Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Je m'exhibe devant mes potes de fac — Chapitre 3 · Exhib et petit déj'
Auteur
Je m'exhibe devant mes potes de fac
Chapitre 3 · Exhib et petit déj'
Il me reste deux anecdotes vraiment hardcore à vous raconter sur mon aventure à la fac de Bordeaux.
J'avais pris l'habitude de squatter chez mes colocs. On appelait ça des « soirées pyjama », sauf que moi, des pyjamas, j'en avais pas. Et ils le savaient très bien. On finissait presque toujours entassés sur le grand canapé, eux habillés, moi complètement à poil, à mater des films ou des séries. On avait même rejoué la scène de Sur la route où Kristen Stewart branle deux mecs en même temps. Eux, ils trouvaient ça normal. Moi aussi.
Généralement, je termine la nuit sur le canapé du rez-de-chaussée, dans le salon, stratégiquement placé sous la grande fenêtre qui donne sur la ruelle. Le rituel du réveil chez les garçons, c'est d'ouvrir les volets en grand et d'offrir aux rares passants qui osent lever les yeux une vue inoubliable : une grande blonde nue, encore enroulée dans leur plaid, qui s'étire sans complexe. Ils le font exprès, les salauds. Et honnêtement ? J'attends ce moment rien que pour ça.
Bref, tout ça pour dire que j'étais à poil dès le matin chez eux.
J'ai la dalle, et comme tous les matins je me prépare mon mélange flocons d'avoine, banane et œufs écrasés. Sauf que ce matin-là, un des colocs s'en est chargé. Petit aparté au passage : c'est lui que j'ai recroisé bien des années plus tard et qui m'a avoué, mort de rire, qu'il s'était masturbé plusieurs fois au-dessus de mon bol pendant qu'il le préparait. Donc oui, j'ai sûrement mangé son sperme au petit-déjeuner sans m'en apercevoir. Mais ce n'est pas la question.
Ce matin-là, je vois tout de suite qu'ils ont une idée derrière la tête. Ils veulent que je prenne mon petit-déjeuner dans la cour de l'appart. Celle qui donne sur les fenêtres de trois autres logements. Et ils n'ont pas l'intention de me laisser m'habiller.
Faut quand même que je vous dise un truc : ma libido est encore plus forte le matin. Surtout quand je me réveille à poil. Concrètement, à ce moment-là, j'ai beaucoup de mal à refuser quoi que ce soit. Alors quand le plus grand des trois m'a tendu mon bol en me lançant « Le petit-déj se prend dehors aujourd'hui », je lui ai juste souri et j'ai suivi le bol. Pas de négociation. Pas de t-shirt de secours. J'étais déjà chaude rien qu'en traversant le couloir nue entre les trois, et le contact froid du carrelage sous mes pieds nus m'a fait dresser les tétons tout seuls.
Ils ont quand même eu la décence de me préparer le bol cake. C'est la moindre des politesses quand on va vous exhiber comme ça.
On s'installe tous les quatre autour de la table de jardin. Je suis là, assise à poil sur le fer forgé froid, en train de déguster mon bowlcake sous le regard amusé des trois et des fenêtres d'en face. C'est absurde. C'est dégueulasse. Et pourtant je sens mon désir grimper en flèche.
C'est même pire que ça. J'ai l'impression d'être défoncée. Mon cœur bat anormalement fort, j'ai la tête qui tourne à chaque bouchée. Le froid du métal sous mes cuisses, le soleil sur mes tétons, la cuillère qui claque dans le bol, le fait de mastiquer tranquillement pendant qu'une grande brune au premier étage d'en face retire son linge sur son balcon : tout ça se mélange dans ma tête. À chaque bouchée, je me rends compte un peu plus de ce que je suis en train de faire. Je suis une fille nue, en train de manger des flocons d'avoine dans une cour d'immeuble, et ça m'excite à en crever. J'ai la gorge serrée, le visage en feu, et une chaleur entre les cuisses qui n'a rien à voir avec le soleil de septembre.
Un des trois pose sa tasse, se lève, vient vers moi sans un bruit de semelle, écarte mes jambes sans me demander rien et glisse deux doigts. Il s'est mis à s'agiter en moi comme un taré. Je me rappelle que je n'ai rien su dire, à part le regarder avec des grands yeux un peu ébahis. Deux doigts, trois mouvements, et le bol cake est resté là, à moitié plein, abandonné sur la table.
Et là, je sais pas ce qui s'est passé. Je crois que j'ai eu l'orgasme le plus puissant de ma vie. Non. En fait c'est même pire : j'ai pas eu d'orgasme. Juste la situation et ces deux doigts qui me sont rentrés dedans, ça m'a fait mal de plaisir. J'étais beaucoup trop sensible. Et l'idée que n'importe qui peut ouvrir sa fenêtre et me voir là, une jambe relevée sur le fer forgé, les doigts d'un coloc jusqu'au poignet dans ma chatte, ça m'a achevée. Je sentais que s'ils faisaient ne serait-ce que deux ou trois mouvements de plus, l'explosion qui allait sortir de là allait me détruire.
Alors je me suis brusquement dégagée et j'ai sprinté vers l'appart en courant, nue, les seins qui ballottaient, un filet de mouille qui coulait le long de mes cuisses, poursuivi par les rires gras et les sifflements des colocs. L'un d'eux m'a crié « Reviens finir ton petit-déjeuner ! » et j'ai sprinté plus vite.
Je suis rentrée me blottir sur le canapé, toujours à poil, en attendant que ça redescende. Ça n'est jamais vraiment redescendu. Je me suis quand même terminée dans le salon, pendant qu'ils rentraient. Ils se sont installés à côté de moi sans un mot et ont regardé la fin.
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