Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chroniques immortelles - Le poignard de jade — Chapitre 2 · Capitulation
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chroniques immortelles - Le poignard de jade
Chapitre 2 · Capitulation
2 – Capitulation
État du Dakota – États unis d'Amérique – Automne 1889
Le régiment avait établi son campement dans une vaste clairière au bord d'une rivière. Le soir tombait. On avait allumé des feux un peu partout dans le camp. Les tentes étaient soigneusement alignées et entouraient une immense tente au centre du camp. Cette soirée était spéciale. Les soldats et les officiers avaient reçu l'ordre de porter leurs uniformes de parade et un comité d'accueil se tenait au garde-à-vous sous les ordres d'un lieutenant à l'entrée du camp.
Et puis ils se présentèrent. Trois indiens : une femme et deux chefs de tribu, portant eux aussi leurs costumes de cérémonie : tunique, veste, pantalon, en cuir de bison blanc. Les deux chefs portaient leur coiffe à plumes, la lance, le tomahawk. La femme arborait de lourds colliers de coquillages et de perles. Le lieutenant s'avança.
— Vous devez nous remettre vos armes, dit-il simplement mais fermement.
Les trois indiens échangèrent un regard. La femme leur fit « oui » de la tète. Ils mirent pied à terre et les deux chefs remirent leurs armes à un des soldats.
— Veuillez me suivre.
Le lieutenant tourna les talons suivi par les trois indiens et une légère escorte de soldats. Ils se dirigèrent vers la grande tente. Sur leur passage, les soldats s'avançaient, curieux pour « les » voir. Ignorant leurs regards, les indiens s'avançaient. Ils semblaient impassibles mais un observateur attentif aurait noté un mélange de résignation et d'amertume sur leur visage.
Arrivés devant la grande tente, le lieutenant écarta le panneau de tissu, puis s'effaça pour laisser entrer les trois indiens. Il y avait plusieurs officiers supérieurs, et dans le fond deux fauteuils occupés par un couple d'un certain age. Tous regardèrent les visiteurs avec curiosité et un léger sourire. Le lieutenant prit la parole.
— Monsieur le président, voici les chefs sioux Ours blanc et Faucon rapide, et la shamane des cheyennes, Naya. Shamane, Chefs, veuillez saluer Monsieur Benjamin Harrison, président des États unis d'Amérique.
— Merci lieutenant, répondit le président. Vous pouvez vous retirer.
— A vos ordres, Monsieur.
— Merci lieutenant, répondit le président. Vous pouvez vous retirer.
— A vos ordres, Monsieur.
Il y eut un court silence. Naya balaya l'assistance du regard pour finalement fixer son regard sur le président. Ce dernier eut un sourire.
— Naya… Est-ce ainsi que tu te fais appeler en ce moment Waka Tanka ? Comment vas-tu depuis tout ce temps ma chère sœur ?
La cheyenne resta bouche bée, déstabilisée. Le président reprit :
— Allons ne soit pas étonnée ma sœur. Rien à craindre. Tu l'as senti, tous ces hommes sont mes berserkers. Nous sommes entre nous. Tu peux parler librement.
— Odin ! Répondit Naya. Toi ? Comment as-tu pu prendre l'aspect et la place du président ?
— Oh, le président roupille à quelques distances d'ici. Demain il se réveillera persuadé de t'avoir rencontrée et signé un nouveau traité. Je devais profiter de l'occasion pour te revoir. Il y a si longtemps ! Mais qu'est-ce qui t'amène ici ? Un traité m'a t-on dit ?
— Odin ! Répondit Naya. Toi ? Comment as-tu pu prendre l'aspect et la place du président ?
— Oh, le président roupille à quelques distances d'ici. Demain il se réveillera persuadé de t'avoir rencontrée et signé un nouveau traité. Je devais profiter de l'occasion pour te revoir. Il y a si longtemps ! Mais qu'est-ce qui t'amène ici ? Un traité m'a t-on dit ?
La femme assise à coté d'Odin se manifesta soudain.
— Sans doute ta petite pute de sœur vient-elle encore pleurer pour qu'on épargne son peuple de dégénérés, dit-elle d'un ton narquois. A moins qu'elle ne soit là pour mendier de la nourriture, ou de nouvelles réserves où elle pourra choyer ce qu'il reste de son pitoyable échec ?
Le regard de Naya vira soudain au noir. Il y eut un éclair à quelques distances, et un coup de tonnerre ébranla l'atmosphère.
— De quoi te mêles tu Frigg ? Répliqua t-elle sèchement. Tu n'as pas droit à être ici et encore moins à avoir droit à la parole. Tu n'es même pas une immortelle native ! Tu ne dois ton immortalité et ton rang qu'à l'amour incompréhensible que te voues Odin. Tais-toi et retourne dans le fossé, là ou est ta place !
Frigg afficha un visage où la stupéfaction se mélangeait à la colère. Elle allait répliquer lorsque Odin lui imposa le silence d'un geste.
— Laissons çà pour l'instant, dit-il. Dis moi exactement ce que tu veux Waka Tanka. Un nouveau traité, vraiment ?
— Il n'y aura pas de traité, répondit Naya d'un ton las. Mon peuple a signé plus de quatre cent traités avec tes gens depuis leur arrivée sur les terres indiennes. Tous ont été violés. Aucun n'a été respecté par les tiens. Je n'ai plus rien à espérer. Les miens ne sont plus que quelques milliers. Mais je souhaite que ce qu'il reste soit préservé, avec leurs coutumes, leur culture. Je souhaite te les confier. Je te demande de les intégrer à ton peuple, avec les mêmes droits, les mêmes devoirs en sauvegardant leur culture. En échange, je t'abandonne les territoires que m'avait confié notre père. Je vais retourner sur Éden et notre conflit prendra fin.
— Il n'y aura pas de traité, répondit Naya d'un ton las. Mon peuple a signé plus de quatre cent traités avec tes gens depuis leur arrivée sur les terres indiennes. Tous ont été violés. Aucun n'a été respecté par les tiens. Je n'ai plus rien à espérer. Les miens ne sont plus que quelques milliers. Mais je souhaite que ce qu'il reste soit préservé, avec leurs coutumes, leur culture. Je souhaite te les confier. Je te demande de les intégrer à ton peuple, avec les mêmes droits, les mêmes devoirs en sauvegardant leur culture. En échange, je t'abandonne les territoires que m'avait confié notre père. Je vais retourner sur Éden et notre conflit prendra fin.
Frigg eut un sourire narquois. Odin prit un air dubitatif.
— Hum… Et pourquoi accepterais-je ton offre ? Tu l'as dit toi même, tu n'as plus rien à donner, ton peuple n'existe pratiquement plus et tu m'offres un territoire que je possède déjà. Pourquoi ferais-je cela ?
Suppliante, Naya avança vers Odin.
— ODIN ! N'as tu vraiment aucun cœur ? Tu sacrifierais ainsi des milliers de mortels ? N'as-tu aucune reconnaissance ? As-tu oublié tes premiers colons qui n'ont du de survivre à leur premier hiver qu'aux vivres que leur ont donné les miens ? As-tu oublié les nombreuses fois où ils les ont aidé par la suite ? As-tu oublié qu'ils se sont alliés pour s'opposer aux peuples venus du monde de Zeus ? Tout cela n'a aucune valeur pour toi ?
Odin semblait ébranlé. Il se grattait la barbe.
— Hum...C'est pas faux, dit-il perplexe. Nombre de mes colons n'auraient pas survécu sans l'aide des tiens… Hum… C'est vrai, je te dois beaucoup… Hum… Bon, eh bien c'est d'accord. Moi Odin, je donne ma parole, j'accepte ta proposition. Je vais intégrer ton peuple au mien.
Le soulagement de Naya fut de courte durée. Odin venait de changer de ton et d'attitude, et un sourire cruel s'afficha sur son visage.
— Toutefois, il y a un petit problème… Vois-tu, tu as manqué de respect envers mon épouse, et çà je ne puis le tolérer… Alors oui, j'accepte ta proposition. Mais en revanche tu ne retourneras pas sur Éden. Tu vas entrer au service de Frigg. Tu seras son esclave, tu devras lui obéir en tout, et de ton attitude et de ta soumission dépendra la survie de ce qui reste de ton peuple. En outre, tu devras porter… ce collier !
C'était une petite chaîne où était accroché un bijou ressemblant à un dièse, un hashtag dirions nous à présent, inscrit dans un cercle, le tout dans une sorte de matière translucide. Naya eut un recul.
(Aparté : ce collier est un objet redoutable. Je ne l'ai jamais vu, mais Christelle D. m'en a parlé et décrit lorsqu'elle a été confrontée à Odin lors de l'épisode « Le maître du monde ». En premier lieu il neutralise presque tous les pouvoirs d'un immortel sauf le pouvoir de guérison et de contrôle du vieillissement. Ensuite seul celui qui le met autour du cou de sa victime a le pouvoir de le lui retirer. Que cette dernière ou qui que ce soit d'autre essaie de l'ouvrir et il tranche immédiatement la tète du porteur. Sans rémission.
Christine.)
Christine.)
— Non… pas çà !
— Oh que si ! Désobéis, aussi peu que ce soit et je me venge sur les tiens… en commençant par ceux-ci !
— Oh que si ! Désobéis, aussi peu que ce soit et je me venge sur les tiens… en commençant par ceux-ci !
L'air se remplit soudain d'une sourde énergie. Les deux chefs portèrent leurs mains à leur gorge, broyées par une main invisible. Ils suffoquaient en se tordant de douleur. La panique s'empara de Naya.
— Odin ! Arrête çà par pitié !
— Décide toi vite, je fatigue…
— Décide toi vite, je fatigue…
Ours blanc et Faucon rapide agonisaient, leurs yeux se révulsaient. Naya craqua.
— Assez ! Laisse les, j'accepte ! J'accepte tout, toutes tes conditions !
— Ah, enfin… Ma chère épouse, elle est à toi.
— Ah, enfin… Ma chère épouse, elle est à toi.
Les deux chefs s'effondrèrent, reprenant péniblement leur souffle. Frigg eut un mauvais sourire.
— Bien, dit-elle. Pour commencer je vais te rendre obéissante. Déshabille-toi. Allez, à poil, montre comment tu es foutue devant tout le monde.
Naya jeta un regard vers les deux chefs.
— Pas devant eux, faites les sortir… s'il vous plaît.
— Rien du tout. Je veux qu'ils voient ta déchéance. Dépêche toi, sinon je m'occupe à ma façon de tes deux guerriers… Comment disais tu déjà ? Ah oui, des guerriers éternels. Comme c'est touchant…
— Rien du tout. Je veux qu'ils voient ta déchéance. Dépêche toi, sinon je m'occupe à ma façon de tes deux guerriers… Comment disais tu déjà ? Ah oui, des guerriers éternels. Comme c'est touchant…
Alors Naya se résigna… Elle ôta sa veste, son pantalon, enleva ses mocassins puis retira sa tunique. Elle ne portait plus rien. Pendant ce temps Frigg releva ses jupons mettant son entrejambe à nu sous le regard moqueur des soldats, et celui désespéré et horrifié des deux indiens.
— A genoux, cheyenne ! Ou plutôt devrais-je dire, chienne ? Viens me lécher et reste à quatre pattes car se sera ton rôle désormais. Allons, plus vite, plus prés, je vais pas te manger. Oui, c'est çà, comme çà ! Oh la bonne petite chienne, je sens que je vais bien m'amuser avec toi.
Naya avait mis sa tète entre les jambes de Frigg. Cette dernière la prit entre ses mains et la pressa contre sa chatte. Odin se leva, le redoutable collier entre ses mains et le passa autour du cou de la déesse tutélaire de l'Amérique du nord. Le fermoir du collier fit un « clic » sinistre. Odin se tourna vers les officiers.
— Venez vous autre. Vous m'avez tellement bien servi que vous avez droit à la récompense. Sortez vos membres et venez la bourrer les uns après les autres. Et profitez bien, vous n'aurez pas souvent l'occasion de baiser une déesse du cinquième cercle !
Alors les deux chefs, impuissants, au bord des larmes, assistèrent à l' ultime humiliation de leur déesse. Leur chef suprême, la fille même du créateur, la tète écrasée contre la chatte de la diabolique Frigg, humiliée par tous les soldats présents, recouverte progressivement des traces du plaisir de ses agresseurs. Les halètements des hommes, les cris de jouissance de Frigg, les sexes pénétrant en force à forte cadence l'intimité de Naya, par un orifice, puis l'autre, les bas-ventres qui claquaient les fesses de la déesse quand ce n'était pas leurs mains, les insultes, les crachats, l'humiliation la plus immonde qu'on puisse imaginer.
On n'entendit rien de Naya, pas une plainte, pas un cri, pas un gémissement… A peine aurait t-on remarqué les larmes qui coulaient de ses yeux. Elle acceptait l'ultime sacrifice, pour son peuple, pour sauver le peu qui en restait, tout ce qui lui restait, pour eux.
— Dés demain, tu vas partir avec Frigg pour la Norvège, reprit Odin. Tu seras son esclave dévouée et tu feras tout ce qu'elle voudra de toi. Tu résideras dans mon palais d'Asgard. Tu seras totalement privée de nouvelles de ta terre, nul ne t'en parlera et tu ne sauras jamais ce qu'il est advenu de ton peuple. Sa survie dépendra de toi et ta mort si elle survenait serait aussi la fin pour lui. Car telle et la volonté d'Odin !
Frigg poussa un dernier cri de jouissance, et repoussa brutalement l'indienne.
— Aaah, que c'était bon. Il y a des progrès à faire, mais avec un peu de travail ce sera une bonne petite chienne. Tiens ? Ça me fait penser que je devrais demander à mes danois de la tester ; ceux qui ont quatre pattes évidement… Ça va. Tu peux achever ces deux esclaves à présent, dit-elle en désignant les deux chefs.
— Non. Personne ne les touchera, répondit Odin en se tournant vers les deux chefs. Et puis j'ai donné ma parole… Foutez moi çà hors du camp. Mais ne leur faites aucun mal. Je veux qu'ils puissent raconter à leurs sauvages ce qu'il reste de leur précieuse chamane. Hors d'ici !
— Non. Personne ne les touchera, répondit Odin en se tournant vers les deux chefs. Et puis j'ai donné ma parole… Foutez moi çà hors du camp. Mais ne leur faites aucun mal. Je veux qu'ils puissent raconter à leurs sauvages ce qu'il reste de leur précieuse chamane. Hors d'ici !
Cela se passait il y a un peu plus d'un siècle.
Un an plus tard, pas très loin de cet endroit, plus de trois cent indiens sioux lakota furent massacrés par l'armée américaine à Wounded Knee .
Avant l'arrivée des européens, selon les sources, on estime entre six et dix millions la population amérindienne en Amérique du nord. A la fin du XIXe siècle, ils n'étaient plus qu'une vingtaine de milliers. Dans tout le reste de l'Amérique, on estime la perte de population à quatre-vingt-dix pour cent. Ainsi s'achevait par un ultime massacre le plus effroyable génocide de l'histoire de l'humanité…
Deuxième pièce du puzzle… A suivre.
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Commentaires ()
L'Histoire bégaye et les leçons du passé ne sont que trop rarement apprises, encore moins prises en compte.
C'est ainsi 🥺
Pour etre franche, je m'inquiète ! Forcément je puise mon inspiration dans l'histoire et les implications arrivent aprés. Mais de fois, j'ai l'impression que ce que j'imagine se réalise aprés... En 2019, j'ai ecrit "2525" ou j'imaginai une terre post pandémique (ca se dit çà ?) aprés qu'un virus l'ait totalement changé. Et puis à la fin de l'année, paf le Covid. Il y a eu aussi l'épisode "avis de tempete" ou Christine participe a son premier conseil entre dieux et ou elel fait connaissance de Thor, reunion ou Odin annonçait son intention de declencher un confit mondial. Je me doutais pas qu'en 2022... Mais j'y suis pour rien !
Oui, je reconnais bien là tout le talent et le soin dans l'approche et la mise en place d'une situation.
Tout s'imbriquera jusqu'au moment où, dans un éclair de révélation, on se dira "Bon sang, mais c'est bien sûr !" 🧐
Une nouvelle publication de la meilleure saga de ce site mérite toute notre attention et... (ben oui) une totale relecture de l'ensemble pour se ré-immerger dans cet univers si fabuleux qu'on ne peut que se mettre à la place de...
... de qui justement ?
Chacune et chacun peut s'incarner (pas un ongle...) dans cet univers à la fois proche et inaccessible.
Nom de Zeus ! By Jove !
PS : Question Odin/Thor et affidés, on a comme un arrière-goût de vécu des temps-ci.
Finalement, est-ce vraiment une histoire inventée quand on vit ce qu'on vit ?
tu dis que tu n'as pas été gentille avec la civilisation occidentale, pourtant Zeus et sa famille étant grec sont des dieux occidentaux, on était plutôt gentils même si certains d'entre eux, on fait des choses horribles et on était punis pour leur crime!
Et çà m'a été trés difficile ! Au fait, gardez en mémoire le nom des deux chefs indiens...
J'ai pas été trés gentille avec odin et avec la civilisation occidentale en particulier. Dans mon imaginaire encoe, je lui attribue la tutelle du nord de l'europe. Or c'est une region qui a donné beaucoup de conquerants issus de la culture viking. Je me suis dit, puisque ce sont des guerriers, je vais faire d'Odin une pourriture ! Mais bien evidement je n'ai rien contre les peuples du nord de l'europe, même les anglais qui font quand même bruler des pucelles, un scandale !
On sait également qu'un jour ou l'autre toutes les cruautés que l'on a causées nous revienne à la figure, je ne me fais donc pas de soucis concernant Odin et les siens, il a beau être un immortel fondateur, il n'est pas pour au temps intouchable, personne ne l'est sauf peut-être le créateur.
Vivement la suite pour ma part et merci pour ce nouveau chapitre.
Un bien triste épisode mais dès qu'Odin apparait ce sont les "Chroniques Criminelles".
On sait désormais l'origine du pénible sort de Naya (voir "Le maître du monde")