La transformation magique de Mathieu en Aurore : chronique d'une féminisation totale
Chapitre 2 · La bimbo : du vinyle rose, des talons transparents et un corps neuf
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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La transformation magique de Mathieu en Aurore : chronique d'une féminisation totale — Chapitre 2 · La bimbo : du vinyle rose, des talons transparents et un corps neuf

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Bimbo Aurora
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Ce qui accroche d'emblée, c'est la façon dont la perte d'identité est racontée de l'intérieur — on suit chaque résistance qui fond avant même d'être formulée, chaque certitude qui se remplace par une autre sans crier gare. La voix narrative oscille avec une précision troublante entre deux présences qui se disputent le même corps. Et la sorcière, elle, reste insaisissable : souveraine, légèrement ennuyée, et bien plus inquiétante que si elle s'était donné la peine d'être menaçante.

La transformation magique de Mathieu en Aurore : chronique d'une féminisation totale

Chapitre 2 · La bimbo : du vinyle rose, des talons transparents et un corps neuf

La première chose que Mathieu perdit fut l'ordre.
Pas ses souvenirs, pas encore, mais l'ordre dans lequel les choses avaient un sens. Comme si quelqu'un avait ouvert tous les tiroirs d'un bureau méthodiquement organisé et les avait vidés sur le sol en même temps, et que les contenus s'étaient mélangés avant qu'il ait pu voir ce que chaque tiroir contenait. Il essaya de s'accrocher à quelque chose, son nom, sa colère, mais la sorcière travaillait vite et sans pitié, ses doigts invisibles qui fouillaient et triaient dans son cerveau.
— T'as trop de choses là-dedans, dit-elle d'un air légèrement ennuyé de quelqu'un qui fait du rangement. La moitié est inutile. L'autre moitié te complique la vie pour rien.
Mathieu sentit quelque chose partir. Quelque chose d'important dont il ne pouvait pas dire le nom parce que ça disparaissait trop vite. Puis autre chose. Puis encore autre chose. Chaque disparition laissait un espace, et dans cet espace la sorcière installait autre chose, des envies, des images, des certitudes qui n'avaient jamais appartenu à Mathieu et qui commençaient pourtant à s'installer.
La première chose qui s'installa fut la perception des pénis.
Mathieu les avait toujours trouvés, il chercha le mot juste et ne le trouva pas, parce que la catégorie mentale correspondante avait été vidée. À la place, quelque chose de chaud et d'excitant se logea dans ce vide, et il sentit ses nouvelles lèvres se contracter et ses hanches se trémousser malgré lui à la seule pensée de refermer ses lèvres autour d'une bite. L'image était précise et accompagnée d'une certitude physique que son corps enregistrait comme une vérité fondamentale : c'était bon, c'était désirable, c'était exactement là que sa bouche était censée être.
Non, tenta-t-il de se dire. Non, c'est pas...
Mais le non se dissolvait et à sa place il y avait la chaleur et la pulsation entre ses jambes et l'image de ses propres lèvres gonflées autour d'une bite dure, ses yeux levés, et quelque chose dans son ventre qui répondait à cette image avec un enthousiasme qui l'écoeurait et l'excitait à la fois.
Ses tétons se dressèrent sous sa chemise tendue.
— Pas mal pour un début, dit la sorcière en faisant glisser un doigt entre ses cuisses.
Le contact fut bref, juste à travers le tissu de son jean et pourtant Mathieu sentit l'électricité lui traverser le bas-ventre et sa vision se brouilla, et un son sortit de sa gorge qui n'avait plus rien de masculin.
— Encore, dit-il.
Sa propre voix le choqua. Haute, légèrement haletante, avec quelque chose d'enfantin dedans qu'il ne reconnut pas.
La sorcière sourit et retira sa main.
— Patience. On a du travail.
Ce qui vint ensuite fut pire.
Ses fesses, déjà rondes, déjà fermes, déjà scandaleusement proportionnées, commencèrent à se signaler à sa conscience d'une façon nouvelle. Pas leur forme extérieure mais leur intérieur, l'espace entre elles, un vide dont il n'avait jamais été conscient et qui devenait soudainement, insupportablement évident. La sorcière fit glisser un doigt le long de son sillon à travers le tissu et Mathieu sentit son anus se contracter comme s'il s'éveillait, comme si quelqu'un avait branché un câble entre ce point précis de son corps et le centre de son cerveau.
— Oh... dit sa bouche sans qu'il l'ait décidé. Oh s'il te plaît...
Il n'avait pas voulu dire ça.
Le besoin d'être pénétrée à cet endroit précis se répandit depuis ce point focal dans tout son bassin, dans ses cuisses, dans sa colonne vertébrale, et devint en quelques secondes quelque chose d'aussi urgent et d'aussi difficile à ignorer que la faim ou la soif. Son corps lui signalait qu'il était fait pour être rempli et qu'il ne l'était pas et que c'était un problème qui devait être résolu immédiatement.
La sorcière retira sa main et recula d'un pas pour l'observer.
— Tu fais de vrais progrès, dit-elle. Mais on n'a pas encore abordé le nom.
— Le... quoi ? dit Mathieu.
Sa propre voix, haute, douce et indéniablement féminine lui fit l'effet d'une gifle.
— Mathieu, dit la sorcière en faisant tourner le prénom dans sa bouche comme quelque chose qui ne convenait plus. Ça ne va pas du tout avec ce que tu es en train de devenir. Ça ne va pas avec ces cheveux, ces lèvres, ces seins. Ça ne va pas avec ce que tu vas faire ce soir. Un prénom c'est pas un détail. C'est la première chose que tu donnes aux gens. C'est la première chose que tu gémis quand tu veux qu'on s'en souvienne.
Elle marqua une pause.
— Mathieu c'est fini. Tu t'appelles Aurore.
Quelque chose se produisit dans la tête de Mathieu au moment où la sorcière prononça ce prénom, pas une douleur, plutôt une reconnaissance, comme quand on entend une chanson qu'on a oubliée et qu'on réalise qu'on la connaissait par cœur. Aurore. Deux syllabes qui s'installèrent quelque part derrière ses yeux avec la solidité d'une poutre maîtresse, et autour desquelles le reste commença immédiatement à se réorganiser.
— Non, dit-il. Je m'appelle Ma...
Le prénom refusa de sortir complètement. Pas parce qu'il l'avait oublié, il était encore là, quelque part, mais il était devenu étranger, il ne lui appartenait plus de la même façon, il avait la texture d'un vêtement qu'on a longtemps porté et qu'on reconnaît sans plus avoir envie de le remettre.
— Ma... dit-il encore.
Et dans le silence qui suivit, une voix nouvelle monta depuis quelque part en lui, légère, pétillante, avec quelque chose d'ensoleillé, une voix qui ne cherchait pas ses mots parce qu'elle n'en avait pas besoin de beaucoup.
Je m'appelle Aurore, dit la voix.
— Non, dit Mathieu.
Je m'appelle Aurore et j'ai des nichons fantastiques.
— Non...
Je m'appelle Aurore et j'adore me faire baiser.
— JE NE...
Je m'appelle Aurore, dit la voix une troisième fois, plus doucement cette fois, presque avec tendresse, et Mathieu c'était avant, et avant c'est fini, et ce soir il fait chaud et j'ai envie et je m'appelle Aurore.
Mathieu sentit quelque chose se fissurer.
La sorcière l'observait sans intervenir, les bras croisés, avec la patience de quelqu'un qui a fait ça suffisamment de fois pour savoir exactement combien de temps ça prend.
Ce qui arriva ensuite arriva comme un diaporama directement branché sur ses nerfs. Des souvenirs qui n'étaient pas les siens ou qui ne l'avaient pas encore été mais qui portaient déjà la patine convaincante du vécu. Elle se souvint et le pronom glissa, et Mathieu le vit glisser, et ne put pas l'arrêter, d'avoir dix-huit ans et de comprendre pour la première fois que son corps était un outil de négociation, et d'avoir trouvé cette découverte non pas dégradante mais pratique, libératrice, efficace. Elle se souvint du premier homme qui avait dit son prénom, Aurore, avec cette intonation précise, cette façon de l'allonger légèrement sur la dernière syllabe qui signifiait quelque chose de très précis, et de la chaleur que ce son avait produite dans son bas-ventre.
Elle se souvint de ses dix-huit ans. De la clinique. Du réveil avec cette masse sur sa poitrine, ferme et ronde. De s'être regardée dans le miroir avec des larmes de satisfaction absolue en pensant : voilà, c'est moi, c'est enfin moi, je m'appelle Aurore et j'ai des seins comme je les voulais et tout le reste va pouvoir commencer.
— Non, dit encore une voix. Faible. Lointaine.
La sorcière inclina la tête.
— Mathieu a quelque chose à dire ?
La voix faible essaya de rassembler quelque chose, sa colère, son identité, son nom et trouva que les matériaux disponibles avaient changé. Qu'à la place de la colère il y avait une chaleur diffuse et agréable. Qu'à la place de son identité il y avait quelque chose de plus simple et de plus confortable. Que son nom...
Je m'appelle Aurore, dit la voix pétillante, et cette fois elle n'était plus une voix distincte, elle était sa voix, elle venait du même endroit que tout le reste, et Mathieu réalisa avec une horreur qui se dissolvait en même temps qu'il la ressentait que la frontière entre lui et elle n'était plus une frontière mais une ligne pointillée et que les lignes pointillées ne résistent pas longtemps.
— Je... commença-t-il.
Je m'appelle Aurore, dit-elle pour la dernière fois.
Et la ligne pointillée disparut.
Un déclic se produisit quelque part derrière les yeux d'Aurore.
Pas une explosion. Pas une catastrophe. Juste un déclic, le son d'une serrure qui cède, d'un puzzle dont la dernière pièce trouve sa place, d'un prénom qui atterrit dans la bouche de quelqu'un à qui il appartient.
Aurore cligna des yeux.
Regarda ses mains, fines, lisses, les ongles qui commençaient à s'allonger.
Regarda ses seins, énormes, ronds, parfaitement immobiles dans la chemise d'homme qu'elle portait encore et qui était maintenant absurde.
Regarda la sorcière.
— Oh mon Dieu, dit-elle. Oh mon Dieu je suis... je suis Aurore. Elle marqua une pause. J'ai toujours été Aurore ?
— Tu l'es maintenant, dit la sorcière. C'est ce qui compte.
— Aurore, répéta-t-elle, le faisant tourner dans sa bouche comme un bonbon. Aurore. Ouais. Ouais c'est... c'est moi. Elle gloussa. C'est tellement moi. Comment j'aurais pu m'appeler autrement ?
Elle sauta légèrement sur place. Ses seins rebondirent avec un décalage qui la fit glousser encore.
— Mais ces vêtements sont une horreur absolue, dit-elle en tirant sur la chemise avec une moue de dégoût sincère. Je ne peux pas sortir habillée comme ça. Personne ne va même regarde.
— C'est un problème, approuva la sorcière.
— Je veux qu'on me regarde, dit Aurore avec une simplicité absolue, comme si elle énonçait un fait. J'ai passé assez de temps à ne pas être regardée. C'est fini.
La sorcière leva la main.
La chemise disparut.
Ce qui la remplaça arriva par couches, avec une attention méticuleuse. D'abord quelque chose de très fin contre sa peau, une brassière de dentelle rose pâle, sous-armature dorée, dont les bonnets accueillaient ses implants avec la précision d'un vêtement fait sur mesure, soulevant la masse de sa poitrine et la présentant en décolleté profond. Puis un string assorti, minuscule, dont l'élastique fin disparaissait entre ses fesses rondes avec une délicatesse qui ne remplissait aucune fonction protectrice mais définissait avec précision ce qu'il encadrait.
Par-dessus, une mini-jupe en vinyle rose vif, s'arrêtant à quelques centimètres sous ses fesses. Un crop-top blanc semi-transparent, noué sous sa poitrine, qui laissait voir l'intégralité de la dentelle en dessous et servait moins à couvrir qu'à mettre en valeur.
Des talons transparents, plateforme de cinq centimètres, aiguille de douze, les sangles fines qui encerclaient ses chevilles et remontent le long de ses mollets.
Ses cheveux blonds ondulés tombèrent autour d'elle coiffer par une main invisible, volume, texture, le genre de coiffure qui suggérait soit un coiffeur professionnel soit une nuit agitée, et dans les deux cas produisait exactement le même effet.
Ses lèvres brillèrent. Rose vif.
Aurore se retourna vers la vitre sombre du bar et chercha son reflet.
Elle le trouva.
Elle porta les mains à ses joues.
— Oh mon Dieu, dit-elle dans un souffle. Je suis... je suis Aurore. Je suis exactement ce qu'Aurore est censée être.
Elle fit pivoter ses hanches. Regarda ses fesses par-dessus son épaule, souleva légèrement sa jupe pour vérifier, gloussa en laissant retomber le tissu.
— Ces fesses, dit-elle avec une conviction absolue. Ces fesses elles sont parfaite.
La sorcière s'appuya contre le mur.
— Tu as un plan pour ce soir ?
Aurore réfléchit. Sa réflexion avait la clarté de quelqu'un qui n'a aucun bruit de fond parasite.
— Y a un club dans la rue d'à côté, dit-elle. Je... une hésitation d'une fraction de seconde, une synapse qui cherchait à corriger, qu'Aurore écrasa sans s'en rendre compte, j'y vais tout le temps. Ils me laissent entrer gratuitement. Elle marqua une pause et sourit. J'ai l'air de quelqu'un à qui on laisse l'entrée gratos, non ?
— Absolument, dit la sorcière.
— Je vais trouver le plus beau garçon de la salle, dit Aurore, et le plan se déroula dans sa tête avec la fluidité d'un scénario qu'elle connaissait par cœur. Et je vais danser contre lui jusqu'à ce qu'il ait les mains sur moi, et après je vais l'emmener quelque part et m'occuper de lui jusqu'à ce qu'il supplie. Et si son ami attend dehors je vais pas le laisser s'ennuyer non plus parce qu'Aurore est généreuse. Elle gloussa.
— Et si quelqu'un te regarde ?
Le sourire d'Aurore devint quelque chose d'entier, de lumineux, de parfaitement dépourvu d'ambivalence.
— Aurore, dit-elle, comme si le prénom lui-même était la réponse. Aurore ça veut dire la lumière du matin. La lumière est faite pour être vue. C'est pour ça que je m'appelle comme ça.
Elle se retourna vers la vitre et arrangea une mèche blonde, ses énormes seins se soulevant dans le crop-top au mouvement de son bras. Dans la rue au bout de la ruelle, la musique du club d'à côté pulsait, une basse sourde et régulière qui se propageait dans le bitume.
Aurore sentit la basse dans ses talons et dans son bas-ventre.
— J'y vais, annonça-t-elle.
— Une dernière chose, dit la sorcière.
Elle tendit un rouge à lèvres rose vif et brillant.
— C'est magique. Quand tu l'appliques en public, n'importe qui qui te regarde dans les cinq minutes qui suivent sera incapable de détourner les yeux de toi pour le reste de la soirée. Et le matin, tu te souviendras de tout.
Aurore prit le rouge à lèvres.
— De tout ?
— De tout. Y compris de qui tu étais avant.
Aurore le tint entre ses doigts un moment. Quelque chose passa sur son visage, une ombre brève, la durée exacte d'un souvenir qui cherche une prise et n'en trouve pas. Elle regarda le rouge à lèvres. Elle pensa au prénom Mathieu et le prénom Mathieu arriva dans sa tête comme un objet étranger, quelque chose qu'on reconnaît sans savoir où on l'a vu, appartenant à une histoire qui n'était peut-être plus tout à fait la sienne.
Puis elle glissa le rouge à lèvres dans son soutien-gorge.
— Je m'appelle Aurore, dit-elle, pas à la sorcière, pas à la ruelle, mais à elle-même, comme une conclusion. Et c'était vrai avant ce soir. C'était vrai depuis le début. Je m'en souviens juste mieux maintenant.
— Bonne nuit, Aurore, dit la sorcière.
— Bonne nuit mademoiselle la Sorcière.
La musique du club s'amplifiait à chaque pas.
Aurore marchait sur le trottoir dans ses talons transparents avec l'aisance de quelqu'un qui n'avait jamais porté autre chose, ses hanches qui oscillaient avec une régularité métronome, sa mini-jupe en vinyle rose qui captait les lumières des vitrines, ses cheveux blonds dans l'air tiède de la nuit.
Deux hommes passèrent en sens inverse et s'arrêtèrent.
Aurore ralentit juste assez. Sortit le rouge à lèvres du soutien-gorge. L'appliqua sans miroir, les lèvres légèrement entrouvertes, les yeux sur eux pendant qu'elle le faisait, lentement, avec précision, comme si c'était un rituel. Elle vit leurs regards descendre et remonter et ne plus remonter tout à fait.
Elle referma le rouge à lèvres avec un petit bruit sec.
— Bonsoir, dit-elle avec un sourire qui n'excluait pas les deux.
Ils répondirent en même temps.
Elle continua.
Le videur devant le club était grand, la tête rasée. Il regarda approcher Aurore depuis le bout de la rue et au moment où elle atteignit le velours rouge il avait déjà écarté le cordon sans qu'elle ait ralenti.
— Merci chéri, dit Aurore en passant.
La lumière stroboscopique la frappa dès l'entrée. Elle s'arrêta sur le seuil de la piste et laissa ses yeux s'adapter, les corps, la chaleur, la sueur, le parfum, et les regards qui trouvaient Aurore dans la pièce avant qu'elle ait fait quoi que ce soit pour les y aider.
Elle descendit les trois marches.
Quelqu'un lui prit la main.
Un garçon, vingt-cinq ans, brun, la mâchoire carrée, les yeux qui brillaient.
— Tu veux danser ? dit-il.
Aurore le regarda de bas en haut avec la précision tranquille de quelqu'un qui sait exactement ce qu'elle cherche et si elle l'a trouvé.
— Ça dépend comment tu danses, dit-elle.
Il rit.
Elle le laissa garder sa main.
Ils descendirent ensemble vers la piste et la lumière stroboscopique les prit tous les deux, et Aurore sentit la basse dans ses talons et dans son bas-ventre et dans ses implants et dans ses nouvelles lèvres brillantes.
Elle se retourna dans les bras du garçon et pressa ses fesses contre lui.
Et quelque part très loin, dans un recoin d'elle-même dont la porte était maintenant fermée de l'intérieur, quelque chose entendit son prénom une dernière fois, Mathieu, sans personne pour le prononcer et sans personne pour l'entendre.
Aurore ne l'entendit pas.
Elle dansait.
Dehors dans la ruelle, la sorcière aux yeux verts ralluma une cigarette et souffla la fumée vers le ciel.
Un prénom disparaît, pensa-t-elle. Un autre commence. Et entre les deux, une ruelle, une nuit, et quelqu'un qui ne saura jamais vraiment combien de temps la transition a pris.
Elle écrasa sa cigarette sous son talon et rentra dans le bar.
La serveuse brunette lui sourit.
— La même chose ?
— La même chose, dit la sorcière en s'installant au fond de la salle.
Et elle attendit que la prochaine erreur entre.
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