Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
RÉCIDIVE — Chapitre 1 · Chapitre XI
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
RÉCIDIVE
Chapitre 1 · Chapitre XI
Chapitre XI – RÉCIDIVE
… Quatre mois passent. Lors du contrôle médical, le verdict tombe à nouveau : récidive. Le cancer ne me quittera plus ; il fera désormais partie de ma vie…
Ainsi se termine ce chapitre sur cette maudite maladie qui touche tant de personnes, y compris dans mon entourage, mes proches… et même mes princesses.
Après ma lourde opération du mois d’avril, je me suis remis tranquillement. D’après la chirurgienne, elle avait retiré quasiment l’intégralité de la tumeur. Le rendez-vous post-opératoire, un mois plus tard, était rempli d’espoir, et je me sentais déjà beaucoup mieux.
Les examens pour vérifier comment j’évoluerais dans le temps devaient avoir lieu trois mois plus tard. C’était le printemps : j’allais pouvoir profiter de l’été…
Heureux et apaisé, je me suis remis rapidement de l’opération. Fatigué, oui, mais souriant, plus ouvert à mes proches. Cela nous a même permis de resserrer un peu les liens avec “la reine mère”, une relation peut-être plus complice.
Rassurez-vous, il y a toujours quelques heurts — parfois violents — concernant mon entourage. Car, la forme revenant, je me suis remis à batifoler un peu…
Rassurez-vous, il y a toujours quelques heurts — parfois violents — concernant mon entourage. Car, la forme revenant, je me suis remis à batifoler un peu…
Après l’opération, j’ai repris la marche, qui m’a énormément aidé à me rétablir. Évidemment, avec la canicule de l’été, les balades se faisaient très tôt le matin. Heureusement, Jo — ma régulière — est, tout comme moi, une lève-tôt.
L’avantage du camping-car, c’est de pouvoir changer de coin à chaque sortie. Et j’en avais besoin.
De l’océan, avec sa forêt et ses grands lacs dans mon coin de prédilection, Carcans-Maubuisson…
Du Pays basque, avec ses montagnes et ses tapas…
En passant par le Périgord noir, ses châteaux, ses points de vue imprenables et ses monastères…
De l’océan, avec sa forêt et ses grands lacs dans mon coin de prédilection, Carcans-Maubuisson…
Du Pays basque, avec ses montagnes et ses tapas…
En passant par le Périgord noir, ses châteaux, ses points de vue imprenables et ses monastères…
De concert avec la marche, l’appétit étant revenu, je multiplie les petits restaurants, ainsi que les petits déjeuners où les viennoiseries deviennent mes amies.
À ma décharge, la chirurgienne me demande de reprendre du poids… donc, sans faire d’excès, il est vrai que je me lâche un peu.
À ma décharge, la chirurgienne me demande de reprendre du poids… donc, sans faire d’excès, il est vrai que je me lâche un peu.
À la maison, je me remets à cuisiner : petits plats en sauce, en croûte, marinades et grillades.
Le plus dur de cet “après”, pour un bon vivant comme moi, c’est de me tenir au zéro alcool pour limiter le sucre…
Ne m’autorisant que quelques verres lors de très grandes occasions.
Ne m’autorisant que quelques verres lors de très grandes occasions.
Pour ce qui est du batifolage, j’ai réduit le champ des princesses régulières afin de pouvoir leur accorder davantage de temps. J’ai donc choisi les plus belles, mais surtout celles qui me correspondent le mieux sexuellement, afin de pouvoir leur consacrer plus de présence.
Cependant, quelques nouvelles rencontres sont venues se greffer. Conquêtes n’est peut-être pas le mot exact, car pour certaines, c’est elles qui m’ont choisi.
L’une d’entre elles venait d’un département un peu plus éloigné. Belle, joviale, ouverte d’esprit… une bombe sensuelle, qui n’hésita pas à m’offrir l’une de ses amies en cadeau.
L’une d’entre elles venait d’un département un peu plus éloigné. Belle, joviale, ouverte d’esprit… une bombe sensuelle, qui n’hésita pas à m’offrir l’une de ses amies en cadeau.
La rencontre avec l’amie en question se fit donc en toute confiance. L’une comme l’autre, des délices pour les yeux, la bouche, les mains. Deux rencontres que je ne suis pas prêt d’oublier, espérant toujours les revoir malgré la maladie.
Il y eut aussi cette petite institutrice, peu sûre d’elle alors qu’elle est belle et cultivée, intelligente, à découvrir… mais aussi à croquer sans modération.
Pendant que j’écris ces quelques lignes, je suis installé dans le café où je viens presque chaque matin chercher l’inspiration.
Derrière le comptoir, la petite serveuse me fait craquer. Brune, à peine un mètre cinquante-cinq, une poitrine opulente, des yeux de biche. Elle dégage une sensualité troublante, instinctive. Elle m’inspire.
Si j’étais plus jeune… si je n’étais pas malade… j’aimerais la faire gémir de plaisir, la faire hurler, lui faire lâcher prise, en faire l’une de mes princesses.
Derrière le comptoir, la petite serveuse me fait craquer. Brune, à peine un mètre cinquante-cinq, une poitrine opulente, des yeux de biche. Elle dégage une sensualité troublante, instinctive. Elle m’inspire.
Si j’étais plus jeune… si je n’étais pas malade… j’aimerais la faire gémir de plaisir, la faire hurler, lui faire lâcher prise, en faire l’une de mes princesses.
Mais à cet instant précis, la sono diffuse un morceau que j’adore. Triste. Lent.
Le thème de fin de Fast & Furious 7.
Et d’un coup, la réalité me rattrape.
La musique s’éteint, le fantasme aussi. La réalité revient, sans violence, mais sans appel. Et le temps, lui, continue d’avancer.
Le thème de fin de Fast & Furious 7.
Et d’un coup, la réalité me rattrape.
La musique s’éteint, le fantasme aussi. La réalité revient, sans violence, mais sans appel. Et le temps, lui, continue d’avancer.
Les rencontres se poursuivirent ainsi jusqu’au début de l’automne, date de la visite de contrôle.
C’est lors de cette visite que l’euphorie retomba.
C’est lors de cette visite que l’euphorie retomba.
Moi qui pensais reprendre le travail en début d’année, retrouver une vie à peu près normale… le sort en avait décidé autrement.
L’examen de contrôle montra clairement une récidive du cancer, assez agressive. Pas de radiothérapie, car déjà étendu. Même si les nouvelles tumeurs étaient encore petites, le choix s’est donc porté vers une chimiothérapie…
L’examen de contrôle montra clairement une récidive du cancer, assez agressive. Pas de radiothérapie, car déjà étendu. Même si les nouvelles tumeurs étaient encore petites, le choix s’est donc porté vers une chimiothérapie…
Aujourd’hui, la chimio est à moitié passée.
Avec toutes les “joies” que cela comporte : les nausées matinales, parfois accompagnées de vomissements. Au moindre effort, des rages de dents surgissent, accompagnées de migraines et de douleurs à la poitrine. Sans oublier l’extrême fatigue…
Avec toutes les “joies” que cela comporte : les nausées matinales, parfois accompagnées de vomissements. Au moindre effort, des rages de dents surgissent, accompagnées de migraines et de douleurs à la poitrine. Sans oublier l’extrême fatigue…
Il faudra attendre le début de l’année prochaine pour savoir ce qu’il en est réellement.
Dans tous les cas, si ça fonctionne, ce ne sera qu’un frein à la grande faucheuse.
Dans le cas contraire, la porte de sortie des artistes ne sera sans doute pas bien loin…
Dans le cas contraire, la porte de sortie des artistes ne sera sans doute pas bien loin…
Quel que soit le scénario, la vie continue. Mais je dois l’avouer : des choses qui autrefois me semblaient importantes me paraissent désormais parfois bien insipides.
En parallèle, de nouvelles questions prennent une place énorme dans ma tête : la vie, la mort, l’après, la religion…
En parallèle, de nouvelles questions prennent une place énorme dans ma tête : la vie, la mort, l’après, la religion…
J’ai essayé de vivre ma vie du mieux possible.
Alors oui, j’ai un caractère de merde, des principes à la con. Mais j’ai essayé de tenir la barre tant bien que mal, de garder le cap.
Alors oui, j’ai un caractère de merde, des principes à la con. Mais j’ai essayé de tenir la barre tant bien que mal, de garder le cap.
Je suis peut-être passé à côté de certaines choses, je ne sais pas.
Comme l’éducation de mon fils. C’est sûr que lui n’écrira pas La gloire de mon père. Pourtant, j’ai essayé de lui inculquer mes valeurs.
J’ai raté… J’aurais peut-être dû faire autrement.
Comme l’éducation de mon fils. C’est sûr que lui n’écrira pas La gloire de mon père. Pourtant, j’ai essayé de lui inculquer mes valeurs.
J’ai raté… J’aurais peut-être dû faire autrement.
Sur mes principes, mes règles de vie, mes idées, je deviens plus extrémiste. Comme si, quelque part, je savais que le risque d’exprimer mes opinions était désormais moindre.
Alors oui, j’aurai quelques regrets.
Ne jamais m’être marié en est un. C’est quelque chose que j’aurais vraiment aimé : faire la fête avec les proches, voir la femme que j’aime en robe blanche, passer à l’église.
Ne jamais m’être marié en est un. C’est quelque chose que j’aurais vraiment aimé : faire la fête avec les proches, voir la femme que j’aime en robe blanche, passer à l’église.
Mais en aucun cas je ne regrette toutes les rencontres que j’ai faites.
Il vaut mieux des souvenirs que des regrets…
Il vaut mieux des souvenirs que des regrets…
J’en vois encore qui rigolent quand je dis que j’aurais aimé passer à l’église. Mais ne riez pas.
Mes parents étaient chrétiens, non pratiquants. Je suis baptisé. J’aime visiter les églises. J’allume des bougies, je fais des vœux, des souhaits.
Pour moi, c’est davantage une tradition qu’une histoire de religion.
Mes parents étaient chrétiens, non pratiquants. Je suis baptisé. J’aime visiter les églises. J’allume des bougies, je fais des vœux, des souhaits.
Pour moi, c’est davantage une tradition qu’une histoire de religion.
Il faut espérer qu’il n’y ait qu’un seul Dieu.
Et un seul diable. Pas une multitude, pas une hiérarchie opaque, pas des élus à vie ou des entités nommées par copinage. Un système simple, clair, lisible.
Parce que sinon, je vous laisse imaginer le chaos… une administration céleste aussi incompréhensible que certains systèmes politiques terrestres.
Et un seul diable. Pas une multitude, pas une hiérarchie opaque, pas des élus à vie ou des entités nommées par copinage. Un système simple, clair, lisible.
Parce que sinon, je vous laisse imaginer le chaos… une administration céleste aussi incompréhensible que certains systèmes politiques terrestres.
Rien qu’à cette idée, j’en souris comme un idiot en imaginant la scène.
Vous l’aurez compris : pour ma part, je ne crois ni en Dieu ni en aucune entité céleste.
La mort, en revanche, me fait peur.
Avant tout, la douleur. J’ai peur de mourir dans la souffrance.
Avant tout, la douleur. J’ai peur de mourir dans la souffrance.
Alors je me rassure en me disant que, dans les hôpitaux aujourd’hui, il existe suffisamment de produits pour soulager, endormir, apaiser…
Mais après ?
Quand la mort est là.
Quand la mort est là.
Je pense qu’on s’en va.
Dans le noir le plus complet. Un peu comme une anesthésie générale.
On s’endort d’un coup, sans avoir le temps de réfléchir. On ne rêve pas. Et on ne se réveille pas.
Dans le noir le plus complet. Un peu comme une anesthésie générale.
On s’endort d’un coup, sans avoir le temps de réfléchir. On ne rêve pas. Et on ne se réveille pas.
L’homme est poussière, et il retournera à la poussière.
Évidemment, on a tous entendu parler de ceux qui disent avoir vu un couloir, ressenti une légèreté, quitté leur corps…
Mais tous ceux qui en ont parlé sont revenus.
L’imagination, les croyances, la spiritualité ont fait le reste…
Mais tous ceux qui en ont parlé sont revenus.
L’imagination, les croyances, la spiritualité ont fait le reste…
Comment peut-on aimer aussi fort les personnes qui traversent nos vies, et du jour au lendemain devoir accepter qu’on ne les reverra plus jamais ? Peut-être que les moments que nous partageons sont tous relativement fugaces… ou, au contraire, qu’ils ne s’effacent jamais vraiment. Peut-être que le temps n’est pas tout à fait comme on l’imagine. Peut-être que nos souvenirs sont aussi réels que l’instant présent. Et que les personnes qu’on a aimées un jour ne disparaissent jamais vraiment.
Donc oui, pour moi, lorsque la mort nous prend, on disparaît complètement.
Pas d’après flamboyant, pas de réponses toutes faites.
Pas d’après flamboyant, pas de réponses toutes faites.
Mais alors… que reste-t-il de nous ?
Que restera-t-il de moi ?
Que restera-t-il de moi ?
Peut-être rien de matériel.
Juste ce que l’on a laissé chez les autres : des souvenirs, des mots, des gestes, parfois des regrets, parfois de l’amour.
Peut-être simplement la trace d’avoir été là, d’avoir essayé, d’avoir vécu à ma façon.
Juste ce que l’on a laissé chez les autres : des souvenirs, des mots, des gestes, parfois des regrets, parfois de l’amour.
Peut-être simplement la trace d’avoir été là, d’avoir essayé, d’avoir vécu à ma façon.
Et peut-être que, finalement, ça suffit ...
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