Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Pas évident, les études ! — Chapitre 7 · Retrouvailles et déconvenues
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Pas évident, les études !
Chapitre 7 · Retrouvailles et déconvenues
Le bar du Vieux-Lille était un cocon de lumière chaude et de conversations étouffées, dans le soir encore frais. Un endroit choisi pour son calme, pour l'anonymat rassurant qu'il offrait. Le lieu était tamisé, comme enfermé dans une ambiance chaleureuse qui collait aux murs de briques rouges. Une playlist jazzy flottait paresseusement entre les tables en bois sombre. La rue bruissait doucement derrière les fenêtres embuées.
C'est justement près de l'une de ces grandes fenêtres que Soraya s'était installée. Elle avait commandé un verre de blanc sec. Son esprit vagabondait, instable. Ilyes continuait à lui envoyer des messages ridicules auxquels elle ne répondait pas. Et elle n'avait plus remis les pieds en cours d'histoire littéraire. Elle avait besoin de retrouver une solitude qui puisse contrebalancer le tumulte en elle.
Le silence autour d'elle, comme un ralentissement, la fit lever les yeux. Malik Down entrait dans le bar.
Veste noire en daim, lunettes accrochées au col, barbe taillée à la perfection. Il semblait encore plus imposant dans cet espace étroit. Son regard balaya la pièce et s'arrêta net sur elle. Il sourit. Léger. Presque imperceptible. Mais elle le sentit comme une caresse.
Veste noire en daim, lunettes accrochées au col, barbe taillée à la perfection. Il semblait encore plus imposant dans cet espace étroit. Son regard balaya la pièce et s'arrêta net sur elle. Il sourit. Léger. Presque imperceptible. Mais elle le sentit comme une caresse.
Elle sentit ses entrailles se crisper, son cœur bondir sans prévenir. Une chaleur glacée remonta de son ventre jusqu'à sa gorge. Que venait-il foutre ici ? Son premier réflexe fut la panique : fuir ? détourner les yeux ? faire semblant ? Mais c'était trop tard. Il avançait vers elle. Il était toujours aussi beau. Noir intense, massif, les gestes lents, précis. Chaque pas semblait absorbé dans le sol, comme s'il pesait davantage que le monde.
— Je peux ? demanda-t-il, en désignant la chaise en face d'elle.
Elle hésita une seconde. Elle hocha la tête, incapable de formuler un mot. Son cœur battait fort. Trop fort. Une chaleur ancienne et dangereuse, remontait lentement en elle. Il s'assit.
— J'pensais pas te recroiser ici, murmura-t-il.
— Moi non plus… répondit-elle, la voix un peu plus aiguë qu'elle ne l'aurait voulu.
— Moi non plus… répondit-elle, la voix un peu plus aiguë qu'elle ne l'aurait voulu.
Il sentait bon. Une odeur boisée, musquée, familière et redoutable. Un silence s'installa, pesant, comme un écho de ce qui n'avait pas été dit entre eux. Elle le regarda du coin de l'œil, discrètement.
— Tu vas bien ? demanda-t-il d'une voix basse.
Elle esquissa un sourire. Elle évitait son regard. Elle fixait son verre, la table, n'importe quoi.Ses jambes étaient raides sous la table. Elle se sentait petite. Mise à nu. Comme si Malik pouvait revoir, derrière son allure sage, le sexe énorme qu'elle avait tenu dans sa main, sa bouche pleine, ses joues rougies. La scène revenait-elle dans sa mémoire ? La honte, les gémissements à travers le mur, la verge qu'elle avait sucée jusqu'à l'épuisement ? Elle aurait pu prétendre que c'était la surprise de revoir ce garçon. Mais non. Ce qu'elle ressentait, c'était un vertige qui remontait sourdement, comme si elle venait d'ouvrir une porte qu'elle aurait dû laisser refermée. L'homme poursuivit :
— T'as changé, non ?
Elle haussa un sourcil.
— Ah bon ?
— Oui… je sais pas… T'as un truc… plus fort. Comme si t'avais pris de l'assurance…
— Oui… je sais pas… T'as un truc… plus fort. Comme si t'avais pris de l'assurance…
Ils sourirent l'un et l'autre de cette remarque, qui ressemblait par trop à un cliché ringard de dragueur. L'ambiance se détendait. Soraya jouait avec le pied de son verre.
— Peut-être que je me cache un peu moins, murmura-t-elle.
— T'as pas besoin de te cacher… T'es… brillante, Soraya.
— T'as pas besoin de te cacher… T'es… brillante, Soraya.
Elle sentit sa gorge se nouer. Il ne parlait pas fort, mais chaque mot semblait pesé. Et sous ses compliments, elle devinait autre chose. Une tendresse. Ou un regret. Elle releva la tête. Il la fixait, serein et sûr. Elle prit une inspiration.Ce n'était pas lui qu'elle fuyait, c'était elle-même, c'était ce qu'elle était devenue dans ce studio, ce qu'elle avait osé faire, et ce qu'elle avait ensuite fait en classe. Ce qu'elle avait aimé.
— Disons que je suis peut-être moins sage, lâcha-t-elle.
Leurs regards se croisèrent. Un courant traversa la table. Il ne dit rien. Mais il sourit. Alors, pendant plus d'une heure, ils parlèrent de tout et de rien. Ils évoquèrent Lilou, le tournage, quelques souvenirs absurdes de fac, les livres qu'ils aimaient, la musique. C'étaient des phrases jetées sans prétention, comme si chacun testait la température. Elle oublia tout le reste.
Au fur et à mesure de leur conversation, elle sentait peu à peu sa respiration se calmer, sa poitrine se dénouer. Le poids de la honte s'effaçait lentement. Il restait le trouble. Mais un trouble plus doux, plus chaud. Elle le regardait maintenant dans les yeux. Et elle y retrouvait une chose à laquelle elle ne s'attendait pas : du respect.
Au fur et à mesure de leur conversation, elle sentait peu à peu sa respiration se calmer, sa poitrine se dénouer. Le poids de la honte s'effaçait lentement. Il restait le trouble. Mais un trouble plus doux, plus chaud. Elle le regardait maintenant dans les yeux. Et elle y retrouvait une chose à laquelle elle ne s'attendait pas : du respect.
— C'était bien que tu sois là, l'autre jour, que tu voies comment je travaille, reprit Malik doucement… T'étais sérieuse, présente. Pas comme les autres.
Elle sentit son ventre se serrer. Il n'en disait pas plus. Faisait-il aussi allusion à ce qui s'était passé ensuite ? Soraya se dit que, peut-être, ce moment avait compté pour lui aussi.
Le temps avait ralenti. L'intimité se reconstruisait sans bruit. Un fil invisible se tendait entre eux. Quand il se leva pour partir, il glissa la main dans sa poche et sortit son téléphone.
Le temps avait ralenti. L'intimité se reconstruisait sans bruit. Un fil invisible se tendait entre eux. Quand il se leva pour partir, il glissa la main dans sa poche et sortit son téléphone.
— Y'a un petit event vendredi soir. Showcase, trucs privés, quelques potes, de la bonne vibe. T'as qu'à venir si tu veux.
Il lui montra l'adresse, la lui envoya.
— J'aimerais te revoir. Vraiment, ajouta-t-il simplement.
Puis il la salua, d'un signe de tête.
Et s'en alla. Soraya resta là quelques minutes encore, les joues roses, le cœur en désordre. Le regard sur son téléphone. Une part d'elle voulait refuser, par peur, par principe. Mais une autre, plus profonde, plus obscure, plus libre, murmurait : « Tu sais déjà que tu vas y aller. »
Ainsi, le vendredi soir, Lilou et elle se retrouvèrent devant la boîte où se tenait la soirée à laquelle Malik l'avait invitée. Le bruit du beat se sentait avant même d'entrer. Des basses sourdes résonnaient dans le trottoir du Vieux-Lille, comme un cœur qui battait fort sous la pierre. Soraya hésita une dernière fois devant la porte vitrée. Elle se retourna vers Lilou, perchée sur ses talons, parfaite dans une robe noire qui découvrait une épaule.
Et s'en alla. Soraya resta là quelques minutes encore, les joues roses, le cœur en désordre. Le regard sur son téléphone. Une part d'elle voulait refuser, par peur, par principe. Mais une autre, plus profonde, plus obscure, plus libre, murmurait : « Tu sais déjà que tu vas y aller. »
Ainsi, le vendredi soir, Lilou et elle se retrouvèrent devant la boîte où se tenait la soirée à laquelle Malik l'avait invitée. Le bruit du beat se sentait avant même d'entrer. Des basses sourdes résonnaient dans le trottoir du Vieux-Lille, comme un cœur qui battait fort sous la pierre. Soraya hésita une dernière fois devant la porte vitrée. Elle se retourna vers Lilou, perchée sur ses talons, parfaite dans une robe noire qui découvrait une épaule.
— Tu stresses ? demanda Lilou avec un sourire taquin.
— Non. Enfin, un peu.
— Non. Enfin, un peu.
Lilou rit. Elle lui saisit la main.
— Allez ! C'est qu'une soirée. Respire.
Elles entrèrent. L'espace vaste, presque industriel était empli d'une foule compacte. Lumières stroboscopiques, fumée artificielle, silhouettes mouvantes. L'air était dense, chargé d'odeurs de parfums forts, d'alcool sucré, et de chaleur humaine. La musique cognait.
Soraya sentit son souffle se raccourcir.
Elle ne savait plus vraiment pourquoi elle était venue. Pour Malik ? Pour se prouver quelque chose ? Pour ne pas rester seule ? Elle ne portait qu'une robe en velours bordeaux, courte mais sage. À côté de Lilou, elle se sentait presque terne.
Elle ne savait plus vraiment pourquoi elle était venue. Pour Malik ? Pour se prouver quelque chose ? Pour ne pas rester seule ? Elle ne portait qu'une robe en velours bordeaux, courte mais sage. À côté de Lilou, elle se sentait presque terne.
Elles se frayèrent un passage. Des gens riaient, dansaient, s'embrassaient, buvaient. Soraya reconnut quelques visages du tournage. Des mannequins. Des musiciens. Des influenceuses. Elle n'était pas de ce monde.
Et puis, elle le vit. Malik. Assis dans les canapés d'un carré VIP, au fond de la pièce. Un verre à la main, sourire calme, lunettes fumées même dans la pénombre, il rayonnait. Il était très entouré, par des amis qui parlaient fort et surtout par deux filles très belles qui se serraient contre lui.
Il ne vit pas Soraya. Ou fit semblant de ne pas la voir. Elle détourna les yeux, honteuse de l'avoir cherché si vite. Lilou, elle, s'était déjà envolée. Elle s'était évaporée dans un groupe de gens qui l'accueillaient comme une reine. Soraya se retrouva seule, perdue dans ce monde qui parlait fort, riait trop, brillait de mille excès. Elle erra un moment, essayant de ne pas se laisser avaler. Mais elle le sentait : elle n'avait pas sa place ici.
Elle rejoignit le bar, observa Malik à distance. Il riait, échangeait, dansait brièvement avec une fille à la robe dorée qui l'effleurait un peu trop. Il avait ce magnétisme tranquille, cette nonchalance écrasante.
Elle chercha Lilou du regard, sans succès. Elle but une gorgée de son cocktail tiède. L'alcool ne l'aidait pas. Rien n'avait de goût. La musique cognait si fort que chaque basse semblait heurter son plexus. La foule ondulait comme une masse unique, moite et désordonnée. Alors, la jeune fille se força à rejoindre le cœur de la boîte, à danser un peu, seule, près de la piste improvisée. Elle balançait lentement les hanches, plus pour faire semblant que par plaisir. Des corps la frôlaient, des épaules la bousculaient, des parfums entêtants lui montaient au nez. Elle n'aimait pas ça. Trop chaud. Trop collant. Trop vide.
Un homme d'une trentaine d'années s'approcha, sourire collé aux lèvres, un peu ivre. Il lui parla, mais elle ne comprit rien, la musique était trop forte. Il toucha son bras, elle recula instinctivement.Mais il posa une main sur sa hanche et se pencha à son oreille :
— T'es avec quelqu'un ? Je t'offre un verre ?
Elle secoua la tête. Il insista. Elle s'agaça : « Lâche-moi ! » Il sourit, mauvais, et s'éloigna en haussant les épaules. Soraya soupira. Elle regarda autour d'elle : tout le monde semblait heureux, excité, ailleurs. Et elle ? Elle était seule. Seule au milieu du bruit. Les minutes s'étirèrent comme des heures. Soraya se trouvait de trop, déplacée, comme une erreur de décor.
Elle se dirigea vers les toilettes, s'enferma, se regarda dans le miroir. « Qu'est-ce que tu fous là ? » Elle était venue pleine d'une naïveté romantique. Elle se disait que cette nuit serait différente. Qu'il y aurait une étincelle. Une vraie connexion. Mais Malik brillait sans elle. Tout ce qu'elle trouvait ici, c'était de la fumée, du bruit, des gens trop beaux, trop vides. Cette soirée était nulle. Et elle, idiote d'avoir cru qu'elle pouvait exister dans ce monde-là. Elle n'aurait pas dû venir.
Mais quand elle ressortit, elle tomba sur Lilou, hilare, collée à Jessy qu'elle avait retrouvé dans la boîte, deux coupes à la main.
— T'as l'air pâle, chérie. T'as bu ? Ça va pas ?
— Je vais y aller, souffla Soraya.
— Je vais y aller, souffla Soraya.
Lilou la fixa. Son regard était encore plus clair que d'habitude. Elle devina que quelque chose n'allait pas et prit Soraya à part :
— Tu pensais que Malik allait t'attendre, peut-être ? Qu'il allait poser un genou à terre parce que tu l'as sucé une fois ? Allons…
Soraya sentit ses entrailles se tordre. Elle détourna les yeux. Lilou s'adoucit :
— Je dis pas ça pour te blesser ma belle. Juste… faut pas trop rêver. C'est un autre monde ici. Soit tu joues, soit tu sors.
Puis elle se pencha, l'embrassa sur la joue, et repartit, comme portée par la musique. Soraya s'adossa contre un mur. Elle sentit une larme menacer. De tristesse, de rage, contre elle-même, contre cette soirée, contre tout. Elle prit son sac, se dirigea vers la sortie. Il faisait plus froid dehors. L'air lui brûla les poumons. Elle était à deux pas de la porte, quand une main effleura son bras.
— Tu pars déjà ?
Elle se retourna. C'était Malik. Il n'était plus entouré. Son regard était grave, concentré.
— Je t'ai vue, tout à l'heure, dit-il. Mais j'étais… pris. Désolé.
— C'est pas grave…
— Tu peux rester, si tu veux. J'aimerais qu'on discute. Après.
— C'est pas grave…
— Tu peux rester, si tu veux. J'aimerais qu'on discute. Après.
Elle hésita.
— T'es pas obligé d'être gentil, tu sais, murmura-t-elle. J'ai compris.
Il fronça les sourcils.
— Non… Au contraire, je crois que tu comprends pas, en fait.
Il s'approcha légèrement, juste assez pour qu'elle sente sa chaleur, malgré le froid.
— Tout ça … C'est rien, tu sais. C'est le business. Mais toi… J'ai beaucoup pensé à toi. J'ai pas oublié.
Elle l'observa en silence
— Reste… s'il te plaît… répéta-t-il doucement.
Elle hocha la tête. Il lui prit la main et ils retournèrent à l'intérieur.
Dans le club, l'ambiance n'avait pas faibli. Les corps en sueur continuait à se désarticuler sur une musique mécanique, dans un brouillard coloré. Malik fit un signe à l'un des employés, se dirigea vers une simple porte, au fond, et fit signe à Soraya de le suivre. Elle hésita une demi-seconde, puis entra.
La pièce était à l'opposé de la fête. Un salon privé, plongé dans une lumière bleutée, tamisée par des lampes à abat-jour. Les murs étaient recouverts de tentures sombres, le sol de tapis épais. Deux canapés bas, un fauteuil en velours, quelques coussins. Ici, le monde semblait suspendu.
Malik s'installa sans un mot. Soraya resta debout un moment, les bras croisés, tendue. Elle s'attendait à quoi ? À une nouvelle provocation ? Un jeu de pouvoir ?
Dans le club, l'ambiance n'avait pas faibli. Les corps en sueur continuait à se désarticuler sur une musique mécanique, dans un brouillard coloré. Malik fit un signe à l'un des employés, se dirigea vers une simple porte, au fond, et fit signe à Soraya de le suivre. Elle hésita une demi-seconde, puis entra.
La pièce était à l'opposé de la fête. Un salon privé, plongé dans une lumière bleutée, tamisée par des lampes à abat-jour. Les murs étaient recouverts de tentures sombres, le sol de tapis épais. Deux canapés bas, un fauteuil en velours, quelques coussins. Ici, le monde semblait suspendu.
Malik s'installa sans un mot. Soraya resta debout un moment, les bras croisés, tendue. Elle s'attendait à quoi ? À une nouvelle provocation ? Un jeu de pouvoir ?
— Assieds-toi, dit-il simplement.
Elle s'assit. Pas tout près, mais pas trop loin non plus. Elle observait ses mains, son souffle lent. Il avait retiré ses lunettes. Son regard, nu, allait droit au sien.
— J'étais content de te voir ce soir, dit-il, doucement. Mais j'savais pas comment venir vers toi. Y'avait trop de monde. Et j'avais peur de bousiller ce qui s'est passé entre nous.
Elle fronça les sourcils.
— Parce que selon toi, il s'est passé quoi entre ?
La réponse de Soraya le prit de court. Elle détourna les yeux. Il poursuivit :
— Non…. Enfin… oui, mais pas que. T'as pas idée de ce que je ressens, Soraya.
Elle sentit une chaleur monter à ses joues.
— N'importe quoi… Tu me connais pas…
— Tout-à-l'heure J'ai vu comment tu regardais autour de toi. Comment t'étais mal. Ça m'a fait mal aussi, en vrai.
— Tout-à-l'heure J'ai vu comment tu regardais autour de toi. Comment t'étais mal. Ça m'a fait mal aussi, en vrai.
Elle pinça les lèvres. Elle ne voulait pas fondre si vite. Pas encore. Pas devant lui. Alors elle releva les yeux, planta son regard dans le sien :
— Tu dis que tu ressens des choses… mais t'es pas venu. T'as même pas cherché à savoir si j'allais bien. Tu crois que j'suis venue là ce soir pour voir ton dos dans la foule ?
Il ne réagit pas tout de suite. Il inspira profondément, s'adossa davantage au canapé.
— T'as raison, souffla-t-il. J'me suis planqué. Comme un lâche. Parce que c'était trop. Trop fort, trop brut… et j'ai pas su quoi faire.
— J'ai eu l'impression d'être transparente, murmura-t-elle. De pas exister.
— J'ai eu l'impression d'être transparente, murmura-t-elle. De pas exister.
Il secoua la tête.
— Tu sais pas te voir, Soraya. T'es magnétique. Sérieux.
Elle sourit, triste. Il continua :
— Quand j'ai vu que tu partais, je me suis dit que j'avais tout gâché.
Son ton était grave. Lent. Pas défensif. Il cherchait ses paroles avec soin, comme si mal les poser pouvait tout faire exploser.
— Ce que j'ai ressenti avec toi, c'était pas un fantasme. C'est pas un jeu pour moi, Soraya. C'était réel.
Elle eut un rire sec, ironique.
— T'as dit ça à combien d'autres ?
— Aucune.
— Aucune.
Le silence tomba comme une chape sur la pièce. Elle fronça les sourcils.
— Sérieusement ?
— Sérieusement. Je suis pas ce que les gens croient. C'est vrai, j'ai connu des filles. Trop. Trop vite. Mais y a rien dans leurs yeux. Pas de profondeur.
— Sérieusement. Je suis pas ce que les gens croient. C'est vrai, j'ai connu des filles. Trop. Trop vite. Mais y a rien dans leurs yeux. Pas de profondeur.
Il s'interrompit, posa ses coudes sur ses genoux, la fixa. Il s'approcha un peu, lentement. Sa voix était suave. Soraya que la chaleur lui montait aux joues.
— Toi, t'es là. Presque figée, mais vivante. À l'intérieur je vois le feu que tu retiens. La violence douce que t'essaies d'étouffer.
— Tu me racontes des conneries… Juste parce que je t'ai touché, que je t'ai…
— Tu me racontes des conneries… Juste parce que je t'ai touché, que je t'ai…
Elle n'acheva pas. Elle sentit son cœur s'accélérer. Elle déglutit, sa gorge était sèche. Elle éprouva l'envie de pleurer. Ses yeux devinrent humides. Mais lui était proche, trop proche maintenant.
— Moi, j'ai eu honte, murmura-t-elle. J'étais pas censée… Pas censée céder. Faire ça…
Il la fixait, plus intense que jamais.
— Et pourtant tu l'as fait. Parce que t'en avais envie… Tu sais, je voulais pas qu'on en parle. Je voulais pas qu'tu crois que je te prenais pour un coup. Mais j'ai merdé. J'aurais dû venir te parler. Te dire que ça m'avait marqué.
Il se rapprocha encore. Juste assez pour qu'elle sente son odeur, musquée et rassurante.
— J'y pense souvent. À ta main. À ton souffle. Mais pas juste pour le sexe. Pour ce que j'ai vu passer dans ton regard. Ce mélange de peur et d'envie. Ce truc qui fait qu'on oublie où on est.
Elle sentait un frisson lui parcourir l'échine.
— Je te respecte Soraya. Tu peux pas savoir comme je te respecte. Tu crois que j'vois pas la force qu'il faut pour s'abandonner comme ça ? Pour assumer ce désir ? Tu crois que c'est faible ? Non. C'est rare.
Elle sentit ses yeux piquer. Mais elle ne voulait pas pleurer. Elle inspira lentement et murmura :
— T'étais brutal. Mais j'ai aimé ça. C'est ça qui me fout la honte. Ce que j'ai ressenti…
— J'veux pas te posséder, Soraya. J'veux que tu choisisses.
— J'veux pas te posséder, Soraya. J'veux que tu choisisses.
Il tendit la main. Pas pour la toucher. Juste un geste, une offrande.
— Ça me fait peur, murmura-t-elle.
Il hocha la tête. Leurs visages étaient proches. Son souffle effleurait sa joue.
— Malik… T'as pas touché à moi ce soir, dit-elle dans un souffle.
— Parce que je voulais pas te reprendre. Je voulais que tu sois libre de revenir.
— Parce que je voulais pas te reprendre. Je voulais que tu sois libre de revenir.
Il la regardait avec une douceur nouvelle. Une tension naissait entre eux, qui n'était pas celle du désir brutal, mais un lien plus lent. Plus vrai. Leurs regards ne se lâchaient plus.
— Moi aussi, j'ai peur, avoua le chanteur. T'étais là, à me regarder… comme si tu me voyais vraiment. T'es une déflagration dans ma vie.
Elle ne répondit pas. Elle inclina légèrement la tête. Juste assez. Il ne bougea pas, ne força rien. Alors elle l'embrassa. D'abord lentement. Un baiser doux, posé, incertain. Il répondit, sans hâte. Mais quand leurs lèvres se retrouvèrent, la tension accumulée explosa. Leurs souffles s'entremêlèrent. Le baiser s'approfondit. Long, sensuel et intense. Comme une reconquête. Chaque mouvement de leurs lèvres disait ce qu'ils n'arrivaient pas à formuler. Malik glissa sa main sur la nuque de Soraya, comme un ancrage ; celle de la jeune femme lui effleura le torse. Ils s'embrassèrent longtemps, tremblant d'un désir contenu, mais vibrant. Elle s'y abandonna complètement. Le monde disparut.
Quand ils se détachèrent enfin, elle garda les yeux fermés un instant. Son front contre le sien.
Quand ils se détachèrent enfin, elle garda les yeux fermés un instant. Son front contre le sien.
— T'as pas idée de ce que tu me fais, chuchota-t-il.
Il sourit. Ce soir-là, il n'y eut rien d'autre entre eux qu'un second baiser, lorsqu'il la raccompagna jusqu'au métro.
Le lendemain, Soraya se réveilla avec un sourire discret sur les lèvres. Pas celui d'une fille conquise ni d'une adolescente amoureuse. Un sourire intérieur, plus calme. Elle avait attendu un message de Malik. Vers dix heures, il apparut : « Ça va ? Remise de la soirée d'hier, Miss feu intérieur ? »
Le lendemain, Soraya se réveilla avec un sourire discret sur les lèvres. Pas celui d'une fille conquise ni d'une adolescente amoureuse. Un sourire intérieur, plus calme. Elle avait attendu un message de Malik. Vers dix heures, il apparut : « Ça va ? Remise de la soirée d'hier, Miss feu intérieur ? »
Elle le lut trois fois avant de répondre. « Presque. J'éteignais ma bougie, tu vois. » Il répliqua vite : « Quelle couleur ? Dis-moi que t'es team bougie à la vanille ? » ; « Cannelle, en vrai. »
Et ainsi, la conversation s'ouvrit, naturelle, flottante. Ils ne parlaient pas de la soirée au studio ni de la nuit en club. Pas de baiser. Pas de désir. Ils parlaient de bouquins, de plats ratés, de la musique trop forte dans les Uber. Il lui envoyait des extraits de ses prods. Elle lui envoyait des phrases de romans griffonnées dans ses carnets. Et ça tenait.
Et ainsi, la conversation s'ouvrit, naturelle, flottante. Ils ne parlaient pas de la soirée au studio ni de la nuit en club. Pas de baiser. Pas de désir. Ils parlaient de bouquins, de plats ratés, de la musique trop forte dans les Uber. Il lui envoyait des extraits de ses prods. Elle lui envoyait des phrases de romans griffonnées dans ses carnets. Et ça tenait.
Le deuxième soir, elle osa lui demander : « T'écris parfois ? Pas juste des lyrics. Pour toi. » Il mit du temps à répondre. « Rarement. Mais j'pourrais t'en lire si tu veux. »
Le lendemain, il lui envoya une note vocale. Sa voix, plus grave encore au creux du téléphone, lui lut un texte. Une sorte de poème brut, à demi-rappé, sur le silence des hommes qui n'osent pas pleurer. Soraya en eut les larmes aux yeux. Elle ne répondit pas tout de suite. Mais le soir venu, elle proposa : « On marche un peu demain ? J'ai besoin d'air. » ; « Dis où. Je te suis. »
Le lendemain, il lui envoya une note vocale. Sa voix, plus grave encore au creux du téléphone, lui lut un texte. Une sorte de poème brut, à demi-rappé, sur le silence des hommes qui n'osent pas pleurer. Soraya en eut les larmes aux yeux. Elle ne répondit pas tout de suite. Mais le soir venu, elle proposa : « On marche un peu demain ? J'ai besoin d'air. » ; « Dis où. Je te suis. »
Ils se retrouvèrent le lendemain, à quatorze heures, Place de la Treille. Un soleil pâle éclairait les pavés. Malik portait un sweat ample et une casquette. Soraya, une robe longue et un gilet trop grand. Il la détailla un instant, puis dit simplement :
— T'as une gueule d'héroïne de roman russe aujourd'hui.
Elle éclata de rire.
— C'est la fatigue existentielle. Et toi t'as une dégaine de mec qui cache sa célébrité en mode furtif.
— J'avoue. Je suis un homme discret dans un monde bruyant.
— C'est un slogan ?
— Allez… Je vais l'imprimer sur des mugs !
— J'avoue. Je suis un homme discret dans un monde bruyant.
— C'est un slogan ?
— Allez… Je vais l'imprimer sur des mugs !
Ils marchèrent longtemps, sans but précis. Ils passèrent par la Citadelle, firent une halte à la librairie, s'arrêtèrent pour un café en terrasse. Il la fit rire à propos de sa première scène de concert ratée. Elle lui raconta comment elle avait oublié un passage entier d'un exposé en plein amphi. Le lien entre eux s'étoffait. Moins brûlant, plus vivant. À un moment, elle trébucha légèrement sur un trottoir. Il la rattrapa par la taille, machinalement. Elle sentit sa main chaude sur ses hanches. Il ne la lâcha pas tout de suite. Elle ne s'écarta pas. Mais rien ne fut dit.
Les jours suivants, ils s'envoyaient des messages plus courts. Des clins d'œil. Des pensées. « T'as vu la lune ce soir ? On dirait qu'elle te cherche. » Ils ne se voyaient pas tous les jours, et jamais dans un cadre trop intime. Pas encore. Des cafés, des balades, des haltes improvisées sur des bancs. Et à chaque fois, un peu plus de proximité. Parfois, deux jours sans mot. Et puis, un soir, elle lui écrivit : « Tu passes près de la fac demain ? » ; « À midi. Pourquoi ? » ; « Je te dois un café. Et un poème. »
Il répondit : « Je viens les chercher tous les deux. » Ils finirent assis sur les marches d'un escalier de la fac, un sandwich à la main, deux cafés dans des gobelets tièdes. Elle lui lut un passage de Marguerite Duras. Il le récita ensuite en battant le rythme du pied. Ils riaient comme deux ados qui n'ont encore rien brisé. Puis, avant qu'elle parte, il glissa :
— Je sais pas si c'est un début, Soraya. Mais j'sais que j'veux pas que ça s'arrête.
Elle le regarda, interloquée. Puis elle sourit, pour lui signifier qu'elle ressentait exactement la même chose.
Entre eux, le rythme lent s'était installé, irrégulier, mais réel. Leurs corps se rapprochaient comme des continents lentement en mouvement. Un soir, après un film projeté en plein air, ils s'étaient retrouvés seuls dans une ruelle adjacente à la place. Il faisait doux. La foule s'était dissipée. Malik, en la raccompagnant, avait marché si près qu'elle sentait son bras effleurer le sien à chaque pas. Au moment de se dire au revoir, il s'était penché, lentement. Elle n'avait pas bougé. Et leurs lèvres s'étaient retrouvées, dans un baiser furtif.
Entre eux, le rythme lent s'était installé, irrégulier, mais réel. Leurs corps se rapprochaient comme des continents lentement en mouvement. Un soir, après un film projeté en plein air, ils s'étaient retrouvés seuls dans une ruelle adjacente à la place. Il faisait doux. La foule s'était dissipée. Malik, en la raccompagnant, avait marché si près qu'elle sentait son bras effleurer le sien à chaque pas. Au moment de se dire au revoir, il s'était penché, lentement. Elle n'avait pas bougé. Et leurs lèvres s'étaient retrouvées, dans un baiser furtif.
— Je peux ? avait-il murmuré juste après, la voix basse.
Elle avait souri.
— Tu viens de le faire.
— Ouais… mais j'voudrais recommencer. Mieux.
— Ouais… mais j'voudrais recommencer. Mieux.
Le deuxième baiser fut plus long. Plus chaud. Mais toujours tendre. La main de Malik trouva la sienne. Il ne brusquait rien mais il la tenait. Et elle se laissait faire, volontairement.
Le soir, dans son lit, Soraya se surprenait à relire les messages qu'il lui envoyait. Des notes vocales où il chantonnait. Des phrases absurdes à 2h du matin. Des silences aussi. Elle se demandait : « Est-ce qu'il joue ? Est-ce que je suis un entre-deux, un passe-temps ? Ou est-ce que je suis différente ? »
Le soir, dans son lit, Soraya se surprenait à relire les messages qu'il lui envoyait. Des notes vocales où il chantonnait. Des phrases absurdes à 2h du matin. Des silences aussi. Elle se demandait : « Est-ce qu'il joue ? Est-ce que je suis un entre-deux, un passe-temps ? Ou est-ce que je suis différente ? »
Et pourtant, chaque fois qu'elle le voyait, ses doutes se dissipaient. Il n'était pas pressé. Il ne cherchait pas à posséder, ni à séduire en boucle. Il était là, constant. C'était ça qui la troublait. Malik alimentait un feu qui durait.
Et lorsqu'elle était seule, la nuit, elle pensait à lui, à sa voix basse, à la chaleur de ses doigts quand il la frôlait, le grain de sa voix qui traînait dans ses oreilles. Elle se surprenait à chercher son odeur. Le parfum boisé de ses sweats, comme un fantôme chaud resté accroché à sa peau. Elle revivait leurs baisers, les rejouait dans sa tête, lentement, comme des souvenirs précieux. Il ne l'avait pas encore touchée mais elle portait sa trace. Elle glissait ses doigts entre ses jambes, timidement. Elle avait envie de lui, oui. Une envie lancinante, enracinée dans le ventre.
Les sensations revenaient plus fortes. Son sexe se contractait, comme si le manque devenait physique. Elle imaginait sa langue, sa bouche, ses gestes sûrs. Elle se caressait doucement, pas pour fuir la solitude, mais pour prolonger son souvenir. Pour lui dire, dans le silence, qu'il l'habitait. Mais le désir n'était pas que dans son corps. Il vivait aussi dans l'attente. Dans ce qu'ils ne faisaient pas encore. Dans chaque regard qu'il posait sur elle sans la toucher. Elle aimait ça. Ce ralentissement sensuel. Cette impression que, cette fois, tout pouvait être différent. Et ça la rendait folle de tension. De chaleur contenue. Elle se sentait vivante. Et terriblement prête.
Leur relation dura quelques semaines. Un jour, Soraya s'était laissée convaincre par Lilou de boire un café en terrasse, rue Esquermoise. Les deux étudiantes n'allaient presque plus en cours. Elles séchaient de nombreuses heures, et notamment les cours de Delmas et Delebarre, qu'elles n'auraient pas su affronter. Lilou était radieuse, en jupe plissée, cheveux tirés en queue haute, lunettes de soleil vissées au nez.
— T'as bonne mine, commenta-t-elle en croquant dans un croissant. L'amour te réussit.
Soraya esquissa un sourire sans répondre. Elle n'avait encore rien nommé. Elle ne savait même pas si c'était de l'amour. Mais Malik l'habitait, oui. Lilou sortit son téléphone, feuilleta quelques stories avec l'air de ne pas y toucher.
— Tu sais que Malik était en soirée, samedi soir ? Je croyais qu'il t'en avait parlé.
Soraya releva les yeux, un peu surprise.
— Non… il m'a dit qu'il bossait. Studio fermé.
Lou haussa une épaule.
— Peut-être qu'il a changé ses plans. Regarde.
Et sans prévenir, elle lança une vidéo. L'écran s'anima : ambiance club, lumière rouge, flashs de téléphones. Malik, torse moulé dans un t-shirt noir, collé à une grande blonde. Très blonde. Très seins. Elle riait, se frottait à lui. Il la serrait par la taille, puis glisse une main sous sa robe. Un baiser. Un autre. Une caresse très claire sur sa poitrine. Un plan furtif : sa main sur ses fesses. Puis la vidéo s'arrêta.
— Elle est pas mal, non ? souffla Lilou, faussement complice.
Soraya sentit le vide dans sa poitrine. Son estomac se serra. Mais elle força un sourire.
— Charmant.
— Après tout, il est pas casé. C'est juste la réalité du terrain.
— Après tout, il est pas casé. C'est juste la réalité du terrain.
Elle but une gorgée de café.
Soraya n'entendait plus rien. Le bruit du monde s'était effacé. Elle se revit, deux jours plus tôt, assise dans un parc, la main dans la sienne. Son baiser. Sa voix douce. « T'es pas un détail. » Mensonge. Elle resta digne. Lilou parla encore un peu, d'autre chose.
Soraya n'entendait plus rien. Le bruit du monde s'était effacé. Elle se revit, deux jours plus tôt, assise dans un parc, la main dans la sienne. Son baiser. Sa voix douce. « T'es pas un détail. » Mensonge. Elle resta digne. Lilou parla encore un peu, d'autre chose.
Soraya faisait semblant d'écouter. Puis elle prétexta un rendez-vous et partit. Chez elle, la colère monta d'un coup. Elle jeta son sac, retira ses chaussures à coups de pied. Elle alluma son téléphone, rouvrit la vidéo. Encore. Et encore. Ce n'était pas la scène. C'était le visage de Malik. À l'aise. Excité.
Elle éprouva une envie de hurler, de briser quelque chose. Elle s'effondra sur son lit. Les larmes vinrent, d'un coup, incontrôlables. Elle s'était laissée avoir, encore. Elle avait cru à la lenteur, à la sincérité. Elle s'était confiée à quelqu'un qui, au fond, ne valait pas mieux que les autres. Elle pensa à ses propres gestes, à ses baisers, à ses caresses imaginées. Et soudain, elle se sentit sale, ridicule, grotesque. Humiliée, elle pleura longtemps.
Quand elle voulut éteindre enfin son téléphone, une notification apparut. C'était un énième message d'Ilyes : « Bonjour Soraya ? Je ne sais pas si tu a envie de me parler. J'ai penser à toi. J'aimerai bien te reparlé, te revoir. »
Puis elle posa le téléphone contre sa poitrine, les yeux brûlants. Sa main trembla. Oui, oui il allait la revoir. Et elle lui montrerait ce qu'elle valait. Elle lui montrerait qu'on ne se fout pas de sa gueule impunément. Ce garçon-là paierait pour les autres, il paierait pour la honte et la frustration. Il paierait cher le prix de l'humiliation.
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