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✦ tounet777 Le prix de la victoire XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Le prix de la victoire — Chapitre 6

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Le prix de la victoire

Chapitre 6

Chapitre 6
Le moteur ronronnait doucement, un son sourd qui semblait amplifier le chaos silencieux à l'intérieur de la voiture. À côté de moi, Kylian était une ombre brisée. Il restait figé sur le siège passager, ses mains jointes entre ses cuisses, les phalanges blanchies par la force de sa crispation. Ses lèvres étaient encore rouges, presque douloureuses, gardant l'empreinte du baiser sauvage que je lui avais infligé sur le parking. Il ne regardait pas la route, il ne regardait rien ; il semblait simplement essayer de survivre à l'oxygène qui se raréfiait entre nous. Il venait de tourner le dos à sa vie d'avant, et l'onde de choc faisait encore trembler ses épaules.
— J'ai faim, ai-je lâché d'une voix monocorde, presque clinique. On va manger.
Je n'ai pas sollicité son avis. Je ne lui ai pas laissé le choix du lieu ni de l'heure. J'ai conduit jusqu'à un petit bistro gastronomique, niché dans une ruelle discrète. Un endroit de connaisseurs, où les lumières étaient si tamisées qu'on distinguait à peine le visage des clients à l'autre bout de la salle. Le genre de lieu où l'intimité est un luxe qu'on achète avec le silence.
Une fois installés dans un box au fond, entourés de velours sombre, la tension a changé de nature. Elle n'était plus explosive, elle était devenue lourde, visqueuse. Kylian fixait la nappe blanche avec une concentration de condamné. Le contraste était violent : son visage encore marqué par l'effort du match, sa peau luisante d'une fine pellicule de sueur séchée sous son sweat de sport, et le raffinement de ce restaurant où chaque tintement de fourchette résonnait comme un reproche.
— Commande ce que tu veux, Kylian. Tu as besoin de forces pour la suite.
Ma phrase était lourde de sous-entendus. Il a parcouru la carte sans rien lire, ses yeux verts errant sur les lignes de texte comme s'il s'agissait d'une langue étrangère. Tout au long du repas, j'ai pris un plaisir sadique à l'observer. Je parlais de sa performance sur le terrain, décortiquant ses erreurs avec une froideur de coach, avant de glisser une remarque sur la façon dont il s'était liquéfié quand j'avais levé la main vers Emma. Je le maintenais sur un fil de rasoir, entre la fierté de l'athlète et la honte de l'homme soumis. Chaque bouchée qu'il avalait semblait être un effort surhumain. Il était à moi, ici, au milieu de ces gens qui ne se doutaient de rien, totalement déconnecté du reste du monde.
Alors que le serveur débarrassait les assiettes, j'ai posé mes mains à plat sur la table. Le moment était venu.
— Donne-moi ta main droite, Kylian.
Il a tressailli. Ses yeux ont balayé la salle, cherchant une échappatoire, une excuse.
— Octavien, les gens… murmura-t-il, la voix étranglée par l'angoisse.
— Ta main. Maintenant.
Il a obéi. C'était plus fort que lui. Sa main a glissé sur la nappe, hésitante, tremblante. J'ai sorti de ma poche l'écrin noir. Le velours du boîtier a glissé sous mes doigts avant que je ne l'ouvre d'un coup sec.
À l'intérieur, le bracelet brillait d'un éclat d'acier brossé, mat et froid. Ce n'était pas une gourmette massive et grossière, mais une pièce d'une élégance redoutable : ni trop fine pour ne pas paraître fragile, ni trop épaisse pour rester discrète sous une manche. C'était un anneau de métal parfaitement équilibré, une pièce de ferronnerie moderne destinée à un seul but.
Je l'ai sorti de son écrin et j'ai fait pivoter le métal sous la lumière de la bougie.
— Regarde-le bien, Kylian.
Sur la face extérieure, les initiales O et K étaient entrelacées, gravées avec une précision chirurgicale, comme si nos deux identités se tordaient l'une autour de l'autre jusqu'à ne plus former qu'un seul symbole. Puis, je l'ai retourné, révélant la gravure intérieure, celle qui serait cachée contre ses veines, contre son pouls. En lettres capitales, nettes, définitives, on pouvait lire : TU ES ENTIÈREMENT À MOI.
Un frisson violent a parcouru son corps. J'ai pris son poignet dans ma main gauche — sa peau était brûlante contre la mienne — et j'ai refermé le bracelet. Le "clic" du fermoir a résonné comme une sentence.
— Ce n'est pas un bijou, ai-je murmuré en serrant son poignet. C'est un rappel. Partout où tu iras, quand tu marqueras, quand tu seras sous la douche, quand tu seras seul… tu sentiras ce métal froid. Tu sauras que je suis là. Tu ne l'enlèves jamais. Jamais. Est-ce que c'est clair ?
— C'est… c'est clair, balbutia-t-il, les yeux fixés sur la marque d'acier qui encerclait désormais son bras.
C'est à cet instant précis que son téléphone, posé entre nous, s'est mis à vibrer avec une rage désespérée. Le nom d'Emma s'affichait en grand, illuminant son visage blafard. Un message, puis deux, puis un appel. Elle le harcelait.
— Prends-le, ordonnai-je.
— Octavien, s'il te plaît… je…
— Lis-moi ses messages. À voix haute. Je veux entendre chaque mot de sa bouche sortir de la tienne.
D'une main qui tremblait au point de manquer de faire tomber l'appareil, il a déverrouillé l'écran. Sa voix vacillait, manquant de s'éteindre à chaque syllabe.
— Kylian, réponds-moi espèce de lâche ! … Qui c'était ce mec sur le parking ? Pourquoi tu m'as laissée là ? … Je suis devant ton appart, Kylian. Si tu ne viens pas maintenant, c'est fini, je balance toutes tes affaires !
Il s'est arrêté, une larme de pur malaise bordant ses cils. Le téléphone a vibré à nouveau. Un appel entrant d'Emma.
— Réponds, lui ai-je dicté, les yeux fixés dans les siens. Mets le haut-parleur.
Il a glissé son doigt sur l'écran. La voix d'Emma a jailli dans le calme feutré du restaurant, stridente, saturée de larmes et de colère. Elle hurlait, elle demandait des comptes, elle le traitait de fou. Kylian restait muet, le visage décomposé, son regard implorant le mien. J'étais son seul point d'ancrage, le seul maître de ce chaos.
— Dis-lui, Kylian, ai-je murmuré assez bas pour que seule la ligne capte mon souffle. Dis-lui que tu ne viendras pas. Dis-lui que c'est fini parce que tu as trouvé ta place.
Kylian a dégluti, le bruit de sa gorge serrée était presque audible.
— Emma… s'arrêta-t-il, le souffle court. Emma, rentre chez toi. Je ne viendrai pas. C'est fini. Ne cherche plus à me joindre.
Les cris à l'autre bout ont redoublé d'intensité, mais je ne l'ai pas laissé écouter la suite. J'ai pris le téléphone, j'ai appuyé longuement sur le bouton d'extinction jusqu'à ce que l'écran devienne noir, puis je l'ai glissé dans ma propre poche. Le lien était rompu. Le cordon ombilical avec sa vie passée était tranché.
— Voilà, fis-je en rangeant l'appareil. Tu n'as plus besoin d'elle. Tu n'as plus besoin de personne d'autre que moi.
Kylian a laissé tomber sa tête dans ses mains, les épaules secouées par un sanglot silencieux, une libération de tension qui le laissait exsangue. Je me suis levé, j'ai jeté des billets sur la nappe sans même regarder la somme. Je me suis approché de lui, saisissant fermement sa nuque pour le forcer à se lever. Mon visage était contre le sien, je pouvais sentir l'humidité de ses pleurs.
— On rentre, Kylian. Ta véritable éducation commence maintenant.
Je l'ai entraîné vers la sortie, ma main ne quittant pas son cou, sentant sous mon pouce le métal froid et gravé du bracelet. La nuit était immense, glaciale, et sur le parking désert, Kylian a réalisé qu'il n'avait plus nulle part où aller, sinon là où je déciderais de l'emmener.
La porte de mon appartement s'est refermée avec un claquement sec, un son lourd et définitif qui a coupé tout lien avec le monde extérieur. À l'intérieur, l'air était saturé d'une électricité statique, une tension si dense qu'elle semblait peser sur nos poitrines. Kylian se tenait là, dans l'entrée, son sac de match lourd sur l'épaule. Il ne bougeait pas, le regard fixé sur le parquet, les mains tremblantes le long du corps. Le bracelet d'acier à son poignet, avec ses initiales entrelacées et la promesse gravée à l'intérieur, brillait sous la lumière artificielle du couloir comme un sceau de propriété.
— Déshabille-toi, ai-je murmuré, ma voix roulant comme un grondement sourd. Ici. Devant moi. Je veux voir chaque centimètre de toi.
Il a obéi sans un mot. Ses doigts ont glissé sur la fermeture de son sweat, le faisant tomber au sol. Puis le jogging, le caleçon, chaque pièce de vêtement venant s'ajouter au tas informe sur le parquet. En quelques secondes, il était totalement nu, offert, vulnérable, son corps musclé et tendu sous mon regard qui l'auscultait comme un prédateur examine sa proie.
— Maintenant, enlève mes vêtements, ai-je ajouté, la voix plus basse, chargée d'une autorité calme. Je ne veux pas être le seul à être exposé. Si tu veux être à moi, tu dois me voir tel que je suis.
Il s'est approché, ses mains hésitantes effleurant les boutons de ma chemise. Il les ouvrait avec une lenteur cérémonieuse, ses yeux ne quittant pas les miens. Une fois mon torse libéré, il a fait glisser ma ceinture, libérant la tension que je retenais depuis des heures. Lorsqu'il a terminé, nous étions deux corps nus, face à face, dans le silence feutré de l'appartement. La vulnérabilité de Kylian était absolue, tandis que ma propre excitation pulsait en moi, un besoin irrépressible de marquer ma domination.
Je l'ai poussé doucement vers la chambre, le guidant par la nuque, ma main pesant fermement sur sa peau brûlante. Je l'ai fait s'agenouiller sur le lit, les mains enfoncées dans les draps, le dos magnifiquement cambré, offrant sa cambrure.
La préparation a été une torture délicieuse. J'ai saisi le flacon de lubrifiant, en versant une dose généreuse dans ma paume. J'ai étalé le produit avec une lenteur exaspérante sur son dos, descendant vers ses fesses, massant ses hanches avec une autorité possessive, mes doigts traçant des sillons dans sa peau.
— Tu sens comme ton corps m'appelle, Kylian ? murmurai-je contre son oreille, ma main, glissant entre ses cuisses pour titiller son anatomie avec une intensité contrôlée. Tu imagines ce qui va entrer ici ? Ton corps va devoir apprendre à s'ouvrir, à m'accepter entièrement.
Il gémissait, la tête rejetée en arrière, ses doigts griffant le matelas. J'ai pris le plug, je l'ai enduit de lubrifiant, et je l'ai introduit millimètre par millimètre, le forçant à s'habituer à cette intrusion. Pendant qu'il haletait, je me suis placé devant son visage, offrant mon sexe à ses lèvres. Il a compris, se jetant sur moi avec une avidité nouvelle. Ses lèvres chaudes et humides exploraient chaque centimètre de moi.
C'était une sensation enivrante : sentir la texture veloutée de sa bouche, la pression de sa langue, et le rythme qu'il tentait d'imposer. Je sentais mon désir monter, une tension électrique remontant le long de ma colonne vertébrale à chaque fois qu'il glissait sa langue sur le gland. Je dirigeais ses mouvements, attrapant ses cheveux pour cadencer sa succion, le forçant à descendre plus bas, à mieux prendre, à sentir la puissance de mon désir contre son palais. Chaque frottement de ses dents, chaque souffle chaud sur ma peau, exacerbait mon besoin de le dominer.
Quand il a été prêt, j'ai sorti le god vibrant. Je l'ai réglé sur la vitesse la plus saccadée. Chaque vibration le faisait hurler, ses gémissements devenant des cris étouffés qu'il ne cherchait même plus à dissimuler.
— Plus fort, Octavien… Je t'en supplie, je suis prêt pour toi ! criait-il.
Je me suis immobilisé. J'ai retiré mon sexe de sa bouche et je l'ai regardé droit dans les yeux, mon désir brûlant dans le regard.
— Ça y est, Kylian. Tu es enfin prêt à me recevoir. Tu vas voir ce que c'est que d'être rempli par ton maître.
Je me suis placé derrière lui, positionnant mon sexe contre l'entrée de son corps. J'ai enfoncé la tête, sentant sa résistance, sa chaleur, cette étreinte incroyable de ses muscles. Je me suis enfoncé jusqu'à la garde, lentement d'abord, le forçant à accepter chaque centimètre de mon corps en lui.
Je l'ai fait basculer dans différentes positions pour tester les limites de sa soumission. D'abord à genoux, dominant ses hanches, mes mains agrippées à ses os iliaques pour diriger la friction profonde et rythmée de nos corps. Mes mouvements étaient calculés, une incursion précise qui le faisait hoqueter à chaque fois que je touchais ses points sensibles.
Puis, je l'ai plaqué contre le matelas, jambes relevées sur mes épaules pour une pénétration plus profonde, plus sauvage, où il ne pouvait plus rien contrôler. À chaque va-et-vient, je sentais son ventre se heurter au mien dans un bruit sourd. C'était un rythme primitif, bestial, où le bruit de notre peau qui claquait résonnait contre les murs. Chaque mouvement était un dialogue de chairs, un échange de souffle haletant. J'étais en transe, savourant chaque gémissement.
Enfin, je l'ai tiré contre moi pour un face-à-face brutal. Ses jambes entouraient ma taille, ses bras s'accrochaient à mes épaules. Dans cette position, le contact était total, front contre front, nos souffles se mélangeant. Je sentais son cœur battre contre le mien, une synchronicité effrayante. Je le pénétrais avec une rage contenue, mes mains parcourant sa colonne vertébrale, pressant, marquant chaque vertèbre, comme si je voulais m'imprimer sous sa peau.
Vers la fin, je l'ai pris avec une telle vigueur que le lit en grinçait.
— Ça vient, Kylian ! Je vais te remplir comme jamais personne ne l'a fait !
Dans un spasme final, j'ai libéré tout mon désir en lui. Une décharge massive, chaude, interminable. C'était si profond que je sentais mon sperme refluer, débordant de son corps, coulant sur ses cuisses. J'ai retiré mon sexe un instant, puis, dans un mouvement brusque et autoritaire, je l'ai rentré d'un coup sec, tassant tout en lui, verrouillant ma présence au fond de son être.
Je me suis alors effondré sur le dos, haletant, le corps parcouru de spasmes résiduels. Épuisé mais souverain, j'ai levé une main vers Kylian, lui faisant un signe bref pour qu'il se rapproche. Il a rampé vers moi avec une docilité parfaite, venant s'allonger contre moi. J'ai déposé un baiser sur sa bouche, scellant notre union.
— Maintenant, ai-je chuchoté, tu es marqué à jamais. Tu m'appartiens, corps et âme.
Kylian, les yeux humides, a murmuré :
— Oui… je suis à toi. Rien qu'à toi.
Le silence dans la chambre n'est pas vide ; il est plein, lourd, saturé de l'odeur musquée de notre étreinte et du souffle saccadé de Kylian qui commence enfin à se régulariser après la tempête. Je reste allongé sur le dos, le bras pesant sur ses épaules, le sentant trembler encore très légèrement contre mon torse. Ce n'est plus le tremblement de la peur ou de l'excitation brute, mais celui de l'épuisement total, celui d'un homme qui vient de tout abandonner pour mieux se perdre en moi.
— Respire, Kylian, murmuré-je, ma voix grave résonnant contre son crâne. Tu es là. Tu es à moi.
Il pousse un long soupir, un son presque brisé, et resserre son étreinte autour de ma taille, enfouissant son visage un peu plus profondément dans le creux de mon épaule. Il ne cherche plus à se débattre. Il ne cherche plus à fuir. Il accepte. Ce contact physique, ce poids de nos corps entremêlés, est le premier ciment de sa nouvelle existence.
Je sens le métal froid du bracelet contre mon propre bras à chaque fois qu'il bouge, un rappel constant que j'ai réussi : le lien est physique, indélébile. Mes doigts parcourent son dos dans une caresse lente, hypnotique, suivant chaque muscle, chaque creux, chaque trace de cette nuit sauvage. Il est à bout de forces, les yeux clos, mais je sens qu'il ne dort pas encore. Il savoure — ou subit, peu importe — cette proximité qui l'isole du reste du monde.
— Écoute-moi bien, Kylian, reprends-je, ma voix n'étant qu'un effleurement contre son oreille. Tu es encore là ?
Il émet un petit son, un murmure indistinct qui confirme sa présence, bien que ses yeux soient clos, ses paupières battant contre ses pommettes rougies.
— Avant que tu ne tombes dans le sommeil, tu dois le dire. Tu dois nommer ce qui n'existe plus. Ta fierté, Kylian. Dis-le.
Il déglutit, son larynx bougeant sous mes doigts. Ses lèvres tremblent avant de laisser échapper, dans un souffle de résignation absolue :
— Ma fierté… je l'abandonne.
— Bien, poursuivi-je, mon ton devenant celui d'un hypnotiseur, lent et impérieux. Ton indépendance. Ta vie d'avant, tes entraînements, tes matchs, tes coéquipiers, Emma… Tout cela reste, mais cela ne t'appartient plus. Tu resteras le sportif que tu es, tu continueras le handball, tu verras tes coéquipiers, mais tu ne leur appartiendras plus jamais. Tu n'es qu'une extension de ma volonté. Tu es prêt à accepter que ce sacrifice est définitif ?
— Oui, murmure-t-il, une larme glissant sur sa tempe. C'est définitif.
Je le sens se détendre davantage. Pour parachever son isolement psychique, je commence à lui parler, un monologue hypnotique qui efface le monde extérieur. Je lui murmure que les bruits de la ville, les klaxons au loin, les souvenirs du match, les visages des gens qu'il a côtoyés, tout cela n'est que du vent, une illusion qui se dissipe. Je remplis son esprit avec la seule réalité qui compte désormais : le poids de ma main sur son épaule, la sensation métallique du bracelet serrant son poignet, le battement régulier de mon propre cœur qu'il sent contre sa poitrine.
Il dérive. Il est perdu dans un océan noir dont je suis le seul rivage. Mais alors qu'il bascule dans l'inconscience totale, un spasme de panique secoue son corps. Ses yeux s'entrouvrent, révélant une lueur de terreur pure.
— Octavien… halète-t-il, ses doigts se plantant dans mes draps. Et si… si demain je me réveille et que tout cela n'était qu'un rêve ? Si je redeviens celui que j'étais ? Je ne peux pas, je ne peux pas retourner à ce vide…
Je le serre plus fort contre moi, une étreinte qui tient à la fois du réconfort et de l'enfermement. Je sens mon pouvoir couler dans ses veines.
— Ce n'est pas un rêve, Kylian. Regarde ton poignet.
Il lève ses yeux troubles vers le bracelet, la marque froide de ma possession.
— Demain, dès que tu ouvriras les yeux, tu m'appartiendras à nouveau. Tu me le confirmeras. Tu me le prouveras par chacun de tes gestes, même quand tu seras sur le terrain avec les autres. Tu craindras plus que tout de retourner à ta vie d'avant, car tu sais maintenant que ta seule existence, ton seul but, est de m'appartenir.
Il hoche la tête, apaisé par cette cruelle certitude. Il referme les yeux, le visage lisse, totalement soumis. Je dépose un dernier baiser sur ses cheveux, scellant notre union.
— Maintenant, ai-je chuchoté, tu es marqué à jamais. Tu m'appartiens, corps et âme.
Kylian, les yeux humides, murmure une dernière fois :
— Oui… je suis à toi. Rien qu'à toi.
Je reste là, le regard perdu dans l'obscurité, conscient que le lien est désormais scellé. Je m'assoupis, le corps empli d'une jouissance froide, tandis que Kylian, désormais vide de tout ce qu'il était, reste lové contre moi dans un sommeil de pierre. Nous sommes liés par ce silence, unis par la marque, ancrés dans cette nuit qui ne doit jamais finir.
La lumière crue du matin perce à travers les rideaux, striant la chambre de rayons aveuglants qui dansent sur la peau nue de Kylian. Je suis déjà debout, habillé, adossé au chambranle de la porte, les bras croisés, observant la scène avec une satisfaction prédatrice. Kylian est là, étalé sur le lit, encore plongé dans un sommeil lourd, presque comateux, le reflet de son abandon total. Le bracelet d'acier, ce sceau de propriété, scintille à son poignet comme pour rappeler au monde qu'il n'est plus tout à fait un homme libre.
Je m'approche du lit et pose une main ferme sur son épaule pour le sortir de sa torpeur. Ses yeux s'ouvrent lentement, d'abord brumeux, puis une terreur fugitive traverse son regard avant de se transformer en une soumission docile dès qu'il croise le mien. Il se redresse, un peu perdu, ses muscles saillants sous la peau encore chaude de la nuit.
— Bonjour, Kylian, murmuré-je, ma voix aussi tranchante qu'une lame, découpant le silence matinal. As-tu bien dormi ? Ou ton esprit a-t-il tenté de s'évader dans des rêves d'indépendance ?
Il secoue la tête, les yeux baissés, une docilité parfaite émanant de tout son être.
— Je suis là… à toi. Rien qu'à toi.
Je le force à se lever. Le rituel commence. Je ne lui laisse aucune place pour ses propres besoins. Je lui impose de s'occuper de moi, de préparer mon café avec une précision millimétrée, de disposer mes vêtements sur le lit, de gérer les tâches domestiques comme s'il était mon domestique personnel. Il s'exécute sans un mot, ses mains hésitantes mais appliquées, cherchant constamment mon approbation, ses mouvements trahissant la fatigue physique de la veille, mais aussi la volonté de ne commettre aucune erreur. Chaque geste qu'il accomplit est une offrande à mon confort, une manière pour lui de réaliser que son utilité ne réside plus dans son talent de sportif, mais dans son service envers moi.
Une fois ce rituel terminé, je m'installe dans le canapé du salon. Je fais signe à Kylian d'approcher. Il s'exécute, et au lieu de le laisser au sol, je lui indique mes genoux. Il se place ainsi, assis à califourchon sur moi, sa vulnérabilité offerte, tandis que je passe mes mains autour de sa taille pour l'ancrer contre moi.
— Ton appartement, Kylian. C'est fini. Tu vas le mettre en location dès aujourd'hui. Tu déménages ici. Ton espace, ton intimité, tes anciennes habitudes… tout cela n'a plus lieu d'être. À partir de maintenant, c'est ici que tu vis, sous mes yeux, sous ma protection, sous ma loi. Tu continueras le handball, bien sûr, je ne te priverai pas de tes coéquipiers, mais ils ne sont que des distractions. Ton foyer est désormais cet appartement. Ici, je t'attends.
Il blêmit, un instant de choc traversant ses traits, mais il acquiesce, le regard fixe sur le mien.
— Oui, Octavien. Je le ferai aujourd'hui.
Au même instant, son téléphone vibre sur la table basse. L'écran s'allume, affichant le nom d'un de ses coéquipiers. Je lui fais signe de prendre l'appareil et de mettre le haut-parleur. Il s'exécute, son cœur battant si fort contre ma poitrine que je peux en sentir les pulsations. Son coéquipier insiste pour une soirée ce soir, une fête où tout le groupe sera réuni. Kylian hésite, son regard cherchant le mien. Je lui intime l'ordre d'accepter.
— Tu iras à cette soirée, dis-je une fois l'appel terminé, un sourire froid aux lèvres. Mais tu ne seras jamais vraiment avec eux. Toutes les trente minutes, pas une de plus, pas une de moins, tu m'appelleras. Tu me rendras compte de chaque verre, de chaque interaction, de chaque regard. Si tu oublies, si tu dépasses une seule minute, les conséquences seront… mémorables.
Kylian semble étouffer sous le poids de cette directive, mais il s'incline, le poids de cette chaîne invisible pesant désormais sur sa carrière entière.
— Toutes les trente minutes… Je n'oublierai pas.
Enfin, je le laisse se préparer pour l'entraînement. Il doit porter le bracelet sous sa tenue, une présence froide contre sa peau qui lui rappellera, à chaque plongeon, chaque tir, que malgré ses prouesses, il n'est qu'une extension de moi-même. Il doit m'envoyer un message codé dès son arrivée au vestiaire pour prouver qu'il a intégré sa condition.
Il se lève, s'habille, et se tourne vers moi une dernière fois. Il est devenu exactement ce que je voulais : une âme conquise, un corps dévoué, un esprit qui, même au milieu de ses coéquipiers, ne cherchera que mon signal.
La journée ne commence pas par le repos, mais par une discipline implacable. Pour moi, le sport n'est pas une échappatoire ; c'est un prolongement de l'emprise que j'exerce sur lui. Dès l'aube, le ton est donné : Kylian n'est plus qu'une ombre, un serviteur dont chaque mouvement est calibré pour me satisfaire. Je quitte l'appartement le premier, le laissant seul pour qu'il aille à son propre entraînement. Pendant que je me dépense dans ma salle privée, loin de son agitation, je savoure la certitude qu'il est en train de se fragmenter.
Je l'imagine dans les vestiaires. Ils ont appris pour sa rupture avec Emma. Je peux presque entendre leurs voix, ce mélange de curiosité mal placée et de fausse compassion qui pollue l'air autour de lui. Il doit encaisser leurs questions, subir leur intérêt pour sa vie privée, tout en portant en lui le secret de sa nouvelle condition. Après l'entraînement, il doit se rendre à son appartement. Je l'imagine, seul au milieu de ses trophées, commençant à vider ses placards, réalisant que chaque objet mis en carton est un pas de plus vers sa nouvelle prison.
La nuit tombe. Je suis installé dans mon salon, un verre de vin à la main, observant l'horloge avec une patience prédatrice. Il est parti à cette soirée. À 21h00 précises, le téléphone vibre. Je décroche.
— Octavien, je suis arrivé. Ils m'ont acculé dès mon entrée. Ils ont appris pour Emma. Ils n'arrêtent pas de demander pourquoi ça a fini si brutalement.
Je bois une gorgée de vin, laissant le silence planer.
— C'est une excellente occasion de tester ta loyauté, Kylian. Tu sais quoi leur répondre.
— Ils sont insistants. Ils veulent savoir si j'ai quelqu'un d'autre dans ma vie. Ils pensent que c'est pour ça que j'ai changé.
— Alors dis-leur, Kylian. Dis-leur que tu as rencontré quelqu'un de différent. Quelqu'un qui te fait voir les choses sous un jour nouveau. Tu as le droit de boire et de t'amuser avec eux, mais n'oublie jamais à qui tu appartiens. Ton corps est là-bas, mais ton esprit est ici, avec moi.
À 21h30, le second appel arrive.
— Parle.
— J'ai fait ce que tu as dit. J'ai dit que j'avais rencontré quelqu'un de spécial, de très différent. Ils sont encore plus curieux maintenant. Ils veulent un nom, un visage. Je sens le bracelet contre ma peau. Ça me brûle, Octavien. J'ai envie de rentrer.
— Tu restes. Sois méprisant envers leur curiosité s'ils insistent trop. Ton détachement est ta meilleure arme de soumission. Ils ne doivent jamais soupçonner que tu es à mes genoux.
À 22h00, il est réfugié dans une pièce adjacente.
— Octavien, c'est insupportable. Ils continuent de poser des questions sur cette personne. Ils disent que je ne suis plus le même depuis que je l'ai rencontrée. Je me sens comme un imposteur devant eux, alors qu'ils ne savent pas la vérité.
— Tu n'es pas un imposteur, tu es un homme marqué. Sois froid. Laisse-les imaginer ce qu'ils veulent. Plus ils s'interrogeront, plus tu te détacheras d'eux, et plus tu te rapprocheras de moi.
À 22h30, l'appel est plus court, haletant.
— Octavien… ils insistent pour que je rejoigne le groupe. Je ne veux pas être touché par un autre, je ne veux pas être là-bas. Je ne veux appartenir qu'à toi.
— C'est exactement ce que je voulais entendre. Reste encore une heure. Je veux que tu sois totalement épuisé par cette mascarade avant de revenir ici, à mes pieds. Tu dois ressentir le besoin viscéral de mon appartement. Ta place est chez moi, nulle part ailleurs.
Je pose le téléphone. Chaque minute passée à cette fête est une torture psychologique que j'orchestre avec une précision chirurgicale. Il apprend par la douleur du contraste que le seul endroit où il peut enfin se reposer, c'est sous ma domination totale.
Fin du chapitre 6.
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