Une salope très studieuse
Chapitre 1 · Ce qu'Aurore laissait derrière elle dans les endroits publics
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Une salope très studieuse — Chapitre 1 · Ce qu'Aurore laissait derrière elle dans les endroits publics

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Bimbo Aurora
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La précision quasi documentaire avec laquelle le texte décrit la géographie de la bibliothèque — le parquet sonore, le néon qui bourdonne, les dix secondes de trajet depuis l'espace principal — installe un sentiment de danger concret qui ne se relâche pas. Le monologue intérieur d'Aurore, clinique et cru à la fois, dit quelque chose de vrai sur le désir qu'on ne formule pas d'habitude. On salue surtout la façon dont l'écriture tient le lecteur dans le même état de tension que son personnage, jusqu'à la dernière ligne.

Une salope très studieuse

Chapitre 1 · Ce qu'Aurore laissait derrière elle dans les endroits publics

Troisième étage de la bibliothèque universitaire de Lyon-II, aile droit civil, rayonnage 7C, l'allée du fond qui se terminait sur un mur aveugle et une fenêtre à mi-hauteur donnant sur la cour intérieure. Elle connaissait cet endroit depuis le début du semestre, elle y était venue plusieurs fois pour travailler vraiment, assise par terre dos au mur avec ses codes annotés et son café froid, et pendant ces séances de travail ordinaires elle avait eu tout le loisir d'observer la géographie des lieux avec une attention qui n'avait déjà plus rien d'innocent. L'allée faisait peut-être huit mètres de long. Les rayonnages de chaque côté montaient jusqu'au plafond, chargés de volumes reliés en bordeaux et en vert que personne ne semblait jamais consulter. La lumière venait d'un néon fixé en hauteur qui bourdonnait légèrement et d'une lumière naturelle grise par la fenêtre.
Pour accéder à cette allée depuis l'espace principal de l'étage, il fallait passer devant le bureau de l'agent de bibliothèque, puis longer deux autres allées, puis tourner à droite. Le trajet prenait dix secondes environ. Les pas sur le parquet de chêne clair s'entendaient de loin, le bois était vieux et sonore, et cette caractéristique acoustique du lieu Aurore l'avait cataloguée avec le reste, consciencieusement, comme une donnée pertinente.
Elle avait dix-neuf ans et elle étudiait le droit en première année et elle avait un problème qu'elle n'aurait pas su nommer avec précision mais dont elle sentait la forme exacte depuis maintenant plusieurs mois. Ce n'était pas exactement un problème. C'était plutôt une nécessité d'un type particulier, quelque chose qui avait commencé comme une curiosité diffuse et qui était devenu progressivement une pression physique reconnaissable, quelque chose dans la poitrine et beaucoup plus bas, quelque chose qui réclamait une réponse spécifique et qui refusait de se satisfaire de substituts.
Elle avait besoin d'être vue.
Pas exactement vue. La nuance était importante et Aurore la connaissait intimement même si elle ne l'avait formulée à voix haute pour personne. Elle n'avait pas besoin qu'on la regarde vraiment, elle n'avait pas besoin d'un public conscient et attentif, ce dont elle avait besoin c'était du risque d'être vue, de la probabilité non nulle que quelqu'un apparaisse et découvre ce qu'elle faisait, et cette probabilité non nulle produisait dans son corps une réaction chimique d'une intensité qu'elle n'avait jamais réussi à reproduire dans des conditions de sécurité absolue. Seule dans sa chambre avec la porte fermée à clé elle se touchait et ça marchait, physiologiquement ça marchait, mais il manquait quelque chose d'essentiel, cette composante particulière du risque qui transformait l'acte ordinaire de se masturber en quelque chose d'une toute autre nature.
Elle avait mis du temps à comprendre ça. Elle comprenait maintenant.
Ce vendredi elle était arrivée à la bibliothèque à quatorze heures avec un sac à dos contenant ses affaires de cours qu'elle n'avait aucune intention d'ouvrir, elle avait dit bonjour à l'agent d'accueil du rez-de-chaussée avec son sourire d'étudiante sérieuse, elle avait pris l'escalier jusqu'au troisième, elle avait longé les allées 7A et 7B, elle avait tourné à droite dans la 7C, et arrivée à mi-chemin dans l'allée elle s'était arrêtée et avait regardé autour d'elle avec ce calme particulier qui venait du fait qu'elle avait pris sa décision bien avant d'arriver ici.
L'allée était vide.
Elle avait posé son sac à dos contre le bas du rayonnage de droite et s'était assise par terre dos au mur du fond, les jambes étendues devant elle, exactement comme quand elle travaillait vraiment, et pendant deux ou trois minutes elle était restée là sans rien faire, juste à écouter les sons de la bibliothèque autour d'elle. Le bourdonnement du néon. Un bruit de chaise quelque part, le raclement lent sur le parquet. Des voix basses dans l'allée 7A, deux personnes qui parlaient de quelque chose sans rapport avec le droit civil. Le silence particulier des bibliothèques qui n'est pas vraiment du silence mais une accumulation de petits sons discrets qui finissent par constituer une texture sonore reconnaissable.
Des pas sur le parquet.
Elle compta. Les pas venaient de l'espace principal, passaient devant les allées 7A et 7B, continuaient. Elle se raidit légèrement, les pas continuèrent jusqu'à l'allée 7D, tournèrent là, s'éloignèrent. Elle expira lentement.
Son cœur battait plus vite que la normale.
C'était ça. C'était exactement ça, cette accélération cardiaque provoquée par des pas sur du parquet, par la simple possibilité que quelqu'un approche et tourne dans son allée et la trouve là. Elle n'avait encore rien fait et son corps réagissait déjà à la topographie pure de la situation, au fait d'être assise dans cet endroit semi-public avec l'intention de faire quelque chose qu'on ne faisait pas dans les bibliothèques.
Elle glissa sa main droite sous le bord de sa jupe.
La jupe était une décision aussi. Elle ne portait presque jamais de jupes, elle était plutôt jean et pull, mais ce vendredi elle avait ouvert son armoire le matin avec cette intention déjà formée et elle avait choisi une jupe en laine épaisse qui tombait jusqu'aux genoux, l'air parfaitement ordinaire, et en dessous rien, une décision prise la veille au soir dans sa chambre avec une clarté absolue sur ce qu'elle projetait de faire le lendemain.
Le contact de ses propres doigts sur la peau de sa cuisse intérieure produisit une sensation immédiate et vive. Sa peau était chaude. Elle fit remonter sa main lentement, laissant ses doigts suivre la face interne de la cuisse avec cette lenteur délibérée qui était déjà une forme de cruauté envers elle-même, et quand ses doigts atteignirent l'espace entre ses jambes elle trouva ce qu'elle savait qu'elle trouverait.
Elle était déjà mouillée.
Pas légèrement, pas de façon ambiguë. Sa chatte était humide d'une façon qui n'avait rien d'équivoque, la cyprine avait commencé à sourdre probablement depuis qu'elle avait quitté son appartement, depuis qu'elle avait pris le bus avec son sac à dos innocent et son projet pas innocent du tout, et sous ses doigts maintenant il y avait cette chaleur moite et cette douceur que le simple fait de toucher du bout des doigts lui arracha un frémissement qu'elle dut contenir physiquement, les dents serrées.
Des pas dans l'allée 7A.
Elle ne retira pas sa main. Elle la laissa exactement où elle était, immobile, les doigts posés sur sa chatte humide et chaude, et elle écouta les pas progresser dans 7A, ralentir, une pause, le bruit d'un volume qu'on extrait du rayonnage, les pas qui repartent dans l'autre direction, qui s'éloignent. Elle attendit encore trente secondes après que le silence soit revenu.
Puis elle recommença à se toucher.
Un doigt d'abord, juste un, qui effleura la longueur de ses lèvres avec une légèreté presque absente, le genre de contact qui ne donnait pas ce qu'il promettait et qui fonctionnait exactement pour cette raison, qui maintenait le désir à un niveau juste en dessous de ce dont il avait besoin pour avancer. Elle déplaça le doigt en cercles très lents autour de son clitoris sans le toucher directement, sa respiration changeait, elle le sentait dans sa poitrine, elle prenait l'air différemment depuis deux minutes.
Puis quelque chose se déclencha en elle, un basculement qu'elle reconnaissait, et elle commença à se parler.
Pas à voix haute. Presque à voix haute. Une voix qui n'était pas tout à fait un murmure, quelque chose entre le murmure et la parole normale, modulée pour ne pas dépasser l'allée mais parfaitement audible à un mètre de distance pour quelqu'un qui aurait été là à écouter. Une voix qui était la sienne et qui disait des choses qu'elle n'aurait dites à personne.
Elle se disait qu'elle était une salope.
Elle se le disait avec la précision clinique de quelqu'un qui énonce un fait établi, et le mot dans sa propre bouche produisait quelque chose d'immédiat dans son corps, un resserrement, une pulsation, sa cyprine qui coulait un peu plus sous ses doigts comme si son corps répondait directement au vocabulaire. Elle continua. Elle se dit qu'elle était une petite salope exhibitionniste qui se touchait la chatte dans une bibliothèque parce qu'elle en était incapable autrement, parce qu'elle avait besoin de risquer d'être découverte pour ressentir quoi que ce soit, parce qu'elle était trop pathétique pour se contenter de sa chambre fermée à clé comme une personne normale.
Les mots s'enchaînaient avec une fluidité qui montrait qu'elle y avait réfléchi, qu'elle avait formé ces phrases quelque part avant de les prononcer, peut-être la nuit dans son lit ou peut-être maintenant en temps réel, les deux à la fois, et chaque mot qu'elle se disait faisait quelque chose à sa chatte que ses doigts seuls n'auraient pas fait.
Elle enfonça deux doigts.
La sensation la traversa de la base de la colonne jusqu'aux épaules et elle mordit l'intérieur de sa joue pour contenir le son qui voulait sortir. Sa chatte était tellement mouillée que ses doigts glissèrent sans résistance jusqu'à la deuxième phalange, la cyprine qui coulait maintenant contre sa paume, tiède et abondante, et elle bougea les doigts lentement et sentit ses parois se refermer autour comme elles faisaient toujours, cette pression interne douce et précise qui lui coupa la respiration une seconde.
Et elle continua à se parler.
Elle se dit qu'elle était exactement là où une salope de son espèce méritait d'être, à genoux métaphoriquement sur le parquet d'une bibliothèque publique, les doigts dans sa chatte mouillée, et que si quelqu'un entrait maintenant dans cette allée il la trouverait comme ça, jupe retroussée sur les cuisses, main entre les jambes, deux doigts enfoncés dans sa chatte qui dégoulinait, et qu'il verrait exactement ce qu'elle était. Une petite pute exhibitionniste de première année de droit qui n'était même pas capable d'attendre d'être chez elle.
Ce mot, pute, appliqué à elle-même avec cette voix basse et précise, produisit une pulsation si nette dans son clitoris qu'elle dut s'arrêter une seconde, les doigts immobiles à l'intérieur d'elle, les yeux fermés contre le mur. Sa respiration était audible maintenant, elle le savait, elle faisait un effort conscient pour la contrôler mais l'effort lui-même révélait l'état dans lequel elle était.
Alors le fantasme commença.
Il commençait toujours au même endroit : des pas sur le parquet.
Dans le fantasme qui se construisit avec la rapidité et la précision d'un mécanisme bien rodé, des pas approchaient dans l'allée 7C. Des pas d'homme, lents, qui s'arrêtaient à mi-chemin. Une pause. Puis qui continuaient jusqu'au fond. Et il tournait au bout de l'allée et il la voyait.
Elle construisit l'homme avec soin pendant que ses doigts recommençaient à bouger à l'intérieur d'elle. Un étudiant, plus grand qu'elle, un de ceux qui fréquentaient le troisième étage, elle en avait vu plusieurs ce semestre et son fantasme les amalgamait en une figure composite, brun, les mains grandes, qui portait une veste ouverte sur un t-shirt. Il s'arrêtait. Il la regardait. Il ne disait rien d'abord, juste ce regard qui descendait de son visage à sa jupe retroussée à sa main entre ses jambes, et elle dans le fantasme ne retirait pas sa main, elle le regardait en face et elle continuait, les doigts qui bougeaient lentement, régulièrement, et sa chatte qui faisait dans le silence de la bibliothèque un bruit mouillé qu'il pouvait entendre clairement.
Dans le fantasme il restait là.
Il ne repartait pas, il ne criait pas au scandale, il ne rigolait pas non plus. Il restait là à la regarder faire, et son regard sur elle était la chose la plus précise que son cerveau avait construite dans tout ce fantasme, ce regard qui la voyait vraiment, qui prenait la mesure exacte de ce qu'elle était et de ce qu'elle faisait, et sous ce regard elle continuait, ses doigts qui allaient plus vite maintenant, sa cyprine qui coulait contre sa paume et qui commençait à descendre sur ses cuisses, et elle s'entendait dans le fantasme se dire à voix haute qu'elle était une salope, une petite salope exhibitionniste qui avait besoin d'être regardée pour pouvoir jouir, qui avait choisi cet endroit exprès, qui mouillait depuis qu'elle avait quitté son appartement ce matin.
Et il continuait à regarder.
Dans le fantasme son regard ne bougeait pas, il la regardait comme quelqu'un qui a trouvé quelque chose d'inattendu et qui prend le temps de comprendre exactement ce qu'il a trouvé, et elle sous ce regard sentait quelque chose monter qui était à la fois la honte la plus pure et le désir le plus aigu qu'elle connaissait, les deux ensemble, indissociables, l'un alimentant l'autre dans une boucle qu'elle ne cherchait pas à interrompre.
Ses doigts s'accélérèrent.
La réalité et le fantasme se superposaient maintenant de façon presque indistincte, ses doigts à l'intérieur d'elle dans la bibliothèque réelle et dans la bibliothèque fantasmée c'était la même chose, et la voix basse qu'elle s'adressait à elle-même dans l'allée 7C continuait, elle se disait qu'elle était une pute qui mouillait d'être regardée, qu'elle était exactement le genre de fille qu'on pouvait trouver dans une bibliothèque avec les doigts dans sa chatte, que sa cyprine coulait sur ses cuisses comme celle d'une vraie petite salope qui n'avait aucune retenue, aucune dignité, aucune capacité à se comporter correctement dans un espace public.
Et plus elle se disait ces choses plus sa chatte répondait.
C'était ça le mécanisme central et elle le connaissait dans son corps avec une précision qu'aucune théorie n'aurait pu améliorer. Le lien direct entre le mot et la sensation, entre se traiter de pute dans sa propre voix basse et la pulsation immédiate qui répondait entre ses jambes, comme si le langage avait un accès direct à sa physiologie que rien d'autre n'avait de façon aussi efficace. Elle ajouta un troisième doigt et l'étirement doux qui suivit lui arracha un son qu'elle étouffa contre son propre poignet, les dents dans sa peau.
Dans le fantasme il avait fait un pas vers elle.
Un seul pas, pas plus, et elle dans le fantasme levait les yeux vers lui avec ce mélange qui était la définition exacte de ce qu'elle cherchait, la honte et le désir ensemble, elle savait qu'il la voyait, elle savait qu'il voyait sa jupe retroussée et ses doigts et sa chatte qui dégoulinait, et elle ne s'arrêtait pas parce qu'elle ne pouvait pas s'arrêter, parce qu'être vue par lui rendait l'arrêt impossible, parce que son regard était précisément ce qui faisait qu'elle continuait.
Il s'accroupissait à côté d'elle.
Elle construisit la suite avec la même précision maniaque, ses mains à elle toujours à l'œuvre, trois doigts qui entraient et sortaient d'elle dans un rythme qui s'était installé et qui était exactement le bon rythme, son pouce qui venait effleurer son clitoris à chaque mouvement de va-et-vient dans un contact délibérément insuffisant qui maintenait la tension juste en dessous du seuil. Il s'accroupissait à côté d'elle et il regardait de près, à trente centimètres, il regardait ses doigts qui entraient et sortaient de sa chatte, il entendait le bruit de sa cyprine, il sentait la chaleur qui rayonnait d'elle, et il lui disait à voix basse avec une neutralité presque analytique qu'elle était vraiment une petite salope, qu'il n'avait jamais vu ça, une fille qui se touchait dans une bibliothèque comme si c'était la chose la plus normale du monde.
Et dans le fantasme sa voix à lui en disant ça faisait à sa chatte quelque chose que ses propres mots n'avaient pas exactement réussi à faire, une pulsation d'une qualité différente, plus profonde, qui venait de plus loin à l'intérieur d'elle.
Elle pressa son pouce sur son clitoris.
Pas le contact insuffisant de tout à l'heure. Une pression réelle, directe, et la sensation remonta dans sa colonne comme une décharge et elle dut plaquer sa main libre contre sa bouche avec une force qui laissa probablement une marque rouge sur sa paume, les doigts de l'autre main qui continuaient à l'intérieur d'elle, son corps qui commençait cette tension pré-orgasmique reconnaissable dans les cuisses et dans le bas-ventre, ce resserrement progressif qui précédait toujours ce qui venait après.
Dans le fantasme il avait posé sa main sur sa cheville.
Juste ça. Sa main sur sa cheville, à travers sa chaussette, et ce contact minuscule et dérisoire dans le contexte de ce qui se passait était la chose la plus érotique que son cerveau avait générée depuis qu'elle avait commencé, parce que c'était le premier contact physique venant de l'extérieur, la première chose qui existait en dehors d'elle-même, et elle dans le fantasme sentait cette main sur sa cheville et continuait à se toucher, ses doigts qui accéléraient encore, son pouce qui ne relâchait plus la pression sur son clitoris, sa cyprine qui avait maintenant trempé la jupe sous elle et coulait sur ses cuisses et sur ses fesses et contre le parquet probablement.
Des pas dans l'allée adjacente.
Les pas réels, dans l'allée 7B, à un rayonnage de distance. Elle les entendit clairement et quelque chose dans son corps fit une chose qu'elle ne contrôlait pas, une contraction involontaire de sa chatte autour de ses doigts, réelle et immédiate, parce que les pas réels dans la bibliothèque réelle activaient exactement le même mécanisme que les pas dans le fantasme, parce que la probabilité réelle que quelqu'un approche et tourne à droite dans son allée était exactement la même probabilité que celle du fantasme et que son corps ne faisait pas la distinction.
Elle attendit. Les pas dans 7B continuèrent jusqu'au fond de l'allée, firent une pause. Elle ne retira pas ses doigts. Elle les laissa à l'intérieur d'elle, immobiles, pendant que les pas dans 7B se déplaçaient légèrement, le bruit d'un volume qu'on repose, puis qu'on reprend, puis les pas qui revenaient vers l'entrée de l'allée.
Vers l'intersection.
Vers le point où il fallait choisir entre repartir vers l'espace principal et tourner à droite vers l'allée 7C.
Elle ne respirait plus.
Sa main sur sa bouche, ses doigts immobiles à l'intérieur d'elle, son clitoris qui pulsait contre son pouce sans qu'elle bouge, et les pas dans 7B qui approchaient de l'intersection. Elle sentait sa chatte contracter rythmiquement autour de ses doigts toute seule, sans qu'elle fasse quoi que ce soit, le simple fait d'attendre, la simple probabilité de ces pas qui tournaient à droite.
Les pas tournèrent à gauche.
Ils s'éloignèrent vers l'espace principal, décrurent, disparurent dans le fond sonore de la bibliothèque.
Elle laissa l'air sortir de ses poumons très lentement.
Puis elle recommença.
Ses doigts reprirent leur mouvement à l'intérieur d'elle avec une précision renouvelée, le rythme qui se réinstalla immédiatement, son pouce qui reprit sa pression sur son clitoris, et la voix basse reprit, elle se disait à elle-même qu'elle était une petite salope exhibitionniste qui avait failli se faire prendre, que sa chatte avait contracté toute seule tellement elle avait voulu que ces pas tournent dans son allée, que sa cyprine dégoulinait encore plus maintenant comme celle d'une vraie pute en chaleur qui mouillait à l'idée d'être découverte dans une bibliothèque universitaire un vendredi après-midi.
Le fantasme reprit là où il s'était arrêté.
Il était toujours accroupi à côté d'elle, sa main sur sa cheville, et il lui disait à voix basse que sa chatte était tellement mouillée, qu'il pouvait l'entendre de là où il était, que la cyprine coulait sur ses cuisses et qu'elle était la fille la plus pathétique et la plus excitante qu'il ait jamais vue. Et dans le fantasme ce mot, pathétique, l'atteignit de façon particulièrement précise parce que c'était vrai, parce qu'elle le savait, parce que se faire dire par quelqu'un d'autre qu'elle était pathétique en train de faire exactement ça dans exactement cet endroit était une vérité que son corps recevait directement sans filtre.
Elle commença à se toucher le sein de sa main libre.
Sous le pull, sous le soutien-gorge qu'elle avait gardé contrairement au bas, elle trouva son sein et pressa la paume dessus avec une pression ferme qui envoya une information supplémentaire dans le réseau général de sensations qu'elle gérait en ce moment, son sein chaud et lourd dans sa main, son téton qui durcissait sous le tissu du soutien-gorge, et elle pressa plus fort, la douleur légère qui s'ajoutait au reste comme une voix de plus dans un accord.
Dans le fantasme il avait glissé sa main le long de sa cheville jusqu'à son mollet.
Sa main réelle sur son sein se resserra un peu plus. Ses doigts à l'intérieur d'elle accélérèrent encore, son pouce ne quittait plus son clitoris, et la tension dans ses cuisses était maintenant à un niveau qui voulait dire que ça n'allait plus durer longtemps. Elle se disait qu'elle était une pute, une petite salope exhibitionniste qui allait jouir dans une bibliothèque avec ses doigts dans sa chatte mouillée, que sa cyprine allait tremper le parquet sous elle, que si quelqu'un entrait maintenant il la verrait exactement comme ça, en train de jouir, et que cette pensée, ce quelqu'un qui entrerait maintenant, cette image du visage de quelqu'un qui tournerait dans l'allée et trouverait Aurore en train de jouir les doigts dans sa chatte, était la pensée qui finit le travail.
L'orgasme la prit par la bas du ventre d'abord.
Une contraction profonde, puis une autre, et ses doigts à l'intérieur d'elle sentirent ses parois se refermer avec une force qui les immobilisa presque complètement, sa chatte qui pulsait autour d'eux en vagues serrées et régulières, et elle plaqua sa main entière sur sa bouche et pressa fort contre ses propres lèvres pour contenir ce qui voulait sortir, un son qui n'aurait pas été un murmure du tout, un son qui aurait rempli l'allée et peut-être les allées adjacentes et peut-être plus.
Les vagues continuèrent. Ses hanches bougèrent involontairement contre sa main, cherchant la pression, la trouvant, et la cyprine coula contre sa paume en une quantité qui mouilla ses doigts jusqu'au poignet. Elle maintint la pression de son pouce sur son clitoris pendant les premières vagues puis dut reculer parce que la sensibilité devenait insupportable, ce seuil où le plaisir bascule vers quelque chose que le corps ne peut pas gérer.
Elle resta immobile pendant ce qui lui sembla très long.
Le son du néon. Les sons de la bibliothèque, indifférents, continus, les bruits de chaises et de pages et de voix basses quelque part à l'étage qui n'avaient rien à voir avec elle et qui avaient continué pendant tout ce temps.
Elle retira ses doigts lentement. La sensation de retrait s'ajouta au dernier bord de l'orgasme, une réponse douce de son corps qui n'en finissait pas tout à fait. Elle regarda sa main. Ses doigts brillaient dans la lumière du néon, couverts de cyprine jusqu'à la base, et elle eut une pensée brève et nette sur ce qu'elle était, assise par terre dans cette allée avec sa jupe trempée et ses doigts comme ça, et la pensée n'était pas de la honte, ou plutôt elle était de la honte mais une honte qui coexistait avec quelque chose d'autre, une satisfaction physique totale et une satisfaction d'une autre nature, celle d'avoir fait exactement ce qu'elle avait décidé de faire dans exactement l'endroit qu'elle avait choisi.
Elle rebaissa sa jupe. Essuya sa main contre l'intérieur du tissu. Ramassa son sac à dos. Se leva en s'appuyant contre le rayonnage parce que ses jambes n'étaient pas tout à fait fiables.
Elle prit le temps de se stabiliser, d'égaliser sa respiration.
Puis elle remonta l'allée 7C vers l'espace principal du troisième étage, passa devant le bureau de l'agent de bibliothèque qui ne leva pas les yeux, prit l'escalier, sortit dans l'air d'octobre.
La ville continua son bruit.
Elle rentra chez elle à pied, les cuisses encore légèrement humides sous sa jupe, et dans sa tête elle pensait déjà à la semaine prochaine et à la question de savoir si elle resterait dans l'allée 7C ou si elle essaierait ailleurs, quelque chose d'un peu moins isolé, l'allée 6A peut-être, celle qui était visible depuis le bureau de l'agent, et cette pensée dans l'air froid d'octobre lui fit l'effet qu'elle connaissait, cette chaleur qui revenait s'installer quelque part précisément, patiente, qui attendait.
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