Une permission en province natale (fantasy)
Chapitre 1
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Une permission en province natale (fantasy) — Chapitre 1

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Une permission en province natale (fantasy)

Chapitre 1

Assis au fond de mon siège, je ressens les secousses de la calèche tandis que je finis rapidement mon dossier. Les lettres noires défilent sur le papier jauni tandis que, par la fenêtre, le gris de la cité urbaine a laissé place depuis longtemps au vert de la campagne.
Le rapport indique une troupe de bandits proche de mon village et dans les environs de la campagne. Les temps sont durs pour tout le monde depuis que les pays de l'ouest sont sous la pression des démons. Les paysages défilent, alternant au gré de la route de terre entre la forêt sombre et les champs de blé doré. L'été arrivait, il faisait enfin bon.
Après une année passée dans la forteresse du confin, j'étais bien heureux de rejoindre ma province natale. Si le temps passé à scruter l'horizon, tout en alternant avec les entraînements inhumains du commandant, m'avaient laissé de nombreux souvenirs — tels qu'une belle cicatrice sur le torse —, un peu de calme me fera du bien.
Je repense aux vents froids qui ont marqué les derniers mois. À ces combats contre les démons. Et bien sûr à mes camarades. Je retrouverai tout ça dans deux mois. Mais pour le moment, profitons déjà de ma permission. Il faudra que j'aide mes parents aux champs, mais ce sera sûrement moins fatigant que les courses à moitié nu dans la neige. C'était pour nous renforcer, disait la commandante ; moi je pense surtout que c'était pour le plaisir de ses beaux yeux.
La calèche s'arrête à la dernière ville sur le chemin. Enfin ville, c'est surtout un village. Je descends avec tout le monde, mais je traverse la ville rapidement : mon lieu de repas est encore à une bonne quinzaine de minutes à pied.
Flânant dans les rues pavées, je me remémore quelques souvenirs. C'est ici que je venais m'entraîner avec mes amis. Ici que j'ai découvert la voie de l'épée. Que de bons moments dans les rues d'Escarnie. Je me souviens de tout, et me sens un peu nostalgique. Ici tout semble figé dans le temps, alors que moi j'ai tant avancé. J'ai voyagé aux quatre coins du royaume, découvrant des choses, des gens, et des lieux que mon esprit d'enfant n'aurait jamais pu imaginer. Mais d'un autre côté, il y a certaines choses qu'il n'aurait pas voulu savoir.
Marchant tranquillement, je passe à côté de la boulangerie ; la cloche tinte d'un son aigu tandis que j'y pénètre. Sur le comptoir devant moi s'étalent quelques viennoiseries et pains, sûrement un peu durs vu l'heure. Une voix que je connais bien résonne depuis la remise. Alors la patronne sort de la réserve.
Bien que les années soient marquées sur son visage, elle est toujours semblable à mes souvenirs. Un uniforme vert sur lequel s'étend un tablier et ses grandes oreilles de lapine, propres à son espèce. Elle reste un instant interdite en me voyant. Puis son visage s'éclaire peu à peu. Alors elle me reconnaît, elle sourit et me demande calmement ce que je désire.
Mais la discussion est lancée. Elle me demande comment ça va depuis la dernière fois, on discute longtemps de mes aventures, de tout ce que j'ai vu. Si bien qu'elle finit même par me proposer un café. On parle longuement, elle me raconte les dernières nouvelles du village. Déjà trois ans que je suis parti, mais j'ai l'impression que c'était hier. Rien n'a changé ici : les mêmes têtes, un peu grisonnantes, les mêmes amitiés et les mêmes problèmes. Un village figé dans le temps, une ancre à mon voyage.
Le temps passe vite et il faut que je rentre chez moi. Je me demande à quoi ressemble ma cabane maintenant… Je sors de la boutique encore un peu nostalgique.
L'été est là et le soleil est encore haut malgré l'heure qui avance. Je marche quelques instants sur les pavés chauds de la ville puis je passe la grande porte. Le garde dort sur sa hallebarde, le casque tombant sur ses yeux. On l'a tant fatigué quand on était gamin... de vrais démons. Je passerai lui dire bonjour à l'occasion.
Hors des murs de la ville, la campagne s'étend à perte de vue. Quelques champs sont séparés par de hautes haies de cyprès. Le soleil fait briller l'or des blés tandis que quelques agriculteurs finissent de s'en occuper. Mes bottes se souviennent encore par cœur du chemin à prendre ; je marche quinze ou vingt minutes, m'arrêtant parfois pour observer le vol des faisans qui fuient au bruit de mes pas.
Je traverse le bois qui me sépare de la ville. Alors j'arrive au « camp ». Ma cabane est toujours sur ses pieds. Dehors, l'espace pour le feu est presque propre, plus personne ne l'utilise. Je m'approche de ma cabane et, sortant un trousseau de clés, je les insère dans la serrure. La porte s'ouvre en grinçant ; il faudra que je la graisse un peu.
À l'intérieur rien n'a changé, juste une couche de poussière en plus. Tout devient gris avec le temps. Je prends mon balai et je commence à nettoyer rapidement. Une bonne demi-heure plus tard, la cabane est toute propre, on dirait même que je ne suis jamais parti.
Je sors quelques provisions de mon sac et commence à réfléchir au repas. Je prends quelques morceaux de viande et je vais dehors pour les faire cuire. La nuit commence à se lever et le feu fait jouer les ombres autour de moi. J'aime ce silence, celui qui n'est perturbé que par les bruits des flammes et du vent dans les branches. Je l'avais presque oublié tant la forteresse était bruyante — armes, cris, démons, tout était fait pour traumatiser nos rares heures de repos.
Je déguste mes tranches de viande une fois qu'elles sont bien cuites. Au-dessus de mes yeux s'élèvent les astres, éclairant la nuit. Je finis par rentrer me coucher ; il fait si bon d'être enfin dans un bon matelas.
Le chant des oiseaux me réveille alors que le soleil commence à se lever. Je m'équipe rapidement puis sors de chez moi. Il faut que j'aille en ville pour acheter des provisions.
Les jours de marché sont bien différents des autres. Le soleil est à peine levé que les rues sont pleines de vie. Les marchands de la région viennent jusqu'ici pour vendre leurs produits. Les rues s'emplissent de monde : habitués, habitants et curieux en tous genres. Les bruits et les odeurs ne sont pas en reste d'ailleurs. Je sens ici les effluves de poulet rôti de Madame Iska, bien que je discerne qu'elles se mêlent dans un drôle de ballet avec les épices que vend Monsieur Jack.
Je fais le tour des stands. Certains me sourient en me reconnaissant, on discute comme si je n'étais jamais parti. Il y a aussi quelques nouveaux marchands ; j'en profite pour leur acheter des produits, parfois bien étranges. Mais un stand m'intéresse vraiment : celui de la mère de mon amie.
Enfin, j'arrive devant son chariot. Elle discute avec un client qui a l'air bien riche. Mais je vois qu'elle est seule, Sylvia n'a pas dû venir. Une fois qu'elle en a fini avec le client, je m'approche de son stand. Elle me reconnaît immédiatement et vient vers moi, un sourire aux lèvres. Alors on commence à discuter tout en parlant de son commerce. Je finis par repartir de son stand avec une bourse de pierres magiques dont je n'aurais sans doute que très peu d'utilité. Même si on s'entend bien, elle n'a pas perdu le sens des affaires. Je finis de faire le tour des stands puis, le sac aussi bien rempli que mon cœur, je finis par quitter la ville.
Sur le chemin du retour, je pense à Sylvia. C'est bien elle qui m'a le plus manqué depuis que je suis à la forteresse. Je repense à ses cheveux cuivrés et ses yeux vairons qui me faisaient vibrer à chaque regard. Sa peau était bien blanche à l'époque ; il faut dire qu'on passait notre temps à grimper aux arbres et à courir dans la forêt.
Enfin courir, c'était bien ce que l'on disait à sa mère... Mais bien que nos corps fussent en sueur et nos cheveux ébouriffés, ce n'était pas de la faute de la course. C'était plutôt de notre faute à nous, de nos mains baladeuses et de nos envies de jeunes.
Je me souviens bien de la première fois, à la rivière. Nos corps nus dans l'eau avaient éveillé des désirs que nous n'avions pas pu réprimer. Alors c'était presque devenu une habitude. J'attendais avec envie le jour du marché, synonyme pour nos hormones de jour de sexe. Ce petit secret entre nous n'avait fait qu'améliorer notre complicité. Au fil des ans, on s'explorait de plus en plus : envie, passion et amitié. C'était le bon temps, celui où passer un après-midi allongé entre les grands arbres était d'une banalité si simple.
Une fois arrivé chez moi, je m'occupe de mes provisions, puis je me pose dehors pour lire un livre que j'ai récupéré au marché. Ce sont des contes des pays du sud. J'aime les ouvrages qui me font voyager.
Au bout d'un moment la lumière faiblit et la lecture devient légèrement compliquée. Alors je pose mon livre et me relève de l'herbe sèche sur laquelle j'étais allongé. Je ne pensais pas lire aussi longtemps. Mon ventre commence à se plaindre, alors je rentre pour chercher de quoi me sustenter.
Soudain, alors que je pousse la porte, je sens une présence non loin de moi. Machinalement, ma main se pose sur la garde de mon épée et je m'arrête de bouger pour écouter. J'entends quelqu'un qui marche sur le chemin de la forêt. Qui donc peut bien venir me rendre visite à cette heure-là ? Je repense au rapport que m'a fourni la forteresse. Ce serait les bandits ? Non, je ne discerne qu'une seule personne. Mais elle semble agile, le bruit est faible.
Soudain je la vois apparaître, sortant du petit chemin qui mène à ma clairière. Devant moi se dresse la jolie elfe qu'est devenue Sylvia. Elle sourit et ses yeux vert et bleu brillent quand elle m'aperçoit. Tout en marchant à ma rencontre, elle me crie :
— Alors Alard, tu ne me préviens même plus quand tu rentres ?
Je souris bêtement. On ne peut envoyer aucune lettre depuis maintenant un an à la forteresse, et elle le sait bien. Elle n'est plus qu'à deux mètres de moi, on se sourit sans trop parler, puis on se prend dans les bras. Alors nos voix disent à l'unisson :
— Tu m'as manqué !
On reste ainsi un instant, on profite de ce moment de retrouvailles, sachant que cette parenthèse ne durera pas pour toujours. Un instant hors du temps. Puis on se sépare, mais nos mains restent unies. Je la regarde de haut en bas avant de dire :
— Tu d'as grandi dis-moi, tes cheveux semblent plus longs…
En vrai, il n'y avait pas que ses cheveux qui avaient grandi. Bien que ses seins soient relativement petits, ils avaient bien pris en volume eux aussi. De plus, si je lui mettais deux têtes d'écart quand j'ai quitté le village, elle m'avait bien rattrapée.
— Toi aussi, tu sembles plus musclé, il faut croire que le climat glacial fait prendre du muscle…
— Ah ah, c'est surtout les entraînements et les nombreux combats qui ont forgé ce corps d'acier !
— Je n'en doute pas. En fait, dis-moi, resterait-il de la place autour de ta table pour ta tendre amie ce soir ?
— Ce soir et tous les soirs que tu veux, il y aura toujours une place pour toi.
Elle rougit un peu avant de répondre « merci » d'un grand sourire. Alors on s'installe autour du feu, les flammes font rougir nos corps tandis que la nuit étend sa cape sur le monde. Je sors quelques-unes des viandes et autres victuailles que j'ai achetées. Je mets tout cela sur le feu avant d'aller chercher deux bières. Je reviens en disant d'une voix joviale :
— Tu connais le nouveau brasseur au marché ? Je lui ai pris quelques bières !
Elle me répond tout en rigolant :
— Tu penses que je connais tous les brasseurs ou quoi ?
— Aucune idée, mais tu fréquentes plus les marchés que moi.
— C'est pas faux, mais cette bière ne me dit rien... « Souffle du gobelin »… aucune idée de ce que c'est.
— Alors goûtons, et trinquons à mon retour !
On ouvre nos bouteilles avant de trinquer, un grand sourire sur nos visages. Assis côte à côte, on commence à se raconter nos vies. Voilà déjà quatre ans que l'on ne s'est pas vus, et un que l'on n'a pu s'échanger aucune nouvelle.
Si j'ai vécu de sacrés moments au sein de la forteresse, elle n'a pas une vie bien rangée non plus. Avec sa mère sur les routes depuis petite, elle en a vu des paysages et des gens ; voyager, ça laisse toujours des traces dans la mémoire. Je l'écoute décrire avec passion les lieux qu'elle a vus. Son regard brille tandis qu'elle me parle des étendues d'eau salée à l'Est du continent, des grandes forêts du Nord, des villes aux architectures si différentes, des temples, des oiseaux et des plantes aux couleurs vives.
Puis je lui parle de ma vie, de mes camarades, des monstres et du blanc de la neige en hiver. On mange sous les éclats de nos voix, de nos anecdotes et de nos rires. Plus la soirée avance, plus nos anecdotes deviennent personnelles, frôlant parfois l'intime du bout des doigts.
Mais ce n'est qu'une fois nos assiettes finies, nos quatrièmes bières entamées et la lune ronde bien au-dessus de nos têtes qu'elle finit par me poser cette question :
— Et les habitantes du Nord, tu les trouves comment ? Il paraît que le froid rend les femmes de ces contrées bien plus accueillantes…
Je ne la laisse pas longtemps dans l'incertitude et répond d'une voix calme :
— Elles ne le sont pas plus que d'autres, mais c'est vrai que le contact d'un corps chaud fait du bien quand le vent froid souffle au-dehors.
— Oh… Tu as donc goûté aux charmes du pays jusqu'à sa souche…
Sa voix était teintée d'une touche de malice et son regard attendait que je raconte.
— Pas vraiment non, c'était une camarade, pas une villageoise.
Elle semblait choquée, alors je continue avant qu'elle ne le demande.
— On était d'expédition avec un groupe de cinq, on se connaissait tous plutôt bien, on était de la même promo. Et puis on est tombé sur un groupe d'orcs, alors le combat a débuté. Si on les a tous tués, deux des nôtres y ont laissé la vie…
Je marque une pause et la regarde. Son regard était triste, mais, elle comme moi, savions que c'était mon quotidien : à la forteresse, il en meurt un par semaine. La mort était devenue une normalité. Je bois une gorgée avant de reprendre.
— Nous étions donc trois, mais sur le chemin du retour, Aya s'est fait mal à une cheville. Nous n'étions pas loin d'un village désolé, alors elle et moi y sommes allés et notre camarade est parti chercher du renfort et du matériel. On a pris une chambre au rez-de-chaussée. Il faisait froid, et on avait peur d'une attaque, alors on a pris la même. Et puis, la peur et le froid ont fini par nous rapprocher une fois dans le lit. Alors ses mains ont commencé à devenir baladeuses, et les miennes aussi. Je me souviens presque encore du goût de ses seins sous mes lèvres. Puis on a fait ce que l'on voulait, mon sexe dans le sien, nos corps partageant pour une nuit la chaleur bienvenue. C'était peut-être pas la meilleure fois, mais sûrement la plus torride…
Le visage de Sylvia était devenu rouge jusqu'aux oreilles. Elle parle alors d'une voix forte et un peu troublée, c'est mignon :
— Alors c'était pas la seule fois !?!
— Ah ah non, ni la seule fois, ni la seule camarade. Mais bon, tu dis que j'ai visité le pays en profondeur, mais tu te gardes bien de parler de toi tout de même !
Elle reste un instant silencieuse, avant de détourner le regard.
— C'est… c'est parce que moi, il n'y a rien à dire…
— Mais bien sûr ! Tu vas me faire croire que tu n'as eu aucune aventure avec un bel homme durant tes périples ?
— Pour ma mère, non…
— Et en vrai ?
— En vrai, moi aussi j'ai visité les pays en profondeur…
— Ah ah ! J'en étais sûr !
— Mais c'est pas ma faute aussi ! Les hommes du Sud n'ont pas l'habitude de voir une elfe ! Et encore moins une aussi jolie que moi ! Comment aurais-je pu résister alors qu'ils étaient tous là à me jeter des regards et à me dire des phrases si belles pour m'avouer être à mes pieds ?
— Alors c'est le Sud que tu as le plus visité ?
— Oh oui, j'ai bien goûté aux spécialités locales… Enfin, surtout à un en particulier…
— Ah bon ?
Je sentais bien que ça allait devenir croustillant. Son visage était toujours rouge, bien que la couleur fût amplifiée par les flammes. Mais la luxure débordait de ses yeux.
— Oui, il était grand pour un homme du Sud, les cheveux noirs et la peau ocre. Et puis… tu vas me juger, mais il avait ce charme qu'ont les hommes à trente ans…
— Il avait dix ans de plus que toi !?
— Eh bien c'était il y a trois ans… mais vu qu'il en avait trente-trois et moi dix-neuf, ça fait plutôt quatorze…
Je suis alors pris d'un fou rire. Quatorze ans d'écart ? Je sais que l'amour n'a pas d'âge pour un elfe… mais tout de même ! Je réponds, toujours en rigolant un peu :
— Eh bien, madame Sylvia aime maintenant les hommes bien matures, j'ai peur de ne plus être à la hauteur…
Elle détourne de nouveau le regard et marmonne :
— Je pense que tu sauras toujours me satisfaire…
N'étant pas sûr de sa phrase, je lui demande :
— Tu pas dit ?
Elle se tourne vers moi et me répond d'une voix incertaine :
— J'ai dit que les hommes matures sont bien, mais pas parfaits !
— Alors, qu'a-t-il fait de si bon ?
— Eh bien… il était très protecteur envers moi, sûrement trop. Puis au lit c'était… divin. Il avait de l'endurance, écoutait mes envies, me faisait découvrir ce que d'autres lui avaient montré avant. C'étaient souvent des nuits magiques, perdues dans des oasis, la tête sous les étoiles ou nos corps dansant à la lumière d'une lampe à huile. Ses doigts étaient habitués à la peau d'une femme, et il me traitait comme une reine. Bien que je voyais toujours dans son regard le désir de me posséder.
— Mais tu as préféré rentrer ici, plutôt que de rester bronzer dans le Sud.
— Des hommes, j'en trouverai partout sur ce globe, mais si le sexe peut être bon avec de nombreuses personnes, aucune ne m'a fait me sentir aussi bien que quand il y a aussi des sentiments…
— C'est vrai que se protéger du froid c'est bien… mais avoir chaud au cœur c'est bien mieux.
— Alors dis-moi… tu ne voudrais pas réchauffer le mien ?
— Et comment ?
— Sûrement avec tes lèvres pour commencer…
À ces mots, nos visages se sont rapprochés, presque comme un réflexe, une envie partagée de passion, un geste commandé par le cœur. On reste ainsi une courte seconde, les flammes se reflétant dans nos yeux brillants. Et puis nos lèvres s'embrassent tandis que nos yeux se ferment.
Ma main commence à passer sur sa cuisse et à frôler le bord de sa robe. Je glisse le long de son corps tandis que nos langues commencent à se chercher. Puis, comme si j'avais peur qu'elle disparaaisse, ma main se colle à sa nuque. Au travers de ce baiser, on s'échange ce que l'on n'a pas osé se dire directement. Amour, passion, amertume, envie, peur, impatience... tant de choses se bousculent dans nos têtes.
Et puis, emportée par les flammes de nos baisers, elle me pousse et on roule dans la terre. Nos corps l'un contre l'autre, elle finit au-dessus de moi. Alors on se décolle légèrement, laissant nos bouches s'exprimer. Ses lèvres bougent les premières et sa voix légèrement essoufflée pénètre mes oreilles :
— Tu as encore envie de moi, malgré tes aventures dans le Nord ?
— Et toi ? Ton grand homme du Sud ne t'a pas fait passer l'envie d'un jeunot comme moi ?
— Oh que non…
— Moi aussi je te veux.
Alors elle m'embrasse à nouveau. Encore plus sensuellement. Ma main caresse son corps et passe sous sa robe pour venir toucher ses fesses. Puis son corps se relève et de ses mains agiles elle enlève ma chemise de coton. Je sens ses doigts sur mon sexe bien dur tandis qu'elle descend mon pantalon. Puis sa robe vole et la voilà nue sur moi, tout aussi nu qu'elle. Elle attrape mon sexe de ses doigts fins et le place entre ses cuisses.
— Dis-moi, chère amazone, ne faudrait-il pas d'abord que je t'excite un peu ?
— Oh que non ! Tu sais, tu m'as tant manqué que j'aurais pu le faire dès que je t'ai vu. Et puis, parler de nos aventures m'a encore plus excitée.
— Très bien, je te laisse faire.
Son corps nu descend alors sur le mien. J'aime cette sensation quand je la pénètre. Pas encore trop ouverte et si bonne à l'intérieur. La chaleur de son corps et la texture en elle, tout est si bon. Puis il faut dire que la vue n'est pas mal. Son corps magnifique sur lequel jouent les flammes est perché sur le mien, le tout sous les étoiles. Mon rêve durant ces dernières années. D'ailleurs, ses petits gémissements à mesure que mes centimètres entraient en elle m'affirmaient que mon plaisir était bien partagé.
Une fois avalé entièrement, elle s'arrête un instant, puis elle dit d'une voix si sensuelle :
— J'ai tant rêvé de ce moment…
Puis elle commence à bouger. Ses hanches dansent sur moi et les sensations nous inondent. J'aime voir son corps bouger sur le mien. Sentir son odeur florale qui se dissipe dans l'air à chacun de ses mouvements. Mes mains partent rapidement à l'exploration de son corps. J'ai encore l'impression de le connaître par cœur malgré le passage du temps. Je joue un peu avec ses seins, elle a toujours l'air d'aimer ça. Je la caresse au rythme de ses hanches et j'aime ça.
Nos regards se croisent souvent, quand ses yeux bicolores ne se ferment pas sous le plaisir. Puis elle se penche sur moi. Je sens ses seins s'écraser contre mon torse. Ses doigts passent eux aussi sur le mien tandis qu'elle me dit :
— À toi maintenant de bouger, montre-moi ta nouvelle endurance, cher chevalier…
Alors je commence à bouger mes hanches sur un rythme bien plus élevé que ses ondulations. Le sexe devient plus animal, plus violent. Mais ses cris de plaisir et son regard brillant m'indiquent qu'elle n'est pas contre. Ça non plus n'a pas changé visiblement. Je la prends ainsi quelques minutes avant de lui chuchoter :
— Tu ne voudrais pas la prendre encore plus fort…
Elle sourit tout en hochant la tête. Alors elle se lève, son sexe dégoulinant de cyprine. Elle savait parfaitement ce que l'on allait faire. Alors elle pose ses deux mains contre un arbre et écarte les cuisses tandis que je m'approche d'elle. Je la caresse un instant. Je veux faire monter le plaisir en elle. Elle gémit quand mes doigts effleurent ses lèvres gonflées.
Puis j'entre en elle. Tout se fait en vitesse. Mon sexe dans le sien. Ma main tirant ses longs cheveux et l'autre jouant avec ses seins. Mes mouvements sont amples et rapides. Profondeur et intensité. Je sais que c'est ce qu'elle aime, et moi aussi. Ses cris s'élèvent dans la nuit, on ne veut pas se retenir. On veut s'aimer. Nos corps ne font plus qu'un durant de nombreuses minutes.
Et puis je la sens venir. Ses jambes tremblent et ses gémissements deviennent plus aigus. Son corps se calme et j'arrête de bouger. Alors je lui demande :
— Tu as aimé ?
— Oh oui… c'était si bon… ça m'avait tant manqué.
— Ouaip… mais ce n'est pas encore fini, crois-moi !
— Mmm, que dirais-tu de laisser mon sexe pour le moment. J'ai envie que tu viennes comme la dernière fois…
— Tu veux tout dans la bouche, alors.
Je me retire d'elle, le sexe bien droit et luisant. Elle se place à genoux devant moi et glisse ses phalanges le long de mon pénis. Elle sourit avant de me prendre en bouche. C'est un peu maladroit, débutant. Elle n'a pas dû en faire depuis longtemps. Mais c'est si bon. Je sens sa langue m'explorer. Puis on a un eye-contact. Alors au plaisir sensoriel s'ajoute le visuel.
Je ne peux plus me retenir et mon sperme jaillit en elle. Elle semble un peu surprise, mais avale tout sans problème. On se regarde, le plaisir est encore visible sur nos corps en sueur et nos yeux brillants. Puis elle dit :
— Et toi ? Tu as aimé ma chaleur malgré le climat ?
— Oh oui… j'aimerai ta chaleur qu'importe le climat.
Elle sourit et se relève. Encore nus, on continue de parler.
— On devrait peut-être rentrer dormir, si je pars trop tard, ma mère va se poser des questions.
— Ah ah oui, enfin, tu ne vas pas me faire croire que ta mère te pense encore vierge ?
— Oh si !
Elle se penche pour ramasser ses habits et je me sens de nouveau un peu excité devant son corps nu. Alors je m'approche d'elle tout en disant :
— Après… j'ai bien peur que même dedans, on ne dorme pas de suite…
Elle se tourne, me regarde et répond :
— Moi aussi, mais j'aimerais le faire dans un lit maintenant…
Elle m'embrasse sensuellement et file vers ma cabane. Je regarde son corps nu, médusé ; je sens que ces deux mois de vacances vont être bien sympathiques.
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