Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une femme mariée trop sage — Chapitre 3 · Sophia se perd
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Une femme mariée trop sage
Chapitre 3 · Sophia se perd
Suite de l'épisode précédent
À peine le soleil eut-il percé, la voix de Fred, claire et perçante dans le couloir, vint briser le fragile équilibre que Sophia tentait de reconstituer.
— Maman, t'as entendu cette nuit ? Il y avait des bruits bizarres dans la maison. Des voix d'hommes, on aurait dit...
Sophia, qui s'affairait machinalement dans la cuisine pour masquer le tremblement de ses mains, sentit son cœur se décrocher. Elle se figea, le torchon serré à s'en blanchir les phalanges, mesurant soudain l'immensité de son imprudence. Leurs éclats, l'ivresse, les rires de Rolland et Francis... tout cela n'avait pas seulement résonné dans les murs de sa chambre, cela avait traversé les portes closes.
— Tu as dû rêver, mon chéri. La maison craque la nuit, tu sais bien…
Elle s'efforça de rendre sa voix insouciante, car ses tempes cognaient furieusement. Le garçonnet haussa les épaules, sceptique mais déjà happé par ses propres pensées de petit garçon, laissant Sophia seule face à l'angoisse qui refluait. Mais ce n'était qu'un avant-goût de la tempête.
Le week-end arriva avec la régularité d'un couperet. Son mari rentra plus tôt que prévu, fatigué par ses déplacements, impatient de retrouver le calme de son foyer. Elle l'accueillit par un baiser distrait. Les yeux de son mari se plissèrent presque immédiatement en observant sa femme. Sophia était là, et pourtant elle n'y était pas. Elle errait dans les pièces comme un fantôme, le regard vide, les pensées irrésistiblement aspirées par cette chambre à l'étage et par les échos de la semaine.
— Qu'est-ce qui t'arrive, Sophia ? Tu es ailleurs depuis que je suis rentré. Tu ne m'écoutes même pas.
— Rien... Je suis juste fatiguée, chéri. C'est tout
Il soupira, s'installant dans son fauteuil sans insister, ignorant tout du gouffre qui venait de s'ouvrir sous les pieds de sa femme. Le week-end se déroulait de manière habituelle, jusqu'au lundi matin quand son mari repartit à Paris et son fils pour le collège.
Dès qu'elle fut seule, Sophia s'empara de son téléphone. Il fallait qu'elle comprenne, qu'elle sache à quel jeu elle avait été conviée. Elle composa le numéro de Stéphane.
La voix du jeune homme semblait peu assurée, presque craintive, loin de l'assurance affichée dans le club. Lorsqu'elle le pressa de questions, exigeant de savoir qui étaient réellement ces hommes, Stéphane lâcha les mots qui achevèrent de la terrifier :
— Tu comprends, Sophia... Rolland, c'est un homme de poids dans la région. Rien ne se fait sans son accord. Rien. Et moi... j'essaie de monter mes propres affaires. Sans son aval, je ne peux rien faire. Tu lui as plu, que veux-tu, je ne peux rien y faire
— Ah je comprends, tu me l'as présenté pour rentrer dans ses petits papiers
— Mais non…
— Tu parles !
— Ah je comprends, tu me l'as présenté pour rentrer dans ses petits papiers
— Mais non…
— Tu parles !
La vérité tomba, froide et tranchante. Elle n'avait pas seulement été une conquête ou un caprice, elle avait été la monnaie d'échange de Stéphane, le pion sacrifié sur l'autel de son ambition. Elle raccrocha. La nausée la submergea, mêlée à une rage sourde qu'elle n'avait jamais ressentie.
Dès lors, chaque seconde devint une attente insoutenable. Le téléphone portable, posé sur la table de la cuisine, devint une relique menaçante. Elle redoutait cet appel avec une intensité maladive, guettant le moindre vibreur comme le compte à rebours d'une bombe. Elle se répétait qu'elle refuserait, que si sa sonnerie retentissait, elle raccrocherait, elle menacerait d'appeler la police, elle érigerait un mur infranchissable.
Les jours passèrent dans un suspense étouffant, il y eu plusieurs appels d'un numéro inconnu, qui lui comprimaient à chaque fois le thorax. Parfois ces appels étaient suivis d'un appel de Stéphane, qu'elle mettait en silencieux tout comme les précédents.
Toutefois ce mardi soir vers vingt-trois heures, Sonia ressentait la solitude et l'ennui devant un film qui n'en finissait pas. Soudain l'écran s'illumina indiquant l'appel du même numéro inconnu. Son estomac se noua instantanément.
Ses doigts frôlèrent l'écran de verre. Chaque cellule de son corps, nourrie par la peur et la honte de la trahison de Stéphane, hurlait de dire non. De refuser net. De prononcer ce mot simple qui l'aurait sauvée.
Mais à mesure que la sonnerie s'éternisait, la peur se mua en une fascination vénéneuse. Le vide de sa vie bourgeoise, le regard indifférent de son mari, la lâcheté de Stéphane... tout cela parut soudain bien fade face à la puissance brute qu'incarnait l'homme au bout du fil. Son corps lui soufflait le besoin de répondre.
Elle décrocha, les lèvres sèches. C'était lui, il commença avec les politesses d'usage, puis avec sa voix grave et autoritaire :
— Je passe te voir vers minuit, d'accord ?
Elle ouvrit la bouche pour bégayer un refus, pour inventer un prétexte, mais aucun son ne sortit. Une résignation sombre l'envahit, couplée à une excitation coupable qui fit taire ses dernières barrières. Elle souffla :
— Oui...viens
Elle se sentait soudain vivre et pensait qu'elle avait juste une petite heure pour se préparer. Elle se mit à fouiller dans son dressing, écartant chaque tenue avec une exigence maniaque. Trop sage, trop provocante, pas assez audacieuse...
Finalement, son choix s'arrêta sur une longue robe moulante blanche. Une couleur diabolique dans ce contexte, un symbole de pureté immaculée qu'elle s'apprêtait à souiller dans les ténèbres. Près du corps, épousant le moindre de ses contours avec une sensualité redoutable, la robe tombait jusqu'à ses chevilles, fendue juste ce qu'il fallait pour laisser deviner le mouvement de ses jambes. Devant le miroir, juchée sur de hauts talons qui cambraient sa silhouette, elle s'admirait.
Elle ouvrit doucement la porte de la chambre de Fred pour vérifier s'il dormait bien. Rassurée, elle se contempla une nouvelle fois devant le miroir de sa chambre, de profil, de face et de dos. Elle n'était plus la mère de famille hantée par la peur ou la femme trahie par Stéphane, elle était une torche prête à s'enflammer.
Un peu avant minuit, les phares d'une voiture balayaient les rideaux du salon. Sophia, le cœur au bord des lèvres, avança vers la porte-fenêtre.
Un grondement sourd, le frottement de pneus sur l'asphalte, puis le bruit mat d'une portière qu'on referme.
Sophia, debout dans la pénombre du salon, immobile derrière les rideaux tirés, sentit son souffle se bloquer dans sa gorge. Le cœur battant dans ses tempes à s'en rompre, elle baissa les yeux pour contempler sa robe blanche, magnifique et absurde dans cette heure tardive. Le prédateur était là. Le compte à rebours était terminé.
Trois coups secs résonnèrent contre le bois de la porte d'entrée. Sophia retint sa respiration, une décharge lui parcourant l'échine avant qu'elle ne tourne lentement la poignée.
Sur le seuil, sous l'éclairage cru du porche, se tenait Rolland. Sa stature imposante emplissait l'encadrement, dégageant cette puissance brute et magnétique. Lorsqu'il plongea ses yeux dans les siens, il n'y eut pas l'ombre d'une hésitation : son regard s'alourdit instantanément, trahissant un désir ardent, presque animal, qui l'enveloppait tout entière. Il siffla d'admiration puis lâcha :
— Pas mal !
Il s'avança dans l'entrée et la prit dans ses bras pour lui faire la bise. Mais ce geste de façade bascula immédiatement : ses mains larges, glissant le long de son dos, vinrent se refermer avec fermeté sur ses fesses, moulées dans le tissu blanc de sa longue robe. La prise était autoritaire, marquant son territoire, tandis que son souffle chaud, empreint de tabac et de parfum boisé, vint frôler le creux de son cou.
Sophia sentit ses jambes fléchir sous l'effet de ce contact, prisonnière consentante de cette étreinte qui achevait de réduire à néant ses dernières velléités de résistance. Elle murmura d'un souffle.
— Attends, pas tout de suite...
Un sourire en coin, à la fois narquois et fasciné, s'esquissa sur les lèvres de Rolland. Loin d'être contrarié, il parut savourer cet instant de résistance mesurée, conscient qu'elle cherchait à reprendre une infime parcelle de contrôle dans un jeu qui lui échappait déjà totalement.
Sophia, le cœur battant à tout rompre sous sa robe blanche, glissa ses doigts dans sa main — une poignante étreinte de chair chaude et ferme — et le guida lentement à travers le couloir faiblement éclairé.
En entrant dans le salon, l'atmosphère parut se figer. Les meubles familiers, les photos de famille posées sur les étagères et le canapé où elle lisait d'ordinaire ses magazines semblaient appartenir à une autre vie, réduits au silence par la stature imposante de l'homme qui l'accompagnait. Elle lâcha sa main, sentant l'espace se charger d'une électricité pesante, et se tourna vers lui, prête à lui offrir ce moment qu'ils savaient tous les deux éphémères.
Sophia se pencha légèrement en avant pour attraper une bouteille dans le meuble-bar bas, le tissu de sa longue robe blanche épousant et tendant chaque ligne de sa silhouette dans ce mouvement.
Avant même qu'elle ne puisse se redresser, Rolland fut sur elle. Il se colla contre elle, son bas-ventre venant enserrer sa cambrure. Ses mains larges glissèrent sur son ventre plat avant de remonter pour empoigner directement ses seins à travers l'étoffe fine de la robe.
Son souffle chaud vint se briser contre sa nuque, tandis que sa voix, basse et rauque, résonnait directement dans son esprit :
— Tu es super comme ça...
Le contact de sa chaleur, la fermeté de sa prise et la brutalité de ce désir affiché firent vaciller Sophia. Ses doigts se crispèrent sur la bouteille, tandis qu'un frisson brûlant, mêlé de vertige et d'abandon total, lui coupait le souffle.
Sophia se redressa, luttant contre le trouble qui menaçait de la faire vaciller, et remplit un verre qu'elle lui tendit. Mais l'espace entre eux était déjà saturé de tension, à peine eut-elle lâché la bouteille que les mains de Rolland reprirent possession de son corps. Leurs trajectoires étaient expertes, impérieuses, glissant sans hésitation de la rondeur de ses seins sous le tissu blanc jusqu'à ses fesses qu'il malaxa d'une poigne ferme, la ramenant de force contre sa carrure.
Il prit une gorgée de son verre, les yeux sombres fixés sur elle par-dessus le rebord, savourant autant l'alcool que sa compagne d'un soir.
Il posa ensuite le verre sur la table basse avec un geste nonchalant.
— Assieds-toi sur mes genoux
Ce n'était pas une suggestion, mais un ordre feutré. Sophia, prisonnière de ce regard magnétique et de l'attirance qu'il exerçait sur elle, abdiqua la dernière parcelle de résistance qu'il lui restait. Elle fléchit vint s'asseoir comme il l'avait demandé, adossée contre son torse, sentant la chaleur lourde et protectrice de son corps envelopper le sien dans la pénombre du salon.
Rolland porta de nouveau le verre à ses lèvres, savourant la lenteur de l'instant, tandis que ses mains larges continuaient leur va-et-vient obsessionnel, malaxant ses seins et ses cuisses à travers l'étoffe fine de sa robe blanche.
Le verre posé de côté d'un geste sec, ses doigts glissèrent le long de son ventre pour s'arrêter au niveau de sa taille. D'une voix basse, presque murmurée contre son oreille, il trancha le silence de la pièce :
— Ouvre ma ceinture
Le cœur de Sophia fit un bond violent dans sa poitrine. L'ordre direct résonna comme une sentence inévitable. Elle hésita une fraction de seconde, sentant le vertige la gagner, puis, elle porta ses mains tremblantes vers la taille de son pantalon, prête à franchir la dernière frontière.
Soudain, un grincement furtif venant du plafond, étouffé mais distinct, déchira le silence du salon.
Sophia se figea net, les mains suspendues au niveau de la ceinture de Rolland, le souffle bloqué dans sa gorge.
À l'étage, des pas légers mais réguliers venaient de résonner dans le couloir. C'était Fred. Le petit garçon, sans doute réveillé par un cauchemar ou une soif nocturne, marchait à présent à pas mesurés sur le parquet, se dirigeant droit vers l'amorce de l'escalier.
Le temps sembla se suspendre, lourd de menaces. Entre la pénombre du salon, la présence écrasante de Rolland et le danger absolu d'être découverts par son propre fils, Sophia bascula instantanément de l'ivresse à une panique glacée.
Pendant de longues secondes, l'air parut se figer dans la pièce. Sophia n'osait plus respirer, les mains toujours figées sur la ceinture de Rolland, chaque battement de son cœur résonnant à ses propres tempes comme un tambour de guerre.
Le grincement du parquet se fit de nouveau entendre, cette fois Fred descendait l'escalier à pas lents. Sophia fut prise de panique…
Les pas s'arrêtèrent soudainement. Après une pause, ils retournèrent vers le haut de l'escalier, puis dans le couloir. Un cliquetis étouffé, puis le grincement de la porte de la chambre de l'enfant confirmèrent que Fred avait fait marche arrière et venait de se recoucher.
Sophia resta immobile, prostrée, l'esprit encore suspendu au bord du gouffre, mesurant l'immensité du danger qu'ils venaient de frôler.
Derrière elle, Rolland ne bougea pas d'un pouce, la tenant par les hanches. Il sentait la tension extrême qui tétanisait la jeune femme, et esquissa un sourire imperceptible, amusé par cette frousse de mère de famille. Il lâcha d'une voix rauque et parfaitement posée, soufflée tout près de son oreille :
— Ça y est, il s'est recouché
Ils laissèrent passer plusieurs minutes. Puis il prit sa main, ses doigts fermes enveloppant les siens avec une autorité tranquille, et la guida à nouveau vers là où elle s'était interrompue.
— Continue
Le frisson de la peur venait à peine de s'évanouir et fut immédiatement remplacé par une vague de chaleur plus intense encore, galvanisée par le danger frôlé. Sophia, prisonnière de cette emprise et de l'adrénaline résiduelle, céda. Ses doigts tremblèrent légèrement avant de s'emparer de la tirette de la braguette.
D'un geste lent, elle l'abaissa. L'étoffe s'écarta, libérant l'ardeur de Rolland tandis qu'il la maintenait contre lui, savourant pleinement la situation dans le silence retrouvé de la maison.
Un souffle de résistance, une ultime et fragile tentative de préserver sa dignité, traversa l'esprit de Sophia. Elle tourna légèrement la tête, les yeux brillants d'une intensité sombre, et murmura d'une voix à peine audible :
— C'est la dernière fois tu me jures...c'est trop risqué
Rolland esquissa un sourire narquois, un mélange d'amusement et de condescendance amusée face à cette contradiction. Sa main large vint se glisser dans ses cheveux, les caressant avec une fausse douceur protectrice.
Il répondit d'une voix basse, presque câline :
— Mais oui ma chérie
Sophia ne chercha plus à lutter et glissa sur ses genoux entre les jambes de Rolland. S'inclinant dans un abandon total, elle ouvrit la bouche et enserra son membre entre ses lèvres, ayant compris ce qu'il attendait.
Chaque va-et-vient accentuait l'intensité de l'atmosphère dans le salon plongé dans la pénombre, tandis que les respirations de l'homme se faisaient de plus en plus courtes et rauques. Alors que ses lèvres s'appliquaient, son esprit, soudain lucide, fit un écart brutal.
Elle pensa au décor qui l'entourait. Ce salon. Ce même tapis où son fils Fred jouait aux petites voitures quelques heures plus tôt. Ce canapé où son mari s'affaissait en rentrant du travail, le cartable posé dans l'entrée, les photos de vacances accrochées au mur en face, témoins muets et figés de toute une vie de conventions, de repas de famille et de dimanches ordinaires.
Ici, entre ces murs, elle s'offrait à un quasi-inconnu, rencontré en boîte de nuit par le biais d'un amant de passage. L'abîme entre ce qu'elle était censée être — une mère, une épouse — et ce qu'elle était devenue lui traversa l'esprit comme un éclair de lucidité glaçante. Mais au lieu de la stopper net, cette dissonance ne fit qu'amplifier son vertige. La profanation de ce sanctuaire familial par la brutalité du désir était le comble de sa transgression : plus c'était interdit, plus c'était inacceptable, et plus elle s'y engloutissait avec une ferveur sauvage.
Rolland dit calmement qu'ils allaient maintenant monter dans la chambre. Sophia sentit son cœur s'accélérer et murmura :
— Surtout aucun bruit, aucune parole
Elle retira ses talons et se dirigea vers l'escalier. Rolland la suivit, son poids faisant grincer l'escalier, ce qui la paniqua.
— Chut…attention…
Arrivés devant le palier de la chambre, elle entra directement, suivie par Rolland. Elle ferma la porte à clé derrière eux en soupirant de soulagement. Rolland se déshabilla en la fixant, un léger sourire aux lèvres. Il attendait de la voir se déshabiller également devant lui.
Sonia commença, elle portait sous sa robe un ensemble deux pièces en dentelle noire.
Rolland l'observait avec une intensité dévorante, assis sur le bord du lit, savourant chaque centimètre d'étoffe qui glissait le long de son corps. Sous le regard brûlant de l'homme, les mains de Sophia hésitèrent, trahissant la pudeur résiduelle d'une femme peu habituée à s'exhiber ainsi, mais l'excitation du péché prit rapidement le dessus.
Elle laissa choir sa longue robe blanche sur le parquet dans un bruissement feutré. Elle resta alors dans son ensemble en dentelle noire, une armure fragile qui épousait ses formes avec une sensualité provocante. La transparence du tissu laissait deviner la rondeur de ses seins et le creux de ses reins, contrastant violemment avec la pureté de la robe qu'elle venait de quitter.
Un grondement d'approbation s'échappa de la gorge de Rolland. Il se leva d'un bloc, sa carrure semblant soudain occuper tout l'espace, et fit un pas vers elle. Ses mains chaudes vinrent s'emparer de sa taille, traçant le contour de la dentelle, avant de la soulever légèrement pour l'allonger sur le matelas, sous les yeux aveugles et complices de la nuit.
Le temps s'était aboli, réduit à une succession de souffles saccadés, de peaux brûlantes et de murmures étouffés au creux de l'oreiller. Chaque instant oscillait entre la terreur vertigineuse d'être surprise à tout moment et la jouissance absolue d'une transgression totale, vécue dans ce lit qui appartenait encore, quelques heures plus tôt, à sa vie d'épouse rangée. Ils communiaient tous les deux dans un même plaisir intense. Après le paroxysme de leur jouissance, ils s'écroulèrent sur le lit.
Au-dehors, l'aube commença lentement à diluer l'encre de la nuit, diffusant de pâles rayons à travers les rideaux de la chambre.
Rolland s'extirpa des draps sans bruit, reprenant ses vêtements avec une efficacité silencieuse. Il s'approcha du lit où Sophia gisait, les yeux mi-clos, totalement vidée de ses forces et de ses repères, drapée dans les restes de son abandon. Il se pencha, déposa un baiser sur son front, puis murmura à son oreille d'une voix basse :
— À bientôt
Le déclic de la porte d'entrée, quelques instants plus tard, confirma son départ.
Restée seule dans le silence lourd de la chambre, Sophia tourna lentement la tête vers le réveil posé sur la table de chevet. Il était sept heures. Le monde allait bientôt se réveiller, Fred allait prendre son petit-déjeuner, et la journée de mercredi s'annonçait, implacable, avec son lot de normalité et de secrets désormais enracinés au plus profond de sa chair.
Fred était attablé.
— Maman... j'te jure, j'ai entendu quelqu'un parler dans le salon cette nuit. Une voix d'homme, basse. Je me suis levé, j'ai commencé à descendre l'escalier... mais j'ai eu trop peur alors je suis remonté. Et après, juste avant que je m'endorme, j'ai entendu l'escalier grincer. Quelqu'un est monté
Sophia sentit son sang se glacer dans ses veines. Le café qu'elle versait faillit déborder de la tasse tandis que Fred l'observait avec de grands yeux sérieux, l'esprit encore hanté par ses souvenirs de sa nuit.
Chaque mot résonnait à ses tempes. Elle resta un instant immobile, le dos tourné, s'efforçant de dompter le tremblement de ses mains. Le piège se refermait, et l'innocence de son fils rendait l'aveu plus terrifiant encore.
Elle prit une profonde inspiration, scellant son masque de mère attentive, et se retourna en lui offrant un sourire qu'elle espérait le plus naturel possible.
— Tu as dû faire un très vilain cauchemar, mon chéri. La maison fait plein de bruits bizarres la nuit, avec le vent et le plancher qui travaille... Tu sais bien qu'il n'y avait personne
Fred la regarda, perplexe, hésitant entre sa propre vérité et la certitude rassurante de sa mère, avant de finir par hocher la tête, déjà happé par l'heure de l'école qui approchait. Sophia retint un immense soupir de soulagement, mais la certitude amère demeurait : le secret n'était plus seulement le leur, il flottait désormais, fragile et menaçant, dans l'air de la maison.
Avant de partir pour le collège, Fred pénétra discrètement dans le salon, l'air inquisiteur. Il scrutait chaque recoin comme s'il cherchait des indices. Soudain, il vit un briquet sur le tapis, au pied d'un grand fauteuil. Ce briquet n'était pas là la veille au soir, car il avait joué avec ses voitures à cet endroit, il l'aurait vu. C'était vraiment étrange car personne ne fume à la maison. Il le mit discrètement dans sa poche.
A suivre
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()
Superbe description des sensations, des ressentis. Très sensuel, trop peut-être.
Pour ma part je regrette l'absence de mots plus charnels, de descriptions plus brulantes et imagées des scènes de sexes.
Mais ce n'est que mon opinion
Je vais lire la suite bien évidement, puisque l'intrigue se corse
Belle histoire. Vite la suite !
A trop jouer , parfois on perd....in..perd et passe....
Fred semble fortement se douter de quelque chose et sa trouvaille risque de le conforter dans ses soupçons.
Que va t'il faire...surveiller sa mère, tout avouer à son père...j'espere juste qu'il ne va pas faire alliance avec Sophia , au final contre son père .
Que Marc reprenne la main et dirige sa femme vers de nouveaux horizons....
Affaire à suivre
Elle va s’en mordre les doigts et le payer très cher