Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Ici ? — Chapitre 1 · Promenade parisienne
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Ici ?
Chapitre 1 · Promenade parisienne
Ce débardeur blanc est moulant. Debout devant le miroir ce matin j'ai hésité. Le tissu épouse mes seins, dessine leur forme, leurs pointes. Sans soutien-gorge c'est évident. Rien d'obscène. Mais évident. Quiconque regarde sait.
La jupe est légère. Fluide. Elle s'arrête un peu au-dessus du genou. Le genre de jupe qui bouge quand on marche, qui se soulève quand le vent s'en mêle, qui ne protège de rien.
Le string en dentelle noire. Seul rempart entre le monde et moi.
Il a dicté la tenue. Chaque pièce. Ce matin au téléphone alors que j'étais seule, sa voix calme, précise, comme s'il commandait un café. Débardeur blanc moulant. Jupe légère au-dessus du genou. String dentelle noir. Pas de soutien-gorge. C'est tout.
Pas d'explication. Pas de contexte. Juste : vous verrez bien.
Je sais qu'il a un projet. Quelque chose. Je le sens. Je le connais assez maintenant pour savoir que chaque détail a un sens. Que la tenue n'est pas un caprice. Qu'elle fait partie de ce qui va se passer. Mais quoi, je n'en ai aucune idée.
En marchant vers le café je sens tout. L'air sur mes jambes nues sous la jupe. Le tissu du débardeur qui frotte mes tétons à chaque pas. Le string qui me rappelle sa présence entre mes fesses, entre mes cuisses, sur mon sexe. Les regards des hommes dans la rue. Certains discrets. D'autres moins. Mon corps exposé sous ces deux couches de tissu fin. Habillée. Presque nue.
Il est déjà là. Terrasse d'un café parisien. Milieu d'après-midi. Soleil de fin d'été. Des tables autour, des couples, des amis, des gens seuls sur leur téléphone. La vie normale. Les gens normaux.
Il se lève quand j'arrive. Me regarde. De haut en bas. Lentement. Ce regard que je connais. Celui qui inventorie. Qui approuve. Qui possède sans toucher.
— Parfaite.
Un mot. Je m'assois. Mon cœur bat déjà trop vite.
Nous commandons. Parlons. De tout. De rien. De la ville. Du temps. De la vie.
Deux personnes normales à une terrasse de café. Sauf que mes tétons sont durs sous le tissu blanc et que je sais qu'il les voit. Que n'importe qui pourrait les voir. Deux pointes qui tendent le coton. Chaque brise sous ma jupe me rappelle le string entre les cuisses. Ce fin rempart de dentelle. Le dernier avant ma nudité.
Ce que personne autour de nous ne soupçonne, c'est que l'homme en face de moi m'a léchée, pénétrée, attachée, frappée. Que j'adore ça, que je lui ai demandé de m'aider à connaître mes limites. Et que je lui voue une confiance sans bornes. Ce secret entre nous. Cette bulle invisible. Je me surprends à sourire.
Le café arrive. Je bois. Il me regarde par-dessus sa tasse. Ce regard tranquille qui voit tout. Mes joues un peu roses. Mes épaules nues dans le soleil. Le tissu tendu sur mes seins.
À la table d'à côté, un couple. La femme parle avec animation. Ses mains bougent. Elle raconte quelque chose qui lui tient à cœur. L'homme hoche la tête. Répond par monosyllabes. Ses yeux dérivent. Vers moi. Mes jambes croisées. Le débardeur tendu sur mes seins. Son regard s'attarde un peu trop. Il se reprend. Revient vers sa compagne. Hoche à nouveau la tête. Ses yeux reviennent. Malgré lui. Mon ventre frémit. Je ne suis pas censée aimer ça. Je ne suis pas censée le remarquer. Mais cet homme qui ne peut pas s'empêcher de regarder, ça me fait quelque chose. Au creux de mon ventre. Plus bas.
Sa compagne ne remarque pas son manège. Trop occupée par son propre récit. Tout de même un peu agacée qu'il ne soit pas plus attentif. Moi-même, je ne l'aurais pas remarqué si je n'étais pas dans cet état d'hyper-vigilance. Chaque regard sur moi semble amplifié. Chaque coup d'œil est un projecteur.
Il pose sa tasse. Me regarde. Pose sa main sur mon bras. Doucement. Ses doigts chauds sur ma peau.
— Retirez votre string.
Le monde s'arrête.
Le bruit de la terrasse continue. Les voix. Les tasses. Le trafic. Mais dans ma tête un silence blanc. Vaste. Irréel.
— Donnez-le-moi.
Deux phrases. Séparées par un silence qui pèse une tonne.
— Maintenant.
Je le regarde. Cherche le sourire. La plaisanterie. Il n'y en a pas. Ses yeux sont calmes. Sérieux. Patients.
Mon cœur cogne dans mes tempes. Mon premier réflexe : me lever. Aller aux toilettes. Faire ça à l'abri. Derrière une porte fermée. Là où personne ne voit. Là où personne ne sait. Là où la honte peut se consommer en privé.
Sa main sur mon bras. Ferme.
— Où allez-vous ?
— Je… je vais suivre vos instructions.
— Asseyez-vous.
— Je… je vais suivre vos instructions.
— Asseyez-vous.
Je m'assois.
— Je n'ai pas dit allez retirer votre string dans les toilettes. Je vous ai dit de le retirer. Maintenant. Ici.
Ici. À cette table. Au milieu de cette terrasse. Au milieu de ces gens.
La chaleur monte à mes joues. Brûlante. Mon cœur bat si fort qu'il doit l'entendre. Que tout le monde doit l'entendre. Comment faire ça. Me lever, relever ma jupe, faire glisser le string le long de mes jambes. Impossible. Je mourrais de honte. On me verrait. On saurait.
Il me regarde. Souriant. Confiant. Il attend.
Je regarde autour de moi. Les tables. Les gens. Personne ne me regarde. La femme du couple d'à côté parle toujours. Son compagnon a les yeux sur son téléphone pour l'instant. Le serveur est à l'intérieur. Les passants passent.
Personne ne me regarde.
Je me soulève à peine sur ma chaise. Un mouvement infime. Comme si j'ajustais ma position. Ma main droite glisse sous ma jupe. Entre mes cuisses. Mes doigts trouvent le tissu. La dentelle. Je tire. Doucement. Le string glisse sur ma peau. Descend. S'arrête à mi-cuisse.
Je suis écarlate. Persuadée que la terre entière a vu. Que tout le monde sait. Je regarde autour de moi. Le couple. Les autres tables. Le serveur qui revient avec un plateau.
Rien. Personne n'a rien vu. Personne ne regarde.
Je continue. Ma main replonge. Tire le tissu plus bas. Le string glisse le long de ma cuisse. Mon genou. Je soulève un pied. Le passe à travers. Puis l'autre jambe. Le tissu en boule au creux de ma main. Petit. Chaud. Intime.
C'est fait.
Mon sexe est nu sous la jupe. L'air y circule. Sur mes lèvres. Sur mon clitoris. Sur chaque pli de mon intimité. La jupe repose sur mes cuisses. Légère. Fine. Si je bouge, si je croise les jambes, si le vent souffle, si je me penche : rien. Rien entre le monde et moi. La sensation est vertigineuse. Mon sexe mouille contre le tissu de la jupe. La peur ou l'excitation. Les deux. Mon corps ne fait plus la différence.
Le cœur affolé. Les mains qui tremblent.
Il tend la main. Ouverte. Paume vers le ciel. Au milieu de la table. Bien en évidence. Entre les tasses de café et le sucrier.
— Donnez.
Je le regarde. Sa main ouverte. Au milieu de la terrasse. Quiconque regarderait verrait une main tendue. Et une femme qui y dépose quelque chose.
Je puise ma force dans ses yeux. Dans ce calme inébranlable. Dans cette certitude qu'il dégage. Que tout va bien. Que je suis en sécurité.
Je pose le string en boule dans sa paume.
Il ne referme pas la main tout de suite. Le tissu noir repose dans sa paume ouverte. Au milieu de la table. Entre les tasses de café. Bien en vue. Mon string. En dentelle noire. Intime. Reconnaissable. N'importe qui pourrait voir. N'importe qui pourrait comprendre.
Cinq secondes. Dix. Chacune une éternité. Le serveur passe derrière lui. Mon cœur s'arrête. Repart. Le serveur ne regarde pas. Continue.
Puis ses doigts se referment. Lentement. Comme s'il savourait chaque seconde de mon supplice. Le string disparaît dans la poche de sa veste.
— Merci.
Dit comme on remercie quelqu'un de vous avoir passé le sel.
Un silence. Il me regarde. Lit mon visage. Tout ce qui s'y passe. La peur. La honte. L'excitation.
— Comment vous sentez-vous ?
— Je… C'est… Un mélange. De tout. De peur. D'excitation. De honte.
— Peur de quoi ?
— D'être vue. Jugée.
— Je… C'est… Un mélange. De tout. De peur. D'excitation. De honte.
— Peur de quoi ?
— D'être vue. Jugée.
Il penche la tête. Légèrement. Ce geste qu'il a quand il réfléchit à ce qu'il va dire. Quand il choisit ses mots avec soin.
— De toute façon, tout le monde regarde et tout le monde juge. Quoi que vous fassiez. Quoi que vous disiez. Quoi que vous portiez. Vous pourriez être en tailleur strict, boutonné jusqu'au cou. On vous jugerait. Coincée. Froide. Austère. Vous pourriez être en robe décolletée. On vous jugerait. Aguicheuse. Facile. Provocante.
Il boit une gorgée de café.
— Les jugements existent indépendamment de vos actes. Ne rien faire n'empêchera jamais personne de juger. Vous pourriez passer votre vie entière à essayer de ne rien montrer, de ne rien provoquer, de ne rien être. Vous seriez toujours jugée. Par quelqu'un. Pour quelque chose. Alors autant vivre comme vous le souhaitez.
Il repose sa tasse.
— La seule question qui vaut la peine c'est : pour qui vivez-vous ? Pour le regard des autres ? Ou pour ce que vous ressentez, là, maintenant, dans votre corps ?
Son regard glisse vers le couple à côté. Revient sur moi.
— Cet homme par exemple. Il est plus intéressé par vos jambes que par la conversation de sa compagne. Depuis que vous êtes arrivée.
Mon sang se glace.
— Vous pensez qu'il m'a vue ? Qu'il sait ?
— Je n'en sais rien. Ça change quoi ?
— Il va penser que je suis une traînée. Une fille facile. Qu'il pourrait m'avoir. Il doit me mépriser.
— Je n'en sais rien. Ça change quoi ?
— Il va penser que je suis une traînée. Une fille facile. Qu'il pourrait m'avoir. Il doit me mépriser.
Les mots sont sortis d'un coup. Crus. Chargés. Vieux. Ce ne sont pas les mots de cette terrasse. Ce sont des mots anciens. Des mots que j'ai entendus. Que je me suis répétés. Que la voix dans ma tête récite par moments depuis des années.
Il me regarde. Longtemps.
— Vous avez peur en fait. Ce que vous voulez c'est vous sentir en sécurité.
Mon souffle se bloque. Il me comprend mieux que je ne me comprends moi-même.
— Oui. En fait oui. Exposée comme ça je me sens… vulnérable.
— Je suis avec vous. Vous êtes en sécurité. Vulnérable certes, mais en sécurité.
— Je suis avec vous. Vous êtes en sécurité. Vulnérable certes, mais en sécurité.
Sa voix. Cette certitude. Je la bois comme de l'eau fraîche.
— Vous savez qu'il peut penser bien d'autres choses. Vous n'en avez aucune idée de ce qui se passe dans sa tête.
— Quoi ?
— Que vous êtes belle. Que j'ai de la chance. Qu'il aimerait être à ma place. Qu'il aimerait avoir le courage de regarder sa propre femme comme il vous regarde en ce moment.
— Quoi ?
— Que vous êtes belle. Que j'ai de la chance. Qu'il aimerait être à ma place. Qu'il aimerait avoir le courage de regarder sa propre femme comme il vous regarde en ce moment.
Je le fixe. Bouche ouverte. Je n'aurais jamais pensé à ça. Jamais envisagé cette possibilité. Que le regard d'un homme sur mon corps puisse être autre chose que du mépris ou de la prédation.
— Vous voyez, cette voix en vous qui vous juge, au fond elle veut vous protéger. Que vous soyez en sécurité. C'est une belle intention. Vraiment. Mais elle ne sait pas ce que pensent les autres. Personne ne le sait.
Il se penche vers moi. Plus bas. Plus intime.
— Ne rejetez pas cette voix. Ne la combattez pas. Dites-lui que vous l'entendez. Pleinement. Accueillez ce qu'elle dit. Quand elle se sentira entendue, dites-lui que vous vous sentez en sécurité. Que ce dont vous avez envie là, maintenant, c'est de l'amusement. Du plaisir. Vous verrez. Ça changera tout.
Je ferme les yeux une seconde. J'écoute. La voix est là. Stridente. Paniquée. On te voit. On te juge. Rhabille-toi. Cache-toi.
Je l'entends. Je ne la repousse pas. Je lui dis : oui. J'entends. Je sais que tu veux me protéger. Merci. Présentement, je suis en sécurité. Il est là. Et ce dont j'ai envie, c'est de m'amuser.
La voix ne disparaît pas. Mais quelque chose change. Sa stridence baisse d'un cran. Comme un volume qu'on tourne. Elle est toujours là. Elle surveille toujours. Mais elle ne hurle plus. Elle murmure. Et dans l'espace libéré par ce silence, autre chose monte. Plus chaud. Plus vivant. Du désir. De la curiosité. De l'envie de jouer.
J'ouvre les yeux. Il sourit. Il a vu le processus sur mon visage.
Le monde n'a pas changé. La terrasse. Les gens. Le soleil. Mais moi, quelque chose a bougé. Léger. Profond.
— À propos d'amusement.
Son regard devient espiègle. Ce regard que je commence à connaître. Celui qui précède quelque chose.
— Faites donc un peu plaisir à cet homme. Tournez-vous vers lui. Écartez un peu vos cuisses. Distraitement. Comme si vous ne vous en rendiez pas compte. Qu'il ait la chance d'avoir une vue sur votre intimité. Même brève. Cela lui fera un merveilleux souvenir.
Il sourit.
— Et à vous aussi.
Je le regarde. Le cœur qui repart au galop.
— Vous voulez que je m'exhibe ?
Ses yeux changent. Le joueur disparaît. Le dominant revient. En une fraction de seconde.
— J'ai été clair. Obéissez.
La chaleur me monte au visage. Descend dans mon ventre. Descend plus bas.
Je change de position sur ma chaise. Lentement. Je me tourne légèrement vers la table du couple. Mon dos un peu plus appuyé contre le dossier. Mes jambes se décroisent. Se posent côte à côte. Puis s'écartent. Un peu. Quelques centimètres. Comme si c'était naturel. Comme si je ne faisais que m'installer plus confortablement. La jupe remonte légèrement sur mes cuisses.
Du coin de l'œil, je vois l'homme. Sa compagne lui parle. Il hoche la tête. Ses yeux dérivent. Tombent sur mes jambes. Remontent. S'arrêtent.
J'écarte un peu plus. Mon cœur cogne. La jupe est suffisamment remontée, mes cuisses suffisamment ouvertes. Si son angle de vue est le bon, et il l'est, je le vois à la fixité soudaine de son regard, il voit. Mon sexe. Nu. Exposé. À une terrasse de café. En plein Paris. En plein après-midi.
Son regard ne bouge plus. Sa compagne parle. Il ne l'entend plus. Ses yeux sont entre mes cuisses.
Mon corps me trahit. Ou me révèle. Mes tétons durcissent davantage sous le débardeur blanc. Je les sens se dresser. Pointer contre le coton. Deux pointes visibles que n'importe qui pourrait voir. Mon sexe pulse. Se contracte tout seul. Je suis mouillée. Assise à cette terrasse, les cuisses ouvertes pour un inconnu, je mouille sur ma jupe. Je sens l'humidité sous moi. Chaude. Mon clitoris bat comme un second cœur. La honte me brûle les joues. L'excitation me brûle le ventre. Le même feu. Deux noms différents. Je les sens exister en moi. L'excitation physique qui répond à la transgression. Mon corps qui dit oui pendant que ma tête hurle.
Je croise son regard à lui, mon mentor. Il m'observe. Comme toujours. Cette attention qui voit tout. Un léger sourire.
— Je constate que ce jeu vous plaît.
Ce n'est pas une question. Il voit mes tétons dressés sous le tissu. Il sait ce qui se passe sous ma jupe. Il lit mon corps comme il l'a toujours lu.
— Regardez bien, entre ses jambes.
Je regarde l'homme. Discrètement. Trop occupée à faire semblant de rien, à maintenir l'écart de mes cuisses, à calmer les battements de mon cœur, je n'avais pas vu. Une bosse. Visible. Sur le pantalon de l'homme. Il bande. Pour moi. Devant sa compagne.
Quelque chose de chaud et de vertigineux me traverse. Du pouvoir. De la honte. De la fierté. Du désir. Tout mélangé.
— Le spectacle suffit pour aujourd'hui.
Sa voix est douce. Ferme. Je referme les cuisses. Lentement. L'homme de la table d'à côté cille. Revient à sa compagne. Un peu hagard.
Je me retourne vers lui. Le cœur battant. Le souffle court. Comme si je revenais de très loin.
Et je remarque. Sous la table. Lui aussi est dur. La forme de son sexe tendue contre le tissu de son pantalon. Longue. Épaisse. Sans équivoque. L'homme qui ne perd jamais le contrôle. L'homme qui orchestre tout. Il bande. Pour moi. Pour ce qu'il vient de me faire faire. Mon ventre se contracte. Fort. Voir son désir. Voir ce que je lui fais. Ce sera toujours la chose qui m'excite le plus.
— Vous aussi.
— Oui. Mais pas pour la même raison que lui.
— Pour quoi alors ?
— Ce qui me plaît, ce n'est pas la vue. C'est de vous voir faire. Évoluer. Repousser vos limites. Voir votre corps réagir. Voir la peur se transformer en excitation. Voir cette femme qui n'osait pas retirer un string il y a vingt minutes ouvrir ses cuisses pour un inconnu parce que je le lui ai demandé.
— Oui. Mais pas pour la même raison que lui.
— Pour quoi alors ?
— Ce qui me plaît, ce n'est pas la vue. C'est de vous voir faire. Évoluer. Repousser vos limites. Voir votre corps réagir. Voir la peur se transformer en excitation. Voir cette femme qui n'osait pas retirer un string il y a vingt minutes ouvrir ses cuisses pour un inconnu parce que je le lui ai demandé.
Il fait signe au serveur. Paye.
— Nous partons.
Nous marchons. Les rues de Paris en fin d'après-midi. Lumière dorée. Passants. Voitures. La vie.
Je marche différemment. Plus lentement. Plus consciemment. La jupe qui bat mes cuisses nues à chaque pas. L'air entre mes jambes qui me rappelle ce qui n'y est plus. Mon sexe qui glisse, mouillé, à chaque foulée. L'humidité sur l'intérieur de mes cuisses. Est-ce que ça se voit ? Sur ma jupe ? La tache ? La peur revient. Brève. La voix murmure. Je l'entends. Je lui dis que tout va bien. Elle se tait.
Mes tétons frottent contre le débardeur. Durs. Sensibles. Chaque pas est un frottement. Chaque frottement est une caresse involontaire. Je suis un nerf à vif habillé d'une jupe et d'un débardeur. Je suis une femme habillée qui se sent plus nue que lorsqu'elle est nue dans une chambre.
Il marche à côté de moi.
Un immeuble. Haussmannien. Pierre de taille. Porte cochère en bois sombre. Quelqu'un sort. La porte se referme lentement sur son vérin pneumatique.
Sa main dans mon dos. Ferme.
— Entrons là.
Je le regarde. Il pousse la porte avant qu'elle ne se referme. Me fait entrer. La porte se referme derrière nous.
Un hall d'entrée. Frais après la chaleur de la rue. Marbre au sol. Escalier en pierre qui monte en colimaçon. Des boîtes aux lettres en cuivre. Une plante verte fatiguée. L'odeur d'encaustique. Un immeuble bourgeois. Respectable.
— Où sommes-nous ?
— Aucune idée. Juste une opportunité qui s'est présentée.
— Aucune idée. Juste une opportunité qui s'est présentée.
Ses yeux. Soudain plus sombres. Plus denses. La surface polie de son calme habituel se craquelle. En dessous, quelque chose de brut. D'urgent. Que je ne lui ai vu que de rares fois. Quand il est au bord de perdre le contrôle.
— J'ai envie de vous. Là. Maintenant.
— Ici ? Maintenant ?
— Ici ? Maintenant ?
Le mot est sorti avant que je puisse le retenir. Ici. Ce mot auquel j'ai déjà pensé à la terrasse du café. Ce mot qui va me poursuivre.
Un sourire. Lent.
— Oui. Ici. Maintenant.
Il me prend par la main. Nous montons un demi-étage. Le premier palier entre le rez-de-chaussée et le premier étage. Assez haut pour ne pas être vus depuis le hall si quelqu'un entre. Assez bas pour être cachés si quelqu'un descend du premier.
Il me plaque contre le mur. Pierre froide dans mon dos. Le contraste avec ma peau brûlante me fait frissonner.
— Je vais vérifier dans quel état cette exhibition vous a mise.
Sa main remonte le long de ma cuisse. Sous la jupe. Lentement. Sa paume chaude sur ma peau. Plus haut. Plus haut encore. Il n'y a rien à rencontrer en chemin. Pas de tissu. Pas de barrière. Juste ma peau. Puis sa paume se pose à plat sur mon sexe.
Ses yeux dans les miens.
— Vous êtes trempée.
Ce n'est pas une question. Sa main sur moi. Mon humidité contre sa paume. Abondante. Je le sens. Je le sais. Mon corps a réagi bien avant ma tête. Mon corps a dit oui au string retiré, oui à l'exhibition, oui à l'homme qui bandait pour moi. Tout ça condensé entre mes cuisses.
Ses doigts bougent. Trouvent mon clitoris. Frottent. Doucement d'abord. Puis plus fort. Le mur de pierre froide dans mon dos. Sa main chaude entre mes cuisses. L'escalier qui résonne du moindre bruit. Mon souffle qui s'accélère.
Deux doigts glissent en moi. Profonds. Mon dos s'arque contre la pierre. Un gémissement m'échappe. Trop fort. L'écho le renvoie dans la cage d'escalier. Mon cœur s'affole.
— Moins fort.
Sa voix dans mon oreille. Amusée. Ferme.
Je mords ma lèvre. Ses doigts en moi. Son pouce sur mon clitoris. Le plaisir monte, vite, trop vite. L'adrénaline l'amplifie. Chaque bruit est un danger potentiel. Une porte qui pourrait s'ouvrir. Des pas qui pourraient descendre. Mon corps vibre entre la peur et le plaisir. Les deux se nourrissent. Se multiplient. Le cœur qui bat d'effroi est le même cœur qui bat de désir.
Un bruit. En bas. La porte de l'immeuble.
Il se recule. D'un geste. Sa main quitte mon sexe. Ma jupe retombe sur mes cuisses. Je plaque mes mains contre le mur derrière moi. Respire.
Quelqu'un traverse le hall. Un homme. Costume. Mallette. Il prend l'escalier. Monte. Nous croise au demi-palier.
— Bonjour.
— Bonjour.
— Bonjour.
Il passe. Continue de monter. Ses pas résonnent. S'éloignent. Une porte s'ouvre. Se referme. Au-dessus.
Silence.
Il me replaque contre le mur. Ses doigts retrouvent mon sexe comme s'ils ne l'avaient jamais quitté. Plongent en moi. Mon gémissement meurt dans son épaule. Ma bouche contre le tissu de sa chemise. Je mords. Pour ne pas crier. Pour étouffer le son qui monte.
Ses doigts en moi. Profonds. Rapides. Son pouce sur mon clitoris. Précis. Insistant. La vague revient. Monte. Plus vite cette fois. L'interruption a aiguisé tout. L'adrénaline de l'homme qui passait, la peur d'être vue, le soulagement, et maintenant ses doigts qui reprennent, tout ça se condense en une urgence qui me consume.
Je jouis. La bouche plaquée dans son épaule. Mes dents dans le tissu de sa chemise. Mon cri qui n'en est pas un, juste une vibration dans ma gorge, un tremblement de tout mon corps, une contraction violente autour de ses doigts. Et même étouffé, même retenu, le son résonne. La pierre le prend. L'amplifie. Le renvoie. Mon propre plaisir qui me revient en écho depuis les étages. C'est comme jouir devant une assemblée invisible. Mon corps se contracte autour de ses doigts. Mes jambes fléchissent. Il me tient. Sa main libre sur ma hanche. Plaquée contre le mur. Je jouis dans un escalier d'immeuble à Paris à quatre heures de l'après-midi.
Il ne me laisse pas redescendre.
Ses doigts se retirent. Il s'agenouille devant moi.
Le dominant à genoux. Pas en soumission. En dévotion. En gourmandise. En prise de possession. Car même à genoux, même la bouche entre mes cuisses, c'est lui qui mène. C'est lui qui décide de s'agenouiller ici. Dans cet escalier. Devant cette femme tremblante dont le coeur bat la chamade. Il choisit de me servir. Et ce choix est l'acte de domination le plus profond de l'après-midi. Ses mains soulèvent ma jupe. La remontent sur ma taille. Sa bouche se pose sur mon sexe.
Je bascule la tête contre la pierre. Mes yeux au plafond. Les moulures. Le lustre poussiéreux. Sa langue sur moi. Qui lèche. Qui boit. Qui me nettoie de ma jouissance pour mieux en construire une autre.
Sa langue sur mon clitoris. Ses doigts qui reviennent en moi. Le son mouillé de sa bouche sur mon sexe résonne dans la cage d'escalier. Obscène. Magnifique. Si quelqu'un descend maintenant il entendra avant de voir. Et il comprendra.
La peur me traverse. Une lame. Froide. Qui se transforme instantanément en chaleur. En excitation. Mon sexe pulse contre sa bouche. Mes doigts trouvent ses cheveux. S'agrippent. Sa langue insiste. Rapide. Précise. Ses doigts recourbés en moi trouvent ce point qui me défait.
Je jouis à nouveau. Mes doigts crispés dans ses cheveux. Mes lèvres mordues au sang pour retenir le cri. Mon corps qui ondule contre le mur de pierre. Les vagues qui me traversent. Longues. Profondes.
Il se relève. Me regarde. Sa bouche luisante. Ses yeux noirs de désir.
Je sens son sexe contre moi. Dur. À travers le tissu de son pantalon. Dur pour moi.
— Agenouillez-vous. Prenez-moi dans votre bouche.
Je regarde l'escalier. Au-dessus. En dessous. Le silence.
— Ici ?
Le mot est sorti. Encore. Malgré moi.
Un sourire.
— Si vous me dites encore ce mot, je vous punirai. Obéissez.
Mon ventre se contracte. La menace. Douce. Ferme. Je tombe à genoux. Le marbre froid sous mes rotules. Mes mains sur sa ceinture. La boucle. Le bouton. La fermeture.
Son sexe jaillit. Dur. Tendu. Brûlant dans mes mains. Libéré de son pantalon il pointe vers moi. Épais. Palpitant. Je le prends en bouche. Le goût de sa peau. Salé. Familier. Je le suce. Le lèche. Le prends au fond de ma gorge.
L'écho de ma bouche sur lui. Les bruits mouillés. Le son de la succion qui résonne sur la pierre et me revient avec un demi-temps de retard. Comme si quelqu'un d'autre me faisait entendre ce que je fais. Comme si l'immeuble était témoin. Obscène dans le silence de l'escalier. Chaque bruit amplifié. Chaque succion portée aux oreilles de portes closes derrière lesquelles des gens vivent, mangent, regardent la télévision, ignorant qu'une femme suce un homme à genoux près de leur palier.
Ma gourmandise se mêle à la peur. À chaque instant quelqu'un peut entrer. Monter. Me trouver à genoux devant cet homme, sa queue dans ma bouche, en plein escalier. Cette pensée devrait me glacer. Elle m'enflamme. La transgression comme carburant. La peur comme aphrodisiaque.
Sa main dans mes cheveux. Il guide. Sans forcer. Il me laisse faire. Ma bouche sur lui. Ma langue autour de lui. Profond. Plus profond. Sa tête bascule en arrière. Un son grave. Étouffé. Lui aussi se retient.
Un bruit. En bas. La porte de l'immeuble. Des pas dans le hall.
Je me redresse d'un coup. Comme brûlée. Ma main essuie ma bouche. Lui se tourne vers moi. Mon corps le masque. Ses mains travaillent vite. Son sexe disparaît. La fermeture remonte. La ceinture se boucle. Le sac à dos qu'il portait glisse devant son ventre. La bosse invisible.
Des pas. L'ascenseur. Le bruit mécanique de la cabine qui descend. Le grincement de la grille. La cabine qui remonte. Les pas qui disparaissent.
Silence.
— Reprenez.
Je retombe à genoux. Ouvre sa ceinture. Sa fermeture. Le reprends en bouche. Plus avidement. L'urgence a monté d'un cran. Mes lèvres serrées autour de lui. Ma langue qui tourne. Ma gorge qui s'ouvre. Je le suce avec une faim que la peur a décuplée. Plusieurs minutes. Longues. Intenses. Ma mâchoire qui fatigue. Ma bouche qui ne lâche pas. Ses hanches qui bougent à peine. Son souffle qui se hache.
Il me relève. Me retourne.
— Appuyez-vous. Les mains à plat sur le mur.
Mon corps obéit avant ma tête. Mes paumes contre la pierre froide. Mes bras tendus. Mon dos cambré.
Je suis folle d'excitation. Folle de le vouloir en moi. Mais ici. Dans cet escalier. Avec les gens qui passent. La pierre froide. L'écho. Il va me prendre comme ça ? Ici ?
Le mot monte dans ma gorge. Je suis tellement surprise. Le mot est là. Il sort, avant même que je ne m'en rende compte.
— Ici ?
Un silence.
— J'ai entendu. Je réfléchirai à votre punition plus tard. En attendant, obéissez.
Sa main remonte ma jupe sur ma taille. Mes fesses nues. Exposées. Dans la cage d'escalier. L'air frais de l'immeuble sur ma peau.
Je m'attends à le sentir. À ce qu'il entre en moi. J'attends. Mon sexe palpite. Coule le long de mes cuisses.
Une fessée. La claque me prend par surprise. Totale. Mon corps s'attendait à son sexe. Mon corps le réclamait. Ouvert. Prêt. Mouillé. Et c'est sa main qui tombe.
Le bruit. Mon Dieu, le bruit. Sa main sur ma fesse nue. Le claquement sec qui part de mes fesses, ricoche sur la pierre, monte les étages, rebondit sur chaque palier, redescend. Comme si l'immeuble entier applaudissait. Si quelqu'un ne nous a pas entendus avant, maintenant c'est fait.
Mon cri étouffé dans ma bouche fermée. Un gémissement grave qui ne sort pas.
Deuxième claque. L'autre fesse. L'écho. Mon sexe qui pulse à chaque impact.
— Ça, c'est pour la première fois que vous avez dit ici.
Claque. Plus forte. L'écho claque en retour. Comme si quelqu'un applaudissait dans les étages.
— Ça, pour la deuxième.
Plus forte. Mon souffle se coupe. La brûlure se répand. Mon sexe inonde mes cuisses.
— Et ça, pour la troisième.
La claque résonne. Ma peau brûle. Mon corps tremble d'excitation. La fessée dans un escalier. Les sons amplifiés. Chaque claque annoncée à l'immeuble entier. La folie de la situation. La folie de ce que je vis.
Il alterne. La claque. L'écho. La brûlure. Puis sa main qui glisse entre mes cuisses. Ses doigts sur mon sexe trempé. Sur mon clitoris. Ils glissent tant je suis mouillée. Deux cercles. Trois. Le plaisir qui pointe. Puis la main qui remonte. Qui claque. L'écho. La brûlure. Puis les doigts. Qui reprennent. Recommencent.
Je n'arrive plus à penser. La douleur et le plaisir alternent si vite que mon cerveau ne trie plus. Tout est sensation. Tout est maintenant. Il n'y a plus d'escalier. Plus d'immeuble. Plus de Paris. Plus de honte. Plus de peur. Juste sa main. Qui frappe. Qui caresse. Qui frappe. Qui caresse. Et mon corps qui ne sait plus si le prochain contact sera le feu ou le miel. Adossée à un mur de pierre dans un immeuble inconnu, la jupe remontée, les fesses rouges, le sexe trempé, les mains à plat contre un mur. Je perds la tête.
Ses doigts jouent avec mon clitoris. Insistants. Mes hanches ondulent malgré moi. Ses doigts qui frottent. La claque qui revient, qui envoie une onde de choc directement dans mon sexe. Puis ses doigts encore. Plus vite. Plus fort. Je mords mon bras pour ne pas crier.
Alors que je ne l'attends plus. D'un coup. Il est en moi.
Le gémissement sort de ma bouche sans la moindre retenue. Profond. Sonore. Il résonne dans la cage d'escalier. Monte jusqu'au dernier étage. Redescend. M'enveloppe de ma propre voix.
Mon cœur s'affole. Quelqu'un a forcément entendu. Quelqu'un va ouvrir sa porte. Descendre. Nous trouver.
Je m'en fiche. Complètement.
Il est en moi. Sa queue qui me remplit. Épaisse. Chaude. Profonde. Au milieu de cet escalier. Son bassin contre mes fesses brûlantes. Ses mains sur mes hanches.
Pendant un long moment il ne bouge pas. Juste planté en moi. Profondément. Jusqu'à la garde. Je sens chaque veine de son sexe. Chaque pulsation. Mon sexe l'enserre, bat autour de lui. Ses mains immobiles sur mes hanches. Son souffle dans ma nuque.
L'immobilité est pire que le mouvement. Pire que les coups de reins. Parce que dans l'immobilité je sens tout. Sa taille. Sa chaleur. Sa dureté. L'espace qu'il occupe en moi. Et le silence de l'escalier autour de nous. Le monde réduit à cette connexion. Le silence qui pourrait se briser à chaque seconde. Son sexe au fond de moi. Dans un escalier de Paris. L'absurdité. La beauté. L'obscénité de ce moment.
Puis ses mains agrippent mes hanches. Il commence à bouger.
— Oh putain oui. C'est trop bon. Baisez-moi.
Ma voix résonne sur la pierre. Je m'entends et je ne me reconnais pas. Cette femme qui supplie dans un escalier. Cette femme dont les mots rebondissent sur les murs. Je m'en fiche. Je m'en fiche de tout.
Il me prend. Profond. Fort. Le bruit de nos peaux claque dans la cage d'escalier avec une résonance impossible. Chaque coup de reins est amplifié par la pierre. Chaque gémissement se multiplie. J'ai l'impression que le bruit de nos corps fait plus de bruit qu'un concert. Mais dans l'état où je suis peu m'importe.
Sa queue, profonde en moi. Ses mains qui me tirent vers lui à chaque poussée. Mes paumes qui glissent sur le mur. Mon front contre la pierre froide.
Un bruit.
Plus haut. Des pas. Quelqu'un descend.
Il se retire de moi. Net. Ma jupe retombe. Il range son sexe en urgence. La fermeture. La ceinture. Le sac devant. Mes mains quittent le mur. Je me retourne. Lisse ma jupe de mes mains tremblantes. Mon visage est en feu. Mes cheveux en désordre. Mon souffle haché. Ma jupe qui colle à mes cuisses mouillées. L'odeur de sexe dans la cage d'escalier. Mon odeur. Son odeur. Les deux mêlées. Impossibles à masquer.
Une dame. Soixante ans peut-être. Un petit chien en laisse. Elle descend. Nous regarde. Sourit poliment.
— Bonjour.
— Bonjour, madame.
— Bonjour, madame.
Le chien aboie. Tire sur sa laisse vers moi. Le nez frétillant. Il sent. Il sent forcément.
— Allons Médor, du calme !
Elle gronde le chien. Le tire. Descend. Le chien résiste. Renifle l'air dans ma direction. Elle le tire plus fort. Ils disparaissent dans le hall. La porte de l'immeuble s'ouvre. Se referme.
Silence.
Mon cœur. Mes jambes qui tremblent. Je le regarde. Il me regarde. Le chien qui savait. La dame qui ne savait pas. L'absurdité parfaite de ce moment.
Nous rions. Tous les deux. En même temps. Un rire qui monte du ventre. Nerveux. Fou. Libérateur. Le rire de deux complices pris en flagrant délit qui s'en sont tirés par miracle. Nos rires résonnent dans la cage d'escalier. Se mêlent. Se multiplient. Remplacent les gémissements d'avant.
C'est la première fois que nous rions ensemble comme ça, à ce point. Sans retenue. Sans rôle. Juste deux êtres humains pris dans l'absurdité magnifique de ce qu'ils sont en train de faire.
Puis son visage change. En un battement de cœur. Le rire s'efface comme s'il n'avait jamais existé. En dessous, intact, le désir. Brut. Urgent. Plus fort qu'avant. Comme si le rire avait été le dernier barrage.
Il ne parle pas. Ne prévient pas. Ses mains. Sa ceinture. Son sexe libre. Ma jupe remontée. Il me plaque à nouveau contre le mur.
Il s'enfonce en moi d'un coup.
Et cette fois il n'y a plus de jeu. Plus de stratégie. Plus de leçon. Il y a un homme qui veut une femme. Maintenant. Fort. Profond.
La brutalité du geste. Après le rire. Après l'interruption. Cette façon de reprendre exactement là où il s'était arrêté. Comme si la dame et le chien n'avaient été qu'une parenthèse dans sa phrase.
Un sentiment d'urgence cette fois. Ses mains accrochées à mes hanches. Ses coups de reins profonds, puissants.
— Oui, oui, oui… Baisez-moi. Remplissez-moi.
Ma voix. Crue. Libre. Il me prend tellement fort que je me retrouve sur la pointe des pieds à chaque coup de reins. Soulevée. Plaquée contre le mur. Retombée. Soulevée à nouveau.
— Votre main. Touchez-vous.
Ma main glisse entre mes cuisses. Mes doigts trouvent mon clitoris. Gonflé. Glissant de mon humidité. Je me caresse pendant qu'il me pilonne. Sa queue au fond de moi. Mes doigts sur mon clitoris. La pierre froide contre ma joue. L'écho de nos corps dans l'escalier.
La vague monte. Vite. Trop vite. Trop de tout. Trop de tension accumulée depuis le début de l'après-midi. Le string retiré. L'exhibition. Les doigts. La bouche. Les interruptions. La fessée. Tout converge. Tout se condense.
Je jouis. Mes jambes cèdent. Mon cri résonne dans la cage d'escalier. Libre cette fois. Plein. Sans retenue. Je n'ai plus la force. Plus l'envie. Plus la raison. Que quelqu'un ouvre sa porte. Que quelqu'un descende. Que tout l'immeuble m'entende. Je m'en fiche. Mon cri de plaisir monte dans les étages. Rebondit sur la pierre. Me revient en écho. Une femme qui jouit dans un escalier de Paris. Et qui n'a plus honte.
Plus honte.
Mon sexe se contracte autour de lui, violemment. Mes doigts pressent mon clitoris. Les vagues me submergent. Longues. Profondes.
Il ne s'arrête pas. Ses coups de reins traversent mon orgasme. Le prolongent. L'étirent. Chaque poussée relance une vague. C'est trop. Trop bon. Mon corps entier vibre autour de lui.
Puis il s'immobilise. Au fond de moi. Ses mains me tirent vers lui une dernière fois.
Un grognement. Grave. Animal. Qui résonne dans la pierre comme un son qui ne devrait pas exister dans un immeuble haussmannien. Il jouit au fond de moi. Son sexe gonfle. Pulse. La première vague de sa semence me frappe au fond. Chaude. Je la sens se répandre en moi. Les pulsations. Profondes. Sa semence qui m'emplit. Vague après vague. La deuxième. La troisième. Chacune un don. Chacune une preuve. Il se vide en moi debout dans un escalier parce qu'il ne pouvait plus attendre. Parce que cette femme qui a retiré son string à une terrasse de café, puis ouvert les cuisses pour un inconnu, puis crié de plaisir dans une cage d'escalier l'a rendu fou d'envie, de désir.
Moi. Je l'ai rendu fou. Cette pensée me fait jouir une dernière fois. Un spasme bref. Violent. Autour de son sexe qui pulse encore.
Le bonheur me submerge. Être son réceptacle. Le lieu de son plaisir. Avoir osé tout ça. Le string. L'exhibition. L'escalier. Et finir comme ça, remplie de lui contre un mur de pierre.
Il se retire. Doucement. Je sens sa semence couler le long de mes cuisses.
Sans qu'il demande, je m'agenouille. C'est devenu un rituel. Mon rituel. Ma façon de dire merci avec ma bouche. De prolonger la connexion. De ne pas laisser la séparation de nos corps être abrupte.
Ma bouche sur lui. Nous mélangés. Son goût. Le mien. Salé. Musqué. Intime. Je lèche son sexe qui faiblit doucement entre mes lèvres. Avec tendresse. Avec dévotion. Avec gourmandise. Chaque trace de nous sur sa peau. Dans un escalier en marbre, à genoux, la jupe froissée, les cuisses mouillées, les fesses brûlantes. Heureuse.
Il me relève. M'embrasse. Nous réajustons nos tenues. Ma jupe lissée. Sa chemise rentrée. Sa ceinture bouclée. Deux personnes présentables. Personne ne saurait.
Sauf le chien.
Nous descendons. Le hall. Le marbre impeccable. La plante verte fatiguée. Les boîtes aux lettres en cuivre qui ne savent rien. La porte cochère. Et Paris qui nous reprend.
Le bruit. La lumière. Les gens. Les voitures. Personne ne sait. Personne ne soupçonne. Deux personnes sortent d'un immeuble. L'homme tient la porte pour la femme. Courtois. Normal.
Rien de normal.
Avant de sortir il m'attrape par le bras. Me fait pivoter vers lui. Me fixe. Le sourire est là. Mais les yeux sont sérieux.
— Je n'ai pas oublié votre punition.
Mon ventre se noue. Le mot punition dans sa bouche. Pour la première fois. Pas une menace en l'air pendant le jeu. Une réalité. Quelque chose qui va arriver. Que j'ai provoqué. Trois fois le même mot. Ici. Ici. Ici.
Je me sens petite soudain. Pas rabaissée. Petite comme une enfant prise en faute qui sait qu'elle a mérité ce qui vient. Triste de l'avoir déçu. Ce sentiment m'étonne. J'ai dit un mot de trop. Mais dans le cadre que nous avons construit, dans les règles que j'ai acceptées, ce mot était une désobéissance. Et la désobéissance a un prix. Un prix que je veux payer. Parce que le cadre ne tient que si les règles sont réelles. Je suis inquiète de ce qui vient. Il ne m'a encore jamais punie.
— Je suis désolée.
— Ne soyez pas désolée. Soyez attentive. Les mots ont du sens. Quand je vous dis obéissez, la seule réponse est l'obéissance. Pas le questionnement. Pas le doute.
— Oui.
— Votre punition sera de ne pas jouir pendant une semaine.
— Ne soyez pas désolée. Soyez attentive. Les mots ont du sens. Quand je vous dis obéissez, la seule réponse est l'obéissance. Pas le questionnement. Pas le doute.
— Oui.
— Votre punition sera de ne pas jouir pendant une semaine.
Je le regarde. Cherche la plaisanterie. Il n'y en a pas.
— Pas de caresses. Pas de masturbation. Pas d'orgasme. Rien. Pendant une semaine entière.
— Une semaine ?
— Une semaine.
— Une semaine ?
— Une semaine.
Un silence. Mon esprit calcule. Une semaine. Sept jours. Ça me semble simple. Faisable. Je ne me masturbe pas tous les jours. Il y a eu des semaines sans, par le passé. Ce n'est pas la mer à boire.
— Il y a deux possibilités. Soit je vous achète une ceinture de chasteté et je garde la clé. Soit vous prenez l'engagement sur votre parole.
— Une ceinture de… quoi ?
— Une ceinture de chasteté. Un dispositif qui se porte sous les vêtements. Une coque rigide qui couvre le sexe. Qui empêche tout accès. Toute stimulation. Verrouillée par un cadenas dont seul celui qui possède la clé peut la retirer.
— Une ceinture de… quoi ?
— Une ceinture de chasteté. Un dispositif qui se porte sous les vêtements. Une coque rigide qui couvre le sexe. Qui empêche tout accès. Toute stimulation. Verrouillée par un cadenas dont seul celui qui possède la clé peut la retirer.
L'image se forme dans mon esprit. Nette. Un objet entre mes cuisses. Verrouillé. Dont je n'ai pas la clé. Lui a la clé. Mon sexe sous contrôle permanent. Même quand il n'est pas là. Même chez moi. Mon intimité sous scellé.
Un frisson me parcourt. Vertige. Effroi. Fascination. Trois choses en même temps. Je ne sais plus faire la différence. L'idée est monstrueuse. L'idée est magnifique. L'idée est impossible.
— Mais comment je pourrais… Mon conjoint la verrait…
Les mots sont sortis avant que je réfléchisse. Cette partie de ma vie que nous évoquons rarement. Que je garde à l'écart. Là-bas. Loin de cette bulle.
Un silence bref. Il ne cille pas. Il sait. Ne juge pas.
— C'est pourquoi l'autre option existe. Votre parole.
Un silence. Ma vie là-bas. Mon conjoint. Sa libido faible. Notre vie sexuelle qui est occasionnelle. Je pourrais prétexter être indisposée. Pas dans l'humeur. Une semaine ce n'est rien dans notre relation. Et puis, s'il insiste, je peux toujours lui donner du plaisir avec ma bouche. L'interdiction de jouir ne concerne que moi seule. Il ne m'a rien dit d'autre.
— Ce n'est pas seulement une question de votre vie avec lui. C'est vous, de ne pas jouir du tout. De la semaine. Pas de caresses. Pas de masturbation. Rien. Pas le moindre orgasme. Pendant sept jours complets.
Son regard pèse. Mesure. Sonde.
— Vous pouvez le faire. Je le sais. Vous êtes forte. La question c'est : est-ce que vous vous engagez ?
Je le regarde. Ses yeux. Cette confiance qu'il a en moi. Cette certitude. Quelque chose de chaud se répand dans ma poitrine. Pas du désir. De la fierté. Il me croit capable. Il me fait confiance. C'est cette confiance qui me décide plus que tout le reste.
— Je m'engage. Je vous donne ma parole. Pas de caresses. Pas de masturbation. Pas d'orgasme. Pendant une semaine.
Ça me semble simple. Faisable. Presque facile.
— Bien.
Il me lâche le bras. Je suis curieuse.
— Comment saurez-vous si je tiens parole ?
Il sourit. Ce sourire lent qui dit qu'il sait quelque chose que j'ignore.
— Je le saurai.
Quelque part, je le crois. Non en fait, j'en suis certaine. Il le saurait.
— Et surtout, je vous fais confiance.
Silence.
Confiance. Ce mot. De sa bouche. Vers moi. Tout au long de notre histoire c'est moi qui lui fais confiance. Moi qui m'abandonne. Moi qui m'offre. Moi qui dit prenez-moi, guidez-moi, frappez-moi, explorez mes limites. Mais là, dans cette phrase, les rôles s'inversent. C'est une confiance qui dit : je crois en votre parole. Je crois en votre force. Je crois en vous. Il me confie quelque chose. Il me confie la certitude que je tiendrai parole. Que je serai à la hauteur. Que ma force est réelle.
C'est peut-être la chose la plus intime qu'il m'ait jamais dite.
Ça me fait chaud au cœur. Plus chaud que tout ce qui s'est passé cet après-midi.
Nous nous séparons. Le trottoir. La ville. Lui d'un côté. Moi de l'autre.
Une semaine sans jouir. Sept jours. Ça me semble si simple. J'ai déjà vécu des semaines entières sans y penser. Sept jours ce n'est rien.
En marchant vers le métro je sens la brûlure de mes fesses sous la jupe. Son sperme qui sèche sur l'intérieur de mes cuisses. L'absence du string, rangé dans la poche de sa veste.. Mes tétons qui frottent contre le débardeur. Mon sexe nu qui se souvient de ses doigts. De sa bouche. De sa queue. De l'escalier. De l'écho de mon cri.
Sept jours. Sans me toucher. Sans jouir.
J'ai hâte de le retrouver.
Je ne soupçonne pas encore à quel point cette semaine va être longue.
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Commentaires ()
Savoir que les mots dépassent l’écran pour provoquer ce genre de réactions, c’est un beau compliment pour un auteur 😉
Content de voir que les frissons étaient au rendez-vous.