00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ Ombre9 Le jardin d’Emilie XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Bi Orientation principale dans ce chapitre

Le jardin d’Emilie — Chapitre 4

19 minutes
12.3k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de Ombre9
Ombre9
Histoires publiées
12
Abonnés
90
J'aime cumulés
1.4k

Le jardin d’Emilie

Chapitre 4

La chaleur de leur étreinte retomba lentement, laissant place à une fraîcheur presque brutale dans le bureau de Sarah. Le silence s’installa, épais, chargé de ce qui venait de se passer.
Sans un mot d’abord, dans un ballet de gestes encore maladroits, ils commencèrent à se rhabiller.
Emy se nettoya avec un mouchoir, un geste machinal, presque clinique, comme si elle tentait d’effacer la preuve physique mais pas la sensation.
Rien n’y faisait. Son corps, lui, n’oubliait pas.
Romain reboutonnait son pantalon sans la quitter des yeux. Son regard glissait sur elle avec une gourmandise à peine contenue, un feu encore vivant.
— Tu trembles, murmura-t-il.
— Ne t’en fais pas pour moi, répondit-elle en relevant le menton.
Je sais très bien ce que je fais.
Un sourire lent étira les lèvres de Romain.
— C’est justement ce qui me plaît.
Ils se dirigèrent ensemble vers la sortie. Romain tenait enfin la bague entre ses doigts. Le prétexte.
La seule chose qui, en apparence, justifiait encore leur présence commune.
La chaleur de leur étreinte retomba lentement, laissant place à une fraîcheur presque brutale dans le bureau de Sarah.
Le silence s’installa, épais, chargé de ce qui venait de se passer.
Sans un mot d’abord, dans un ballet de gestes encore maladroits, ils commencèrent à se rhabiller.
Emy se nettoya avec un mouchoir, un geste machinal, presque clinique, comme si elle tentait d’effacer la preuve physique mais pas la sensation.
Rien n’y faisait. Son corps, lui, n’oubliait pas.
Romain reboutonnait son pantalon sans la quitter des yeux. Son regard glissait sur elle avec une gourmandise à peine contenue, un feu encore vivant.
— Tu trembles, murmura-t-il.
— Ne t’en fais pas pour moi, répondit-elle en relevant le menton. Je sais très bien ce que je fais.
Un sourire lent étira les lèvres de Romain.
— C’est justement ce qui me plaît.
Ils se dirigèrent ensemble vers la sortie. Romain tenait enfin la bague entre ses doigts. Le prétexte.
La seule chose qui, en apparence, justifiait encore leur présence commune.
Avant qu’il ne franchisse la porte, Emy l’attrapa brusquement par le col.
— Ne crois pas que c’est toi qui m’as fait perdre le contrôle, souffla-t-elle.
Elle l’embrassa une dernière fois. Ce n’était pas une caresse.
Elle lui mordit les lèvres avec une intensité sauvage, brève, tranchante. Romain laissa échapper un souffle court, surpris, puis, conquis.
— Message reçu, dit-il à voix basse.
Elle le relâcha sans un mot.
Il lui adressa un dernier sourire provocateur avant de disparaître dans la nuit, sous une pluie enfin apaisée.
Seule dans le bâtiment silencieux, Emy rangea le bureau de Sarah. Elle ramassa les dossiers, replaça l’ordinateur, redressa les chaises. Aucun indice ne devait subsister.
Le chaos charnel venait d’être effacé avec une efficacité presque troublante.
Elle termina son propre travail sans vraiment le voir, son esprit refusant de revenir sur les gestes, les images. Pourtant, son corps se souvenait encore de la pression de mains masculines sur ses fesses,
de l’odeur de Romain restée accrochée à sa peau.
Elle verrouilla les portes, chassa l’image de Thomas de son esprit, et prit la route à vingt-trois
heures.
Lorsqu’elle tourna la clé dans la serrure de sa maison, le calme du foyer l’enveloppa aussitôt, doux, rassurant.
Dans le salon, Thomas s’était endormi sur le canapé, un match de foot encore en pause à l’écran, la tête basculée en arrière.
Sur le tapis, son fils aîné était toujours là, les yeux rivés sur la télévision.
— Maman, t’as raté le meilleur ! chuchota-t-il avec excitation. Les tirs au but étaient incroyables.
Emy sourit.
Elle s’agenouilla, l’embrassa tendrement sur le front.
— Je regarderai le résumé avec toi demain.
Elle déposa ensuite un baiser léger sur la joue de son mari endormi.
— Rentre au lit, mon amour, murmura-t-elle.
Sous la douche, l’eau chaude effaça peu à peu les traces de Romain : la sueur, son parfum, son passage.
Elle observa ses longues jambes, son corps nu dans le miroir embué. Ses cicatrices de mère de deux enfants lui semblèrent soudain plus visibles, plus vraies.
La culpabilité l’effleura.
Elle la repoussa aussitôt.
Ce jardin-là était le sien.
Secret.
Inaccessible.
Personne n’avait besoin de savoir.
Pas même Sarah.
Elle redescendit, se servit un reste de dîner et appela doucement son fils.
— Allez, au lit maintenant. Il est tard.
— J’arrive, répondit-il en bâillant.
Thomas se réveilla en sursaut lorsqu’elle passa près de lui. Il cligna des yeux, encore embrumé.
— Déjà là ? murmura-t-il. Tu es superbe, Emy… vraiment.
Elle sourit, sincèrement cette fois.
— Viens dormir.
Il se leva péniblement et monta à l’étage. Emy resta seule dans la cuisine, assise dans le silence
retrouvé.
Une pensée, une seule, traversa son esprit. Impudique. Brûlante.
Le souvenir de Romain dans sa bouche.
Avait-il aimé ?
Avait-elle été à la hauteur de ce mâle dominant ?
Elle secoua légèrement la tête, un sourire intérieur aux lèvres.
Peu importe.
C’était bon.
Mais c’était terminé.
Le temps reprit son cours, immuable et rassurant. Les semaines se transformèrent en mois, emportant avec elles l’humidité de l’hiver bordelais pour laisser place aux premières douceurs du
printemps.
Sarah, de retour au bureau le mardi suivant l'incident, avait été d'une discrétion exemplaire.
Lorsqu'Emy lui avait rendu la bague en mentionnant simplement que le "prestataire" (elle avait soigneusement évité de nommer Romain) était passé, Sarah l'avait serrée dans ses bras, soulagée
que son amie n'ait pas jugé son écart de conduite.
Emy, de son côté, n'avait rien dit.
Elle écoutait les potins de l'open-space avec un détachement
nouveau, portant son secret comme un bijou invisible sous son chemisier.
Romain ne donna aucune nouvelle. Pas un message, pas un appel, pas même un mail professionnel.
Au début, Emy se sentit soulagée ; c’était exactement ce qu’elle voulait.
Mais au bout de deux mois,le silence commença à peser. Ce n'était pas de la tristesse, mais un manque physique.
Parfois, en pleine réunion, elle sentait le fantôme de ses mains sur ses hanches, ou le souvenir de son parfum boisé qui flottait dans son esprit sans prévenir.
Elle regardait Thomas, son mari parfait, et elle l'aimait toujours autant, mais une partie d'elle-même semblait être restée verrouillée dans ce bureau étroit avec l'autre.
L'été pointait son nez.
Les jardins de Bordeaux se coloraient, et avec la chaleur revenait une
certaine langueur.
— « Tu as vu la note de service ? » demanda Sarah en s'asseyant sur le coin du bureau d'Emy.
« Le séminaire annuel est fixé pour la deuxième semaine de mai. On part sur le Bassin d'Arcachon. »
Emy soupira en rangeant ses dossiers.
— « Une semaine entière ? Ça m'embête de laisser les enfants et Thomas autant de temps.
L'organisation va être un enfer. »
— « Oh, arrête ! » rigola Sarah. « Thomas gère très bien, et la nounou est là. C'est le Cap Ferret,Emy ! Des huîtres, du vin blanc, le soleil sur la peau et des soirées sur la plage. Ça va nous faire un
bien fou de sortir de ces murs. »
Emy sourit, malgré elle. C’était vrai que l’idée du Bassin, avec ses odeurs de pin et de sel, était séduisante. Mais au fond de son ventre, une petite étincelle se ralluma.
Un séminaire de cette importance regroupait tous les partenaires, les actionnaires et les agences de communication de la
région.
Elle ne se l'avouait pas encore, mais en notant les dates dans son agenda, ses mains magnifiques tremblèrent imperceptiblement. Et si Romain était là ?
L'idée qu'il puisse la voir dans ce cadre idyllique, loin du sérieux du bureau, fit battre son cœur un peu plus vite.
Elle ferma son ordinateur.
Elle était heureuse, sa vie était parfaite. Mais alors qu'elle s'apprêtait à rentrer chez elle, elle se regarda dans la vitre : elle était cette belle fleur de mai, prête à éclore à nouveau sous un soleil plus
brûlant que celui de l'hiver.
L’arrivée au Cap Ferret fut un choc sensoriel.
Dès qu’Emy descendit de la voiture, l’odeur des pins chauffés par le soleil et les embruns du Bassin vinrent la saisir. L’air était salin, vibrant, presque vivant. Elle inspira profondément, comme si ce
lieu pouvait laver quelque chose en elle.
Elle était rayonnante.
Elle portait une robe d’été légère, blanche et fleurie, qui soulignait la finesse de sa taille et la courbe
généreuse de sa poitrine.
Un large chapeau de paille ombrageait son visage, lui donnant un air de star de cinéma en vacances.
Ses longues jambes étaient sublimées par des sandales dorées, et chacun de ses pas sur le bois chaud
de la jetée de l’hôtel semblait capter la lumière.
Sarah l’avait prévenue : elle ne rejoindrait le séminaire que jeudi, retenue par un dossier urgent.
Emy se retrouvait donc seule pour les deux premiers jours.
Une sensation étrange, mêlée de liberté grisante et d’appréhension sourde.
Après avoir déposé ses bagages dans sa suite avec vue sur l’eau, elle se rendit au cocktail de
bienvenue, organisé au bord de la piscine à débordement.
La faune habituelle était là : cadres en lin clair, actionnaires échangeant chiffres et sourires sous les
parasols.
Ses yeux balayèrent la foule presque malgré elle, cherchant une silhouette familière, une carrure
athlétique, un regard sombre.
Mais Romain était invisible.
Un peu étourdie par le brouhaha et le champagne tiède, Emy décida de s’éclipser. Elle avait besoin
de silence.
Elle abandonna ses sandales pour marcher pieds nus dans le sable fin et s’éloigna vers une portion
plus sauvage de la plage.
Le soleil déclinait lentement, embrasant le ciel de nuances orangées et mauves. Le vent se levait,
faisant battre le tissu de sa robe contre ses fesses rebondissantes. Le sel se déposait déjà sur sa peau.
C’est alors qu’elle l’aperçut.
À une vingtaine de mètres, un homme marchait face à l’océan.
Il devait mesurer autour d’un mètre quatre-vingts, une stature imposante mais souple, parfaitement
à l’aise dans cet environnement.
Il portait une chemise noire légèrement entrouverte, révélant des bras développés et une peau ébène.
Son pantalon beige, léger, flottait au rythme du vent.
À son poignet, une montre massive captait les derniers reflets du jour. Une barbe sombre et bien
entretenue encadrait un visage aux traits réguliers, profondément masculins.
Ce n’était pas le genre d’homme sur lequel Emy se serait retournée d’ordinaire. Il dégageait quelque
chose de trop brut, de trop sûr de lui. Et pourtant…
Lorsque leurs chemins se croisèrent, leurs regards s’accrochèrent.
L’homme s’arrêta.
Il lui adressa un sourire. Un sourire franc, éclatant, presque déstabilisant, qui illuminait tout son
visage.
Un de ces sourires capables de faire vaciller même les certitudes les mieux ancrées.
— Bonjour, lança-t-il d’une voix chaude, portée par le vent.
— Bonsoir…, répondit Emy, légèrement déstabilisée.
Un silence s’installa. Pas un silence vide. Un de ceux où les mots deviennent inutiles. Emy sentit un
frisson parcourir ses épaules nues, et ce n’était pas à cause de la fraîcheur du soir.
Dans le regard de cet inconnu brillait une curiosité amusée, presque troublante, comme s’il
percevait en elle quelque chose qu’elle croyait soigneusement enfoui.
Sans ajouter un mot, il inclina légèrement la tête, puis reprit sa marche le long de l’eau.
Emy resta immobile quelques secondes, observant sa silhouette s’éloigner sur le sable, avalée peu à
peu par les couleurs du crépuscule.
Elle ne savait pas encore que cet homme s’appelait Joe.
Ni qu’il était sur le point de transformer son séminaire paisible en un véritable champ de bataille
émotionnel.
Lorsqu’elle regagna sa chambre, son cœur battait de façon irrégulière. Elle pensa à Thomas. Elle
pensa à Romain.
Mais c’était le sourire de cet inconnu à la chemise noire qui refusait obstinément de quitter ses
pensées. Avant qu’il ne franchisse la porte, Emy l’attrapa brusquement par le col.
— Ne crois pas que c’est toi qui m’as fait perdre le contrôle, souffla-t-elle.
Elle l’embrassa une dernière fois. Ce n’était pas une caresse. Elle lui mordit les lèvres avec une
intensité sauvage, brève, tranchante. Romain laissa échapper un souffle court, surpris — puis
conquis.
— Message reçu, dit-il à voix basse.
Elle le relâcha sans un mot.
Il lui adressa un dernier sourire provocateur avant de disparaître dans la nuit, sous une pluie enfin
apaisée.
Seule dans le bâtiment silencieux, Emy rangea le bureau de Sarah. Elle ramassa les dossiers, replaça
l’ordinateur, redressa les chaises. Aucun indice ne devait subsister. Le chaos charnel venait d’être
effacé avec une efficacité presque troublante.
Elle termina son propre travail sans vraiment le voir, son esprit refusant de revenir sur les gestes, les
images. Pourtant, son corps se souvenait encore de la pression de mains masculines sur ses fesses,
de l’odeur de Romain restée accrochée à sa peau.
Elle verrouilla les portes, chassa l’image de Thomas de son esprit, et prit la route à vingt-trois
heures.
Lorsqu’elle tourna la clé dans la serrure de sa maison, le calme du foyer l’enveloppa aussitôt, doux,
rassurant. Dans le salon, Thomas s’était endormi sur le canapé, un match de foot encore en pause à
l’écran, la tête basculée en arrière.
Sur le tapis, son fils aîné était toujours là, les yeux rivés sur la télévision.
— Maman, t’as raté le meilleur ! chuchota-t-il avec excitation. Les tirs au but étaient incroyables.
Emy sourit.
Elle s’agenouilla, l’embrassa tendrement sur le front.
— Je regarderai le résumé avec toi demain.
Elle déposa ensuite un baiser léger sur la joue de son mari endormi.
— Rentre au lit, mon amour, murmura-t-elle.
Sous la douche, l’eau chaude effaça peu à peu les traces de Romain : la sueur, son parfum, son
passage. Elle observa ses longues jambes, son corps nu dans le miroir embué. Ses cicatrices de mère
de deux enfants lui semblèrent soudain plus visibles, plus vraies.
La culpabilité l’effleura.
Elle la repoussa aussitôt.
Ce jardin-là était le sien.
Secret.
Inaccessible.
Personne n’avait besoin de savoir. Pas même Sarah.
Elle redescendit, se servit un reste de dîner et appela doucement son fils.
— Allez, au lit maintenant. Il est tard.
— J’arrive, répondit-il en bâillant.
Thomas se réveilla en sursaut lorsqu’elle passa près de lui. Il cligna des yeux, encore embrumé.
— Déjà là ? murmura-t-il. Tu es superbe, Emy… vraiment.
Elle sourit, sincèrement cette fois.
— Viens dormir.
Il se leva péniblement et monta à l’étage. Emy resta seule dans la cuisine, assise dans le silence
retrouvé.
Une pensée, une seule, traversa son esprit. Impudique. Brûlante.
Le souvenir de Romain dans sa bouche.
Avait-il aimé ?
Avait-elle été à la hauteur de ce mâle dominant ?
Elle secoua légèrement la tête, un sourire intérieur aux lèvres.
Peu importe.
C’était bon.
Mais c’était terminé.
Chapitre 8 : L’Écho du Bassin
Le temps reprit son cours, immuable et rassurant. Les semaines se transformèrent en mois,
emportant avec elles l’humidité de l’hiver bordelais pour laisser place aux premières douceurs du
printemps.
Sarah, de retour au bureau le mardi suivant l'incident, avait été d'une discrétion exemplaire.
Lorsqu'Emy lui avait rendu la bague en mentionnant simplement que le "prestataire" (elle avait
soigneusement évité de nommer Romain) était passé, Sarah l'avait serrée dans ses bras, soulagée
que son amie n'ait pas jugé son écart de conduite.
Emy, de son côté, n'avait rien dit. Elle écoutait les potins de l'open-space avec un détachement
nouveau, portant son secret comme un bijou invisible sous son chemisier.
Romain ne donna aucune nouvelle. Pas un message, pas un appel, pas même un mail professionnel.
Au début, Emy se sentit soulagée ; c’était exactement ce qu’elle voulait. Mais au bout de deux mois,
le silence commença à peser. Ce n'était pas de la tristesse, mais un manque physique.
Parfois, en pleine réunion, elle sentait le fantôme de ses mains sur ses hanches, ou le souvenir de
son parfum boisé qui flottait dans son esprit sans prévenir.
Elle regardait Thomas, son mari parfait, et elle l'aimait toujours autant, mais une partie d'elle-même
semblait être restée verrouillée dans ce bureau étroit avec l'autre.
L'été pointait son nez. Les jardins de Bordeaux se coloraient, et avec la chaleur revenait une
certaine langueur.
— « Tu as vu la note de service ? » demanda Sarah en s'asseyant sur le coin du bureau d'Emy. « Le
séminaire annuel est fixé pour la deuxième semaine de mai. On part sur le Bassin d'Arcachon. »
Emy soupira en rangeant ses dossiers.
— « Une semaine entière ? Ça m'embête de laisser les enfants et Thomas autant de temps.
L'organisation va être un enfer. »
— « Oh, arrête ! » rigola Sarah. « Thomas gère très bien, et la nounou est là. C'est le Cap Ferret, Emy ! Des huîtres, du vin blanc, le soleil sur la peau et des soirées sur la plage. Ça va nous faire un
bien fou de sortir de ces murs. »
Emy sourit, malgré elle. C’était vrai que l’idée du Bassin, avec ses odeurs de pin et de sel, était
séduisante. Mais au fond de son ventre, une petite étincelle se ralluma. Un séminaire de cette
importance regroupait tous les partenaires, les actionnaires et les agences de communication de la
région.
Elle ne se l'avouait pas encore, mais en notant les dates dans son agenda, ses mains magnifiques
tremblèrent imperceptiblement. Et si Romain était là ? L'idée qu'il puisse la voir dans ce cadre
idyllique, loin du sérieux du bureau, fit battre son cœur un peu plus vite.
Elle ferma son ordinateur.
Elle était heureuse, sa vie était parfaite. Mais alors qu'elle s'apprêtait à rentrer chez elle, elle se
regarda dans la vitre : elle était cette belle fleur de mai, prête à éclore à nouveau sous un soleil plus
brûlant que celui de l'hiver.
L’arrivée au Cap Ferret fut un choc sensoriel.
Dès qu’Emy descendit de la voiture, l’odeur des pins chauffés par le soleil et les embruns du Bassin vinrent la saisir.
L’air était salin, vibrant, presque vivant. Elle inspira profondément, comme si ce lieu pouvait laver quelque chose en elle.
Elle était rayonnante.
Elle portait une robe d’été légère, blanche et fleurie, qui soulignait la finesse de sa taille et la courbe
généreuse de sa poitrine.
Un large chapeau de paille ombrageait son visage, lui donnant un air de star de cinéma en vacances.
Ses longues jambes étaient sublimées par des sandales dorées, et chacun de ses pas sur le bois chaud de la jetée de l’hôtel semblait capter la lumière.
Sarah l’avait prévenue : elle ne rejoindrait le séminaire que jeudi, retenue par un dossier urgent.
Emy se retrouvait donc seule pour les deux premiers jours.
Une sensation étrange, mêlée de liberté grisante et d’appréhension sourde.
Après avoir déposé ses bagages dans sa suite avec vue sur l’eau, elle se rendit au cocktail de bienvenue, organisé au bord de la piscine à débordement.
La faune habituelle était là : cadres en lin clair, actionnaires échangeant chiffres et sourires sous les parasols.
Ses yeux balayèrent la foule presque malgré elle, cherchant une silhouette familière, une carrure athlétique, un regard sombre.
Mais Romain était invisible.
Un peu étourdie par le brouhaha et le champagne tiède, Emy décida de s’éclipser.
Elle avait besoin de silence.
Elle abandonna ses sandales pour marcher pieds nus dans le sable fin et s’éloigna vers une portion plus sauvage de la plage.
Le soleil déclinait lentement, embrasant le ciel de nuances orangées et mauves.
Le vent se levait, faisant battre le tissu de sa robe contre ses fesses rebondissantes. Le sel se déposait déjà sur sa peau.
C’est alors qu’elle l’aperçut.
À une vingtaine de mètres, un homme marchait face à l’océan.
Il devait mesurer autour d’un mètre quatre-vingts, une stature imposante mais souple, parfaitement à l’aise dans cet environnement.
Il portait une chemise noire légèrement entrouverte, révélant des bras développés et une peau ébène.
Son pantalon beige, léger, flottait au rythme du vent.
À son poignet, une montre massive captait les derniers reflets du jour.
Une barbe sombre et bien entretenue encadrait un visage aux traits réguliers, profondément masculins.
Ce n’était pas le genre d’homme sur lequel Emy se serait retournée d’ordinaire. Il dégageait quelque chose de trop brut, de trop sûr de lui.
Et pourtant…
Lorsque leurs chemins se croisèrent, leurs regards s’accrochèrent.
L’homme s’arrêta.
Il lui adressa un sourire. Un sourire franc, éclatant, presque déstabilisant, qui illuminait tout son visage.
Un de ces sourires capables de faire vaciller même les certitudes les mieux ancrées.
— Bonjour, lança-t-il d’une voix chaude, portée par le vent.
— Bonsoir…, répondit Emy, légèrement déstabilisée.
Un silence s’installa. Pas un silence vide. Un de ceux où les mots deviennent inutiles. Emy sentit un frisson parcourir ses épaules nues, et ce n’était pas à cause de la fraîcheur du soir.
Dans le regard de cet inconnu brillait une curiosité amusée, presque troublante, comme s’il percevait en elle quelque chose qu’elle croyait soigneusement enfoui.
Sans ajouter un mot, il inclina légèrement la tête, puis reprit sa marche le long de l’eau.
Emy resta immobile quelques secondes, observant sa silhouette s’éloigner sur le sable, avalée peu à peu par les couleurs du crépuscule.
Elle ne savait pas encore que cet homme s’appelait Joe.
Ni qu’il était sur le point de transformer son séminaire paisible en un véritable champ de bataille émotionnel.
Lorsqu’elle regagna sa chambre, son cœur battait de façon irrégulière.
Elle pensa à Thomas. Elle pensa à Romain.
Mais c’était le sourire de cet inconnu à la chemise noire qui refusait obstinément de quitter ses pensées.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Fin du livre
Vous avez atteint la fin de ce livre.
Une suite est prévue prochainement. Restez à l'affût !

Commentaires ()

Passer les 5 commentaires
Photo de profil de La Chipie
La Chipie
23 août 2026 à 18:40
Relisez vous avant de poster. Vous avez mis plusieurs fois les meme paragraphes !!!
Quand au fait qu'elle s'ennuies , c'est sur que si elle n'organise pas de WE en mode no limit avec son mari, qu'elle ne fait rien le soir en rentrant c'est de l'hypocrisie de dire , je suis 1 femme mariée et mère de famille à la maison et 1 femme libre qui adore niquer en dehors.
Elle prends son mari pour 1 con.

Les maris sont souvent cons ma chérie.

Ca ma chère Oceane, ils sont cons à 1 très haut niveau de compétition . Parfois je me demande si ils n'ont pas de la merde dans les oreilles et devant leurs yeux.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Paul1453
Paul1453
3 août 2026 à 11:57
Difficile de comprendre emy pourquoi ne pas simplement quitter son mari que va t'il ressentir quand il découvrira toutes ou une partie de se qu'elle a fait pourquoi rechercher ailleurs ce que son mari pourrait peut être lui donner ou lui offrir par amour même un autre homme elle va perdre son mari car la question n'est plus si elle va le perdre mais quand elle perdra l'amour de son mari car ce n'est plus un dérapage pardonnable
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Phil18
Phil18
1 août 2026 à 20:34
Sacré Émilie sérieuse et puritaine en extérieur et chaude de l'intérieur j'aime beaucoup
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de La Chipie
La Chipie
1 août 2026 à 17:30
Relisez vous avant de poster. Vous avez mis plusieurs fois les meme paragraphes !!!
Quand au fait qu'elle s'ennuies , c'est sur que si elle n'organise pas de WE en mode no limit avec son mari, qu'elle ne fait rien le soir en rentrant c'est de l'hypocrisie de dire , je suis 1 femme mariée et mère de famille à la maison et 1 femme libre qui adore niquer en dehors.
Elle prends son mari pour 1 con.
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ Aline57 Treize ans et une nuit XSTORY
Treize ans et une nuit
Chapitre unique
Par Aline57
92
6
14.7k
Bi
✦ Jojo33bdx Clara et le chic type XSTORY
Clara et le chic type
Chapitre 1
Par Jojo33bdx
191
2
11.4k
Hétéro
✦ Jojo33bdx Clara et le chic type XSTORY
Clara et le chic type
Chapitre 2
Par Jojo33bdx
120
2
6.4k
Hétéro
✦ Bzhpic Été brûlant en Bretagne XSTORY
Été brûlant en Bretagne
Chapitre 1
Par Bzhpic
83
5
10.3k
Hétéro
✦ Douce Vie Le balcon des vertiges XSTORY
Le balcon des vertiges
Chapitre 1
Par Douce Vie
144
3
6k
Hétéro
✦ AnneF_Mariee Anne découvre le plaisir dans les bras de son amant XSTORY
Anne découvre le plaisir dans les bras de son amant
Chapitre unique
Par AnneF_Mariee
193
20
9.5k
Hétéro
✦ AnneF_Mariee L'adultère d'Anne XSTORY
L'adultère d'Anne
Chapitre unique
Par AnneF_Mariee
127
5
11.1k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio