Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Be-Bop-A-Lola — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Be-Bop-A-Lola
Chapitre 1
Chapitre 1 — Be-Bop-A-Lula
La salle des fêtes de Wortegem n'est pas une salle. C'est une peau vivante, tendue, qui transpire.
L'odeur arrive d'un seul bloc : gomina qui pique les sinus comme une aiguille froide, bière renversée qui colle aux semelles en une pellicule sucrée et aigre, sueur des corps pressés qui monte en vapeur chaude, patchouli des filles qui tourne au vinaigre dès que la chaleur grimpe. Et dessous, l'essence – lourde, métallique, presque animale des bagnoles alignées dehors, pneus encore tièdes, chromes frottés jusqu'au sang.
L'odeur arrive d'un seul bloc : gomina qui pique les sinus comme une aiguille froide, bière renversée qui colle aux semelles en une pellicule sucrée et aigre, sueur des corps pressés qui monte en vapeur chaude, patchouli des filles qui tourne au vinaigre dès que la chaleur grimpe. Et dessous, l'essence – lourde, métallique, presque animale des bagnoles alignées dehors, pneus encore tièdes, chromes frottés jusqu'au sang.
Les spots roses et bleus balaient la piste en stries lentes, puis s'accélèrent quand le juke-box passe à Gene Vincent. Be-Bop-A-Lula. Les basses cognent dans le diaphragme. Les bananes gominées luisent, les jupes à volants claquent contre les cuisses, les ceintures cloutées tintent comme des chaînes qu'on secoue pour rire. Des lèvres peintes en rouge cerise se cherchent dans les coins sombres, des rires gras percent le brouhaha, des mains glissent sous les corsages lacés. Tout le monde joue à être 1955. Personne ne l'est.
Je reste contre le mur du fond, près de la sortie de secours. La porte entrouverte laisse entrer un filet d'air froid qui coupe l'épaisseur de l'odeur une seconde sur deux. Robe noire à gros pois blancs tendue sur les hanches, corset qui me sculpte jusqu'à la douleur exquise, béret gris penché sur l'œil droit. Mes boucles rousses collent à la nuque. Le gin-tonic dans le gobelet en plastique sent le citron chimique ; je bois quand même, lentement, en laissant le froid du verre contraster avec la moiteur qui s'installe entre mes cuisses. Pas de culotte. Juste la couture des bas noirs qui frotte la peau nue à chaque respiration, un rappel humide, urgent.
Jeff est au centre de la meute près de la piste. Perfecto noir entrouvert, tee-shirt blanc marqué de deux aréoles sous les aisselles. Il parle mécanique, gestes larges, voix grave qui perce le rock. Il rit à une blague, tête rejetée en arrière – et là, ce geste minuscule : il passe le dos de sa main sur son front, comme pour chasser une sueur qui n'existe pas encore. Un tic qu'il n'a que quand il sait que je le regarde. Quand il sent le fil se tendre.
Je croise les jambes. Le frottement du bas envoie une décharge qui monte jusqu'au plexus. Mon souffle s'accélère malgré moi. Une seconde, je suis maîtresse du jeu, l'instant d'après, je sens le vertige : l'odeur de la salle qui s'infiltre sous ma peau, qui me noie de l'intérieur. Je veux la repousser. Je veux m'y noyer.
Les spots clignotent plus vite – une ampoule grésille, jette un éclat cru une fraction de seconde, puis replonge dans le rose bleuté. Dans cet instant de coupure, nos regards se croisent. Pas de sourire. Juste ses pupilles qui s'ouvrent, noires, dilatées. Il finit sa phrase, pose son verre sur une table qui tangue, s'excuse d'un geste vague. Puis il vient. Hanches lâches, démarche qui dit je sais que je vais perdre et que je bande déjà à l'idée.
L'odeur nous suit comme une ombre collante : gomina, bière, sueur, essence, désir. Elle s'accroche à mes cheveux, à son col, à l'intérieur de mes poignets.
Il s'arrête à un souffle. Sa main effleure ma taille, descend jusqu'à la lisière de la jupe, remonte un cran. Ses doigts trouvent la peau nue, humide. Il inspire fort, narines qui frémissent.
Il s'arrête à un souffle. Sa main effleure ma taille, descend jusqu'à la lisière de la jupe, remonte un cran. Ses doigts trouvent la peau nue, humide. Il inspire fort, narines qui frémissent.
— T'es venue sans rien. Et tu pues déjà le vice, Lola.
Je pose mon gobelet. Attrape la boucle de sa ceinture. Tire sec pour le coller à moi. Corset contre tee-shirt moite, pois contre denim rêche, chaleur contre chaleur.
— J'ai pas lacé ce corset pour respirer tranquille. Et toi t'as pas mis ce perfecto pour rester sage.
La musique change. Johnny Burnette. Tear It Up. Les basses cognent plus fort. L'odeur monte encore, saturée, presque palpable.
Je me hisse sur la pointe des talons, bouche contre son oreille.
Je me hisse sur la pointe des talons, bouche contre son oreille.
— La Chrysler est dehors. Capote baissée. Banquette qui sent déjà nos conneries passées. Tu viens ou tu restes à puer la bienséance ?
Il grogne, main qui serre ma hanche juste au-dessus du laçage.
— Tu sais que je te suivrais même si ça puait l'enfer, Lola.
Je mords sa mâchoire. Goût de sel et de peau.
— Alors, suis-moi. Et prie pour que l'odeur nous tienne jusqu'au matin.
Je me retourne. Hanches qui roulent. Talons qui claquent sur le sol poisseux.
Il suit.
L'odeur nous suit.
Et moi, je veux qu'elle me colle, qu'elle me noie, qu'elle m'use jusqu'à ce que je ne sente plus que nous.
Il suit.
L'odeur nous suit.
Et moi, je veux qu'elle me colle, qu'elle me noie, qu'elle m'use jusqu'à ce que je ne sente plus que nous.
Chapitre 2 — Whole Lotta Shakin' Goin' On
Je pousse la porte de secours d'un coup d'épaule.
Le froid nous tombe dessus comme une claque. La musique s'étouffe instantanément, ne reste qu'un bourdonnement grave, lointain, qui vibre encore dans le sternum. Mes talons claquent sur le bitume mouillé. Chaque pas fait remonter la robe, l'air mord la peau nue entre mes cuisses, là où je dégouline déjà.
Le froid nous tombe dessus comme une claque. La musique s'étouffe instantanément, ne reste qu'un bourdonnement grave, lointain, qui vibre encore dans le sternum. Mes talons claquent sur le bitume mouillé. Chaque pas fait remonter la robe, l'air mord la peau nue entre mes cuisses, là où je dégouline déjà.
Jeff suit. Sa main brûle au creux de mes reins. Son souffle est court, rauque. Je sens son odeur qui me précède : cuir tiède du perfecto, tabac froid, sueur neuve, et ce musc lourd qui monte quand il est prêt à craquer.
Le parking est une flaque de néons jaunâtres et d'ombres longues. Quelques caisses alignées, chromes ternis par l'humidité. La Chrysler rouge cerise attend au fond, capote baissée, comme une bouche ouverte. Elle brille faiblement, chromes qui captent la lumière sale des lampadaires.
Je marche plus lentement vers elle, hanches qui roulent exprès, pour le faire saliver. Mes bas crissent l'un contre l'autre. Pas de culotte. Juste cette moiteur qui coule déjà le long de l'intérieur de mes cuisses.
J'ouvre la portière arrière côté conducteur.
Glisse sur la banquette large en cuir rouge cerise.
La chaleur du moteur monte encore du siège. Odeur de vieux tabac incrusté, de vinyle chauffé, de nos corps qui commencent à suer. Je m'installe au milieu, jambes écartées, robe remontée jusqu'à la taille. Ma chatte luit, gonflée, ouverte.
Glisse sur la banquette large en cuir rouge cerise.
La chaleur du moteur monte encore du siège. Odeur de vieux tabac incrusté, de vinyle chauffé, de nos corps qui commencent à suer. Je m'installe au milieu, jambes écartées, robe remontée jusqu'à la taille. Ma chatte luit, gonflée, ouverte.
Jeff monte derrière moi. Portière claquée.
L'habitacle se referme comme une cage.
Il s'assied à côté. Je l'attrape par le col du perfecto, le tire vers moi, le pousse dos contre la banquette. Je grimpe à califourchon sur ses cuisses. Ma chatte nue frotte directement contre la bosse dure de son jean. Il gémit déjà.
L'habitacle se referme comme une cage.
Il s'assied à côté. Je l'attrape par le col du perfecto, le tire vers moi, le pousse dos contre la banquette. Je grimpe à califourchon sur ses cuisses. Ma chatte nue frotte directement contre la bosse dure de son jean. Il gémit déjà.
— Déboutonne-toi.
Il obéit. Braguette qui descend. Sa queue jaillit, épaisse, veinée, perlée d'envie. Je crache dans ma paume, l'étale d'un geste lent, brutal. Il tressaille.
Je me soulève, positionne son gland contre mon entrée.
Un temps suspendu.
Ses yeux dans les miens.
Tout s'arrête.
Puis je descends. D'un coup. Jusqu'au fond.
La sensation est violente, pleine, brûlante. Je reste immobile une seconde, à le sentir pulser en moi, à le laisser me remplir. Puis je commence à bouger. Hanches qui roulent d'abord, lentes, profondes, puis plus vite, plus fort. Le cuir grince sous mes genoux. Mes seins cognent contre le corset à chaque descente.
Je me soulève, positionne son gland contre mon entrée.
Un temps suspendu.
Ses yeux dans les miens.
Tout s'arrête.
Puis je descends. D'un coup. Jusqu'au fond.
La sensation est violente, pleine, brûlante. Je reste immobile une seconde, à le sentir pulser en moi, à le laisser me remplir. Puis je commence à bouger. Hanches qui roulent d'abord, lentes, profondes, puis plus vite, plus fort. Le cuir grince sous mes genoux. Mes seins cognent contre le corset à chaque descente.
Ses mains empoignent mes fesses, doigts enfoncés dans la chair, et il pousse en rythme, me fait rebondir sur sa bite. Claquements humides, obscènes, qui remplissent l'habitacle. L'odeur monte vite : ma mouille qui dégouline sur ses couilles, sa sueur, le cuir qui chauffe, le sperme qui reste de tout à l'heure.
J'ai envie qu'il me marque. Qu'il me laisse une preuve.
Je resserre mes muscles autour de lui, le pompe, le vide.
Je resserre mes muscles autour de lui, le pompe, le vide.
— Plus fort, Candy... baise-moi plus fort, grogne-t-il.
J'accélère. Clito frotté contre son pubis à chaque coup. Le plaisir monte, brutal, sans prévenir.
Un temps suspendu.
Ses yeux dans les miens.
Tout s'arrête encore.
Puis je jouis. Spasmes violents, jus qui gicle sur son ventre, cri rauque que j'étouffe dans son cou. Il explose juste après, chaud, épais, jet après jet qui m'inonde profondément.
Je reste empalée sur lui, tremblante, son sperme qui coule déjà le long de mes cuisses et goutte sur le cuir rouge.
Silence.
Juste nos respirations saccadées, le tic-tac du moteur qui refroidit, le lointain écho de la fête. Une portière claque au loin. Quelqu'un rit, sans nous voir.
Je descends lentement. Sa queue glisse hors de moi, laisse un filet chaud qui dégouline. Je m'assieds à côté, jambes écartées, robe chiffonnée, bas filés à un endroit.
Il me regarde, torse luisant de sueur, jean baissé aux genoux, bite encore rouge et humide.
Je sors une cigarette du sac verni, l'allume. La fumée monte vers le ciel ouvert au-dessus de la capote.
L'habitacle pue la baise, le cuir, la sueur, le tabac, et cette trace de nous qui s'incruste dans les sièges.
Je fais tourner la fumée dans ma bouche.
J'ai encore son goût sur la langue.
Je souris.
Un temps suspendu.
Ses yeux dans les miens.
Tout s'arrête encore.
Puis je jouis. Spasmes violents, jus qui gicle sur son ventre, cri rauque que j'étouffe dans son cou. Il explose juste après, chaud, épais, jet après jet qui m'inonde profondément.
Je reste empalée sur lui, tremblante, son sperme qui coule déjà le long de mes cuisses et goutte sur le cuir rouge.
Silence.
Juste nos respirations saccadées, le tic-tac du moteur qui refroidit, le lointain écho de la fête. Une portière claque au loin. Quelqu'un rit, sans nous voir.
Je descends lentement. Sa queue glisse hors de moi, laisse un filet chaud qui dégouline. Je m'assieds à côté, jambes écartées, robe chiffonnée, bas filés à un endroit.
Il me regarde, torse luisant de sueur, jean baissé aux genoux, bite encore rouge et humide.
Je sors une cigarette du sac verni, l'allume. La fumée monte vers le ciel ouvert au-dessus de la capote.
L'habitacle pue la baise, le cuir, la sueur, le tabac, et cette trace de nous qui s'incruste dans les sièges.
Je fais tourner la fumée dans ma bouche.
J'ai encore son goût sur la langue.
Je souris.
Epilogue — Baby Oh Baby
La Chrysler dort sous sa bâche dans le garage, mais Jeff la réveille encore parfois. Juste pour entendre le V8 grogner, pour sentir le cuir rouge cerise se réchauffer sous ses paumes. Il dit que ça lui rappelle le bruit de mes hanches quand je le chevauchais, que le moteur vibre comme mon ventre quand je jouissais sur lui. Il ne ment pas. Il sait que je sais.
Moi, je repense à cette nuit comme à une brûlure qui refuse de cicatriser. Le parking, les néons qui pissaient leur lumière jaune sur nos corps, la banquette arrière qui collait à mes cuisses nues, son odeur de tabac froid et de sueur qui me remplissait la bouche. On s'est baisés sans réfléchir, sans capote, sans futur. Juste la faim. Juste la peau qui claque, le cuir qui grince, le sperme qui coule le long de mes jambes et goutte sur le tapis de sol. Rien n'était propre. Rien n'était sage. Tout était exactement ce qu'on voulait.
On a continué après ça. Des nuits trop courtes, des routes trop droites, des hôtels aux draps qui sentaient déjà le précédent couple. On s'aimait au jour le jour, à la minute, avec les doigts, les dents, les mots crus qu'on se jetait comme des claques tendres. Pas de promesses. Pas de projets. Juste la certitude que la prochaine fois serait encore plus sale, encore plus vraie.
Et puis, quelques semaines plus tard, la preuve est arrivée.
Alix.
Pas un accident. Pas une erreur de calcul.
Un cadeau qu'on s'est fait sans le savoir, au milieu de cette nuit où je me suis fait remplir comme une chienne en chaleur pendant que la fête continuait à puer la gomina et la bière à l'intérieur.
Cette nuit-là ne m'a jamais quittée.
Elle vit encore dans la marque rouge sur ma hanche gauche, dans le goût de lui qui remonte parfois quand je ferme les yeux, dans l'odeur de cuir chaud qui me colle encore aux narines quand je passe devant la Chrysler.
Alix.
Pas un accident. Pas une erreur de calcul.
Un cadeau qu'on s'est fait sans le savoir, au milieu de cette nuit où je me suis fait remplir comme une chienne en chaleur pendant que la fête continuait à puer la gomina et la bière à l'intérieur.
Cette nuit-là ne m'a jamais quittée.
Elle vit encore dans la marque rouge sur ma hanche gauche, dans le goût de lui qui remonte parfois quand je ferme les yeux, dans l'odeur de cuir chaud qui me colle encore aux narines quand je passe devant la Chrysler.
Mais surtout, elle vit en elle.
Ma petite dernière.
Alix.
Elle est née de cette faim brute, de cette baise sans filet, de ce moment où j'ai oublié d'avoir peur pour ne plus être qu'une bouche ouverte, qu'un ventre qui prend, qu'une femme qui jouit sans demander la permission.
Ma petite dernière.
Alix.
Elle est née de cette faim brute, de cette baise sans filet, de ce moment où j'ai oublié d'avoir peur pour ne plus être qu'une bouche ouverte, qu'un ventre qui prend, qu'une femme qui jouit sans demander la permission.
Elle est belle.
Elle est déjà cruelle.
Elle est libre.
Et quand elle me regarde avec ces yeux qui sont les siens à lui et les miens à moi, je sais que cette nuit n'était pas une fin.
C'était un début.
Le plus beau des souvenirs.
Ma petite dernière.
Alix.
Elle est déjà cruelle.
Elle est libre.
Et quand elle me regarde avec ces yeux qui sont les siens à lui et les miens à moi, je sais que cette nuit n'était pas une fin.
C'était un début.
Le plus beau des souvenirs.
Ma petite dernière.
Alix.
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Commentaires ()
Vous avez tenu tout le week-end.
Le visage trop lisse, les responsabilités, l’excellence qu’on vient chercher sur vous comme on vient chercher une clé. Poker face. Rien ne doit transparaître aux regards inquiets. Et puis un lundi matin, vous ouvrez la bouche, vous dites le mot sale, et vous refermez déjà le col.
Je vous ai lu.
Pas comme un compliment. Comme un homme qui a senti la salle des fêtes de Wortegem lui monter dans la gorge, gomina, bière aigre, sueur, essence, ce patchouli des filles qui tourne au vinaigre dès que la chaleur grimpe, et qui, au lieu de reculer, a demandé à être enduit.
Vous parlez de frites trop grasses, graisse de bœuf trop servie, relents rances. Vous avez raison de ne pas chercher plus joli. Chez moi, le désir n’a jamais senti le linge propre. Il sent le cuir rouge qui a déjà pris nos conneries. Il sent le moteur qui refroidit. Il sent ce qui coule et ce qui reste.
Cette crème dont vous parlez, celle de mes proses, celle qu’on raconte comme une toilette interdite, vous ne la voulez pas au bon endroit. Vous la voulez partout. Gorge. Poignets. Creux des hanches. Derrière les genoux. Comme on oindrait une peau qu’on a décidé de ne plus rendre présentable.
Généreusement. Animalement. Jusqu’à ce que le sceau ne soit plus un secret entre deux cuisses, mais une odeur qu’on porte sous la chemise, contre le sternum, là où personne ne regarde et où tout se sait.
L’objet sous l’oreiller vibre encore un peu, même éteint. Il garde la chaleur de ce qu’on lui a demandé dans le noir. La Chrysler aussi. Même sous la bâche. Même au garage. Jeff le sait : il la réveille parfois juste pour entendre le V8, juste pour que le cuir se réchauffe sous les paumes. Il prétend que ça lui rappelle des hanches. Il ne prétend rien. Il se souvient.
Vous, vous n’êtes pas Jeff.
Vous êtes l’homme qui rentre.
Celui qui a le droit, le devoir, de reposer le masque avant que les regards inquiets ne demandent des comptes. Je ne vous le prends pas. La dignité a sa fonction. Elle tient le décor debout.
Mais l’instant n’est pas perdu.
Il est juste collant.
Il a pris au col, à la nuque, au bas du ventre. Il sent encore la banquette, la fête qu’on a quittée par la porte de secours, cette prière un peu sale : que l’odeur tienne jusqu’au matin.
Le matin est là.
Vous vous cachez.
Moi, je n’essuie pas.
En vous remerciant (embrassant)
Candy
Je te remercie d’avoir pris le temps de lire un de mes récits. Lire, ça arrive. S’arrêter pour le commenter, c’est autre chose. Alors merci surtout pour ça.
Plus qu’honorée que tu compares mon humble baffouille à une telle œuvre. Ce n’est pas un petit écart. C’est un gouffre. Et tu l’as traversé comme si de rien n’était.
Si vous permettez, je vous envoie un baiser tendre.
Candy
En ce matin de septembre, après un week-end à rester cet homme digne, cet homme habitué à gérer son stress pétri de responsabilités derrière un visage trop souvent poker-face afin que rien ne transparaîsse aux regards inquiets qui l'entourent; cet homme dont on n'attend que de l'excellence, mais qui n'est et ne reste qu'un homme.
Oui, cet homme a également parfois des désirs sales. Et ce récit poisseux comme des frites trop grasses plongées dans leur graisse de bœuf aux relents rances pour n'avoir que trop servie, a fait naître en moi quelques désirs tout autant poisseux et odorants comme être ouint de cette crème de beauté intime, si bien narrée dans vos différentes proses lubriques. Cependant pas uniquement sur ma propre intimité mais étalée sur tout mon corps telle une crème de beauté, et ainsi être généreusement et animalement marqué du sceau olfactif de votre luxure, comme l'a pu être l'objet vibrant caché sous votre oreiller.....
Voilà, c'est dit, c'est cru et je m'empresse de me cacher à nouveau derrière mon masque de dignité, un instant perdue
Tu as mis le doigt en plein dans le mille avec ce contraste rétro et cette collision viscérale.
Disons qu'entre la ferveur brute et la sueur sur les dalles, l'imagination ne fait que prolonger ce que la mémoire sensorielle et la réalité des corps connaissent déjà par cœur.
Sauvage. Primitif. Jouissif.
La fécondation est parfaite, brutale voir bestial.
J'ai beaucoup aimé
Bises
Merci pour ce retour qui me fait un bien fou au creux de l'échine.
Savoir que la cadence a su vous cueillir et que la tension a distillé son petit venin au fil des pages reste la plus savoureuse des victoires. Choisir les mots avec douceur n'est souvent qu'une ruse tactile, une façon de poser du satin sur un piège qui se referme sans bruit. Voir que le dosage a trouvé un écho aussi juste chez vous me donne une furieuse envie de continuer à noircir des pages.
Au plaisir de croiser à nouveau vos impressions au détour de mes prochains récits.
"Merci Zico ! Il n'y a rien de plus grisant que d'abandonner un bout de son esprit dans un récit et d'y sentir chaque battement de cœur. Ravie que la chimie ait opéré sur toi."