Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La Parure — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La Parure
Chapitre 1
Mathilde Loisel était née avec un goût prononcé pour le luxe. L'avenir nous montrera qu'il s'agissait là d'une malédiction douce et cruelle. À dix-neuf ans, la jeune femme habitait encore chez ses parents, dans un modeste pavillon de région parisienne. Sa beauté était de celles qui troublent sans effort : une peau claire qui rosissait facilement, des cheveux châtain clair aux reflets dorés, ainsi qu'un corps souple aux courbes déjà féminines : seins ronds et hauts, taille fine, hanches qui se balançaient naturellement et attiraient le regard. Pourtant, rien autour d'elle ne répondait à ce qu'elle sentait vibrer en elle. Les vêtements bon marché, les soirées passées devant la télévision, les vacances en camping... tout lui semblait une injure personnelle.
Quand elle rencontra Julien, modeste employé au ministère, elle crut trouver une porte de sortie. Il avait vingt-quatre ans, un salaire stable, et une gentillesse désarmante. Surtout, il l'aimait avec tendresse, une tendresse simple, mais sincère. Ils se marièrent civilement par un après-midi pluvieux. La robe était jolie, mais Mathilde ne rêvait que de dentelle ancienne et de voile interminable. Leur voyage de noces en Bretagne fut tendre : Julien lui faisait l'amour avec attention, caressant longuement ses seins, descendant sa bouche entre ses cuisses jusqu'à ce qu'elle frissonne, entrant en elle avec une lenteur respectueuse. Elle jouissait, bien sûr, mais quelque chose manquait. Une intensité peut-être, un éclat.
Les années suivantes s'écoulèrent dans une routine confortable, mais peu à peu étouffante pour la jeune femme. Leur petit deux-pièces sentait la peinture fraîche et le compromis. Julien rentrait le soir, posait son cartable, embrassait sa femme dans le cou avant de s'atteler au repas. De plus en plus souvent, Mathilde se surprenait à fermer les yeux en imaginant des décors somptueux.
— On est heureux, non ? lui murmurait-il parfois en la serrant contre lui.
Elle souriait, mais son regard se perdait vers la fenêtre. Sur son téléphone, elle dévorait les vies des autres : femmes aux poignets chargés de bijoux, dîners aux chandelles dans des restaurants étoilés, corps sublimés par le sport et la chirurgie. Chaque like était une petite piqûre. Chaque story, une torture.
Un matin de novembre, l'invitation apparut dans sa boîte mail. Une réception prestigieuse au Palais Brongniart, organisée par le ministère. Tenue de soirée de rigueur. Julien exulta :
— Enfin une occasion de sortir !
Mathilde sentit son cœur s'emballer. C'était sa chance de briller, ne serait-ce qu'une nuit.
Mais sa garde-robe était désespérément vide. Rien qui puisse soutenir le regard des autres femmes, celles qu'elle enviait, et qu'elle allait rencontrer. Après une semaine d'hésitations, elle appela Jeanne. Jeanne avait toujours été l'autre versant de sa vie : l'amie qui avait "réussi". Après un étincelant mariage, elle vivait dans un appartement haussmannien aux plafonds hauts, entourée de meubles d'époque et de signes de richesse. Elle reçut Mathilde avec chaleur.
— Montre-moi ce que tu as en tête, dit-elle en ouvrant ses penderies.
Mathilde essaya plusieurs robes. L'une, noire et fluide, épousait ses formes comme une seconde peau, soulignant la courbe de ses fesses et la rondeur de sa poitrine. Puis Jeanne ouvrit un coffret en bois précieux.
La parure reposait là, étincelante et majestueuse. Un collier composé d'une cascade de pierres brillantes qui venaient mourir dans le creux de la gorge, accompagné d'un bracelet et de boucles d'oreilles assorties. Quand Mathilde le passa autour de son cou, le bijou sembla s'animer sur sa peau. Il captait la lumière, attirait le regard vers son décolleté, donnait à son port de tête une noblesse inattendue.
— Elle est faite pour toi, murmura Jeanne. "Prends-la. Et amuse-toi ma chérie."
Le soir du bal, Mathilde était transformée. Devant le miroir, elle ajusta ses cheveux en un chignon souple, appliqua un rouge à lèvres carmin. La robe noire moulait ses hanches, la parure scintillait à chaque mouvement. Julien, en costume de location, la regardait avec un mélange d'admiration, mais aussi un léger malaise.
Dès leur entrée dans la grande salle, Mathilde fut happée. Les lustres projetaient une lumière dorée sur les parquets cirés. L'orchestre jouait. Les regards convergèrent vers elle. Un homme d'une quarantaine d'années, banquier à l'allure distinguée, s'approcha presque immédiatement. Sa main large et chaude se posa dans le bas de son dos tandis qu'ils dansaient.
— Vous êtes la plus belle femme ici ce soir, lui glissa-t-il à l'oreille.
Mathilde rougit. Son corps réagit malgré elle : un frisson le long de sa colonne vertébrale, une chaleur entre ses cuisses. Il dansait bien, la serrant parfois un peu plus près. À un moment, elle sentit nettement son érection pressée contre son ventre. Au lieu de s'écarter, elle cambra légèrement les reins. Le contact dura plusieurs secondes. Son souffle s'accéléra. Le champagne aidait. Elle riait plus fort, acceptait les compliments, laissait les mains s'attarder. Cette nuit-là, Mathilde se sentit vivante comme jamais. Désirée. Puissante. Complète.
Ils rentrèrent à l'aube. Dans le taxi, excité par cette version inconnue de sa femme, Julien glissa sa main sous la robe. Ses doigts trouvèrent une culotte déjà humide. Ils firent l'amour dès la porte franchie, debout contre le mur. Mathilde n'avait jamais joui aussi fort que cette nuit-là.
Le lendemain matin, la parure avait disparu.
La panique s'installa lentement, un lent poison. D'abord l'incrédulité, puis les recherches frénétiques : taxi, trottoirs, Palais. Rien. Mathilde passa une nuit blanche à pleurer. Avouer à Jeanne ? Impossible. L'humiliation serait trop grande. Il ne restait donc qu'une seule solution.
La panique s'installa lentement, un lent poison. D'abord l'incrédulité, puis les recherches frénétiques : taxi, trottoirs, Palais. Rien. Mathilde passa une nuit blanche à pleurer. Avouer à Jeanne ? Impossible. L'humiliation serait trop grande. Il ne restait donc qu'une seule solution.
— On va la remplacer. Personne ne saura.
Chez le joaillier, l'estimation tomba comme un couperet : des dizaines et des dizaines de milliers d'euros pour une réplique quasi identique. Ils signèrent les papiers d'emprunt ce jour-là, avec des mensualités écrasantes.
Leur vie changea imperceptiblement, au moins au début. Moins de sorties, moins de petits plaisirs, et Julien prit un travail supplémentaire le soir. Mathilde enchaînait aussi les heures de son côté, et la fatigue s'installa. Forcément, leur vie sexuelle devint mécanique. Mathilde, frustrée, se caressait parfois seule dans la salle de bain, repensant au bal, à ce soir maudit. Un soir, ses pensées la menèrent jusqu'à la page d'accueil du site OnlyFans.
Six mois plus tard, son compte était déjà devenu partie intégrante de son quotidien. Dans le dos de Julien, Mathilde publiait photos et vidéos, chacune d'entre elles un peu plus dégradante. Ses beaux seins ronds, ses fesses rebondies, ses doigts jouant avec son intimité... tout était filmé, exposé, et mis en ligne. Mais cela fonctionnait. Peu à peu, les euros tombaient : salaire encore dérisoire face à l'immensité de la dette, mais prometteur pour la suite.
La jeune femme connut sa première expérience avec un sex-toy en face de la caméra, pressée par les demandes de ses abonnés : pendant que Julien dormait ou travaillait, elle se pénétrait avec le jouet face à ses abonnés virtuels, de plus en plus nombreux, et de plus en plus pervers. Les premières demandes personnalisées commencèrent à arriver : plus humiliantes oui, mais aussi bien mieux rémunérées. La jeune femme se pliait en quatre pour satisfaire ces demandes perverses, encouragée par l'argent récolté.
Ce qui devait arriver arriva, et Julien finit par tout découvrir. La confrontation fut douloureuse : décomposé et épuisé, le jeune homme s'en fut en claquant la porte. En larmes, Mathilde le regarda s'éloigner, sachant au fond d'elle qu'elle ne le reverrait plus. Seule, la jeune femme s'enfonça complètement le long de sa nouvelle voie : des vidéos plus dures, et plus fréquentes, pour toujours attirer plus d'abonnés.
Des marques rouges apparurent sur son corps, symptômes des fessées, coups de martinet, et colliers utilisés face à la caméra. Un peu hésitante au début, la solitude bien mauvaise conseillère la poussa vers d'autres... performeurs, avec qui réaliser davantage de contenu. Toujours souriante devant ses abonnés, notre héroïne devenait peu à peu une véritable poupée sexuelle. Pressée par sa communauté, la jeune Parisienne finit par investir dans une augmentation mammaire, ravissant ses abonnés avec cette nouvelle poitrine. Doucement, sa silhouette devenait plus sculptée, plus... retouchée.
Dix années passèrent ainsi. Son compte OnlyFans devint une petite entreprise. Elle vivait de son corps, de son image dégradée et offerte. Ses yeux avaient perdu leur éclat d'antan. Son sourire était désormais celui d'une femme qui connaissait le prix exact de chaque humiliation. Un après-midi d'automne, dans un café près de l'Opéra, elle croisa Jeanne.
Son ancienne amie la reconnut à peine. Mathilde avait les traits plus durs, un corps plus provocant, une allure à la fois sexy et fatiguée. Elles s'assirent. Après des échanges gênés, Mathilde raconta tout. La perte, la terreur, la dette, les années de privations, le lancement sur OnlyFans, la lente descente : des photos sages aux masturbations filmées, puis aux extrêmes, à la perte totale d'elle-même. Elle parla sans filtre, les larmes coulant de ses yeux, de son mariage brisé, de son corps devenu marchandise, de l'orgueil qui l'avait détruite.
Jeanne l'écouta en silence, le visage de plus en plus pâle. Puis, quand Mathilde se tut, elle éclata d'un rire incrédule, presque hystérique.
— Tu dis que tu as acheté une rivière de diamants pour remplacer la mienne ?
Mathilde eut un petit sourire fatigué, un air orgueilleux sur le visage. "Oui. Tu ne t'en étais pas aperçue, n'est-ce pas ? Elles étaient complètement identiques."
— Mathilde... ma pauvre Mathilde ! Mais la mienne était fausse. Elle valait au plus une centaine d'euros...
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J'espère que vous avez apprécié mon petit hommage à Maupassant. N'hésitez pas à écrire si cette nouvelle vous a plu, c'est une motivation pour continuer !
Calypso
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Commentaires ()
Un style prometteur :)
Bravo, l'artiste !