Allumé entre deux gares
Chapitre 1
00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ LysandreRecits Allumé entre deux gares XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Allumé entre deux gares — Chapitre 1

19 minutes
12k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

LysandreRecits
Histoires publiées
3
Abonnés
9
J'aime cumulés
52

Allumé entre deux gares

Chapitre 1

Je l'ai remarqué dès que je suis montée dans le wagon. Quarante ans, peut-être un peu plus. Une bonne gueule certes, mais rien qui arrête le regard plus longtemps que nécessaire. Le genre d'homme qu'on ne remarque pas vraiment, à qui on ne fait pas d'avance. Il était assis seul, côté fenêtre, le regard fixé sur un point vague, comme s'il se concentrait sur l'idée même de ne penser à rien. Je me suis installée en face de lui. Pas par hasard.
J'ai trente-quatre ans et je sais que je les porte bien. Pas seulement parce que je suis mince, ou parce que je sais choisir mes vêtements, mais parce que je n'ai plus ce doute fébrile des filles qui se demandent si elles plaisent. Je le sais. Je le sens dans les regards qui s'attardent, dans la façon dont on se redresse quand je passe, dans cette seconde de silence qui précède parfois une réponse. Je n'ai rien à prouver, et c'est précisément ce qui me rend dangereuse quand je m'ennuie.
Ce jour-là, j'avais trois heures de train devant moi, aucun livre, ni envie particulière. Juste ce temps étiré qui m'était offert. Alors j'ai décidé de jouer. Rien de spectaculaire. Un jeu discret, presque innocent en apparence. Voir jusqu'où je pouvais aller, à quel point je pouvais le faire vaciller sans jamais intervenir.
La première secousse m'a réellement surprise. La seconde, en revanche, je l'ai utilisée. Je me suis levée pour attraper mon sac dans le compartiment au-dessus de moi, prenant le temps d'allonger mon corps, de tendre les bras, de déplacer légèrement mon centre de gravité. Quand le train a ralenti, j'ai laissé mon équilibre céder juste ce qu'il fallait.
Je suis tombée contre lui. Ma poitrine a effleuré son visage, mon bassin s'est calé brièvement contre son épaule. Une seconde à peine. Trop courte pour qu'il puisse réellement en profiter, mais trop précise pour qu'il puisse prétendre que rien ne s'était passé. Je me suis redressée aussitôt, avec ce sourire poli qui ne s'excuse pas vraiment.
— Pardon, ai-je dit doucement.
Il a répondu quelque chose d'à peine audible, sans me regarder. Je me suis rassise tranquillement, consciente du léger décalage qui s'était installé. Depuis ma place, je le voyais lutter contre lui-même. Ses yeux faisaient des allers-retours discrets, jamais assez insistants pour être assumés, jamais assez rapides pour passer inaperçus. Je ne bougeais pas. Je le laissais faire.
Je suis allée chercher un café deux wagons plus loin. Je n'en avais pas vraiment envie. Ce qui m'intéressait, c'était de disparaître quelques minutes, de le laisser seul avec ce que je lui avais mis dans la tête. Quand je me suis levée, j'ai senti son regard me suivre. Je ne me suis pas retournée. Je l'ai laissé regarder mon dos, mes hanches, la façon dont je traversais le wagon sans me presser.
Je suis restée absente un peu plus longtemps que nécessaire. Assez pour qu'il se demande si j'allais revenir. Assez pour que le manque commence à travailler.
Quand je suis revenue, je ne me suis pas rassise tout de suite. J'ai posé mon gobelet sur la tablette, lentement, j'ai retiré mon manteau, puis j'ai pris place en face de lui. J'ai croisé les jambes et j'ai laissé ma main s'attarder une seconde de trop sur ma cuisse nue.
Il a levé les yeux malgré lui. Cette fois, il n'a pas réussi à détourner le regard assez vite. Sa respiration s'est légèrement coupée, et je l'ai vu se redresser sur son siège, comme s'il venait de se rappeler brusquement de son corps. C'est à ce moment-là que j'ai su qu'il était pris.
Je me suis rassise tranquillement, en prenant le temps d'ajuster ma jupe, puis j'ai sorti de mon sac une sucette. J'ai souri pour moi-même. Bien sûr que c'était cliché, mais c'était trop amusant pour que je résiste quand je l'ai aperçue au wagon-bar.
Je l'ai déballée lentement, le papier crissant à peine, puis je l'ai portée à ma bouche. Mes lèvres se sont refermées dessus sans hâte. Je les ai senties s'arrondir, s'humidifier légèrement, prendre leur place autour de la surface lisse. J'ai fait tourner la sucette doucement, avec la langue, comme on le fait machinalement, sans y penser. J'étais attentive à chaque mouvement de ma langue, à la pression de mes lèvres qui s'ouvraient et se refermaient avec une régularité presque paresseuse. Je me suis surprise à trouver ça absurde. Presque trop évident. Le genre d'image qu'on croit usée jusqu'à la corde.
Et pourtant. Je sentais son regard, même sans le chercher. Cette attention fixe, suspendue, qui cessait peu à peu d'être curieuse pour devenir autre chose. Je continuais, sans jamais accélérer, laissant la sucette glisser, ressortir légèrement, revenir. Un geste simple, répétitif, presque hypnotique.
Puis, sans prévenir, j'ai mordu dedans.
Un craquement sec, net. La sucette s'est fendue sous mes dents. J'ai retiré le bâton, calmement, mâché un instant, puis j'ai avalé, comme si de rien n'était. J'ai reposé le reste sur la tablette, parfaitement indifférente. La parenthèse venait de se refermer.
Je suis restée immobile quelques secondes, le regard posé ailleurs, pour laisser retomber légèrement la tension. Puis j'ai fouillé à nouveau dans mon sac, et j'en ai sorti un petit flacon en verre dépoli. Je l'ai fait rouler entre mes doigts avant de dévisser le capuchon. J'ai déposé une goutte au creux de mon poignet, puis derrière l'oreille. Le parfum était sec, boisé, discret, le genre qui ne frappe pas tout de suite, mais qui s'installe, qui s'accroche sans prévenir.
Je n'ai pas eu besoin de le regarder pour sentir sa réaction. Son souffle s'est modifié. Une inspiration à peine plus profonde. Je venais de poser quelque chose sur lui. Une trace invisible. Je voulais que cette odeur le suive plus tard, qu'elle se glisse dans ses draps, qu'elle le fasse bander sans qu'il sache exactement à quoi se raccrocher.
J'ai rangé le flacon, puis j'ai sorti mon téléphone. Je l'ai tenu d'une manière négligente, l'écran légèrement incliné vers la fenêtre. Je savais très bien ce que je faisais. La vitre renvoyait une image imparfaite, suffisante pourtant pour capter l'essentiel. Je faisais semblant de regarder pour moi, à l'abri, tout en lui laissant l'illusion qu'il surprenait quelque chose qu'il n'était pas censé voir.
J'ai fait défiler quelques images sans importance, puis je me suis arrêtée. Une photo. Lingerie, lumière douce. Rien d'outrancier, mais un cadrage trop intime pour être anodin. Assez familier, surtout, pour qu'il comprenne que ce n'était pas n'importe qui. Je n'ai pas bougé. Je l'ai laissé faire le lien seul.
Je sentais son regard revenir, encore et encore, incapable de se fixer, mais incapable aussi de me quitter. À ce stade, je savais que tout devenait lisible pour lui, chargé, déformé par ce que je lui avais mis dans la tête. Le moindre de mes gestes prenait un poids excessif : une respiration un peu plus profonde, un mouvement d'épaule, mes doigts qui glissaient distraitement sur le bord de la table. J'aurais pu ne rien faire du tout et ça aurait suffi. C'était ça, le plus amusant. Le voir chercher des signes là où il n'y avait plus besoin d'en donner, le sentir suspendu à moi comme une proie qui croit encore pouvoir anticiper le jeu, alors que chaque seconde passée ne faisait que l'enfoncer un peu plus.
C'est là que je me suis rendu compte que quelque chose s'était retourné contre moi. Une chaleur sourde, diffuse, installée bas, que je n'avais pas anticipée. Je l'ai comprise en ajustant légèrement ma position, dans ce frottement presque insignifiant qui m'a pourtant coupé le souffle une fraction de seconde. J'ai souri intérieurement, à la fois surprise et amusée. Le jeu m'excitait plus que je ne l'aurais cru.
Il fallait que j'en aie le cœur net. J'ai glissé discrètement la main sous ma jupe, dans un geste assez banal pour passer pour une simple démangeaison le long de la cuisse. Et quand mes doigts ont atteint mon entrejambe, j'ai dû me rendre à l'évidence. J'étais bien mouillée.
Ce n'était pas lui qui m'excitait, mais ce rôle que je jouais. Cette place exacte que j'occupais, au-dessus, en train de tirer les fils. Mais presque aussitôt, j'ai compris le danger. Si je restais là trop longtemps, à savourer, j'allais finir par me perdre dans ma propre mise en scène.
Quand j'ai relevé les yeux, j'ai vu que son regard avait changé. Il avait surpris le geste. Peut-être avais-je été plus transparente que je ne l'avais voulu. Et pour la première fois depuis le début, quelque chose m'a échappé. Je l'ai senti dans son corps qui se redressait, dans cette tension nouvelle, plus directe, moins contenue. Il avait gagné en assurance et semblait sur le point de passer à l'action.
C'est à ce moment précis que des pas ont résonné dans le wagon.
Les contrôleurs.
La tension s'est rompue net, comme un fil qu'on tranche. Je me suis redressée, sauvée par cette interruption presque grotesque. J'ai su alors qu'il fallait que j'accélère. Provoquer une rupture, quelque chose de plus radical. Il fallait aller au bout, maintenant. Alors que les contrôleurs s'approchaient, j'ai simplement tendu la jambe sous la table jusqu'à frôler la sienne. Pas une caresse. Pas même un appui franc. Juste une présence insistante, rendue possible par l'anonymat du tissu. Son souffle s'est légèrement déréglé.
Après nous avoir contrôlés, les agents se sont éloignés. Leurs pas se sont dissipés peu à peu, et le wagon a retrouvé cette forme de silence étiré, presque épais. J'ai retiré lentement ma jambe. Il est resté immobile, comme s'il retenait encore son souffle. Puis il a cédé. Il s'est penché légèrement vers l'avant, un mouvement presque imperceptible, mais suffisamment clair pour marquer un changement. Sa voix était basse quand il a parlé, hésitante, comme si elle s'excusait d'exister.
— On pourrait... bouger, non ?
Il ne savait pas s'il formulait une proposition ou une supplique. Peut-être un peu des deux. Je l'ai regardé longuement. Je n'ai pas souri. Je n'ai rien répondu. Je me suis simplement levée. J'ai pris mon sac, traversé le wagon sans me presser. Je suis passée devant les toilettes sans m'y arrêter, j'ai continué encore, puis j'ai laissé une porte coulisser derrière moi. J'ai disparu.
Je savais exactement ce qu'il ferait. Se lever. Me suivre. Essayer de dissimuler son érection aux autres passagers, puis m'attendre fébrile, mais convaincu que mon désir lui était enfin acquis. C'était précisément ce que je voulais lui laisser croire.
Quand je suis revenue, il était dans les toilettes. La porte était entrouverte, juste ce qu'il fallait pour feindre la discrétion. Il avait attendu. Je le sentais dans sa posture, dans cette façon trop droite qu'il avait de se tenir. J'ai ouvert la porte d'un geste sec et je suis restée là, bras croisés, le visage neutre. Puis j'ai lentement secoué la tête.
— T'es sérieux ?
Il n'a pas bougé.
— Tu croyais vraiment que j'étais partie pour ça ?
Je l'ai regardé de haut avec ce mépris calme qui ne cherchait même pas à blesser, mais qui s'imposait malgré tout.
— T'as foncé dans le piège comme un chien affamé. T'as même pas réfléchi.
Il a baissé les yeux un instant. Quand il les a relevés, quelque chose avait changé. Il avait ce regard dans lequel je pouvais lire une tension qui se redressait, une ligne qui cessait de plier.
— Tu joues à quoi, là ? m'a-t-il lancé.
Je n'ai pas répondu.
— Tu veux pas l'admettre, mais t'en meurs d'envie.
Il m'a regardée droit dans les yeux cette fois. Il ne reculait plus. Sa voix s'était affermie, presque accusatrice.
— Arrête. Je sais très bien ce que j'ai vu. Ta main sous ta jupe. Ce soupir après. Tu peux nier si tu veux, mais je sais ce que ça t'a fait.
Il avait appuyé là où ça faisait mal. Je suis restée immobile. Je n'ai ni confirmé ni démenti. Il a entrouvert un peu plus la porte.
— Tu viens ou pas ?
Je n'ai pas bougé tout de suite. Une seconde. Puis deux. Puis trois. J'ai senti le poids de l'instant s'écraser lentement contre ma poitrine puis quelque chose a cédé en moi. Je ne savais plus très bien si c'était un choix ou une capitulation. La porte s'est refermée derrière moi. À partir de là, je n'ai plus réfléchi.
Je l'ai embrassé sans prévenir. Fort. Malpropre. Sa bouche s'est ouverte aussitôt et il me l'a rendu avec trop d'empressement, trop de langue, trop d'avidité. Je l'ai senti immédiatement dépassé par ce qui lui arrivait. Je l'ai repoussé doucement contre la paroi étroite. Le verrou a claqué derrière moi. Autour de nous, il y avait l'odeur du train, du métal chauffé, de la moquette sale, et par-dessus tout celle de la tension accumulée par nos corps.
Il était tendu à l'excès, chaque mouvement contrôlé de justesse. Je n'avais presque pas besoin de le toucher pour sentir à quel point il en avait envie. J'ai défait son pantalon d'un geste net, rapide, sans cérémonie. Sa queue a jailli aussitôt, déjà dure et luisante. Il a laissé échapper un gémissement incontrôlé qui m'a fait sourire.
Je me suis agenouillée sans un mot, sur ce sol immonde, la moquette grise un peu collante. Je m'en foutais complètement. Ma bouche l'a englouti sans préambule, profondément, d'un seul mouvement franc, presque violent. Il s'est cambré aussitôt, trop brusquement. Sa main est venue frapper le mur derrière lui pour se retenir. Il ne s'y attendait pas.
Il était chaud, salé, trop dur pour ce genre de moment. J'ai serré les lèvres, j'ai aspiré, j'ai appuyé ma langue sous sa queue, là où je savais que ça le ferait réagir. Il a gémi à nouveau, plus fort cette fois, sans retenue.
— Putain... a-t-il soufflé.
J'ai continué. Lentement d'abord, puis un peu plus vite. Ma salive coulait, mes joues se creusaient, j'en faisais trop, volontairement, pour l'entendre perdre pied. Pour sentir son bassin se tendre, son souffle se briser, son corps trahir à quel point il était déjà au bord. Beaucoup trop vite. Le con.
J'ai reculé brutalement. Ma bouche s'est refermée sur le vide dans un bruit sec. Il est resté là, le sexe luisant, palpitant, l'air complètement perdu, comme s'il n'avait pas compris ce qui venait de se passer. Je me suis redressée lentement.
— Non.
Il a fait un pas vers moi. Je l'ai arrêté d'un geste de la main.
— Tu crois que c'est comme ça que ça marche ? Que je vais te laisser me gicler dans la bouche et retourner à ta place ? Tu penses sérieusement que c'est comme ça que je prends mon pied.
Il a bafouillé quelque chose. Je l'ai coupé immédiatement.
— T'as deux options.
Je l'ai laissé reprendre son souffle sous mon regard. Une pause volontaire qui scellait l'emprise que je venais de reprendre sur lui.
— Soit tu me baises comme il faut. Lentement. En me faisant jouir. Sans jouir toi-même. Soit tu craques. Tu te vides comme un ado incapable de se tenir. Et on se revoit jamais.
Il m'a fixée, les yeux brillants, humides de désir et de tension. Il comprenait très bien.
— J'ai envie de te revoir, mais seulement si tu me prouves que t'en es digne.
Je me suis adossée à la porte. J'ai écarté légèrement les cuisses, juste assez pour qu'il voie.
— T'as compris les règles ?
Il a hoché la tête.
— Alors baisse les yeux. Et fais en sorte de ne pas me décevoir.
Il a obéi. Ses mains sont venues timidement vers mes hanches. Je n'ai rien dit. Il a compris que le silence valait autorisation. Il s'est avancé, sa queue a glissé entre mes cuisses. J'étais prête. Il a poussé, lentement, nerveusement, et est entré en moi avec un râle contenu, comme si cette simple pénétration pouvait déjà le faire jouir.
Il a commencé à bouger. Doucement. C'était maladroit, un peu hésitant. Pas désagréable, mais insuffisant. Il s'est accroché à mon corps, cherchant désespérément quelque chose à quoi se retenir pour ne pas perdre le contrôle.
Je l'ai senti paniquer. Il a ralenti. Repris. Presque arrêté. Je suis restée immobile. Je l'ai laissé faire. Je l'ai laissé comprendre, seul qu'il n'était pas sur la bonne voie. Que cette façon hésitante de me prendre ne me ferait pas jouir. Il m'a regardée enfin. Essoufflé. Le front humide. Sa queue tremblait en moi. Il serrait les dents. Il avait envie de me plaire. Il avait envie de me garder. Et il a compris, avec une clarté brutale, qu'il ne tiendrait pas.
— Je... je vais pas y arriver, a-t-il enfin soufflé.
Je l'ai fixé. Il n'y avait rien dans mon regard pour l'aider, rien à quoi se raccrocher. Il a dégluti. Sa voix est descendue encore, presque avalée par la honte.
— Est-ce que je peux... Est-ce que je peux te lécher, à la place ?
Je n'ai pas répondu. Je l'ai laissé dans ce silence, à la merci de ce qu'il venait d'avouer. Il a baissé les yeux.
— Je t'en supplie.
J'ai souri. Il s'est retiré à contrecœur. Sa verge est restée dure même si elle était désormais privée de toute fonction, comme un rappel constant de ce qu'il n'avait pas su maîtriser. Je me suis adossée à la porte et j'ai levé légèrement une jambe, juste ce qu'il fallait. Il est resté figé une seconde, puis son regard est descendu lentement vers moi. J'étais déjà ouverte, mouillée, offerte. Mon souffle était plus court, mais mon regard est resté calme. Il s'est agenouillé. Ses mains tremblaient quand il les a approchées. Je les ai attrapées, les ai posées moi-même sur mes cuisses.
— Là. Tu ne bouges plus.
Il a hoché la tête. J'ai senti en lui ce mélange exact que je cherchais : la faim et la peur.
Parfait.
Sa bouche s'est posée contre moi, doucement, presque trop prudemment. Il a exploré sans oser. J'ai à peine soupiré, puis j'ai resserré mes cuisses.
— Prends ton temps, ai-je dit calmement.
— Tu n'as qu'une chance.
Il a recommencé. Cette fois, il s'est appliqué. Sa langue a été d'abord hésitante, puis plus assurée. Il a goûté, est remonté lentement, a appris. Je me suis ouverte davantage sous lui. Mes doigts se sont glissés dans ses cheveux, je l'ai guidé.
— Là.
— Non, pas comme ça.
— Oui. Là.
J'ai senti sa queue frôler ma jambe, dure, chaude, tremblante. Il se retenait. Il devait se retenir. J'ai mouillé davantage. Je le savais, il le sentait. Son visage était trempé. Je me suis légèrement cambrée, son nez a frôlé mon clitoris. Il a compris, s'y est attardé, est revenu, a appuyé, aspiré. J'ai gémi. Un vrai gémissement. Sans calcul. Sans mise en scène.
— Continue.
Il a gémi aussi. Son bassin a bougé à peine, cherchant un soulagement qu'il n'aurait pas. Sa respiration s'est brisée. Il était tendu comme une corde prête à rompre. Moi aussi, maintenant. Je suis montée. J'ai roulé mes hanches contre sa bouche. Ma main s'est refermée dans ses cheveux, fermement.
— Ne t'arrête pas.
Il a obéi. Sa langue s'est emballée, sa bouche m'a dévorée. Je me suis brisée. Un spasme m'a traversée, brutal, profond. Mon dos s'est cambré, ma cuisse a cogné contre son épaule. J'ai joui. Fort. Longtemps. D'abord sans bruit, puis sans retenue. Des râles bas, ouverts, incontrôlables. Je l'ai plaqué contre moi jusqu'à ce que la vague s'apaise enfin. Puis je l'ai repoussé d'un geste sec.
Il a reculé, haletant, le visage trempé, la queue toujours dressée. Je l'ai regardé longuement. Il me suppliait du regard. Il était à bout. J'ai souri.
— Tu veux jouir ?
Il a hoché la tête, au bord des larmes.
— Trop tard.
Je me suis rhabillée sans me presser. Il est resté là, nu, tremblant, humilié. J'ai ramassé mon sac, puis je me suis arrêtée une seconde. J'ai fouillé dedans et en ai sorti un stylo. Je lui ai pris la main. Il n'a pas résisté. J'ai écrit mon numéro dans le creux de sa paume, lentement, en prenant soin de tracer chaque chiffre. Pas trop vite. Juste assez fort pour lui faire ressentir un soupçon de douleur.
— Tu peux m'écrire.
J'ai refermé ses doigts sur sa main.
— Peut-être que je te répondrais.
Je n'ai rien ajouté. J'ai rangé le stylo, pris mon sac, ouvert la porte et je suis sortie.
Il est resté seul dans les toilettes du train.
Dur.
Vide.
Et envahi de moi.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Fin du livre
Vous avez atteint la fin de ce livre.
L'auteur n'a pas encore précisé si une suite est prévue.

Commentaires ()

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à en laisser un !

Histoires similaires

✦ Sensuelle Emilie Le voyage en train XSTORY
Le voyage en train
Chapitre 3
Par Sensuelle Emilie
218
12
26.3k
Hétéro
✦ Lismis Le petit oubli XSTORY
Le petit oubli
Chapitre unique
Par Lismis
213
19
9.7k
Hétéro
✦ Lavitaebella Anna, une vie bien remplie XSTORY
Anna, une vie bien remplie
Chapitre 2
Par Lavitaebella
12
2
5.1k
Hétéro
✦ Bouffeurorleans Un DZ et un bobo XSTORY
Un DZ et un bobo
Chapitre 2
Par Bouffeurorleans
22
2
6.6k
Gays
✦ Johnjohn Ma reconversion en tant que masseuse XSTORY
Ma reconversion en tant que masseuse
Chapitre 3
Par Johnjohn
311
4
13.8k
Hétéro
✦ la catin Enfin déflorée ! XSTORY
Enfin déflorée !
Chapitre 1
Par la catin
277
6
47.4k
Hétéro
✦ Palavy Metro Boulot Dodo XSTORY
Metro Boulot Dodo
Chapitre 2
Par Palavy
155
2
16.1k
Hétéro
✦ redlips Un stage très formateur XSTORY
Un stage très formateur
Chapitre 5
Par redlips
15
1
5k
Hétéro
✦ Exorium Cynthia et les hommes mariés XSTORY
Cynthia et les hommes mariés
Chapitre 11
Par Exorium
111
1
3.7k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio