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✦ ChachaVelours Les silences brulants XSTORY
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Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Les silences brulants — Chapitre 2 · La pesanteur du manque

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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ChachaVelours
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Les silences brulants

Chapitre 2 · La pesanteur du manque

Ça n'aurait dû être qu'un souffle.
Un visage dans la lumière trouble de la nuit. Un regard volé dans une soirée sans importance, un éclat furtif dans le tumulte de ma petite vie. Ce genre d'instant que le temps efface une fois range dans un tiroir à fantasmes inoffensifs. C'était ce que j'aurais voulu. Ce que j'avais prévu.
Mais lui, il est resté. Pas dans ma vie, ni dans mes bras, mais quelque part en moi.
Une griffure invisible sous la peau. Une chaleur vibrante au creux du ventre qui refusait de s'éteindre.
Je pensais que ça passerait, que c'était juste mon imagination, mais les jours ont passé et il ne partait pas. Son visage s'effaçait lentement de ma mémoire, pourtant le désir, lui, restait. Comme si ce qu'il avait réveillé ne dépendait plus de lui. Comme si ce regard avait déclenché quelque chose d'irrémédiable.
Je me réveillais le matin avec un poids entre les cuisses. Pas quelque de douloureux, mais une tension douce et persistante. Le genre d'envie qu'on tente d'ignorer, mais qui revient toujours plus forte et qui vous serre la poitrine dès qu'on ferme les yeux. C'était comme si mon corps s'était souvenu de quelque chose que je n'avais pas vécu. C'est là que tout a changé.
Je me suis surprise à regarder les hommes, différemment. Je les observais. Leurs regards sur moi ou sur les autres femmes, les yeux suivant l'ondulation des hanches, se glissant dans le sillon d'un décolleté. Leurs sourires charmeurs et leurs rires lors d'une blague. Leur nuque. La manière qu'ils avaient de s'asseoir, de parler, de regarder. Leurs mains, surtout. La façon dont certains jouaient avec leur montre, ou touchaient leur nuque en riant. J'imaginais ces mains sur moi et parfois, ça me coupait la respiration. Je n'avais jamais été de celles qui détaillent. Et soudain, mon regard devenait animal. Curieux. Avide.
Je me regardais dans le miroir d'un œil nouveau, non plus pour chercher mes défauts, mais pour m'imaginer désirée.
Mon regard descendait lentement le long de mon reflet : mon visage, mes seins, mes hanches jusqu'à ce creux intime que je n'avais jamais vraiment osé désirer pour moi-même.
Et j'ai découvert autre chose. Je m'étais toujours trouvé "correct", suffisant pour être attirante, mais pas trop pour être irrésistible. Ce jour-là, j'ai mis ma lingerie préférée juste pour voir l'effet que ça me faisait. Dans la lumière dorée du matin caressant ma peau, j'ai vu des lignes, des courbes, des zones d'ombres et de lumière. Je me tournais, je me cambrais. Je voyais ces endroits qu'il pourrait mordre et caresser. J'ai posé mes mains sur mes seins et doucement je les ai pressés l'un contre l'autre, écrasant mes pointes tendues.
J'ai eu envie de moi-même pour la première fois. Je ne m'étais jamais sentie aussi vivante, aussi présente dans mon corps.
Tant pis, je serais en retard à la fac, mais mon regard réclamait quelque chose que je ne pouvais plus maîtriser. Je me suis allongée sur le lit gardant le shorty noir en dentelle, glissant ma main dessous.
Je n'ai pas pensé à Lucas. J'ai pensé à lui. À ses yeux dans les mieux. À sa bouche sur ma peau. À ce qu'il pourrait me dire s'il me prenait.
Les doigts de ma main droite étaient devenus rapides, frénétiques sur ma vulve humide. Je me caressais sans m'enfoncer. Ma main gauche glissait sur mon corps comme jamais auparavant, elle agrippait mes seins, ma gorge avant de finir sur mon front, mes doigts glissant entre mes cheveux.
Je me caressais avec envie, sans retenue. J'ai glissé deux doigts dans ma grotte qui palpitait déjà. Mon corps s'est arqué, tendu.
Et puis... j'ai lâché prise. Des va-et-vient rapides, impatients, affamés. J'imaginais son corps claquer contre le mien.
Je suis venue comme une vague. Un orgasme doux, que j'ai senti monter avant de déferler sur mon corps. Je me suis mordu la lèvre pour ne pas gémir trop fort. Je suis restée là, nue, de longues minutes, savourant les tensions de mon corps disparaître.
La honte est alors revenue, doucement, comme un souffle froid sur une nuque. Mon corps et mon esprit venaient encore de jouir pour un autre.
Je me suis dit qu'il fallait que je réagisse, que je ne pouvais pas juste me laisser dériver comme ça, à fantasmer sur un client de mon lieu de travail. Lucas n'avait rien fait de mal. Il était là. Gentil. Stable.
Ce n'était pas lui, le problème.
Alors j'ai fait ce que font les couples quand la flamme vacille : j'ai voulu la rallumer. Casser la routine. Retrouver quelque chose. N'importe quoi.
J'ai organisé un petit week-end en amoureux, au bord de la mer. Un dîner dans un resto romantique, une location Airbnb toute simple avec une chambre lumineuse et un grand lit. J'ai mis toutes les chances de mon côté.
Le jour J, j'ai choisi mon plus bel ensemble. Celui qui me donnait un peu l'impression d'être une autre. Tanga rose en dentelle fine, soutien-gorge push-up qui galbe mes seins et les serre juste assez pour les faire déborder légèrement. Une robe bleue, légère, fluide, qui dévoile mes jambes quand je marche et qu'il aimait bien, autrefois. Je me suis maquillée doucement, juste pour rehausser mes traits, souligner mes yeux.
J'avais envie qu'il me regarde autrement, qu'il me veuille, qu'il me dévore du regard.
J'avais envie qu'il ait envie de moi comme un homme a envie d'une inconnue dans un bar.
Au début, c'était bien. On s'est baladés sur la plage, main dans la main. Il m'a dit que j'étais belle, "comme toujours", avec ce sourire sincère et tendre. On a ri au restaurant. On a parlé de souvenirs, de petits projets. On aurait pu être heureux, mais moi, à l'intérieur, j'étais tendue comme un arc. Mon corps brûlait d'un désir silencieux. J'avais passé la journée à l'imaginer. Mon shorty collait à mes lèvres humides, et à chaque pas, je sentais ce frottement me rappeler que j'étais prête. Prête pour quelque chose de plus fort. De plus cru. De plus vrai. De retour dans la chambre, j'étais excitée rien qu'à l'idée de savoir que j'allais y passer. D'habitude, je n'aime pas quand cela est prévu, mais là, mon corps le réclamait comme un verre d'eau après une journée de canicule. Jamais je n'avais ressenti cette envie de me faire pénétrer, de sentir un homme en moi.
Je me suis rapprochée de lui. J'ai tenté un baiser plus profond, plus mordant. J'ai posé ses mains sur mes fesses, ondulant mon corps contre le sien. Je voulais l'allumer. Qu'il m'attrape, qu'il me plaque contre le mur, qu'il me prenne sans un mot. Mais... rien. Pas cette étincelle. Pas ce feu que j'espérais dans ses yeux. Pas ce regard qui vous déshabille et vous brûle. J'ai vu dans ses yeux l'habitude. Il a juste souri, surpris, un peu gêné, sûrement touché, mais pas affamé.
J'ai voulu insister. Je me suis détaché de lui et j'ai laissé glisser ma robe à mes pieds. Je me suis mordu la lèvre tout en le regardant comme une lionne attendant sa proie. Il a posé ses mains sur moi. Avec douceur. Comme s'il avait peur de me froisser. Je ne savais pas comment faire plus. Comment exprimer ce que je voulais. Je n'étais pas une experte. Je n'avais pas l'assurance des femmes qui savent ce qu'elles veulent, comment le demander, comment l'exiger. J'avais juste mon désir flou et brûlant et la sensation de ne pas être entendue. Lucas m'a regardée, un peu rouge aux joues.
— Tu es tellement belle comme ça... tu veux que je te fasse l'amour ?
Sa voix était douce, presque solennelle.
Je me suis figée. Je ne voulais pas qu'il me "fasse l'amour". Je voulais qu'il me baise. Qu'il me défonce. Qu'il me gifle les fesses et me dise des choses sales à l'oreille.
Mais j'ai hoché la tête mécaniquement parce que je ne savais pas comment lui expliquer sans le blesser.
Il a caressé mon corps puis a retiré ma lingerie et je me suis allongé sur le dos. Il a glissé ses doigts entre mes jambes, mais trop timidement. Il n'appuyait pas où j'en avais besoin et sans la pression qu'il aurait fallu. Il a entrouvert mes lèvres et découvert l'inondation de mon sexe. Il a sûrement dû se dire que c'était lui qui m'excitait ainsi. Il m'a regardée comme si j'étais fragile, comme si je risquais de me briser alors que c'est ce que je désirais. Il s'est glissé entre mes cuisses, son sexe dur glissant contre le mien. En missionnaire, il est entré en moi, doucement, presque religieusement. Il a commencé à bouger, un rythme régulier, mécanique. Moi, je regardais le plafond, et dans ma tête, c'était un autre corps. Une autre voix. Une autre scène.
Je m'imaginais prise avec plus de passion. Ses doigts dans mes cheveux, un souffle contre mon oreille. Des mots crus qui font rougir et mouiller en même temps. Je me rêvais en train de couiner comme une chienne qui perd tout contrôle de son âme. Pendant ce moment, Lucas, lui, murmurait mon prénom. Il m'embrassait tendrement le cou. Il croyait bien faire. Il accéléra et plutôt gesticulait nerveusement, essayant de se retenir avant de pousser un cri aigu. J’ai contracté mon périnée pour mieux le sentir éjaculer en moi, mais sans grand résultat. Quand il a fini, il a souri. Il m'a embrassée encore. Moi, je suis restée là, les yeux ouverts dans le noir. Mon sexe irradiait encore.
Je me suis levée pour aller dans la salle de bain. J'aurais pu prétendre prendre une douche, mais Lucas dormait déjà, satisfait et rassasié. J'avais envie de hurler. De mordre une serviette. Qu'on me prenne jusqu'à m'écrouler, nue, tremblante, brisée de plaisir. Mais rien n'est venu. Juste moi, seule, dans la salle de bain, les cuisses humides, les yeux rougis. Et ces larmes silencieuses, pas de tristesse... non. De pure frustration. »
Quelques semaines ont passé. La chaleur de mon corps s'est atténuée après ce week-end, comme un réveil après un rêve délicieux.
Tout est redevenu normal. Les cours de la fac, les partiels, les révisions dans la bibliothèque. Les "ça va ?" échangés à la va-vite. Les nuits trop courtes. Les pâtes trop cuites. Les messages sans surprise. La répétition étouffante des jours sans saveurs. Je me sentais comme dans un tunnel. Un tunnel propre, rangé, sans heurt, mais surtout sans issue.
Plus je regardais les autres filles et plus je les voyais s'épanouir tout en me disant que cela n'était pas pour moi. Flavie était à chaque fois le centre de l'attention dès qu'elle rencontrait un nouveau mec. Toujours avec une anecdote à raconter, à me souffler à l'oreille comme un secret délicieux. Pour l'un c'était : « Il avait des doigts de fou, Charlotte. Genre vraiment. Il savait exactement où appuyer, où caresser, quand ralentir... Je suis montée trois fois, je te jure. Trois. » Pour le second : « Il avait une bite énorme. Je pouvais à peine sucer le gland. Le reste de sa matraque ne pouvait pas rentrer dans ma bouche. J'ai cru qu'il allait me déchirer mon minou. Pour le troisième et le quatrième : « Ils ont joui en même temps, l'un dans ma chatte et l'autre dans mon cul, je savais même plus comment je m'appelais ». Elle racontait ses anecdotes en jouant avec une de ses mèches rousses bouclées.
— Faut que tu vives ça, Chacha.
Je répondais que je n'avais pas besoin de ça pour être heureuse. Je pense qu'elle voyait le mensonge dans mes yeux. J'étais malheureuse et je me sentais vide. J'enviais sa liberté. Je désirais son audace. Je jalousais son plaisir.
Et puis l'un de ces soirs banals d'automne où le ciel était gris, le sol détrempé, et l'air sentant les feuilles mortes. J'étais lessivée par les révisions, par le service au bar, par le silence de mon propre corps. Je m'étais maquillée un peu plus. Je portais une robe qui collait à mes hanches. Un débardeur tombant un peu sur l'épaule, comme par accident. Je ne cherchais pas à séduire. Je voulais juste quelqu'un qui me remarque.
Il est revenu. Je l'ai vu entrer, le même regard, le même sourire, mais accompagné d'une autre femme. Elle avait l'air plus âgée que moi, ou peut-être pas. Je l'ai oubliée. Je me suis approchée pour prendre la commande, je le dévisageais sans écouter. Ses traits d'homme approchant la quarantaine, ses mèches blanches parmi sa tignasse châtain, ses yeux noisette en amandes, sa fine barbe.
— Un verre de cognac pour... monsieur et un verre de chardonnay, c'est noté.
J'avais l'impression que j'allais m'étouffer à chaque mot. Puis il eut un geste de la main en posant son verre, presque imperceptible, mais dirigé vers moi. J'ai senti mes joues chauffer. Ma gorge se serrer et pire que tout : mon sexe pulser comme un muscle frappé d'une crampe. J'ai dû tourner les talons et filer dans les toilettes. Je n'avais jamais connu ça. J'avais envie de pleurer, et j'avais envie de jouir.
Je me suis regardée dans le miroir, haletante. Mes joues étaient rouges, mes yeux brillants. Je ne savais plus qui j'étais. Cette envie si crue, si brutale, en plein service. Je voulais être elle, qu'il me regarde comme ça, sentir sa main sur ma cuisse, son souffle dans mon cou. J'ai fermé les yeux et mon imagination a fait le reste.
Je voulais qu'il entre, qu'il me découvre dos à lui le regardant dans le reflet du miroir. J'aurais soulevé ma robe et baissé ma culotte. Il m'aurait enfoncé sa queue d'un coup, brutal, fort, profond, là, maintenant, sans un mot. Je me suis mordu la lèvre. Mon corps me trahissait. Mon désir était plus fort que ma peur, que ma honte, plus fort que tout.
Mais il n'est pas venu et c'était peut-être ça, le pire. Il ne savait même pas que j'étais là, à l'attendre. J'étais seule, dans ces toilettes glacées, accompagnée seulement de ma honte contre ce foutu corps qui se réveillait enfin, maintenant, pour un homme que je ne connaissais même pas. Je me suis réajustée, j'ai repris mon rôle, mon tablier, mon masque. Mais toute la soirée, je n'ai pensé qu'à lui et j'ai su, ce soir-là, que je n'étais plus la même.
Un point de non-retour.
Je suis rentrée chez moi le ventre en feu et l'âme chiffonnée. Dans la seconde où je me suis isolée du monde, j'étais déjà nue, sans même m'en rendre compte. Je m'étais déshabillée sans y penser, brûlante, comme si mon corps voulait se libérer de tout. Je me suis allongée sur mon lit dans la pénombre, avec seulement la lumière de l'écran de mon ordinateur sur mon visage. Ma main droite sur le clavier. L'autre déjà entre mes cuisses. Je caressais mes lèvres intimes du bout des doigts pour sentir ce que j'étais en train de devenir : une autre femme. Ou peut-être moi, enfin.
Mon petit vibromasseur était un cadeau de Lucas, quelque chose pour pimenter, pour jouer. Là je voulais quelque chose de sérieux. Je sais que Flavie en a un avec ventouse. Elle dit que c'est pratique pour s'entraîner à chevaucher ou pour simuler une levrette. D'habitude, l'idée me paraissait étrange, mais ce soir-là, j'ai scrollé les modèles. J'ai regardé les formes, les textures. J'ai hésité, évidemment. Mais plus j'en voyais, plus mon sexe se contractait, comme s'il décidait à ma place.
Et puis je suis tombée sur lui. Un gode réaliste. Long de dix-huit centimètres. Gros. Veiné. Un peu obscène. Il était d'une teinte chaude, il vibrait, et avec la fameuse ventouse. À mille lieues de Lucas. À mille lieues de mes petits jeux discrets, de mes caresses sous mes draps dans le noir.
J'ai cliqué sur « Ajouter au panier » puis « Livraison express ». Oui, j'ai payé le supplément pour être livrée dès le lendemain. Je ne pouvais pas attendre.
Le lendemain, il était là. Un simple carton posé dans la boîte aux lettres, comme un colis parmi d'autres, sauf que je savais. Je le tenais entre mes bras comme un secret brûlant. Personne ne pouvait deviner ce qu'il contenait, mais moi je sentais déjà son poids dans mon bas-ventre.
La journée de cours m'avait épuisée. Trop d'heures, trop de visages, trop de choses dites et entendues alors que je ne pensais qu'à lui. À ce que j'allais découvrir. À ce que je m'apprêtais à lui faire. Une fois la porte de mon studio refermée, tout est devenu silencieux, presque irréel. J'ai posé le colis sur mon lit. J'ai hésité une seconde. Le bout de mes doigts tremblait sur le scotch. Je me suis sentie ridicule... puis j'ai déchiré le carton.
Il était là, dans son plastique, plus gros que ce que j'avais imaginé. Je l'ai sorti, lentement. La matière était chaude au toucher, presque vivante. L'odeur légèrement caoutchouteuse m'a fait rougir.
Je l'ai pris dans ma main. Mon ventre s'est contracté. Il vibrait légèrement lorsque j'ai appuyé sur le bouton, un ronronnement presque imperceptible. Un deuxième clic le renforçait. Un troisième le rendait intense. Il y avait un second bouton. Une autre option. Je l'ai activé. Le mouvement a commencé. Un petit va-et-vient lent, presque timide, un peu comme des coups de reins mesurés. Mon souffle s'est arrêté. J'ai eu chaud. J'ai enlevé mes vêtements en montant sur le lit. Je n'ai même pas tiré les rideaux occultants. Si quelqu'un me regardait, j'espère qu'il a apprécié la naissance de la nouvelle Charlotte. J'ai hésité une seconde puis j'ai humidifié le gode avec ma bave.
Je me suis mise à califourchon, écartant mes cuisses, mes lèvres s'ouvrant sous la moiteur, accueillantes, impatientes. J'y allais doucement, comme on monte un cheval pour la première fois. Mes hanches ont descendu en retenant leur souffle. J'ai senti l'engin s'insinuer, mon intérieur s'ouvrir et serrer ce mat. Il m'a remplie comme aucun doigt, aucun sex-toy. Lucas ne l'avait jamais fait à ce point.
J'ai fermé les yeux. Mon corps vibrait bien plus que le jouet. Mon bassin a commencé à bouger tout seul. Le godemichet me percutait le fond avec ces petits coups réguliers, hypnotiques. Chaque fois qu'il frappait ce point-là, ce point que je n'avais jamais atteint autrement, je gémissais sans m'en rendre compte. J'ai cambré mon dos, soulevé mon bassin. Lentement d'abord. Puis plus vite. La sueur commençait à perler sur ma peau, mes seins bougeaient à chaque mouvement.
J'ai tourné la tête vers le miroir de l'armoire. D'abord honteuse puis fascinée. J'ai passé une main dans mes cheveux, les détachant, jouant avec eux sur mon visage, comme si je devenais enfin cette femme que je désirais être.
Puis je me suis retiré, et sans réfléchir, je l'ai mené à ma bouche. Tournant la langue dessus, gémissant, affamée et délectant mon nectar mélangé à cette odeur de caoutchouc. Je l'ai fixé avec la ventouse contre le pied métallique de mon bureau. Je me suis mise à quatre pattes, les genoux de chaque côté du pied de mon bureau, les fesses relevées, j'ai reculé contre le gland en plastique. En levrette, offerte, docile, presque animale. Je l'ai guidé et je l'ai enfilé. Là, ça a été différent. Le va-et-vient s'est intensifié, brutal. Aléatoire. Comme si l'engin avait compris ce que je voulais. Lorsqu'il fut entièrement en moi, j'avais les faux testicules qui vibraient contre mon clitoris et le gland qui percutait mon col. Je criais à présent. Des petits gémissements courts, désespérés, incontrôlables. Je n'avais plus besoin de mes doigts. Mes hanches effectuaient le travail. Mon corps savait.
Et c'est arrivé. L'orgasme. Un vrai.
Pas celui qu'on fait monter soi-même pour aller dormir. Pas celui qu'on se fabrique avec ses propres doigts. Un orgasme comme une vague, soudaine qui t'éclate à la figure sans prévenir. J'ai eu la sensation que mon ventre se tordait, que mes jambes devenaient de la guimauve. J'ai senti tout mon sexe se contracter autour de lui, comme s'il ne voulait plus le laisser sortir.
J'ai voulu hurler, mais ma gorge s'est bloquée, comme étranglée, m'empêchant de respirer quelques secondes. J'ai eu envie de pleurer. Je me suis écroulée sur le sol, nue, en sueur, vidée. Et j'ai eu un fou rire. Un rire nerveux, honteux, soulagé. Ce n'était qu'un jouet, mais je savais qu'à partir de maintenant, je ne pourrais plus faire semblant. Je n'étais plus simplement Charlotte. J'étais un corps, un désir, une femme qui savait ce qu'elle voulait.
Et ce que je voulais... c'était lui.
Depuis ce soir-là, tout a changé. Le monde autour de moi est devenu sexuel. Chaque geste, chaque regard, chaque silence vibrait d'un sous-texte. Je n'étais plus la même. Chaque nuit, je le retrouvais. Le jouet était devenu un rituel. Un besoin. Une obsession. J'imaginais cet homme plus facilement. J'anticipais ses mains, sa voix, son poids sur moi. Je devenais plus audacieuse devant le miroir de ma penderie. J'aimais voir mon sexe s'ouvrir, se tendre, se déformer à chaque orgasme. Lucas me paraissait fade. Lointain. Presque inutile. Je ne savais plus faire semblant. Mais lui ne voyait rien. Et moi... je ne savais juste pas comment rompre.
Et puis... il est revenu. Encore. Un rire a claqué dans l'air comme un coup de feu dans mon ventre.
— Charlotte ! C'est vrai que tu bosses là !
Flavie, radieuse, accrochée à son bras.
Lui, surpris, me fixant du regard.
Moi, choquée, avec l'envie de mourir.
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lookingforvenus
7 février 2026 à 07:34
Un des plus beaux textes que j'ai lu ici depuis un moment.
Il exprime le besoin, le manque, la honte furtive, le désir plus fort, les images incontrôlées, la découverte de soi-même, la nécessité impérieuse de casser son image et de choisir sa vie.
Bien sûr, j'ai éprouvé un vif plaisir à vous lire.
Et cela m'a aussi parlé en tant qu'homme, du temps où j'étais un peu votre Lucas, le mec parfait et tellement respectueux de la "femme de sa vie" qu'il en oubliait qu'elle pouvait avoir son plaisir brut.
J'ai découvert, tout comme vous, mon pouvoir, mes désirs bruts, un peu plus tard et j'ai cassé mon image de "mec bien".
C'est aussi pour çà que votre histoire me touche.
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Photo de profil de ph9T
ph9T
20 janvier 2026 à 18:07
Vraiment très agréable à lire un régal
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Utilisateur supprimé
10 septembre 2025 à 16:16
Bien écrit
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Photo de profil de wooly45
wooly45
10 septembre 2025 à 07:24
Tellement beau ce texte qui traduit en mots les besoins d'une femme.
C'est un des très beau texte que je lis.
Plus encore, c'est une formation sur les desirs de la femme.
Impossible pour un homme de penser comme c'la.
Tout homme devrait apprendre les besoins de la femme comme décrit dans ce texte.
Très intimiste et essentiel.
Vive la femme ou plutôt vive les femmes!
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Photo de profil de Evano
Evano
10 septembre 2025 à 00:05
Je confirme la qualité de l'écriture. C'est extrêmement plaisant et immersif
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Photo de profil de BluePanthere
BluePanthere
9 septembre 2025 à 15:32
Quelle suite !
Largement du niveau du premier opus, j'ai vraiment bien fait de m'installer :)
Merci Chacha, vos écrits sont désormais plus qu'attendus ;)
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Photo de profil de Don Corleone
Don Corleone
9 septembre 2025 à 15:24
Récit magnifique !!
J’ai adoré !!
Bien écrit avec des vrai sensations !!
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