Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La zone floue — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La zone floue
Chapitre 1
La musique était trop forte. Il y avait trop de monde. Trop de rires qui ne m'appartenaient pas.
C'était l'anniversaire de mon grand frère, et pourtant, j'avais l'impression d'être un invité de trop. Comme si je n'étais là que par obligation, coincé entre des conversations qui ne m'intéressaient pas et des gens qui semblaient tous savoir exactement quoi faire de leur soirée.
Je faisais semblant de regarder mon téléphone quand je l'ai vue.
Ophélie.
On s'était déjà croisés. Deux, peut-être trois fois. Toujours brièvement. Toujours entourés d'autres personnes. On se disait bonjour, parfois quelques phrases sans importance.
Rien de plus.
Rien de plus.
Assez pour connaître son prénom. Pas assez pour savoir qui elle était vraiment.
Elle ne souriait pas. Enfin, pas vraiment. Juste assez pour qu'on ne lui demande pas si ça allait. Assise seule sur le canapé, un verre à la main, elle regardait la fête sans vraiment y participer.
Je me suis demandé si je devais aller la voir.
Ce n'était pas comme parler à une inconnue... mais pas vraiment comme parler à quelqu'un que je connaissais non plus. Il y avait cette zone floue entre les deux, inconfortable, hésitante.
J'ai quand même fini par m'approcher.
— Salut, Ophélie.
Elle a levé les yeux vers moi, surprise, puis elle a souri. Un sourire discret, presque soulagé, comme si elle était contente de reconnaître quelqu'un dans cette foule.
— Hey... ça va ?
— Oui. Enfin... je crois.
— Oui. Enfin... je crois.
Je me suis assis à côté d'elle, avec cette sensation étrange d'être à la fois à ma place et complètement déplacé. Trop près. Ou peut-être pas assez. Je ne savais pas.
On a parlé un peu. De banalités. De la soirée. De mon frère. De gens qu'on connaissait vaguement tous les deux. Le genre de conversation qui n'a l'air de rien, mais qui suffit à faire taire le bruit autour.
Je me sentais bizarrement bien.
Puis une voix est tombée derrière nous.
— Sérieusement, Ophélie ?
J'ai reconnu la voix avant même de me retourner.
Lucas.
Je l'avais déjà vu plusieurs fois. Le « meilleur ami » de mon frère. Toujours là aux soirées. Toujours sûr de lui. Quelqu'un que je connaissais assez pour le saluer... pas assez pour être à l'aise avec lui.
Son regard est passé d'Ophélie à moi, et s'est arrêté net.
— C'est quoi, ça ? a-t-il lâché.
J'ai senti mon ventre se nouer. Comme si j'étais en train de faire quelque chose de mal sans comprendre pourquoi.
— On parle juste, ai-je dit, trop vite.
Ma voix sonnait mal. Trop basse. Trop hésitante.
Ophélie s'est levée.
Et au lieu de prendre ses distances, elle s'est rapprochée de moi.
— Calme-toi, Lucas.
— Tu préfères rester avec lui ?
— Tu préfères rester avec lui ?
Il a appuyé sur lui.
J'ai senti le poids de mes dix-neuf ans, de mon manque d'assurance, de cette impression de ne pas être à ma place. J'ai hésité à m'excuser. À partir.
Mais Ophélie n'a pas reculé.
— Laisse-le tranquille, a-t-elle dit. On n'a rien fait de mal. On discutait, c'est tout. Et puis... tu m'as quittée, je te rappelle.
Le silence est tombé d'un coup.
Lourd. Épais.
Lucas me regardait comme si j'étais le problème, comme si ma simple présence suffisait à tout gâcher.
Ophélie, elle, est restée à côté de moi.
Lucas est parti sans demander son reste, alors que la soirée a fini par se vider lentement, sans que je m'en rende vraiment compte. Les rires étaient moins forts. La musique aussi. Les gens partaient par petits groupes, se disant au revoir dans l'entrée.
Moi, je n'avais pas bougé.
Ophélie était toujours là. À côté de moi.
— Tu veux prendre l'air ? a-t-elle demandé doucement.
J'ai hoché la tête sans réfléchir. On s'est retrouvés sur le balcon, à l'écart du bruit, avec le froid de la nuit qui contrastait brutalement avec la chaleur de l'appartement.
Pendant quelques secondes, aucun de nous n'a parlé.
— Désolée pour tout à l'heure, a-t-elle fini par dire.
Je l'ai regardée, un peu surpris.
— T'as pas à t'excuser.
— Si... un peu quand même. T'avais rien demandé.
— Si... un peu quand même. T'avais rien demandé.
Elle s'est appuyée contre la rambarde, les bras croisés, comme si elle cherchait quelque chose à fixer pour éviter mon regard.
— Lucas est... compliqué.
Elle a marqué une pause.
— Il a du mal à accepter que ce soit fini.
Je n'ai rien répondu. Je n'avais pas envie de la forcer à parler, puis il pouvait s'en prendre qu'à lui-même, c'est lui qui l'avait quittée...
— Et toi ? a-t-elle demandé. Tu vas bien ?
J'ai presque ri.
— Ouais. Enfin... j'ai connu des soirées plus calmes.
Elle a souri légèrement.
Il y a eu un silence.
Je me suis rendu compte que j'étais très conscient de sa présence. De la distance entre nous. De l'idée que je ne devais pas m'approcher davantage.
Elle avait vingt-sept ans. Moi, dix-neuf.
Elle avait sûrement vécu des choses que je ne pouvais même pas imaginer.
Elle avait sûrement vécu des choses que je ne pouvais même pas imaginer.
— Je devrais sûrement rentrer, a-t-elle dit.
J'ai senti une pointe de déception, immédiate, presque ridicule.
— Ouais... logique.
Elle a sorti son téléphone, l'a fait tourner entre ses doigts, hésitante.
— Tu veux... mon numéro ?
Mon cœur a raté un battement.
— Oui, ai-je répondu trop vite. Enfin... si tu veux.
Elle a souri. Un vrai sourire cette fois.
On a échangé nos numéros sans se toucher. Juste nos téléphones qui se frôlent.
Et pourtant, ça m'a paru étrangement intime.
Et pourtant, ça m'a paru étrangement intime.
— Merci pour ce soir, a-t-elle dit avant de rentrer à l'intérieur.
— Merci à toi.
— Merci à toi.
Je l'ai regardée partir, avec cette sensation étrange de vouloir la suivre et de savoir que ce serait une erreur.
En rentrant chez moi, allongé dans le noir, j'ai regardé son contact s'afficher sur mon écran.
En rentrant chez moi, allongé dans le noir, j'ai regardé son contact s'afficher sur mon écran.
Ophélie.
Je me suis dit qu'elle était trop grande pour moi. Trop différente. Trop loin.
Et pourtant, j'espérais déjà qu'elle m'écrirait.
Et pourtant, j'espérais déjà qu'elle m'écrirait.
À suivre...
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Commentaires ()
Quel style trop étrange! Toutes ces phrases. Qui n'ont que quatre ou cinq mots.
C'est trop étonnant. On verra. Ça dépend trop de la suite. De ce qu'il va se passer. Ou pas se passer.
Hate d'en découvrir la suite.
Merci
Arnaud