Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le Crépuscule du Comte — Chapitre 3
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le Crépuscule du Comte
Chapitre 3
La Rupture
Le déclic de la poignée résonna comme un coup de feu dans le silence de la bibliothèque.
Adrien réagit avec l'instinct d'une bête traquée. D'une poussée ferme mais silencieuse, il propulsa Julian dans l'encoignure sombre formée par les lourds rideaux de velours bordeaux qui masquaient la fenêtre.
— Pas un bruit, souffla-t-il, son souffle effleurant à peine la joue de son amant.
Julian se figea, retenant sa respiration, pressé contre la vitre froide, le tissu épais du rideau étant son seul rempart contre le désastre. Il vit Adrien se retourner, lissant sa veste, composant en une seconde un masque d'arrogance ennuyée.
La porte s'ouvrit.
Ce n'était pas un serviteur égaré. C'était le Duc de Clèves, le père de la fiancée. Un homme massif, au visage rosé et aux yeux de rapace, qui balaya la pièce du regard.
— Adrien ? fit le Duc, sa voix trahissant une suspicion polie. On vous cherche partout. Ma fille se languit.
Adrien s'appuya nonchalamment contre une étagère, croisant les bras. — J'avais besoin de silence, Monsieur le Duc. L'air de la salle de bal est... vicié. Trop de parfums, trop de mensonges.
Le Duc plissa les yeux. Il fit quelques pas dans la pièce. Ses bottes claquèrent sur le parquet, s'arrêtant dangereusement près des rideaux où Julian tremblait, priant pour que son cœur ne batte pas assez fort pour être entendu.
— Un futur mari ne devrait pas fuir ses obligations, gronda le Duc. Ni ses invités. On pourrait croire que vous cachez quelque chose ou quelqu'un.
Le silence s'étira, suffocant. Adrien ne cilla pas. Il soutint le regard de son futur beau-père avec un dédain glacial.
— Je ne cache rien que mon ennui, Duc. Souhaitez-vous inspecter les rayonnages ?
Le Duc renifla, méprisant. Il n'osa pas pousser l'affront plus loin.
— Remontez. Maintenant. Les rumeurs vont vite à la cour, Valois. Ne donnez pas le bâton pour vous faire battre.
Le vieil homme fit demi-tour et sortit, laissant la porte entrouverte. Adrien attendit que les pas s'éloignent avant de se précipiter vers les rideaux. Il les écarta brusquement.
Julian était là, pâle comme un linge, les yeux écarquillés. Adrien le saisit par les épaules, non pour l'embrasser, mais pour le secouer légèrement.
— C'était très près, siffla Adrien, la peur se transformant en colère froide. Trop près ! Tu as vu son regard ? S'il t'avait trouvé... tu aurais fini au gibet, et moi déshonoré.
— Je n'ai pas peur pour moi, Maître, murmura Julian.
— Mais moi j'ai peur ! hurla presque Adrien avant de baisser la voix. Je ne peux pas vivre avec cette épée de Damoclès.
Il recula, mettant de la distance physique entre eux. Son visage se ferma, durcissant comme de la pierre.
— C'est fini, Julian. Ce jeu... cette folie. Ça s'arrête ce soir.
Le monde de Julian s'effondra.
— Maître ?
— Ne m'appelle plus comme ça, trancha Adrien. Demain, tu reprendras tes fonctions de valet ordinaire. Plus de nuits dans ma chambre. Plus de contacts. Je vais me marier, et je vais jouer mon rôle. C'est la seule façon de te protéger. Sors.
Julian voulut protester, mais le regard d'Adrien était un mur infranchissable. La mort dans l'âme, le valet s'inclina et quitta la pièce, laissant Adrien seul avec ses démons.
Adrien réagit avec l'instinct d'une bête traquée. D'une poussée ferme mais silencieuse, il propulsa Julian dans l'encoignure sombre formée par les lourds rideaux de velours bordeaux qui masquaient la fenêtre.
— Pas un bruit, souffla-t-il, son souffle effleurant à peine la joue de son amant.
Julian se figea, retenant sa respiration, pressé contre la vitre froide, le tissu épais du rideau étant son seul rempart contre le désastre. Il vit Adrien se retourner, lissant sa veste, composant en une seconde un masque d'arrogance ennuyée.
La porte s'ouvrit.
Ce n'était pas un serviteur égaré. C'était le Duc de Clèves, le père de la fiancée. Un homme massif, au visage rosé et aux yeux de rapace, qui balaya la pièce du regard.
— Adrien ? fit le Duc, sa voix trahissant une suspicion polie. On vous cherche partout. Ma fille se languit.
Adrien s'appuya nonchalamment contre une étagère, croisant les bras. — J'avais besoin de silence, Monsieur le Duc. L'air de la salle de bal est... vicié. Trop de parfums, trop de mensonges.
Le Duc plissa les yeux. Il fit quelques pas dans la pièce. Ses bottes claquèrent sur le parquet, s'arrêtant dangereusement près des rideaux où Julian tremblait, priant pour que son cœur ne batte pas assez fort pour être entendu.
— Un futur mari ne devrait pas fuir ses obligations, gronda le Duc. Ni ses invités. On pourrait croire que vous cachez quelque chose ou quelqu'un.
Le silence s'étira, suffocant. Adrien ne cilla pas. Il soutint le regard de son futur beau-père avec un dédain glacial.
— Je ne cache rien que mon ennui, Duc. Souhaitez-vous inspecter les rayonnages ?
Le Duc renifla, méprisant. Il n'osa pas pousser l'affront plus loin.
— Remontez. Maintenant. Les rumeurs vont vite à la cour, Valois. Ne donnez pas le bâton pour vous faire battre.
Le vieil homme fit demi-tour et sortit, laissant la porte entrouverte. Adrien attendit que les pas s'éloignent avant de se précipiter vers les rideaux. Il les écarta brusquement.
Julian était là, pâle comme un linge, les yeux écarquillés. Adrien le saisit par les épaules, non pour l'embrasser, mais pour le secouer légèrement.
— C'était très près, siffla Adrien, la peur se transformant en colère froide. Trop près ! Tu as vu son regard ? S'il t'avait trouvé... tu aurais fini au gibet, et moi déshonoré.
— Je n'ai pas peur pour moi, Maître, murmura Julian.
— Mais moi j'ai peur ! hurla presque Adrien avant de baisser la voix. Je ne peux pas vivre avec cette épée de Damoclès.
Il recula, mettant de la distance physique entre eux. Son visage se ferma, durcissant comme de la pierre.
— C'est fini, Julian. Ce jeu... cette folie. Ça s'arrête ce soir.
Le monde de Julian s'effondra.
— Maître ?
— Ne m'appelle plus comme ça, trancha Adrien. Demain, tu reprendras tes fonctions de valet ordinaire. Plus de nuits dans ma chambre. Plus de contacts. Je vais me marier, et je vais jouer mon rôle. C'est la seule façon de te protéger. Sors.
Julian voulut protester, mais le regard d'Adrien était un mur infranchissable. La mort dans l'âme, le valet s'inclina et quitta la pièce, laissant Adrien seul avec ses démons.
Les jours qui suivirent furent une torture raffinée. Adrien tint parole. Il était distant, poli, terriblement froid. Julian continuait de le servir — l'habillage, le bain, le service à table — mais c'était comme servir un fantôme. Il n'y avait plus de mains baladeuses, plus d'ordres murmurés, plus de regards brûlants. Adrien ne le voyait plus.
Pour Julian, cette indifférence était pire que n'importe quel châtiment physique. Sa soumission avait besoin d'un maître pour exister. Sans la domination d'Adrien, il se sentait vide, inutile, flottant dans un néant affectif. Il avait besoin de sentir l'emprise, le poids de l'autorité d'Adrien pour se sentir entier.
Le quatrième soir, l'orage éclata à nouveau sur le domaine. Adrien était dans sa chambre, lisant près du feu, un verre de cognac à la main. Il portait une robe de chambre en soie noire.
La porte s'ouvrit doucement. Adrien ne leva pas les yeux.
— Je n'ai rien demandé, Julian. Va te coucher.
Julian entra quand même. Il verrouilla la porte derrière lui. Le bruit sec du verrou fit enfin lever la tête à Adrien.
— Que fais-tu ? Je t'ai donné un ordre.
Julian s'avança. Il ne tremblait pas. Il y avait dans ses yeux une détermination farouche, née du désespoir.
— Vous m'avez donné l'ordre de partir, oui. Mais vous m'avez aussi appris que je vous appartiens.
Il s'arrêta devant le fauteuil, bloquant la vue du feu.
— Un objet ne décide pas quand son maître n'a plus besoin de lui.
Adrien posa son verre avec un claquement sec.
— Ne joue pas à ça. Je fais ça pour toi.
— Vous mentez, dit doucement Julian. Vous faites ça parce que vous avez peur. Regardez-moi, Adrien.
Sans quitter son maître des yeux, Julian dénoua sa cravate. Puis il ôta son gilet.
— Arrête, prévint Adrien, sa voix perdant de son assurance.
Julian ignora l'avertissement. Il laissa tomber sa chemise. Sa peau pâle brillait à la lueur des flammes. Il était beau, tragique et offert.
— Je suis votre chose. Votre secret. Votre ombre. Si vous voulez me rejeter, faites-le. Mais pas avec de l'indifférence. Punissez-moi si je vous désobéis, mais ne m'ignorez pas.
Il tomba à genoux, se glissant entre les jambes écartées d'Adrien, posant sa tête sur la cuisse du noble.
— J'ai besoin de vous... j'ai besoin que vous me possédiez. Sinon je n'existe plus.
La digue céda.
Adrien laissa échapper un sanglot de rage impuissante. Ses mains plongèrent dans les cheveux de Julian, tirant fermement pour relever son visage.
— Tu es un démon, souffla Adrien. Tu es ma damnation.
— Je suis votre valet, répondit Julian, ses yeux brillants de larmes et de désir. Utilisez-moi.
Adrien se leva brusquement, tirant Julian avec lui. Il le jeta sur le grand lit à baldaquin. Il n'y eut pas de préliminaires doux cette fois, seulement une urgence vitale. Adrien arracha sa robe de chambre, révélant une érection douloureuse qui n'attendait que ça depuis des jours.
Il retourna Julian sur le ventre, lui saisissant les poignets d'une seule main pour les maintenir dans le bas de son dos.
— Tu veux être à moi ? Tu veux que je te rappelle ta place ?
— Oui... oui, Maître ! supplia Julian, le visage écrasé dans les draps de soie, le cœur battant à tout rompre d'excitation.
D'une poigne ferme, Adrien saisit les hanches pâles de son valet. Il écarta les fesses de Julian, exposant son entrée offerte et vulnérable, et s'enfonça en lui d'un coup sec, enterrant sa longueur jusqu'à la garde en une seule poussée.
Julian cria, les doigts se crispant convulsivement sur les draps de soie, le dos brusquement cambré sous l'impact. C'était un son aigu mêlant surprise et soulagement pur. La douleur brûlante et exquise de l'intrusion était la preuve qu'il existait encore aux yeux d'Adrien. Il se sentit rempli, étiré au-delà du raisonnable, conquis par cette épaisseur familière qui écartait ses chairs sans concession.
— Tu es à moi ! grogna Adrien à chaque poussée, sa voix rauque vibrant contre la nuque de Julian. À moi ! Pas à ce monde, pas à cette maison, à moi !
Adrien baisait avec une intensité désespérée. Il imposa une cadence lourde, se retirant presque entièrement pour revenir percuter les fesses de Julian avec fracas, le claquement des peaux résonnant dans la chambre. Il cherchait à fusionner, à imprimer sa marque au plus profond des entrailles de son amant.
Julian, lui, nageait dans l'extase. Chaque passage du gland large sur sa prostate lui arrachait des gémissements incontrôlés, envoyant des ondes de plaisir électrique dans ses reins. Il se soumettait totalement, relâchant ses muscles pour mieux engainer le sexe d'Adrien, aspirant son membre à chaque mouvement de recul, ouvrant son âme autant que son corps, acceptant la domination d'Adrien comme un cadeau. Il sentait les larmes couler sur ses joues, des larmes de joie tordue. Il ne m'a pas abandonné. Il me tient.
Le rythme devint frénétique, animal. La sueur faisait glisser leurs corps l'un contre l'autre. Adrien perdit tout contrôle, ses mains parcourant le corps svelte de Julian, pétrissant ses flancs jusqu'à y laisser la trace rouge de ses doigts, marquant sa peau.
La jouissance les frappa simultanément, violente. Adrien s'ancra profondément en Julian, se figeant dans un spasme brutal. Julian sentit la verge tressauter en lui, puis le premier jet de sperme bouillant inonder ses profondeurs, suivi d'un deuxième, puis d'un troisième, le remplissant de la chaleur vivante de son maître. Ils restèrent ainsi, haletants, enchevêtrés, naufragés sur l'océan des draps froissés, liés par ce mélange intime de fluides et d'amour.
Le silence revint, mais il n'était plus froid. Il était lourd de conséquences.
Adrien resta allongé sur Julian, son poids l'écrasant confortablement, son visage enfoui dans le creux de l'épaule du valet. Il respirait l'odeur de sa peau, mêlée à celle du sexe et de la sueur.
— Je ne peux pas, murmura Adrien contre la peau moite.
Julian caressa doucement les cheveux noirs de son maître.
— Quoi donc, Maître ?
Adrien se redressa, s'asseyant au bord du lit, le dos voûté. Il ramassa une lettre qui traînait sur sa table de nuit, une lettre arrivée le matin même et qu'il n'avait pas osé mentionner.
— Le Duc... il a envoyé ses exigences ce matin. Après le mariage, il veut remanier la maison. Il exige que je renvoie tout mon personnel personnel pour le remplacer par le sien.
Julian se figea, le sang quittant son visage.
— Il veut... me renvoyer ?
— Il veut nous séparer définitivement, dit Adrien d'une voix sourde. Il se doute de quelque chose, ou il veut simplement asseoir son contrôle. Une fois marié, je n'aurai plus le pouvoir de te garder près de moi. Tu seras chassé, Julian. Et je resterai seul dans cette cage dorée avec une femme que je hais.
Adrien tourna son visage vers Julian. Il y avait une lueur nouvelle dans ses yeux gris. Une lueur dangereuse, celle d'un homme qui n'a plus rien à perdre.
— Je ne te laisserai pas partir, Julian. Je refuse de vivre une vie où je ne peux pas te posséder chaque nuit.
— Mais... le titre ? Le domaine ? demanda Julian, comprenant à demi-mot où Adrien voulait en venir.
Adrien regarda autour de lui, contemplant les tapisseries luxueuses, les meubles anciens, tout ce poids de l'héritage qui l'étouffait.
— Qu'ils brûlent, cracha-t-il. Qu'ils brûlent tous. Si être Comte signifie te perdre, alors je ne veux plus être Comte.
Il prit la main de Julian et la posa sur son cœur qui battait encore la chamade.
— Prenons un navire qui part de Marseille, peu importe sa destination. J'ai de l'or caché que mon père ne déclarait pas. Suffisamment pour une vie entière.
Adrien plongea son regard dans celui de son valet, cherchant la réponse à la question ultime.
— Serais-tu prêt à suivre un homme sans titre ? À obéir à un Maître qui n'a plus de château ?
Julian sourit, un sourire radieux à travers ses larmes séchées. Il se redressa et embrassa doucement les lèvres d'Adrien.
— Mon château, c'est vous, Adrien. Où que vous alliez, je servirai.
Adrien serra la mâchoire, la décision prise.
— Alors prépare-toi. Nous partons cette nuit. Avant l'aube, le Comte de Valois aura disparu.
Pour Julian, cette indifférence était pire que n'importe quel châtiment physique. Sa soumission avait besoin d'un maître pour exister. Sans la domination d'Adrien, il se sentait vide, inutile, flottant dans un néant affectif. Il avait besoin de sentir l'emprise, le poids de l'autorité d'Adrien pour se sentir entier.
Le quatrième soir, l'orage éclata à nouveau sur le domaine. Adrien était dans sa chambre, lisant près du feu, un verre de cognac à la main. Il portait une robe de chambre en soie noire.
La porte s'ouvrit doucement. Adrien ne leva pas les yeux.
— Je n'ai rien demandé, Julian. Va te coucher.
Julian entra quand même. Il verrouilla la porte derrière lui. Le bruit sec du verrou fit enfin lever la tête à Adrien.
— Que fais-tu ? Je t'ai donné un ordre.
Julian s'avança. Il ne tremblait pas. Il y avait dans ses yeux une détermination farouche, née du désespoir.
— Vous m'avez donné l'ordre de partir, oui. Mais vous m'avez aussi appris que je vous appartiens.
Il s'arrêta devant le fauteuil, bloquant la vue du feu.
— Un objet ne décide pas quand son maître n'a plus besoin de lui.
Adrien posa son verre avec un claquement sec.
— Ne joue pas à ça. Je fais ça pour toi.
— Vous mentez, dit doucement Julian. Vous faites ça parce que vous avez peur. Regardez-moi, Adrien.
Sans quitter son maître des yeux, Julian dénoua sa cravate. Puis il ôta son gilet.
— Arrête, prévint Adrien, sa voix perdant de son assurance.
Julian ignora l'avertissement. Il laissa tomber sa chemise. Sa peau pâle brillait à la lueur des flammes. Il était beau, tragique et offert.
— Je suis votre chose. Votre secret. Votre ombre. Si vous voulez me rejeter, faites-le. Mais pas avec de l'indifférence. Punissez-moi si je vous désobéis, mais ne m'ignorez pas.
Il tomba à genoux, se glissant entre les jambes écartées d'Adrien, posant sa tête sur la cuisse du noble.
— J'ai besoin de vous... j'ai besoin que vous me possédiez. Sinon je n'existe plus.
La digue céda.
Adrien laissa échapper un sanglot de rage impuissante. Ses mains plongèrent dans les cheveux de Julian, tirant fermement pour relever son visage.
— Tu es un démon, souffla Adrien. Tu es ma damnation.
— Je suis votre valet, répondit Julian, ses yeux brillants de larmes et de désir. Utilisez-moi.
Adrien se leva brusquement, tirant Julian avec lui. Il le jeta sur le grand lit à baldaquin. Il n'y eut pas de préliminaires doux cette fois, seulement une urgence vitale. Adrien arracha sa robe de chambre, révélant une érection douloureuse qui n'attendait que ça depuis des jours.
Il retourna Julian sur le ventre, lui saisissant les poignets d'une seule main pour les maintenir dans le bas de son dos.
— Tu veux être à moi ? Tu veux que je te rappelle ta place ?
— Oui... oui, Maître ! supplia Julian, le visage écrasé dans les draps de soie, le cœur battant à tout rompre d'excitation.
D'une poigne ferme, Adrien saisit les hanches pâles de son valet. Il écarta les fesses de Julian, exposant son entrée offerte et vulnérable, et s'enfonça en lui d'un coup sec, enterrant sa longueur jusqu'à la garde en une seule poussée.
Julian cria, les doigts se crispant convulsivement sur les draps de soie, le dos brusquement cambré sous l'impact. C'était un son aigu mêlant surprise et soulagement pur. La douleur brûlante et exquise de l'intrusion était la preuve qu'il existait encore aux yeux d'Adrien. Il se sentit rempli, étiré au-delà du raisonnable, conquis par cette épaisseur familière qui écartait ses chairs sans concession.
— Tu es à moi ! grogna Adrien à chaque poussée, sa voix rauque vibrant contre la nuque de Julian. À moi ! Pas à ce monde, pas à cette maison, à moi !
Adrien baisait avec une intensité désespérée. Il imposa une cadence lourde, se retirant presque entièrement pour revenir percuter les fesses de Julian avec fracas, le claquement des peaux résonnant dans la chambre. Il cherchait à fusionner, à imprimer sa marque au plus profond des entrailles de son amant.
Julian, lui, nageait dans l'extase. Chaque passage du gland large sur sa prostate lui arrachait des gémissements incontrôlés, envoyant des ondes de plaisir électrique dans ses reins. Il se soumettait totalement, relâchant ses muscles pour mieux engainer le sexe d'Adrien, aspirant son membre à chaque mouvement de recul, ouvrant son âme autant que son corps, acceptant la domination d'Adrien comme un cadeau. Il sentait les larmes couler sur ses joues, des larmes de joie tordue. Il ne m'a pas abandonné. Il me tient.
Le rythme devint frénétique, animal. La sueur faisait glisser leurs corps l'un contre l'autre. Adrien perdit tout contrôle, ses mains parcourant le corps svelte de Julian, pétrissant ses flancs jusqu'à y laisser la trace rouge de ses doigts, marquant sa peau.
La jouissance les frappa simultanément, violente. Adrien s'ancra profondément en Julian, se figeant dans un spasme brutal. Julian sentit la verge tressauter en lui, puis le premier jet de sperme bouillant inonder ses profondeurs, suivi d'un deuxième, puis d'un troisième, le remplissant de la chaleur vivante de son maître. Ils restèrent ainsi, haletants, enchevêtrés, naufragés sur l'océan des draps froissés, liés par ce mélange intime de fluides et d'amour.
Le silence revint, mais il n'était plus froid. Il était lourd de conséquences.
Adrien resta allongé sur Julian, son poids l'écrasant confortablement, son visage enfoui dans le creux de l'épaule du valet. Il respirait l'odeur de sa peau, mêlée à celle du sexe et de la sueur.
— Je ne peux pas, murmura Adrien contre la peau moite.
Julian caressa doucement les cheveux noirs de son maître.
— Quoi donc, Maître ?
Adrien se redressa, s'asseyant au bord du lit, le dos voûté. Il ramassa une lettre qui traînait sur sa table de nuit, une lettre arrivée le matin même et qu'il n'avait pas osé mentionner.
— Le Duc... il a envoyé ses exigences ce matin. Après le mariage, il veut remanier la maison. Il exige que je renvoie tout mon personnel personnel pour le remplacer par le sien.
Julian se figea, le sang quittant son visage.
— Il veut... me renvoyer ?
— Il veut nous séparer définitivement, dit Adrien d'une voix sourde. Il se doute de quelque chose, ou il veut simplement asseoir son contrôle. Une fois marié, je n'aurai plus le pouvoir de te garder près de moi. Tu seras chassé, Julian. Et je resterai seul dans cette cage dorée avec une femme que je hais.
Adrien tourna son visage vers Julian. Il y avait une lueur nouvelle dans ses yeux gris. Une lueur dangereuse, celle d'un homme qui n'a plus rien à perdre.
— Je ne te laisserai pas partir, Julian. Je refuse de vivre une vie où je ne peux pas te posséder chaque nuit.
— Mais... le titre ? Le domaine ? demanda Julian, comprenant à demi-mot où Adrien voulait en venir.
Adrien regarda autour de lui, contemplant les tapisseries luxueuses, les meubles anciens, tout ce poids de l'héritage qui l'étouffait.
— Qu'ils brûlent, cracha-t-il. Qu'ils brûlent tous. Si être Comte signifie te perdre, alors je ne veux plus être Comte.
Il prit la main de Julian et la posa sur son cœur qui battait encore la chamade.
— Prenons un navire qui part de Marseille, peu importe sa destination. J'ai de l'or caché que mon père ne déclarait pas. Suffisamment pour une vie entière.
Adrien plongea son regard dans celui de son valet, cherchant la réponse à la question ultime.
— Serais-tu prêt à suivre un homme sans titre ? À obéir à un Maître qui n'a plus de château ?
Julian sourit, un sourire radieux à travers ses larmes séchées. Il se redressa et embrassa doucement les lèvres d'Adrien.
— Mon château, c'est vous, Adrien. Où que vous alliez, je servirai.
Adrien serra la mâchoire, la décision prise.
— Alors prépare-toi. Nous partons cette nuit. Avant l'aube, le Comte de Valois aura disparu.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()