Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Camille... Et eux... — Chapitre 1 · La frustration rouge
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
Camille... Et eux...
Chapitre 1 · La frustration rouge
Camille avait vingt-six ans et une chevelure rousse coupée très courte, presque garçonne, qui contrastait violemment avec la douceur féminine extrême de ses traits. Des taches de rousseur constellaient son nez et ses pommettes comme une constellation délicate, ses yeux verts presque translucides semblaient toujours un peu trop grands pour son visage, et sa bouche, pleine et naturellement rose, donnait l'impression d'être perpétuellement gonflée par un baiser qu'elle n'avait jamais vraiment reçu. Elle était d'une beauté qui faisait taire les conversations quand elle entrait quelque part. Et pourtant, elle était toujours vierge.
Pas par conviction religieuse profonde ni par peur. Juste... par romantisme idiot, par cette idée qu'elle s'était mise en tête depuis l'adolescence : elle se garderait pour l'homme qui la mériterait vraiment. Celui qui la regarderait comme si elle était la seule femme sur Terre. Celui qui saurait attendre. Celui qui serait tout.
Pas par conviction religieuse profonde ni par peur. Juste... par romantisme idiot, par cette idée qu'elle s'était mise en tête depuis l'adolescence : elle se garderait pour l'homme qui la mériterait vraiment. Celui qui la regarderait comme si elle était la seule femme sur Terre. Celui qui saurait attendre. Celui qui serait tout.
Sauf que les années passaient. Et les hommes, eux, ne passaient pas. Ou plutôt : ils passaient... mais jamais assez longtemps. Les applications de rencontre ? Elle avait essayé. Les photos d'elle faisaient exploser les likes, les messages affluaient, mais dès les premiers échanges, ou pire, au premier rendez-vous, l'évidence tombait : ils voulaient baiser. Vite. Fort. Sans attendre. Sans même faire semblant de s'intéresser à autre chose. Certains étaient polis, d'autres carrément brutaux dans leur demande. Aucun ne voulait attendre. Aucun ne voulait comprendre. Alors elle avait arrêté les applis.
Elle avait arrêté les soirées. Elle s'était remise à lire, à travailler, à faire du sport, à se dire que ça viendrait quand ça viendrait. Mais le corps, lui, ne raisonnait pas. Ce soir-là, un vendredi de janvier glacial, Camille rentra chez elle à vingt-deux heures passées. Elle avait passé la soirée à la bibliothèque universitaire où elle donnait des cours de soutien, puis elle avait marché dans le froid jusqu'à son petit appartement du troisième étage. Elle sentait encore l'odeur du papier ancien sur ses doigts.
Elle prit une douche brûlante, laissa l'eau couler longtemps sur sa nuque, sur ses seins lourds aux tétons très clairs, sur son ventre plat, sur le triangle roux soigneusement taillé qu'elle entretenait malgré l'absence totale d'amant. Quand elle sortit de la salle de bain, nue, les cheveux encore humides et hérissés, elle se regarda dans le grand miroir du couloir.
Elle se trouva belle.
Terriblement belle.
Et terriblement seule.
Elle marcha jusqu'à sa chambre, laissa tomber la serviette au sol, s'allongea sur son lit en désordre, les draps blancs froissés. La lumière de la petite lampe de chevet était douce, orangée. Elle écarta lentement les jambes. Ses doigts descendirent d'abord sur ses seins. Elle les prit à pleines mains, les malaxa doucement, sentit ses tétons durcir instantanément sous ses paumes. Elle les pinça, fort, jusqu'à ce qu'une petite pointe de douleur se mêle au plaisir. Elle gémit doucement, presque pour elle-même.
Elle se trouva belle.
Terriblement belle.
Et terriblement seule.
Elle marcha jusqu'à sa chambre, laissa tomber la serviette au sol, s'allongea sur son lit en désordre, les draps blancs froissés. La lumière de la petite lampe de chevet était douce, orangée. Elle écarta lentement les jambes. Ses doigts descendirent d'abord sur ses seins. Elle les prit à pleines mains, les malaxa doucement, sentit ses tétons durcir instantanément sous ses paumes. Elle les pinça, fort, jusqu'à ce qu'une petite pointe de douleur se mêle au plaisir. Elle gémit doucement, presque pour elle-même.
Puis sa main droite glissa plus bas. Elle passa d'abord sur le mont de Vénus, caressa les poils roux très doux, les lissa du bout des doigts comme on caresse un chat. Elle descendit encore. Quand ses doigts atteignirent ses lèvres extérieures, elle était déjà trempée. Vraiment trempée. Elle écarta ses grandes lèvres avec l'index et le majeur, exposant son clitoris gonflé, rose sombre, luisant. Elle le toucha du bout du doigt, un simple contact circulaire, très léger. Son bassin sursauta tout seul.
— Putain..., murmura-t-elle.
Elle recommença, plus appuyée. Petits cercles rapides, puis lents, puis rapides à nouveau. Sa respiration devint saccadée. Elle glissa deux doigts à l'intérieur de son vagin, juste l'entrée, sans aller trop profond – elle n'aimait pas trop la sensation d'être remplie quand elle était seule. Ce qu'elle voulait, c'était la friction sur son clitoris, cette petite explosion électrique qui montait en flèche.
Elle accéléra. Ses hanches ondulaient maintenant, elle baisait sa propre main, le bruit humide et obscène de ses doigts qui entraient et sortaient emplissait la pièce. Elle imaginait un homme au-dessus d'elle. Pas n'importe lequel. Un homme grand, les épaules larges, les mains fermes. Un homme qui la regarderait dans les yeux pendant qu'il la prendrait, lentement d'abord, puis de plus en plus fort, jusqu'à la faire hurler.
Elle changea de main.
La gauche prit le relais sur son clitoris, rapide, presque violente, tandis que la droite remontait vers sa bouche. Elle se lécha les doigts, goûta sa propre saveur salée, musquée, avant de les redescendre pour les enfoncer plus profondément cette fois.
Trois doigts maintenant. Elle les sentit écarter ses parois, les étirer. La brûlure était délicieuse. Elle accéléra encore. Son poignet cognait contre son pubis à chaque coup. Le lit grinçait. Son souffle devenait rauque, presque animal.
— Vas-y... vas-y... prends-moi..., chuchotait-elle entre deux gémissements.
L'orgasme arriva d'un coup, comme une vague qui se fracasse. Ses cuisses se contractèrent violemment autour de sa main, son dos se cambra, ses orteils se crispèrent. Un cri aigu, presque douloureux, jaillit de sa gorge. Elle sentit son vagin se contracter en spasmes puissants autour de ses doigts, une chaleur liquide couler sur sa paume et sur les draps. Elle resta longtemps immobile, pantelante, les jambes grandes ouvertes, la main encore à moitié enfoncée en elle, le cœur battant à tout rompre. Puis la réalité revint, doucement, cruellement. Elle retira ses doigts, les regarda briller dans la lumière tamisée. Elle les porta à sa bouche, les suça lentement, machinalement. Et là, dans le silence qui suivit l'orgasme, la tristesse l'envahit d'un coup, comme une lame froide. Elle était toujours vierge. Toujours seule. Toujours en train d'attendre un homme qui, peut-être, n'existait pas.
Elle se retourna sur le ventre, enfouit son visage dans l'oreiller, et pour la première fois depuis longtemps, laissa couler quelques larmes silencieuses. Elle ne savait plus si elle attendait encore vraiment. Ou si elle commençait, tout simplement, à désespérer.
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