Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Laure : chapitre zér0 — Chapitre 5 · Les vacances de toutes les expériences
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Laure : chapitre zér0
Chapitre 5 · Les vacances de toutes les expériences
LES VACANCES DE TOUTES LES EXPERIENCES
Juillet 1993
Le cœur battant, je retiens ma respiration en cherchant mon nom sur les kilomètres de listes de noms placardés sur le mur du préau. Je tombe tout d'abord sur celui de Sophie, puis celui de Marc un peu plus bas. Je descends, je descends... C'est bon. Je me suis trouvé. Je peux enfin souffler de soulagement. C'est officiel : je suis bachelier. Je lève discrètement un poing triomphal en direction de mes deux camarades et nous nous tombons tous dans les bras. Nous allons ensuite nous retrouver chez Mercos pour célébrer nos succès respectifs comme il se doit, avant de prendre des vacances bien méritées.
Nous y faisons la connaissance de Jennifer, la jolie blonde, fraîchement bachelière également, mais venue d'un autre lycée, sur qui notre hôte a des vues. Elle est mignonne, indiscutablement, mais un peu trop réservée à ma convenance. A sa décharge, elle doit être un peu intimidée de se retrouver avec trois personnes inconnues.
Le champagne offert par monsieur et madame Didier pour nous récompenser de nos succès égaye nos humeurs, même s'il ne suffit pas à délier la langue de la pauvre «Jenny » qui peine un peu à s'intégrer, malgré les efforts démesurés de Mercos.
— Je fais une petite fête pour mes 18 ans. Vous venez ? Propose Sophie.
— Bah oui, carrément ! Rétorque Mercos sans réfléchir.
— C'est quand ? Je demande, plus prosaïque, mais très enthousiaste à cette idée.
— Le 22.
— Juillet ?
— Bah, Oui... Pas décembre !
Instantanément, mon enthousiasme s'écroule, ne laissant place qu'à une immense déception.
— Je serai pas là. Je pars en vacances.
— Où ça ?
— Je pars trois semaines en Dordogne. Un genre de vacances organisées où je vais chaque année, avec des tas de jeunes de nos âges. Entre autres, les enfants des collègues de boulot de mes parents... On se retrouve dans une sorte de grande ferme, plus ou moins libres d'y faire ce qu'on veut. J'avais donné mon accord depuis longtemps, parce que c'est probablement la dernière année que j'aurai l'occasion d'en profiter...
— Oh, la chance ! Ça doit être trop bien ! S'exclame-t-elle, rêveuse.
— Mouais... Si je manque ton anniv', du coup, ça m'emballe beaucoup moins.
Elle a un petit haussement d'épaule, accompagné d'un sourire rassurant.
— Ma foi... On tâchera de s'amuser sans toi...
Je n'en montre rien, mais intérieurement, je suis effondré. J'aurai tout donné pour être là, la voir heureuse, entourée de nous tous, lui offrir un cadeau qui lui aurait fait plaisir ou simplement être présent pour partager l'événement, parce que... Pourquoi, au juste ? Parce que c'est ma meilleure amie.... C'est tout... N'est-ce pas ?
Mon départ en vacances tant souhaité m'apparaît maintenant comme une corvée dont je suis impatient d'être débarrassé, alors qu'il n'aura lieu que dans quelques jours.
Le jour venu, je rejoins sur le quai de la gare trois des jeunes qui m'accompagneront lors de mon trajet estival. Je retrouve donc Julien et Steven, que je connais de longue date, ainsi qu'une nouvelle : une jolie blonde du nom d'Aurélie.
Mercos et Sophie sont là aussi, pour me souhaiter un bon voyage.
Nous nous tombons dans les bras en nous promettant de nous revoir dès que possible. Je prolonge mon étreinte avec Sophie un peu plus qu'il n'est raisonnable. Sans en donner l'air, je hume une dernière fois son parfum, enregistrant dans ma mémoire la sensation de sa joue contre la mienne lorsqu'elle me fait la bise.
Julien, Steven, Aurélie et moi embarquons à bord du train. Il nous faut quelques instants pour repérer nos places, mais nous finissons par les trouver, charger nos bagages dans les emplacements réservés à cet effet et nous nous affalons dans les sièges en carré.
Lorsque le train démarre, je fais en sorte de capter le regard d'émeraude de Sophie jusqu'à la toute dernière milliseconde. Puis, elle sort de mon champ de vision. A cet instant, elle me manque.
Heureusement, je me console en renouant avec mes anciens camarades de vacances, et en faisant connaissance avec la nouvelle venue. Plus de six heures de voyage entre le trajet pur, les changements de train, et les attentes entre chaque, permettent au moins de prendre le temps de discuter. La fameuse Aurélie semble faire l'unanimité. Je dirais même plus, mes deux comparses ont l'air de deux vautours qui volent en cercle autour de la charogne qu'ils ont dans le viseur. Celle-ci en est parfaitement consciente et en joue pour les pousser à se donner à fond dans leur petit jeu de séduction.
— T'as une copine, toi ? Me demande-t-elle, alors que la conversation porte depuis quelques minutes sur les histoires de cœur des uns et des autres.
Je réponds simplement :
— Non. Et toi ? T'as un mec ?
— Parfois... fait-elle avec un petit sourire énigmatique. De toute façon, les vacances, c'est l'occasion rêvée pour se dégotter quelqu'un, pas vrai?
On verra, elle a pas complètement tort. Du temps libre, de la liberté... Ça ouvre bien des perspectives. Même si c'est pas ma raison première de partir en vacances, il y a des occasions qu'il serait bien dommage de ne pas saisir si elles se présentent. En plus, si ça peut détourner un peu mon esprit de Sophie, ça ne peut pas faire de mal.
Nous arrivons à la gare de Bergerac en fin d'après-midi. Gilles Varois, le propriétaire du complexe où se déroulera notre séjour nous y attend. Il nous accueille chaleureusement en nous faisant monter dans son gros 4x4. Tout en nous questionnant sur notre vie depuis l'année passée ou tentant de faire connaissance avec la nouvelle membre de la communauté, il nous raconte l'évolution de la vie dans la région depuis un an. L'heure de route nécessaire pour atteindre notre destination passe plus vite ainsi. L'automobile s'engage dans un petit chemin de terre qui sinue à travers la campagne jusqu'à une immense clairière entourée par la forêt où siège une grande ferme composée de plusieurs bâtiments massifs, l'un d'entre eux étant une succession de chambres individuelles qui constitueront nos logements.
Nous prenons le temps de nous installer chacun dans la chambre qui nous a été attribuée, puis rejoignons la dizaine d'autres garçons et filles dans une grande salle ou monsieur Varois nous rappelle quelques règles élémentaires assez simples:
Les repas sont servis au cours de plages horaires fixes. Libre à chacun d'y prendre part ou non. Diverses activités sont proposées quotidiennement : libre à chacun d'y prendre part ou non, mais le cas échéant, il est obligatoire de s'inscrire au minimum la veille et de s'y tenir.
Enfin, un appel est effectué chaque soir à 21h30, et tout le monde doit impérativement être présent sur la propriété. Il n'y a pas de couvre-feu particulier, du moment que tout le monde est bien là.
Les règles locales ayant été assimilées par nous tous, le séjour peut enfin commencer.
Des sous-groupes se forment naturellement : je traîne spontanément avec ceux avec qui j'ai voyagé jusqu'à présent : Juju, Steve, Aurélie et une autre fille, Noémie.
Une Scission tacite se fait spontanément avec un deuxième groupe, mené par un grand gars appelé Aurélien. Il est grand, arrogant, plutôt vulgaire. J'aime de moins en moins sa façon méprisante de s'adresser à ceux qui ne font pas partie de son groupe, et encore moins sa manière de toujours réduire les filles à « Celle-là, elle est trop bonne » ou « rien à foutre de celle-ci, elle est moche », comme si tout ne se limitait qu'à ça. Ses remarques constantes sur le cul d'Aurélie, quand elle a le dos tourné m'énervent au plus haut point.
Il n'est pas dans mon caractère de me fâcher contre autrui ou de me lancer dans une guerre ouverte, mais plus j'évite ce type, mieux je me porte.
Nos journées se suivent mais ne se ressemblent pas. Nous nous livrons à tout un tas d'activités parfois très simples, mais toujours dépaysantes. Une randonnée par-ci, une baignade dans un lac à proximité par là, ou bien encore la visite d'un lieu culturel.
Le soir, après le dîner, je passe un coup de fil à la maison pour rassurer les parents.
Le 18, je n'oublie pas d'appeler chez les Delauney pour souhaiter un joyeux anniversaire à Sophie. La conversation ne dure pas longtemps. Je la trouve un peu éteinte. Elle n'a pas grand chose à me raconter. Je raccroche un peu déçu. J'espère que tout va bien pour elle.
Puis, c'est invariablement le grand cercle autour du feu de camp. On y dégomme quelques bières que l'on s'est gardées discrètement de côté tout en se racontant des histoires. Les premiers couples se forment à la faveur de l'ombre et de la flamme, pendant que Steph' m'assomme avec ses grattements approximatifs de cordes de guitare. Ceux-ci semblent toutefois séduire Noémie, qui devrait finir dans ses bras d'ici la fin de la soirée, ou demain au plus tard.
Si j'aime les journées chargées que nous vivons, ces longues veillées autour du feu commencent à me peser au fur et à mesure que les jours passent. La guitare de Steph' m'est de plus en plus insupportable, mais pas autant que l'arrogance d'Aurélien qui commence à se prendre pour le Grand Chef et Maître de Cérémonie autour duquel chacun doit graviter.
Les choses ne s'arrangent pas lorsqu'il commence à cramer son gros bout de shit et rouler des joints qui se mettent à circuler.
Je me fiche que les gens fument ou non, mais les conversations de gens défoncés sont vraiment pénibles pour ceux qui s'en abstiennent, surtout lorsque tout tourne autour des seins et du cul d'Aurélie, qui ne nous a pas encore rejoints.
Au point que lassé, je finis par quitter l'assemblée. Comme je n'ai pas non plus envie d'aller me coucher tout de suite, je me contente de m'éloigner et de m'asseoir seul, sur une vieille souche, à l'écart du groupe.
Je me laisse sombrer dans mes vieux souvenirs des années passées. Je repense à Charlotte. Une jeune fille avec laquelle j'avais un peu flirté l'été dernier. Autour d'un feu de camp autrement plus convivial que celui-là, nous nous étions rapprochés et avions fini par nous embrasser. Ce n'était pas allé bien loin. Nous nous étions contentés de quelques baisers et tendres câlins qui avaient duré le temps que peuvent durer les amourettes de vacances. Je me demandais si elle serait là, cette année. Elle ne l'est pas. Dommage. Elle était gentille. Par association d'idées, je me remémore les deux autres filles avec qui j'ai échangé quelques baisers, avant elle.
Je sursaute en entendant craquer une branche.
C'est Aurélie qui vient de surgir de nulle part.
— T'es pas avec les autres ? Me demande-t-elle, étonnée.
— Bof, trop de fumée à mon goût... Et pas que celle du feu de camp, si tu vois ce que je veux dire.
Elle hoche la tête pour me faire signe qu'elle comprend.
— Tu fumes pas ?
— Non... Toi ?
Encore ce sourire énigmatique.
— Pas tout le temps... Ça te dérange, si je me pose à côté de toi ?
— Pas le moins du monde.
Je me décale pour lui faire une petite place contre moi.
La souche sur laquelle nous sommes assis n'est guère confortable, mais la chaleur de notre promiscuité nous protège du petit air frais de la nuit.
Le confort des ténèbres environnantes nous incite à la conversation. Nous nous mettons à discuter de choses et d'autres, peut-être avec un peu plus de profondeur que lorsque nous nous fréquentons en plein jour, ou avec le reste du groupe. Nous abordons tout un tas de sujets, allant des anecdotes de notre passé aux espoirs de notre avenir.
J'acquiers une certitude : Aurélie est bien plus qu'une simple paire de loches et un joli petit cul, contrairement à ce que semblent en penser Aurélien et ses sbires.
Toutefois, après un long moment, j'étouffe un bâillement et demande :
— Pardon, mais je commence à fatiguer un peu. Il est quelle heure ?
— 1h30.
— Déjà ? J'ai pas vu le temps passer.
Elle sourit tout en se remettant debout.
— Le temps file, quand on passe un bon moment...
Tout en parlant, elle manque de tomber en trébuchant sur une racine qui dépasse.. Elle se reprend de justesse en attrapant mon bras au passage. Elle y reste accrochée le temps que dure notre traversée des quelques dizaines de mètres qui nous séparent du bâtiment des dortoirs. Arrivés dans le couloir, nous nous souhaitons une bonne nuit avant de nous séparer.
— Bon... Merci pour la soirée, Richard. J'ai passé un très bon moment.
— Merci, moi aussi. Passe une bonne nuit et à demain !
Sur ce, elle se hisse sur la pointe des pieds et dépose un baiser furtif sur mes lèvres.
Je n'ai pas le temps de comprendre ce qu'il vient de se passer que déjà, elle a disparu au coin du couloir, me laissant le cœur battant à tout rompre.
J'entre dans ma chambre et me laisse tomber sur mon lit. Le goût suave de ses lèvres encore sur les miennes, la tête pleine d'interrogations.
Le lendemain, je passe la journée à tenter de capter l'attention d'Aurélie. Je voudrais bien savoir ce que signifiait ce baiser. Est-ce que c'était un bisou « juste comme ça » ou bien une ouverture pour quelque chose de plus.
Rien n'y fait. Elle ne me concède que la camaraderie de base des jours précédents, comme si rien ne s'était passé, et ce n'est pas l'intense après-midi passée à faire du canyoning qui nous offre beaucoup d'opportunités de nous rapprocher. Je me dis qu'elle avait dû céder à une impulsion, la veille, et qu'il n'y avait peut-être rien de plus à en attendre.
Le soir venu, l'ambiance autour du feu de camp est plus agréable que la veille. Je crois que nous sommes tous un peu fatigués par la journée épuisante physiquement que nous venons de vivre. Même si l'atmosphère générale me convient, à l'instar de la veille, je fais le choix de m'isoler. Sauf que cette fois, la raison en est différente. J'espère secrètement qu'Aurélie viendra me rejoindre discrètement et que nous aurons une chance de nous... rapprocher. Et sinon, ma foi, je saurai qu'il n'y a rien de particulier à en attendre.
— Encore tout seul dans ton coin ?
Mon cœur bondit de joie. La voilà. Je lui explique la raison de ma présence en lui disant la vérité – pas TOUTE la vérité, certes, mais au moins une partie- concernant mon isolement du moment :
— Ouais. Je crois que si j'entends encore une fois Steph' jouer « Cendrillon » de Téléphone, je vais pas pouvoir me retenir d'alimenter le feu avec sa putain de guitare ! Déjà qu'elle me pète le moral, cette chanson, si en plus, je dois me la farcir trois fois par jour...
Elle éclate de rire. J'ajoute :
— Je te fais une petite place ?
Sans répondre, elle vient se coller contre moi, passant son bras autour de mon cou.
Je m'apprête à sortir une banalité, mais au moment où j'ouvre la bouche, la sienne vient se coller dans la mienne. Trop heureux d'en profiter, je l'enlace et me plonge en elle encore plus, explorant sa langue de la mienne.
Nous restons de longue minutes à ne rien faire de plus que de nous rouler des pelles profondes, lorsque je sens un frisson la parcourir.
— T'as froid ?
— Un peu, même si tu me tiens chaud...
Une idée me vient :
— J'ai détourné deux ou trois bières. Ça te dit de boire un coup dans ma piaule ?
— Okay ! Fait-elle en me redonnant un baiser pour me motiver.
L'instant d'après, je suis assis dans mon lit, une fille dans les bras, une binouze à la main. Un spectacle pas bien élégant d'un point de vue extérieur, mais très agréable du mien.
Nous parlons peu, tout en sirotant de petites gorgées, entre deux baisers langoureux.
Nos boissons terminées, nous déposons les bouteilles vides au pied du lit afin de reprendre à plein temps nos activités linguistiques.
Allongés dans le lit, nous avons plus de confort à notre disposition. Les mains partent explorer nos dos, nos hanches en nous lovant l'un contre l'autre.
La bouche d'Aurélie quitte la mienne pour venir embrasser mon cou.
Elle me repousse soudain en arrière, et se hisse à califourchon sur moi. En titillant le lobe de mon oreille de ses dents, elle me susurre :
— Tu veux coucher avec moi ?
La question posée de manière si abrupte me prend par surprise. Intérieurement, je suis en panique. Je rêvais un peu d'une occasion de ce genre, mais l'avoir devant moi, là, maintenant, c'est autre chose. Tu parles que je veux ! D'un autre côté, mon inexpérience totale dans ce domaine, face à cette bombe qui elle, a tout à fait l'air de savoir ce qu'elle fait, m'intimide beaucoup.
Néanmoins, avec une assurance de vieil habitué que je suis très loin de ressentir, je réponds avec une désinvolture de pure façade :
— Ouais, s'tu veux...
A ces mots, elle se redresse, toujours à cheval sur moi, et d'un mouvement rapide fait passer son petit pull léger par-dessus sa tête, libérant son opulente poitrine qui se met à ballotter sous mes yeux ravis, mais impressionnés.
Elle me prend les mains pour m'inciter à prendre possession de ses deux seins. Je ne m'en prive pas.
Je glisse mes doigts dans son dos pour entreprendre avec une maladresse évidente de dégrafer son soutien-gorge.
Je suis obligé de m'y reprendre à plusieurs reprises, mais trop occupée à relever mon t-shirt pour couvrir mon torse de petits baisers, elle ne paraît pas s'en rendre compte.
Je me plonge dans sa poitrine que je soupèse caresse, embrasse avec gourmandise. Ma langue vient se repaître de ses tétons durcis par l'excitation. Ses halètements me poussent à continuer à la dévorer consciencieusement. Mes mains partent à la recherche de ses hanches, de ses cuisses, agrippent ses fesses rondes.
Elle saisit mes mains, les fait descendre plus bas, pour les forcer à entreprendre le déboutonnage de son jean, puis pour retirer son petit string en dentelle blanche. Ainsi dévêtue, cela lui laisse les coudées franches pour me retourner la politesse et me délester de mes habits en retour.
L'avantage des mecs, si c'en est un, c'est que l'effet que leur font les filles est immédiatement perceptible.
Mon attirance pour Aurélie se manifeste physiquement à sa grande satisfaction.
Pourtant, elle met un terme à notre étreinte pour aller fouiller un instant dans son petit sac à main, dont elle extirpe un préservatif qu'elle me jette littéralement dessus.
Après le dégrafage de soutien-gorge, il s'agit de mon deuxième – et pas dernier- moment d'embarras. Si je ne suis pas complètement naïf et sais bien à quoi sert cet objet et comment il fonctionne dans les grandes lignes, je n'en ai encore jamais utilisé, et n'ai qu'une idée théorique de comment ça s'enfile.
Dieu merci, j'y parviens sans trop de difficulté et m'épargne au passage une humiliation.
Alors, je focalise de nouveau toute ma concentration sur Aurélie. Tout en la faisant basculer pour me retrouver sur elle, je me replonge contre son corps offert.
Sans trop réfléchir, ni véritablement savoir ce que je fais, je m'insinue en elle. Je découvre pour la première fois cette sensation qui fait tant rêver ceux qui ne s'y sont jamais essayé.
Je vais et je viens en elle, tandis qu'elle ondule son bassin pour venir à ma rencontre. Je crois que je ne pourrai plus jamais m'en passer. Je veux que ça dure pour l'éternité sans jamais s'arrêter. Je ne peux retenir un râle d'appréciation. C'est doux, chaud, humide, merveilleusement agréable. C'est... C'est...
...C'est fini...
On dit que la première fois est rarement la meilleure. Je suis inexpérimenté, mais pas complètement idiot. Je me rends parfaitement compte en cet instant que MA première fois ne sera pas SA meilleure fois. Formidable. Je ne m'étais pas senti terriblement embarrassé depuis au moins une bonne minute et demi...
Encore haletant et sous le choc de ce que je viens de vivre, je me décale précautionneusement sur le côté pour laisser un peu d'espace à ma partenaire, histoire qu'elle aussi ait le temps de souffler, même si il y a de fortes chances qu'elle en ait moins besoin que moi.
Un silence que je trouve assez pesant se prolonge entre nous. Histoire d'avoir l'air de faire quelque chose, je lui dépose quelques baisers sur les joues ou le bout des lèvres.
Tout en se relevant, se tortillant pour glisser dans son jean et récupérer son pull, elle finit par rompre le silence.
— Bon... Bin... Je vais y aller, alors...
Bien incapable de trouver la réaction appropriée, je balbutie maladroitement :
— Euh.. Oui... Euh... Bien sûr... Euh... Bonsoir, alors... Et, euh... Enfin... Merci pour... Enfin, tu vois, bref, bonne nuit !
Sans rien dire, elle lève la main en guise de salut, et disparaît.
Je reste allongé sur mon lit à fixer le plafond. Je n'ai qu'une seule envie : recommencer le plus tôt possible. Vivement demain soir !
Le lendemain, je me réveille assez tard. Je retrouve Julien et Steven dans la grande salle qui sert de réfectoire. Nous prenons notre petit-déjeuner ensemble, mais je garde pour moi mes aventures nocturnes. Tout en conversant, je cherche Aurélie du regard, mais ne la trouve pas.
Elle débarque un peu plus tard. De loin, je lui adresse un petit sourire entendu qu'elle ne me rend pas. Elle va s'asseoir auprès d'un autre groupe. Je ne m'en soucie pas. La manœuvre me paraît évidente : elle veut garder notre liaison secrète. Ça me convient parfaitement. Faisons semblant de n'être que de simples camarades en journée, et retrouvons-nous la nuit pour nous livrer à de folles étreintes. Ce soir, je serai plus à l'aise. Je me débrouillerai sans doute beaucoup mieux, maintenant que je sais à quoi m'attendre.
L'après-midi ensoleillée est consacrée à une longue promenade équestre. J'y participe avec entre autres Julien, et le couple Noëmie et Stéph' qui filent désormais le parfait amour. Ils se montrent un minimum discret pour ne pas se faire griller par monsieur Varois – qui n'est pas dupe une seule seconde de ce qu'il se passe dans ses dortoirs quand il a le dos tourné - ou les organisateurs des diverses activités.
Il y a un minimum de correction à maintenir, du moins en apparence.
Je suis un peu déçu : Aurélie ne participe pas à la promenade, pas plus que la bande à Aurélien, ce qui, en revanche, n'est pas pour me déplaire.
Nous rentrons en fin d'après-midi. Après une bonne douche et un temps de repos réparateur suite aux efforts de la journée, je rejoins de nouveau mes camarades pour le dîner. Je dévore discrètement mon amante des yeux pendant que nous nous racontons nos journées.
Un peu plus tard, je décide de me diriger vers le feu de camp, mais la voix de crécerelle de Steph' qui fait subir des outrages inavouables aux cordes de sa guitare m'en dissuade. Je veux bien prétendre que je tolère ses « gling-gling » quotidiens, mais un guitariste médiocre doublé d'un mauvais chanteur qui massacre en toute impunité «All Along The Watchtower », c'est trop pour moi. Je laisse donc l' «artiste » effectuer sa reprise de Jimi Hendrix qui reprend Bob Dylan, et vais retrouver ma vieille souche d'arbre avec une idée en tête : attendre le moment où Aurélie va venir me rejoindre pour que nous allions explorer plus en détail nos intimités respectives.
Je suis intenable. Je tape des pieds, gratte nerveusement le bois sur lequel je suis. Mon esprit est accaparé par des pensées peu catholiques. Je songe à comment je vais mieux me débrouiller, quelles parties d'elle je vais toucher et comment.
Le temps passe alors que mon impatience grandit exponentiellement. Beaucoup de temps passe. Trop de temps passe. Je regarde ma montre. Malgré l'heure tardive, pas l'ombre de ma super nouvelle petite amie...
Qu'est-ce donc qui la retient ?
Tout d'un coup, un petit rire me sort de mes pensées, suivi d'un second. J'ai bien reconnu le premier ricanement: c'est celui d'Aurélie, mais je ne parviens pas à identifier le second, plus faible.
Toute mon excitation retombe comme un coup de massue sur le crâne, lorsqu'à la lueur d'une lampe torche, Aurélie passe à quelques mètres de moi sans me remarquer. Elle a un joint au coin du bec, mais surtout, elle est au bras d'Aurélien. Tous deux se dirigent en direction des chambres, et leurs intentions ne laissent pas grande place au doute concernant leurs projets immédiats.
Je soupire. Si se sentir soudain très très con était un talent, je serais médaillé olympique.
Je me lève sans enthousiasme et regagne ma propre chambre en traînant des pieds, seul et désabusé.
En attendant le sommeil qui ne vient pas, je tente d'analyser tout ça dans ma tête : je me suis enflammé trop vite. Je me suis laissé éblouir par mon désir. C'était une attirance physique, mais il n'y avait rien de plus, et rien de sérieux ne pouvait en découler. Elle, elle cherche à s'éclater, peu importe avec qui, et je ne le lui reproche pas. Je serais gonflé si c'était le cas, vu que j'en ai quand même profité.
Mais la réalité, c'est qu'une fois l'emballement retombé, toute cette histoire n'est qu'un vide abyssal. J'ai vécu une expérience initiatique, certes, mais au-delà des sensations physiques, qu'est-ce que j'en retiens? La réponse est simple : strictement rien.
Je suis peut-être trop fleur bleue, mais pour moi, les sentiments ont leur importance. Et avec Aurélie, l'excitation, m'a peut-être un peu illusionné, car au final je n'éprouvais rien pour elle.
Pour qu'une relation avec une fille compte à mes yeux, il faudrait que j'éprouve quelque chose d'intense. Malheureusement, je ne connais personne qui génère en moi ces sentiments. Il faudrait que ce soit quelqu'un avec qui je partage des moments forts, quelqu'un dont la présence me fait me sentir bien, quelqu'un qui mériterait ma confiance, quelqu'un que j'aimerais voir heureuse, quelqu'un dont la beauté saurait m'émouvoir et pas juste provoquer des afflux sanguins dans mon bas-ventre.
Quelqu'un avec... De longs cheveux bruns... Et de grands yeux verts... Et un petit grain de beauté sous la lèvre...
Sophie !
C'est pourtant si évident : Sophie, c'est elle qui compte à mes yeux. Comment j'ai fait pour pas m'en rendre compte plus tôt ? Je repense à tous les signes évidents : les efforts que j'ai fait pour m'en faire une amie, alors qu'on était ennemis ; le bien-être que je ressens à chaque fois que je suis en sa compagnie ; le pincement au cœur lorsque le train est parti et nous a séparés. Peut-être que finalement, mon rapprochement avec Aurélie, c'était un mécanisme défensif pour me sortir Sophie de la tête.
Il n'y a plus aucun doute : je suis amoureux de Sophie Delauney. Au point que j'ai l'impression de l'avoir trompée, en me vautrant au plumard avec une autre. Ce qui est parfaitement stupide, puisque nous ne sommes pas ensemble, de toute manière. Or, je comprends que c'est ce que je souhaiterais de tout mon cœur.
Qu'avait dit Mercos à mon sujet, déjà ? Ah oui... Que j'étais une contradiction sur pattes.
Sacré Mercos ! Je ris tout haut en pensant aux nombres de fois où il me taquinait en m'affirmant que j'avais le béguin pour Sophie. Il avait raison depuis le début, le salopiaud !
Je m'endors. Les lèvres souriantes de Sophie, décorées de leur joli grain de beauté s'impriment dans ma mémoire. Aurélie n'existe déjà plus.
Les jours passent à la ferme. Bien sûr quand je dis qu'Aurélie n'existe plus, c'est une hyperbole. Nous conservons des relations de camaraderie, même si je comprends qu'en réalité sa personnalité s'adapte mieux à celle d'Aurélien et qu'elle jouait plus un « rôle » de gentille fille bien élevée lorsqu'elle était en ma compagnie. Quant à moi, il n'y a plus une minute où Sophie n'habite pas mes pensées.
Finalement, le séjour arrive à son terme, et après une dernière soirée très arrosée pour tout le monde, nous faisons nos adieux aux uns et aux autres. Gilles Varois nous reconduit à la gare, Steven, Julien, Aurélie et moi. Il ne nous interroge pas sur les raisons de notre apathie soudaine, mais se doute bien que nous sommes tous victimes d'une bonne gueule de bois. Nous le saluons chaleureusement avant de monter dans notre train de retour.
Pendant tout le trajet du retour, mon esprit est accaparé par un seul et unique projet : rentrer, retrouver Sophie, et lui avouer mes sentiments, d'une manière ou d'une autre. Il va falloir que je la joue fine. Si elle devait m'éconduire, d'abord, ça me briserait le cœur, mais je suis également terrifié à l'idée que cela pourrait nuire à notre amitié.
En début de soirée, nous arrivons à destination. Je fais mes adieux à Steve et Juju, ainsi qu'une bise sincère à Aurélie. Un simple petit sourire entendu entre nous est l'ultime interaction que nous avons.
Lorsque je me retourne pour m'en aller, je tombe sur un gars qui me fait des grands coucous : c'est Mercos accompagné de Jenny. Je leur tombe dans les bras, trop heureux de les retrouver. Apparemment, ils ont mis leurs vacances à profit pour se rapprocher. Ils forment désormais un joli petit couple.
— Ah, bah, je vois que vous avez pas chômé en mon absence. Vous allez me raconter comment vous vous êtes mis ensemble ! On va se boire un coup quelque part et vous me racontez tout ça ?
— Oui, mais pas tout de suite. On attend Sophie. Elle voulait venir t'accueillir aussi, mais elle est un peu en retard. Elle devrait être là d'une seconde à l'autre.
Mon cœur bondit de joie à l'idée que celle que j'aime ne m'ait pas complètement oublié pendant que j'étais loin d'elle.
— Ah, la voilà ! Fait observer Jenny.
Je me retourne, le cœur battant à tout rompre.
Elle est plus belle que jamais. Je m'apprête à lever la main pour lui faire un signe, lorsque le monde s'écroule autour de moi. Je sens une boule se former dans ma gorge. Un horrible nœud me tord l'estomac.
La question que je ne m'attendais pas à me poser est la suivante : C'est qui, ce mec qui est à côté d'elle ? Et surtout, pourquoi sa main est accrochée à la sienne ?
Pitié ! Pitié ! Dites-moi que c'est juste un de ses cousins pour lequel elle a une affection particulière …
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Commentaires ()
Quoi que... sur ce site, les histoires de cousins ont tendance à souvent déraper :D
Effectivement c'était le risque...quand on ne parle pas.
Par contre Mercos, qui était au courant des sentiments de son pote, aurait pu le prévenir.
A moins que ce ne soit un coup monté pour le faire réagir ? A voir
Mais seul l'auteur
Mais la suite nous le dira.
Bon week end quand même !
;)
Puisque c'est comme ça, je me recouche pour la journée et je boude en attendant la suite.
Bon week-end, Iznobood 😉