui dégénère en jeu érotique.
(5) Suite à sa blessure, Sabine n'accompagnera pas mes parents et son mari à la sortie 4x4 dans le désert, elle restera au village vacances. En parallèle, mon frère et nos amis vont, eux, participer à cette excursion. Je vais donc rester seul avec Sabine au village vacances. Je la raccompagne chez elle et la douche devient un moment très érotique…
Fin de la partie précédente :
J'ai du mal à réaliser, mais je commence doucement à percevoir ce qu'implique réellement de rester au village vacances pendant que le reste de ma famille sera en expédition dans le désert. Oui, je réalise qu'à leur retour j'aurai toujours le même âge, mais ne serai plus un jeune « puceau » de dix-huit ans.
XXX
Une fois douchée, j'aide Sabine à passer le rebord de la baignoire. N'ayant pas de short de rechange ni de tee-shirt propre, je décide d'aller prendre une douche dans mon bungalow.
Alors que je lui indique que je pars, je ne peux décrocher mes yeux de la belle rousse. Elle se change tranquillement dans sa chambre. La voir, si naturelle, à côté de moi, sans être un voyeur aux aguets, n'enlève rien au plaisir de la situation. Sabine m'a intégré à son intimité, elle agit comme elle le ferait avec son mari, ou quelqu'un de très proche. Son corps nu aux formes généreuses, ses bourrelets appétissants, ses taches de rousseur, ses marques de bronzage qui accentuent la blancheur de son énorme postérieur, tout ça me semble à la fois si excitant et si normal.
Je comprends que ce corps, que certains ignares méprisants qualifieraient de « normal » voire « trop gros » ou « trop gras », ce corps qu'elle me laisse regarder dans gêne, sans pudeur mal placée, alors qu'elle enfile un maillot une pièce bleu ciel, est pour moi tout l'inverse de « normal ». Les gestes de Sabine, si simples, si dénués de sous-entendus, m'électrisent d'autant plus que je sais qu'ils peuvent se transformer en une proposition érotique, si provocante. La Sabine qui s'habille maintenant est aussi celle qui m'a masturbé il y a moins de quinze minutes. Cette pensée me plaît et me donne à réfléchir, encore, sur la nature des gens, sur ce qui m'excite dans cette simplicité.
— On se rejoint pour manger tôt ? me demande-t-elle.
— Tôt ? Tu ne veux pas profiter de la soirée ?
— Ils vont tous se lever vers trois heures trente. Je crois que le rendez-vous de départ est prévu à quatre heures dans le hall.
— Ah oui, c'est vrai. J'espère que Raf ne fera pas trop de bruit.
— Je serai à la piscine, je pense, pour le dernier jeu apéro du jour, avec René et tes parents. Passe quand tu veux pour nous rejoindre.
— Ok. On fait ça.
Après une bonne douche dans mon bungalow, je change de short de bain, j'enfile un autre tee-shirt (jaune avec une énorme tête de dragon noire crachant une flamme rose fluo) et je chausse mes tongs. Alors que je m'apprête à ressortir, mon frère débarque.
— Alors, c'est réglé pour demain ?
— Oui, ils ont pas été trop chiants à l'accueil, et puis maman a signé toutes les autorisations.
— Vous allez vous éclater !
— J'espère bien. Ça va être « chanmé » !
— Vous avez rendez-vous à quelle heure demain ?
— Quatre heures, je crois. Je dormirai dans le bungalow des parents. Sur le canapé.
— Ah ?
— Oui, c'est maman qui veut. Pour pas que je te réveille.
— Tu sais, ça ne m'aurait pas fait trop chier.
— C'est ce que je lui ai dit, mais j'ai pas insisté non plus, déjà qu'elle m'autorise à y aller… Bon, là, je vais préparer mon sac. Et je vais tout apporter chez les parents.
— Moi, je vais traîner un peu. Peut-être aller au ciné. Histoire d'être au frais. Je crois qu'ils changent le film aujourd'hui.
— Ok. Ah, au fait ?
— Oui.
— Merci frangin.
— Comment ça ?
— Ben, je pensais que tu m'aurais mis des bâtons dans les roues.
— T'inquiète. J'ai dix-huit ans maintenant… J'ai mûri.
Sur ces paroles, on éclate de rire tous les deux.
Devant le cinéma du village, je vois que les portes, qu'on peut normalement ouvrir à toute heure, sont fermées. Une feuille est placardée sur une des portes : « Problème technique : travaux en cours ».
L'affiche du film annoncé est Bodyguard. Le principe, quand tout fonctionne correctement, c'est qu'à partir de dix heures le matin, le film tourne en boucle jusqu'au soir minuit. Tout le monde peut rentrer quand il veut et s'installer dans le cinéma d'une cinquantaine de places. Dans la salle, on trouve un distributeur de canettes fraîches et de paquets de pop-corn Baff. La première semaine on a pu voir Batman, le défi, au moins trois fois, avec les potes.
Je suis donc là, déçu de ne pas pouvoir me caler devant le film, au frais, et je lis les crédits sur l'affiche pour passer le temps. Quand tout à coup j'entends qu'on déverrouille la porte. Elle s'ouvre de l'intérieur. Sortent alors les mêmes techniciens qui ont changé le climatiseur de Sabine et René. Ils sont accompagnés de Najat, la jeune fille tunisienne que mon frère a décriée mais qui m'a aidé à trouver de la glace ce matin.
— Bonjour, leur dis-je.
Les deux hommes me répondent sur un ton monocorde et referment la porte. Et sans que je puisse vraiment leur poser une question, les voilà qui s'éloignent.
Najat, elle, m'adresse la parole.
Najat, elle, m'adresse la parole.
— Tu attendais pour le cinéma ?
— Euh, oui. Enfin, je lisais l'affiche pour passer le temps.
— Ça doit être réparé, mais comme le film doit passer une fois entièrement pour être sûr, il faut attendre un peu.
— D'accord, je comprends, dis-je.
Une idée me vient alors.
— Je peux peut-être regarder le film et vous avertir s'il y a un problème.
Najat semble quelque peu surprise.
— C'est justement ce que j'allais faire.
Elle me montra un talkie-walkie.
— Si la diffusion se coupe, je dois avertir mon oncle avec ça. Et si tout marche, j'enlèverai l'affiche.
— Ah ? Et tu comptais le voir seule, j'imagine.
— Euh… À vrai dire, oui. Et je ne sais pas si mon oncle serait d'accord pour que je te laisse entrer.
— Tu ne devais pas permettre ça à Raf et aux autres garçons samedi soir ?
Najat se renfrogne.
— C'est ce qu'il t'a dit ? rétorque-t-elle agacée.
— Tu sais, mon frère ne me dit pas beaucoup de choses. Il m'a juste dit que ça ne s'était pas fait.
— T'es le frère de Rafaël ?
— Oui, son grand frère. Mais tu sais, je ne suis pas comme lui. Je ne veux pas te forcer à quoi que ce soit et je comprends.
Najat se calme.
— Non, c'est pas ça, mais j'ai pas envie que ça jase et que ça retombe sur mon père ou mon oncle.
— Que ça jase ?
— Oui, normalement les employés ne doivent pas trop copiner avec les clients. C'est pas le Club Med, tu vois ?
Je ne vois pas, mais je fais comme si.
— Les employés, ok. Mais toi, tu ne travailles pas ici, non ?
— Hum, c'est vrai. J'aide juste mon oncle et mon père de temps en temps, histoire de faire passer le temps.
— Après, si tu ne veux pas que je t'accompagne, je ne vais pas te forcer. Mais le ciné, c'est mieux si on peut le partager, parler du film après, savoir ce que l'autre en a pensé.
Après une courte hésitation, Najat accepte.
— Soit. Alors on y va : le film doit se lancer à seize heures pile, il ne reste que quelques minutes.
Elle s'engouffre par la porte battante et je la suis. Najat verrouille derrière nous en laissant la grosse clé sur la serrure. Elle ne veut certainement pas que des touristes poussent la porte, comme j'ai essayé de le faire un peu plus tôt, en vain.
À l'intérieur, les lumières sont allumées.
— Tu préfères te placer où ?
— En plein milieu, c'est mieux, non ? répond-elle.
Je la laisse passer devant moi, et prends plus de temps pour la regarder vraiment. Je l'ai croisée déjà de loin avec mon frère, l'ai vue danser avec lui, et ce matin elle m'a aidé à trouver de la glace pour Sabine. Mais je n'ai pas pris le temps de l'observer, de la voir vraiment.
Najat est une grande fille. Elle mesure, je pense, plus d'un mètre soixante-dix. Son français est parfait et sans aucun accent. Elle a de longs cheveux sombres et crépus aux reflets auburn. Sa peau est d'un naturel très halé, avec un grain de beauté bombé sous son œil droit. Loin d'être disgracieux, ce dernier accentue la rondeur de sa pommette et adoucit son regard presque noir. Najat est assez joufflue, mais son visage est posé sur un cou assez fin. Elle ne porte pas de maquillage. Pourtant ses longs cils noirs relèvent magnifiquement le regard sombre de ses jolis yeux en amande. Elle n'est jamais fuyante et me regarde dans les yeux quand elle me parle.
Elle n'est pas maigre ou mince, mais la jeune fille est loin d'avoir mes rondeurs ou celles de Sabine. Je perçois chez elle un petit ventre rebondi et des hanches assez larges, que sa longue robe noire ne peut cacher. Le haut de son corps est plus athlétique, comme celui d'une nageuse, avec des épaules assez larges et dessinées et une poitrine menue que je ne peux qu'imaginer, car sa tenue ne dévoile pas son décolleté. La robe, aux manches mi-longues, me laisse voir que Najat a une pilosité assez marquée, avec des poils assez visibles sur les avant-bras. Ses mains ont été joliment décorées au henné, de motifs qui forment des rosaces très travaillées.
Alors qu'en la voyant avec mon frère, j'aurais dit qu'elle avait seize ou dix-sept ans, désormais, je pense que Najat a plus mon âge, voire même un peu plus.
On s'installe alors que les lumières commencent à décliner, laissant la salle dans une ambiance tamisée. À l'écran apparaît une image fixe, la même publicité interne qu'à chaque fois, invitant les gens à participer aux excursions proposées par le village vacances. Puis, au bout d'un moment, un décompte de trois minutes avant que le film ne commence.
J'en profite pour demander si elle est bien installée, si elle veut une boisson fraîche ou du pop-corn. Mais Najat décline ma proposition, visiblement gênée.
— Tu as déjà vu ce film en France ? me demande-t-elle.
— Non, mais j'en ai entendu parler. Il a bien fonctionné. Je voulais le voir.
— Tu vas souvent au cinéma ?
— Non, j'habitais à la campagne jusque-là. Il y a bien un cinéma, mais la salle est vieille et les sièges sont à moitié fracassés. Mais là, en rentrant à la fac en septembre, j'en profiterai plus. À Bordeaux, il doit y avoir du choix.
— Ah, tu rentres à l'université ?
— Oui, fac de psycho, d'abord un DEUG, on verra ensuite. Et toi ?
— Je suis en fac de médecine à Toulouse. J'ai réussi le concours l'an dernier, je passe en seconde année.
— Mais tu as l'air jeune pour être déjà en seconde année.
— Dix-neuf ans, ça correspond.
— Tu veux devenir médecin ou chirurgien, ou autre ?
— J'aimerais être une médecin généraliste. Le cursus est plus simple et il y en a besoin.
— T'es courageuse ! dis-je en le pensant réellement. Tu fais comment pour voir tes parents ?
— Mon père et mon oncle sont Tunisiens, ils travaillent toute l'année dans ce village vacances. Ma mère était française, elle est décédée quand j'étais toute petite. C'est sa sœur, ma tante Myriam, qui m'héberge à Toulouse. En échange, je l'aide pour le ménage, ou garder mes cousins. Je viens ici une fois par an, tout l'été, et je loge avec eux dans la zone où habitent les employés.
— Eh bien, c'est sûr, t'es courageuse ! J'espère que tu réussiras.
Le compliment la touche visiblement.
Alors que le film commence, j'entends qu'elle chuchote quelque chose comme « pas comme son frère ».
Je me trouve très vite plongé dans l'intrigue de Bodyguard. Le film mêle le genre du thriller et celui de la romance. Une histoire d'amour et de respect entre Kevin Costner, garde du corps, et la magnifique Whitney Houston qui joue une chanteuse star qui tombe amoureuse de son « héros » protecteur.
Le film est parfait pour un cinéma de village vacances : suspense, action, amour, le tout en étant assez pudiquement mis en scène, sans restriction d'âge. Bref, c'est un bon divertissement qui me fait oublier rapidement que je suis accompagné.
À vrai dire, c'est même la première fois que je suis accompagné par une jeune fille au cinéma. J'en prends tout à coup conscience quand je m'aperçois que Najat me jette, de temps en temps, subrepticement, quelques coups d'œil en biais, ou quelques fois tourne sa tête vers moi. De mon côté, je fais semblant de rester concentré. Mais cela me questionne. Je me demande si je pourrais intéresser une jeune fille, si Najat n'aime pas le film, ou si elle est finalement ennuyée que je sois là, avec elle.
Alors qu'à l'écran se déroule une scène assez tendre entre Kevin et Whitney, je vois du coin de l'œil que Najat m'observe. J'en profite pour tourner prestement la tête vers elle. À la fois pour la surprendre et pour comprendre.
Najat n'a pas le temps de réagir. Je lui souris.
— Tu n'aimes pas le film ?
— Euh, si, si.
— Pourtant tu n'es pas très concentrée.
— C'est que c'est la première fois que je suis au cinéma accompagnée d'un garçon. Je ne suis pas tranquille.
— Ne sois pas nerveuse, c'est aussi une première pour moi. D'habitude, je vais au cinéma soit en famille, soit avec des potes.
— Et tu n'es pas inquiet ?
— Inquiet de quoi ? On regarde juste le film. On fait rien de mal, non ?
— Oui, c'est vrai, répond-elle finalement. Mais si on nous a vus entrer ?
— Tu veux dire les autres touristes ?
— Oui, ou des collègues de mon père ou de mon oncle.
— Les autres touristes, je pense qu'ils s'en moquent. Des couples se forment jusqu'à la fin du séjour, c'est le principe des amours de vacances. Pour les collègues de ton père, là, je sais pas, mais ton oncle t'a laissé avec moi et un talkie-walkie. Il n'a pas semblé s'en préoccuper.
Cette dernière réflexion semble porter ses fruits et la rassure. Najat se rassoit face à l'écran et tourne le regard vers le film.
De mon côté, je continue à la regarder quelques secondes, à observer son beau regard sérieux, qui détonne avec son léger sourire aux lèvres. Najat semble contente, ou simplement soulagée.
Le film se termine. C'est une fin très romantique, avec sa musique emblématique, le héros qui s'interpose pour protéger la belle femme, tout ça nous met dans une ambiance très douce. On n'ose pas prendre la parole après ça, laissant défiler le générique, un peu crispés.
— Je veux voir si le film se relance, dit-elle finalement.
— Ah oui, j'avais oublié qu'on était là pour contrôler la machinerie.
— C'est à cause du film. Il était très bien, non ?
— Je ne sais pas si c'est à cause du film ou d'être ici avec toi. Mais oui, j'ai trouvé qu'il était bien. Quelle classe, Kevin, quel charisme, Whitney ! Commentai-je.
Najat met quelques instants avant de répondre, peut-être troublée par mon début de réponse.
— C'est vrai qu'ils sont très beaux tous les deux. Mais on voit bien que c'est un amour impossible.
— Comment ça, impossible ?
— Ils sont de deux mondes différents.
— Mais ils passent outre. Au final, l'amour devient possible. C'est ça qui est beau.
— Je ne pense pas qu'avec le temps ça durera, répond Najat assez gravement.
— C'est pas grave ! L'instant présent est aussi important. Leur amour avait l'air sincère au final. Qu'il dure ou pas, on s'en fout. Ils ont assumé leur désir.
— Tu veux dire que tu ne crois pas en l'amour qui dure ?
À cet instant, bizarrement, je pense à mes parents. Ensemble depuis longtemps, vivant leur amour en assumant une sexualité libre. Je me dis que c'est peut-être une façon de faire durer l'amour.
— Si, il faut juste que les gens ne se mentent pas, que les gens assument leurs envies, dépassent leurs peurs. Tu as vu Le cercle des poètes disparus ? Carpe diem !
— Justement, à la fin, le jeune héros se suicide.
— Oui, parce qu'il se sent prisonnier. Il ne peut tenir tête à son père qui a d'autres plans pour lui. Et il est baigné par le romantisme et l'engagement des auteurs qu'il aime. Sa décision est tragique, il aurait pu simplement fuir, vivre sa vie ! Sabine m'a bien fait comprendre qu'il faut assumer qui on est.
— Sabine ? Qui c'est ?
— Une amie de mes parents, elle est dans un bungalow pas loin du mien. C'était pour elle la glace ce matin.
— Ah ? Je croyais que c'était ta mère.
Je me mets à rire en y pensant.
— Tu te moques ?
— Non, c'est que… Je suis assez mat de peau, brun, et que Sabine est blanche, pleine de tâches de rousseurs, les cheveux roux. Je n'aurais jamais pensé que quelqu'un se dise ça.
— Tu aurais pu… être adopté. Tu aurais pu... avoir pris plus de ton père.
— T'as parfaitement raison. Je suis trop con. Et puis souvent, les mélanges, ça donne de très beaux enfants, dis-je avec un sourire complice, complimentant Najat.
Najat touchée a finalement du mal à soutenir mon regard. Pour l'aider, je reprends :
— Beau, enfin tout est relatif. Ma mère est d'origine portugaise et mon père est français, dis-je pour détendre la situation.
— Pourquoi tu dis « tout est relatif » ? Tu ne te trouves pas beau ?
— Si si, je parlais de mon frère.
Najat comprend mon esquive et le tacle envoyé à Raf et éclate de rire. Un rire franc, qui va bien avec sa voix assez feutrée.
Le générique est terminé. La lumière se rallume doucement. Cette dernière est reliée au système de projection. On doit patienter encore un peu. Pour voir si, cinq minutes plus tard, la salle se replongera dans le noir.
— Tu fais quoi de tes journées ?
— Je me balade, je bouquine et aussi je révise pas mal, au frais de la climatisation. J'ai le droit d'aller où je veux dans le village. Je peux aussi faire les excursions gratuitement, mais j'ai déjà tout fait.
— C'est quoi qui t'a fait accepter d'aller danser avec mon frère ?
Najat semble réfléchir.
— Je crois que je m'ennuyais. Mais je n'aurais pas dû. Il a essayé de profiter de ma gentillesse.
— Ah bon ?
— Oui, ce qui l'intéressait, c'étaient les autres filles. Les cousines. Il voulait les impressionner. Il m'a même proposé un plan à… plusieurs.
Je me retrouve estomaqué par la franchise de Najat et par le culot de mon frère. Je connais bien Raf, et je sais que Najat ne ment pas. Mon frère a tendance à faire passer son plaisir en premier. Il ose. J'ai à la fois envie d'être indigné, mais je me dis aussi qu'il a peut-être raison, dans ce contexte de vacances, d'oser.
— Je ne sais pas trop quoi te répondre. C'est mon frère, il est égoïste et manipulateur. J'espère ne pas être comme lui.
Najat ne répond pas, car la lumière s'éteint à nouveau. Le cycle se relance.
— Tout est fonctionnel, dis-je pour combler le silence.
— Oui, je vais avertir mon oncle.
Sur ce, Najat allume le talkie-walkie et, tout en appuyant sur un bouton, indique que tout est en ordre. Le film a été jusqu'au bout et il vient de se relancer.
Une réponse arrive quelques secondes plus tard, en arabe.
Une réponse arrive quelques secondes plus tard, en arabe.
— Je vais pouvoir ouvrir les portes de la salle et enlever l'affichage « travaux en cours ».
Sur ces mots, elle se lève rapidement. Je suis le mouvement et, voyant qu'elle n'attend pas que je rejoigne le bout de la rangée, j'essaye de lui faire de la place pour qu'elle passe devant moi. En passant, son épaule frôle mon torse et ses cheveux viennent caresser ma joue. Najat sent un mélange de jasmin et de monoï. Le monoï correspond au savon fourni dans les bungalows, il me rappelle immédiatement Sabine. Et mon cerveau se met à divaguer, à faire un croisement entre l'une et l'autre.
Je me dis que Najat, comme Sabine, est belle. Je me dis que je passerais bien du temps avec elle. Mais d'un autre côté, elle semble chercher l'amour, quelqu'un de fiable. Et je me dis que Sabine comprend mieux ce qui m'anime, mes pulsions, mes envies. Que je n'ai pas envie de forcer Najat, ou de paraître pervers.
Pourtant, en sortant de la salle, je ne peux m'empêcher de lui demander si elle veut faire autre chose maintenant. Il est presque dix-huit heures quinze et j'ai encore un peu de temps avant de rejoindre Sabine au restaurant.
Najat me dit qu'elle doit rentrer, c'est elle qui prépare le repas pour son père et son oncle.
Je lui propose de l'accompagner. Elle n'hésite finalement pas longtemps et accepte
Je lui propose de l'accompagner. Elle n'hésite finalement pas longtemps et accepte
Me voilà donc, à me balader, non loin de la jeune métisse maghrébine que je trouve charmante. On marche silencieusement, passant par la plage où Sabine m'avait rejoint ce matin. Najat ne semble pas se presser, ralentissant même plusieurs fois, alors qu'on marche sur le sable. Je remarque alors qu'elle porte des sandales plates, ouvertes, et que ses pieds, comme ses mains, sont aussi décorés de fleurs dessinées.
— C'est du henné, c'est bien ça ? dis-je en désignant le dessin.
— Oui, tu connais ?
— Dans ma classe, en primaire, il y avait une fille dont la mère dessinait des formes sur ses mains plusieurs fois dans l'année. C'est elle qui m'a dit que ça s'appelait comme ça.
— Tu aimes ?
— Je trouve que c'est une jolie manière de mettre en valeur les mains et les pieds.
En disant ça, je tends ma main. Najat, pensant que je veux regarder les motifs, me tend la sienne.
Je décide alors de jouer le tout pour le tout. Je lui prends la main et glisse mes doigts entre les siens. Elle est réticente un instant. Mais finalement se laisse faire. Nous repartons alors, mains dans la main.
Arrivés en vue des bungalows des employés, elle se décroche de moi en écartant les doigts.
— C'est bon. Merci pour la ballade, me dit-elle, visiblement inquiète qu'on puisse avoir remarqué notre rapprochement, pourtant très chaste.
Ne souhaitant pas la mettre mal à l'aise, je m'écarte d'elle.
— Pas de problème. Si tu as envie d'une autre balade, ou de parler, de boire un verre, ou même tout simplement d'un « bodyguard » pour t'accompagner, n'hésite pas à me faire signe. En plus, Raf se barre trois jours en excursion dans le désert avec ses potes. Je serai tranquille jusqu'à mercredi soir.
Je ne sais pas trop si Najat a entendu ma dernière phrase. En effet, elle s'éloigne rapidement, fuyant peut-être mon envie, ou la sienne, de prolonger cet instant.
J'en profite pour la regarder s'éloigner. Je regarde ses hanches larges, j'imagine ses fesses rebondies, certainement recouvertes d'une culotte de coton, toute simple, elle-même non assortie à un soutien-gorge tout aussi simple, tenant serrée sa petite poitrine. Et la voyant accélérer, j'éprouve l'envie de me rapprocher d'elle.
Je me rends au restaurant, car il est trop tard pour le jeu apéro. Mes parents et les Bretons s'y trouvent déjà. Ils mangent ensemble, comme à leur accoutumée.
Les conversations tournent autour de la victoire de ma mère lors du jeu apéro. Elle a remporté un massage à faire avant la fin du séjour, dans la zone « bien-être » du village vacances. Sabine lui propose de l'accompagner.
Les conversations tournent autour de la victoire de ma mère lors du jeu apéro. Elle a remporté un massage à faire avant la fin du séjour, dans la zone « bien-être » du village vacances. Sabine lui propose de l'accompagner.
Les hommes parlent de voitures, se demandent quel 4x4 ils vont avoir à piloter. Ils parlent de l'heure du départ. De ne pas trop manger pour bien dormir.
Moi, je les écoute, et à un moment, je leur dis qu'ils doivent absolument aller voir Bodyguard au cinéma du village, que c'est un super film.
Ce soir-là, je me couche tôt. Non pas que j'aie envie de dormir, mais depuis le repas j'ai des pensées qui me passent par la tête. Je me demande pourquoi j'ai eu cette attitude avec Najat, alors que j'ai envie de coucher avec Sabine. Pourquoi l'ai-je laissé entrevoir qu'elle me plaît ? Est-ce que je suis une ordure de faire ça ? Ou cela peut-il bien mener ?
Et de fil en aiguille, je repense au massage gagné par ma mère, à Sabine qui veut l'accompagner.
Je ne peux alors m'empêcher d'imaginer les deux femmes, nues sur une table de massage double, leur visage tourné l'un vers l'autre, leur corps massif offert à des mains entreprenantes. Elles se tiennent la main alors qu'elles sont collées l'une à l'autre. Mais dans mon fantasme, c'est Najat que j'imagine être leur masseuse attitrée. Elle porte une tunique et un pantalon d'un blanc qui fait ressortir son teint halé. Elle allume un bâton d'encens. Ma mère et Sabine rapprochent leur visage, puis s'embrassent.
Najat ne se préoccupe pas de cette scène érotique. Très pro, elle enduit le dos des deux femmes d'une huile de massage aux senteurs de jasmin.
Les mains de la jeune métisse massent d'abord les épaules, le dos, puis le creux des reins de ma mère, puis font de même avec Sabine. Ses mains palpent les rondeurs des deux femmes plus matures. Elle malaxe leurs chairs souples, leur gras, leurs bourrelets. Les deux femmes continuent de s'embrasser. Elles émettent aussi quelques sourds gémissements. Leur respiration s'accélère alors que leur excitation monte doucement mais sûrement.
Moi, j'ai baissé mon caleçon. Mon sexe est tendu bien droit vers le plafond. Je me masturbe doucement, essayant de garder un rythme doux, proche de celui qu'exerce Najat dans son massage.
Ma mère et sa voisine de bungalow se dandinent sur la large table de massage. Najat leur enduit les fesses d'une grosse quantité d'huile. Les deux femmes ont un postérieur impressionnant. Soumis à la gravité liée à leur position sur le ventre, il est plus plat, plus écrasé, mais plus large encore. Les traces de bronzage, très marquées chez ma mère, accentuent la délimitation de ses fesses très blanches. Le cul de Sabine est encore plus volumineux, très adipeux, couvert de petites tâches de rousseurs qui s'estompent à peine sous la brillance de l'huile.
Najat masse ces derrières, éprouve leur rondeur avec ses mains, effectue des gestes circulaires qui écartent les globes puis les rapprochent. Ces manipulations sont aidées par les mouvements d'excitation des deux femmes dont elle s'occupe.
J'accélère mon mouvement masturbatoire.
Imaginer Najat les mains sur Sabine et Amalia a un effet sur moi difficile à maîtriser. J'ai envie de les voir ensemble, se donner du plaisir. J'entends les gémissements, j'imagine leur complicité, je me dis que Najat resterait impassible.
Imaginer Najat les mains sur Sabine et Amalia a un effet sur moi difficile à maîtriser. J'ai envie de les voir ensemble, se donner du plaisir. J'entends les gémissements, j'imagine leur complicité, je me dis que Najat resterait impassible.
Quelle serait sa réaction, en sentant, au détour d'une palpation, l'humide plaisir qui submerge ses deux clientes ? Quelle serait sa surprise d'être mise face à la dépravation assumée de ces femmes matures ?
Dans mes pensées, la tension sexuelle est à son paroxysme.
Ma mère et Sabine, telles les deux faces d'un miroir, ont passé une main sous leur propre corps et ont commencé à se masturber. Un doigt sur leur clitoris, elles frottent d'un mouvement précis, concentrique. Leur caresse commence à diffuser en elles des vagues de chaleur et de plaisir.
Elles ne décollent pas leur bouche l'une de l'autre. Leur masturbation va au rythme de leurs langues qui jouent ensemble. Les gémissements montent de plus en plus en volume. Ma mère a du mal à reprendre sa respiration.
Ma mère et Sabine, telles les deux faces d'un miroir, ont passé une main sous leur propre corps et ont commencé à se masturber. Un doigt sur leur clitoris, elles frottent d'un mouvement précis, concentrique. Leur caresse commence à diffuser en elles des vagues de chaleur et de plaisir.
Elles ne décollent pas leur bouche l'une de l'autre. Leur masturbation va au rythme de leurs langues qui jouent ensemble. Les gémissements montent de plus en plus en volume. Ma mère a du mal à reprendre sa respiration.
Najat, elle, est passée au niveau des jambes. Elle continue à masser consciencieusement les deux femmes, qui en même temps se donnent du plaisir. Elle essaye de ne pas regarder l'ensemble de la situation, se focalisant sur la peau qu'elle masse, sur les larges cuisses des deux femmes matures.
Et moi, j'enduis ma main de salive, pour pouvoir accélérer mon mouvement.
Je prolonge mon fantasme. Je suis désormais avec elles, dans la même pièce. Dans mon esprit tordu, Najat n'a plus les mains sur ma mère ou sur Sabine, mais elle prend mon sexe. Elle commence à me masturber. Je ferme les yeux.
Les deux amantes ahanent de plus en plus fort. Leurs mouvements les mènent à leur jouissance. Leurs soupirs ne sont plus du tout retenus, leurs cris de plaisir sont de plus en plus stridents, de plus en plus longs.
La Najat masseuse a laissé place à la Najat branleuse. Elle est à ma droite, tournée, comme moi, vers les deux femmes qui jouissent. Elle ne me regarde pas. Juste, elle empoigne fortement mon sexe. Elle accélère son geste. Chaque mouvement est un régal. Chaque pression sur mon gland fait monter en moi une envie de rejoindre les deux femmes dans leur explosion.
Tout à coup, j'atteins le point de non-retour. Mes bourses se contractent. Mon sexe hypersensible envoie des décharges de plaisir partout en moi. Je me crispe et je me laisse aller à jouir dans un long soupir. Mon sperme monte haut et vient couvrir mon t-shirt en flaques poisseuses, jusqu'à la lisière de mon cou. Puis, les saccades terminées, ma semence, doucement, coule entre mes doigts, entre les doigts d'une Najat fantasmée. Je rouvre les yeux. Je retrouve la réalité, doucement. Je prends conscience de la force imaginative de mon fantasme. Il ne m'a pas fallu plus de cinq minutes pour atteindre l'orgasme.
Étrangement, j'ai envie de me rappeler le baiser que j'ai eu avec Sabine, plus tôt dans la journée, du goût qu'avait mon sperme dans sa bouche, et je lèche mes doigts souillés. Le goût est presque le même, il manque juste l'odeur du café de son haleine. Je me surprends à avaler et me dire que j'ai un goût amer qui n'est pas si marqué, mais qui se ressent jusque dans le fond de ma gorge.
Je me douche. Je passe mon tee-shirt sous l'eau. Je me couche nu.
Tout à coup, alors que je ne me sens pas vraiment reposé, je suis sorti de mon sommeil par quelqu'un qui frappe à mon volet. Je mets quelques secondes à émerger. J'allume et jette un œil à ma montre posée sous mon oreiller. Je lis « 4 : 27 ».
— C'est toi, Raf ? T'as besoin d'un truc ? Vous n'êtes pas partis ?
En posant la question, je cherche du regard où peuvent traîner des vêtements.
— Non, c'est Sabine. Tu m'ouvres ?
— Oui, bien sûr, passe devant.
Je m'enroule dans le drap et me dirige vers l'entrée.
En ouvrant, je me retrouve face à Sabine, habillée d'un court short en jean très serré, de la même chemise à carreaux qu'elle portait la veille et de claquettes de plage en plastique.
Ses cheveux ne sont pas coiffés, et elle semble un peu déphasée.
Ses cheveux ne sont pas coiffés, et elle semble un peu déphasée.
— Tu dormais ? dit-elle, un léger sourire mutin et moqueur.
— Pas du tout, tu penses, j'étais en pleine séance de sport.
— Façon spartiate à ce que je vois, dit-elle, se référant au fait que j'étais visiblement nu sous le drap.
— Façon spartiate, mais avec un régime alimentaire bien différent.
Sabine rit de mon allusion. Son sourire me rappelle immédiatement les bons moments passés ensemble et cette envie irrépressible de l'embrasser qui me vient désormais dès que je la vois.
Elle entre. Je referme à clé derrière elle.
— J'ai accompagné René à l'accueil. Tes parents et ton frère étaient à l'heure.
— Tout s'est bien passé ?
— Oui, le temps de charger les bagages dans les voitures, que Ludovic et René se disputent la place du conducteur, que ta mère fasse les dernières recommandations à Raf avant qu'il ne rejoigne sa voiture, et voilà qu'ils étaient partis.
— Et tu es venue directement ici.
— Je n'avais pas envie de perdre du temps. J'avais envie de toi.
De me sentir ainsi désiré, je ressens un frissonnement. Que Sabine puisse penser à moi, puisse vouloir me rejoindre à cette heure, me paraît tellement fantastique, presque inespéré. Je laisse tomber mon drap et ose me montrer complètement nu. Je n'ai pas honte de mon ventre, de mes poignets d'amour, de ma poitrine tombante peu musclée, j'ai juste envie de lui montrer que je me sens bien avec elle.
— Tu ne pourras pas dire que c'est comme avec ton caleçon cette fois. Je n'ai pas contribué à ce que tombe ce drap.
— Oh que si ! déclarai-je en m'approchant de la belle rousse.
Je défais les boutons de sa chemise. Je la libère de son short serré et le descends jusqu'à ses pieds. Elle ne porte pas de sous-vêtements. Sabine est nue. Elle se laisse faire, amusée. Puis elle me prend par la main. Elle m'invite à la suivre jusqu'au canapé du salon. Et, d'une main experte, déplie ce dernier en position lit. Je reste comme un idiot, ne sachant pas qu'on pouvait le transformer.
— Ce sera mieux que ton lit une place, non ?
En me parlant, Sabine se positionne à genoux sur le lit. M'offrant une vue sur son énorme croupe. Elle écarte légèrement les cuisses et courbe ses reins de manière à faire ressortir son large fessier.
— Je suis toute à toi, Santi.
Je n'arrive pas à en croire mes yeux, ni mes oreilles. La situation est digne d'un scénario de film porno. Sauf que c'est moi le héros. Sans même avoir à l'aider, je sens que mon sexe est au garde-à-vous.
Sabine est belle, toujours à genoux, elle s'est un peu retournée pour me voir m'approcher. Immédiatement, je pose mes paumes sur ses globes blancs, sur ce fessier si large que mes mains semblent petites, posées sur lui. J'écarte ces montagnes de chair et viens plonger mon visage dans sa raie couverte de poils roux. J'embrasse, je lèche toute la longueur de cet espace inter-fessier. Le goût est fort, un peu salé. Je m'attarde sur sa rondelle recouverte de poils frisés, assez courts comparés à ceux de la toison épaisse tapissant son intimité.
Je dépose de la salive, je m'enivre de cette situation si excitante. Je descends vers son sexe, toujours les deux mains sur ses deux énormes fesses. Mon nez vient titiller son anus alors que ma langue se perd entre ses larges lèvres. Son odeur m'excite. Immédiatement, je perçois l'humidité qui ne trompe pas sur son désir. J'aspire ce liquide très fluide. Je goûte aux sécrétions de Sabine. Je sens son sexe qui a une odeur assez marquée d'urine. La quinquagénaire a un goût acre, comme si elle avait été, il y a peu, aux toilettes. Je me repais de ses effluves fortes, je lape le liquide, immisçant ma langue au plus profond.
Sabine se penche encore. Elle pose ses coudes sur le lit et relève son cul majestueux. Je vois qu'elle écrase sa grosse poitrine sous elle. Que la cambrure de ses reins n'enlève pas complètement les légers bourrelets qui surplombent ses larges hanches. Son ventre, soumis à la gravité, pend un peu sous elle. Je trouve ça magnifique. Je ne veux pas en perdre une miette.
— Ta langue est divine, me dit-elle.
Aussitôt après, sous mes lèvres, mes succions, mon léchage, Sabine est prise d'un soupir qui se change en halètement. Elle enchaîne des séries de « ah » ou de « oh » en crispant ses muscles.
Ma langue trouve, plus bas encore, son clitoris. Ce dernier ressort de son capuchon, gonflé de désir, tel un petit gland d'un tout petit sexe. Quand je l'effleure, ma grosse bretonne manque de défaillir.
— Oh mon Dieu ! Oui, juste là ! Encore !
Je ne me prive pas de jouer avec. Dans cette position, mon nez est descendu, il est planté dans son vagin, alors que ma bouche, ma langue, mes lèvres s'occupent de titiller le bouton turgescent de Sabine. Je salive, je caresse, j'aspire sa cyprine, alors que mon nez joue avec les chairs de ses petites lèvres, que je peux enfouir littéralement mon visage dans son sexe, que je sens ses poils frotter à mes joues. J'use de toutes ces parties de ma face pour ne rien oublier dans mes caresses.
— Oh Santi. C'est trop bon. C'est fou !
Le goût de Sabine change. J'ai nettoyé les restes d'urine avec ma bouche, et désormais le liquide que j'aspire a un goût plus neutre. Ma salive se mêle à sa cyprine. La pointe de ma langue ne quitte pas le clitoris, le soulève, le pousse, le frotte de plus en plus. Puis, alors que Sabine pousse de petits cris de plaisir, je sens qu'elle est prise d'un tremblement, elle pousse vers moi sa croupe, son sexe, elle se colle à ma face, et, prise de spasme, elle hurle sa jouissance. Je n'ai pas le temps de m'écarter, que mon visage, déjà humide, est arrosé de jets tièdes, propulsés avec force alors que son vagin se contracte sur mon nez. Sabine, femme fontaine, m'inonde.
J'essaye de ne pas en perdre une goutte malgré la quantité qui m'asperge. Je veux savourer ce liquide expulsé par sa jouissance. Le goût est neutre, la texture proche de l'eau. Je passe mon visage sur tous les recoins de sa chatte désormais béante. Ses poils roux sont mouillés. Je recueille ce jus féminin pour venir mouiller aussi sa zone anale. Je joue avec son cul, je glisse mes doigts sur son petit trou.
Puis, prenant conscience de mon état de bandaison, je me redresse et viens passer mon gland sur sa fente poilue. Je suis électrisé par la sensation. Sabine semble aussi en vouloir plus. Et à peine ai-je effleuré l'entrée de sa matrice qu'elle pousse son corps vers moi. Et, comme si nos sexes étaient faits pour s'emboîter parfaitement, je la pénètre d'un coup.
Je ne suis plus vierge, me dis-je. Cette pensée est immédiatement effacée par la sensation de chaleur. Je regarde mon sexe enfoncé jusqu'à mes testicules dans celui de Sabine. J'ai du mal à en prendre conscience, et pourtant, la chaleur que je ressens me prouve que je ne rêve pas. Je suis en elle. Elle m'entoure de son fourreau parfait. Puis, j'ose bouger, j'agrippe ses fesses et, d'un mouvement de hanche, puis d'un autre, je sors mon sexe complètement et je replonge en elle aussitôt.
La sensation est divine. C'est comme si, en un instant, ma main, comme objet masturbatoire, perdait à jamais son combat contre l'humidité, la chaleur, la pression des chairs d'un sexe féminin.
Je commence à la baiser. Mon regard focalisé sur notre anatomie. Comme si j'étais plongé dans le film porno de Canal Plus. Que mes yeux étaient des caméras, faisant le point sur son cul, qui, percuté par mes coups de hanche, produisait une vague qui se répétait au gré de mes claquements en elle. Mon sexe glisse avec tant de facilité. Son vagin, trempé, émet un clapotis excitant.
— Oh Santi ! Ne t'arrête pas. Bourre-moi. N'aie pas peur de me prendre fort !
La directive de Sabine m'invite à accélérer, à me montrer encore plus entreprenant, à essayer de plonger au plus profond mes quinze centimètres. Mais accélérer, c'est aussi être soumis à plus de sensations. Mon sexe est le siège de décharges de plaisirs. Les parois de son vagin me caressent, me chauffe tellement que je prends conscience assez vite que cette première fois ne durera pas très longtemps.
Alors, voulant que Sabine puisse en profiter aussi, j'accélère mes mouvements, je les fais plus forts, plus puissants. Chacun de mes coups de reins vient claquer sa chatte. Mon ventre, lui, claque son cul, en cadence. Le bruit de nos corps, l'accélération, la force que je mets dans mes coups de boutoir fonctionnent.
— Oui, c'est ça ! C'est ça, défonce ta grosse bretonne !
Sabine a du mal à reprendre sa respiration entre ses encouragements. Elle gémit de plus en plus.
Je sens que mon sexe n'a jamais été aussi dur, aussi prisonnier d'une multitude de sensations. Le feu torride de Sabine se diffuse en moi.
Je sens que mon sexe n'a jamais été aussi dur, aussi prisonnier d'une multitude de sensations. Le feu torride de Sabine se diffuse en moi.
— Ah, Sabine, je ne vais pas pouvoir tenir ! Je vais jouir !
— Vas-y ! Donne-moi ton jus ! Remplis-moi, Santi !
Ses demandes sont des ordres. Je me laisse aller. Ma jouissance est terrible. Je crache six énormes giclées au fond de Sabine. Mon jus déborde. La grosse bretonne, m'entendant gémir, sentant le liquide chaud qui l'emplit, ne peut réfréner sa propre jouissance.
— Santi ! Santi ! hurle-t-elle.
Et comme si sa fontaine ne pouvait se tarir, elle éjacule aussi. Mon ventre, mes poils pubiens, tout est submergé par sa jouissance. Moi, pour ne pas redescendre trop vite, je reste enfoncé et je perçois sur ma bite les contractions vaginales qui accompagnent son orgasme.
Puis, après quelques instants, elle se retourne et vient m'embrasser. Sa langue joue avec la mienne. Et il m'est difficile de m'arracher d'elle. Sabine s'allonge finalement. Je ramasse le drap laissé au sol et, tout en venant me lover contre son gros corps, je nous recouvre du tissu.
J'ai du mal à réaliser.
Je pose ma main sur un de ses seins, la paume recouvrant son gros téton.
— T'es sûr de ne pas avoir eu d'expérience de ce genre avant ce matin ? me demande-t-elle en souriant.
— Non, enfin à part nos instants à la plage et dans ta salle de bain. Pourquoi ?
— Parce que c'était vraiment bien meilleur qu'avec de nombreux hommes expérimentés.
— Merci. Je pense que t'es une prof excellente.
— Ça doit être ça, finit-elle par valider.
— Tu veux dormir ici ?
— Oui, bien sûr. Il faudra juste faire attention à ce qu'on ne me voie pas entrer dans ton bungalow trop souvent.
— On peut rester barricadés ici, je sens que j'ai encore besoin de tes conseils de prof.
Sabine éclate d'un petit rire frais qui me fait énormément plaisir. On se met à rêvasser alors qu'on plonge doucement dans les bras de Morphée.
Pourtant, étrangement, un je-ne-sais-quoi m'impose d'ajouter, avant de dormir complètement.
Pourtant, étrangement, un je-ne-sais-quoi m'impose d'ajouter, avant de dormir complètement.
— Tu sais, Sabine, j'ai rencontré quelqu'un cet après-midi. Elle s'appelle Najat.
(À suivre)
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