Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'Homme aux cheveux gris — Chapitre 1 · Première rencontre
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'Homme aux cheveux gris
Chapitre 1 · Première rencontre
— Alix, dépêche-toi de poser tes affaires et d'enfiler ton maillot, la piscine nous attend ! crie Olivia avant de me passer devant, la clé de sa chambre en main.
Son empressement m'arrache un petit rire, mais j'obéis aussitôt et insère ma propre clé dans la porte en face de moi. Je pousse la porte et découvre avec plaisir la chambre dans laquelle je vais passer les deux prochaines semaines. Nous y voilà enfin.
Deux semaines de pure détente dans un magnifique hôtel en Grèce, sur les côtes de Corfou. Le tout premier voyage à deux de notre vie à Olivia, ma meilleure amie, et moi. Elle a fêté ses 18 ans en janvier, moi en avril ; et c'est le bac tout juste en poche qu'en ce début juillet, nous sommes montées à bord d'un avion depuis Paris Charles de Gaulle, direction la liberté et la chaleur de l'été.
Une dizaine de minutes plus tard, nous émergeons dans la cour arrière de l'hôtel. Celle-ci est immense, bordée de hauts palmiers qui projettent leurs ombres sur les pavés blancs. Au centre, l'objet de notre intérêt : une longue piscine d'un bleu turquoise, autour de laquelle de nombreuses chaises longues, protégées par des parasols, sont occupées.
Toutes deux vêtues de bikinis sobres, qui révèlent l'essentiel de nos corps nubiles, nous nous approchons de deux chaises encore libres avant d'y poser nos affaires. Aussitôt fait, Olivia commence à s'avancer vers le bassin.
— Attends, aide-moi à mettre de la crème solaire ! je tente de l'interrompre.
— Débrouille-toi ma grande ! elle répond en riant avant que son corps gracile ne disparaisse sous la surface limpide.
— Débrouille-toi ma grande ! elle répond en riant avant que son corps gracile ne disparaisse sous la surface limpide.
Les sourcils froncés, je me hâte d'attraper mon tube de crème et commence à en étaler sur chaque centimètre de ma peau diaphane. C'est là l'un des plus gros désavantages de ma rousseur : je paye mes cheveux flamboyants au prix d'un épiderme extrêmement pâle, apte à rougir au moindre petit rayon de soleil. Soigneusement, je couvre chaque partie que je peux, mais je peine à atteindre mon dos. J'en étais là, à me contorsionner du mieux possible lorsqu'une voix masculine interrompt mes manœuvres.
- May I help you ?
Je me tourne vers la gauche, posant les yeux sur l'homme occupant la chaise à côté de la mienne. La première chose que je remarque, c'est son sourire. Un sourire chaleureux, bienveillant, encadré d'une barbe de quelques jours bien entretenue, d'un gris souris uniforme. Un sourire qui fait apparaître de petites rides aux côtés de deux yeux bruns d'une intensité étonnante.
Mes pensées vont à toute vitesse alors que je l'analyse. Il semble avoir une bonne cinquantaine, peut-être même une petite soixantaine bien conservée. Il est torse nu, en short de bain, et son corps paraît extrêmement ferme et bien ciselé pour son âge. Ses cheveux poivre et sel sont plaqués en arrière, encore humides probablement d'une dernière baignade. Je sens mes joues se colorer de rose alors que je réalise que l'homme en face de moi est extrêmement charismatique. Il me propose son aide pour étaler la crème solaire, et je n'ai besoin que d'une petite seconde avant de répondre.
- Yes, sure, thank you.
Ma voix est timide alors que je lui rends son sourire, une seconde avant de lui tourner le dos pour lui présenter le reste de ma peau en manque de produit. Un tout petit instant plus tard, je le sens s'installer à mes côtés sur la chaise longue et il s'empare du tube posé là. Ma respiration se bloque dans ma poitrine quand je sens ses mains se poser sur mes omoplates. Des mains chaudes, larges, qui couvrent aisément la surface de mon dos exposé. Son toucher est ferme et délicat, et je sursaute presque lorsqu'il descend vers le creux de mes reins, l'une des zones les plus érogènes de mon anatomie, m'arrachant par la même occasion un irrésistible frisson.
- Et voilà ! dit-il alors avec un accent anglais plutôt prononcé.
Il retire ses mains de mon dos et je me retourne pour lui faire face alors qu'il regagne sa place. Je lui adresse un sourire pudique, murmurant un petit « Merci beaucoup » avant de me lever pour rejoindre Olivia. Alors que j'avance vers la piscine, j'ai l'impression de sentir le regard de cet homme inconnu sur mon dos et cette simple pensée réchauffe dangereusement quelque chose à l'intérieur de moi.
***
— Non, mais quand je repense à ce vieux que t'as laissé te tripoter, là, beurk !
Olivia est en boucle là-dessus depuis la fin d'après-midi, et même maintenant qu'il est 21 heures et que nous dînons au restaurant de l'hôtel, elle y revient encore.
— J'avais vraiment besoin de crème solaire et tu m'as laissée tomber, je tente de me défendre.
— Mais quand même ! J'aurais jamais laissé un mec pareil me toucher. A cet âge-là, qui sait quelles pensées il peut avoir devant des filles comme nous !
— Mais quand même ! J'aurais jamais laissé un mec pareil me toucher. A cet âge-là, qui sait quelles pensées il peut avoir devant des filles comme nous !
Je ne réponds pas et sirote mon cocktail lentement, le regard dans le vide. Il est vrai que j'ai moi-même questionné, après coup, la décence de ces quelques instants. Est-ce qu'il a proposé de m'aider uniquement pour être gentil ? Peut-être de la manière que le ferait un père pour sa fille ? Ou est-ce que c'est Olivia qui a raison, et que c'était une simple excuse pour toucher mon corps ? Après tout, il n'a pas eu de geste déplacé. Il s'est contenté d'étaler la crème, sans insister trop longtemps, ni descendre trop bas...
Le repas terminé, nous repassons par nos chambres pour nous changer avant de nous rendre au club situé à peine plus loin dans la rue. Olivia est vêtue d'une robe rose échancrée à manches longues, qui met parfaitement en valeur son corps de sportive assidue, et j'ai opté sur ses conseils pour une jupe courte en jean et un haut bustier blanc, qui flatte ma poitrine sans en faire trop. Ainsi parées, nous nous dirigeons vers le bâtiment à quelques minutes de marche, dans l'optique de démarrer nos vacances comme il se doit.
Cela fait au moins deux ou trois heures que nous sommes là, occupées à danser sur la piste de danse comme seules deux filles qui vivent la première vraie aventure de leur vie savent le faire. C'est la toute première fois que je mets les pieds en boîte de nuit, et la seconde fois pour Olivia. Plus que jamais, nous ressentons notre majorité tout juste acquise, les études supérieures qui vont débuter en septembre et la vie d'adulte qui s'ouvre à nous dans toute sa liberté. On se sent belles, on se sent vivantes : on danse comme s'il n'y avait que nous, boostées par les quelques verres qu'on a bus au passage entre deux chansons qui nous parlaient moins. D'ailleurs, il va être temps d'en reprendre un.
Je fais signe à Olivia que je vais nous rechercher à boire et je me faufile à travers les corps insouciants en direction du bar. Je me dis que je peux en profiter pour faire un petit tour aux sanitaires et tourne à droite, partant à leur recherche. J'arrive alors dans ce qui me semble être une espèce de « coin VIP », dans lequel il y a des canapés en cercle, qui entourent des petites tables couvertes de bouteilles, et qui sont séparés les uns des autres par des demi-murs. J'allais passer devant sans trop y faire attention lorsque soudainement, je croise son regard.
Il est là, à quelques mètres de moi, assis sur l'un de ces canapés. Vêtu d'un pantalon de costume et d'une chemise blanche, en train de siroter un verre en compagnie de quelques hommes de son âge. Je le vois et il me voit, lui aussi. Même d'ici, dans la lumière très tamisée du club, je vois le sourire qui se dessine sur ses lèvres. Sans savoir pourquoi, je panique un petit peu et fonce aux toilettes que je repère un peu plus loin.
Sa présence me trouble profondément. Ce parfait inconnu qui a peut-être trois fois mon âge me met dans un état profondément déroutant. Il a au moins 40 ans de plus que moi, quel est mon problème ? Pourquoi son sourire m'a-t-il donné envie de me mettre soudainement à sourire moi aussi, à marcher plus lentement et à me cambrer un peu en passant devant lui ? Ces réflexions me hantent alors que je fais rapidement ce que j'ai à faire avant de ressortir de là, perdue dans mes pensées.
Peut-être un peu trop perdue puisque je heurte soudainement quelqu'un. Me confondant aussitôt en excuse, je lève la tête et mon cœur loupe un petit battement. Monsieur Sourire-Et-Cheveux-Gris en personne, juste devant moi. Je cligne des yeux à plusieurs reprises pour essayer de reprendre le contrôle sur le trouble que je ressens instantanément. Au bout de quelques secondes, je relève la tête, j'ose le regarder dans les yeux et l'intensité de son regard me fait perdre mes moyens.
Je dois me rendre à l'évidence : cet homme est loin de me laisser indifférente. Si je n'ai jamais franchi le cap avec aucun garçon du lycée, j'ai déjà lu des livres, regardé des vidéos. Je sais reconnaître cette sensation au bas de mon ventre, celle qui me pousse, le soir, à glisser une main aventureuse sous ma couverture, en direction de mes cuisses. Reprends-toi, Alix, ça pourrait être ton père, et presque ton grand-père !
Mais je n'arrive pas à me reprendre. Nous restons là, l'un en face de l'autre, mon regard rivé au sien. Le même foutu sourire plane sur ses lèvres, avec quelque chose de plus subtil cette fois, peut-être moins chaleureux, plus... entendu. Je repense à ma conversation avec Olivia, mais rien dans son attitude ne me semble carnassier ou déplacé. Il semble plus... Amusé par la situation qu'autre chose. Comme s'il sentait mon trouble, comme s'il savait quelles pensées me tourmentaient depuis notre rencontre de l'après-midi.
Je ne sais pas si c'est l'alcool qui aide, mais mes pensées assument beaucoup plus l'impression qui m'a envahie lorsqu'il a proposé de m'aider, au bord de la piscine : il est extrêmement attirant. Son visage semble marqué par l'expérience, tout chez lui évoque le calme et une assurance tranquille. Je ne peux m'empêcher de penser qu'un homme de son âge doit savoir s'y prendre, avec les femmes...
Je sens que mon corps me trahit, que mon regard exprime mes pensées plus que je ne le voudrais, parce que son sourire est maintenant encore plus amusé. On ne dit pas un mot, mais on ne se lâche pas pour autant du regard. Soudainement, il pose une main sur mon bras nu et me décale légèrement, juste à temps pour m'éviter de me faire bousculer par une fille complètement ivre qui passait à côté de moi. Je regarde sa main restée sur mon bras, qui m'électrise totalement, et un frisson parcourt mon corps.
Lorsque je relève les yeux vers lui, je vois que dans son regard flotte une hésitation silencieuse, comme s'il attendait que la décision vienne de moi. Je sens que je peux m'échapper, qu'il n'attend qu'un signe de ma part pour me laisser filer sans aucun regret, qu'il ne souhaite rien tenter de lui-même. Je ne perçois rien de graveleux dans son approche, rien de malsain. Il semble surtout comprendre que je ressens une attirance que je ne m'explique pas, et dorénavant ses yeux me posent cette question : est-ce que j'ai le courage de l'assumer ?
De longues secondes passent.
Oui.
Oui, j'ai le courage.
Sans réfléchir plus longtemps, je fais un pas vers lui. Il semble percevoir la lueur dans mon regard, celle qui indique que je me suis décidée, et sa main glisse délicatement de mon bras au bas de mon dos pour recevoir mon corps, pour l'accueillir au plus près du sien. Au milieu de la foule, qui semble ne plus exister durant ces quelques instants, je lève un bras pour le passer autour de son cou et je me laisse guider. Je le laisse poser sa seconde main sur ma joue, dans un geste extrêmement doux et ferme à la fois, mais ce sont mes lèvres qui viennent timidement chercher les siennes.
Puis on s'embrasse. Sans plus de réflexion, sans se soucier des peut-être 40 ans qui nous séparent. A cet instant, mon attirance pour lui n'a pas le moindre souci de son âge. Je suis dans les bras d'un homme profondément magnétique et rassurant, contre lequel je me sens toute petite, toute fragile, et j'adore ça. J'adore sa bouche qui découvre la mienne avec curiosité d'abord, avec plus de ferveur ensuite lorsqu'il sent à quel point je suis réceptive. C'est même moi qui glisse ma langue contre sa lèvre inférieure, qui vient le chercher, le provoquer.
Je perds tous mes moyens. Il m'embrasse avec tellement de délicatesse et de sensualité, je me sens enivrée et exaltée. Ce baiser fait naître une chaleur brûlante au creux de mon ventre et à cet instant précis, une pensée inopinée traverse mon esprit : si je dois perdre ma virginité, je veux que ce soit avec lui.
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Commentaires ()
En espérant que tu compte écrire une suite à ce balbutiement érotique
C'est fin, délicat, le temps de la mise en place est long mais terriblement bon, précis comme une caresse.
Vivement la suite de cette petite merveille.
Merci pour le partage.