Les promesses du temps perdu.
Chapitre 2 · Une seconde chance.
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Couverture de Les promesses du temps perdu., par Chrisis
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Les promesses du temps perdu. — Chapitre 2 · Une seconde chance.

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Chrisis
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Les promesses du temps perdu.

Chapitre 2 · Une seconde chance.

2025. Paris. Congrès du développement durable.
Je suis présent à ce congrès pour représenter l'entreprise familiale. J'ai perdu mes cheveux depuis quelques années. Une barbe poivre et sel bien taillée encadre désormais mon visage, tandis que quelques rides marquent le coin de mes yeux. Après la conférence, je rejoins, comme les autres participants, le cocktail organisé dans le hall. Un verre à la main, je circule de groupe en groupe lorsqu'au détour d'une conversation, je manque de bousculer une femme.
— Pardonnez-moi...
Elle relève la tête et se fige une fraction de seconde. Un léger pli se creuse sur son front, aussitôt effacé par un sourire, comme si elle venait de repousser une pensée incongrue. Elle porte une robe élégante qui souligne sa silhouette. Ses cheveux courts, châtain clair, encadrent un visage qui m'est étrangement familier, sans que je parvienne à en comprendre la raison. De fines lunettes à monture noire complètent son allure. Son badge indique : Léa Moreau. À la lecture de ce prénom, quelque chose vacille en moi. Une sensation diffuse, insaisissable. L'ébauche d'un souvenir effleure mon esprit avant de s'évanouir aussitôt, comme si ma mémoire refusait encore de lui donner forme.
Elle, en revanche, ne me quitte pas des yeux. Son sourire s'estompe peu à peu, remplacé par une expression où se mêlent l'étonnement et l'incrédulité. J'ai la curieuse impression qu'elle me reconnaît... ou qu'elle croit me reconnaître.
— Excusez-moi... nous sommes-nous déjà rencontrés ? demande-t-elle enfin.
Je secoue la tête, un sourire gêné aux lèvres.
— Je ne crois pas.
Son regard s'attarde encore quelques secondes sur mon visage avant qu'elle ne se ressaisisse. La conversation s'engage alors avec une étonnante facilité. Elle m'explique qu'elle est venue du Canada, où elle occupe un poste de cadre au sein d'une importante organisation écologiste. Ce congrès représente un rendez-vous décisif pour son équipe. De mon côté, je lui parle de l'entreprise familiale et des projets que je suis venu présenter.
Très vite, le brouhaha du cocktail s'estompe autour de nous. Les conversations, les éclats de rire, le tintement des verres ne sont plus qu'un bruit de fond. Nous passons sans effort d'un sujet à l'autre : l'environnement, les livres qui nous ont marqués, les voyages, la musique... Les mots viennent d'eux-mêmes. J'ai l'étrange sensation de reprendre une conversation interrompue plutôt que d'en commencer une nouvelle. Lorsque je consulte enfin ma montre, plus d'une heure s'est écoulée.
— Déjà... Je suis désolé, je vous ai accaparée. Vous aviez sans doute prévu de rencontrer d'autres personnes.
— Pas du tout. Je ne connais pratiquement personne ici. Et puis rassurez-vous, si j'avais eu envie de mettre fin à cette conversation, je l'aurais fait depuis longtemps. J'ai passé un très bon moment. Je suis vraiment contente que nous nous soyons rencontrés.
Elle jette un coup d'œil vers les grandes baies vitrées, derrière lesquelles la nuit est désormais tombée.
— En revanche, je vais devoir vous laisser. Il se fait tard, et il faut encore que je trouve un restaurant où dîner.
— Dans ce cas... laissez-moi vous inviter. Je connais un petit restaurant à deux pas d'ici. Il ne paie pas de mine, mais on y mange remarquablement bien.
Ces mots ont franchi mes lèvres avant même que j'aie le temps de les retenir. Elle ne répond pas tout de suite. Son regard se perd un bref instant, comme si elle pesait ma proposition. Puis un sourire éclaire son visage.
— J'accepte avec plaisir. Allons-y.
— À une condition, dis-je en lui rendant son sourire.
— Laquelle ?
— Qu'on se tutoie. Ce sera plus simple.
— Avec plaisir. Moi, c'est Léa... Et toi ?
— Alexandre. Désolé… j'ai oublié de me présenter. Je n'ai plus mon badge, je l'ai perdu tout à l'heure.
À l'instant où je prononce mon prénom, quelque chose change dans son regard, comme si le temps venait brusquement de s'arrêter pour elle. Puis elle baisse les yeux, prend une discrète inspiration et retrouve son calme.
— Excuse-moi... souffle-t-elle. Allons-y.
Intrigué par sa réaction, je me demande un instant si j'ai dit quelque chose de déplacé. Mais elle relève déjà les yeux, comme si rien ne s'était passé. J'écarte cette idée et lui emboîte le pas. Le restaurant est à quelques minutes à pied. Très vite, la conversation reprend, aussi naturellement qu'au cocktail. Nous nous découvrons des goûts communs : les mêmes auteurs, les mêmes destinations de voyage, la même manière de voir le monde. Au fil des minutes, je me sens de mieux en mieux auprès d'elle. Une impression de familiarité grandit en moi, sans que j'en comprenne l'origine. Le temps file. Lorsque le dîner s'achève, l'idée de la quitter m'est soudain insupportable. Des mots franchissent mes lèvres sans que je les aie réellement choisis.
— J'habite à quelques minutes d'ici... Si cela te dit, on pourrait aller prendre un dernier verre chez moi.
À peine ai-je dit ces paroles que je me demande ce qui m'a pris. Jamais je n'ai fait une telle proposition à une femme rencontrée quelques heures plus tôt. Léa ne répond pas immédiatement. Elle me fixe en silence, comme si elle hésitait entre deux décisions qui n'avaient rien à voir avec cette simple invitation. Puis elle sourit doucement.
— D'accord…, finit-elle par dire.
Arrivés chez moi, je l'aide à retirer son manteau avant de le suspendre à la patère de l'entrée. Alors que je l'invite à me suivre jusqu'au salon pour prendre un verre, elle reste immobile. Elle regarde autour d'elle, observe les lieux, comme si elle cherchait à prolonger encore un peu cet instant. Je ne comprends pas ce qui la retient. Elle se tourne alors lentement vers moi et s'approche. Ses yeux me fixent avec une intensité qui me trouble. Pendant une seconde, je crois qu'elle va me dire quelque chose, mais il n'en est rien. Elle reste là, face à moi, puis pose délicatement ses lèvres sur les miennes, sans un mot. Je reste d'abord figé par la surprise avant de répondre à son baiser. Nous nous embrassons amoureusement, comme si ce geste avait attendu des années pour exister.
Ses mains remontent lentement sur ma poitrine. Ses doigts s'attardent un instant sur les boutons de ma chemise, comme si elle prenait plaisir à faire durer ce moment, puis elle les défait un à un. Mes mains se posent alors sur sa taille et je l'attire contre moi. Elle se laisse faire, son corps venant naturellement chercher le mien. Je fais glisser sa robe de ses épaules et le tissu s'échoue à ses pieds. Nos regards se croisent, chargés d'un désir auquel aucun de nous deux ne cherche à résister. Nous nous débarrassons du reste de nos vêtements avec impatience, comme deux amants qui se retrouveraient après une longue séparation. Alors que je la porte dans mes bras pour la déposer sur le canapé du salon, elle sourit, l'air si heureuse. Elle m'attire à elle et son corps chaud vient contre le mien. Nos lèvres se retrouvent dans un baiser où se mêlent tendresse et désir. Mes mains découvrent son corps avec une étrange impression de familiarité, comme si elles se souvenaient d'un chemin que ma mémoire, elle, avait oublié. Ses paupières se ferment et un frisson la traverse lorsqu'elle se blottit davantage contre moi.
Je descends lentement, embrassant sa peau, m'attardant lorsqu'elle laisse échapper un frisson. Son souffle se fait plus court. Elle s'abandonne peu à peu. Quand ma bouche atteint l'intérieur de ses cuisses, elle émet un soupir et ouvre davantage les jambes, m'accueillant sans retenue. Ma langue pénètre dans sa fente, lèche le moindre recoin puis glisse sur son clitoris, alternant caresses légères et succions plus insistantes. Léa gémit, ses doigts se glissent dans mes cheveux, me rapprochant encore, tandis que son corps répond au mien. Ses hanches se soulèvent à la rencontre de ma bouche.
— Oui, comme ça… Continue comme ça, Alexandre… C'est trop bon…, murmure-t-elle entre deux gémissements.
Quelques instants plus tard, mon visage retrouve le sien et je l'embrasse avec passion. À contrecœur, je m'en éloigne un instant. J'ouvre le tiroir de ma table de nuit, en sors un préservatif et l'enfile rapidement avant de revenir contre elle. Cette brève interruption semble n'avoir fait qu'attiser notre désir. Du bout des doigts, je caresse sa joue, puis, sans quitter son regard, je la pénètre. La chaleur de son intimité m'enveloppe aussitôt. Elle halète, ses ongles griffant mon dos tandis que je commence à bouger en elle, d'abord avec lenteur, puis avec une intensité croissante. Nos corps s'accordent dans un même rythme, instinctif, évident, comme s'ils avaient toujours su se répondre, et nos souffles se mêlent entre deux baisers passionnés.
Je la prends avec une ardeur redoublée, glissant une main sous ses fesses. Léa se cambre, les seins pressés contre mon torse et les jambes nouées autour de ma taille. Ses gémissements se font plus intenses, jusqu'à lui échapper sans retenue. Au moment où le plaisir va la gagner, sa tête bascule légèrement en arrière et elle mord sa lèvre inférieure avec force. Puis, dans un souffle à peine audible, elle murmure mon prénom.
Je me fige en plein mouvement. Ce n'est ni son visage ni sa voix qui viennent de me bouleverser, mais ce geste… cette façon si particulière de mordre sa lèvre avant de s'abandonner. Ce léger tic que je connaissais par cœur et qu'avec le temps, j'avais fini par oublier. Mon cœur s'emballe sans que je comprenne pourquoi. Et soudain, tout remonte. La plage, le soleil couchant, son rire, le goût salé de ses baisers, nos étreintes et l'accident. Mon souffle se coupe. Il n'y a plus de doute : Léa Moreau... c'est elle. Ma Léa. Celle de mes vingt ans. Celle avec qui je voulais faire ma vie. Celle que je croyais avoir perdue après mon accident.
Pourtant, je poursuis. Elle s'abandonne dans mes bras. L'orgasme l'emporte. Son corps se cambre, parcouru de frissons qui la traversent tout entière. À mon tour, je sens le plaisir m'envahir. Je me laisse gagner par la jouissance. Longtemps encore, nous restons ainsi, enlacés, en silence. Je passe tendrement une main dans ses cheveux, encore troublé par ce que nous venons de vivre… et par ce que je comprends enfin.
— Léa..., soufflé-je, la gorge nouée. C'est vraiment toi... Ma Léa ?
Elle ouvre lentement les yeux. Un sourire empreint de douceur éclaire son visage tandis que ses doigts viennent caresser mes joues avec une infinie tendresse, comme pour retrouver celui qu'elle avait perdu vingt-cinq ans plus tôt.
— Oui, Alexandre… c'est bien moi.
— Mais… tu savais ? Tu m'avais reconnu ?
— Dès le premier instant, murmure-t-elle. Dès que tu as failli renverser ton verre sur moi... Je voulais simplement savoir si, malgré les années... malgré tout ce qui nous avait séparés... tu finirais par me reconnaître.
Sa voix tremble légèrement. Une larme glisse sur sa joue.
— J'ai attendu cet instant pendant si longtemps... Je ne t'ai jamais oublié, Alexandre. Jamais. J'ai même essayé de construire une autre vie. J'ai aimé un autre homme. Mais je ne l'ai jamais aimé autant que toi.
— Moi aussi... soufflé-je, la gorge nouée. Je n'ai jamais cessé de penser à toi pendant toutes ces années. Mon amour... ma Léa...
Je prends doucement son visage entre mes mains.
— Pardonne-moi de ne pas t'avoir reconnue plus tôt. Après mon accident, j'ai longtemps souffert de troubles de la mémoire. Les mois qui l'ont précédé restent encore en partie flous, difficiles à reconstituer… Et ton visage, lui, est resté comme voilé. Je me souvenais de toi... mais jamais assez nettement pour imaginer la femme que tu étais devenue.
— Je ne savais pas..., murmure-t-elle. Je pensais simplement que tu m'avais oubliée.
Les larmes coulent sur nos visages. Vingt-cinq années de séparation, de silences, de mensonges et de vies construites loin l'un de l'autre s'effacent en un seul instant. Nous parlons jusqu'au petit matin. Je lui raconte l'accident, l'amnésie, la clinique en Suisse, les mensonges de mes parents. Elle me confie ses recherches pour me retrouver, la lettre remise par l'avocat, son départ pour le Canada, son mariage, ses deux enfants, puis son divorce, survenu presque au même moment que le mien.
Lorsque l'aube se lève, nous restons côte à côte, silencieux, tandis que la lumière envahit peu à peu la pièce. Nous ne sommes plus les deux jeunes amoureux de vingt ans qui se promettaient l'éternité sur une plage. La vie nous a changés, nous a éloignés, nous a laissé des blessures. Pourtant, en nous regardant, je retrouve cette même évidence qu'autrefois.
Nous ignorons encore ce que l'avenir nous réserve. Peut-être ne nous offrira-t-il que quelques années, peut-être davantage. Mais une chose est certaine : plus personne ne pourra nous arracher ce lien que nous avons retrouvé. Le destin nous avait séparés pendant vingt-cinq ans. Aujourd'hui, il nous offre une nouvelle chance.
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Neo-bi
29 juillet 2026 à 14:34
J’ai pris plaisir à lire ce récit , merci .
J’ai trouvé ton style , clair , efficace et plein de sensibilité .
Une histoire simple et touchante .
L’intrigue , l’action progressent harmonieusement , sans précipitation donnant ainsi le temps au perso de se remémorer .
Modifié 29 juillet 2026 à 14:35
Soyez respectueux
Répondre
Mart1972
28 juillet 2026 à 21:04
Dommage l’histoire était si prometteuse. Merci pour ce récit
Soyez respectueux
Répondre

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