Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les enquêtes d'Olie Adler — Chapitre 3 · Le comte de Paris
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les enquêtes d'Olie Adler
Chapitre 3 · Le comte de Paris
Le comte de Paris
Humphrey mordit à pleine bouche dans un croissant au beurre tout chaud. Il le trempait avec gourmandise dans sa tasse de café et s'en délectait, affalé à la terrasse du café « La belle parisienne » sur les bords de Seine. Il faisait tomber machinalement quelques miettes de sa viennoiserie afin d'attirer les pigeons lorsque la tumultueuse Olie déboula devant lui.
— Ne me dites pas que vous êtes encore là à flâner ! Nous devons être au petit palais dans moins d'une demie heure !
Elle n'eut pas si tôt fini sa phrase que le maladroit Humphrey engloutit son petit-déjeuner et monta avec elle dans un taxi.
— Et je vous en prie, nettoyez vos miettes. Vous allez avoir des tâches de graisse. Nous allons voir le comte !
Tandis que la voiture filait à travers la ville, Olie résuma les différentes péripéties qui les avaient conduits à se rendre chez lui.
— D'abord, le comte organise une réception avec d'éminents diplomates. Ensuite, ils se mettent tous d'accord et signent un traité. Puis, extinction des lumières, bousculades, on rallume : le manuscrit a disparu. Je reçois dans la nuit même une sommation à me présenter au comte le plus rapidement possible. Et nous voilà.
— Est-ce qu'il ne serait pas plus simple d'en refaire un exemplaire ?, demanda naïvement le jeune homme aux grosses lunettes marrons tombantes.
— Est-ce qu'il ne serait pas plus simple d'en refaire un exemplaire ?, demanda naïvement le jeune homme aux grosses lunettes marrons tombantes.
Olie ne répondit pas tout de suite, le fixant des yeux, ce qui en disait long.
— Humphrey... Rédiger un nouveau traité poserait problème à plusieurs niveaux : il faudrait reconvoquer toutes les personnes présentes, rouvrir les négociations et surtout admettre publiquement qu'il y a eu une faille ! Celui qui a l'original peut le faire fuiter, le modifier ou prétendre que d'autres clauses existaient. Ai-je mis un peu de lumière dans vos idées farfelues ?
Le stagiaire brun aux cheveux en bataille opina de la tête. Il remonta sa paire de lunettes et se tut pour le restant du voyage.
La jolie détective entra d'un pas assuré dans le cabinet du comte qui se trouvait caché à la vue des touristes, dans les méandres du petit palais. La pièce était finement décorée. De la tapisserie ornait les murs et lui donnait un cachet duveteux et réconfortant.
— Je rêverai de travailler dans un bureau comme celui-là, ironisa Humphrey.
— Vous plaisantez, j'espère. C'est un nid à poussière.
— Vous plaisantez, j'espère. C'est un nid à poussière.
Une porte se fit entendre et un homme se présenta. Il avait une allure imposante, directive et élégante. Un genre de dandy tout à fait propre sur lui. Sa moustache longue et fine était travaillée avec beaucoup de goût. Ses cheveux noirs étaient peignés avec soin. Ses yeux perçants dévisagèrent ses invités de façon implacable et sans merci.
— Mademoiselle Adler ?
— Elle-même, sourit Olie en inclinant la tête. Son joli chapeau lui donnait l'allure d'une femme moderne et sûre d'elle. Humphrey ne l'en admirait que davantage quand elle se faisait si raffinée.
— Elle-même, sourit Olie en inclinant la tête. Son joli chapeau lui donnait l'allure d'une femme moderne et sûre d'elle. Humphrey ne l'en admirait que davantage quand elle se faisait si raffinée.
Les protagonistes s'assirent sur l'énorme banquette bleue turquoise brodée de dorures et de fleurs des champs. Après avoir sonné, ils eurent du thé et des biscuits et purent commencer l'entretien qui les avait rassemblés. Le comte était assis aux côtés de la jolie détective. Il ne la quittait pas des yeux. Il semblait subjugué par elle, ses pommettes roses, ses yeux noirs, ses lèvres souriantes. Puis il se leva et s'absenta quelques minutes.
— Il vous dévore des yeux, admis le jeune homme.
— Voyons Humphrey, ne soyez pas jaloux. Vous n'auriez jamais aimé être une femme. Mais ne tardez pas à couper vos cheveux, je vois bien qu'ils poussent !
— Voyons Humphrey, ne soyez pas jaloux. Vous n'auriez jamais aimé être une femme. Mais ne tardez pas à couper vos cheveux, je vois bien qu'ils poussent !
Le comte refit son apparition et s'assit à nouveau sur le canapé. Olie reprit son investigation, posant des questions sur qui faisait quoi et où. Pourquoi le colonel était assis à sa droite ? Pourquoi les convives avaient pris le brandy avant le dessert ? Pourquoi le traité avait pris tant de temps à être signé ? A qui pouvait profiter le vol ? Combien de temps s'était écoulé entre l'extinction de la lumière et son retour ? Qui a allumé ? Où était chacun des membres de la soirée dans la pièce lorsque la lumière fut revenue ? Qui agissait différemment de d'habitude ce soir-là ?
Tandis qu'Olie creusait en profondeur tout le déroulement seconde après seconde de la soirée, elle prenait des notes dans son petit calepin avec un stylo de taille réduite qu'elle emportait partout sur elle. Elle enchaina les questions, les prises de notes, les reconstitutions dans la salle. Elle faisait jouer tour à tour Humphrey en diplomate, puis en comte pour visualiser son propre déplacement. L'aristocrate parisien se prêtait au jeu.
La journée entière y passa. Des analyses, des questions, des visites des témoins restants encore à Paris, les domestiques, les majordomes. Olie passa le tout au peigne fin. La nuit noire était désormais leur voisine. La détective se leva et soupira.
— Je pense qu'une nuit de sommeil nous sera profitable. Nous avons bien avancé.
— Mademoiselle Adler, laissez ma chère Louise vous faire déguster sa spécialité. Louise, je vous en prie, menez notre hôtesse à la cuisine et faites-lui votre délicieux bœuf bourguignon.
— Mademoiselle Adler, laissez ma chère Louise vous faire déguster sa spécialité. Louise, je vous en prie, menez notre hôtesse à la cuisine et faites-lui votre délicieux bœuf bourguignon.
Olie, ravie, suivie la jeune servante en souriant à Humphrey. Elle les laissait entre hommes, ce qui pouvait certainement apporter de nouveaux éclairages à la situation. C'était bien là l'avantage d'être dans un duo de sexe différent. Les confidences à l'un ou à l'autre pouvaient tout changer.
Ainsi Humphrey, assis sur le canapé comme une statue qu'on avait posé là toute la journée, se leva et commença son inspection naïve du cabinet.
— C'est charmant ces petites statuettes, dit-il en observant les œuvres exposées sur la cheminée représentant des hommes très musclés, nus et virils.
— Ce sont des bronzes de Riace. Leur anatomie est remarquablement détaillée. J'aime leur posture. Et là. Que pensez-vous de ces lutteurs ? C'est une copie de celle conservée à la galerie des Offices de Florence. Vous aimez ?
— Ce sont des bronzes de Riace. Leur anatomie est remarquablement détaillée. J'aime leur posture. Et là. Que pensez-vous de ces lutteurs ? C'est une copie de celle conservée à la galerie des Offices de Florence. Vous aimez ?
La statue représentait deux hommes en plein contact, nus. A côté, des boxeurs, nus aussi, romains aussi. Des Pancratiastes. Petit à petit, Humphrey commença à comprendre au fur et à mesure des postures de statuettes masculines et dévêtues ce qui se tramait. Il regarda le comte.
— Vous aimez ?, répéta l'aristocrate en cherchant son regard et en s'approchant de lui si près que leur nez se touchèrent.
— Je...
— J'ai envie de vous Humphrey. Vous êtes terriblement excitant. M'autorisez-vous... ?
— Monsieur le comte, je... J'avoue que je ne saurai vous dire si cela me ferait plaisir ou pas.
— Alors une simple gâterie vous rendra peut-être raison, qu'en dites-vous ?
— Je...
— J'ai envie de vous Humphrey. Vous êtes terriblement excitant. M'autorisez-vous... ?
— Monsieur le comte, je... J'avoue que je ne saurai vous dire si cela me ferait plaisir ou pas.
— Alors une simple gâterie vous rendra peut-être raison, qu'en dites-vous ?
Humphrey sentit la chaleur le gagner. Il se sentait terriblement excité et ne voulait pas dire non. A la fois l'intrigue de ce personnage le fascinait, à la fois l'idée de copuler pour de vrai avec cet étrange dandy le repoussait. Il finit par déboutonner son pantalon. Le comte se mit aussitôt à genoux.
— Humphrey, c'est un véritable cadeau que vous m'offrez là, dit-il en découvrant la belle friandise que le jeune homme avait entre ses jambes.
Le comte, les mains sur les fesses du jeune brun aux lunettes tombantes, le regarda. Il lui donna un signe de tête, une autorisation sans fioriture, un discret oui timide plein d'envie et de retenue, de honte étrange, de sentiment malhonnête. Il voulait savoir ce que cela faisait avec un homme.
Le dandy goba goulûment le jeune et doux dard robuste. Inspirant à plein nez, enivré du parfum délicieux du sexe mûrement à point, une journée de transpiration, une journée serré dans un petit pantalon. Il le lécha, le titilla, l'humecta de toute sa salive, aspirant, câlinant, embrassant, mordant tout doucement. Sa main accompagna sa bouche, le serrant tendrement de plus en plus fort. Humphrey haletait. Il n'en revenait pas d'être pétri de désirs et d'envie.
Il se retenait de tomber, s'accoudant à la cheminée, se laissant dévorer par ce bourgeois si habile de sa bouche et de sa main. Il ouvrit la bouche, laissant échapper des soupirs délicieux.
Le dandy goba goulûment le jeune et doux dard robuste. Inspirant à plein nez, enivré du parfum délicieux du sexe mûrement à point, une journée de transpiration, une journée serré dans un petit pantalon. Il le lécha, le titilla, l'humecta de toute sa salive, aspirant, câlinant, embrassant, mordant tout doucement. Sa main accompagna sa bouche, le serrant tendrement de plus en plus fort. Humphrey haletait. Il n'en revenait pas d'être pétri de désirs et d'envie.
Il se retenait de tomber, s'accoudant à la cheminée, se laissant dévorer par ce bourgeois si habile de sa bouche et de sa main. Il ouvrit la bouche, laissant échapper des soupirs délicieux.
— Pas si vite, pas si vite, je vais venir, je...
Trop tard. Il se déversa dans la bouche du comte avec une telle puissance, une telle folie, que son hôte faillit s'étouffer, se hâtant d'avaler. Il s'essuya les lèvres d'un revers de la main et se redressa devant lui.
— Vous n'êtes pas avare de semence, mon brave.
Il l'embrassa du bout des lèvres, lui glissant un peu de semence encore présente en bouche, et se servit un verre de vin rouge. Humphrey avala et se reboutonna.
Il vit soudain un petit bout de papier, avec un cachet, sous le canapé. Il s'assit à nouveau discrètement près de ce qui lui sembla être le traité, ne sachant trop comment il allait pouvoir le récupérer. Pourquoi diable était-il là ?
Il vit soudain un petit bout de papier, avec un cachet, sous le canapé. Il s'assit à nouveau discrètement près de ce qui lui sembla être le traité, ne sachant trop comment il allait pouvoir le récupérer. Pourquoi diable était-il là ?
Olie entra à nouveau dans la pièce, satisfaite d'avoir aussi bien mangé et surtout discuté avec l'ensemble du personnel des cuisines qui avaient préparé le repas de la veille. Elle s'assit face à Humphrey et accepta un verre de vin que tendit le comte.
Son beau stagiaire brun lui faisait un jeu de regard particulièrement risible en tentant de lui montrer à l'aide des yeux, de son index actif et du bout de son pied le fameux traité mal dissimulé sous le canapé. Olie s'en rendit compte. Ne sachant si le comte était complice, coupable ou ignorant, elle le récupéra discrètement et le glissa dans ses jupons. Il fallait à présent coûte que coûte quitter les lieux, se rendre chez l'imprimeur et le diffuser.
C'est ainsi que le lendemain, en première page du journal parisien, le traité authentique était publié dans son intégralité, et plus rien ne pouvait le changer.
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